‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 126 sur 265 · CHAPITRE VIII (Ou vit, sect · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII (Ou vit, sect

Du choix des lieux consonnants pour les théâtres.

Toutes ces choses étant exactement expliquées, il faut s'appliquer à choisir un endroit où la voix s'arrête doucement , et où l’écho n’occasionneaueune confusion lorsqu'elle parvient aux oreilles ; caril y a des lieux quiempêchent lemouvement naturel de la voix; tels sont tous les lieux sourds, ou dissonnants, que les Grecs appellent catechountes ; les circonsonnants , qu'ils appellent periechountes ; les résonnants, qu'ils

dextra, ab intervallo sinistro cireumagalur circinatio ad proscenii dextram partém : item centro collocato in sinistro cornu , ab intervallo dextro circumagatur ad proscenii sinistram partem. ]ta a tribus centris hac descriplione ampliorem habent oreliestram Græci et scenam recessiorem minoreque latitudine pulpitum, quod loyetov appellant, ideo quod apud eos tragici et comici actores in scena peraaunt, reliqui autem artifices suas per orchestram præstant actiones. Ilaque ex eo scenici et thymelici græce separatim nominantur. Ejus loger altitudo non minus debet esse pedum decem, non plus duodecim. Gradationes scalarum inter cuneos et sedes contra quadratorum angulos dirigantur ad primam præcinclionem : ab ea præcinctione inter eas iterum mediæ dirigantur, et ad saummam quotiens præcinguntur, altero tanto semper amplificantur.

apur Vin ( vulgo Capitis vur. sect. 4. 5).

De locis consonantibus ad theatra eligendis.

Cum hæc omnia summa eura solertiaque explicata sint, tune etiam diligentius est animadvertendum , uti sit electus locus, in quo leniter applicet se vox, neque repulsa resiliens incertas auribus referat significationes. Sunt enim nonnulli loci uaturaliter impedientes vocis motus, uti dissonantes, qui græce dicuntur xatr;obvres : Circumsonantes, qui apud eos nominantur megtnyodvtes :ilem reso-

appellent antechountes, etles consonnants, qu'ils appellent synechountes. Les lieux sourds sont ceux dans lesquels la première partie de la“ voix, après avoir monté jusqu'au haut, est repoussée par quelques corpssolides, en sorte qu’en retournant en bas elle étouffe l’autre partie qui lasuit. Les circonsonnants sont ceux dans lesquels la voix, étant renfermée, se perd en tournoyant, et ne paraît pas bien articulée. Les résonnants sont ceux où il se fait une réflexion qui forme une image de la voix, en sorte que les dernières syllabes sont répétées. Mais les consonnants sont ceux qui, aidant la voix et augmentant sa force à mesure qu’elle monte, la conduisent nette ef distincte jusqu'aux oreilles. C’est done en appor tant beaucoup de soin dans le choix d'un em:

placement convenable , que la voix pourra être bien ménagée et produire un bon effet dans les théâtres.

Pour bien tracer le plan de ces théâtres, il faudra employer les différentes règles qui leur sont particulières; car ceux qui seront dessinés par le moyen des carrés conviendrontaux Grecs, et

toute la perfection possible, CHAPITRE IX.

Des portiques et des promenotrs qui sont der rière la scène.

Il doit y avoir des portiques derrière la scène;) afin, que quand il surviendra inopinément des

nantes, qui dicuntur &vrnyoüvres : Consonantesque, quos! appellant cuvmyodvras. Dissonantes sunt, in quibus Vox prima, cum est elata in altitudinem , offensa superioribls! solidis corporibus, repulsaque resiliens in imum, oppri mit insequentis vocis elationem. Circumsonantes autenh sunt, in quibus circumvagando coacta vox se solvens ii medio sine extremis casibus sonans, ibi extinguitur incertes verborum significatione. Resonantes vero, in quibus, cum} in solido tactu percussa resiliat, imagines exprimendo no vissimos casus duplices faciunt auditu. Item consonantes sunt, in quibus ab imis auxiliata, cum incremento seal dens, ingreditur ad aures diserta verborum claritate. ta si in locorum electione fuerit diligens animadversio, emen datus erit prudentia ad utilitatem in theatris vocis ef fectus. |

Formarum autem descripliones inter se discriminibu® his erunt notatæ, uti quæ ex quadratis designantur, Gr& corum habeant usus, latinæ paribus lateribus trigonornmi Ita his præscriptionibus qui voluerit uti, emendatas ellit ciet theatrorum perfectiones. |

De porticibus post scenam et ambulationibus: x

Post scenam portieus sunt constituendæ, uti cum im bres repentini ludos interpellaverint, habeat populus/ | |

pluies au milieu des jeux , le peuple s’y puisse abriter en sortant du théâtre. Il faut aussi que les lieux où doivent se retirer ceux qui dansent les ballets soient assez spacieux pour qu'ils puissent s’y exercer commodément : tels sontles portiques de Pompée, et à Athènes les portiques d’Eumène et le temple de Bacchus. Il faut aussi qu’il y ait au côté gauche du théâtre en sortant un odeum (1), pareil à celuique Périclès fitconstruire à Athènes avec des colonnes de pierre, et qu’il couvritaveclesmâtsetlesantennes desnavires pris sur les Perses ; mais cet édifice ayant été brülé pendant la guerre de Mithridate, il fut ensuite rebâti par le roi Ariobarzane. On pourra faire aussi l'odeur pareil au s{rategeum (2) de Smyrne, ou au portique qui est aux deux côtés d’une scène sur le stade, à Tralles. Danstoutesles villes qui onteu des architectes instruits et soigneux , on voit près des théâtres des portiques et des promenoirs construits de telle sorte qu’ils sont doubles, et qu'ils ont des colonnes extérieures d'ordre dorique avec leurs architraves et autres ornements, proportionnés selon les règles de cet ordre. La largeur des portiques doit être réglée de manière à ce que la distance depuis la partieextérieure des colonnes du dehors jusqu’à celles du milieu, et la distance de celles du milieu jusqu’au mur dans lequel sont enfermés les promenoirs qui sont dans l’enclos de ces portiques, soit égale à la hauteur des colonnes du dehors. Les colonnes du milieu, qu’il faut faire d'ordre ionique ou corinthien, doivent être plus hautes d’une cinquième partie que les colonnes extérieures. Ces colonnes doivent avoir d’autres proportions que celles que

(x) Lieu pour chanter. — (2) Arsenal.

quo se recipiat ex theatro, choragiaque laxamentum habeant ad comparandum : uti sunt porticus Pompeianæ itemque Athenis porticus Eumenia, Patrisque Liberi fanum, et exeuntibus e theatro sinistra parte Odeum, quod Themistocles columnis lapideis navium malis et antennis e spoliis Persicis pertexit; idem autem [e/iam] incensum Mithridatico bello rex Ariobarzanes restituit : Smyrnæ Stratoniceum, Trallibus porticus ex utraque parte ut scenæ supra stadium : ceterisque civitatibus, quæ diligentiores habuerunt architectos, circa theatra sint porticus et ambulationes. Quæ videntur ita oportere collocari, uti duplices sunt, habeantque exteriores columnas doricas cumepistyliset ornamentis ex ratione modulationis doricæ perfectas. Latitudines autem earum ita oportere fieri videntur, uti quanta altitudine columnæ fuerint exteriores, tantam latitudinem habeant ab inferiore parte columnarum extremarum ad medias, et a medianis ad parietes, qui cireumeludunt porticus ambulationes : medianæ autem columnæ quinta parte altiores sinl quam exteriores, sed aut Ionico aut Corinthio genere deformentur. Columnarum autem proportiones el symmetriæ non erunt iisdem rationibus, quibus in ædibus sacris scripsi. Aliam enim in deorum templis debent habere gravitatem , aliam in porticibus et ceteris operibus subtilitatem. Itaque si dorici generis erunt columnæ, dimeliantur earum altitudines

nousavons données aux colonnes destemples; car celles-ei doivent avoir plus de gravité, et celles des portiques plus de délicatesse. C’est pourquoi, si l’on veut faire les colonnes d'ordre dorique, il faut partager toute leur hauteur, y compris lechapiteau, en quinze parties, dont l’une fera le module de tout l'ordre : on donnera deux modules à l'épaisseur de lacoïonne, cinq et demi à l’entre-colonnement, et quatorze à lacolonne sans le chapiteau. La hauteur du chapiteau sera d’un module, et la largeur de deux modulesetunsixième. Les autres mesures seront les mêmes que celles qui ont été prescrites dans le quatrième livre pour les temples. Si l’on veut faire des colonnes d'ordre ionique, ilfaudra diviser la tige de la colonne, sans le chapiteau et sans la base , en huit parties et demie, pour en donner une à la grosseur de la colonne, et une demie à la base avec sa plinthe; les proportions du chapiteau seronttelles qu’elles ont été données au troisièmelivre. Si les colonnes sont ecrinthiennes, elles auront le fût et la base comme dans l’ordre ionique; les chapiteaux se feront d'après lesrègles prescrites au quatrième livre. Les piédestaux auront aussi des saillies inégales en manière d’escabeaux , ainsi qu’il a été expliqué dans le troisième livre. Les architraves, les corniches, ettous les autres membres d'architecture, seront mesurés selon les règles qui ont été données dans les livres précédents. Les espaces découverts qui sont dans l’enclos des portiques seront or nés de palissades de verdure, parce que les promenades qui se font à découvert dans ces lieux contribuent beaucoup à la santé. Leur premier effet est de donner une plus grande portée à la vue ; Car la verdurerend l'air plus subtil, etle mou-

cum capitulis in partes quindecim, et ex eis partibus una constituatur et fiat modulus; ad eujus moduli rationem omnis operis erit explicatio; et in imo columnæ crassitudo fiat duorum modulorum : intercolumnium quinque et moduli dimidia parte : altitndo columnæ præter Capitulum quatuordecim modulorum : capituli altitudo moduli unius, latitudo modulorum duorum et moduli sextæ partis : cæteri operis modulationes, utfi in ædibus sacris in libro quarto scriptum est, ita perficiantur. Sin autem Jonicæ colummæ fient, scapus præpter spiram et capitulum in octo partes et dimidiam dividatur, et ex his una crassitudini columnæ detur : spira cum plintho dimidia crassitudine constituatur : capituli ratio ita fiat, uti in tertio libro est demonstratum. Si Corinthia erit, scapus et spira , uti in Jonica, eapitulum autem, quemadmodum in quarto libro est seriptum , ita habeat rationem : sLylobatisque adjectio, quæ fil per scamillos impares, ex descriptione , quæ supra scripta est in libro tertio, sumatur : epistylia, coronæ ; ceteraque omnia ad columnarum rationem ex scriptis voluminum superiorum explicentur. Media vero spalia, quæ erunt sub divo inter porticus, adornanda viridibus videntur, quod hypæthræ ambulationes habent magnam salubritatem, et primum oculorum, quod ex viridibus subtilis et extenuatus aër propler motionem corporis influens perlimat speciem, et ita auferens ex orulis hume-

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vement ouvre les conduits du corps ; ce qui contribue à dissiper les humeurs grossières qui sont autour des yeux. Secondement, la chaleur douce qui est excitée par l'exercice consume et attire en dehors ies humeurs, et généralement tout ce qui est superflu et à charge à la nature. Il sera aisé de juger que cela est vrai, si l’on considère que, des eaux qui sont à couvert et enfermées sous terre, il ne s'élève aucune vapeur, tandis, au contraire, quelesoleilattire assez d'humidité pour en former les nuages, de celles qui sont exposées à l'air. Si donc il est prouvé que dans les lieux découverts les mauvaises humeurs sont attirées hors du corps comme les vapeurs le sont hors de la terre, il n’y a point de doute que les promenades dans les lieux découverts sont un grand ornement pour les villes, et d’une grande utilité pour les habitants. Or, afin que les allées soient toujours exemptes d'humidité, il faut creuser et vider la terre bien profondément, et bâtir à droite et à gauche des égouts, dans lesquels il y aitdes canaux qui descendent des deux côtés des allées. Après avoir empli de charbon ces canaux , il faudra y mettre du sable par-dessus, et dresser l'allée, qui, à cause de la rareté naturelle du charbon, sera exempte d'humidité, parce que les conduits l’épuiseront en la déchargeant dans les égouts. L’intention de nos ancêtres a encore été que ces promenoirs fussent comme des magasins dans lesquels les villes trouvassent de quoi subvenir à de grandes nécessités. On sait que pendant un siége il n’y a rien dont on manque sitôt que de bois : car il n’est pas difficile d’avoir des provisions de sel pour longtemps; on peut

rem €rassum atiem tenuem et aculam speciem relinquit. Præterea cum corpus motionibus in ambulatione calescat, humores ex membris aër exugendo imminuit plenitates, extenuatque dissipando quod plus inest, quam corpus potest sustinere. Hoc autem ita esse ex eo licet animadvertere, quod' sub tectis cum sint aquarum fontes aut etiam sub terra palustris abundantia, ex his nullus surgit humor nebulosus, sed in apricis hypæthrisque locis, cum sol oriens vapore langit mundum, ex humidis et abundantibus excitat humores , et etiam conglobatos in altitudinem tollit. Ergo si ita videtur, uti in hypæthris locis ab aère humores ex corporibus exugantur molesliores, quemadmodum ex terra per nebulas videntur, non puto dubium esse, quin amplissimas et ornalissimas sub divo hypæthrisque collocari oporteat in civitatibus ambulationes. Eæ autem uti sint semper siccæ et non lutosæ , sic erit faciendum. Fodiantur et exinaniantur quam altissime, et dextra ac sinistra structiles cloacæ fiant, inque earum parietibus , qui ad ambulationem spectaverint, tubuli instruantur inclinati fastigio in cloacas. His perfectis compleantur ea loca carbonibus ; deinde insuper sabulone eæ ambulationes sternantur et exæquentur : ita propter carbonum naturalem raritatem et tubulorum in cloacas instructionem excipientur aquarum abundantiæ , et ita siccæ et sine humore perfectæ fuerint ambulationes. Præterea in his operibus thesauri sunt civitatibus in necessariis re-

approvisionner lesgreniers publieset ceux des par. ticuliers d’une quantité suffisante de blé, et les herbages, la viandeetles légumes peuvent suppléer à son défaut : de même, si les eaux viennent à manquer, on peut faire des puits ou amasser les eaux de lapluie. Mais les provisions de bois, dont on a toujours besoin pour la cuisine, sont difficiles à faire, parce qu’il s’en consumeune si grande quantité qu’il faut beaucoup de temps pour en amasser suffisamment, Or, dans ces besoins pressants, on peut couper les arbres de ces promenoirs, et en distribuer à chacun sa part; de sorte qu'on peut retirer de ces promenoirs deux grandg avantages, puisqu'ils contribuent à la santé pendant la paix, et suppléent au défaut de bois en temps de guerre. II serait donc à propos qu’il y en eût dans toutes les villes, non-seulement derrière les scènes des théâtres, mais encore auprès de tous les temples.

Ces choses étant, ce noussemble, suffisamment expliquées, nous allons passer à la description des bains.

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