‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 167 sur 265 · CHAPITRE II (où 1V, sect. 17 et suiv · texte numérisé non relu

CHAPITRE II (où 1V, sect. 17 et suiv

De la lumière croissante et décroissante de la lune.

Bérose, qui est venu du pays des Chaldéens en Asie, oùila enseigné la science de la Chaldée, enseigne que la lune estune boule dont une moitié est éclatante de lumière, et l’autre est de couleur azurée. Cela, dit-il, lui arrive lorsque dans son cours, elle se trouve sous le globe du soleil, parce qu’alors elle s’enflamme par l’ardeur des rayons de cetastre, et devient éclatante à cause de la propriété ‘qu’elle a de s’illuminer par l'effet d'une autre lumière. Lorsqu'elle est attirée au droit du soleil, cette partie éclatante esttournée vers la partie supérieure; l’autre, qui ne l’est pas, n’est point visible, parce qu'elle est semblable à l'air, et

quod est proxima exfremo mundo fangifque congelatas cœli regiones , vehementer est frigida. Ex eo Jovis cum inter utriusque circuitiones habeat cursum, a refrigeratione caloreque eorum medio convenientes temperalissimosque babere videtur effectus.

De zona duodecim signorum et septem astrorum contrario opere ac eursu, quibus rationibus et numeris transeant ex signis in signa, et cireuitum eorum, üli a præceptoribus accepi, exposui : nupe de erescenti lumine Lunæ deminutioneque, uli traditum est nobis a majoribus, dicam.

caPuT 11 (vulgo 1v. sect. 17. seqq.).

(De lunæ lumine crescenti et deminutione.)

Berosus, qui a Chaldæorum civitate seu natione pru= gressus in Asiam etiam disciplinam Chaldaicam patefecit, itaest professus, pilam esse ex dimidia parte candentem, res liqua habere cœruleo colore. Cum autem cursum ilineris sui peragens subiret sub orbem Solis, tunc eam radiis et impetu caloris corripi convertique candentem , propter ejus proprielatem luminis, ad lumen : cum autem evocata ad Solis orbem superiora spectent, tune inferiorem partem ejus, quod candens non sit, propter aeris similitudinem obseuram videri : cum ad perpendiculum esset ad ejus ra: dios, totum lumen ad superiorem speciem retineri, et tung

ainsi étant perpendiculairement sous le soleil, toute la lumière est retenue au-dessus; on l’appelle en cetétat première lune. Lorsque, passant vers les partiesorientales du ciel, elle n’est plus si fortement attirée par le soleil, l'extrémité de sa partie écla- | tante se laisse voir à la terre comme une petite ligne de lumière , et elle est alors appelée seconde lune. Quelques jours après, étant plus éloignée encore, elle est appelée troisième et enfin quatrième June. Au septième jour , le soleil étant vers l’occident, et la lune entre l’orient et l'occident, c’està-dire au milieu des régions célestes , elle tourne vers la terrela moitié de sa partie éclatante, parce qu’elle est éloignée du soleil de la moitié du ciel; mais lorsqu'il y a entre le soleil et la lune toute limmensité du ciel, et qu’elle a passé à l’occident quand le soleil regarde l’orient, alors l’éloignement le plus grand possible où elle se trouve des rayons du soleil fait qu’elle montre toute sa partie brillante, ce qui arrive le quatorzième jour. Puis diminuant de jour en jour , elle accomplit le mois lunaire en s’approchant et en s’éloignant dusoleil. Le mathématicien Aristarque, de Samos , a une autre opinion, qu'il fonde sur de très-fortes raisons , tirées de la connaissance qu'il avait de plusieurs sciences ; et voici quel est son sentiment. Il tient que c'est une chose évidente que la lune n’a point de lumière par elle-même, et qu’elle est comme un miroir qui réfléchit celle du soleil. En effet, la lune , qui est celle des sept planètes qui fait son cours le plus près de la terre, le fait aussi en moins de temps que les autres. Passant chaque mois sous le soleil, il arrive que le premier jour, avant qu’elle en soit séparée, elle devient obseure ; et étant conjointe au soleil, il n’y a que la partie

eam vocari primam. Cum præteriens vadaf ad orientis cœli partes, relaxari ab impetu Solis, extremamque ejus partemi candentiæ oppido quam tenui linea ad terram mittere splendorem ; et ila ex eo eam secundam vocari. Quotidiana autem versationis remissione tertiam quartam in dies numerari: septimo die Sol cum sit ad occidentem, Luna autem inter orientem et occidentem medias cœli teneat regiones, quod dimidia parte cæli [spatio] distet a Sole, item dimidiam candentiæ conversam habere ad terram. Inter Solem vero et Lunam cum distet totum mundi spatium, et Lunæ orientis [orbem/| Sol [retrospiciens] cum transit ad occidentem, eam, quod longius absit a radiis, remissam quarta decima die plena rota totius orbis mittere splendorem , reliquosque dies decrescentia quotidiana ad perfectionem lunaris mensis versationibus et cursus a Sole revocationibus subire sub rotam radiosque ejus et menstruas dierumefficere rationes. Uli autem Aristarchus, Samius mathematicus, vigore magno raliones varietatis disciplinis de eadem reliquil, exponam. Non enim latet Lunam suum propriumque non habere lumen, sed esse uti speculum, et a Solis impetu recipere splendorem. Namque Luna de septem astris circulum proximum terræ in cursibus minimum pervagatur. Ilaque quot mensibus sub rotam Solis radiosqueuno die, antequam præterit, latens obscuratur, cum est cum Sole, nova vocatur : postero autem die, quo numeratur secunda, præ-

VITRUVE

qui regarde le soleil qui soit éclairée ; en cet état, elle est appelée nouvelle. Le jour suivant, qui est le second , passant plus avant et s’éloignant un peu du soleil , elle laisse voir une petite partie de l'extrémité de sa rondeur. Le troisième jour, comme elle s'éloigne un peu davantage, cette lumière commence à croître , et on la voit mieux ; puis, s’éloignant tous les jours, lorsqu'elle est arrivée au septième, et qu’elle se trouve, quand le s0leil se couche, éloignée de cet astre environ de la moitié du ciel, elle ne fait voir que la moitié de sa partie éclairée. Le quatorzième jour, lorsqu'elle est diamétralement opposée au soleil, elle est pleine, et ellese lève lorsque cet astre se couche, paree que tout l’espace du ciel est entre deux, et qu’elle renvoie toute la splendeur qu’elle reçoit du soleil. Le dix-septième, lorsque le soleil se lève, elle est proche du couchant. Le vingt et unième, après le lever du soleil, la lune est environ au milieu du ciel, et la partie qui regarde le soleil estilluminée, le reste ne paraissant point. Continuant ainsisa course, elle se trouve le vingt-huitième jour sous le soleil , et alors elle achève le mois. Il me reste à expliquer comment le soleil, passant chaque mois dans un signe, augmente on diminue et les jours et les heures.

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