‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 183 sur 265 · CHAPITRE VIII (OU XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII (OU XII

Des machines hydrauliques qui font jouer des orques.

Je ne veux pas négliger d'expliquer ici, avec le

qui erit ibi cum aqua, assibus obturantibus foramina, cogunt et extrudunt inflando pressionibus per fistularum nares aquam in Catinum; e quo recipiens penula spiritus exprimit, per fistulam in altitudinem ; et ita ex inferiore loco castello collocato ad saliendum aqua subministratur. Nec tamen hæc sola ratio Ctesibii fertur exquisita, sed etiam plures et variis generibus ab eo liquore pressionibus coacto spiritus efferre ab natura mutuatos effectus ostenduotur, uti merularum aqnæ motu voces, atque engibata,

- quæ bibentia tandem movent sigilla, ceteraque quæ delectationibus oculorum et aurium usu sensus eblandiuntur. E quibus quæ maxime utilia et necessaria judicavi, selegi etin priore volumine de horologiis [ posui ]; in hoc de expressionibus aquæ dicendum putavi. Reliqua, quæ non suünt ad necessilatem sed ad deliciarum voluptatem, qui

? eupidiores erunt ejus subtilitatis, ex ipsius Clesibii commentariis potterunt invenire.

CAPUT Vi (Vulgo xu1).

De hydraulicis (organis).

De hydraulicis autem quas habeant ratiocinationes, quam brevissime proximeque attingere- polero et scriptura

moins de paroles et le mieux qu'il me sera possible, par quel artifice on fait des orgues qui jouent au moyen de l’eau. On met un coffre de cuivre surune base faite avee du bois, etonélèvesur cette base deux règles à droite et deux à gauche, qui sont jointes ensemble en forme d'échelle : entreces règles on enferme des barillets decuivreavec de petits fonds quise haussentet qui se baissent , étant parfaitement bien arrondis au tour. On les attache à des barres de fer soudées par des charnières, qui les joignent à des leviers enveloppés de peaux ayant encore leur laine. Il ya des trous de la largeur d'environ trois doigts dans la plaque qui couvre le haut des barillets, auprès desquels sont des dauphins d’airain attachés aussi avec des charnières; et ces dauphins soutiennent avec des chaînes des cymbales pendues à leur gueule. Un peu plus bas, sont les trous par lesquels les barillets communiquent avec le coffre de cuivre qui contient l’eau. Dans ce coffre on met le prigeus (1), qui est une sorte d'entonnoir renversé, sous lequel sont des billots de l’épaisseur d’environ trois doigts, quisoutiennent son bord d’en bas à une égale distance du fond du coffre. Le hant, qui va en s’étrécissant et qui faitcomme un col, est joint à un petit coffre qui soutient la partie supérieure detoute la machine : cette partie s’appellecanonmusicos (2),etellea des canaux creusés tout du long, au nombre de quatre, si l’instrument est & quatre jeux, où de six, s’il est à six, ou de huit, s’il est à huit. Chacun de ces canaux a un robinet, dont la clef est de fer; au moyen de cette elef, lorsqu'on la tourne, on ouvre chaque conduit par où l’air qui est dans le coffre passe dans les canaux ; le long de ces conduits, il y a une ran-

(x) Suffoquant. — (2) Règle musicale.

consequi, non prælermittam. De materia compacta basi, arca in ea ex ære fabricata collocatur supra basim eriguntur regulæ dextra ac sinistra scalari forma compactæ, quibus includuntur ærei modioli, fundulis ambulatilibus ex torno subtiliter subactis habentibus fixos in medio ferreos ancones, et verticulis cum vectibus conjunctos, pellibusque lanatis involutos, item in summa planitia foramina circiter digitorum ternum; quibus foraminibus proxime in verticulis collocati ærei delphini pendentia habent e catenis cymbalia ex ære infra foramina modiolorum chalala. Intra arcam , quo loci aqua suslinetur , inest pnigeus uti infundibulum inversum, quem subter taxilli alti circiter digitorum ternum supposili, librant spatium imum[ima]inter labra pnigeos et arcæ fundum. Supra autem cerviculam ejus coagmentata arcula sustinet caput machinæ, quæ græce xxvbv pLovatxos appellatur : in cujus longitudine canales , si tetrachordos est, sunt quatuor, si hexachordos, sex, si octochordos, octo. Singulis autem canalibus singula epistomia sunt, inclusa manubriis ferreis, collocata : quæ manubria cum torquentur, ex area patefaciunt nares in canales. Ex canalibus autem canon habet ordinatain transverso foramina respondentia naribus, quæ sunt in tabula summa; quæ tabula græce xivaë dicitur. Inter tabulam et

gée de trous répondant à d’autres qui sont dans la table placée au-dessus, et appelée en grec pinaæx. Entre cette table et le canon, on met des règles percées ensemble, et qui sont huilées, afin qu’elles soient aisément poussées et qu’elles puissent aussi facilement revenir; on les appelle plinthides. Elles sont faites pour boucher et pour ouvrir les trous qui sont le long des canaux, lorsqu'elles vont etqu’elles viennent. Des ressorts de fer, cloués à ces règles, sont joints aussi avec les marches, lesquelles , étant mises en mouvements , font remuerlesrègles. Dans la table, sont des trous qui répondent à ceux des canaux pour la sortie du vent, et il y a encore d’autres règles qui ont des trous qui tiennent les pieds de tous des tuyaux. I y a, depuis les barillets jusqu'au col du pnigeus, des conduits qui vont si avant qu'ils ont leur ouverture dans le petit coffre : en vet endroit ces conduits ont des faussets faits au tour, qui servent à boucher leur extrémité, et empêchent que le vent qui est entré dans le petit coffre ne ressorte par là. Ainsi lorsqu'on lève Je bout des leviers, les barres de fer soudées font descendre les petits fonds jusqu’au bas des barillets; ce qui fait que les dauphins qui se remuent par des charnières laissent descendre les cymbalesqui pendent à leur gueule, et donnententrée à l'air dans la cavité des barillets. Ensuite, lorsque les barres de fer, par leurs mouvements réitérés, font remonter les petits fonds, ces dauphins font que les trous qui sont au-dessus des cymbales en sont bouchés, et que l’air enfermé dans les barillets est pressé par les petits fonds et forcé d'entrer dans les conduits qui le portent au pnigeus, et de là par son col dans le petit coffre;

canona regulæ sunt interpositæ, ad eundem modum foratæ et oleo subactæ, ut faciliter impellantur et rursus introrsus reducantur, quæ obturantea foramina, plinthidesque appellantur : quarumitus etreditus alias obturat alias aperit terebrationes. Hæ regulæ habent ferrea choragia fixa et juncta cum pinnis, quarum pinnarum tactus motiones efficit regularum. Continentur supra tabulam foramina, quæ ex canalibus habent egressum spiritus : ?s sunt anuli agglutinati, quibus lingulæ ompium ineluduntur organorüm. E modiolis autem fistulæ sunt continentes conjunctæ pnigeos cervicibus pertingentesque ad nares, quæ sunt in areula :in quibus asses suntex torno subacti et ibi collocati,qui, cum recipit arcula animam, spiritum non patientur obturantes foramina rursus redire. Ita cum vectes extolluntur, ancones deduecunt fundos modiolorum ad imum, delphinique, quisunt in verticulis inelusi, chalantes in eos cymbalia replent spatia modiolorum, atque ancones, extollentes fundos intra modiolos vehementi pulsus crebritate et obturantes foramina cymbalis superiora, aera qui est ibi clausus pressionibus coactum in fistulas cogunt , per quas in pnigea concurrit, et perejus cervices in arcam: motione vero vectium vehementiore spiritus frequens compressus epistomiorum aperturis influit, et replet anima canales. ftaque eum pinnæ manibus tactæ propellunt et reducunt

TT a —

VITRUVE

de sorte que l'air, étant ainsi pressé par de fréquentes impulsions, entre par les ouvertures des | robinets et emplit les canaux. Ainsi, en touchant les marches, on pousse les règles qui reviennent aussitôt, en sorte que lestroussont tantôtouverts et tantôt fermés ; et si celui qui touche sait jouer | de cette sorte d’instrument, il produit une | grande variété de sons et des chants pleins de / mélodie.

J'aifaitce quej'aipu pour expliquerclairement | une chose qui, de soi, est assez obscure, et ne peut | être aisément entendue que par ceux qui ont, dans | ce genre; quelques connaissances et quelque pra- | tique; mais je suis assuré que ceux à qui ce que | j'en ai dit n’aura pu faire comprendre l’artifice | de cette machine, seront contraints d'admirer , N quand ils la verront exécutée, la curieuse subtilité avec laquelle tout y est fait.

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