CHAPITRE VI (OU vit
De plusieurs manières de conduire les eaux; de la manière de creuser les puits et de faire les citernes.
On peut conduire les eaux de trois manières différentes : où par un canal en maconnerie, ou par des tuyaux de plomb, ou par des tuyaux de poterie. Voici les règles qu’il faut observer : Si lon fait des canaux en maçonnerie, ils doivent être fort solidement construits et avoir une pente suffisante, c’est-à-dire, pour le moins un demi-
ter aqua canalis summa labra tanget, scietur esse libratum. Ita eo chorobate cum perlibratum ita fuerit, scietur , quantum habuerit fastigii. Fortasse qui Archimedis libros legit, dicet non posse fieri veram ex aqua librationem; quod ei placet, aquam non esse libratam, sed sphæroides habere schema , et ibi babere centrum quo loci habet orbis terrarum. Hoc autem, sive plana est aqua seu sphæroïides, necesse est, extrema capita [ canalis ] regulæ [ dextra ac sihistra | cum librata regula erit, pariter sustinere aquam : sin autem proclinatnm erit ex una parte, quæ erecta altiorem habuerit regulæ canalem, in summis labris aquam non esse. Necesse enim est, quocunque aqua sit infusa, in medio inflationem curvuturamque habere, sed capita dextra ac sinistra inter se librata esse. Exemplar autem vhorobatis erit in extremo volumine descriptum. Et si erit fastigium magnum, facilior erit decursus aquæ : sin autem intervalla erunt lacunosa , substructionibus erit succurrendum.
CAPUT VI (vulgo vit).
De ductionibus aquarum : de puteorum fossionibus : de cisternis : [et de signinis operibus. ]
Ductus autem aquæ fiunt generibus tribus : rivis per
VITRUVE
pied sur cent pieds de long. Il est aussi très-nécessaire que ces grands aquedues soient couverts par des voûtes, afin que le soleil ne donne point sur l’eau ; et lorsque l’eau sera arrivée près des murs de la ville, il faut construire un regard, où sera enfermé un bassin , près duquel il y aura trois réservoirs, alimentés par trois tuyaux qui distribueront l’eau également. Ces réservoirs seront disposés de telle manière que, lorsqu'il y aura beaucoup d’eau, le réservoir du milieu recevra celle qui sera de reste dans les deux autres, et l’envetra par des tuyaux à tous les lavoirs et à toutes les fontaines jaillissantes. L'eau de l'un des deux autres réservoirs ira aux bains publies, dont la ville tirera un revenu tous les ans. L'eau du troisième réservoir sera conduite dans les maisons des particuliers, et ainsi le public aura ce qui lui est nécessaire pour cette distribution, qui empêchera que l’eau destinée aux néces+ sités publiques ne soit détournée de son cours, puisqu'elle viendra du regard par des conduits particuliers. Il y a encore une autre raison de cette distribution : c’est que les particuliers à qui l’on aura accordé de l’eau pour leurs maisons, paieront aux receveurs des impôts de quoi aider àentretenir les aquedues publics. S’il se rencontre des montagnes entre la source de la fontaine et la ville, il faudra les percer pour y faire passer l’aquedue, en conservant toujours la pente nécessaire, comme il a été dit. Si l’on trouve du tuf ou de la pierre , on y taillera l’aqueduc ; si c’est dela terre ou dusable, on bâtira dans ce qui aura été creusé deux murailles qui porteront une voüte pour continuer la conduite, dans laquelle il faudra faire des puits que l’on espacera de quarante toises. Si l’on conduit l’eau dans des tuyaux de plomb , on
canales structiles, aut fistulis plumbeïs , seu tubulis fictis libus : quorum hæ sunt rationes. Si canalibus , ut structura fiat quam solidissima, solumque rivi libramenta habeat fastigata ne minus in centenos pedes semipede : eæque structuræ confornicentur, ut minime sol aquam tangat : cumque venerit ad mœnia, efficiatur castellum , et castello conjunetum ad recipiendum aquam triplex immissarjum, collocenturque in castello tres fistulæ æqualiter divisæ inter receptacula conjuncta, uti cum abundaverit ab extre= mis, in medium receptaculum (aqua) redundet. Ita in medio ponentur fistulæ in omnes lacus et salientes : ex altero in balneas vectigal quotannis populo præstent : ex h [quibus] tertio in domos privatas. Hæc autem quare divisa constituerim, hæ sunt causæ : ul ne desit in publicoy non enim poterunt avertere, cum habuerint a capitibus proprias ductiones; et qui privatim ducent in domoss vectigalibus tueantur per publicanos aquarum ductus. Sin autem medii montes erunt inter mœænia et caput fontis, si erit faciendum, uti specus fodiantur sub terra, librentur= que ad fastigium, quod supra scriplum est; et si tophus | erit aut saxum, in suo sibi canalis excidatur : sin autem # terrepum aut arenosum erit solum, parietes cum camera h in specu struantur, et ita perducatur : puteique ibi sint | facti, ut inter duos sit actus. Sin autem fistulis plambem |
fera sur la source un regard ; et depuis ce regard jusqu’à l’autre, qui est à l’entrée de la ville, on posera des tuyaux dont les lames auront une épaisseur proportionnée à la quantité d’eau. Les tuyaux que l'on fondra pour cet usage auront la longueur de dix pieds au moins , et chaque tuyau pèsera douze cents livres, s’il est de cent doigts; s’il est de quatre-vingts doigts , il pèsera neuf cent soixante livres ; s’il est de cinquante, il pèsera six cents livres ; s’il est de quarante, il pèsera quatre cent quatre-vingts livres ; s’il est de trente, il pèsera trois cent soixante livres; s’il est de vingt, il pèsera deux cent quarante livres; s’il est de quinze, il pèsera cent quatre-vingts livres ; s’il est de dix, il pèsera cent vingt livres ; s’il est de huit, il pèsera quatre-vingt-seize livres ; s’il est de cinq, il pèsera quarante livres. Or, ces tuyaux sont appelés tuyaux de cent ou de cinquante doigts, à cause de la largeur qu'ont les James dont ils sont faits avant d’être courbés. C’est ainsi que les tuyaux de plomb doivent être faits pour la conduite des eaux. S'il arrive que, depuis Ja source de la fontaine jusqu’à la ville, il y ait une pente convenable, et que les montagnes qui se rencontrent en chemin ne j’interrompent point par leur hauteur, il faudra remplir de maconnerie lesintervalles qui sont entre les montagnes, en observant pour la pente les règles prescrites pour les aqueducs; mais si l’on rencontre de hautes montagnes, il faudra que la conduite des tuyaux se fasse en tournant autour de la montagne , pourvu que le détour ne soit pas grand. Si l'on trouve de longues vallées, on y conduira les tuyaux, en descendant selon la pente du coteau ; et à quelque distance du fond de la vallée on les appuiera à niveau sur un ouvrage en maconnerie peu élevé, et autant qu’il sera néces-
ducetur, primum castellum ad caput struatur, deinde ad copiam aquæ lumen fistularum constituatur , eæque fistulæ ab eo castello collocentur ad castellum quod erit in mænibus. Fistulæ ne minus longæ pedum denum fundantur : quæ si centenariæ erunt, pondus habeant in singulas pondo MCC, si octogenariæ, pondo DCCCCEX, si quinquagenariæ, pondo DC, quadragenariæ , pondo CCCCLXXX, tricenariæ, pondo CCCEX , vicenariæ ,pondo CCXL, quindenum, pondo CLXXX, denum, pondo CXX, octonum, pondo XCVI, quinariæ , pondo LX. Ex latitudine autem lamnarum , quot digitos habuerint, antequam in rotundationem flectantur, magnitudinum ita nomina concipiunt fistulæ : namque quæ lampna fuerit digitorum quinquaginta, cum fistula perficietur ex ea lamna, vocabitur quinquagenaria, similiterque reliquæ. Ea autem ductio, quæ per fistulas plumbeas est futura , hanc habebit expeditionem : quod si caput habeat libramenta ad mœnia, montesque medii non fuerint altiores ut possint interpellare, sic interxella necesse est substruere ad libramenta, quemadmodum in rivis et canalibus : sin autem . . . [e£] non longa erit cireumitio, cireumductionibus : sin autem valles erunt perpetuæ, in declinato loco cursus dirigentur; cum venentadimum, non alte substruitur, utsit libramentum quam
saire pour que l’eau puisse remonter de l'autre côté, après avoir traversé toute la vallée : cet ouvrage forme un ventre, appelé koilia par les Grecs. Par ce moyen, lorsque les tuyaux seront parvenus au côté opposé, ils contraindront l’eau qu'ils resserrent à remonter assez doucement, à cause de la longueur de ce ventre ; car s'ils n’avaient pas été conduits par ce long espace , qui est à niveau le long de la vallée, ils feraient, en remontant brusquement, un coude qui forcerait l'eau à faire un effort capable de rompre toutes les jointures des tuyaux. Dans cet espace qui s'appelle ventre il faudra faire des ventouses, par lesquelles les vents qui seront enfermés puissent sortir. C’est ainsi qu’en resserrant l’eau dans des tuyaux de plomb, on pourra fort commodément la conduire, soit en droite ligne, soit par des détours, soit en montant ou en descendant. Il sera encore fort à propos, quand on aura une pente raisonnable depuis la source jusqu'aux murailles de la ville, de bâtir des regards, distants l’un de l’autre de la longueur de quatre mille pieds, afin que, s’il y a quelque chose à refaire aux tuyaux, on ne soit pas obligé de fouiller tout lelong de la conduite, mais que l’ontrouve plus aisément l’endroit où est le mal. Ces regards ne doivent point être faits sur les pentes, ni dans les enfoncements que nous avons appelés ventres, ni aux endroits où l’eau est forcée de remonter, ni dans les vallées, mais seulement dans les lieux où lestuyaux auront unelongue et égale suite. Si l'on veut conduire l’eau avec moins de dépense, on emploïiera des tuyaux de poterie, qui doivent être épais pour le moins de deux doigts et plus étroits par un bout, afin qu'ils puissent s’emboîter lun dans l’autre. Leurs extrémités seront jointes avec de la chaux détrempée dans de l'huile. Aux
longissimum : hoc autem erit venter, quod Græci appellant xotiay : deinde cum venerit adversus clivum, ex
. longo spatio ventris leniter Lumescit et exprimitur in alti-
tudinem summi clivi. Quod si non venter in vallibus factus fuerit, nec substructum ad libram factum, sed geniculus erit, erumpet et dissolvet fistularum commissuras. Etiam in ventre colluviaria sunt facienda, per quæ vis spiritus relaxetur. Ita per fistulas plumbeas aquam qui ducent, his rationibus bellissime poterunt efficere, quod et decursus et circumductiones et ventres et expressus possunt fieri hac ratione, cum habebunt a capitibus ad mœænia fastigii libramenta. Item inter actus ducentos non est inutile castella collocari, ut si quando vitium aliquis locus fecerit, non totum omneque opus contundatur, et in quibus locis sit factum , facilius inveniatur. Sed ea cas- Lella neque in decursu neque in ventris planilie neque in expressionibus neque omnino in vallibus, sed in perpetua fiant æqualitate. Sin autem minore sumptu voluerimus aquam ducere, sic erit faciendum. Tubuli crasso corio ne mious digitorum duorum fiant; sed uti hi tubuli ex una parte sint lingulati, ut alius in alium inire convenireque possint : coagmenta autem eorum calce viva ex oleo subacta sunt illinenda, et in declinationibus libramenti ven-
endroits ou ils descendent pour faire le ventre, on mettra à l'endroit où se fait le coude un morceau de rocher rouge, qui sera percé, afin de recevoir le dernier des tuyaux qui descendent, et le premier de ceux qui doivent aller à niveau pour faire le venire; et tout de même le dernier de ces tuyaux qui font le ventre entrera dans une autre pierre, dans laquelle le premier des tuyaux qui remontent sera aussi emboîté de la même manière. Quand on aura ainsi réglé la conduite et la pente de l’eau, tant dans la plaine que dans les endroits où l’on estobligé de la faire descendre et de la faire remonter, on n’aura pas à craindre que la violence de l'eau ne fasse éclater les tuyaux ; car il arrive souvent qu’il s’enferme des vents dans les conduits, et que ces vents ont assez de force pour rompre même les pierres, si lon ne prend garde de faire entrer l’eau peu à peu par la première embouchure, et de renforcer par de bons liens, ou parla pesanteur du sable, lesendroits où les tuyaux font des coudes et des détours. Pour tout le reste, il n’y a point d’autres précautions à prendre pour les tuyaux de poterie que pour ceux de plomb. Mais avant d’introduire l’eau dans les tuyaux il faudra y jeter de la cendre fort menue, afin qu’elle puisse remplir les petites fentes qui pourraient se rencontrer aux jointures. Les tuyaux de poterie ont cet avantage, qu’il est fort aisé de les raccommoder quand ilen est besoin , et que l’eau y est beaucoup meilleure que dans des tuyaux de plomb, dans lesquels il s’engendre de la céruse , que l'on regarde comme fort dangereuse pour le corps. Et en effet, il y a apparence que le plomb doit être réputé nuisible à la santé, si ce qui s’engendre de ce métal est dangereux. C'est ce que prouve l'exemple des
tris lapis est ex saxo rubro in ipso geniculo collocandus, isque perterebratus , uli ex decursu tubulus novissimus in lapide coagmentetur et primus [similiter | librati ventris : ad eundem modum adversum elivum novissimus librati ventris in cavo saxi rubri hæreat, et primus expressionis ad eundem modum coagmeatetur. Ia librata planilia tubulorum ac decursus et expressionis non extolletur : namque vehemens spiritus in aquæ ductione solet nasci, ila ut etiam saxa perrumpat, nisi primum leniter et parce a capile aqua immittatur, et in geniculis aut versuris alligationibus aut pondere saburræ conlineatur : reliqua omnia uti fistulis plumbeis ila sunt collocanda. Item cum primo aqua à capite immittitur, ante favilla immittetur, uti coagmenta si qua sunt non satis oblita, favilla oblinantur. Habent autem tubulorum ductiones ea commoda : primum in opere, quod si quod vitium factum fueril, quilibet id potest reficere : etiamque multo salubrior est ex tubulis aqua quam per fistulas; quod per plambum videtur esse ideo vitiosa, quod ex eo cerussa nascitur : he autem dicitur esse nocens corporibus humanis. Ifa si, quod ex eo procreatur, id est vitiosum, non est dubium, quin ipsum quoque non sit salubre. Exemplar autem ab artificibus plumbariis possumus accipere, quod palloribus occupatos habent corporis colores ; namque cum fundendo plumbum
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plombiers, que l’on voit d'ordinaire être pâles, 4" cause de la vapeur qui s'élève du plomb quand on le fond, et qui, pénétrant dans le corps, en brûle les parties et en corrompt le sang : de sortes que pour avoir de bonne eau, il ne faut pas la faire
venir dans des tuyaux de plomb. Elle est même
plusagréable à boire quand elle a été conduite par
des tuyaux de poterie : aussi voit-on que ceux qui ont des buffets garnis de quantité de vases d'argent trouvent l’eau meilleure quand ils la boivent dans de la terre. Dans les lieux où l’on ne pourra trou ver de sources d’où l’on puisse amener de l’eau il faudra nécessairement faire des puits; mais avant de les creuser, il ne faut pas négliger 18 considération de plusieurs choses qui dépendent de la nature des lieux ; car la terre, qui, ainsi que toutes les autres choses, est composée des” quatre premiers principes, contient plusieurs ets différentes substances. Ainsi, outre sa partie ter restre , elle contient l’eau des sources; elle ren=« ferme du feu, qui donne naissance au soufre, à l'alun, au bitume, et à quantité de vapeurs très= fortes et tout à fait insupportables, qui passent par ses veines dans le fond des puits et nuisent, grandement aux ouvriers ; car, en pénétrant par le nez et la bouche, elles obstruent les conduits des esprits animaux, en sorte que ceux qui nese retirent pas promptement sont étouffés. Pour se mettre en garde contre cet accident, on descend: une lampe allumée au fond du puits ; quand elle y demeure sans s’éteindre, on peut descendre sans danger : maissi la force de la vapeur l’éteint, il faut creuser aux deux côtés du puits, et faire des soupiraux par lesquels les vapeurs puissent sortir. Cela étant ainsi fait, et la fouille étant conduite jusqu'à l’eau, il faut bâtir les murs du
flatur, vapor ex eo insidens corporis artus, et in dies ext rens , eripit ex membris eorum sanguinis virtutes. Itaqué minime fistulis plumbeis aqua duci videtur, si volumus eam habere salubrem : saporemque meliorem ex tubulis esse, quotidianus potest indicare victus, quod omnes extructas cum habeant vasorum argenteorum mensas , (4 men propter saporis integritatem fictilibus utuntur. Sin autem fontes non sunt, unde ductiones aquarum faciamus, necesse est puteos fodere. In puteorum antem fossionibus non est contemnenda ratio, sed acuminibus solertiaque magna paturales rerum rationes considerandæ ; quod ha= bet multa variaque terra in se genera. Est enim uti reliquæ res ex quatuor principiis composita : et primum est ipsa terrena, habetque ex humore aquæ fontes : item, calores, unde etiam sulphur, alumen, bitumen nascitur , aëérisque spiritus immanes, qui cum graves per intervenia fistulosa terræ perveniunt ad fossionem putéorum , et ibi homines offendunt fodientes, ut naturali vapore obturant in eorum naribus spiritus animales, ita qui non celerius inde eflugiunt, 4 ibi interimuntur. Hoc autem quibus rationibus cavealur, sic erit faciendum. Lucerna accensa demiltatur; quæ Si permanserit ardens , sine periculo descendetur, Sin autem eripietur lumen vi vaporis, tune secundum püteum dextra ac sinistra defodiantur æstuaria : ita, quemadmodum per
puits de telle sorte que le passage soit laissé libre aux sources. Enfin si le sol est si dur que l’on ne puisse creuser de puits, ou si l’on ne trouve point de source dans le fond, il faut amasser l’eau qui tombe des toits où des autres lieux élevés dans des réservoirs ou citernes, au moyen d'une préparation appelée opus signinum. Or voici comment se fait cetenduit. Il faut avoir de bon sable, le plus net etle plus âpre que l'on pourra trouver, des cailloux cassés qui ne pèsent pas plus d’unelivre chacun ; etavee la plus forte chaux que l'on pourra faire, on composera un mortier qui aura deux parties de cette chaux avec cinq parties de sable. A ce mortier l’on mélera les cailloux ; on jettera tout cela dans une tranchée qui sera de la profondeur que doit avoir la citerne ; on le battra avec de gros leviers ferrés par le bout, et l’on fera ainsi les quatre murailles. Ensuiteon videra la terre qui est au milieu jusqu’au bas des murailles ; et le fond étant bien aplani, on le recouvrira du même mortier, que l’on battra bien pour en faire le pavé, auquel on donnera une épaisseur convenable. Si l’on fait deux ou trois de ces réservoirs , en sorte que l’eau puisse passer de l’un dans l’autre pour s’y purifier, elle deviendra bien meilleure, parce que, le limon demeurant dans l’un des réservoirs , l’eau sera conser vée dans l’autre bien plus claire, et elle y gardera son goût propre et son odeur naturelle: sinon il faudra y ajouter du sel, qui la rendra plus pure.
J'ai écrit dans ce livre tout ce que j’ai pu savoir sur les vertus des eaux, sur leurs différences, et sur leur utilité dans l’usage ordinaire; j'ai dit comment il faut ies conduire, et de quelle manière on éprouve leurs qualités : je traiterai dans
nares, spiritus ex æstuariis dissipabuntur. Cum hæc sic explicata fuerint, et ad aquam erit perventum, func sepiatur structura, ne obturentur venæ. Sin autem loca dura erunt aut nimium venæ penitus fuerint, tune signinis operibus ex teclis aut a superioribus locis excipiendæ sunt copiæ. In signinis autem operibus hæc sunt facienda : uli arena primum purissima asperrimaque paretur : Cæmentum de silice frangatur ne gravius quam librarium : calx quam vehementissima mortario misceatur, ita ut quinque partes arenæ ad duas calcis respondeant : mortario cæmentum addatur : ex eo fossa ad libramentum altitudinis quod est futurum calcetur vectibus ligneis ferratis. Parielibus calcatis, in medio quod erit terrenum exinaniatur ad libramentum infimum parietum : hoc exæquato solum calcetur ad crassiludinem, quæ conslituta fuerit. Ea autem si duplicia aut triplicia facta fuerint, uti percolationibus transmutare possint, mullto salubriorem et suaviorem ejus usum efficient. Limus enim cum habuerit quo subsidat, limpidior aqua fiet, et sine odoribus conservabit saporem : si non, salem addi necesse erit, et extenuari.
Quæ potui de aquæ virtute et varietate, quasque habeat utilitates, quibusque rationibus ducatur et probetur, in hoc volumine posui : de gnomonicis vero rebus et horo- Bogiorum rationibus in sequenti perscribam.
le livresuivant de la gnomonique, et de la manière de faire les cadrans au soleil,