XXV. Ignotus autem pene in Italia, frequentissimus
mais très-répandue dans certains pays, est celle que les Grecs appellent éléphantiasis : elle est au nombre des affections chroniques. Ce mal affecte la constitution tout entière, au point que les os même sont altérés. La surface du corps est parsemée de taches et de tumeurs nombreuses, dont la couleur rouge prend par degrés une teinte noirâtre. La peau devient inégale, épaisse, mince, dure, molle, et comme écailleuse ; il y a amaigrissement du corps et gonflement du visage, des jambes et des pieds. Quand la maladie a acquis une certaine durée, les doigts des pieds et des mains disparaissent en quelque sorte sous ce gonflement; puis une petite fièvre se déclare, qui suffit pour emporter le malade, accablé déjà par tant de maux. En consequence il faut dès le commencement tirer du sang deux jours desuite, ou purger avec l’ellébore noir; faire observer ensuite une diète aussi rigoureuse que possible ; réparer peu à peu les forces et prescrire des lavements. Si ces moyens aménent du soulagement , on conseillera l’exercice, et principalement la course. C'est par le travail du corps qu’on doit d'abord appeler la sueur, pour l'exciter après à l'aide des étuves sèches. Les frictions sont de même indiquées ; mais l'emploi de ces différents remèdes demande beaucoup de réserve, afin que les forces du malade n’en reçoivent aucune atteinte. Les bains conviennent rarement ; les aliments ne doivent être ni gras, ni glutineux , ni venteux ;etle vin peutêtre prescritavecavantage, excepté dans les premiers jours. Le plantain pilé, et appliqué sur le corps, paraît constituer dans cette maladie un remède très-efficace.