CHAPITRE XV (OU XXI
D'autres sortes de tortues.
Il y a une espèce de tortue qui a toutes les parties dont se compose celle qui vient d’être décrite, à la réserve des contre-fiches ; mais elle a de plus un parapet tout a lentour et des créneaux faits avec des ais, et par-dessus des auvents qui pendent de la couverture, laquelle est faite de
scripta. Insuper hanc compactionem erigantur postes compactiles præter cardines pedum IX, crassitudine quoquoversus palmipedales, intervalla habentes inter se sesquipedis. Eæ concludantur superne interordinatis trabibus : supra trabes collocentur capreoli cardinibus alius in alium conclusi, in altitudinem excitati pedes IX : supra capreolos collocetur quadratum tignum, quo capreoli conjungantur. Ipsi autem laterariis circa fixis contineantur, teganturque tabulis maxime primis, si non, ex cetera maleria, quæ maxime babere potest virtutem, præler pinum aut alnum. Hæc enim sunt fragilia et faciliter recipiunt ignem. Cireum tabulata collocentur crates ex tenuibus virgis creberrime texlæ , maximeque recentibus percrudis coriis duplicibus consutis , fartis alga aut paleis in acelo maceratis cirea tegatur machina tota : ita ab his rejicientur plagæ balistarum et impetus inceudiorum.
GAPUT XV (vulgo xx1).
De aliis testudinibus.
Est autem et aliud genus testudinis, quod reliqua omnia habet, quemadmodum quæ supra seripta sunt, præter capreolos; sed habet circa pluteum et pinnas ex tabulis, et superne subgrundas proclinatas, supraque tabulis et coriis firmiter fixis continentur : insuper vero argilla cumt capillo subacta ad eam crassitudinem inducatur, ut iguis om-
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planches et de cuirs attachés fermement ensemble. On met de l'argile pétrie avec du crin sur cette couverture, et l’on fait cet enduit si épais que le feu ne puisse endommager la machine, Ces tortues peuvent être soutenues sur huit roues, selon que la disposition du lieu le demande. Celles qui servent à couvrir les pionniers qui travaillent aux mines s'appellent oryges en grec, et ne diffèrent en rien de celles qui viennent d’être décrites : on les fait en triangle par devant, afin que ce qui est jeté de dessus la muraille ne les frappe pas en plein, mais que, recevant les coups par le côté, elles couvrent plus sûrement les pionniers qui travaillent dessous. [1 me semble qu’il ne sera pas hors de propos de parler des proportions de la tortue qui fut faite par Hégetor, Byzantin. Sa base avait soixante pieds de long et dix-huit de large. Les quatre montants qui étaient posés sur l’assemblage étaient composés chacun de deux poutres de trente-six pieds de hauteur, sur un pied et un palme d'épaisseur et un pied et demi de largeur. Cette base roulait sur huit roues hautes de cinq pieds et trois quarts, et épaisses de trois pieds; elles étaient faites de trois pièces de bois jointes ensemble par des tenons à queue d’aronde, et bandées de fer battu à froid. Elles étaient aussi enchâssées dans ces pivots appelés hamaxopodes, sur lesquels elles tournaient, Sur l'assemblage de poutres posé sur sa base il y avait encore des montants élevés, qui avaient dix-huit pieds et un quart de longueur, trois quarts de pied de largeur, et un douzième avec un huitième d'épaisseur ; et ils étaient distants l’un de l’autre d’un pied et demi et d’un neuvième. Sur ces montants il y avait d’autres poutres qui leur étaient jointes, et qui
nino non possit ei machinæ nocere. Possunt autem, si opus fuerit, eæ machinæ ex octo rotis esse, si ad loci naturam ita opus fuerit temperare. Quæ autem testudines ad fodiendum comparantur, (ôpuyes græce dicuntur) cetera omnia habent, uti supra scriptum est : frontes aulem earum fiunt, quemadmodum anguli trigonorum, uti, a muro tela cum in eas mittantur, non planis frontibus excipiant plagas, sed ab lateribus labentes, sine periculoque fodientes qui intus sunt tueantur. Non mibi etiam videtur esse alienum de testudine, quam Hegelor Byzantius fecit, quibus rationibus sit facta, exponere. Fuerat enim ejus baseos longitudo pedum EX, latiludo XIT ; arrectaria, quæ supra compactionem erant quatuor collocata, ex binis tiguis fuerant compacta, in altitudinibas singulorum pedum XXX VI, crassitudine palmipedali, latitudine sesquipedali. Basis ejus habuerat rotas octo, quibus agebatur : fuerat autem earum allitudo pedum VIS —, crassitudo pedum trium, ita fabricata triplici maferia, allernis se contra subscudibus inter se coagmentata, laminisque ferreis ex frigido ductis alligata. Hæ in arbusculis, sive hamaxopodes dicantur, habuerant versationes. Ita supra transtrorum planitiem, quæ supra basim fuerat, postes erant erecti pedum XVIII : —, latitudinis S : —, crassitudinis F. Z. distan- 4es inter se I S : =; supra e0s trabes circumelusæ continebant totam conpactionem ::: latæ pedem I.— crassæ S,.
affermissaient tout cet assemblage; elles étaient larges d’un pied et d’un neuvième, et épaisses d’un demi-pied et d’un neuvième. Au-dessus de cela s’élevaient les contre-fiches de la hauteur de douze pieds, et elles avaient au-dessus une pièce de bois avec laquelle elles étaient jointes. Il y avait aussi des chevrons en travers, qui étaient chevillés ; et par-dessus un plancher tout alentour, qui couvrait le bas. Il y avait encore au milieu un autre plancher posé sur des soliveaux, et sur lequel étaient des scorpions et des catapultes. Outre cela, onélevait deux forts montants longs de trente-cinq pieds, épais d’un pied et demi, larges de deux pieds, liés en haut par une pièce traversante ayant des tenons, et par une autre pièce qui liait encore les montants ensemble au moyen des tenons; le tout bandé de lames de fer. Entre les montants et le traversant, il y avait decà et delà des dosses attachées fermement avec des équerres, et percées de deux rangs de trous disposés alternativement pour servir d’amarres. Dans ces dosses il y avait deux chevilles faites au tour, et auxquelles s’attachaient les cordes qui tenaient le bélier suspendu. Il y avait, au-dessus de ceux qui travaillaient au bélier, une guérite en forme de tourelle, où deux soldats étaient logés à couvert, pour découvrir et faire connaître tout ce que les ennemis entreprenaient. Le bélier était long de cent six pieds, gros d’un pied et d’un palme, et épais d’un pied par le bas. Il allait en étrécissant depuis la tête jusqu’à un pied sur la largeur, et jusqu'à un demi-pied et un neuvième sur son épaisseur. Sa tête était armée de fer comme le sont les longs vaisseaux, et de cette tête partaient quatre bandes de fer longues environ de quatre
+, Supra eam capreoli extollebantur allitudine pedum XII, supra capreolos tignum collocatum conjungebat capreolorum compactiones. Item fixa habuerant lateraria in transverso, quibus insuper contabulalio cireumdata contegebat inferiora. Habuerat autem mediam contabulationem supra trabeculas, ubi scorpiones et catapullæ collocabantur : erigebantur et arrectaria duo compacta pedum XXXV £?3 crassitudine sesquipedali £?: latitudine pedum IT, conjuncta capilibus transversario cardinato tigno et altero mediano inter duos scapos cardinato et laminis ferreis religato : quo insuper collocata erat alternis materies inter scapos et transversarium trajecta, cheloniis et anconibus firvmiter inclusa. In ea materia fuerunt ex torno facti axiculi duo, e quibus funes alligati retinebant arietem. Supra caput eorum qui continebant arietem, collocatum erat pluteum turriculæ similitudine ornatum, uti sine periculo duo mililes tuto stantes prospicere possent et renunciare, quas res adyersarii conarentur. Aries autem ejus habuerat lopgitudinem pedum CLY :::, latitudine in imo palmipedali ::!, crassitudine pedali ::?, contractum à capite in latitudine pes ::? — crassitudine S. —. Is autem aries habuerat de ferro duro rostrum, ita uti naves longæ solent habere, et ex ipso rostro laminæ ferreæ quatuor circiter pedum XV fixæ fuerant in materia. A capile autem ad imam calcem tigni contenti fuerunt funes quatuor crassitudine digitorum
pieds, par lesquelles elle était attachée au bois. Depuis la tête jusqu’à l’autre bout de la poutre, il y avait quatre câbles étendus, de la grosseur de huit doists, qui y étaient attachés de même que le mât d’un navire l’est à la poupe et à la proue; et ces câbles étaient serrés contre le bélier par des cordes mises en travers comme des ceintures, distantes l’une de l’autre d’un pied et d’un palme. Tout le bélier était couvert de peaux fraîchement écorchées. A l'endroit où la tête du bélier était attachée aux câbles, il y avait quatre chaînes de fer recouvertes aussi de peaux fraîchement écorchées. Il y avait de plus sur la saillie de la ma— chine un coffre lié avec de grosses cordes bien tendues , afin que leur âpreté permît de marcher dessus sans danger de glisser, quand on voulait aller jusqu’à la muraille. Cette machine se mouvait de trois façons, savoir : en la faisant avancer en ligne droite, ou en la faisant détourner à droite ou à gauche, ou en la faisant hausser où baisser, On l'élevait, pour battre la muraille, jusqu’à près de deux cents pieds, et elle pouvait aussi frapper à droite et à gauche à une distance de cent pieds. Elle était gouvernée par cent hommes, et elle pesait quatre mille talents, c'est-àdire quatre cent quatre-vingt mille livres.