XIV. Si vero tertiana, quæ ex toto intermittit, aut
XIV. S'il est question d’une fièvre tierce ou quarte parfaitement intermittente, il faut, les jours d’apyrexie , se livrer à la promenade ainsi qu'à d’autres exercices, et faire usage des one= tions. Parmi les anciens médecins, un nommé Cléophante faisait longtemps avant l’accès répan= dre sur la tête du malade beaucoup d’eau chaude, et lui faisait ensuite boire du vin. Tout en se” conformant à la plupart des préceptes de ce mé-= decin, Aselépiade a cependant rejeté cette pra= tique, et avec raison , car elle est incertaine. Ce dernier auteur pense qu’il faut, dans la fièvre tierce, prescrire un lavement le troisième jour après l’accès, et faire vomir le cinquième après le tremblement ; puis, quand la fièvre est tombée, donner, selon sa méthode, du vin et des aliments au malade sans attendre que la chaleur lait quitté ; le sixième jour il ordonne le repos du lit, dans l'espoir que la fièvre ne reviendra pas le septième. On peut admettre, il est vrai, que souvent les choses se passent ainsi, mais il est plus sûr encore d'adopter l’ordre suivant : le troisième jour prescrire un lavement, faire vomir le cinquième, et ne faire boire du vin au malade que le septième jour après l'accès. Si la maladie n’est pas enlevée dès les premiers jours et qu'elle traîne en longueur , le malade devra garder le lit le jour où il attend la fièvre, se faire frictionner, l'accès une fois terminé, et boire de l’eau après avoir mangé ; le lendemain, jour &’apyrexie, se priver d'exercice et d’onctions, et ne boire que de l’eau. C’est là ce qu’il y a de mieux à faire; mais si la faiblesse est menaçante, il conviendra de donner du vin après la fièvre, etun peu d'aliments dans le milieu du jour.
quartana est, mediis diebns, et ambulationibus, uti oportet, aliisque exercitationibus et unctionibus. Quidam ex antiquioribus medicis Cleophantus, in hoc genere morborum, multo ante accessionem per caput ægrum multa calida aqua perfundebat, deinde vinum dabat. Quod, quamvis pleraque ejus viri præcepta secutus est Asclepiades , recte tamen præteriit : est enim anceps. Ipse, si lertiana febris est, tertio die post accessionem dicit alvum duci oportere; quinto, post horrorem vomitum elicere ; deinde post febrem, sicut illi mos erat, adhuc calidis dare cibum et vinum; sexto die, in lectulo detineri ; sic enim fore , ne septimo die febris accedat. Id sæpe feri posse, verisimile est. Tutius-tamen est, ut hoc ipso ordine utamur : tria remedia, vomitus, alvi ductionis, vini, per triduum, id est die tertio, et quinto, et septimo tentare; nec vinum, nisi post accessionem, die septimo bibat. Si vero primis diebus discussus morbus non est, inciditque in vetustatem, quo die febris exspectabitur, in lectulo se contineat; post febrem perfricetur ; tum, cibo assumpto, bibat aquam; postero die, qui vacat, ab exercitationeque, aqua tantum contentus, conquiescat. Et id quidem optimum est. Si vero imbecillilas urgebit, êt post febrem vinum, et medio die paulum cibi debebit assumere.
TRAITÉ DE LA MÉDECINE, LIV. Ill. 73
. XV. Le même traitement s'applique à la fièvre quarte ; mais comme la durée de celle-ci est en général beaucoup plus longue quand elle ne cède pas dans les premiers jours, il faut mettre plus de soin encore à régler dès le commencement la méthode eurative. Lors done que la fièvre s'annonce par un tremblement, le malade doit après l’accès se tenir en repos le jour même, le lendemain et le surlendemain, ct boire seulement un peu d’eau chaude le premier jour au moment de l’apyrexie ; il fera même bien, s'il le peut, de s’en passer les deux jours suivants. Si la fièvre revient le quatrième jour avec tremblement, on fera vomir comme il a été dit plus haut, et après l'accès on pourra donner une nourriture légère et un setier de vin; le lendemain et le surlendemain, diète absolue, et seulement un peu d’eau chaude s’il y a de l’altération ; le septieme jour il faut prévenir le frisson au moyen du bain, donner un Javement si la fièvre revient, et, dès que le malade est remis de cette fatigue , faire des onctions et des frictions énergiques , prendre ensuite des aliments et du vin dans la mesure indiquée déjà . et garder l’abstinence les deux jours suivants en continuant les frictions; le dixième jour enfin revenir au bain, et, si la fièvre reparaît, recommencer les frictions , et boire une plus grande quantité de vin. Il arrive souvent que le repos observé pendant tant de jours, ainsi que la diète et les remèdes dont on s’est servi, amènent la cessation de la fièvre. Si néanmoins elle persévere, il faut changer entièrement de méthode, et gouverner le malade de manière à lui conserver les forces qu’exige une maladie de longue durée. Aussi doit-on blâmer la pratique d'Héraclide de Tarente, qui ordonnait un lavement les premiers
XV. Eadem in quartana facienda sunt. Sed cum hæc tarde admodum finiatur, nisi primis diebus discussa est , diligentius ab initio præcipiendum est, quid in ea fieri debeat. Igitur si cui cum horrore febris accessit, eaque desiil, eodem die et postero tertioque continere se debet, et aquam tantummodo calidam primo die post febrem sumere; hiduo proximo, quantum fieri potest, ne hanc qui dem. Si quarto die cum horrore febris revertitur, vomere, sicut ante præceptum est, deinde post febrem, modicum cibum sumere, vini quadrantem ; postero tertioque die abstinere, aqua tantummodo calida, si sitis est, assumpla; septirao die balneo frigus prævenire; si febris redierit, ducere alvum; ubi ex eo corpus conquieverit , in unctione vebementer perfricari, eodem modo sumere cibum et vinum, biduo proximo se abstinere, frictione servata, decimo die rursus balneum experiri ; et, si postea febris accessit, æque perfricari, vinum copiosius bibere. Ac sic proximum est, ut quies tot dierum el abstinentia cum ceteris, quæ præcipiuntur , febrem tollant. Si vero nihilominus remanet, aliud ex toto sequendum est curationis genus ; idque agendum , ut, quod diu sustinendum est, corpus facile suslineat. Quo miaus etiam curatio probari Heraclidis Tarentini debet, qui primis
jours et prescrivait la diète jusqu’au septième. Or, en supposant qu’un malade puisse endurer une telle abstinence, à peine lui resterait-il, une fois délivré de la fièvre, la force de sé rétablir, et par conséquent il succomberait d’épuisement siles accès se multipliaient. Lors donc qu’au treizième jour le mal n’a pas cédé, il devient inutile d'employer les bains, soit avant, soit après l'accès, à moins qu'il n’y ait plus de frisson ; et quant à cet accident, on pourra le combattre par les moyens que nous avons déjà fait connaitre. Il sera nécessaire en outre, après la fièvre, d’oindre le malade, de le frotter fortement, de lui accorder ensuite une nourriture abondante et substantielle, et du vin selon son désir ; le lendemain, apres un repos convenable, promenade, exercice, onctions et frictions énergiques, pas de vin avec les aliments ; diète absolue le surlendemain. Le jour où la fièvre doit venir, le malade fera bien de se lever avant l’accès pour s'exercer, et passer ainsi dans une agitation volontaire le temps de la période fébrile , car l'exercice a souvent le pouvoir de chasser la fièvre; mais si, pendant qu’il se livre au mouvement, un autre accès vient le surprendre, il doit alors se reposer. On combat cette espèce de fièvre au moyen de l’huile, des frictions, de l’exercice, de l'alimentation et du vin. S'il y a constipation, on a soin de tenir le ventre libre. Les sujets robustes supportent facilement ce traitement ; mais pour les personnes faibles, il faut remplacer l'exercice par la gestation, etsimêmeelle esttrop pénible, se contenter des frictions : dans lecas où ce moyen serait encore trop actif, on se bornera au repos, aux onctions et à l’alimentation , en prenant garde toutefois de transformer, par le fait d’une indigestion,
diebus ducendam alvum, deinde abstinendum in septimum diem dixit. Quod, ut sustinere aliquis possit, tamen, eliam febre liberatus, vix refectioni valebit ; adeo, si febris sæpius accesserit, concidet. Igitur si tertio decimo die morbus manebit, balneum neque ante febrem, neque post eam tentandum erit, nisi interdum jam horrore discusso; horror ipse per ea, quæ supra scripta sunt, expugnandus ; deinde post febrem oportebit ungi, et vehementer perfricari; cibum et validum et fortiter assumere; vino uti quantum libebit; postero die, cum salis quieverit, ambulare, exerceri, ungi, perfricari forüter, cibum capere sine vino; tertio die abstinere. Quo die vero febrem exspectabit, ante surgere, et exerceri, dareque operam , ul in ipsam exercilationem febris tempus incurral ; sic enim sæpe illa discutitur; at si in opere occupavit, tum demum se recipere. In ejusmodi valetudine, medicamentla sunt, oleum, frictio, exercitatio, cibus, vinum. Si venter adstrictus est, solvendus est. Sed lhæc facile vaïidiores faciunt : si imbecillitas occupavit, pro exercitatione gestatio est; si ne hanc quidem sustinel, adhibenda tamen frictio est; si hæc quoque vehemens onerat, infra quietem el unctionem et cibum sistendum est; dandaque opera est, ne qua cruditas in
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la fièvre quarte en quotidienne. Sous la forme quarte en effet la fièvre ne tue personne, tandis qu'en prenant le type quotidien elle compromet la vie. Cela n'arrive jamais cependant sans la faute du malade ou du médecin.
XVI. Mais si la fièvre est double quarte, et qu'il soit impossible de se livrer aux exercices que j'ai proposés , il faut se reposer tout à fait , ou, si cela présente des difficultés, se promener doucement; puis dans l’état de repos s’envelopper avec soin la tête et les pieds; à la fin de chaque accès prendre un peu de nourriture et de vin, et le reste du temps, à moins de grande faiblesse, observer la diète. Mais si les deux accès se touchent pour ainsi dire, il faut, quand l'un et l’autre sont passés, prendre quelques aliments, essayer ensuite pendant l’apyrexie de faire un peu d'exercice, employer les onctions et se nourrir. La fièvre quartc invétérée ne se terminant presque jamais qu’au printemps, on doit écarter avec soin tout ce qui pourrait vers cette époque faire obstacle à la guérison. Dans ces fièvres prolongées on se trouve bien de changer de temps en temps le régime, de passer du vin à l’eau, de l’eau au vin, des aliments doux à ceux qui sont âcres , et des âcres aux doux; il est bon aussi de manger du raifort, puis de vomir, ou de setenir le ventre libre avec du bouillon de poulet, d'ajouter à l’huile pour les frictions quelques drogues échauffäntes, de boire avant l'accès deux verres de vinaigre , ou un de moutarde mêlé à trois verres de vin grec salé, ou encore de prendre délayé dans de l'eau un mélange à parties égales de poivre, de castoréum, d’assa fœtida et de myrrhe. En employant ces remèdes et d’autres semblables, on doit avoir pour but
quotidianam id malum vertat. Nam quartana neminem jugulat ; sed si ex ea facta quolidiana est, in malis æger est; quod tamen, nisi culpa vel ægri vel curantis, numquam fit.
XVI. At si duæ quartanæ sunt, neque eæ, quas proposui, exercitationes adhiberi possunt, aut ex toto quiescere opus est, aut, si id difficile est, leniter ambulare ; considere diligenter involutis pedibus et capite; quoties febris accessit et destit, cibum modicum sumere, et vinum ; reliquo tempore, nisi imbecillitas urget, abstinere. At si duæ febres pene junguntur, post utramque cibum sumere, deinde vacuo tempore et moveri aliquid, et post unctionem cibo uti. Cum vero vetus quartana raro, nisi vere, solvatur, utique eo tempore attendendum est, ne quid fiat, quod valetudinem impediat. Prodestque in vetere quartana, mutare subinde victus genus ; a vino ad aquam, ab aqua ad vinum, a lenibus cibis ad acres, ab acribus ad lenes transire ; esse radicem, deinde vomere, jureve pulli gallinacei ventrem resolvere ; oleo ad frictiones adjicere calefacientia ; ante accessionem sorbere , vel aceti cyathos duos, vel unum sinapis cum tribus græci vini salsi, vel mista paribus portionibus, et in aqua diluta, piper, castoreum, laser, myrrham. Per hæc enim similaque corpus agitandum est, ut moveatur ex eo statu,
d'imprimer au corps une secousse qui le fasse sortir enfin d’un état qui l'opprime. Quand la fièvre a disparu, il faut longtemps encore avoir présents à l'esprit les jours d'acces, et, à ces moments, éviter le froid , la chaleur, les indigestions et la fatigue; car les rechutes sont faciles si l’on ne sait pas veiller sur soi-même après la guérison.
XVII. Mais si la fièvre quarte devient quotidienne par suite de quelque imprudence, on doit pendant deux jours observer la diète, faire usage des frictions, et ne donner à boire de l’eau que le soir seulement. La fièvre, dans ce cas, manque souvent au troisième jour; mais qu’elle reparaisse ou non, c’est après le temps de l’accès qu'il faut accorder des aliments. Si elle persiste, diète nouvelle, aussi rigoureuse que possible, pendant deux jours, et frictions tous les jours.
XVIIL. Je viens d'exposer le traitement des fièvres ; mais elles se compliquent d’autres af— fections, et je vais parler immédiatement de celles auxquelles on ne saurait assigner de siége bien déterminé. Je commencerai par le délire, et je traiterai d'abord de la forme aiguë et fébrile que les Grecs appellent frénésie (4). Avant tout, il faut savoir que dans certains accès les malades extravaguent et tiennent des propos hors de sens ; ce signe a de la gravité, et ne peut exister sans une fièvre intense : cependant il n’a pas toujours des conséquences funestes, paree qu’en général il.est de courte durée, et que l’intelligence redevient libre dès que la première violence du mal est passée. Il n’est pas besoin dans ce cas d’autres remèdes que de ceux indiqués pour guérir la fièvre. Mais il y a frénésie déclarée lorsqu'il y a continuité dans le
quo detinetur. Si febris quievit, diu meminisse ejus diei convenit, eoque vitare frigus, calorem , cruditatem, lassitudinem. Facile enim revertitur, nisi a sano quoque aliquamdiu timetur.
XVII. At si ex quartana, quotidiana facta est, cum id vitio inciderit, per biduum abstinere oportet, et frictione uti; aquam tantummodo vespere potui dare. Tertio die sæpe fit, ne febris accedat; sed sive fuit, sive non fuit, cibus post accessionis tempus est dandus ; et si manet, per biduum abstinentia, quanta maxima imperari corpori potest, et frictione quotidie utendum est.
XVII. Et febrium quidem curalio exposita est. Supersunt vero alii corporis affectus, qui huic superveniunt; ex quibus eos, qui cerlis partibus assignari non possunt, protinus jungam. Incipiam ab insania, primamque bujus ipsius partem aggrediar, quæ et acuta, et in febre est : opévaoiv Græci appellant. 1!lud ante omnia scire oportet, interdum in accessione ægros desipere, et loqui aliena; quod non quidem leve est, neque incidere potest, nisi in fébre vehementi ; non tamen æque pestiferum est, nam plerumque breve esse consuevit, levatoque accessionis impetu , protinus mens redit. Neque id genus morbi remedium aliud desiderat, quam quod in curanda febre præceptum est. Phrenesis vero tum demum est, cum
délire, ou que le malade, sans perdre encore l’usage de sa raison, accueille pourtant des idées chimériques ; la frénésie est complète quand l'esprit est dominé par ces vaines imaginations. Les caractères qu’elle présente sont du reste assez variés. On voit des phrénétiques montrer de la gaieté, d’autres de latristesse ; ceux-ci, faciles à contenir, n’extravaguent que dans leurs discours ; ceux-là s’agitent violemment et font des gestes désordonnés; parmi ces derniers il en est qui cèdent aveuglément à l'impulsion du mal, tandis que certains autres, employant l'artifice, savent sous les dehors de la raison préparer les occasions favorables à leurs mauvais desseins, et ne se trahissent que dans l’exécution. Pour ceux dontle délire ne s'exhale qu’en paroles, ou qui sont faiblement agités, il est inutile d'en venir aux moyens coercitifs; mais il convient d’attacher ceux qui témoignent plus d’emportement, et de les mettre hors d'état de se nuire àeux-mêmes, ou de nuire à ceux qui les entourent. On ne doit pas croire sur parole un frénétique enchaîné, qui pour se débarrasser de ses liens veut exciter la compassion par des discours bien suivis, car c’est là unerusefamilière aux insensés. Chez les anciens ces maladesétaient presque toujours tenus dansles ténèbres , parce que , d’après eux, les frénétiques ne devaient rien voir qui püt devenir pour eux un sujet de terreur, et que l’obscurité leur paraissait aussi contribuer au repos de l'esprit. Asclépiade au contraire, regardant les ténèbres ellesmêmes comme une Cause d’épouvante, voulait qu'on les laissât constamment jouir dela lumière. Ces deux manières d’agir sont trop absolues ; car il est des malades que la lumière agite davantage, d’autres quisont plus troublés par l’obseurité, d’autres aussi qui semblent ne recevoir
continua dementia esse incipit, aut cum æger, quamvis adhuc sapiat, tamen quasdam vanas imagines accipit ; perfecta est, ubi mens illis imaginibus addicta est. Ejus autem plura genera sunt : siquidem ex phreneticis alii hilares, ali tristes sunt ; ali facilius continentur, et intra verba desipiunt, alis consurgünt, et violenter quædam manu faciunt; atque ex his ipsis, alii nihil nisi impetu peccant , alii eliam artes adhibent, sammamque speciem sanitatis in captandis malorum operum occasionibus præbent, sed exilu deprehenduntur. Ex his autem eos, qui intra verba desipiunt, aut leviter etiam manu peccant, onerare asperioribus coercitionibus supervacuum est ; eos vero, qui violentius se gerunt, vincire convenit, ne vel sibi vel alteri noceant. Neque credendum est, si vinctus aliquis , dum levari vinculis cupit, quamvis prudenter et miserabiliter loquitur, quoniam is dolus insagientis est. Fere vero antiqui tales ægros in tenebris habebant; eo quod illis contrarium esset, exlerreri, et ad
aucune impression du jour ou de la nuit. Ce qu'il y a de mieux à faire, c’est d’éprouver l’une et l’autre méthode, de rendre à la lumière celui qui redoute l'obscurité, et de tenir dans les ténèbres celui que la clarté épouvante. Mais lorsque le malade demeure à cet égard dans une complète indifférence, on doit préférer pour lui, s’il a conservé ses forces, un endroit éclairé, et un séjour obseur s’il est trop affaibli. Administrer des remèdes au plus fort du délire est chose vaine , attendu que la fièvre s'accroit alors en même temps. On doit se borner, dans ce cas, à contenir le malade; puis on avise ensuite aux moyens de traitement, des que son état le permet. Asclépiade a également avancé qu’on tuait les frénétiques en leur tirant du sang; et il donne pour raison que le délire étant toujours accompagné d’unefievre intense, la saignée n’est convenable qu'au moment de la rémission. Mais lui-même cherchait dans cette situation à favoriscr le sommeil par des frictions répétées ; et cependant l’ardeur de la fièvre est un obstacle au sommeil, etles frictions ne sont jamais utiles qu’au déclin des accès : par conséquent il devaitaussi les proscrire. Que faire done? IL est permis, quand le péril est pressant, d'appeler à son aide les ressources qu'on devrait s’interdire en d’autres circonstances. La fièvre continue, par exemple, qui n'offre pas de rémission, a néanmoins des instants où elle cesse de croître ; et, sans être favorables, ces instants sont encore les meilleurs pour l'administration des remèdes. Il convient donc, lorsque les forces du malade ne s’y refusent pas, de pratiquer la saignée, et l’on doit moins hésiter encore à ordonner des lavements. Après un jour d'intervalle, il faut raser la tête et la soumettre à des fomentations faites avec une décoction de
que, in quibus nullum discrimer deprehendi, vel hoc, vel illo modo possit. Optimum itaque est, utrumque experiri ; et habere eum, qui tenebras horret , in luce ; eum, qui lucem , in tenebris. At ubi nullum tale discrimen est, æger , si vires habet, loco lucido ; si non habet, obscuro continendus est. Remedia vero adhibere, ubi maxime furor urgel, süpervacuum est; simul enim febris quoque increscit. Ilaque tum nihil nisi continendus æger est; ubi vero res patitur, festinanter subveniendum est. Asclepiades perinde esse dixit, his sanguinem milti, ac si trucidentur, rationem hanc secutus, quod neque insania esse,
! nisi febre intenta, neque sanguis, nisi in remissione ejus,
recte mitteretur. Sed ipse in his somnum multa frictione quæsivit, cum et intenlio febrissomnum impediat, et fri-
| ctio non nisi in remissioue ejus utilis sit; itaque hoc quo-
quietem animi tenebras ipsas conferre aliquid judicabant. |
At Asclepiades, tamquam tenebris ipsis Lerrentibus, in lumine habendos eos dixit. Neutrum autem perpeluum est: alium enim lux, alium tenebræ magis turbant; reperiuntur-
que auxilium debuit præterire. Quid igitur est? Multa in præcipili perieulo recte fiunt , alias omiltenda. Et contipua quoque febris habet tempora, quibus, etsi non remittit, non tamen crescit, estque hoc, ut non optimum, sic tamen secundum remediis lempus. Quod si vires ægri patiuntur, sanguis quoque mitti debet ; minus deliberari potest, an alvus ducenda sit. Tum, iaterposito
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verveine ou d’autres plantes astringentes ; où bien fomenter d’abord, raser ensuite, et renouveler les fomentations ; puis en dernier lieu répandre sur la tête de l’huile rosat, qu’on fait entrer aussi dans les narines ; faire respirer de la rue pilée dans du vinaigre, et employer les remèdes convenables pour exciter l’éternument. Ces divers moyens ne sont indiqués qu'autant que le malade n’est pas affaibli; ear dans ce cas il faudrait seulement humecter Ja tête avec de l'huile rosat, en y ajoutant du serpolet ou d’autres substances semblables. Quel que soit l’état des forces, il est avantageux d’arroser la tête avec le suc de morelle et de pariétaire, qu’on exprime en même temps. Au déclin de la fièvre, on peut faire usage des frictions; mais si la frénésie est caractérisée par une joie trop vive, on doit y mettre plus de ménagement que lorsqu'elle a pour expression une tristesse profonde. En traitant ces égarements de l'esprit, il est nécessaire de se plier aux diverses formes qu’ils présentent. Il y a chez les uns de vaines terreurs à dissiper; témoin l’exemple de cet homme qu’agitait, malgré ses richesses, la crainte de mourir de faim, et auquel on annonçait de temps à autre des successions imaginaires. Il yen a d’autres dont il faut maîtriser l'audace , et qu’on ne peut dompter que par des châtiments physiques. C'est par la réprimande et la menace qu'on arrête parfois des éclats de rire insensés; parfois aussi, pour arracher ces malades à leur mélancolie, on a recours à la musique, au son des cymbales, et à d’autres moyens bruyants. En général il vaut mieux entrer dans leur folie que de la combattre ouvertement, et les ramener, par degrés et sans qu'ils s’en doutent, de la déraison à des idées plus saines. Dans
die, convenit caput ad cutem tondere, deinde aqua fovere , in qua verbenæ aliquæ decoctæ sint ex reprimentibus ; aut prius fovere, deinde tondere, et iterum fovere ; ac novissime rosa capnt naresque implere ; offerre etiam naribns rutam, ex aceto contritam; movere sternutamenta medicamentis in id efficacibus. Quæ tamen facienda sunt in iis, quibus vires non desunt. Si vero ünbecillitas est, rosa tantum caput, adjecto serpyllo, similive aliquo , madefaciendum est. Utiles etiam in quibuscunique viribus herbæ duæ sunt, solanum et muralis, si simul ex utraque succo expresso caput impletur. Cum se febris remiserit, friclione utendum est; parcius tamen in is, qui nimis hilares, quam in ïis, qui nimis tristes sunt. Adversus omnium autem sic insanientium animos gerere se pro cnjusque natura necessarium est; quorumdam enim vani melus levandi sunt ; sicut in homine prædivite famem timente incidit, cui subinde falsæ hæreditates nuntiabantur ; quorumdam audacia coercenda est, sicut in üs fit, in quibus continendis plagæ quoque adhibentur ; quorumdam etiam intempestivus risus objurgatione et minis fidiendus ; quorumdam disculiendæ tristes cogitationes, ad quod symphoniæ et cymbala strepitusque proficiunt. Sæpius tamen assentiendum, quam repugnan-
dum est, paulatimque, et non evidenter, ab is, quæ |
certains cas, on doit tâcher de captiver leur attention : aux gens de lettres, par exemple, on fera des lectures, soit d’une manière correcte s'ils y prennent plaisir, soit avec des incorrections calculées s'ils en paraissent choqués, parce qu’en voulant les relever ils sont obligés déjà d'exercer leur jugement; on peut même les contraindre à réciter les passages dont ils ont gardé le souvenir. Il y a de ces frénétiques auxquels on a pu rendre le goût des aliments, en les plaçant à table au milieu des convives. Chez tous ces malades le sommeil est aussi rare qu'il leur est nécessaire, puisque c’est à lui que la plupart d’entre eux doivent leur guérison. Pour les faire dormir, et remédier en même temps au désordre de l’intellisgence, on applique sur la tête l’onguent de safran mêlé à celui d’iris. Si néanmoins l'insomnie persiste, on cherche à favoriser le sommeil en faisant boire au malade une décoction de pavot où de jusquiame, en mettant sous son oreiller des pommes de mandragcre, ou encore en appliquant sur le front de l’amome ou du suc de sycaminum. Je trouve ce nom dans les auteurs; mais comme les Grecs appellent cuxäuuvos le mürier, qui ne fournit aucun sue, cela doit s’entendre du sue recueilli sur un arbre qui croît en Égypte, et qu'on nomme sycomore. Souvent aussi on fait sur la tête et le visage des fomentations au moyen d'une éponge trempée dans une décoction d’écorce de pavots. Asclépiade blâme encore ces remèdes, parce que dans bien des cas ils changent la frénésie en léthargie. Selon lui, le malade ne doit, le premier jour, ni boire, ni manger, ni dormir; le soir, il accorde un peu d’eau, et veut que l’on pratique des frictions avec la main, assez doucement toutefois,
stulte dicentur, ad meliora mens adducenda. {nterdum etiam elicienda ipsius intentio, ut fit in hominibus studiosis lifterarum, quibus liber legitur, aut recte, si delectantur, aul perperam, si id ipsum eos offendit ; emendando enim convertere animum incipiunt; quin etiam recilare, si qua meminerunt, cogendi sunt. Ad cibum quoque quosdam non desiderantes reduxerunt ii, qui inter epulantes eos collocarunt. Omnibus vero sic affectuis somaus et difficilis, et præcipue necessarius est : sub hoc enim plerique sanescunt. Prodest ad id, atque etiam ad mentem ipsam componendam, crocinum unguen{um cum irino in capul datum. Si nibilominus vigilant, quidam somnum moliuntur potui dando aquam , in qua papaver, aut hyoscyamus decocta sil; alii mandragoræ mala pulvino subjiciunt; alii vel amomuni, vel sycamini lacrimam fronti inducunt. Hoc nomen apud medicos reperio; sed cum Græci morum ovxépuvoy appellant, mori nulla lacrima est ; sic Vero significatur lacrima arboris in Ægypto nascentis, quam ibi 1109056040 appellant. Plurimi, decoctis papaveris corticibus, ex ea aqua spongia os et caput subinde fovent. Asclepiades ea supervacua esse dixit, quoniam in lethargum sæpe converterent. Præcepit autem, ut primo die, a cibo, potione, somno abstineretur; vespere ei daretur potui aqua; tum frictio admoveretur
pour que la peaa n’en conserve qu'une légère empreinte; le lendemain, méme régime; le soir, erème d'orge , eau pour boisson et frictions nouvelles ;:car e’est, dit-il, en insistant sur ce moyen qu'on obtient du sommeil. Il survient en effet quelquefois, et même, de l’aveu d’Asclépiade, il peut devenir léthargique quand les frictions sont portées trop loin. Si néanmoins l’insomnie se prolonge , il faut s'adresser enfin aux médicaments dont je viens de parler; mais ceux-ci n’exigent pas moins de réserve, car en voulant faire dormir le malade on s’expose à ne pouvoir plus le tirer de son assoupissement. Le bruit de l'eau qui tombe d’un tuyau placé près du malade, la gestation après le repas et pendant la nuit, et sur— tout le balancement d’un lit suspendu, sont aussi des moyens d'inviter au sommeil. Si déjà le malade n’a pas été saigné, si son intelligence est troublée, et s’il ne dort pas, il est encore utile de lui poser à l’occiput des ventouses scarifiées, parce que ce remède, en diminuant la violence du mal, peut faciliter le retour du sommeil. Il faut savoir aussi régler l'alimentation: ne point donner trop de nourriture dans la crainte d’exciter le délire, et ne pas imposer non plus un jeûne trop sévère qui pourrait amener la défaillance. II faut s’en tenir à des aliments légers, à la crème d'orge principalement; et pour boisson se contenter d’eau miellée qu’on donne à la dose de trois verres, deux fois par jour en hiver, et quatre fois en été.
La seconde espèce de folie est généralement plus longue, parce qu'elle commence sans fièvre et détermine plus tard un état fébrile. Cette affection est caractérisée par une tristesse qui paraît dépendre de l’atrabile. La saignée est utile dans
denis, ut ne manum quidem, qui perfricaret, vehementer imprimeret; postero deinde die , iisdem omnibus factis, espere ei daretur sorbitio et aqua, rursusque frictio adhiberetur : per hanc enim nos conseculuros, ut somnus accedat. Id interdum fit, et quidem adeo, ut, illo confitente, nimia frictio etiam lethargi periculum afferat. Sed si sic somnus non accessit, tum demum illis medicanentis arcessendus est; habila scilicet eadem moderatioue, quæ hic quoque necessaria est, ne, quem obdormire volumus, excilare postea non possimus. Confert etiam aliquid ad somnum silanus juxta cadens, vel gestatio post cibum el noctu, maximeque suspensi lecti motus. Neque alienum-est, si neque sanguis ante missus est, neque mens constat, neque somnus accedit, occipitio inciso cucurbitulam admovere; quæ quia levat morbum, potest etiam somnum facere. Moderatio autem in cibo quoque adhibenda est : nam neque implendus æger est, ne insaniat ; neque jejnnio ulique vexandus, ne imbecillitate in cardiacum incidat. Opus est cibo infirmo, maximeque sorbitione, potione aquæ mulsæ, cujus ternos cyathos bis hieme, quater æstate dedisse satis est. Allerum insaniæ genus est, quod spatium longius recipit, quia fere sine febre incipit, leves deinde febriculas excitat. Consistit in tristitia, quam videtur bilis atra con-
ce cas; mais si quelque raison défend de la pra= tiquer, l’abstinence alors vient se placer en premiereligne. Laseconde chose à faire est d'évacuer, en faisant vomir au moyen de l’ellébore blanc. Il faut joindre à l’une ou l’autre médication deux frictions par jour : si le malade est robuste, ‘ il doit s’exercer fréquemment , vomir à jeun, et prendresans vin desaliments de la classe moyenne. Toutes les fois que j'indiquerai cette classe, on saura qu’on peut aussi puiser dans la dernière ; il faut seulement ne pas la mettre seule à contribution, etne rien choisir dans la première. Indépendamment de ces précautions, il faut entretenir constamment la liberté du ventre, éloigner du malade toute cause d’épouvante, et mieux encore lui redonner bon espoir. On tâchera de le distraire par les contes et les jeux qui lui plaisaient le plus en état de santé. Ses ouvrages, s'ilen a fait, seront vantés avec complaisance, et lui seront remis sous les yeux. On combattra ses tristes imaginations par de douces remontrances, en lui faisant sentir que dans les choses qui le tourmentent il devrait trouver plutôt un sujet de contentement que d'inquiétude. Si la fièvre survient, on ja traitera comme les autres fièvres.
La démence la plus longue est celle de la troisième espèce. Celle-ci ne compromet pas la vie, et n’attaque d'ordinaire que les individus fortement constitués. Elle se présente sous deux formes distinctes ; les uns, sans être aliénés, sont décus par de trompeuses images : telle était, d’après les poëtes, la folie d’Ajax ou d'Oreste : d’autres au contrairesont pris d'aberration mentale, Quand le malade voit des fantômes, il faut s'assurer d’abord si ces illusions excitent la tristesse ou la gaieté. En cas de mélancolie, on purge avec l’eilé-
trahere. {fn hac utilis detractio sanguinis est; si quid hanc probibet, prima est abstinentia; secunda, per album veratrum vomitumque purgatio. Post utrumlibet, adhibenda bis die frictio est; si magis valel, frequens etiam exercitatio, in jejuno vomitus; cibus, sine vino, dandus ex media materia est. Quam quoties posuero, scire licet, etiam ex infirmissima dari posse; dum ne ea sola quis utatur, valentissima tantummodo esse remoyenda. Præter hæc, servanda alvus est quam tenerrima ; removendi terrores, et potius bona spes afferenda ; quærenda delectatio ex fabulis ludisque, quibus maxime capi sanus assueverat ; laudanda, si qua sunt, ipsius opera , et ante oculos ejus ponenda; leviter objurganda vana trislitia; subinde admonendus, in üis ipsis rebus, quæ sollicitant, eur non potius lætitiæ , quam sollicitudinis causa sit. Si febris quoque accessit , sicut aliæ febres curanda est. Tertium genus insaniæ est ex his longissimum ; adeo ul vilam ipsam non impediat, quod robusti corporis esse consuevit. Hujus autem ipsius species duæ sunt. Nam quidam imaginibus, non mente falluntur, quales insanientem Ajacem vel Orestem percepisse poetæ ferunt ; quidam animo desipiunt. Si imagines fallunt , ante omnia videndum est, tristes, an hilares sint. In tristitia, nigrum veratrum dejectionis causa; in hilaritate, album, ad vo-
bore noir, ets’il y a del'hilarité, on provoque des vomissements avec l’ellébore blanc ; on les administre l’un et l’autre dans du pain, pour abuser plus facilement le malade, lorsqu'il refuse de les prendre en potion. Si ces purgatifs agissent bien, le mal en sera notablement diminué; aussi doiton, dans le cas où une première dose produirait peu d’effet, en donner une seconde quelque temps après. On n’oubliera pas que la folie gaie est moins grave que la folie triste. Il est de précepte invariable dans toutes les maladies de tenir d’abord le ventre libre lorsqu'on veut purger par en bas, et de le resserrer, au contraire, si l’on veut purger par en haut. Si le malade a perdu le jugement, on a recours avec succès à certaines corrections. Des que ses actes ou ses paroles attestent sa déraison, il faut poar le dompter employer le jeûne, les chaïîneset les châtiments ; le forcer ensuite d'être atientif, d'exercer sa mémoiresur certains sujets et de se les rappeler. La crainte l'oblige ainsi par degrés à se rendre compte de ses actions. On se trouve bien encore d’exciter chez ces malades des terreurs soudaines , ou d'imprimer par un moyen quelconque une secousse profonde à leur intelligence. Get ébranlement en effet peut être utile en les arrachant à leur situation première. Il n'importe pas moins d'observer si de temps à autre on les surprend à rire sans motifs, ou s'ils sont dominés par la tristesse et le découragement : contre leur folle hilarité, il est mieux de faire agir la crainte, comme je l'ai dit plus haut ; et quand l'humeur devient trop sombre, il est bon d'employer deux fois par jour desfrictions légères, mais longtemps prolongées : on doit faire aussi des affusions froides sur la tête, et prescrire des
mitum excitandum, dari debet, idque, si in potione non accipit, pani adjiciendum est, quo facilius fallat. Nam si bene se purgaverit, ex magna parle morbum levabit. Ergo etiam si semel datum veratrum parum profecerit, interposito tempore iterum dari debet. Neque ignorare oportet, leviorem esse morbum eum risu, quam serio insanientium. Illud quoque perpetuum est in omnibus morbis : ubi ab inferiore parte purgandus aliquis est, ventrem ejus ante solvendum esse ; ubi a superiore, comprimendum. Si vero consilium insanientem fallit, tormentis quibusdam optime euratur. Ubi perperam aliquid dixit, aut fecit, fame, vineulis, plagis coercendus est; cogendus est et attendere, et ediscere aliquid et meminisse : sie enim fiet, ut paulatim metu cogatur considerare, quid faciat. Subito etiam terreri, et expavescere , in hoc morbo prodest, et fere quidquid animum vehementer perturbat. Potest enim quædam fieri mutatio, cum ab eo statu mens, in quo fuerat, abducta est. Interest etiam, is ipse sine causa subinde rideat, an mœæstus demissusque sit. nam demens hilaritas terroribus ïis, de quibus supra dixi, melius curatur; si nimia tristilia est, prodest lenis, sed multa bis die frictio, item per caput aqua frigida infusa, demissumque corpus in aquam et oleum. flla communia sunt : insanientes yehementer exerceri
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bains d’eau et d'huile. Voiciles moyens généraux : les personnes affectées de démence feront beaucoup d’exercice, et seront frictionnées souvent; elles ne prendront ni viande grasse, ni vin; seulement, après avoir été purgées, elles choisiront les aliments les plus légers de la classe moyenne. Il ne convient pas de les laisser seules ou avec des inconnus, non plus qu'avec des gens qu’elles dédaignent où qui leur sont indifférents. Elles devront changer de pays, ct, si la raison leur revient, voyager tous les ans.
Rarement, mais quelquefois cependant, la crainte donne naissance au délire. Celui-ei n'est pas d’une autre cspèce que les précédents, et n’exige pas un traitement distinct; à cette exception près, que c’est la seule démence où il soit utile de donner du vin.
XIX. La maladie que les Grecs ont nommée cardiaque (5) cst essentiellement opposée à la frénésie, bien qu'elle succède souvent à cette affection : dans un cas le malade n’a plus l’usage de sa raison, et dans l’autre il la conserve. Le mal cardiaque est caractérisé par une extrême faiblesse, accompagnée de langueurs d'estomac et de sueurs immodérées. On le reconnaît aussitôt à la misère du pouls, à sa petitesse, ainsi qu’à des sueurs insolites dans leur forme et leur durée, qui envahissent en entier la poitrine, le cou, la tête même, tandis que les jambes et les pieds demeurent sees et froids. Ce mal est de la classe des affections aiguës. On commence par appliquer un cataplasme répereussif sur la région de l’estomae, et l’on tâche en second lieu d'arrêter la sueur. On a, pourremplir cetteindication, l'huileastringente deroses et cellede coingou demyrte:elles servent
debere; multa frictione uli; neque pingnem carnem, neque vinum assumere ; cibis uti post purgationem, ex media materia, quam levissimis; non oportere esse vel solos, vel inter ignotos , vel inter eos, quos aut contemnant, aut negligant; mutare debere regiones, et, si mens redit, annua peregrinatione esse jactandos.
Raro, sed aliquando tamen, ex metu delirium nascitur. Quod genus insanientinm, specie simile, similique victus genere curandum est, præterquam quod in hoc insaniæ genere solo recte vinum datur.
XIX. His morbis præcipue contrarium est id genus, quod xxpûtaxoy a Græcis nominatur , quamvis sæpe ad eum phrenetici transeunt : siquidem mens in illis labat, in hoc constat. Id autem nihil aliud est, quam nimia imbecillitas corporis, quod , stomacho languente, immodico sudore digeritur. Licetque protinus scire id esse, ubi venarum exigui imbecillique pulsus sunt; sudor autem supra consuetudinem, et modo, et lempore, ex toto thorace, et cervicibus afque etiam capite prorumpit, pedibus tantummodo et eruribus siccioribus atque frigertibus. Acutique morbi genus est. Curatio prima est, supra præcordia imponere, quæ reprimant, cataplasmata ; secunda, sudorem prohibere. Id præstat acerbum oleum, vel rosa , vel melinum , aut myrteum , quorum aliquo corpus leui-
à faire des onctions légères sur le corps, et on les remplaceensuite par du cératoù l’on fait entrer un de ces ingrédients. Si la sueur ne cesse point, on frotte doucement le malade avec du plâtre, de la
litharge d’argent ou de la terre cimolée, ou bien-
l'on répand sur lui l’une de ces substances à l’état pulvérulent. Les feuilles sèches de myrte ou de ronce réduites en poudre, ou la lie d’un bon vin astringent desséchée et bien triturée, peuvent rendre le mème service, ainsi que beaucoup d’autres substances semblables : à leur défaut d’ailleurs on a la poussière des chemins. Pour diminuer la transpiration, il faut peu couvrir le malade, le tenir dans un endroit frais, et laisser les fenêtres ouvertes, afin que l'air extérieur puisse arriver jusqu’à lui. La troisième indication qui se présente est de réparer l'épuisement des forces par le vin et l’alimentation. On ne doit pas sans doute donner beaucoup de nourriture à la fois, mais en donner à plusieurs reprises le jour et la nuit, dans le but de soutenir le malade, sans le surcharger. Ces aliments seront fournis par la dernière classe, et appropriés à l'état de l'estomac. Hors le cas d'urgence, on ne se pressera pas d’accorder du vin. Si l’on craint unc défaillance, on peut permettre du pain trempé dans du vin astringent, et même laisser boire ce vin, pourvu qu'il soit léger, pas tout à fait pur et tiède; on le prescrit alors libéralement de temps à autre, en ajoutant, si le malade ne prend pas assez de neurriture, de la farine de froment séchée au feu; le vin ne doit être ni trop fort, ni trop faible; et la mesure convenable pour le jour et la nuit sera de trois hémines, ou plus encore si le sujet est d'une taille élevée. Quand les aliments sont refu-
sés par le malade, on a recours aux onctions, que |
l’on fait suivre d’affusions froides, et l’on essaye
ter perungendum, ceratumque ex aliquo horum tum imponendum est. Si sudor vincit, delinendus homo est vel gypso, vel argenti spuma, vel cimolia creta, vel etiam subinde horum pulvere respergendus ; idem præstat pulvis ex contritis aridi myrli vel rubi foliis, aut ex austeri et boni vini arida fæce; pluraque similia sunt, quæ si desunt, sais utilis est quilibet ex via pulvis injectus. Super hæc vero quo minus corpus insudet , levi veste debet esse contectus, loco non calido, fenestris patentibus, sic ut perflatus quoque aliquis accedat. Tertium auxilium est, imbecillilati jacentis cibo vinoque suceurrere. Cibus non multus quidem, sed sæpe tamen nocte ac die dandus est, ut nutriat, neque oneret. Is esse debet ex infirmissima materia, et stomacho aptus. Nisi si necesse est, ad vinum festinare non oportet; si verendum est ne deficiat, tum et intrita ex hoc, et hoc ipsum austerum quidem, sed tamen tenue, meraculum, egelidum subinde et liberaliter dandum est, adjecta polenta, si modo is æger parum cibi assumit ; idque vinum esse debet, neque nullarum virium, neque ingentium; recteque tota die ac nocte vel tres heminas æger bibet ; si vastius corpus est, plus etiam. Si cibum non accipit, perunctum ante perfun-
encore de le nourrir. Mais si l'estomac frappé d'inertie peut à peine garder les substances alimentaires, on excite le vomissement avant et après leur ingestion , et l'on fait manger une seconde fois le malade lorsqu'il a vomi. Si l’on n'obtient pas encore la tolérance de l'estomac, il faut que le malade prenne un verre de vin d'abord, et uve heure après un second. Dans le cas où ce liquide serait également rejeté, il conviendrait d'enduire tout le corps d'oignons pilés , lesquels une fois secs auraient pour effet d’arrêter le vomissement, et de permettre dès lors au vin de rendre au corps sa chaleur, et aux vaisseaux toute leur énergie. Comme dernière ressource, on fera prendre un-lavement de crème d’orge ou de fromentée ; car on peut aussi par ce moyen soutenir les forces. Il n’est pas inutile non plus de faire respirer au malade quelque chose de fortifiant, de l'huile rosat par exemple, ou du vin ; et enfin , si les extrémités sont froides, il est bon de les frotter avec les mains, en prenant la pré— caution de les chauffer et de les graisser. Si par tous ces soins on réussit à modérer le mouvement sudoral et à prolonger les jours du malade , il a déjà pour lui le bénéfice du temps. Lorsque le sujetne paraît plus en péril, on peut craindre cependant qu'il nesoit repris des mêmes faiblesses ; aussi, tout en supprimant l'usage du vin, doit-on lui donner chaque jour une nourriture plus substantielle, jusqu’à ce que les forces soient suffisamment revenues.
XX. Il existe encore uue maladie qui, sous d’autres rapports, n’est pas moins opposte à la frénésie. Dans celle-ci, en effet, le sommeil est très-rare, et l'esprit est toujours prêt aux actions d’audace ; dans l’autre, au contraire, on observe de l’engourdissement, et un penchant presque
dere aqua frigida convenit, et tum dare. Quod si stomachus resolutus parum continet, et ante cibum, et post eum sponte vomere oportet, rursusque post vomitum cibum sumere. Si ne id quidem manserit, sorbere vini cyathum , interpositaque hora, sumere alterum. Si id quoque stomachus reddiderit, totum corpus bulbis contritis superillinendum est; qui, ubi inaruerunt, efficiunt, ut vinum in stomacho contineatur, exque eo toli corpori calor, venisque vis redeat. Ultimum auxilium est, in alvum ptisanæ vel alicæ cremorem ex inferioribus partibus indere ; siquidem id quoque vires tuetur. Neque alienum est, naribus quoque æsluantis admovere, quod reficiat, id est rosam et vinum , et, si qua in extremis partibus frigent, unctis et calidis manibus fovere. Per quæ si consequi potuimus, ut et sudoris impetus minuatur, et vita proroge- {ur, incipit jam tempus ipsum esse præsidio. Ubi in tuto esse videtur, verendum tamen est, ne in eamdem imbecillitatem cito recidat; itaque, vino tantum remoto, quotidie validiorem cibum debet assumere , donec satis viriun corpori redeat.
XX. Alter quoque morbus est, aliter phrenetico contrarius. In eo difficilior somnus, prompta ad omnem au-
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insurmontable au sommeil. Les Grecs ont ap- | drait user, de préférence, des remèdes indiqués
pelé cet état léthargie (6). C'est également une affection aiguë, et si l’on n’y porte remède, elle devient promptement mortelle. Certains praticiens essayent de réveiller ces malades au moyen de substances qui provoquent l'éternument , ou qui peuvent lesstimuler par leur odeur fétide. Tels sont : la poix crue, la laine grasse, le poivre, l'ellebore , le castoréum , le vinaigre, l'ail, l'oignon; on brûle encore près d’eux du galbanum, des poils, de la corne de cerf, ou, faute de mieux, toute autre drogue semblable, dont la combustion développe une mauvaise odeur. Un nommé Tharrias a prétendu que la léthargie dépendait d’un accès de fièvre, et finissait avec lui; d’ou il concluait que c’est mal à propos qu’on cherche à secouer les malades. Mais il importe d'examiner si le Iéthargique s'éveille à la fin de l’accès, ou s’il reste endormi pendant le cours de la fièvre, et lorsqu'elle a cessé. S'il sort en effet de son assoupissement, il est inutile d'employer dés remcdes propres à l'en tirer; car ce n’est pas parce qu'il est éveillé qu'il va mieux, mais c'est parce qu'il va mieux qu'il s’éveille de lui-mème. Si au contraire l’état sogoreux se prolonge, il faut chercher à le troubler, en choisissant pour cela les heures où la fièvre offre le plus d’amendement, afin que le ventre fasse ses fonctions et qu'on puisse alimenter le malade. C'est par des affusions froides et subites qu'on produit l’excitation la plus forte : en conséquence, dans letemps de la rémission , le corps du malade est oint avec beaucoup d’huile, et mouillé tout entier avec trois ou quatre amphores d’eau froide qu’on lui verse sur la tête. Mais on n’aura recours à ce moyen
que si la respiration est égale, et si les hypocon- ,
dres présentent de la souplesse; autrement, il fau-
daciam mens est ; in hoc marcor, et inexpugnabilis pene dormiendi necessitas. Affapyov Græci nominant. Atque id quoque genus acutum est, et, nisi succurritur, celeriter jugulat. Hos ægros quidam subinde excitare nituntur, admotis iis, per quæ sternutamenta evocantur, et iis, quæ odore fædo movent, qualis est pix cruda, Java succida, piper, veratrum, castoreum, acetum, allium, cepa. Juxta etiam galbanum incendunt, autpilos, aut cornu cervinum; siid non est, quodlibet aliud. [ Hæcenim eum comburuntur, odorem fœdum movent. | Tharrias vero quidam accessionis id malum esse dixit, levarique, cum ea decessit, itaque eos, qui subinde excitant, sine usu male habere. Interest autem, in decessione expergiscatur æger, an, cum febris non levetur, aut, levata quoque ea, somnus urgeat. Nam si expergiscitur, adhibere ei, ut sopilo, supervacuum est; neque enim vigilando melior fit, sed per se, si melior est, vigilat. Si vero continens ei somnus est, ulique excitandus est, sed iis temporibus, quibus febris levissima est, utet excernat aliquid, et sumat. Excitat antem validissime repente aqua frigida infusa : post remissionem itaque, perunctum oleo multo corpus, tribus aut quatuor amphoris totum per caput perfundendum est. Sed hoc utemur, si æqualis ægro spiritus erit, si mollia præcordia; sin aliter
plus haut. Cette méthode est sans doute la plus convenable pour combattre l’assoupissement ; mais pour guérir la maladie elle-même, on doit raser la tête, et la fomenter avec de l’oxycrat dans lequel on aura fait bouillir du laurier ou de la rue ; le lendemain, on y appliquera du castoréum, ou de la rue pilée dans du vinaigre, des baïes de laurier, où du lierre pilé dans de l’huile rosat et du vinaigre. La moutarde placée sous les narines est un excellent moyen pour dissiper le sommeil, ou, mise en contact avec la tête et le front, peut même guérir la léthargie. La gestation est encore utile en pareil cas; mais ce qui constitue le meilleur remède, c’est la nourriture donnée à propos, par conséquent au moment de la plus grande rémission. La crème d'orge est presque le seul aliment convenable, jusqu’à ce que la maladie commence à décliner; aussi faut-il en donner chaque jour, s’il y a chaque jour un accès violent ; s’il ne revient que de deux jours l’un, on donne la crème d’orge après l'accès le plus grave, et de l’eau miellée après le plus léger. Le vin, mêlé aux aliments que l’on doit prendre en temps opportun, n’est pas non plus d’un secours indifférent. Quand la léthargie succède à des fèvres de longue durée, cela ne change rien à la médication : trois ou quatre heures avant l’accès, on administre le castoréum avec la scammonée sile ventre est resserré; et s’il ne l’est pas, on donne seulement le castoréum dans de l’eau.
On accorde une nourriture plus substantielle lorsque les hypocondres sont souples; s'ils sont durs, il faut s’en tenir à l’usage de la crème d'orge , et appliquer sur cette région des médicaments qui agissent à la fois comme résolutifs et comme émollients.
hæc erunt, ea potiora, quæ supra comprehensa sunt. Et quod ad somoum quidem pertinet, commodissima hæc ratio est. Medendi autem causa, caput radendum, deinde posca fovendum est, in qua laurus, aut ruta decocta sit ; altero die imponendum castoreum, aut ruta ex aceto contrita, aut lauri baccæ, aut hedera cum rosa et aceto. Præcipueque proficit, et ad excitandum hominem , naribus admotum, et ad morbum ipsum depellendum, capiti frontive impositum sinapi. Gestatio eliam in hoc morbo prodest ; maximeque opportune cibus datus, id est in remissione, quanta maxima inveniri poterit. Aplissima autem sorbitio est, donec morbus decrescere incipiat , sic ut, si quotidie gravis accessio est, hæc quotidie detur ; si alternis, post graviorein, sorbitio, post leviorem, mulsa aqua. Vinum quoque cum tempestivo cibo datum non mediocriter adjuvat. Quod si post longas febres ejusmodi torpor accessit, cetera eadem servanda sunt ; ante accessionem autem, tribus quatuorve horis, castoreum, si venter adstrictus est, mstum cum scammonia ; si non est, per se ipsum cum aqua dandum est. Si præcordia mollia sunt, cibis utendum est plenioribus; si dura in iisdem sorbitiopibus subsistendum; imponendumque præcordiis, quod simul et reprimat et emolliat.