CHAPITRE XII (OU XVII
De la manière de bander les catapultes et les balistes avec la justesse qui est nécessaire.
11 fautavoir deux longues pièces de bois, sur lesquelles on attache des amarres pour passer des moulinets. Au milieu de chacune de ces pièces de bois on fait une entaille , où l’on met le chapiteau de la catapulte, qui y est affermi avec des chevilles , afin que l'effort du bandage ne le puisse arracher. Après cela , on enchâsse dans ce chapiteau des barillets de cuivre, dans lesquels on met des chevilles de fer, que les Grecsappellent épischidas. Ensuite on passe par l’un des trous qui sont au travers du chapiteau le bout du câble, que l'on attache au moulinet , autour duquel il s'entortille lorsqu'on le fait tourner avec les leviers ; et on le bande jusqu’à ce qu'étant frappé avec la main , il sonne le ton qu’il doit avoir. Alors on met la cheville au trou du chapiteau, pour servir d'arrêt etempêcher que rien ne lâche : puis après avoir passé le câble à l’autre côté de la même manière, on lebande avec des leviers et le moulinet , jusqu’à ce qu'il sonne le même ton que l’autre ; et c’est par cet arrêt, fait avec des chevilles de fer, que l’on tend la catapulte avec la justesse nécessaire, en observant le ton que sonnent les câbles.
Après avoir traité de ces choses le mieux qu’il m'a été possible, il me reste à expliquer avec quelles machines on peut attaquer ou défendre une ville avec succès.
CAPUT xX1 (vulgo xvI1).
De catapullarum balistarumque contentionibus et temperaturis.
Sumuntur tigna amplissima longitudine, supra figuntur chelonia, in quibus includuntur suculæ : per media autem spatia tignorum insecantur et exciduntur formæ , in quibus excisionibus includuntur capitula catapultarum, cuneisquedistinentur, ne in contentionibus moveantur, Tom vero modioli ærei in ea capitula includuntur, et in eos cuneoli ferrei, quos émtuyiôxs Græci vocant, collocantur. Deinde ansæ rudentum induntur per foramina capitulorum et in alteram partem trajiciuntur; deinde in suculas conjiciuntur, involvunturque, vectibus uti per eas extenti rudentes, cum manibus sunt tacli, æqualem in utraque sonitus habeant responsum. Tune autem cuneis ad foramina concludantur, ut non possint se remiltere : ila trajecli in alteram parlem eadem ratione vectibus per suculas extenduntur, donec æqualiter sonent. Ita cuneorum conclusionibus ad sonitum musicis auditionibus catapultæ temperantur.
De his rebus quæ potui dixi : restat mihi de oppugnatoriis rebus quemadmodum machinationibus et duces victores et civitates defensæ esse possint.
VITRUVE