‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 10 sur 265 · LIBER TERTIUS · texte numérisé non relu

LIBER TERTIUS

1. Provisis omnibus, quæ pertinent ad universa genera morborum, ad singulorum eurationes veniam. Hos autem in duas species Græci diviserunt; aliosque ex his aculos, alios longos esse dixerunt : ideoque, quoniam non semper eodem modo respondebant, eosdem alii inter aculos, ali inter longos retulerunt. Ex quo, plura eorum genera esse, manifestum est. Quidam enin breves acutique sunt, qui cito vel tollunt hominem, vel ipsi cito finiuntur ; quidam longi, sub quibus neque sanilas in propinquo, neque exitium est; tertiumque genus corum est, qui modo aculi, modo longi sunt ; idque non in febribus tantummodo, in quibus frequentissimum est, sed in aliis quoque fit. Atque etiam, præter hos, quartum est, quod neque acutum dici potest, quia non perimit, neque utique longum, quia, si oecurritur, facile sanatur. Ego, eum de singulis dicam,

cujus quisque gencris sit, indicabo; dividam autem omnes ?

CELSE

mer une part égale à celle de la science, puisque la médecine est impuissante quand la nature s@ refuse à seconder ses efforts. Toutefois le méden cin est plus excusable d’échouer contre une affec: tion aiguë que contre une maladie chroniques Dans le premier cas, en effet, on a peu le temps d'agir, et si pendant ce court intervalle les accï dents ne cèdent pas à l’emploi des remèdes, lei malade succombe : dans le second cas, au con» traire, on a pour réfléchir et changer la médication ja latitude convenable ; et quand le médecin estl} arrivé de bonne heure auprès d’un malade dociles! la mort ne peut guère survenir sans qu'il y ai de sa faute. Néanmoins lorsqu'une affection chros nique a déjà jeté de profondes racines, elle de* vient aussi difficile à traiter qu’une affection ais guë. Plus les maladies aiguës sont éloignées de leur début et plus les maladies chroniques sont récentes, plusil est facile de les guérir. 11 ne faut pas non plus ignorer que les mêmes remèdes ne conviennent pas à tous les malades; car de là: vient queles praticiens les plus célèbres nous ont vanté comme uniques les médicaments les plus différents, selon les résultats que chacun d’eux en avait retirés. Lors done qu’un moyen ne réus= sit pas, l'intérêt du malade doit passer avant l'autorité du médecin qui propose le remède, ef il ne faut pas craindre d’en essayer d’autres, el observant toutefois de changer promptement dans les maladies aiguës ceux dont on n’a rien obtenu; tandis que dans les maladies qui mar chent lentement et se résolvent de même, il con=| vient de ne pas condamner sur-le-champ les!

médicaments dont l’action n’est pas immédiatesf et l’on doit encore moins les repousser, pour peu

in eos, qui in tolis corporibus consistere videntur, et eos qui oriuntur in partibus. Incipiam a prioribus, pauca def omnibes præfatus. In nullo quidem morbo minus fortunal sibi vindicare, quam ars polest, utpote cum, repugnanté natura, nihil medicina proficiat. Magis tamen ignoscendum medico est parum proficienti in aculis morbis, quam in longis. Hie enim breve spatium est, intra quod, si auxi*@ lium non profuit, æger exstinguitur; ibi et deliberationi4 et mutationi remediorum tempus patet, adeo nt raro,'si inter initia medicus accessit, obsequens æger sine illiusl vitio pereat. Longus tamen morbus cum penitus insedits quod ad diflicultatem pertinet, acuto par est. Et acutus quidem , quo vetustior est, longus aulém, quo recentior; eo facilius curatur. Alterum illud ignorari non oportets quod non omnibus ægris eadem auxilia conveniunl; ex quo incidit, ut alia atque alia summi auctores, quasi sola,4 vindicaverint, prout cuique cesserant. Oportet itaque, ubi aliquid non respondet, non tanti putare auctorem, quanti ægrum, et experiri aliud atque aliad : sic tamen, ut in acte} tis mprbis cito mutelur, quod nihil prodest, in longis, quosé tempus, ut facit, sic etiam solvit, non statim condemnetut} si quid non statim profuit, migus vero remoyvealur, Si

“qu'ils aient amené de soulagement, parce qu'avec le temps ils produiront tout leur effet.

… II. liest facile, au reste, de savoir dès le commencement si la maladie est aiguë ou chronique; et cela n’est pas vrai seulement pour les affections dont la forme est constante, mais pour celles aussi dont le caractèreest variable. Une fievre continue par exemple, accompagnée de violentes douleurs, sera l'expression d'un état aigu ; mais si les douteurs et la fièvre sont modérées, s'il existe entre les accès un temps bien marqué, et que de plus on rencontre les signes exposés dans le livre précédent , il est alors évident que la maladie sera de longue durée. On doit encore ‘examiner si le mal est à la période d’augment, d’état ou de déclin, parce que certains remèdes conviennent quand la maladie s’accroit, d'autres en plus grand nombre quand elle décline, et que pour employer les moyens applicables à la première période des affections aiguës, il est préférable d’attendre la rémission. Une maladie prend de l'accroissement quand les douleurs deviennent plus vives, que les accès sont plus violents, et mêlés entre eux de telle facon qu’on en voit se déclarer avant et ne se terminer qu’après l’accès attendu. Dans l’état chronique où les signes que nous indiquons font défaut, on peut juger de même que l'affection s'aggrave, si le sommeil est interrompu , si les digestions sont moins bonnes, les déjections plus fétides, les sens plus lourds et l'esprit plus paresseux ; si l'on ressent une impression générale de froid ou de chaleur, et si la peau se décolore. Les signes contraires à ceux-ci témoignent que la maladie touche à sa fin. 11 faut en outre nourrir plus tardivement le malade dans un état aigu, et différer

quid paulum saltem juvat, quia profectus tempore expletur.

IL. Protinus autem inter inilia scire facile est, quis acutus morbus, quis longus sit, non in üis solum , in quibus semper ila se habet, sed in iis quoque, in quibus variat. Nam ubi sine inlermissionibus accessiones et dolores graes urgent, acutus morbus est ; ubi lenti dolores , lentæve febres sunt, et spatia inter accessiones porriguntur, acceduntque ca signa, quæ in priore volumine exposita sunt, = Jongum hunc futurum esse, manifestum est. Videndum eliam es, morbus an increscat, an consistat, an minuafur, quia quædam remedia increscentibus morbis, plura inclinatis conveniunt, eaque, quæ crescentibus apta sunt, ubi acutus increscens urget, in remissionibus potius experienda sunt. Increscit autem morbus, dum graviores dolores accessionesque veniunt, hæque et ante, quam proximæ , revertuntur, et postea desinunt. Atque in longis quoque merbis, eliam tales nolas non habentibus, scire licet, increscere, si somnus incertus est, si deterior concoctio, si fœædiores dejectiones, si tardior sensus, si pigrior mens, si percurrit corpus frigus aut Calor, si id magis pallet. Ea vero, quæ contraria his sunt , decedertis ejns notæ sunt. Præter bæc, in acutis morbis serius æger

jusqu'au déclin, afin de briser la violence du mal en lui enlevant d’abord des matériaux nuisibles; s’il s’agit au contraire d’une maladie chronique, on arrivera plus vite à l’alimentation , pour donper au sujet des forces proportionnées à la durée de son affection. En supposant qu'au lieu d'être générale, la maladie n’intéresse qu’une partie du corps, il serait toujours mieux d'agir sur la constitution entière, puisque par ce moyen on obtiendrait demèême la guérison del’affection locale (1 ). Il est aussi très-important de savoir si le malade a été bien ou mal traité dès le principe, parce que les remèdes seront moins efficaces s'ils ont échoué déjà contre lui. Si pourtant une mauvaise médication ve lui a pas enlevé ses forces , il est facile encore de le rétablir, en le soumettant à un traitement convenable.

Puisque j'ai d’abord exposé les signes préeurseurs de la maladie, je dois commencer aussi par indiquer les moyens curatifs qui répondent à ces prodromes. Si donc quelques-uns des accidents énoncés plus haut viennent à se manifester, il n'y a pas de meilleurs remèdes que le repos, la diète, et l’eau pure pour boisson, dans le cas où l'on devrait accorder à boire. Il suffit quelquefois d'observer ces précautions un jour seulement, ou deux jours au plus, si la persistance des symptômes donne quelque inquiétude. Aprèsladiete il faut prescrire une alimentation restreinte, et toujours de l’eau pour boisson. Le lendemain on peut boire du vin , et l’on prend ensuite alternativement un jour de l’eau et du vin le jour suivant, jusqu'à ce que tout sujet de crainte ait disparu. En se gouvernant ainsi, on fait souvent avorter une maladie grave. L'erreur du plus grand nombre est de croire

alendus est, nec nisi jam inclinatis; ut primo dempla materia impelum frangat ; in longis maturius, ut sustinere spatium affecturi mali possit. Ac si quando is non in toto corpore, sed in parte est, magis tamen ad rem perlinet, vim tolius corporis moliri, [quam proprie parles ægræ sanentur.] Multum eliam interest, ab initio quis recte curatus sit, an perperam, quia curatio minus iis prodest, in quibus assidue frustra fuit. Si quis temere habitus, adhuc integris viribus vivit, admota curatione momento restituitur.

Sed cum ab ïis cœperim, quæ notas quasdam futuræ adversæ valetudinis exbhibent, curationum quoque principium ab animadversione ejusdem {emporis faciam. Igitur, si quid ex is, quæ proposita sunt, incidit, omnium optima sunt, quies et abstinentia; si quid bibendum, aqua; idque interdum uno die fieri satis est, interdum, si terrentia manent, biduo ; proximeque abstinentiam sumendus est cibus exiguus , bibenda aqua; postero die etiam vinum ; deinde invicem alternis diebus, modo aqua, modo vinum , donec omnis causæ meius finiatur. Per hæc enim sæpe instans gravis morbus discutitur. Plurimique falluntur, dum se primo die protinus sublaturos languorem, aut exercitatione, aut balneo , aut coacta dejectione, aut vo-

Page 1