CHAPITRE V (Où vilr
De la disposition des bâtiments suivant la condition de ceux qui les habitent.
Ce n’est pas assez d'avoir donné l'exposition Ja plus convenable à chaque partie d’un bâtiment ; il faut savoir, dans la disposition d’une maison particulière, de quelle manière on doit construire les pièces qui sont destinées au logement du maitre de la maison, et celles qui doivent être communes aux étrangers; Car dans les appartements particuliers, comme les chambres à coucher, les salles à manger, les bains et les autres endroits de eette nature , il n'entre que les personnes qui sont invitées tandis que tout le monde peut en— trer sans y être appelé dans les lieux qui sont publies , tels que les vestibules, les cours, les péristyles et les autres parties qui sont destinées à des usages communs. Or les gens qui ne sont pas d’une condition élevée n’ont pas besoin de vestibules ni de cabinets grands et spacieux , parce qu'ils vont ordinairement faire leur cour aux au-
tem prætenta luminibus; tum enim adversus solis impetus progrediens ad occidentem eflicit ea temperata ad id tempus, quo opus [solitum | est uti. Æstiva ad septentrionemn, quod ea regio non ut reliquæ per solstitium propter calorem efficitur æstuosa, eo quod est aversa a solis cursu, semper refrigerata et salubritatem et voluptatem in usu præstat. Non minus pinacothecæ et plumariorum textrina pictorumque oflicinæ, uti colores eorum in opere propter constantiam luminis immulata permaneant qualitate.
CAPUT V (vulgo vint).
Deædificiorum propriis locis et generibus ad quascunque personarum qualitates convenientibus.
Cum ad regiones cœæli ita ea fuerint disposita , tunc etiara animadvertendum est, quibus rationibus privatis ædificiis propria loca patribus familiarum , et quemadmodum communia cum exlraneis ædificari debeant. Namque ex his quæ propria sunt, in ea non est potestas omnibus introeundi nisi invitatis ; quemadmodum sunt cubicula, triclinia, baineæ ceteraque, quæ easdem habent usus rationes, Communia autem sunt, quibus etiam invocati suo jure de populo possunt venire, id est vestibula, cava
tres , et que l’on ne la leur vient point faire chez eux. Ceux qui font trafic des fruits de la terre doivent avoir à l'entrée de leur maison des étables, des boutiques, etau-dedans des caves, des greniers , des celliers et d’autres pièces de ce genre, qui servent à serrer leur marchandise plutôt qu’à l’ornement et à la beauté de leur maison. Les gens d’affaires et les financiers ont besoin d’appartements un peu plus beaux et plus commodes, mais qui soient bien fermés, afin d’être en sûreté contre les voleurs. Les avocats et les savants les veulent encore plus élégants et plus spacieux, à cause de la multitude de monde qu'ils sont obligés de recevoir. Enfin les personnes d'une haute condition, qui occupent de grandes charges dans la magistrature et dans les affaires, doivent avoir, pour recevoir le public, des vestibuies magnifiques, de grandes salles, des péristyles spacieux, des jardins avec de longues allées d'arbres; il faut enfin quetout soit beau et majestueux. Ils doiventaussi avoir des bibliothèques, des galeries de tableaux, et des basiliques , qui rivalisent de magnificence avec celles qui font partie des édifices publics , parce que dans ces maisons il se tient souvent des assemblées , soit pour les affaires de l'État, soit pour des jugements et des arbitrages, qui terminent les différends des particuliers. Les édifices étant ainsi disposés selon les différentes conditions des personnes, on peut dire que l’on aura satisfait aux règles de la bienséance dont il a été parlé dans le premier livre, parce que chaque maison aura tout ce qui se peut désirer pour la commodité et pour la convenance. Ces règles ne serviront pas seulement pour l'ordonnance et la distribution des maisons de la ville, mais aussi pour celles de la campagne , qui ne sont différen-
ædium, peristylia, quæque eundem habere possunt usum. Igitur his qui communi sunt fortuna, non necessaria magnifica vestibula, nec tablina neque atria, quod hi aliis officia præstant ambiundo, quæ ab aliis ambiuntur. Qui autem fructibus rusticis serviunt, in eorum vestibulis stabula, tabernæ, in ædibus cryptæ, horrea, apothecæ ceteraque, quæ ad fructus servandos magis quam ad elegantiæ decorem possunt esse, ita sunt facienda. Item feneratoribus et publicanis commodiora et speciosiora et ab insidiis tuta : forensibus autem et disertis elegantiora et spatiosiora ad conventus excipiundos : nobilibus vero, qui honores magistratusque gerendo præstare debent oflicia civibus, facienda sunt vestibula regalia, alta atria, et peristylia amplissima, silvæ, ambulationesque laxiores, ad decorem majestatis perfectæ : præterea bibliothecæ, pinacothecæ, basilicæ, non dissimili modo quam publicorum operum magnificentia comparatæ, quod in domibus eorum sæpius et publica consilia et privata judicia arbitriaque conficiuntur. Ergo si his rationibus ad singolorum generum personas, utiin libro primo de decore est scriptum, ita disposita erunt ædificia, non erit quod reprehendatur : habebunt enim ad omnes res commodas et emendatas explicationes. Earum autem rerum
tes les unes des autres qu’en ce que dans les maisons de la ville les vestibules sont près de la porte, et que dans celles de la campagne, qui ne sont pas de simples métairies , la partie qui est pour le logement du maître a d’abord un péristyle et ensuite un vestibule entouré de portiques pavés, qui ont vue sur les palestres et sur les jardins.
Après avoir enseigné sommairement et le mieux que j'ai pu, comme je l’avais promis, de quelle manière il faut disposer les maisons de la ville , il me reste à expliquer quelle doit être la disposition qu’il faut donner à celles de la campagne, pour qu’elles aient toutes les commodités que réclame leur destination.