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CHAPITRE IL (OU II, III, IV, V, VI, VII

Des machines qui sont faites pour tirer.

Nous traiterons en premier lieu des machines qui sont nécessaires pour la construction des temples et pour les autres ouvrages publics. Voici comment on les fait : on dresse trois pièces de bois proportionnées à la pesanteür des fardeaux que l’on veut élever ; on les joint par en haut avec une cheville, et on les écarte par en bas. Le haut, qui est attaché et retenu des deux côtés par des écharpes , soutient une moufle appelée par quelques-uns réchamus , dans laquelleon met deux poulies , qui tournent sur leurs goujons. Le câble qui doit tirer ayant été passé sur la poulie d’en haut, on le fait passer ensuite sur une autre poulie, qui est dans la moufle inférieure ; ensuite on le fait revenir sur la poulie qui est au bas de la moufle supérieure, et l’on fait encore descendre la corde , pour en attacher le bout au trou qui est dans la moufle inférieure. L'autre bout de la corde descend en bas, vers l'endroit où les grandes pièces de bois équarriesse retirent en arrière en s’écartant, et auxquelles sont attachées les amarres qui recoivent les deux bouts du moulinet, afin

tionum ; de quibus non necesse videtur disputare, quoniam sunt ad manum quolidianæ , ut sunt rotæ, folles fabrorum, rhedæ, cisia, torni, ceteraque quæ communes ad usum consuetudinibus habent opportunitates. Itaque incipiemus de his, quæ raro veniunt ad manus, ut nota sint, explicare.

CAPUT 11. (VUÏgO IT HIT. 1V. V. VI. VIL).

De machinis tracloriis.

Primumque instituemus de his, quæ ædibus sacris ad operumque publicorum perfectionem necessitate comparaotur, quæ fiunt ita. Tigna tria ad onerum magnitudinem ratione expediuntur, a capite fibula conjuneta et in imo divaricata eriguntur, funibus in capilibus collocatis et cirea dispositis erecta retinentur : alligatur in summo trochlea, quem etiam nonnulli rechamum dicunt. In trochleam induntur orbiculi duo per axiculos versationes habentes per orbiculum summum trajicitur ductarius funis, deinde demittitur et traducitur circa orbiculum trochleæ inferioris; refertur autem ad orbiculum imum trochleæ superioris, et ita descendit ad inferiorem, et in foramine ejus religatur : altera pars funis refertur inter imas machinæ partes. In quadris autem tignorum posterioribus, quo loci sunt divaricata, figantur chelopia, in quæ conjiciuntur sucularum capita, ut faciliter axes versentur. Eæ sucuia

qu'ils y puissent tourner aisément. Le moulinet vers chacun deses bouts a deux trous disposés en sorte que l’on y puisse passer des leviers. On attache à la partie inférieure de la moufle des tenailles de fer, dont les crochets s'adaptent aux trous que l’on fait pour cela dans les pierres. L’effet de toute cette machine, qui est d’élever etde poser en haut les fardeaux, vient de ce que l’on attache le bout de la corde au moulinet, qui, étant tourné par les leviers, bande la corde entortillée alentour. La machine dont nous venons de parler, et où il y a trois poulies, s'appelle {rispastos (1) ; quand ïi y en a deux à la partie infé— rieure et trois à la partie supérieure, on l'appelle pentaspastos (2). Si l’on veut avoir des machines capables de lever de plus grands fardeaux, il faudra employer des pièces de bois plus longues et plus grosses, et augmenter à proportion la force deschevilles et autres liens qui sont en haut, ainsi que celle des moulinets qui sont en bas. Ceschoses étant ainsi préparées, les cébles qui sont dans la partie de devant de la machine seront laissés lâches et sans être tendus, et l’on attachera assez loin de là les écharpes qui tiennent au haut de la machine: ensuite l’on fichera des pieux de travers en terre, et on les y enfoncera bien avant avec des maillets, s’iln’y a point d'autre chose où l’on puisse attacher fermement une corde. Après cela il faut lier la partie supérieure de la moufle au haut de toute la machine, et de ce même endroit faire conduire un câble vers un pieu auquel la partie inférieure sera attachée; puis, l'ayant passé par-dessus la poulie de cette partie inferieure, le faire retourner à la partie supérieure ,

() Tirant par trois. — (2) Tirant par cinq.

proxime capita habent foramina bina ita temperata, ut vectes in ea convenire possint. Ad rechamum autem imum ferrei fortices religantur, quorum dentes in saxa forata accommodantur. Cum autem funis habet caput ad suculam religatum et vectes ducentes eam versant, funis involvendo cireum suculam extenditur, et ita sublevat onera ad altitudinem et operum collocationes. Hæc autem ratio machinationis, quod per tres orbiculos cireumvolvitur , trispastos appellatur. Cum vero in ima trochlea duo orbiculi in superiore tres versantur, id pentaspaston dicitur. Sin aulem majoribus oneribus erunt machinæ comparandæ, amplioribus tigoorum longitudinibus et crassitudinibus erit ulendum, et eadem ratione in summo fibulationibus in imo sucularum versationibus expediundum. His explicatis antarii funes ante laxi collocentur retinacula supra scapulas machinæ longe disponantur, et, si non erit ubi religentur , pali resupinati defodiantur, et cireum fistucationibus solidentur, quo funes alligentur. Trochlea in summo Capite machinæ rudenti contineatur, et ex eo funis perducatur ad palum et quæ est in palo trochlea illigata; circa ejus orbiculum funis indatur et referatur ad eam trochleam, quæ erit ad caput machinæ religata. Circum autem orbiculum ab summo trajectus funis descendat et redeat ad suculam, quæ est in ima machina ibique reli-

et de là le faire descendre vers le moulinet qui est en bas, et l’yattacher. Le moulinet étant bandé par les leviers , la machine s’élèvera elle-même sans aucun danger, parce que par le moyen des écharpes qui seront disposées de çà et de là, et attachées à des pieux, la machine sera fortement arrêtée: alors on se pourra servir de la moufle et du câble, comme il a été dit ci-dessus. Si l'on doit avoir à remuer dans un ouvrage des fardeaux d'une grandeur et d’un poids énormes, il ne faut pas se fier à un moulinet; mais il faudra passer un essieu dans les amarres, dans lesquelles tournent les deux bouts du moulinet : cet essieu aura au milieu un grand tympan, que quelques-uns appellent une roue , et les Grecs amphireucin (1), ou peritrochion (2). Il faudra aussi que les moufles de cette machine soient autrement faites que les autres ; car celle du haut de mème que celles du bas doivent avoir deux rangs de poulies. IL faut aussi que le câble soit passé dans le trou de la moufle inférieure, en sorte que ses deux bouts soient égaux quand il sera étendu, et que par son milieu , qui est dans le trou de la moufle in— férieure , il y soit si bien attaché avec une petite corde, qu’il ne puisse glisser ni d’un côté ni d’autre. Cela étant ainsi, il faut passer les deux bouts du câble dans la moufle supérieure par la partie extérieure, et sur les poulies basses pour redescendre et repasser sous les poulies dela moufle inférieure par sa partie intérieure , et ensuite retourner encore à droite et à gauche, pour passer sur les poulies qui sont au haut de la moufle supérieure, où, étant passés par sa partie supérieure, ils descendent des deux côtés du tympan,

(r) Qui roule alentour, — (2) Qui tourne alentour.

getur. Vectibus autem coacta sucula versabitur, et eriget per se machinam sine periculo : ita circa dispositis funibus et retinaculis in palis hærentibus ampliore modo machina collocabitur. Trochleæ et ductarii funes uti supra scriptum est expediuntur. Sin autem colossicotera amplitudinibus et ponderibus onera in operibus fuerint, non erit suculæ committendum; sed quemadmodum sucula cheloniis retinetur, ila axis includatur, habens in medio tympanum amplum, quod nonpulli rotam appellant, Græci autem äuoipevoty alii tepirocytov Vocitant. In his autem machinis trochleæ non eodem sed alio modo comparantur. Habent enim et in imo et in sammo duplices ordines orbiculorum :ita funis ductarius trajicitur in inferioris trochleæ foramen, uti æqualia duo capita sint, funis cum erit extensus ; ibique secundum inferiorem trochleam resticula circumdata et contenta utræque partes funis continentur, ut neque in dextram neque in sinistram partem possint prodire. Deinde capita funis referuntur in samma trochlea ab exteriore parte, et dejiciuntur circa orbiculos imos, et redeunt ad imum conjiciunturque infimæ trochleæ ad orbiculos ex interiore parte, et referuntur dextra ac sinistra ad capat circa orbiculos summos. Trajecta autem ab exteriori parte referuntur dextra ac sinistra tympanum inaxe, ibique ut hæreant , colligantur. Tum autem circa tympa-

et s’attachent à son essieu. Outre ce cäble, il y en a un autre qui du tympan autour duquel il est entortillé va s'attacher à un vindas, qui, étant bandé et faisant tourner le tympan, tire également les câbles qui sont autour de son essieu , et ainsi lève insensiblement les fardeaux sans danger. Cela se fera encore plus aisément, si l’on veut faire le tympan fort grand ; car, sans se servir de vindas, on pourra le faire tourner en faisant marcher des hommes dedans au droit du milieu, ou en les faisant agir vers l’une des extrémités. On obtiendra aussi, par ce moyen, des effets plus prompts.Il yauneautre machine assezingénieuse, et qui est forteommode pour leverdes fardeaux en peu detemps; maisil faut beaucoup d'adresse pour s’en servir, On a une longue pièce de bois, que l'on plase debout etque l'on arrête , en la retenant des quatre côtés avec des cordes. Au haut de cette pièce de bois, un peu au-dessous de l’endroit où ces cordes sont attachées, on cloue deux amarres, auxquelles on attache une moufle avec des cordes. On appuie la moufle au moyen d’une règle longue environ de deux pieds, large de six doigts et épaisse de quatre. Les moufles ont chacune, dans leur largeur, trois rangs de poulies; en sorte qu’il y a trois câbles qui, étant attachés au haut de la machine, viennent passer du dedans au dehors sous les trois poulies qui sont au haut de la moufle inférieure, et, retournant à la moufle supérieure, passent de dehors en dedans sur les poulies qu’elle a en bas : de là, descendant à la moufle inférieure, ces câbles passent encore de dedans en dehors sous les poulies qui sont au second rang, et retournent à la moufle supérieure, pour passer sur les poulies qui sont au second rang, et ensuite retourner à la moufle inférieure, puis de nouveau à la moufle supérieure,

num involutus alter funis refertur ad ergatam, et is cireumactum tympanum et axem se involvendo funes qui in axe religati sunt, pariter se extendunt, et ita leniter levant onera sine periculo. Quod si majus tympanum collocatum aut in medio aut in una parte extrema habuerit sine ergata calcantes homines, expeditiores habere polerit operis effectus. Est autem aliud genus machinæ satis artificiosum et ad usum celeritatis expeditum , sed in eo dare operam nôn possunt nisi periti. Est enim tignum, quod erigitur et distenditur retinaculis quadrifariam; sub retinaculis chelonia duo figuntur; trochlea funibus supra chelonia religatur; sub trochlea regula longa circiter pedes duos, lala digitos sex, crassa quatuor supponitur. Trochleæ ternos ordines orbiculorum in latitudinem habentes collocantur : ita tres ductarii funes in summo machinæ religantur, deinde referuntur ad imam trochleam et trajiciuntur ex interiore parte per ejus orbienlos summos : deinde referuntur ad superiorem trochleam et trajiciuntur ab exteriore parte in interiorem per orbiculos imos. Cum descenderint ad imum, ex interiore parte et per secundos orbiculos traducuntur in exteriorem et referuntur in summum ad orbiculos secundos; trajecli re- ,

VITRUVE

où, ayant passé sur les poulies qui sont en haut, ils descendent au bas de la machine, où est une troisième moufle que les Grecs appellent epagon (1), et nous artemon (2). Cette moufle, qui est attachée au pied de la machine, a trois poulies, sur lesquelles passent les trois câbles, qui sont tirés par des hommes. Ainsi, trois rangs d'hommes peuvent tirer et élever promptement les fardeaux sans vindas. Cette espèce de machine est appelée polyspastos (3), à cause que, par le moyen d’un grand nombre de poulies, elle tire avec beaucoup de facilité et de promptitude. Elle offre encore une grande commodité, en ce que, n’y ayant qu’une seule pièce de bois dressée sur elle-même, on peut la faire pencher en devant ou à côté, à droite ou à gauche, afin de poser . les fardeaux où l’on veut. Toutes les machines dont nous venons de faire la description sont utiles non-seulement pour ce que nous avons dit, mais aussi pour charger et pour décharger les navires. Pour s’enservir, il faut dresser lesunes et coucher les autres sur des pièces de bois, sur lesquelles on puisse les faire glisser, afin de les tourner de tous les côtés qu'il sera besoin. On peut aussi, sans élever cette pièce de bois dont il a été parlé, tirer les navires hors de l’eau, en se servant seulement des câbles passés dans les moufles. Il ne sera pas hors de proposde rapporter l'invention ingénieuse à laquelle Chersiphron eutrecours, pour transporter les colonnes qui devaient servir au temple de Diane. Cet architecte ayant à amener les füts de ces colonnes depuis les carrières où on les prenait jusqu'à Éphèse, et n’osant pas se fier à des charrettes, parce que, les chemins étant peu solides, il prévoyait que la pesanteur des fardeaux qu'il

(x) Qui tire à soi. — (2) Qui est ajouté. — (3) Qui tire par plusieurs poulies,

deunt ad imum; ex imo referuntur ad caput, et trajeeti per summos redeunt ad machinam imam. In radice autem machinæ collocatur tertia trochlea; eam autem Græci éndyovræ, nostri artemonem appellant. Ea trochlea religalur ad machinæ radicem habens orbiculos tres, per quos trajecti funes traduntur hominibus ad ducendum. Ita tres ordines hominum ducentes sine ergata celeriter onus ad summum perducunt. Hoc genus machinæ polyspaston appellatur, quod multis orbiculorum cireuilionibus et facilitatem summam præstat el celeritatem. Una autem statuto tigni hanc habet utilitatem, quod ante quantum velit a dextra ac sinistra ad latera declinando onus deponere potest. Harum machinationum omnium, quæ supra serip-

tæ, rationes non modo ad has res sed etiam ad onerandas et exonerandas naves sunt paralæ ,aliæ erectæ, aliæ planæ in carchesiis versatilibus collocatæ. Non minus sine tignorum erectionibus in plano etiam eadem ratione et temperaüs funibus et trochleis subductionés navium efficiuntur. Non est autem alienum etiam Chersiphronis ingeniosam rationem exponere. Is enim scapos columnarum ex lapidicinis cum deportare vellet Ephesum ad Dianæ fanum, propler magnitudinem onerum et viarum campestrem

ne re en — ne

avait à conduire ferait enfoncer lesroues, s’y prit de cette manière. Il assembla quatre pièces de bois de quatre pouces en carré, dont il y en avait deux qui étaient jointes en travers avec les deux autres, lesquelles étaient plus longues, et égales au fût de chaque colonne. Il ficha aux deux bouts de chaque colonne des boulons de fer faits à queue d’aronde, et les y scella avec du plomb, après avoir Mis dans les pièces de bois transversales des anneaux de fer dans lesquels les boulons entraient comme dans des moyeux. De plus, il attacha:aux deux bouts de la machine des bâtons de chêne; en sorte que lorsque les bœufs la tiraient par ces bâtons, les boulons qui étaient dans les anneaux de fer y pouvaient tourner assez librement pour que les fûts des colonnes roulassent aisément sur la terre : et il les fit ainsi amener tous où il voulait. Sur le modèle de cette machine, Métagène, fils de Chersiphron, en fit une autre pour amener les architraves. Elle était composée de roues de douze pieds ou environ, et il enferma les deux bouts des architraves dans le milieu des roues: il y mit aussi des bou- Jons et des anneaux de fer, en sorte que, lorsque les bœufs tiraient la machine, les boulons mis dans les anneaux defer faisaienttourner les roues. C’est ainsi que les architraves, qui étaient enfermées dans les roues comme des essieux, furent traïnées et amenées sur place, de même que les fûts des colonnes. L'invention de cette machine est fondée sur les cylindres , avec lesquels on aplanit les allées des palestres; et il ne fut pas difficile de la faire réussir, à cause du peu de distance qu'il y avait depuis les carrières jusqu’au temple, cette distance n'étant que de huitmille pas; et la disposition du lieu était favorable, en ce que l’on avait à traverser une campagne unie,

mollitudinem , non confisus carris , ne rotæ devorarentur sicest conatus. De materia trientali scapos quatuor, duos transversarios interpositos duobus longis, quanta longitudo scapi fuerat, complectit et compegit, et ferreos cnodaces uti subscudes in capitibus scaporum implumbavit et arimillas in materia ad enodaces circumdandos infixit, item buculis iligneis capita religavit. Cnodaces autem in armillis inclusi liberam babuerunt versationem tantam, uti cum boves ducerent subjuncti, scapi versando in enodacibus et armillis sine fine volverentur. Cum autem scapos omnes ia vexissent, el instarent epistyliorum vecturæ, filius Chersiphronis Metagenes transtulit eam rationem e scaporum vectura etiam in epistyliorum deductione. Fecit enim rotas circiter pedum duodenum, et epistyliorum capita in medias rotas inclusit ; eadem ratione cum cnodaces et armillas in capilibus inclusit. Ita cum trientes a bubus ducerentur, in armillis mclusi cnodaces versabant rotas ; epistylia vero inclusa uti axes in rotis eadem ratione qua scapi sine mora ad opus pervenerunt. Exemplar autem eril ejus, quemadmodum in palæstris cylindri exæquant ambulationes. Neque hoc potuisset fieri, nisi primum propinquitas esset : non enim plus sunt ab lapidicinis ad fadum quam millia pedum octo : nec ullus est clivus, sed

où il n’y a ni à monter ni à descendre. Il est arrivé de notre temps que, dans le templed'Apollon, la base de la statue colossale de ce dieu s’élant trouvée rompue et gâtée par le temps; dans la crainte qu'on eut que la statue ne tombât et ne fût brisée, on fitmarché avec Péonius pour tailler dans la carrière une autre base. Elle était longue de douze pieds , large de huit, et épaisse de six. Péonius, s'étant piqué de l'honneur de la faire apporter, ne voulut pas employer le mêmemoyen que Métagène : il l'imita bien en quelque chose, mais il fit pourtant une autre machine. Il composa la sienne de deux roues d'environ quinze pieds, etilenchässales bouts de la pierre dans les roues; ensuite il fit passer des fuseaux de bois de la grosseur de deux pouces d’une roue à l’autre ; en sorte qu'étant disposés en rond, et distants l’un de l’autre seulement d’un pied , ils enfermaient la pierre. Autour de tous ces fuseaux il entortilla un câble qu'il fit tirer par des bœufs , qui en dévidant le câble faisaient tourner les roues; mais la difficulté était de faire marchercette machine régulièrement et en droite ligne , car elle se détournait toujours ou à droite où à gauche; ce qui faisait qu’il fallait retourner. Cela fut cause que Péonius fut obligé de tourner et de retourner si souvent sa machine, qu'il ne put fournir à la dépense qui était nécessaire pour cela. Je ne puis m'empêcher de faireiciune petite digression pour dire comment les carrières d’Ephèse ont été découvertes. Il y avait un berger, nommé Pixodare, qui menait souvent ses troupeaux aux environs d’Éphèse, dans le temps que les Éphésiens se proposaient de faire venir de Paros, de Proconèse, d'Héraclée ou de Thasus, les marbres dont ils voulaient construire le temple de Diane. Un jour qu'il y était allé comme à l'ordinaire avec son

perpetuus campus. Nostra vero memoria cum colossici Apollinis in fano basis esset a vetustale defracta, el metuentes ne caderet ea stalua et frangeretur, locaverunt ex eisdem lapidicinis basim excidendam. Conduxit quidam Pæonius. Hæc autem basis erat longa pedes duodecim, lata pedes octo , alta pedes sex : quam Pæonius gloria fretus non uti Metagenes apportavit, sed eadem ratione alio genere constiluit machinam facere. Rotas enim circiter pedum quindecim fecit, et in his rotis capita lapidis inclusit : deinde circa lapidem fusos sextantales ab rota ad rotam ad cireinum compegit ila, uti fusus a fuso non distaret pedem nisi unum. Deinde circa fusos funem involvit et bubus junctis funem ducebat; ita cum explicaretur, volvebat rotas, sed non poterat ad lineam via recta ducere, sed exibat in unam {vel alteram | partem. Ita necesse erat rursus retroducere. Sic Pæonius ducendo et reducendo pecuniam contrivit, ut ad solvendum non esset. Pusillum extra progrediar, et de his lapidicinis, quemadmodum sint inventæ, exponam. Pixodarus fuerat pastor :is in his locis versabatur. Cum autem cives Ephesivrum cogitarent fanum Dianæ ex marmore facere, decernerentque a Paro Proconneso Heraclea Thaso uti marmor petatur, propulsis ovibus Pixodarus in eodem loco pecus pascebat, ibique

troupeau, ilarriva que deux béliers, qui couraient pour se choquer, passèrent l'un d’un côtéet l’autre de l’autre, sans se toucher ; de sorte que l’un alla donner de ses cornes contre un rocher dont il rompit un éclat. Cet éclat parut au berger d’une blancheur si vive, qu’à l'heure même, laissant ses moutons dans la montagne, il courut le porter à Éphèse, où l’on était en grande peine pour le transport des marbres. On dit qu’on lui décerna aussitôt de grands honneurs : son nom de Pixodare fut changé en celui d'Evangelus (1); et à present encore le magistrat de la ville va tous les mois sur le lieu de cette découverte , pour y faire un sacrifice; ets’il y manque, on le condamne à l'amende.

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