‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 188 sur 265 · CHAPITRE XIIL (ou x1x · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL (ou x1x

Des machines qui servent à battre ou à défendre les places ; de l'invention du bélier, et er quoi consiste cette machine.

Lebélier fut,àcequel’ondit,la première machine de guerre quel’oninventa, et voici dansquellescirconstances. Lorsque les Carthaginois mirent lesiége devant Gades, ils jugèrent à propos de démolir promptement un château qui avait été pris : mais n'ayant point les outils nécessaires, ils se servirent d’une poutre que plusieurs hommes soutenaient de leurs mains , et, frappant du bout de cette poutre le haut de la muraille à coups redoublés, ils firent tomber les pierres des rangs d’en haut ; puis, allant ainsi d’assise en assise, ils abattirent toutes les fortifications. Après cela,un charpentier de la ville de Tyr, nommé Péphasmenos, instruit par cette première expérience, planta un mât, auquel il en pendit un autre comme une balance ; et, par la force des grands coups quele mât frappait en allant et venant, il abattit les murs de la ville de Gades. Cétras, Chalcédonien, fut le premier qui fit pour cette machine une base de charpenterie portée sur des roues. Sur cette base il éleva un assemblage de montants et de traversants dont il fit une Autte, dans laquelle il suspendit un bélier , et qu'il couvrit de peaux de bœufs , afin de mettre ensüreté ceux quitravaillaient à battre la muraille. Depuis ce temps-là, on appela cette hutte une tortue à bélier, parce qu’elle n’avançait que fort lentement. Tels furent lescommencements de ces sortes demachines. Polyidus, Thessalien , leur donna la dernière perfection pendant le siége que le

CAPUT XII (Vulgo xIx).

De oppugnatoriis rebus.

Primum ad oppugnationes aries sic inventus memoratur esse. Carthaginienses ad Gades oppugnandas castra posuerunt : cum autem castellum ante cepissent, id demoliri sunt conati. Posteaquam non habuerunt ad demolitionem ferramenta, sumpserunt lignum, idque manibus sustinentes capiteque ejas summum murum continenter pulsantes, summos Japidum ordines dejiciebant, et ita gradatim ex ordine totam communitionem dissipaverunt. Postea quidam faber Tyrius, nomine Pephasmencs, hac ratione et inventione inductus, malo statuto, ex eo alterum transversum uli trulinam suspendit et in reducendo et impellendo vehementibus plagis dejecit Gaditanorum murum. Cetras autem Chalcedonius de materia primum basim subjectis rotis fecit, supraque compegit arrectariis el jugis varas, et in his suspendit arietem, coriisque bubulis texit, uti tutiores essent, qui in ea machinatione ad pulsandum murum essent collocati. Id autem quod tardos conatus habuerat, testudinem arietariam appellare cæpit. His tunc primis gradibus positis ad id genus machinationis, postea cum Philippus, Amynteæ filius, Byzantium oppugnaret, Polyidus Thessalus pluribus generibus et faci-

roi Philippe, fils d'Amyntas, fit de la ville de Byzance; etilen inventa deplusieursautres sortes; dont on se servit avec beaucoup de facilité. Il eutpour disciples Diadès etChéréas, quiservirent sous le grand Alexandre. Diades a laissé quelques écrits, dans lesquels il prétend être l'inventeur des tours roulantes ; etil dit qu'il les faisait porter démontées quand l’armée était en marche. Il ajoute que c’est lui qui a aussi inventé la tarière et une machine montante, à l’aide de laquelle on passait de plain-pied sur la muraille, ainsi que le corbeau démolisseur, que l’on appelle aussi grue. Il se servait du bélier posé sur des roues, dont il a expliqué la structure. Il dit que la plus petile tour qui se fasse ne doit pas avoir moins de soixante coudées de hauteur et dix-sept de largeur , et qu'il faut qu'elle aille en se rétrécissant de sorte que le haut n'ait de largeur que la cinquième partie de l’empâtement. Il veut que les montants aient par en bas les trois quarts d’un pied, et un demi-pied par le haut. Il lui donne dix étages, qui ont tous des fenêtres. Il fait la plus grande tour de cent vingt coudées de haut et de vingttrois coudées et demi de large : le rétrécissement du haut est aussi de la cinquième partie ; les montants sont de la grosseur d’un pied par en bas et d'un demi-pied par en haut. Il faisait à cette grande tour vingt étages, qui avaient chacun leurs parapets de trois coudées , et il la couvrait de peaux nouvellement écorchées, pour la défendre de toute sorte de coups. Il bâtissait la tortue à bélier à peu près de la même manière. Elle était large de trente coudées et haute de quinze, sans le toit, qui en avait sept depuis la plate-forme jusqu'au haut. Outre cette hauteur, elle avait

lioribus explicavit ; a quo receperunt doctrinam Diades et Chæreas, quicum Alexandro mililaverunt. Itaque Diades scriptis suis ostendil se invenisse lurres ambulatorias , quas etiam dissolutas in exercilu circumferre solebat ; præterea terebram et ascendentem machinam , qua ad murum plano pede transitus esset, eliam corvum demolitorem, quem nonaulli gruem appellant. Non minus utebatur ariete subrotalo, cujus rationes scriptas reliquit. Turrem autem minimam ait oportere fieri ne minus altam cubitorum Lx, latitudinem XVII, contracturam autem summam imæ partis quintam : arrectaria in turris imo dodrantalia, in saummo semipedalia. Fieri aulem ait oportere eam turrém tabulatorum decem , singulis partibus in ea fenestratis. Majorem vero turrem allam cubitorum CXX, latam cubitorum XXII S<::: contracturam item [ sxmmam | quinta parte +, arrectaria pedalia in imo , in summo semipedalia. Hanc magnitudinem turris faciebat tabulatorum XX, cum haberent singula tabulata circuitionem cubitorum ternum : tegebat autem coriis crudis, ut ab omni plaga essent tutæ. Testudinis arielariæ comparatio eadem ratione perficiebatur : habuerat autem intervallum cubilorum XXX, altitudinem præter fastigium XVI, fastigii autem altitudo ab strato ad summum'cubita VII. Exibat autem in altum et sppra medium tectum fastigium non miaus cubita

encore une petite tour qui s'élevait sur le milieu de son toit : cette petite tour était large pour le moins de douze coudées, et elle comprenait quatre étages, dans le dernier desquels on plaçait les scorpions et les catapultes ; dans les étages d’en bas on amassait une grande quantité d’eau, pour éteindre le feu qui pouvait être jeté. On placait dans cette tortue la machine à bélier appelée en grec criodoche (1), dans laquelle on mettait un rouleau arrondi parfaitement au tour ; le bélier posé sur ce rouleau , et tiré par des câbles, allait et venait, etproduisaitde très-grands effets. Le bélier était couvert de cuirs fraîchement écorchés, de même que la tour. Pour ce qui est de la tarière, voici comment il l’a décrite. Elieressemblait beaucoup à la tortue. Il y avait au milieu de la machine, sur des montants, un canal pareil à celui des catapultes et des balistes, et qui avait cinquante coudées de long et une coudée de large; au travers de ce canal on mettait un moulinet en devant ; à droite et à gauche il y avait des poulies, par le moyen desquelles on faisait remuer une poutre ferrée par le bout, laquelle était passée dans le canal et sous cette poutre ; il y avait des rouleaux, qui servaient à la pousser avec beaucoup de force et de promptitude. Audessus de la poutre on faisait comme une voûte qui la couvrait, et qui soutenait les peaux fraîchement écorchées dont la machine était couverte. A l'égard du corbeau , il n’a pas cru en devoir rien écrire, parce qu'il avait reconnu que cette machine ne produisait pas un grand effet. Il avait promis d'expliquer la structure de la #achine montante qui est appelée épibathra, et des ma-

(x) Machine à bélier.

duo, et supra extollebatur turricula [eubitum ] £V tabula forum, in qua tabulato summo slatuebantur scorpiones et calapultæ, in iuferioribus congerebatur magna aquæ multitudo ad extinguendum, si qua vis iguis immitteretur. Constituebatur autem in ea arietaria machina, quæ græce 42100671 dicitur, in qua collocabalur torus perfectus in torno ; in quo insuper conslitutusaries rudentium ductionibus et reductionibus efficiebat magnos operis effectus : Legebatur autemis coriiscrudis, quemadmodum turris. De terebra has explicuitscriptis raliones : ipsam machinam uti testudinem in medio habentem collocatum in orthostalis canalem [ facicbat, | quemadmodum in catapultis aut balistis fieri solet, longitudine cubitorum L, altiludine cubiti, in quo constituebatur transversa sucula. In capite autem dextra ac sinistra trochleæ duæ, per quas movebatur quod inerat in eo canali capite ferrato tignum : sub eo autem in ipso canali inelusi tori crebriter celeriores et vehementiores efliciebant ejus motus. Supra autem id tigoum, quod inibi erat, arcus tegebantur ad canalem crebriter, uti sustinerent corium crudum , quo ea machina erat involuta. De corace nibil putavit scribendum, quod animadverteret eam machinam nullam habere virtutem. De ascensu, quæ ért6düpx græce dicitur, et de marinis machinationibus, quæ per navim aditus habere posse scripsit, tantum pollicitum esse

chivesnavales avec lesquelles on peutentrer dans les navires; mais j'apprends avec regret qu’il n’a pas exécuté sa promesse.

Après avoir parlé de la structure des machines dont Diadès a écrit, il me reste à dire ce que j'en ai appris de mes maîtres, et à quoi elles peuvent être utiles.

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