‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 12 sur 265 · ENCRES M DAT · texte numérisé non relu

ENCRES M DAT

alimentation. La seconde comporte quelque chose de plus, mais en choisissant toujours parmi les substances peu nutritives, comme les légumes, M les coquillages ou les fruits. Ces aliments sont les seuls appropriés à la période d’accroissement des fièvres. Quandelles cessent, ou deviennent MOiDS intenses, on commence de même par la nour riture la plus légère; mais on y joint quelques aliments tirés de la classe moyenne, en ayant

toutefois égard aux forces du sujet et à la nature de la maladie. Lorsqu'il y a manque de forces

et dégoût pour les aliments, il faut les varier, se-

lon le précepte d’Asclépiade, afin qu’en goûtant

un peu de chacun, le malade prévienne le bem soin. Mais si l’on n’a à combattre ni la faiblesse ni l’inappétence, il est inutile de solliciter le ma= lade par la variété des mets, de peur qu’il n’en prenne plus qu'il n’en peut digérer. Et il n’est pas vrai, comme le dit Asclépiade, que la diges= tion se fasse mieux en composant ainsi son ré gime d’un certain nombre d'aliments. Les ma lades en effet mangent plus volontiers, mais la digestion dépend toujours de la nature et de la quantité des substances nutritives. Il n'est ja* mais prudent d'accorder beaucoup de nourriture au malade quand Ja douleur conserve toute sa violence ou que la maladie s’accroît, on le peut seulement lorsqu'il y a tendance marquée vers læ& guérison.

Les fièvres nécessitent encore d’autres obser=\ vations. Aux yeux de quelques-uns, par exemples la seule chose importante est d'examiner si le corps est resserré ou relâché; car le premier état peut faire périr par suffocation, et le second4 par épuisement. Si donc il y a resserrement, On! doit prescrire des lavements, pousser aux urines!

id satis est. Secundo vero aliquid adjici potest, ex eode tamen genere materiæ, vel olus, vel conchylium, vel po=A mum. Et dum febres quidem inerescunt, hic solus ido* neus cibus est. Ubi vero aut desinunt, aut levantur , sem= per quidem ineipiendum est ab aliquo ex maleria leyis-A sima , adjiciendum vero aliquid ex media, ratione habital subinde et virium hominis, et morbi. Ponendi vero ægrok varii cibi, sicut Asclepiades præcepit, tum demum sunt ubi fastidio urgetur, nèque salis vires sufficiunt, ut pau= lum ex singulis degustando, famem vitet. AL si neque vis, neque cupiditas deest, nulla varielate sollicitandus gen} est ; ne plus assumat , quam concoquat. Neque verum est4 quod ab eo dicitur, facilius concoqui cibos varios ; edun4 tur enim facilius , ad concoctionem autem materiæ genusl et modus pertinent. Neque inter magnos dolores, nequel increscente morbo, tutum est, ægrum cibo impleri, sed} ubi inelinata jam in melius vale{udo est.

Sunt aliæ quoque observaliones in febribus necessa# riæ. Atque id quoque videndum est, quod quidam solunk præcipiunt, adstrictum corpus sit, an profluat, quorut alterum strangulat, alterum digerit. Nam si adstrictüm est, ducenda alvus est, movenda urina, eliciendus omn} modo sudor. In hoc genere morborum sanguinem etiait}

et provoquer la sueur de toutes les manières. En pareil cas, il est encore utile de tirer du sang, d'imprimer au malade de fortes secousses par la gestation, de l’exposer au grand jour, et de lui faire subir la faim, la soif et l’insomnie. Il est bon aussi de le conduire au bain, de l’oindre en sortant, puis de le baigner de nouveau, et de faire avec l’eau tiède d'abondantes fomentations sur les régions inguinales ; quelquefois même on peut mêler de l'huile à l’eau chaude de la cuve. De plus, le malade devra manger plus tard et moins souvent, choisir de préférence des aliments ténus, simples, peu consistants, chauds; les prendre en petite quantité etuser surtout de plantes potagères, telles que la patience, Fortie et la mauve; ou encore faire usage de bouillon de poissons à coquille, celui, par exemple, de moule ou delangouste. Quant à la viande, on ne doit la donner que bouillie. Pour les boissons on peut se montrer plus libéral , en accorder avant et après le repas, et laisser lemalade boire, en mangeant, même au delà de sa soif. Au sortir du bain, on peut lui donner du vin plus onctueux ou plus doux , ou lui permettre une ou deux fois du vin grec salé. Au contraire, si le corps est relâché, il faut arrêter la sueur, tenir le malade dans le repos et l'obscurité, le laisser dormir à sa volonté, Wagiter le corps que par une doucegestation, et le gouverner selon la nature du mal. S’il ya dérangement du ventreet si l'estomac ne peut rien garder, il faut, dès que la fièvre a diminué, faire avaler beaucoup d’eau chaude au malade pour le forcer à vomir, à moins que la gorge, l’épigastre ou le côté ne soient douloureux, ou que la maladie ne soit ancienne. S'il y a des sueurs, on rend la peau plus ferme au moyen du nitre ou du sel mélés à de l'huile. Si la transpiration

isisse, concussisse vehementibus gestationibus corpus, in lumine habuisse, imperasse famem , sitim, vigiliam prodest. Utile est etiam ducere in balneum , prius demittere in solium, tum ungere, iterum ad solium redire, multaque aqua fovere inguina ; iuterdum etiam oleum in solio cum aqua calida miscere; uti cibo serius et rarius, tenui, simplici, molli, calido, exiguo , maximeque oleribus, qualia sunt lapathum, urtica, malva; vel jure eliam concharum , musculorumve, aut locustarum ; neque danda caro, nisi elixa, est. At potio esse debet magis liberalis, et ante cibum, et post hune, et cum hoc, ultra quam sitis coget ; poleritque a balneo etiam pinguius, aut dulcius dari vinum; poterit semel, aut bis interponi græcum salsum. Contra vero, si corpus profluet, sudor coercendus, quies adhibenda erit; tenebris, somnoque, quandocumque volet, utendum ; non nisi leni gestatione corpus agitandum , et pro genere mali subveniendum. Nam siventer fluit, aut si stomachus non continet, ubi febris decrevit, liberaliter oportet aquam tepidam potui dare, et vomere cogere, nisi aut fauces, aut præcordia, aut latus dolet, aut vetus morbus est. Si vero sudor exercet, duranda eutis est nitro, vel sale, quæ cum oleo miscen-

est faible, les onctions avec l'huile suffisent ; mais si elle est abondante, on les pratique avec l’huile de rose, de coing ou de myrte, en y ajoutant un peu de vin astringent. Toutes les fois qu'il y a maladie par évacuation, on ne doit pas négliger, en se rendant au bain, de se faire oindre avant dese baigner. Si c'est la peau qui est frappée de relâchement , il vaut mieux se servir d’eau froide que d’eau chaude. Quand on arrive à l'alimentation, il faut prescrire un régime fortifiant, froid, see, simple, et peu susceptible de se corrompre; ainsi l’on y fait enitrer le pain grillé, la viande rôtie, et du vin plus ou moins astringent. Il faut boire chaud s’il existe un flux de ventre ,et boire froid quand les sueurs fatiguent et qu’il survient des vomissements.

VII. 1. Dans les fièvres, le caractère pestilentiel réclame aussi une attention spéciale. La diète, les purgatifs ou les iavements ne sont alors d’aucune utilité, et quand les forces le permettent, le mieux est de tirer du sang, surtout si la fièvre est accompagnée de douleur. Sice moyen n'offre pas assez de sécurité, il faut, dès que la fièvre est moins forte, débarrasser l'estomac en faisant vomir. Lanécessité des bains se fait plustôtsentir dans les cas de ce genre que dans les autres maladies. Le vin, qu'il faut donner chaud et plus pur, est de même indiqué, ainsi que toutes les substances glutineuses, y compris les viandes de même nature. Plus le malade peut être enlevé rapidement par de pareils orages, plus on est tenu de chercher contre eux des secours expéditifs, en donnant même quelque chose à la témérité. S'il s’agit d’un enfant, et qu'en raison de sa faiblesse il n’y ait pas lieu de le saigrer, il faut appliquer des ventouses,

tur ; ac si levius id vitium est, oleo corpus ungendum; si vehementius, rosa, vel melino, vel myrteo, cui vinum austerum sit adjectum. Quisquis autem fluore æger est, cum venif in balneum, prius ungendus , deinde in solium demittendus est. Si in cute vitium est, frigida quoque, quan calida aqua, melius utetur. Ubi ad cibum ventum est, dari debet is valens, frigidus, siccus, simplex, qui quam minime corrumpi possit, panis tostus, caro assa, vinum austerum, vel certe subausterum ; si venter profluit, calidum ; si sudores’ nocent, vomitusve sunt, frigidum. NII. 1. Desiderat etiam propriam animadversionem in febribus pestilentiæ casus. In bac minime utile est, aut fame, aut medicamentis uti, aut ducere alvum. Si vires sinunt, sanguinem mittere optimum est, præcipueque, si cum dolore febris est ; si id parum tutum est, ubi febris levata est, vomitu peclus purgare. Sed in hoc maturius , quam in aliis morbis, ducere in balneum opus est; vinum calidum, et meracius dare, et omnia glutinosa, inter quæ carnem quoque generis ejusdem. Nam quo celerius ejusmodi tempestates corripiunt, eo malurius auxilia, etiam cum quadam temeritale, rapienda sunt. Quod si puer est, qui laborat, neque tantum robur ejus est, ut

prescrire des lavements avec l’eau simple ou la décoction d'orge, et ne permettre ensuite que des aliments légers. Le traitement des enfants ne saurait être en tout point semblable à celui des hommes faits; et dans cette maladie, de même que dans toutes les autres, on doit, en ce qui les concerne, procéder avec plus de réserve, admettre difficilement l'emploi de la saignée et des lavements, et renoncer à leur imposer comme moyens curatifs la veille, l’abstinence, la soif, ainsi que l’usage du vin. Il est convenable de les faire vomir quand la fièvre est tombée, puis de les nourrir très-légèrement, et de favoriser ensuite leur sommeil. Abstinence le lendemain si la fièvre persévère, et, le troisieme jour, même régime que le premier. Enfin il faut autant que possible faire consister le traitement dans l'observance de ces deux préceptes : prescrire la diète à propos, et nourrir en temps opportun.

2. Si le malade est consumé par une fièvre ardente, il ne faut lui donner aucune boisson médicamenteuse, mais chercher à le rafraîchir même dars le temps des redoublements, par des fomentations d’eau et d'huile qu’on mélange avec la main, jusqu’à ce qu’elles blanchissent. La chambre à coucher doit être spacieuse, pour fournir largement à la respiration du malade un air pur. Au lieu de l’étouffer sous le poids des couvertures, on aura soin den’en mettre sur lui que de légères; on peut en outre appliquer sur l'estomac des feuilles de vigne trempées dans de l’eau froide. Il est inutile de lui faire endurer une soif trop vive ; et même on doit le nourrir plus tôt, c’est-à-dire le troisième jour, en pratiquant avant le repas les onctions indiquées plus haut. S'il y a dans l'estomac un amas de pituite, il faut vers la fin de l'accès provoquer le vo-

sanguis milti possit, cucurbitulis ei utendum est; ducenda alvus vel aqua vel ptisanæ cremore; tum demum levibus cibis nutriendus. Et ex toto non sic pueri, ut viri, curari debent; ergo, ut in alio quoque genere morborum , parcius in his agendum est : non facile sanguinem mittere, non facile ducere alvum, non cruciare vigilia, fameve, aut nimia siti, non vino curare. Vomitus post febrem eliciendus est; deinde dandus cibus ex levissimis ; tum is dormiat; posteroque die, si febris manet, abstineatur ; tertio ad similem cibum redeat. Dandaque opera est, quantum fieri potest, ut inter opportunam abslinentiam cibosque opportunos , omissis ceteris, nutriatur.

2. Si vero ardens febris extorret, nulla medicamenti danda potio est; sed in ipsis accessionibus oleo et aqua refrigerandus est, quæ miscenda manu sunt, donec albescant ; eo conclavi tenendus , quo multum et purum aerem trahere possit; neque multis vestimentis strangulandus, sed admodum levibus tantum velandus est; possunt etiam super stomachum imponi folia vitis in aqua frigida tincta. Ac ne sili quidem nimia vexandus est. Alendus maturius est, id est a die terlio; et ante cibum üisdem perungendus. Si pituita in stomacho coït, inclinata jam accessione, Yomere cogendus est; tum dandum frigidum olus, aut po-

missement, et donner ensuite des légumes froids ou des fruits, choisis parmi ceux qui conviennent à l’estomac. Si cet organe au contraire est dans un état de sécheresse. il convient d’administrer aussitôt une décoction d'orge ou de fromentée, ou bien une crème de riz avec la= quelle on aura fait bouillir de la graisse nouvelle. Quand la fièvre est dans sa plus grande violence, il faut, s’il existe une soif ardente, faire boire au maladeune grande quantité d’eau froide, pourvu que ce ne soit pas avant le quatrième jour; on lui en donnera même bien au delà de sa soif, et lorsque le ventre et l'estomac sont ainsi remplis outre mesure, et se trouvent suffisamment ra= fraichis, il faut faire vomir. Quelques médecins ne croient pas ie vomissement nécessaire, et se contentent, pour toute médication, d'eau froide administrée jusqu’à satiété. Après avoir suivi lune ou l’autre pratique, on doit bien couvrir le malade, et lui faire prendre une situation fa= vorable au sommeil. Presque toujours à la suite d’une longue altération, d’une insomnie prolongée, et lorsqu'on a calmé la chaleur au moyen de l’eau prise à discrétion, il survient un sommeil complet accompagné d’une sueur considérable, et c'est là ce qui constitue le meilleur remède dans cette maladie; mais, pour agir ainsi, il faut qu’à l'exception de la chaleur il n'existe ni douleur ni gonflement des hypocondres, ni embar: ras dans le thorax, les poumons et l’arrièregorge, ni ulcères, ni déjections alvines (3). Si cette fièvre est accompagnée d'une toux légère et si la soif est modérée, on n’a pas besoin de faire boire de l’eau froide, et l’on se conformera simplement au traitement prescrit pour les autres fièvres.

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