‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 15 sur 265 · TRAITÉ · texte numérisé non relu

TRAITÉ

“tion aiguë; celle au contraire que les Grecs appellent y % ydropisie, devient facilement chronique Jorsqu’ elle est caractérisée par un épanchement d'eau sous les téguments, à moins qu’on ne parvienne à la dissiper dès les premiers jours. On ‘reconnaît trois espèces d'hydropisie : tantôt dil y a forte tension du ventre, accompagnée d une résonnance fréquente , due au déplacement “de l'air qu'il renferme ; tantôt la surface du corps présente des inégalités qui tiennent au développement d’un certain nombre de tumeurs ; tantôt, “Jabdomen est le siége d’un épanchement, et les Secousses communiquées au corps rendent sensible la fluctuation du liquide. La première espèce ‘a recu des Grecs le nom de éympanite, laseconde celui de /eucophlegmatie cu hyposarque, et la troisième celui d’ascite. Elles ont pour cause commune une trop grande abondance des humeurs :

“delà vient que, chez les malades qui en sont atteints, les ulcères guérissent difficilement. Souvent cette maladie se déclare spontanément, souvent aussi elle survient à la suite d’une affection ancienne, et principalement de la fièvre quarte. Elle est plus facile à guérir chez les esclaves que chez les hommes libres. Comme, en effet, elle exige qu’on supporte la faim, la soif, mille autres sujétions fâcheuses, et qu’il faut s’armer d’une longue patience, ceux auxquels on peut imposer tout le traitement arrivent plus vite à la guérison que ceux qui jouissent d’une liberté nuisible. Mais les sujets même placés sous la domination d'un maître ne sont pas délivrés de leur maladie’, s'ils sont absolument incapables de s’astreindre à toutes ces rigueurs. En voici la preuve : un médecin distingué, disciplede Chrysippe, se trouvant

eS

XXI. Sed hic quidem acutus est morbus. Longus vero fieri potest eorum, quos aqua inter cutem male habet, nisi primis diebus discussus est : ÿowre Græci vocant. Atque ejus tres species sunt : nam modo, ventre vehemenler intento, creber intus ex motu spiritus sonus est ; modo corpus inæquale est, tumoribus aliter aliterque per totum id orientibus; modo intus in uterum aqua contrahitur, et moto corpore ita movetur, ut impetus ejus couspici possit. Primum, ruuravitny; secundum, }euxoghey- “uariov, Vel Üro cépxx; lertium, &oxirnv Græci nominarünt. Communis tamen omnium est humoris nimia abundantia; ob quam ne ulcera quidem in his ægris facile sanescunt. Sæpe vero hoc malum per se incipil; sæpe alteri vetusto morbo, maximeque quarlanæ , supervenit. Facilius in servis, quam in liberis tollitur, quia, cum . desideret famem , sitim, mille alia tædia, longamque patientiam, promplius üis suceurritur, qui facile coguntur, quam quibus inutilis libertas est. Sed ne ii quidem, qui sub alio sunt , si ex tolo sibi temperare non possunt, ad salutem perducuntur; ideoque non ignobilis medicus, Chrysippi discipulus, apud Antigonum regem, amicum quemdam ejus, notæ intemperantiæ, mediocriter eo morbo iplicitum , negayit posse sanari ; cumque alter medicus

CELSE

… XXI. Laléthargie, disons-nous, est une affec- :

à la cour d’Antigone, soutint qu'un favori du roi, légèrement attaqué de cette maladie, mais bien connu par son intempérance, ne reviendrait pag à la santé : et comme un autre médecin d’Épire, nommé Philippe, promettait la guérison, il répondit que son confrère ne considérait que lamaladie, et que lui tenait compte des habitudes du malade. L'événement justifia le pronostic; car, malgré la surveillance la plus sévère exercée par le médecin et le roilui-même, il par vint, en avalant ses cataplasmes et en buvant son urine, à devenir ainsi l'artisan de sa perte. En général cependant, on réussit assez bien au début de la maladie en prescrivantlereposetl’abstinencecomplèted’aliments et de boissons; mais si le mal a pris racine, il ne cède plus qu’à de très-grands efforts. On rapporte que Métrodore, disciple d’Épicure , affligé d’hydropisie, et n’ayant pas la force de supporter la soif ainsi qu'il le fallait, avait pris l'habitude de boire après une longue privation, etde rejeter ensuite le liquide en se faisant vomir. Si l’estomac restitue tout ce qu'il a reçu , on apaise sans doute par ce moyen bien des sensations pénibles; mais s’il ne rend rien, la maladie s'aggrave : cette méthode n’est done pas applicable dans tous les cas. Si la fièvre accompagne l'hydropisie, il faut lui opposer d’abord le traitement dont or a fait connaître l'efficacité contre l'état fébrile ; mais si le malade en estexempt, on sesert alors de remèdes propres à guérir la maladie spéciale. De quelque espèceque soit l'hydropisie, elle réclame les mêmes secours tant qu’elle n’a pas fait de trop grands progrès. Il faut marcher beaucoup, courir quelquefois, faire des frietions, notamment sur les parties supérieures, et pendant ce temps retenir son haleine ; nonseulement exciter la sueur par l’exercice, mais

Epirotes Philippus se sanaturum polliceretur, respondit, illum ad morbum ægri respicere; se, ad animum. Neque eum res fefellit; ille enim cum summa diligentia non medici tantummodo, sed etiam regis custodiretur, tamen malagmata sua devorando , bibendoque suam urinam, in exitium sese præcipitavit. Inter initia tamen, non difficillima euratio est, si imperata sunt corpori quies, silis, inedia; at si malum inveteravit, non nisi magna mole discutitur. Metrodorum tamen, Epicuri discipulum , ferunt, cum hoc morbo lentaretur, neque æquo animo necessariam sitim sustineret, ubi diu abstinuerat, bibere solitum, deinde evomere. Quod si redditur, quidguid receptum est, multum tædio demit; si a stomacho retentum est, morbum auget, ideoque in quolibet tentandum non est. Sed si febris quoque est, hæc in primis submovenda est per eas rationes, per quas huic succurri posse propositum est ; si sine febre æger est, tum demum ad ea veniendum est, quæ ipsi morbo mederi solent. Atque hic quoque quæcumque species est, si nondum nimis occupavit, jisdemauxiliis opus est : multum ambulandum, currendum aliquid est; superiores maxime partes sic perfricandæ, ut spiritum ipse contineat ; evocandus est sudor, non per exercitationem tantum , sed etiam in arena calida, vel la-

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employer encore les bains de sable chaud, les poêles, les foursetautres moyens semblables. Les plus utiles sont les étuves sèches et naturelles, comme celles que nous avons au-dessus de Baies, dans un endroit planté de myrtes. Les autres bains seraient contraires , de même que tout ce qui est humide. Il convient de faire prendre à jeun des pilules composées de deux parties d’absinthe et d’une partie de myrrhe. Les aliments doivent étretirés de la classe moyenne, en choisissant toutefois les plus fermes. Quant aux boissons, il n’en faut pas donner au delà de ce qui est nécessaire à l'entretien de la vie; et l’on doit preférer celle qui pousse aux urines. Encore vaut-il mieux obtenir cette évacuation par le fait de l’alimentation que par le secours des médicaments. Si cependant le cas l’exige, on pourra prescrire une décoction de quelque substance douée de propriétés diurétiques. Cette vertu paraît exister dans l'iris, le nard, le safran , la cannelle, l’amome, le cassia, la myrrhe, le baume, le galbanum, le ladanum, la lambrusque, le panax, le cardamome , l’ébène, les semences de cyprès, les raisins de bois que les Grecsnomment s{aphisaigre, l’aurone, les feuilles de roses, l’acore, les amandes amères, l’origan, le styrax, le costus, enfin les semences du jonc carré et de celui qui est rond, Les Grecs appellent l’un xizepos et l'autre syoivos : toutes les fois qu’il en sera question, j'entendrai parler, non de ceux qui viennent ici, mais de ceux qu’on nous apporte avec Îles aromates. On commence par employer les plus doux de ces remèdes, les feuilles de rose par exemple, ou l’épi de nard. Le vin astringent, mais trèsléger, produit aussi de bons effets. IL n’est pas inutile de mesurer chaque jour le ventre avee un

conico vel clibano, similibusque aliis; maximeque utiles naturales , et siccæsudationes sunt ,[ quales super Bajas in myrtetis habemus. | Balneum, atque omnis humor alienus est. Jejuno recte catapotia dantur, facta ex absinthii duabus, myrrhæ tertia parte. Cibus esse debet ex media quidem materia, sed tamen generis dufioris; potio non ultra danda est, quam ut vitam sustineat , optimaque est, quæ urinam movet. Sed id ipsum tamen moliri cibo, quam medicamento melius est. Si tamen res coget, ex iis aliquid, quæ id præstant, erit decoquendum, eaque aqua potui danda. Videntur autem hanc facultatem habere iris, nardum, crocum, cinnamum , amomum , casia, myrrba , balsamum , galbanum, ladanum , œnanthe, panaces , cardamomum, hebenus, cupressi semen, uva taminia, craptèa- &ypiav Græci nominant, abrotonum, rosæ folia, acorum, amaræ nuces , tragoriganum , slyrax , costum, junci qua drati et rotundi semen; illum xôxetpov, hunc oyoivov Græci vocant : quæ quoties posuero, non quæ hic nascunur, sed, quæ inter aromata afferuntur, significabo. Primo tamen, quæ levissima ex his sunt, id est rosæ folia, vel nardi spica , tentanda sunt. Vinum quoque utile est austerum , sed quam tenuissimum. Commodum est etiam , lino

quotidie ventrem metiri, et qua comprehendit alvum } sinapi, donec cutem erodat; ferramentisque candentibus

LSE.

fil, et d'en déterminer la grosseur, afin de juger le lendemain s’il y a augmentation ou diminution du volume, car ce deraier changement attesterait les bons effets de la médication. On doit ésalement tenir compte de la quantité des boissons et de celle des urines, attendu que sile malade rend plus d’eau qu'il n’en a bu, il y a lieu d'espérer que la maladie se terminera favorablement. Asclépiade a laissé l'observation d’un homme qui, étant devenu hydropique à la suite d’une fièvre quarte, fut par lui mis à la diète et aux frictions pendant deux jours; le troisième, il n'avait déjà plus ni fièvre ni épanchement, et l'on put lui donner du vin et des aliments.

Jusqu'ici le traitement est le même pour toute espèce d'hydropisie; mais à un degré plus élevé Je mal exige des moyens spéciaux. Ainsi lorsque la tympanite existe et qu'il en résulte des douleurs fréquentes , il est bon de faire vomir tous les jours ou tous les deux jours après le repas, et de recourir à des fomentations chaudes et sèches. Si la douleur ne cède pas, on applique des ventouses non scarifiées, et si elle résiste encore, on pratique des scarifications, suivies d’une nouvelle application de ventouses. La dernière ressource à tenter quand ce moyen n’a rien produit, consiste à faire prendre en lavement une grande quantité d’eau chaude , que le malade doit rendre immédiatement. De plus, on pratiquera trois ou quatre fois par jour de fortes frictions sur le corps avec de l'huile et des drogues échauffantes ; mais au lieu de frictionner le ventre, on le recouvre de sinapismes qu’on renou= velle souvent, jusqu’à produire l'érosion de la peau. On cautérise plusieurs points de l’abdomen avec le fer rouge, et on laisse suppurer longue-

notam imponere; posteroque die videre, plenius corpus sit, an extenuetur : id enim, quod extenuatur, medicinam sentit. Neque alienum est, meiri et potionem ejus, et urinam : nam si plus humoris excernitur, quam assumitur, ita demum secundæ valetudinis spes est. Asclepiades in e0, qui ex quartana in hydropa deciderat , se abstinentia bidui, et frictione usum; tertio die, jam el febre et aqua liberato, cibum et vinum dedisse, memoriæ prodidit.

Hactenus communiter de omni specie præcipi potest : si vehementius malum est, diducenda ratio eurandi est, Ergo si inflalio , et ex ea dolor creber est, utilis quotidia= nus, aut altero quoque die post cibum, vomitus est; fomentis siccis calidisque utendum est. Si per hæc dolor non finitur, necessariæ sunt sine ferro eucurbitulæ ; si ne per has quidem tormentum tollitur, incidenda eutis est , et tum his utendum. Ultimum auxilium est, si cucurbitulæ nihil profuerunt, per alvum infundere copiosam aquam calidam, eamqne recipere. Quin eliam quotidie ter quaterve opus est uti frictione vehementi, cum oleo etll quibusdam calefacientibus ; sed in hac frictione a ventre abstinendum est. Imponendum vero in eum crebrius

ment les plaies qui en résultent. Le malade se trouvera bien aussi de sucer de la scille cuite; mais longtemps encore après la disparition de la tympanite il devra s'abstenir de tout ce qui peut produire des flatuosités.

Si l’on a affaire à la maladie qu'on nomme leucophlegmatie, il faut exposer au soleil les parties enflées, et ne pas les y laisser trop longtemps, de peur d'allumer la fièvre. Si le soleil est trop fort , on aura soin de couvrir la tête. On doit faire aussi des frictions avec les mains, en les trempant seulement dans de l'eau chargée de sel, de nitre et d’un peu d'huile; mais ce soin ne sera confié qu'aux femmes ou aux enfants, pour que le frottement soit plus doux. Ces frictions, si les forces le permettent, devront durer @une heure entière avant midi, et, passé cetemps, une demi-heure seulement. Les cataplasmes astringents sont avantageux, surtout quand les

au bas de la jambe, du côté interne, une incision d'environ quatre doigts, pour faciliter pendant plusieurs jours l'écoulement du liquide, il faut de # même inciser profondément les parties tuméfiées ; ensuite on agite fortement le malade au moyen de la gestation; et quand les plaies commencent à se cicatriser , on augmente l’exercice et l'alimentation jusqu'a ce que le corps soit revenu à son premier état. Les aliments doivent être fortifiants et glutineux , principalement la viande; le vin, si l’estomac le supporte, sera plus doux qu’à l'ordinaire, mais le malade s’arrangera pour boire alternativement pendant deux ou trois jours du vin et de l’eau. La boisson faite avec la semence de la laitue marine, qui sur les bords de la mer arrive à une grande hauteur , est éga-

pluribus locis venter exulcerandus est, et servanda ulcera dintius. Utiliter etiam scilla cocta delingitur. Sed diu post bas inflationes abstinendum est ab omnibus inflantibus. AL si id vitium est, cui }evxopheyuatio nomen est, eas païtes, quæ tument , subjicere soli oportet, sed non nimium, ne febriculam incendat ; si is vehementior est, caput velandum est; utendumque frictione, madefactis tantum manibus aqua, cui sal et nitrum et olei paulum sit adjecnm ; sic ut aut pueriles aut muliebres manus adhibeantur, quo mollior earum tactus sit ; idque si vires patiuntur, ante meridiem , fota hora, post meridiem , semihora fieri oportet. Utilia etiam sunt cataplasmata, quæ reprimunt ; maximeque si corpora teneriora sunt. Incidendum quoque est super talum, quatuor fere digilis, ex parte interiore, qua per aliquot dies frequens humor feratur; atque ipsos -tumores incidere altis piagis oportet; concutiendumque mulla gestatione corpus est; atque, ubi inductæ vulneribus cicatrices sunt, adjiciendum et exercitationibus et cibis, donec corpus ad pristinum habitum revertatur.

xinum , si per stomachum licet, dulcius, sed ita, ut invicem biduo triduove, modo aqua, modo id bibatur. Prodest etiam lactucæ marinæ, quæ grandis. ‘uxta mare

Cibus valens esse debet, et gluiinosus, maximeque caro; |

lement utile. Si le malade est robuste, on peut lui faire sucer de la scille cuite, comme je l'ai dit plus haut. Les auteurs recommandent pour Ja plupart de frapper les tumeurs aqueuses avec des vessies remplies d'air.

S'il s’agit de la maladie caractérisée par un épanchement d’eau dans le ventre, la promenade est avantageuse , mais elle doit être plus modérée. F faut appliquer des cataplasmes résolutifs sur l'abdomen, et les recouvrir d'une étoffe pliée en trois et assujettie par une bande, qu’on évitera de trop serrer. C’est un conseil donné par Tharrias , et que je vois généralement suivi. S'il y a des signes évidents d’une affection du foie ou de la rate, on fera sur l'organe malade une application de figues grasses »après les avoir écrasées et mêlées au miel. Si, nonobstant ces remèdes, l’épanchement ne se résout pas et que la quantité de liquide augmente, on prend la voie la plus prompte, en lui ouvrant une issue par le ventre même. Je sais qu'Érasistrate a désapprouvé cette opération : dans sa pensée, l'ascite reconnaissant pour cause une maladie du foie, c’est là d’abord ce qu'il faut traiter; et l’évacuation des eaux ne conduit à rien, puisqu'elles se reproduisent plus tard sous l'influence de la lésion qu'il indique. Mais, en premier lieu , le foie n’est pas le seul viscère dont l’altération puisse donner naissance à l'hydropisie, car elie dépend aussi d'une affection de la rate et de l’état cachectique du corps. Ensuite, quelle qu’en soit l’origine, il n’en faut pas moins évacuer le liquide qui se trouve là contre nature, parce qu’il exerce upe action nuisible sur le foie et les autres parties internes. Cela fait, il importe sans doute de soigner la maladie réelle, car on n'obtient pas

nascitur, semen, Cum aqua potui datum. Si valens est, qui id accipit, et scilla cocta, sicut supra dixi, delingitur. Auctoresque multi sunt, inflatis vesicis pulsandos tumores esse.

Si vero id morbi genus est, quo in uterum multa aqua contrabitur, ambulare, sed magis modice oportet; malagma, quod digerat, impositum habere ; idque ipsum superimposito triplici panno, fascia, non nimium tamen vehementer, astringere ; quod a Tharria profectum , servatum esse a pluribus video. Si jecur, aut lienem affectum esse, manifestum est, ficum pinguem contusam , adjecto melle, superponere. Si per talia auxilia venter non siccatur, sed humor nihilomibus abundat, celeriori via succurrere, ut is per ventrem ipsum emittatur. Neque ignoro; Erasistrato displicuisse hanc curandi viam ; morbum enim hunc jocinoris putavit, ita illud esse sanandum, frustraque aquam emitti, quæ, vitialo illo, subinde nascatur, Sed primum, non hujus visceris unius hoc vitium est : nam et liene’affecto, et in totius corporis malo babitu fit. Deinde, ut inde cœperit, tamen aqua nisi emittitur, quæ contra naturam ibi substilit, et jocinori et ceteris interioribus partibus nocet. Convenitque, corpus nihilominus esse curandum ; neque enim sanat emissus humor, sed medi-

la guérison par l'écoulement des eaux, mais on laisse le champ libre aux moyens curatifs que la présence du liquide empêchait d'agir. On doit reconnaître aussi sans contestation que tous les malades affectés d’ascite ne guérissent pas après l'opération : elle ne réussit bien que chez les sujets jeunes et robustes, entièrement exempts de fièvre, ou jouissant au moins de longs intervalles d’apyrexie. Ceux au contraire dont l’estomac est vicié, que l’atrabile a conduits à l’hydropisie, ou qui sont dans un état cachectique, présentent de mauvaises conditions pour le succès de cette méthode. Le jour même où l’on donne issue à la collection aqueuse, il n’y a paslieu de nourrir le malade, à moinsqu'il n’y ait affaissement des forces; lés jours suivants, on peut accorder des aliments et donner le vin plus pur, mais dans une juste mesure. Le malade ensuite arrivera par degrés à supporter l’exercice, les frictions, la chaleur du soleil, les sueurs abondantes, et les promenades sur l’eau : quant aux aliments, il faut les choisir avec discernement, jusqu’à ce que la guérison soit complète. Cette maladie s’accommode rarement des bains ; on doit provoquer plus fréquemment le vomissement à jeun; enfin pendant l'été il est utile pour le malade de se livrer à la natation dans l’eau de mer. Les personnes atteintes d’hydropisie doivent, longtemps encore après leur rétablissement, éloigner d'elles les plaisirs de Vénus.

XXII. Ceux qui sont attaqués par la consomption ont souvent une maladie plus longue et plus dangereuse que la précédente. On en distingue aussi plusieurs espèces. Dans l’une, le corps ne prend pas de nourriture, etles pertes continuelles qui ont lieu naturellement n'étant pas réparées, il

cinæ locum facit, quam intus inclusus impedit. Ac ne illud quidem in controversiam venit, quin non omnes in hoc morbo sic curari possint, sed juvenes robusti, qui vel ex toto carent febre, vel certe satis liberales intermissiones habent. Nam quorum stomachus corruptus est, quive ex atra bile buc deciderunt, quive malum corporis habitum habent, idonei huic curationi non sunt. Cibus autem, quo die primum humor emissus est, supervacuus est, nisi si vires desunt; insequentibus diebus, et is, et vinum meracius quidem, sed non jita multum dari debet, paulatimque evocandus æger est ad exercitationes, fri- -ctiones, solem, sudationes, navigationes , et idoneos ci- ‘bos, donec ex toto convalescat. Balneum rarum res amat ; frequentiorem in jejuno vomitum. Si æstas est, in mari -palare commodum est. Ubi convaluit aliquis, diu tamen alienus ei veneris usus est.

XXII. Diutius sæpe et periculosius tabes eos male ha- “bet, quos invasit. Atque hujus quoque plures species sunt. Una est, qua corpus non alitur, et, naturaliter sem- ‘per aliquibus decedentibus, nullis vero in eorum locum .Subeuntibus, summa macies oritur ; et, nisi occurritur, tollit.’Atpoptay hanc Græci vocant. Ea duabus fere de causis

en résulte un marasme extreme, auquel lemalade succombe s’il n’est point secouru. Cette espèce a reçu des Grecsle nom d’atrophie, et se rattache or-

dinairement à deux causes : en effet, ou le malade ,w dominé par une crainte exagérée, se refuse les“

aliments nécessaires, ou bien, cédant à son in-

tempérance, il en prend immodérément ; de sorte”

que s’il ne mange pas assez, il s’affaiblit, et s’il mangetrop, la corruption s'empare des matériaux pris en excès. La seconde espèce est celle que les Grecs appellent cacheæie ; elle consiste dans une mauvaise habitude du corps , d’après laquelle tous les aliments se corrompent. Cela s’observe presque toujours lorsque l’état général du corps, vicié par une affection de longue durée, ne se prête plus à la nutrition, bien que le mal ait disparu : cette disposition se rencontre encore quand on a subi l’action de médicaments pernicieux, qu'on a longtemps manqué du nécessaire, qu'on a fait usage d'aliments inusités et nuisibles , ou qu’il s’est présenté quelque circonstance semblable. Indépendamment de la consomption, la cachexie s'accompagne de pustules ou d’ulcères qui occupent la peau; ou bien il y a tuméfaction de certaines parties du corps. La troisième espèce , et sans contredit la plus grave, est connue des Grecs sous le nom de phthisie. Elle commence le plus souvent par la tête, d'où elle se porte sur les poumons et y produit des ulcérations : de là naît une fièvre légère, qui cesse et reparaît ensuite. La toux est fréquente, les crachats sont purulents et quelquefois sanglants; et si l’on jette surle feu le produit del’expectoration, il s'en dégage une mauvaise odeur : c’est un caractère auquel on a recours quand on a des doutes sur l'existence de la maladie.

Puisqu’il y a trois sortes de consomptions , il

incidere consuevit : aut enim nimio Himore aliquis minus, aut aviditate nimia plus, quam debet, assumit; ita vel, quod deest, infirmat, vel, quod superat, corrumpitur, Altera species est, quam Græci xxyeëtuv appellant, ubi malus corporis habitus est, ideoque omnia alimenta cor= rumpuntur. Quod fere fit, cum longo morbo vitiata cor pora , etiamsi illo vacant, refectionem tamen non accipiunt; auf cum malis medicamentis corpus affectum est aut cum diu necessaria defuerunt; aut cum inusitatos et inutiles cibos aliquis assumpsit, aliquidve simile incidit: Huic, præter tabem , illud quoque nonnumquam accidere solet, ut per assiduas pustulas aut ulcera saumma cutis exasperetur, vel aliquæ corporis partes intumescant. Ter= tia est longeque periculosissima species, quam Græci io nominarunt. Oritur fere a capite ; indein pulmonem destillat; huic exulceratio accedit ; ex hac febricula levis fit, quæ etiam, cum quievit, tamen repetit; frequens tus: sis est ; pus exscreatur ; interdum cruentum aliquid. Quid-

quid exscreatum est, si in ignem impositum est, mali.

odoris est; itaqne, qui de morbo dubitant, hac nota utuntur.

Cum hæc genera tabis sint, animadvertere primum

TRAITÉ DE LA MÉDECINE, LiV. Il.

faut d’abord examiner de quelle nature est celle dont le malade est attaqué. S'il y a seulement défaut de nutrition, on doit en rechercher la cause; et si l’on voit que le malade n’a pris qu’une nourriture insuffisante, il faut y ajouter, mais graduellement , dans la crainte de provoquer une indigestion, en surchargeant tout à coup l'estomac parune masse d'aliments à laquelle iln’est pas préparé. Sile malade au contraire a pour habitude de manger au delà de ses besoins, il faut le mettre à la diète pendant un jour , le lendemain le nourrir très-légèrement , et augmenter chaque jour son régime, jusqu’à ce qu'on ail atteint la mesure convenable. On doit lui conseiller en outre de se promener dans des lieux où règne une douce température, d'éviter le soleil, et de se livrer à des exercices manuels : s’il est trop faible, il aura recours à la gestation ,aux onctions et aux frictions ; autant que possible il fera les frictions lui-même, et y reviendra souvent dans la journée, avant et après avoir mangé : il mêlera à l'huile quelques drogues qui raniment Ja chaleur, et se frottera jusqu’à ce qu'il entre en transpiration. Il fera bien encore, étant à jeun , de se prendre la peau en plusieurs endroits , et d'exercer des tractions sur elle, pour qu'elle se relâche; dans le même but, on peut appliquer sur la peau des emplâtres résineux, et les arracher ensuite. Le bain est quelquefois utile, mais après un repas léger; et dans le bain même il convient de donner quelque nourriture. Si l’on n’a rien pris avant de

. se frictionner , il faut manger aussitôt après. On

choisira les aliments parmi ceux qui sont de facile digestion et très-nourrissants. Il suit de là que l'usage d'un vin astringent est également nécessaire. Il faut solliciter le cours des urines.

S'il y a cachexie, on commencera par la diète ;

oportet, quid sit, quo laboretur. Deinde, si tantum non ali corpus apparet, causam ejus altendere; et si cibi minus aliquis, quam debet, assumpsit, adjicere, sed paula- {im, ne, si corpus insuetum subita multitudine oneraverit,

‘concoctionem impediat. Si vero plus justo quis assumere

solitus est, abstinere uno die; deinde ab exiguo cibo incipere; quotidie adjicere, donec ad justum modum perveniat. Præter hæc convenit ambulare locis quam minime frigidis , sole vitato; per manus quoque exerceri ; si infirmior est, gestari, ungi, perfricari, si potest, maxime per seipsum, sæpius eodem die, et ante cibum , et post eum, sie ut interdum oleo quædam adjiciantur calefacientia , donec insudet. Prodestque jejuno prehendere per multas partes cutem, et attrahere, ut relaxetur; aut, imposita resina et abducta, subinde idem facere. Utile est etiam interdum balneum, sed post cibum exiguum; atque in ipso solio recte cibi aliquid assumitur ; aut, sisine hoc frietio. fuit, post eam protinus. Cibi vero esse debent ex is, qui facile concoquuntur, qui maxime alunt. Ergo vini quoque, sed austeri, necessarius usus est. Movenda urina.

Alsi malus corporis habitus est, primum abstinendum

ensuite on prescrira des laveraents ; et l’on reprendra peu à peu l'alimentation, en joignant à cela l'exercice, les onctions et les frictions. Les bains pris fréquemment, mais à jeun, sont plus utiles dans les cas de ce genre, et l’on doit y rester jusqu’à ce que la sueur se prononce. Il faut donner au malade une nourriture abondante et variée, en y faisant entrer les aliments de bon suc, ceux qui résistent le mieux à la corruption , et le vin astringent. Quand les remèdes indiqués ne produisent pas d’effet, on doit tirer du sang plusieurs jours de suite, mais en petite quantité, et sans cesser d'employer les autres moyens de traitement.

Si le mal est plus grave et qu'il y ait phthisie véritable , il est nécessaire d’y porter remède dès le principe ; car il n’est pas facile de détruire cette affection lorsqu'elle a jeté de profondes racines. Quand le malade en a la force, il doit entreprendre de longues navigations et changer declimat, pour trouver un air plus épais que celui du pays dont il s'éloigne. On fait très-bien , par exemple, de quitter l'Italie pour Alexandrie. En général, on supporte facilement le voyage au début de cette maladie, d'autant mieux qu’elle se déclare à l’époque de la vie où l’homme a le plus de vigueur, c’est-à-dire de dix-huit à trentecinq ans. Mais lorsque la faiblesse du sujet s’oppose à ces courses lointaines, il devient tres-convenable alors d’essayer de courtes promenades en mer; et si quelque raison les interdit également, on doitse faire porteren litière, ou chercher d’autres moyens de mettre le corps en mouvement. Dans cette position il faut renoncer aux affaires , éloigner desoitoute cause d'inquiétude, et s’abandonner au sommeil ; de plus, se tenir en garde contre les rhumes , qui pourraient dé-

est; deinde alvus ducenda; tum paulatim cibi dandi, adjectis exercitationibus, unctionibus, frictionibus, Utilius his frequens balneum est, sed jejunis, etiam usque sudorem. Cibis vero opus est copiosis, variis, boni succi, quique eliam minus facile corrumpantur, vino austero. Si nihil reliqua proficiunt, sanguis mittendus est, sed paulatim, quotidieque pluribus diebus, cum eo, ut cetera quoque eodem modo serventur.

Quod si mali plus est, et vera phthisis est, inter inilia protinus occurrere necessarium est; neque enim facile is morbus, cum inveteraverit, evineitur. Opus est, si vires patiuntur, longa navigatione, cœli mutatione, sic ut densius quam id est, ex quo discedit æger, pelatur : ideoque aptissime Alexandriam ex Italia itur. Fereque id posse inter principia corpus pati debet, cum hic morbus ætate firmissima maxime oriatur, id est ab anno duodevicesimo ad annum quintum et tricesimum. Si id imbecillitas non sinit, nave tamen non longe gestari commodissimum est; si navigationem aliqua res prohibet, lectica, vel alio modo corpus movendum est, Tum a negoliis abstinendum est omnibusque rebus, quæ sollicitare animum possunt ;somno indulgendum ; cavendæ destillationes. ne, si quid cura

truire l'amélioration due aux soins qu’on a pris ; éviter par le même motif les indigestions, l’ardeur du soleil et l’action du froid; avoir la bouche couverte et le cou bien enveloppé, guérir la toux par les moyens qu’elle comporte, et combattre la fièvre chaque fois qu’elle reparaît, tantôt par la diète et tantôt par la nourriture donnée à propos; pendant ce temps, on doit boire de l'eau. Le lait, qu'on peut considérer comme un poison dans les douleurs de tête, dans les fièvres aiguës, dans la soif ardente qu'elles excitent, et qui n’est pas moins nuisible, soit qu'il y ait gonflement des hypocondres, urines bilieuses ou {lux de sang, le lait, disons-nous, convient dans la phthisie, de même que dans toutes les fièvres longues et difficiles à guérir. Si le malade n’a pas encore eu de fièvre, ou si elle a disparu, il faut recourir à desexercices modérés, à lapromenade surtout, et aux frictions légères. Le bain est contraire. Il faut donner d’abord des aliments âcres, comme l'ail et le poireau assaisonnés avec du vinaigre, ou comme la chicorée , le basilic et la Jaitue, qu'on prépare de même; on passe ensuite à une nourriture adoucissante qui se compose de crèmes faites avec l'orge mondé, la fromentée oul'amidon , auxquels on ajoute du lait. Cessubstances peuvent être remplacées par le riz ou toute autre céréale. On fait usage alternativement de ces deux sortesd’aiiments,et l'on en prend quelques-uns dans la classe moyenne. La première peut fournir entre autres des cervelles, de petits poissons , et d’autres substances alimentaires semblables. On emploie comme médicament la farine mêlée à la graisse de brebis ou dechèvre, et soumise à la cuisson. Le vin dont on fait usage doit être astringent et léger. Jusque-là, la maladie peut être combattue sans de trop grands

levarit, exasperent ; et obid vitanda cruditas, simulque et sol, et frigus; os obtegendum, fauces velandæ, tussicula suis remediis finienda ; et, quamdiu quidem febricula incursat, buic interdum abstinentia, interdum etiam tempestivis cibis medendum; eoque tempore bibenda aqua. Lac quoque, quod in capitis doloribus, et in aculis febribus, et per eas facta nimia siti, ac, sive præcordia tument, sive biliosa urina est, sive sanguis fluxit, pro veneno est; in phthisi tamen, sicut in ompibus longis difficilibusque febriculis, recte dari potest. Quod si febris aut nondum incursat, aut jam remisit, decurrendum est ad modicas exercitationes, maximeque ambulationes ; item lenes frictiones. Balneum alienum est. Cibus esse debet primo acer, ut allium, porrum, idque ipsum ex aceto, velex eodem intubus, ocimum, lactuca ; deinde lenis, utsorbitio ex ptisana, vel ex alica, vel ex amylo, lacte adjecto. Idem oryza quoque, et, si nihil aliud est, far præstat. Tum invicem modo his cihis, modo illis utendum est; adjiciendaque quædam ex media materia, præcipueque vel ex prima cerebellum, vel pisciculus, et his similia. Farina etiam cum sevo ovillo caprinove mista, deinde incocta, pro medicamento est. Vinum assumi debet leve, auste-

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efforts; mais si les symptômes s’aggravent, que la fièvre et la toux persévèrent sans relâche et que le dépérissement sur vienne , il est nécessaire d’en appeler à des moyens plus puissants. A l’aide du fer rouge, on fait alors une cautérisation sous le menton, une autre à la gorge, deux vers les mamelles, deux encore au-dessous des os que les Grecs nomment omoplates ; et l'on entretient les plaies qui en résultent, jusqu’à ce que la toux ait cessé. Cette toux réclame aussi un traitement spécial. Alors il faut trois ou quatre fois par jour pratiquer de fortes frictions sur les extrémités, mais les faire d’une main légère sur la poitrine, et une heure après le repas frotter de nouveau les bras et les jambes ; au bout de dix jours on fait prendre au malade un bain d’eau chaude et d'huile; pendant ce temps il ne doit boire que de l’eau, qu'on remplace enfin par du vin, en le donnant froid s’il n’y a plus de toux, et tiède s’il en existe encore. Il convient aussi d'accorder chaque jour des aliments pendant la rémission de la fièvre, et de s’aider des frictions et de la gestation; tous les quatre ou cinq jours on revient aux aliments âcres, et de temps en temps on fait usage de renouée ou de plantain, trempés dans du vinaigre. Au nombre des remèdes on trouve encore le suc de plantain, qu'on donne seul, ou celui de marrube cuit avec du miel ; on prescrit un verre du premier, et du second, une cuillerée, qu’on avale peu à peu : on mêle aussi et l’on fait cuire ensemble une demi-partie de résine de térébenthine, et une partie de beurre et de miel. Mais en tête des moyens curatifs il faut placer le régime, l’exercice en voiture, la navigation, et les crèmes farineuses. Il faut surtout éviter la trop grande liberté du ventre. C'est un signe fâcheux dans

rum. Hactenus non magna mole pugnatur; si vehementior noxa est, ac neque fébricula, neque tussis quiescit, tenuarique corpus apparet, validioribus auxiliis opus est. Exulcerandum est ferro candeati, uno loco sub mento, altero in gutture, duobus ad mammam utramque, ilem sub imis ossibus scapularum, quas @uomhätac Græci vocant , sie ne sanescere ulcera sinamus , nisi tussi finila; cui per se quoque medendum esse , manifestum est. Tune ter quaterve die vehementer extremæ partes perfricandæ, thorax levi manu pertractandus, post cibum intermittenda hora, et perfricanda crura, brachiaque ; interpositis denis diebus, demittendus est æger in solium, in quo sit aqua calida et oleum : ceteris diebus bibenda aqua; {um vinum, si tussisnon est, potui frisidum dandum, si est, egelidum. Utile estetiam in remissionibus quotidie cibos dari; frictiones gestationesque similiter adhiberi ; eadem acria quarto aut quinto die sumere; interdum berbam sanguinalem ex aceto, vel plantaginem esse. Medicamentum est etiam vel plantaginis succus per se, vel marrubii eum melle incoctus , ita ut illius cyathus sorbeatur, hujus cochleare plenum paulatim delingatur; velinter se mista, et incocta resinæ terebinthinæ pars dimidia, butyri et mellis pars ai-

cette maladie que de vomir souvent, et il devient } même d'ordonner l’un et l’autre , si les forces le

beaucoup plus grave si l'on vomit du sang.

Quand le malade commence à se trouver un peu mieux, il doit insister davantage sur l'exercice et les frictions , et-augmenter sa nourriture; ensuite se frotter lui-même en retenant son haleine, et renoncer pendant longtemps à l'usage du bain , du vin, et aux plaisirs de Vénus.

XXIIT. Une maladie des plus connues est gelle qu'on appelle le maldes comices, ou le haut mal. Celui qui en est atteint tombe subitement, rend de l'écume par la bouche, puis, au bout d’un certain temps, revient à lui et se relève de lui-même. Les hommes sont plus sujets que les femmes à cette affection. Elle est en général de longue durée, et sans abréger la vie se prolonge jusqu’à la mort; néanmoins, lorsqu'elle est récente elle peut tuer le malade. Souvent aussi quand les remèdes ont échoué, les garcons doivent leur guérison aux premières jouissances de l'amour, et les filles à l'apparition des menstrues. La chute du malade peut avoir lieu avec ou sans convulsions. On voit des gens employer, pour faire revenir les épileptiques, les moyens qu'ils croient propres à réveiller les léthargiques, et ce sont là de vaines tentatives. Dans la léthargie d’abord, ces moyens ne sont nullement curatifs; mais on peut craindre que le malade ne périsse d’inanition s’ilne sort pas de son assoupissement, tandis qu'on est certain que l’épileptique reprendra ses sens. Lorsqu'une attaque survient, s’il n’y a pas de mouvements convulsifs , il faut toujours tirer du sang ; danslecas contraireons’enabstiendra, à moins qu'on n'y soit conduit par d’autres indications. Mais il est nécessaire de faire prendre un lavement, de purger avec l’ellébore noir, ou

tera. Præcipua tamen ex his omnibus sunt victus, vehiculum, et navis, et sorbitio. Alvus cita utique vilanda est. Vomitus in hoc morbo frequens, perniciosus est, maximeque sanguinis. Qui meliusculus esse cœæpit, adjicere debet exercitationes, frictiones, cibos; deinde ipse se, suppresso spiritu, perfricare; diu abstinere à vino, balneo, venere. XXIIL. Inter notissimos morbos est eliam is, qui comitialis, vel major nominatur. Homo subito concidit; ex ore spumæ moyentur ; deinde interposito Lempore ad se redit , et per se ipse consurgit. Id genus sæpius viros, quam fœminas occupat. Ac solet quidem etiam longum . esse, usque ad mortis diem, et vitæ non periculosum ; interdum famen cum recens est, hominem consu mit; et sæpe eum , si remedia non suslulerunt , in pueris veneris, in puellis menstruorum inilium tollit. Modo cum distentione nervorum prolabitur aliquis, modo sine illa. Quidam hos quoque ïisdem, quibus lefhargicos, excitare conantur ; quod admodum supervacuum est, et quia ne lethargicus quidem his sanatur, et quia, cum possit ille humquam expergisci atque ita fame interire, hic ad se utique revertitur. Ubi concidit aliquis, si nulla nervorum distentio accessit , utique sanguis mitti debet ; si accessit, non utique mittendus est, nisi alia quoque, hor-

permettent : on doit ensuite raser la tête pour y faire des fomentations d’huile et de vinaigre, et n'accorder d'aliments que le troisième jour, et quand l'heure de l'attaque est passée. On ne doit composer l’alimentation ni de crèmes farineuses, ni des autres aliments doux et légers, non plus que de la chair des animaux , et surtout de celle de pore, mais tirer les substances nutritives de la classe moyenne; car d’une part il faut soutenir les forces, et de l’autre se tenir en garde contre les indigestions. Les épileptiques doivent fuir le soleil, les bains, le feu, et tout ce qui peut donner de la chaleur ; ils fuiront également le froid , le vin, les plaisirs de l'amour, éviteront l'aspect des précipices et de tous les abjets effrayants, re chercheront pas à vomir, et s’interdiront la fatigue , les soucis, et le soin des affaires. Après avoir laissé manger le malade le troisième jour, il faut revenir à la diète le quatrième, et ne permettre ensuite d'alimentation que de deux jours l’un, jusqu’au quatorzième jour inclusivement. Passé ce terme, le mal a perdu son acuité , et doit être traité, s’il persiste, comme une affection chronique. Si le médecin n’a pas été appelé le jour où lemalade est tombé pour la premiere fois, et si déjà les chutes sont devenues habituelles, il commencera par prescrire le régime indiqué plus haut, attendra le jour de l'attaque, et aura recours alors, soit à la saignée, soit aux lavements ou à l’ellébore noir, selon le précepte qui vient d’être établi. Les jours suivants on nourrira le malade avec les aliments que j'ai proposés, et l’on aura soin d'éviter tout ce que j'ai signalé comme contraire. Si la maladie ne cède pas à ces moyens, il faut

tantur. Necessarium autemest, ducere alvum, vel nigro veratro purgare, vel utrumque facere, si vires patiuntur ; tunc caput tondere, oleoque et aceto perungere ; cibum post diem tertium, simul transiit hora, qua concidit, dare. Neque sorbitiones autem his, aliique molles et faciles cibi, neque caro, minimeque suilla convenit; sed mediæ materiæ ; nam et viribus opus est, et cruditates cavendæ sunt. Cum quibus fugere oportet solem, balneum, ignem, omniaque calefacientia ; item frigus , vinum, venerem , loci præcipitis conspectum omniumque terrentium , vomitum, lassitudinem, sollicitudines, negotia omnia. Ubi tertio die cibus datus est, intermittere quartum , et invicem allerum quemque, eadem hora cibi servata, donec quatüordecim dies transeant. Quos ubi morbus excessit, aculi vim deposuit ; ac, si manet, curandus jam ut longus est. Quod si, non quo die primum id incidit, medicus accessit, sed is, qui cadere consuevit , ei tradilus est, protinus eo genere victus habilo, qui supra comprehensus est, exspectandus est dies, quo prolabatur ; utendumque tum vel sanguinis missione, vel ductione alvi, vel nigro veratro , sicut præceptum est; insequentibus deinde diebus, per eos cibos, quos proposui, vitalis omnibus, qu cavenda dixi, nufriendus. Si per

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en venir à l’ellébore blanc, le prescrire trois ou quatre fois, à peu de jours de distance, mais de telle facon que le malade n’en prenne jamais deux fois de suite, à moins d’une attaque inaccoutumée. Pendant les jours intermédiaires on entretiendra les forces du malade, et l’on ajoutera quelques moyens à ceux que j'ai fait connaître. Dès le matin a son réveil , il faut avee de l'huile vieille lui frotter bien doucement le corps, à l'exception de la tête et du ventre ; l’obliger ensuite à se promener aussi loin que possible, et en ligne droite; au retour de la promenade, le tenir dans un endroit où la chaleur soit tiède, et s’il n’est pas trop faible le frictionner fortement et longtemps, c'est-à-dire deux cents fois au moins. Cela fait, il faut lui verser sur Ja tête une grande quantité d’eau froide, lui faire prendre un peu de nourriture etle laisser reposer; avant la nuit, nouvelle promenade suivie des mêmes frictions, à la réserve toujours de la têteet du ventre; puis vient le repas du soir ; enfin, au bout de trois ou quatre jours , on lui donnera pendant un jour ou deux des aliments âcres. Si par ce traitement on n'obtient pas encore la guérison du malade, on doit lui raser la tête, y faire des onctions avec de l'huile vieille, du vinaigre et du nitre, et l'arroser d’eau salée ; ensuite lui faire boire à jeun du castoréum dissous dans de l'eau, et pour boisson ordinaire n’accorder que de l’eau qu'on ait fait bouillir. Quelques épileptiques se sont délivrés de cette affreuse maladie en buvant le sang d’un gladiateur récemment égorgé ; déplorable secours que pouvait seul faire supporter un mal plus déplorable encore (7).

Quant au médecin, il devra, comme dernieres tentatives, pratiquer une légère saignée aux deux pieds, faire des incisions à l’occiput et les re-

hæc morbus finitus non fuerit, confugiendum erit ad album veratrum, ac ter quoque aut quater eo utendum, non ita multis interpositis diebus; sic tamen, ne iterum amquam sumat, pisi conciderit. Mediis antem diebus vires ejus erunt nutriendæ ; quibusdam , præter ea, quæ supra scripta sunt , adjectis. Ubi mane experrectus est, corpus ejus leniter ex oleo velere, cum capite excepto ventre, permulceatur; tum ambulatione quam maxime longa et recta utatur; post ambulationem loco tepido vehementer el diu, ac non minus ducenties, nisi infirmus erit, perfricelur ; deinde per caput multa aqua frigida perfundatur ; paulum «ibi assumat; conquiescat : rursus ante noctem ambulatione utatur; iterum vehementer perfricetur, sic ut neque venter, neque caput contingatur : post hæc cœnet ; interpositisque tribus aut quatuor diebus, uno aut altero acria assumat, Si ne per hæc quidem fuerit liberatus, caput radat ; ungatur oleo vetere, adjeeto acelo et nitro; perfundatur aqua salsa ; bibat jejunus ex aqua castoreum; nulla aqua, nisi decocta, potionis causa utatur. Quidam jugulati gladiatoris calido sanguine epôto tali morbo se liberarunt : apud quos miserum auxilium tolerabile miserius malum fecit, Quod ad medicum vero pertinet, ultimum est, juxta talum ex utro-

couvrir de ventouses; au-dessous de cetterégion appliquer le fer rouge au point d'articulation de la première vertèbre avec la tête, et, au moyen de deux cautérisations, donner issue aux humeurs nuisibles. Quand tous ces remèdes n’ont pu faire justice de la maladie, il y a tout lieu de penser qu'elle sera désormais incurable; et, dans le but de soulager le malade, on lui conseillera seulement de faire beaucoup d'exercice, de revenir souvent aux frictions, de se borner à l’usage des aliments que j'ai prescrits plus haut, et d'éviter surtout les choses dont j'ai signalé le danger.

XXIV. La maladie qu'on nomme quelquefois jaunisse, et d’autres fois royale, est également connue. Hippoc, ‘te ne la regarde point comme dangereuse si elle survient le septième jour de la fièvre, pourvu toutefois que les hypocondres restent souples. Diocles va jusqu’à dire qu’elle est salutaire lorsqu'elle se déclare après la fièvre; mais que le malade succombe , si la fièvre paraît après la jaunisse. Cette maladie se reconnaît à la couleur de la peau, à celle des yeux surtout, dont le blanc devient jaune, Elle s'accompagne ordinairement de soif, de douleur de tête, de hoquets fréquents, de dureté dans l’hypocondre droit, et, dès que le corps est agité fortement, de difficulté derespireret derésolution des membres: enfin, quand la maladie s’est prolongée quelque temps, tout le corps devient d’un jaune pâle. Le premier jour le malade doit observer la diète, et le lendemain prendre un lavement. S'il y a fièvre, il faut la combattre par un régime convenable ; s'il n’y a pas d'état fébrile, administrer la scammonée en lavage, où du suc de poirée blanche étendu d’eau , ou des amandes amères, de l'ab.

que crure paulum sanguinis mittere ; occipilinm incidere, et cucurbitulas admovere; ferro candenti in occipitio quoque etinfra, qua summa vertebra cum capite commitülur, adurere duobus locis, ut per ea perniciosus humor evadat. Quibus si finitum malum non fuerit, prope est, ut perpetuum sit. Ad levandum id, tantummodo utendum erit exercitatione multa, frictione, cibisque ïis, qui supra comprehensi sunt, præcipueque vitanda omnia, quæ ne fierent , excepimus.

XXIV. Æque nous est morbus, quem interdum arquatum , interdum regium nominant. Quem Hippocrates ait, si post septimum diem febricitante ægro supervenit, tutum esse, mollibus tantummodo præcordiis substantibus; Diocles, ex toto, si post febrem orilur, etiam prodesse, si post hunce febris, occidere. Color autem eum morbum detegit, maxime oculorum, in quibus, quod album esse debet, fit luteum. Soletque accedere et sitis, et dolor capitis, et frequens singultus, et præcordiorum dextra parte durities, et, ubi corporis vehemens motus est, spiritus difficultas, membrorumque resolutio : atque, ubi diutius manet morbus, totum corpus cum pallore quodam inalbescit. Primo die abstinere ægrum oportet ; secundo ducere alvum; tum, si febris est, eam victus genere discutere

sinthe , etune très-petite quantité d’anis en infusion miellée. Asclépiade prescrivait aussi l’eau salée, qu’il donnait deux jours de suite comme purgatif, et rejetait les diurétiques. Quelques médecins au contraire les préfèrent aux remèdes précédents, et avec le secours d'aliments atténuants prétendent arriver au même but. Pour moi, je donne la préférence aux médicaments énergiques, quand le malade a de la vigueur; mais s’il a peu de force, il faut, je crois, en employer de moins actifs. S'il a été purgé, il ne doit prendre les trois premiers jours qu'un peu de nourriture tirée de la classe moyenne, et boire du vin grec salé, pour entretenir la liberté du ventre. Les trois autres jours, l'alimentation sera plus substantielle, et l’on pourra manger un peu de viande, tout en s’én tenant à l'usage de l’eau. On peut reprendre ensuite son régime habituel et se rassasier davantage ; au lieu de vin grec salé , on boira du vin astringentetsans mélange, et l’on variera sa manière de vivre en revenant quelquefois aux aliments âcres, et d’autres fois au vin salé. Pendant tout ce temps il faut ordonner l’exercice et les frictions, le bain en hiver, et la natation dans l’eau froide en été. Le malade enfin, couché dans une chambre bien ornée, sera distrait par une compagnie livrée aux jeux, à ja joie, aux plaisirs qui disposent l'esprit aux idées riantes ; et c'est pour cela sans doute que cette affection a recu le nom de maladie royale. On se trouve bien encore d'appliquer sur les hypocondres des cataplasmes résolutifs ou des figues sèches, s’il existe un état morbide du foie ou de la rate.

XX V. Une maladie presque ignorée en Italie,

sinonest, scammoniam potui dare, vel cum aqua betam albam contritam, vel cum aqua mulsa nuces amaras , absinthium, anisum, sic ut pars hujus minima sit. Asclepiades aquam quoque salsam, el quidem per biduum, purgalionis causa bibere cogebal, iis, quæ urinam movent, rejectis. Quidam , superioribus omissis, per hæc, et per eos cibos, qui extenuant, idem se consequi dicunt. Ego utique, si salis viriumest, validiora; si parum, imbecilliora auxilia præfero. Si purgatio fuit, post eam triduo primo modice cibum oportet assumere ex media materia, et vinum bibere Græcum salsum, ut resolutio ventris maneat; tum altero triduo validiores cibos, et carnis quoque aliquid esse, intraque aquam manere; deinde ad superius genus victus reverti, cum eo; ut magis satietur; omisso Græco vino bibere integrum, austerum; atque ila per hæc variare, ut interdum acres quoque cibos interponat, interdum ad salsum vinum redeat. Per omne vero tempus ulendum est exercitatione, frictione ; si biems est, balneo, si æslas, frigidis nafationibus ; lectoetiam et conclavi cultiore, lusu , joco, ludis, lascivia, per quæ meus exhilaretur : ob quæ regius morbus dictus videtur. Malagma quoque, quod digerat, super præcordia datum prodest, vel arida ibi ficus imposita, si jecur aut lienis affectus est.

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