‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 11 sur 265 · CELSE · texte numérisé non relu

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qu'ils pourront dès le premier jour dissiper leur malaise, soit par l'exercice ou le bain, soit en ayant recours aux purgatifs ou aux vomitifs, en provoquant des sueursouen faisant usage du vin. Non que ces moyens ne puissent parfois amener des résultats favorables, mais ils sont le plus souvent infidèles (2); au lieu que l’abstinence est toujours utile sans être jamais dangereuse, puisqu'on reste le maître de la proportionner à la gravité du mal. Si les symptômes sont légers, on se contentera d'interdire le vin, ce qui vaut mieux que de restreindre les aliments. S'ils deviennent un peu plus graves, ilest facile nonseulement de se réduire à l’eau , mais de supprimer la viande. Quelquefois aussi on devra manger moins de pain qu’à l'ordinaire et se borner à une nourriture humectante, composée presque exclusivement de plantes potagères. Enfin si les accidents apparaissent plus menacants, il suffit encore de renoncer à l'usage du vin, de s'imposer une diète rigoureuse, et d'observer en même temps un repos absolu. Il n'est pas douteux que, si l’on a recouru de bonne heure à ces précautions, sans vouloir dissimuler son état, on rend pour ainsi dire impossible toute maladie serieuse.

III. Ce sont là les règles à suivre par les personnes en santé quand elles n’ont à redouter que l'imminence d'une maladie. Il sera question maintenant du traitement des fièvres qui constituent des affections générales et sont extrêmement communes. On les distingue en fièvres quotidiennes, tierces et quartes; quelques-unes même reviennent à @e plus longs intervalles, mais celles-ci sont rares, et se confondent avec les types précédents par leur nature et le traitement qu’elles comportent. Les fièvres quartes

mitu , aut sudalionibug, aut vino sperant. Non quod non interdum id incidat, sed quod sæpius failat, solaque abstinentia sine ullo periculo medeatur : cum præsertim etiam pro modo terroris moderari liceat; et si leviora indicia fuerint, salis sit a vino tantum abstinere, quod subtractum plus, quam si cibo quid dematur, adjuvai; si paulo graviora, facile sit non aquam tantum bibere, sed etiam cibo carnem subtrahere ; interdum panis quoque minus, quam pro consuetudine assumere, bumidoque cibo esse contentum , et olere potissimum : satisque sit, tum ex toto a cibo, a vino, ab omni motu corporis abstinere, cum vehementes notæ terruerunt. Neque dubium est, quin vix quisquam, qui non dissimulavit, sed per hæc mature morbo oceurrit, ægrotet.

HT. Atque hæc quidem sanis facienda sunt, tantum causam metuentibus. Sequitur vero curatio febrium, quod et in toto corpore, et vulgare maxime morbi genus est. Ex his una quotidiana, altera tertiana, altera quartana est; interdum etiam longiore cireuitu quædam redeunt, sed id raro fit; in prioribus, et morbi sunt, et medicina. Et quartanæ quidem simpliciores sunt : incipiunt fere ab horrore; deinde calor erumpit ; finitaque febre

sont les plus simples : presque toujours elles débutent par un frisson auquel la chaleur succède ; puis l’accès étant terminé, la fièvre disparaît | pendant deux jours et revient le quatrième. Il y a deux espèces de fièvres tierces : l’une est semblable aux fièvres quartes pour le début et la terminaison, avec cette seule différence que l'intervalle qui sépare les accès est d’un jour seulement, et qu'ils reparaissent le troisième ; l’autre, beaucoup plus pernicieuse, revient également le troisième jour, mais, sur quarante-huit heures, trente-six environ sont données à l’accès, quelquefois plus, d’autres fois moins ; iln'y a pas même d’intermission complète , mais seulement une légère rémission. Les médecins, pour la plupart, ont donné le nom d'hémitrilée à cette dernière espèce. Les fièvres quotidiennes sont variées et nombreuses : il en est qui commencent de suite par la chaleur, d’autres par le froid, d’autres par le frisson (par froid j'entends le refroidissement des extremités , et il y a frisson lorsque tout le corps est pris de tremblement); on voit de ces fièvres dont les accès se terminent franchement, de manière qu'il y a apyrexie complète : dans certains cas l’état fébrile, bien qu'ayant perdu sa violence, a laissé des traces qui persistent jusqu'au relour du prochain accès ; souvent enfin le type quotidien présente à peine quelque rémission, et revêt presque la forme continue. Ces fièvres sont tantôt accompagnées d'une chaleur intense, et tantôt d'une chaleur supportable; les accès reviennent chaque jou* les mêmes, ou bien ils sont inégaux ; de sorte qu’un jour ils seront moins forts, et plus prononcés le jour suivant; les uns arriveront le lendemain à la même heure, les autres viendront plus tôt, ou plus tard. Tel aceès durera un jour

; biduum integrum est ; ita quarto die revertitur. Tertiana-

rum vero duo genera sunt : allerum eodem modo, quo quartana , et incipiens, et desinens , illo tantum interposito discrimine, quod unum diem præstat integrum , tertio redit ; alterum longe perniciosius, quod tertio quidem die reverlitur, ex oclo autem et quadraginta horis fere sex et triginta per accessionem occupat, interdum etiam vel minus, vel plus, neque ex toto in remissione desistit , sed tantum levius est; id genus plerique medici äuurprraïov appellant. Quotidianæ vero variæ sunt, et mulliplices. Aliæ enim prolinus a calore incipiunt , aliæ a frigore, aliæ ab horrore (frigus voco, ubi extremæ partes membrorum inalgeseunt, horrorem, ubi totum corpus intremit) ; rursus aliæ sic desinunt, ut ex toto sequatur integritas; aliæ sie, ut aliquantum quidem minuatur ex febre, nihilominus tamen quædam reliquiæ remaneant, donec aliera accessio accedat, ac sæpe aliæ vix quidquam avt nihil remiltant, sed ita ut continuent. Deinde, aliæ fervorem ingentem habent, aliæ tolerabilem ; aliæ quotidie pares sunt, aliæ impares; atque invicem altero die leniores, altero vehementiores ; aliæ tempore eodem postridie revertuntur, aliæ vel serius vel celerius; aliæ diem noctemque acces-

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et une nuit, tel autre sera plus court ou plus long ; quelques-uns se termineront par la sueur et d’autres sans cela. Tantôt ces sueurs indiquent le retour à la santé, et tantôt elles ne font qu'ajouter à la faiblesse du malade. Quelquefois encore on n’a qu’un accès par jour, et d'autres fois deux, ou plus encore; d’où il suit que dans le même jourily a souvent plusieurs redoublementssuivis de remission, et que chacun d'eux répond à celui qui précède. Il arrive aussi que les accès sont tellement confondus qu'on ne peut déterminer ni Je moment de leur invasion, ni l'intervalle qui les sépare. IL n’est pas vrai, comme on l’a prétendu , qu’il n’y ait de fièvres irrégulières que celles qui dépendent d’une vomique, d’une inflammation ou d’une plaie; s’il en était ainsi, le traitement en serait plus facile : mais les effets attribués aux causes évidentes peuventégalement reconnaître des causes cachées, et ce n’est pas raisonner, mais disputer sur les mots, que de prétendre, lorsque la fièvre affecte dans le cours d’une maladie des formes variables, qu'il n’y a point la fièvre irrégulière , mais plusieurs fièvres nouvelles. Et d’ailleurs quand cette opinion serait démontrée, elle ne changerait rien au traitement. Dans certains cas, le temps de la rémission est très-étendu , et dans d’autres il est à peu près nul.

IV. Telie est la marche cénérale des fièvres. Quant aux méthodes curatives, on en peut compter autant qu'il y a d'écrivains sur la matière. D’après Asclépiade, l'office du médecin consiste à guérir sûrement, promptementet agréablement. Cela est à désirer sans doute; mais d’ordinaire, par trop de précipitation et d'envie de

sione et decessione implent, aliæ minus, aliæ plus ; aliæ, cum decedunt, sudorem movent, aliæ non movent ; atque alias per sudoremadintegritatem venitur, alias corpus tantum imbecillius redditur. Accessiones eliam, modo singulæ singulis diebus fiunt, modo binæ pluresve concurrunt : ex quo sœpe evenit, ut quotidie plures accessiones remissiones quesint; sictamen, ul unaquæquealicui priori respondeat. Interdum vero accessiones quoque confunduntur, sic, ut notari neque tempora earum, neque spatia possint. Neque verum est, quod dicilur a quibasdam , nullam febrem

- inordinatam esse, nisi aut ex vomica, aut ex inflammatione , aut ex ulcere; facilior enim semper curalio foret, si hoc verum esset; sed quod evidentes causæ faciunt, facere etiam abditæ possunt; neque de re, sed de verbo controversiam movent, qui, cum aliter aliterque in eodem morbo febres accedunt, non easdem inordinate redire, sed alias aliasque subinde oriri dicunf. Quod tamen ad curandi rationem nihil pertineret, etiamsi vere diceretur. Tempora quoque remissionum modo liberalia, modo vix ulla sunt.

IV. Et febrium quidem ratio maxime talis est. Curatio- Auin vero diversa genera sunt, prout auctores aliquos habent. Asclepiades oflicium esse medici dicit, ut tuto, ut celcriter, ut jucunde euret. Id votum est ; sed fere peri-

plaire au malade, on l’expose à des dangers. Dans le cours du traitement on recherchera quels sont les ménagements à prendre pour satisfaire autant que possible à ces obligations, sans cesser toutefois de mettre en première ligne la guérison du mal. Ce qu'il y a de plus important d’abord, c'est de fixer le régime qu’on doit dès les premiers jours imposer au malade. Les anciens favorisaient la coction à l’aide de certains médicaments, parce qu’ils redoutaient par-dessus tout la crudité ; ensuite, par un usage plus fréquent des lavements, ils expulsaient la matière qu'ils jugeaient nuisible. Aselépiade supprima les mé-

dicaments; mais pour les lavements, sans les

employer aussi souvent, il les prescrivait néanmoins dans la plupart des maladies. Selon lui, le meilleur remède contre la fièvre était la fièvre même ; aussi pensait-il que pour abattre lesforces du malade, il fallait l'exposer à la lumière, le fatiguer par l'insomnie, et lui faire endurer la soif à ce point que les premiers jours il ne permettait pas même qu’on se rinçât la bouche. Cela prouve d’autant mieux l'erreur de ceux qui s'imaginent que sa méthode est agréable en toutes choses : si plus tard il cédait aux malades jusqu'à les livrer à leur intempérance, il n’est pas moins vrai qu’au début il se conduisait en bourreau. Je reconnais, quant à moi, que les potions médicamenteuses et les lavements ne doivent être administrés que rarement; mais il ne suit pas de là qu'il faille affaiblir le malade, puisqu'on a tout à craindre de sa faiblesse. I1 suffit donc de diminuer la matière qui se trouve en excès, et qui se dissipe tout naturellement dès qu'on ne cherche pas à la renouveler. Ainsi, les premiers

culosa esse nimia et festinatio et voluptas solet. Qua vero moderatione utendum sit, ut, quantum fieri potest, omnia ista contingant, prima semper habita salute , in ipsis partibus curationum considerandum erit. El ante omnia quæritur, primis diebus æger qua ratione conlinendus sit. Anliqui, medicamentis quibusdam datis, concoclionem moliebantur, eo quod cruditatem maxime horrebant; deinde eam materiam, quæ lædere videbatur, ducendo sæpius alvum subtrahebant. Asclepiades medicamenta sustulit, alvum non toties, sed fere Lamen in omni morbo, subduxit; febre vero ipsa præcipue se ad remedium uti professus est; convellendas enim vires ægri putavit luce, vigilia, siti ingenti, sic, ut ne os quidem primis diebns elui sineret. Quo magis falluntur, qui per omnia jucundam ejus disciplinam esse concipiunt; is enim ulterioribus quidem diebus cubantis etiam luxuriæ subscripsit, primis vero tortoris vicem exhibuit. Ego autem medicamentorum dari potiones , et alvum duci non nisi raro debere, concedo, et id non ideo tamen agendum, ut ægri vires convellantur, exislimo, quoniam ex imbecillitate sammum periculum est. Minui ergo tantum materiam superanteni oportet, quæ naturaliter digeritur, ubi nihil novi accezit. Itaque abstinendus a cibo primis diebus est, in luce habendus æger, nisi infirmus, interdiu est, quoniam corpus

jours on prescrira la diète ; on laissera le malade, s’il n’est pas trop faible, jouir de la lumière du jour, qui sert aussi à résoudre les humeurs, et l'on aura soin de le faire coucher dans la chambre la plus vaste. Relativement au sommeil, on le tiendra éveillé dans le jour, pour qu'il repose le plus possible pendant la nuit; et quant à la soif, on ne devra ni lui donner à boire avee exagération, ni lui faire subir de privation cruelle. On peut lui permettre encore de se rincer la bouche s’il l’a sèche et mauvaise, lors même que ce ne serait pas le moment indiqué pour les boissons ; et, comme le dit fort bien Érasistrate, la bouche etl’arrière-corgeontsouvent besoin d'être humectées, sans que cela soit nécessaire pour les parties intérieures; or, il n’y a dans ce cas aueune utilité à faire souffrir le malade. Telle est done la conduite à tenir en commencant. La nourriture donnée à propos est le meilleur remède; mais la question est de savoir à quelle époque on en doit accorder. À cet égard les anciens procédaient généralement avec lenteur, et attendaient au cinquième et sixième jour; peut-être en effet le climat de l’Asie et de l'Égypte permet-il d'agir ainsi. Asclépiade, après avoir épuisé le malade de toutes les facons les trois premiers jours, lui donnait des aliments le quatrieme. Dans ces derniers temps, Thémison, prenant en considération non le moment où commence la fièvre, mais celui où elle cesse ou du moins se ralentit, attendait trois jours à partir de ce moment, puis nourrissait immédiatement le malade, si la fièvre n'avait point reparu; lorsqu'elle se montrait de nouveau, il différait jusqu'à la fin de l'accès, ou jusqu'au temps de la ré— mission, si la fièvre était continue. Mais ces divers préceptes n’ont rien d’immuable, car en

ista quoque digerit; isque cubare quam maximo conclavi debet. Quod ad sitim vero somnumque pertinet, moderandum est, ut interdiu vigilet, noctu, si fieri potest, conquiescat , ac neque potet, neque nimium sili crucietur. Os etiam ejus elui potest, ubi et siccum est, et ipsi fwtet ; quamwvis jd tempus aptum potioni non est; commodeque Erasistrafüs dixit, sæ@pe, interiore parle humorem non requirente, os et fauces requirere, neque ad rem, male

baberi ægrum, pertinere. Ac primo quidem sic tenendus,

est. Optimum vero medicamentum est, opportune cibus datus ; qui quando primum dari debeat, quæritur. Plerique ex antiquis tarde dabant, sæpe quinto die, sæpe sexto, et id fortasse vel in Asia, vel in Ægypto, cæli ratio patitur. Asclepiades , ubi ægrum triduo per omnia fatigaverat, quarto die cibo destinabat. At Themison nuper, non quando cœpisset febris, sed quando desisset, aut certe levala esset, considerabat; et ab illo tempore exspectato die tertio, si non accesserat febris, statim, si accesserat, ubi ea vel desierat, vel, si assidue mhærebat, certe si se inclinaverat, cibum dabat. Nihil autem horum utique perpetuum est; nam potest primo die primus cibus dandus esse, potest secundo, potest tertio. potest non pisi quarto, aut

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peut prescrire des aliments le premier, le ses cond, {e troisième jour, et d’autres fois seule ment le quatrième ou le cinquième; on peut en: donner après un seul accès, de même qu'après deux ou plusieurs. Tout cela dépend de la mas ladie, de la constitution, du climat, de l’âge, et de l’époque de l’année. Au milieu de circons: tances si différentes entre elles, il n'est guère possible d’assigner invariablement un temps bien précis. La maladie qui enlève le plus de forces au malade exige une réparation plus prompte; il en est de même des climats où la déperdition est plus grande, et c’est pour cela qu'en Afriqueon setrouverait mal, à ce qu'il pas rait, de mettre un malade tout un jour à la diète; l'enfant veut être nourri plus promptement que le jeune homme , et l'abstinence doit être moins longue en été qu’en hiver. Il n’y a pour le mé decin qu’une seule règle, qu'il doit observer par= tout et toujours: c’est d'examiner attentivement l'état des forces, afin de les combattre par la diète quand elles sont exagérées, ou de venir à leur aide par l'alimentation dès qu'il commence à en redouter l'insuffisance. Son rôle, en effets consiste à ne pas surcharger le malade de maté= riaux nuisibles, et à éviter aussi de le jeten dans l'épuisement par un jeûne trop sévère. Je trouve encore cette opinion dans Erasistrate; et quoiqu'il n'indique pas avec exactitude le mo: ment où l'inanition se fait sentir à l’estomac ou au corps, cependant, en appelant l'attention sur ce point, et en prescrivant de nourrir quand le corps réclame des aliments, il montre assez qu'il n’y a pas lieu d’en donner tant que les forces sont en excès, mais qu’il faut savoir prévenir la défaillance. L'on peut comprendre d’après cela que le même médecin ne saurait soigner à la

quinto; potest post unam accessionem, potest post duas, potest post plures. Refert enim , qualis morbus sit, quale corpus, quale cœlum, quæ ætas, quod tempus anni: minimeque, in rebus multum inter se differentibus, per= petuum esse præceptum temporis polest. In morbo, qui plus virium aufert, celerius cibus dandus est , itemque eo cœlo, quod magis digerit ; ob quam causam in Africa nullo die æger abslineri recte videtur; maturius etiam puero, quan juveni, æstate, quam hieme, dari debet. Unum ils lud est, quod semper, quod ubique servandum est, ut ægri vires subinde assidens medicus inspiciat, et quamdiu supererunt, abstinentia pugnet; si imbecillitatem vereri cæperit, cibo subveniat. Id enim ejus oflicium est, ub ægrum, neque supervacua materia oneret, neque [ imbe: cillitatem ] fame prodat. Idque apud Erasistratum quoque invenio : qui, quamyis parum docuit, quando venter, quando corpus ipsum exinaniretur, dicendo tamen, bæe esse videnda, et tum cibum dandum, cum corpori debe= retur, salis ostendit, dum vires superessent, dari non oportere ; ne deficerent, consulendum esse. Ex b.s auteni intelligi potest, ab uno medico multos non posse cürari, eumque, si artifex est, idoneum esse, qui non gultun

fois un grand nombre de personnes, et que le meilleur praticien est celui qui ne perd pas de vue son malade. Mais ceux qui n’exercent que par intérêt, trouvant plus de profit à faire la médecine du peuple, embrassent volontiers des préceptes qui n'exigent pas d'assiduité comme le cas actuel. IL est facile, en effet, sans suivre exactement son malade, de compter les jours et les accès; mais il faut être là quand on s'occupe de la seule chose essentielle, c'est-à-dire de fixer l'instant où le malade va devenir trop faible, s'il ne prend pas de nourriture. Dans la plupart des cas cependant, c’est le quatrième jeur qui est le plus convenable pour commencer l'alimentation.

Mais au sujet des jours il règne encore une autre incertitude. Les anciens se réglaient surtout sur les joursimpairs, etlesnommaienterifiques , comme s'ils jugeaient la maladie. Ces jours étaient Je troisième, le cinquième, le septième , le neuvième , le quatorzième, et le vingt-unième. Au septième jour était attribuée la plus grande puissance; puis venaient le quatorzieme et le vinetvnième. En conséquence, ils laissaient passer les accès des jours impairs et donvaient ensuite de la nourriture, persuadés que les accès suivants dévaient être moins graves. C’est au point qu'Hippocrate craignait en général une rechute lorsque la fièvre ne cessait pas un jour eritique. Asclépiade eut raison derépudier cesidées comme dépourvues de fondement , et de soutenir que les jours n’offrent ni plus ni moins de dangers pour être pairs ou impairs. Quelquefois, en effet, les jours pairs sont les plus fâcheux; et c'est à la fin des accès qu’ils présentent qu'on doit de préférence faire manger le malade. Dans le

ab ægro recedit. Sed qui quæstui serviunt, quoniam is major ex populo est, libenter amplectuntur ea præcepta quæ sedulitatem non exigunt, ul in hac ipsa re. Facile est enim dies vel accessiones numerare iis quoque, qui ægrum raro vident : ille assideat necesse est, qui, quod solum opus est, visurus est, quando nimis imbecillus futurus sit, nisi cibum acceperit. In pluribus lamen ad initium cibi dies quartus aptissimus esse consuevit.

Est aulem alia etiam de diebus ipsis dubitalio ; quo niam antiqui potissimum impares sequebantur, evsque , tamquam tunc de ægrisjudicaretur, xptoiprovs nominabant ; hi erant dies tertius, quintus, seplimus, nonus, undecimus, quartusdecimus , unus et vicesimus, ila ut summa potentia seplimo, deinde quartodecimo, deinde uni et vicesimo daretur; igitur sic ægros putriebant, ut dierum imparium accessiones exspectarent , deinde postea cibum, quasi levioribus accessionibus instantibus, dareut : adeo ut Hippocrales, si alio die febris desisset, recidivam timere sit solitus. Id Asclepiades jure ut vanuin repudiavit, neque in ullo die, quia par imparve esset, lis vel majus vel minus periculum esse dixit. Interdum enim pejores dies pares fiunt, et opportunius post eorum accessiones cibus datur. Nonnumquam etiam in ipso morbo dierum ratio mutatur, fitque gravior, qui remissior esse consue-

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cours de la fièvre, il arrive encore que l’orare des jours est interverti, et que le plus grave est celui qui d'ordinaire était le moins violent. Bien plus, le quatorzième, qui , aux yeux des anciens, était doué d’une grande vertu, est précisément un jour pair. D’après eux, le huitième jour ressemblait au premier et commençait le second septenaire : eh bien ! ils se contredisaient en cela, puisque c'étaient non le huitième, le dixième et le douzième jour auxquels ils attachaient de l’importance, mais le neuvième et le onzième ; et, procédant ainsi sans aucune apparence de raison, ils n’allaient pas du onzième au treizième, mais au quatorzième. Hippocrate a dit aussi que le quatrième jour était le plus pénible pour un malade qui devait être guéri le septième. La fièvre selon cet auteur peut donc devenir plus intense un jour pair, et ce journéanmoins servir de base à un pronostie assuré. Dansun autre endroit il signale commeavyant cette double sienification chaque quatrième jour, par exemple le quatrieme, le septième, le onzième , le quatorzième , et le dix-septième ; de sorte qu’il passe du nombre impair au pair : et il n’est pas même fidele à sa proposition, puisqu'à partir du septième il faut cinq jours et non quatre pour arriver au onzième. Tant il est vrai, quelle que soit la manière dont on envisage les nombres, qu’on ne peut rien trouver de raisonnable à ce sujet, dans Hippocrate du moins. Les anciens se laissèrent égarersur ce point par lesnombrespythagoriciens, qui jouissaient alors d’une grande celébrité. Or, le médecin n’a que faire de compter les jours, mais il doit observer les accès pour êtreen mesure d’indiquer le moment où il convient de prescrire des aliments. Il importe bien plus de savoir si l’on

verat. Atque ipse quartusdecimus par est, in quo esse magnam vin antiqui fatebantur. Qui cum octavum primi naturam habere contenderent , ut ab eo secundus septenarius inciperet , ipsi sibi repugnabant, non octavum , neque decimum, neque duodecimum diem sumendo, quasi potentiorem : plus enim tribuebant nono, et undecimo ; quod cum fecissent sine ulla probabili ratione, ab undecimo, non ad tertiumdecimum, sed ad quartumdecimum transibant. Est etiam apud Hippocratem, ei, quem septimus dies liberalurus sit, quartum esse gravissimum ; ila, illo quoque auctore, in die pari et gravior febris esse potest, et certa futuri nota. Atque idem alio loco quartum quemque diem, ut in utrumque efficacissimum apprehendit, id est quartum, seplimum, undecimum, quartumdecimum, decimum septimum. {n quo et ab imparis ad paris rationem transit, et ne hoc quidem propositum conservavit, cum a septimo die undecimus, non quartus sed quintus sit. Adeo apparet, quacumque rationead numerum respexerimus, nibil rationis, sub illo quidem auctore, reperiri. Verum in his quidem antiquos tune celebres admodum pythagorici numeri fefellerunt : cum hic quoque medicus uon numerare dies debeat, sed ipsas accessiones intueri, et ex his conjectare, quando dandus cibus sit. Ilud autem magis ad rem pertinet, scire, Lam oporteat dari, cum jans

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doit nourrir le malade quand la fièvre a cessé, ou avant sa disparition complète. Les anciens n’accordaient de nourriture qu'aux malades entièrement exempts de fièvre; Asclépiade en donnait malgré la persistance de l’état fébrile, pourvu seulement qu'il fût moins intense. Mais en cela sa méthode est mauvaise : non qu'il nefaille parfois songer de bonne heure à l’alimentation, si l'on craint un redoublement prochain, mais parce qu’en général il vaut mieux attendre que le malade soit sans fièvre; en effet, pris dans le temps de l'apyrexie, les aliments sont moins sujets à se corrompre. Néanmoins, il n’est pas vrai, somme Thémison le pensait, que, s'il y a deux heures d’intermittence, on puisse entirer parti pour faire manger le malade, de telle sorte que la digestion s'accomplisse dans cet espace de temps. Rien de mieux sans doute si elle pouvait s'effectuer aussi promptement ; mais, l'intervalle étant trop court, il vaut mieux que le travail digestif commence au déclin de la fièvre, que de s'achever au début de l’accès suivant. Si done l'apyrexie se prolonge davantage, c'est lemoment qu'il faut choisir ; si le temps est trop limité, on devra donner des aliments avant que le malade soit entièrement délivré de la fièvre. Ce que l'on dit ici de l’intermittence s'entend également de la rémission, qui peut être très-marquée dans une fièvre continue. On demande ensuite si pour alimenter on doit attendre autant d’heures que l'accès en a pris, ou si, cela n'étant pas toujours possible, il suffit d'en laisser passer une partie. Le plus sûr est de mettre un intervalle égal à la durée de l'accès; mais si la fièvre s’est prolongée beaucoup, on peut se montrer moins rigoureux, pourvu cependant

bene venæ conquieverunt, an etiamnum manentibus reliquiis febris. Antiqui enim quam integerrimis corporibus alimentum offerebant ; Asclepiades, inclinata quidem febre, sed adhuc tamen inhærente. In quo vanam rationem secutus est : non quod non sit interdum maturius cibus dandus, si mature fimetur altera accessio, sed quod scilicel quam sanissimo dari debeat ; minus enim corrumpitur, quod integro corpori infertur. Neque tamen verum est, quod Themisoni videbatur, si duabus horis integer futurus esset æger, satius esse tum dare, ut ab integro corpore potissimum diduceretur. Nam si diduci tam celeriter posset, id esset optimum ; sed cum hoc breve tempus non præstet, satius est, principia cibi a decedente febre, quam reliquias ab incipiente excipi. Ita, si longius tempus secundum est, quam inlegerrimo dandus est; si breve, etiam antequam ex toto integer fiat. Quo loco vero integritas est, eodem est remissio, quæ maxima in febre continua potest esse. Atque hoc quoque quærilur, utrum Lot horæ exspectandæ sint , quot febrem habuerunt, an satis sit, primam partem earum præteriri, ut ægris jucundius insidat, quibus interdum non vacat. Tulissimum est autem, ante totius accessionis tempus præterire ; quamwvis, ubi longa febris fuit, potest indulgeri ægro matzrius, dum

qu'on atlende au moins la moitié du temps. On observera ce précepte, non-seulement dans la fièvre dont il est question, mais dans toutes les autres. 1

V. Ces considérations sont applicables à tou" tes les fièvres en général : je vais parler mainten nant de ce qui les concerne en particulier. Lors=« qu'il n’y a eu qu'un seul accès, provoqué soit par une tumeur à l’aine , soit par la fatigue, la cha= leur ou quelque circonstance semblable, et sans qu'on ait à redouter l'influence d’une cause interne , on peut le lendemain donner des ali= ments, l'heure de l'accès une fois passée, et la fièvre n'ayant point reparu. Mais si l’on ressent une chaleur profonde, accompagnée de pesanteur à la tête ou aux hypocondres, et qu’on n'apercoive pas la raison de ce désordre, quand bien même ee seul accès serait suivi d’apyrexie complète, comme on peut craindre une fièvre tierce , il faut attendre le troisième jour, et donner des aliments après l'heure de laccès, mais en petite quantité, parce qu'on peut craindre aussi une fièvre quarte; enfin si le malade n'a pas éprouvé de nouvel accès au quatrième jour , il est permis de le nourrir en toute assurance. Si au contraire la fièvre est revenue le lendemain, le troisième ou le quatrième jour, c'est qu'il ya maladie déclarée. Quant aux fièvres tierces et quartes dont les retours sont réglés, où l’apyrexie est complète et les intervalles bien tranchés, le traitement en est plus facile, et il en sera question en leur lieu. J'ai à m'occuper en ce moment des fièvres quotidiennes. Accorder des aliments de deux jours l’un est ici le mode le plus convenable; par ce moyen ily à un jour où la fièvre peut diminuer, et un autre jour où

tamen ante minimum pars dimidia prætereatur. Idque non in ca sola febre, de qua proxime dictum est, sed in ompibus ita servandum est.

V. Hæc magis per omnia genera febrium perpetua sunt : nunc ad singulas earum species descendam. Igitur si semel tantum accessit, deinde desiit , eaque vel ex inguine, vel ex lassitudine, vel ex æstu, aliave simili re fuit, sie, ut interior nulla causa metum fecerit, postera die, cum tempus accessionis ita transiit, ut nihil moverit, cibus dari potest. At si ex alto calor venit, et gravi= {as vel capilis vel præcordiorum secuta est, neque appa= ret, quid corpus confuderit ; quamvis unam accessionem secula integritas est, tamen, quia tertiana timeri potest, exspectandus est dies tertius, et ubi accessionis tempus præteriit, cibus dandus est, sed exiguus, quia quartana quoque timeri potest; et die quarto demum, si corpus integrum est, eo cum fiducia utendum. Si vero postero, tertiove, aut quarto die secuta febris est, scire licet, morbum esse. Sed tertianarum , quartanarumqne, quarum et certus cireuitus est, et finis integer, et liberaliter quieta tempora sunt, expedilior ralio est : de quibus suo loco dicam. Nune vero eas explicabo, quæ quotidie urgent: Igitur tertio quoque die eibus ægro commodissime datur &

. J'on soutient les forces. Mais on peut nourrir le | jour même, dans les fièvres quotidiennes dont les accès cessent entièrement sans laisser aucuns vestiges. Quand la fièvre procède non par accès décidés, mais par redoublements quotidiens, suivis de rémissions incomplètes, il faut pren- - dre pour le repas le temps de la rémission la plus longue. Si l'accès est plus grave un jour et plus léger le lendemain, on fera manger le malade après le jour marqué par une fièvre intense; car en général l'accès le plus violent est suivi d’une nuitpluspaisible, de même qu’il est précédé d’une nuit plus orageuse. Mais si la fièvre est continue, sans aucune rémission, et qu'il y ait néeessité toutefois d'accorder quelque nourriture, le moment à choisir pour cela devient l'objet d'un grand dissentiment. Les uns pensent qu'il faut préférer le matin , heure où les malades sont généralement plus calmes. Si en effet l’amélioration existe, c'est ce moment qu’on doit saisir, pon parce que c'est le matin, mais parce qu'il y a rémission. Si à cette heure même, au contraire , le malade est sans repos, il est d'autant moins opportun de le nourrir que c’est la gravité du mal qui le prive du bénéfice ordinaire de la matinée, et cela doit faire craindre que le milieu de la journée, où presque toujours l'état des malades s'exaspère , ne devienne plus alarmant encore. Aussi d’autres médecins réservent dans . ce cas les aliments pour le soir ; mais c’est précisément alors que la plupart des malades sont le plus accablés : il y a donc lieu d'appréhender que l'excitation produite par la nourriture n’ajoute à l'intensité du mal. Pour ces divers motifs, j’attends jusqu’au milieu de la nuit, parce que, arrivé là, on a traversé les instants les plus critiques et

ul alter febrem minuat, alter viribus subveniat. Sed is dari debet , si quotidiana febris esl, quæ ex toto desinat , simul aîque corpus integrum factum est; si quamvis non accessiones, febres tamen junguntur, et quotidie quidem increscunt, sed sine integritale tamen remittunt, cum corpus ila se habet, ut major remissio non exspectetur : si altero die gravior, altero levior accessio est, post gra- Yiorem; fere vero graviorem aecessionem levior nox sequitur; quo fit, ut graviorem accessionem nox quoque listior antecedat. At si continuatur febris, neque levior umquam fit, et dari cibum necesse est, quando dari debeat, magna dissensio est. Quidam, quia fere remissius matutinum lempus ægris est, {um putant dandum. Quod si respondet, non quia mane sed quia remissio est [ægris], dari debet; si vero ne tune quidem ulla requies ægris est, hoc ipso pejus id tempus est, quod cum sua natura melius esse debeal, morbi vitio non est, simulque insequitur lempus meridianum, à quo cum omnis æger fere pejor fiat, timeri potest, ne ille magis etiam, quam ex consuetudine, ureeatur. Igitur alii vespere tali ægro cibum dant; sed cum eo tempore fere pessimi sint, qui ægrotant, verendum est, ne, si quid tune moverimus, fiat aliquid asperius. Ob hæc ad mediam noctem decurro; id est finito jam

qu'on en est aussi loin que possible; de plus, les heures qui précèdent le jour sont en général remplies par lesommeil, et l’onadevantsoilamatinée, c'est-à-dire le temps le plus favorable aux malades. Mais dans lesfièvres irrégulières qui peuvent signaler leur retour immédiatement après le repas du malade, il convient de donner des aliments dès que l’accès est passé. Cependant si plusieurs accès se succèdent dans le même jour, on doit examiner s'ils sont en tout point semblables, ce qui est pour ainsi dire impossible, ou s'ils sont inégaux. Quand il y a similitude entière, il faut permettre l'alimentation apres l'accès dont la terminaison n’a pas lieu entre midi et le soir. Quand ils sont dissemblables, il faut rechercher en quoi ils diffèrent; car si un accès se montre plus intense et l’autre plus léger, c'est après le plus grave que le malade doit manger, ou après celui qui a duré le plus de temps, s’il y en a eù un plus long , et un autre plus court ; de même si l’on rencontre deux accès dont l’un est plus fort et l’autre plus prolongé, il faut considérer si le malade est plus fatigué de la violence du premier que de la durée du second , et n’accorder d'aliments qu'après l'accès dont il ale plus souffert. Il est encore essentiel de connaître le nombre et la nature des rémissions qui succèdent à ces accès; car si l'un d'eux laisse le malade dans l'agitation et que l’autre soit suivi d’apyrexie, c’est ce dernier état qui se prête ie mieux à l'alimentation; si le malade conserve toujours un mouvement fébrile, on choisit alors le temps de la plus longue rémission ; de sorte que, dans les accès qui se touchent, c'est au déclin du premier qu'il faut s’empresser de faire manger le malade. En effet, le medecin

gravissimo tempore , eodemque longissime distante ; secuturis vero antelucanis horis, quibus omnes fere maxime dorminnt, deinde matutino tempore, quod natura sua levissimum est. Si vero febres vagæ sunt, quia verendum est, ne eibum slatim subsequantur, quandocumque quis ex accessione levatus est, tune debet assumere. At si plures accessiones eodem die veniunt, considerare oportet, pares ne per omnia sint, quod vix fieri potest, an impares. Si per ommnia pares sunt, post eam potius accessionem cibus dari debet, quæ von inter meridiem el vesperem desinit. Si impares sunt, considerandum est, quo distent; nam si allera gravior, altera levior est, post graviorem dari debet; si altera longior, altera brevior, post longiorem; si altera gravior, altera longior est, considerandum est, utra magis affligat, illa vi, an hæc tempore, et post eam dandus est. Sed plane plurimum interest, quantæ qualesque inter eas remissiones sint; nam si post alteram febrem motio manet, post alteram integrum corpus est, integro corpore , cibo tempus aptius est : sisemper febricula manet, sed allerum tamen longius tempus remissionis est, id potius eligendum est, adeo ut, ubi accessiones continuantur, protinus, inclinata priore, dandus cibus sit. Etenim perpeluum est,

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doit considérer comme une règle invariable de médecin étudie les fièvres en elles-mêmes, il

prendre d’abord pour le repas le moment le plus éloigné de l’accès attendu , et de choisir ensuite l'heure où le malade se trouve aussi bien que possible ; et ce précepte est d'observation non-seulement entre deux accès , mais quand il yen a plusieurs. Bien qu'il soit toujours préférable de

donner des aliments de deux jours l’un, on-

peut en accorder une fois par jour s’il y a faiblesse, et plus encore s’il s’agit de fièvres continues qui ne présentent pas de rémissions et fatiguent extrêmement le malade, ou lorsque deux ou plusieurs accès surviennent le même jour. En conséquence, à partir du premier jour, l'alimentation sera quotidienne si le pouls est tombé dès le commencement; et même on y reviendra plusieurs fois dans la journée si le malade a été pris de défaillance au milieu de plusieurs acces. On aura soin pourtant de la restreindre après les accès quiréclameraient ladiète si l’état des forces le permettait, Comme la fièvre s'annonce, commence, s'accroît, reste stationnaire ou diminue, pour demeurer à l’état de rémission ou cesser entièrement, il faut savoir que les meilleurs moments pour alimenter le malade sont l’apyrexie, puis la rémission bien tranchée; et en troisième lieu, quand le cas l'exige, la période de déclin. Hors de là, il y a danger. Si cependant en raison * de la faiblesse du malade il esturgent de lenourrir, mieux vaut s’y décider quand la fièvre est arrivée à son dernier degré d'accroissement, que lorsqu'elle est à l’état d’augment, et quand elle est seulement imminente, que lorsqu'elle se déclare. El y à pas d'heure néanmoins où l’on ne puisse être tenu de ranimer le malade qui tombe en défaillance. Ce n’est pas assez que le

ad quod omne consilium dirigi potest, cibum quam maxime semper ab accessione futura reducere, et, hoc salvo, dare quam integerrimo corpore; quod non inter duas tantum, sed etiam inter plures accessiones servabitur. Sed cum sit aptissimum, tertio quoque die cibum dare; lamen, si corpus infirmum est, quolidie dandus est, mulloque magis, si continentes febres sine remissione sunt, quanto magis corpus affligunt ; aut si duæ pluresve accessiones eodem die veniunt. Quæ res efficit ut et a primo die protinus cibus dari quotidie debeat, si protinus venæ conciderunt; et sæpius eodem die, si inter plures accessiones subinde vis corpori deest. Jllud tamen in his servandum est, ut post eas febres minus cibi detur, post quas, si per corpus liceret, omnino non daretur. Cum vero febris inslet, incipialt, augealur, consistat, decedat, deinde in decessione consistat, gut finiatur, scire licet, optimum cibo tempus esse febre finita, deinde, cum decessio ejus consistit, terlium, si necesse est, quandocumque decedit; cetera omnia periculosa esse. Si tamen propter infirmitatem necessitas urget, satius esse, consistente jam incremento febris, aliquid offerre, quam increscente; Satius esse, instanle, quam incipiente : cum eo tamen, ut nullo tempore is, qui deficit, non sit sustinen-

doit encore avoir égard à toute l'habitude du corps, et en tenir compte dans le traitement, soit qu'il y ait excès ou défaut des forces, soit que d’autres complications surviennent. Il est, toujours utile d’inspirer de la sécurité aux malades, afin de ne pas ajouter l'anxiété morale aux souffrances du corps; cela est important surtout s'ils ont pris quelques aliments : aussi dans le cas où de fâcheuses nouvelles pourraient les agiter , il faut tâcher de leur en dérober la connaissance pendant leur maladie, ou, si cela n'est pas possible, laisser passer du moins les heures du repas et du sommeil, et ne s'ouvrir à eux qu’au réveil.

VI. Relativement à la nourriture, on a facilement raison des malades, parce que souvent leur estomac refuse les aliments qu'ils ont sollici- . tés. Mais pour les boissons on a de grands combats à soutenir ; et la lutte est d'autant plus vive, que la fièvre est plus intense. La fièvre en effet allume la soif, et c’est précisément quand l’eau leur est le plus contraire que le besoin s’en fait le plus sentir. Néanmoins on doit faire comprendre aux malades que leur soif va cesser en même temps que la fièvre; que l’on prolongerait lac: cès en leur faisant prendre quelque chose, et qu’en ne buvant pas ils seront plus tôt soulagés de l'altération qu’ils éprouvent. Mais par la rai— son qu'en état de santé, on supporte plus facilement la faim que la soif, il y a lieu, la maladie survenant, de montrer plus de tolérance pour les boissons que pour les aliments. Le premier jour cependant, on ne doit accorder aucun liquide, à moins quele pouls ne tombe subitement, et, dans ce cas, il convient aussi de nourrir le

dus. Neque hercule satis est, ipsas tantum febres medicum intueri, sed eliam totius corporis babitum, el ad eum dirigere curalionem, seu supersunt vires, seu desunt, seu quidam alii affectus interveniunt. Cum vero semper ægros securos agere Conveniat, ut corpore tan< {um , non etiam animo laborent, tum præcipue, ubi ci« bum sumpserunt; itaque , si qua sunt, quæ exasperatura eorum animos sunt, optimum est, ea, dum ægrotant, eorum notitiæ subtrahere ; si id fieri non potest, sustinere tamen post cibumusque somni tempus, et, cum experrecli sunt , tum exponere.

VI. Sed de cibo quidem facilior cum ægris ratio est, quorum sæpe stomachus hunce respuit, etiamsi mens concupiscit ; de potione vero ingens pugna est, eoque ma: gis, quo major febris est. Hæc enim sitim accendit, et tum maxime aquam exigit, cum illa periculosissima est: Sed docendus æger est, ubi febris quieverit, protinus sie tim quoque quieturam , longioremque accessionem fore, si quod ei datum fuerit alimentum , ita celerius eum desinere sitire, qui non bibit. Necesse est tamen, qéanto facilius etiam sani famem , quam sitim sustinent, tanto magis ægris in potione, quan in cibo indulgere. Sed primo quidem die nullus humor dari debet, nisi subito sic venæ!

gr em —

malade ; le lendemain au contraire, et les jours où la diète est de rigueur, on peut donner à boire i la soif est ardente. Ce n’est pas sans raison qu'Héraclide de Tarente a dit que, lorsqu'il y a chez un malade amas de bile ou de crudités, il est utile de délayer ces matières corrompues à l’aide d’une légère quantité de boissons. Il faut en général les réserver, si on les donne seules, pour l'heure où les repas devraient avoir lieu, ou bien choisir le moment où l’on invite le malade u sommeil , attendu que fa soif entraîne presque touiours l’insomnie. On reconnaît assez généralement que ies boissons trop abondantes sont nuisibles aux personnes qui ont la fièvre, et principalement aux emmes qui en sont atteintes après l'accouchement.

L'on peut, il est vrai, d’après la nature de la fièvre et de la rémission , fixer les époques convenables pour prescrire des aliments et des boissons; mais il n’est pas très-facile de savoir quand un malade a la fièvre , quand son état s'améliore, u quand il tombe dans l’affaiblissement : ce sont là pourtant des circonstances essentielles à connaître pour régler Je boire et le manger Ainsi le pouls, auquel nous accordons tant de créance, est souvent la cause des plus grandes erreurs ; car sa lenteur ou sa fréquence varie souvent en raison de l’âge, des sexes et des tempéraments. Chez une personne bien portante, mais dont l'estomac est faible, ou même au début de la fièvre, on observe communément que les pultions sont si lentes et si faibles que le sujet paraît sans forces , bien qu’il puisse facilement suprter le grave accès qui le menace. Au contraire elles deviennent plus vives et plus développées sous l'excitation produite par le soleil, le bain,

conciderunt , ut cibus quoque dari debeat : secundo vero, celerisque etiam, quibus cibus non dabitur, tamen, si magna sitis urgebit, potio dari potest. Ac ne illud quidem ab Heraclide Tarentino dictum ratione caret : ubi aut bilis ægrum, aut cruditas male habet, expedire quoqueper modicas potiones misceri noyam materiam Corruptæ. Illud videndum est, ut qualia tempora cibo leguntur, talia potioni quoque ubi sine illo datur, deligantur aut cum ægrum dormire cupiemus; quod fere sitis prohibet. Satis autem convenit, cum omnibus febricitantibas nimius linmor alienus sit, tum præcipue esse fæminis, quæ ex partu in febres inciderunt.

Sed cum tempora cibo potionique febris et remissionis ratio det, non est expeditissimum scire, quando æger febricitet, quando melior sit, quando deficiat ; sine qui- {bus dispensari illa non possunt. Venis enim maxime credimus , fallacissimæ rei; quia sæpe istæ leniores celerioresve sunt, et ætate, et sexu, el corporum natura: et plerumque satis sano corpore, si stomachus infirmus est, nonnumquam etiam incipiente febre, subeunt ct quiescunt, ut imbecillus is videri possit, cui facile laturo gravis instat accessio. Contra sæpe eas concitat et resolvit sol, et balneum, et exercitatio, et metus, etira, et quihbet alius animi affectus ; adeo ut, cum primum medicus ve-

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l'exercice, la crainte , la colère, et toute espèce d'affection de l’âme ; il suffit même de la première apopreche di médecin, pour que le malade, inquiet du jugement qu'il va porter sur son état, éprouve de l'agitation dans le pouls. Aussi le praticien exercé, au lieu de saisir à peine entré le bras du malade, vient s’asseoir près de lui avee un visage ouvert, l’interroge sur sa santé, combatses craintes, s’il en a , par des raisons plausibles , et arriveensuite à l'exploration du pouls. Mais le trouble excité par la vue seule du médecin ne peut-il pas se produire encore sous l’influence de mille autres causes? Une seconde indication à laquelle nous ajoutons foi et qui nous trompe également, c’est la chaleur; car elle peut s'élever par l'effet de Ja température, du travail, du sommeil, de la peur, et des anxiétés morales. 11 faut done tenir compte de ces conditions diverses, mais ne pas leur accorder une confiance sans bornes. On saura tout d’abord qu'il n’y a point de fièvre quand les pulsations sont régulières, et la chaleur modérée comme dans l'état de santé; il ne faut pas non plus se presser de conclure que le mouvement fébrile existe , parce que la chaleur sera plus vive et le pouls plus fréquent. Mais la fièvre est réelle si la peau est inégalement aride, si le malade accuse de la chaleur au front et aux hypocondres, si le souffle qui sort des narines est brülant, s’il v a rougeur ou pâleur inaccoutumée, si les yeux sont pesants, très-secs ou un peu larmoyants, si la sueur lorsqu'elle se déclare ne se répand pas également partout, et si les pulsations des veines n'ont lieu qu'à des intervalles inégaux. Pour se livrer à cet examen le médecin ne doit pas se placer dans l'obscurité, ni au chevet du malade,

nit, solicitudo ægri dubitantis, quomnodo illi se habere videatur, eas moveat. Ob quam causam, periti medici est, non protinus ut venit, apprehendere manu brachinm : sed primum residere hilari vultu, percunctarique quemadmodum se habeat , et, si quis ejus metus est, eum probabili sermone lenire, tum deinde ejus corpori manum admovere. Quas venas autem conspectus medici movet, quam facile mille res turbant! Altera res est, cui credimus, Calor, æque fallax : nam hic quoque excitatur æstu, labore, somno, metu, sollicitudine. Igitur intueri quidem etiam ista oportet, sed his non omnia credere. Ac protinus quidem scire , non febricitare eum, cujus venæ naturaliter ordinatæ sunt, teporque talis est, qualis esse sanis solet; non protinus autem sub calore motuque febrem esse concipere, sed ita, si summa quoque arida inæqualiter cutis est, si calor el in fronte est, et ex imis præcordiis oritur, si spiritus ex naribus cum fervore prorumpit , si color, aut rubore, aut pallore novo mutatus est, si oculi graves , el aut persicci, aut subhumidi sunt, si sudor cum fit, inæqualis est, si venæ non æquis intervallis moventur. Ob quam causam medicus neque in tenebris, neque a capite ægri debet residere, sed ilustri loco adversus eum, ut omnes notas ex vullu quoque cubantis perspiciat. Ubi vero febris fuit atque decrevit,

mais en face de lui, au grand jour, afin de pouvoir apprécier tous les signes fournis par le visage. Lorsque après l'invasion de la fièvre il y a eu de l'amendement, il faut voir si les tempes ou quelque autre partie du corps ne sont pas en moiteur, ce qui annonce une sueur prochaine; et quand cette tendance à la transpiration se manifeste, il convient de faire boire au malade de l’eau chaude, dont l'effet sera salutaire s’il survient une sueur générale. Dans ce but, les malades doivent avoir les pieds et les mains sous les couvertures ; mais ilne faut pas les en accabler comme on le fait la plupart du temps à leur préjudice, au plus fort de la fièvre, et même de la fièvre ardente. Des que la sueurse prononce , il faut essuyer chaque membre avec un linge chaud ; et lorsqu'elle a entièrement cessé, ou même quand il n’y a pas eu de transpiration, si le malade paraît, autant qu’il peut l’être, en état de prendre quelque nourriture, sn doit lui faire des onctions légères sous la couvèrture, l’essuyer, et lui donner ensuite des aliments. Les meilleurs pour les fébricitants sont les aiiments liquides ou ceux qui approchent le plus de cette consistance , et qui sont très-peu nourrissants, comme les crèmes farineuses par exemple ; etencore doivent-elles être fort claires si la fièvre est considérable. Pour rendre ces aliments plus substantiels , on y ajoute avec avantage du miel écumé; mais si l'estomac le supporte mal, il faut y renoncer, ainsi qu'aux crêmes elles-mémes. On peut donner en place de la panade à l'eau, ou bien de la fromentée, qu’on fait bouillir dans de l'eau miellée si l'estomac est en bon état et le ventre resserré, ou que l’on prépare avec de l’oxycrat, si l'estomac est languissant et le ventre relâché. Cela suffit pour une première

exspectare oportet, num tempora, partesve corporis aliæ paulum madescant, quæ sudorem venturum esse testentur ; ac si qua nota est, tunc demum dare potui calidam aquam, cujus salubris effectus est, si sudorein per omnia membra diffundit. Hujus autem rei causa, continere æger sub veste satis multa manus debet, eademque crura pedesque contegere; qua moie plerique ægros in ipso febris impetu , potissimeque ubi ardens ea est, male habent. Si sudare corpus cœpit, linteum tepefacere oporlet, paulatimque singula membra detergere. At ubi sudor omnis finitus est, ant, si is non venit, ubi, quam maxime potuit, idoneus esse cibo æger videtur, sub veste leniter ungendus est, tum detergendus, deinde ei cibus dandus. 18 autem febricitantibus humidus est aptissimus aut humori certe quam proximus, ulique ex materia quam levissima, maximeque sorbitio ; éaque, si magnæ febres fuerint, quam tenuissima esse debet. Mel quoque despumatum huic recte adjicitur , quo corpus magis nutriatur ; sed id, si stomachum offendit, snpervaeuum est; sicut ipsa quoque sorbitio. Dari vero in vicem ejus potest, vel intrita ex aqua calida , vel alica elota, si firmus est stomachus, et compressa alvus, ex aqua mulsa; si vel ille Janguet, vel hæc proflnit, ex posca. Et primo quidem cibo

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