CHAPITRE XIV (Ou xx
Comment se fait la tortue au moyen de luquelle on comble les fossés.
La tortue dont on se sert pour combler les fossés et pour approcher des murailles à couvert, se construit de cette manière. On fait une base carrée, appelée en grec eschara, dont chaque côté est de vingt-cinq pieds : ces côtés sont joints par quatre traversants qui sont arrêtés par deux autres, épais d’une dix-huitième partie de leur longueur, et larges de la moitié de leur épaisseur : ces traversants doivent être distants l’un de l’autre d’environ un pied et demi, et dans chaque intervalle il faut mettre par-dessous de petits arbres appelés en grec Aamaxopodes (1), dans lesquels tournent les essieux des roues, qui sont affermis avec des lames de fer. Les petits arbres sont ajustés de telle sorte qu’au moyen de leur pivot, et des trous dans lesquels sont passés des leviers, on adresse les roues au droit du chemin que l’on veut tenir, soit qu'il faille aller à droite où à gauche, ou de travers. De plus, on pose sur la base et de chaque côté une poutre qui a six pieds de saillie, et sur cette saillie, en avant et en arrière, on met deux autres poutres qui ont
(«) Pieds de chariot.
vehementer animadverti, neque rationes earum eum explicuisse.
Quæ sunt ab Diade de machinis scripta, quibus sint comparationibus, exposui : nune quemadmodum a præeceptoribus accepi, et utilia mihi videntur, exponam.
CAPUT XIV. (vulgo xx.) De testudine ad congestionem fossarum paranda.
Testudo, quæ ad congeslionem fossarum paratur, eaque etiam accessus ad murum potest habere, sic erit facienda. Basis compingatur, quæ græce‘écydpa dicitur, quadrata, habens quoquoversus latera singula pedum XXV et fransversaria quatuor : hæc autem contineantur ab alteris duobus crassis F. S. latis S. Distent autem transversaria inter se circiter pedeetS , supponanturque in singulis intervallis eorum arbusculæ, quæ græce &uoËomoûes dicuntur; in quibus versantur rotarum axes conclusi laminis ferreis : eæque arbusculæ ita sint temperatæ, ut habeant cardines et foramina, quo vectes trajecti versationes earum expediant , uti ante et post el ad dextrum seu sinistrum latus sive oblique ad angulos opus fuerit, ad id per arbuseulas versali progredi possifit. Collocentur autem insuper basim tigna duo in utramque partem projecta pedes senos; quorum circa projecturas figantur altera projecta duo tigna ante frontes pedes VII, crassa et lata uti in basi sunt
sept pieds de saillie, et qui sont de l'épaisseur et de la largeur du bois dont la base est faite. Sur cet assemblage on élève des poteaux assemblés qui ont neuf pieds sans les tenons, et qui en tout sens sont épais d’un pied et d’un palme, et distants l’un de l’autre d’un pied et demi; ils sont joints en haut par des sablières qui ont des tenons : sur ces sablières sont placées les contrefiches, qui sont attachées l’une à l’autre par des tenons, et qui s'élèvent de neuf pieds. Sur chaque contre-fiche il doit y avoir une pièce de bois carrée avec laquelle on l’assemble. On doit encore les arrêter avec des chevrons en travers qu'il faut cheviller sur les pièces de bois carrées, et recouvrir d’ais de bois de palmier, ou de quelque autre bois fort, celui que l’on voudra, pourvu que ce ne soit ni du pin ni de l’aune, parce que ces bois sont aisés à rompre et à brûler. Il faut garantir les côtés avec des claies faites d'osier vert, entrelacé et fort serré, et recouvrir le tout de peaux fraîchement écorchées, que l’on doublera d'autres peaux semblables, en mettant entre deux de l'herbe marine ou de la paille trempée dans du vinaigre, afin que cette couverture soit à l'épreuve des balistes et du feu.