LIVRE IX
Cum ergo id animadvertam, admuror. Aristote apporte deux raisons de ce que les anciens Grecs ne proposaient point de prix à ceux qui excellaient dans les actions de l'esprit, mais seulement à ceux qui surpassaient les autres dans la force et dans l'adresse du corps. La première est que l’on estime et que l’on admire les choses qui sont faites par la puissance humaine, et Ron pas celles que la puissance humaine trouve faites. Or, il dit que la victoire d'un athlète est comme l'ouvrage de l'adresse et de la force de son corps; au lieu que toute la subtilité d’un philosophe ou d’un mathématicien ne va qu’à trouver ce qui est déjà sans elle, puisque les plus belles spéculations ne sont que des choses existantes avant la spéculation, et que, par exemple, les trois angles de toutes sortes de triangles n'auraient pas laissé d’être égaux à deux droits, quand personne n’y aurait jamais pensé.
La seconderaison est que, pour donner le prix à ceux qui excellent dans les productions de l'esprit, il faut être capable d'en juger, et que cette capacité ne se rencontre qu'en ceux qui surpassent en esprit ceux dont ils sont les juges. Ce qui n’est pas toujours nécessaire dans les autres jugements ; car il ny à personne, quelque faible et pesant qu'il puisse être, qui ne soit capable de voir qui est celni qui surpasse les autres à la course, à la lutte, et dans les autres exercices du corps.
Scriptores non solum suos SCNSUS sed étiam omnium animos exacuendo libris ad discendum præparant præcepta. Schneider a lu ainsi ce passage : NON S0um suos sensus sed etiam omnium libris ad discendum præparant et animos præceptis exacuunt.
Sapientum quotidiana. Le mème éditeur a proposé de lire ici guofidiano, qu’ entendait dans le sens de guo-
tidie, d'après quelques exemples lirés de Cicéronet d’autres
écrivains latins.
Locus aut ager, ec. Perrault, conformément à quelques éditions de Vitruve, commencait ici le chapitre premier de ce livre, quoiqu'il ait donné lui-même les raisons qui prouvent que la préface, au lieu de s’arrêter aux mots quemadmodum ab eo explicala sit, ponam, ne finit qu'aux mots suivants : quibusque rationibus dilatentur aut contrahantur explicabo. I est évident, dit-il, que ce premier chapitre, de même que le second et le troisième, ne sont que la continuation de la préface, et que ce que Vitruve apporte de la mesure de Platon, de l’équerre de Pythagore et de l'invention d’Archimède, ne sont que des exemples
- qu’il propose pour confirmer ce qu’il a avancé à l'avantage … de la philosophie, et pour faire voir que tout ce que les plus valeureux athlètes pouvaient faire n’a rien de merveilleux ni d’utile, en comparaison des inventions des phi- Jlosophes et des mathématiciens. Nous avons donc supprimé, dans la traduction de Perrault, les Litres de ces trois chapitres, lesquels titres étaient ainsi conçus : CuartTRET. Za manièreque Platon a inventée pour mesurer une terre. — CHAPITRE II. De l’équerre, qui est une invention de Pythagore, et qu'il a tirée du triangle rectangle. —Cna- PITRE II. Par quel moyen on peut connatlre cerlainement s’ily a de l'argent mélé avec de l'or dans un ouvrage.
A Platone, utischema subscriptum est, explicata est in ima pagina. Schneider a corrigé ainsi cette phrase : A Platone fuit explicata uli schema subscriptum in ima pagina.
Quod quinque erit, viginli quinque. La quarante. septième proposition du premier livre d'Euclide est que le carré fait sur celni des côtés d’an triangle rectangle qui est sous l'angle droit est égal aux deux autres carrés qui sont faits sur les deux autres côtés; et cela est vrai de fous les triangles rectangles. Celui de Pythagore a cela de particulier qu’il est le premier de ceux dont les côtés sont comme nombre à nombre.
Id Pythagorascuminvenisset… hostias dicitur musis immolasse. Cicéron dit que Pythagore avait coutume . d’immoler un bœuf toutes les fois qu’il trouvait quelque nouvelle invention de géométrie ; mais Athénée rapporte qu'il en immola cent pour l'invention de la proposition dont il s’agit.
In sealis scaporum. Les degrés des escaliers ronds sont appuyés en dedans sur un poteau qui est mis droit à plomb, et que l’on appelle le noyau. Les degrés des escaliers qui sont carrés oblongs, et qui ont des rampes droites, sont appuyés surdes poteaux inclinés, suivant la pente des rampes ; les charpentiers appellent ces poteaux Les limons de l'échiffre. J'ai cru que Vitruve a voulu signifier les limons de l'échiffre par scapi scalarum ; car je crois avoir eu raison de corriger cet endroit en mettant scapi scalarum au lieu de scalæ scaporum, qui est dans tous les exemplaires sans aucune raison, parce qu'il est vrai de dire que les escaliers ont des poteaux, etnon pas que les po- - teaux ont des escaliers — Galiani atraduit les mêmes mots
par il fusto dellascala.
Ab sumuna coaxatione. Je traduis ces mots parle plancher du premier étage : on sait que coaxatio signifie axium conjunctio, et que axes signifie les planches ou ais dont les planchers sont faits. Or, summa coaxatio
- étant opposé ici à libramentum imum, devrait signifier à la lettre Le plus haut plancher; et pour traduire suivant le sens le plus raisonnable, au lieu du plancher du premier élage, il aurait fallu mettre le prenier pallier, parce qu'un escalier ne conduit pas ordinairement par une seule rampe depuis le rez-de-chaussée jusqu’à un étage, sans être interrompu par un pallier de repos. Mais parce qu’il ne s’agit ici que dela proportion de la hauteur des marches
VITRUVE
à leur largeur, il est indifférent de prendre la hauteur d'un ou de plusieurs étages, parce que la proportion d’une marche étant établie, elle donne celle de toutes les rampes, n’y ayant point d'autre proportion de la longueur d’une rampe à sa hauteur que celle de la largeur d’une marche à sa hauleur. J'ai donc interprété a summa coaxalione ad imum libramentum, depuis le plancher du premier étage Jusqu'au rez-de-chaussée, supposant que Vitruye fait son escalier avec une seule rampe; ce qui ne se peut faire depuis le plus haut plancher jusqu’au rez-de-chaussée. — Galiani traduit les mêmés mols par i7 pavimento del palco.
Ila enim erunt temperalæ graduum et ipsarum scalarum collocationes. La proportion des degrés , prise sur celle du triangle de Pythagore, west pas suivie partout : nous trouvons en France qu'elle rend Jes escaliers trop roides, el nous voulons que ce que Vitruve appelle le pied des échiffres ait du moins le double de ce qu’il appelle la perpendiculaire.
Posteaquam indiciumest factum. Je traduis, suivant Philander, par les mots, lorsqu'on éprouva l'or par la pierre de touche, les mots posteaquam indicium est
factum. Car bien que indicium signifie simplement la
connaissance que l'on a par quelque signe que ce soit, il y à grande apparence que Vilruve entend ici la connaissance que l’on ‘a de la pureté de l'or par la pierre de touche, qui, à cause de cela , est appelée index.
Deprehendit argentin auro mixlionem. semble que le Lexte dise simplement qu’Archimède connut qu'il y avait de l'argent mêlé parmi l'or. Mais il est siclair que Vitruve ne saurait avoir intention que lon l’entendit ainsi, que je n'ai point fait de difficulté de donner à ma traduction le vrai sens du texte; car il est constant qu'Archimède n'était pas en peine de savoir s’il y avait de l'argent mêlé avec l'or dans la couronne, puisque la pierre de touche l'avait déjà fait connaître, et que, pour en être encore plus assuré, il n’y eût eu qu'a faire voir que l’eau que la couronne faisait sortir était en plus grande quantité que celle qu’une masse d'or d’un même poids en faisail aussi sortir, n'étant point nécessaire de faire les autres épreuves dont il esLici parlé, comme d’avoir une masse d'argent du poids de la couronne, s’il ne s'agissait pas de connaître précisé. ment quelle quantité d'argent était mêlée avec l'or.
Voyez aussi Plutarque ; les vers de Rhemnius Fannius (De ponderibus, ch. 4), sur cette découverte d’Archimède ; les notes de Klügelius (Zn poetis minoribus Winsdorfii,t.V, part. {,p. 510); etMontucla, Histoire des mathématiques, t. I, p. 229.
Cum hœc sint tam magnis.….… . rerum considerantes effectus moveri. Ce passage assez obscur, suivant Schneider lui-même, a été traduit ainsi par Galiani : Æssendosi osservate queste cose con tantlo piacere nelle scien<e, e perche siamo naturalmente forzati ad esser locchi da ogniinvenzione, se ni consideriamo gli effecti.
Ch. 1. De zona duodecim signorum. contrario cursu. La traduction littérale de cetitre est : De La zone des douze signes, et du mouvement contraire des sept astres. Mais Perrault a traduit d’après la leçon la plus généralement suivie, et qui est : De gnomonicis rationibus ex radiis solis per umbram inventis, et mundo atque planetis.
Analemmatorum formæ. Ces manières de cadran ne montraient que la hauteur que le soleil avait tous les jours à midi, par la grandeur des ombres du gnomon; et ils n’étaient pas proprement des horloges, parce qu’ils ne marquaient point les heures, mais seulement les mois et les signes. Depuis, on les joignit aux horloges qui marquaient ensemble et les mois par la longueur des ombres, et les heures par leur déclinaison.
Analemma est ratio, ete. Ce passage est assez difficile
à entendre. Voici comment Galiani l’a rendu : Analemma s’intende una regola ricavata del corso del sole et stæbilita, coll osservazione della crescenza dell ombra dal solstizio d’inverno, per mezzo della quate colle operazioni meccaniche, è del compasso si à venuto incognisione dello stato vero del mondo.
Et umbre crescentis a brumaobservatione inventa. Saumaise, qui a corrigé ce passage en mettant a bruma au lieu de a brume, ne l’a corrigé qu’à demi ; car il faut aussi, au lieu de crescentis, mettre decrescentis, puisqu'il n’est pas vrai que les ombres des gnomons commencent à croître après le solstice d'hiver, parce qu’au contraire c’est le temps où elles commencent à diminuer jusqu’an solstice d’été, où elles sont les plus courtes.
Ibiquecircum cos cardines orbiculos….perfecit. Aulu- Gelle dit que, outre les cinq cercles ordinaires, savoir, l’'équinoxial, les deux tropiques et les deux polaires, M. Varron en mettait encore deux autres plus petits, qui touchent immédiatement Paxe qui les traverse. — Voyez Aulu-Gelle, I, 10; Varron, De R. R., I, 2,4.
Veneris…. XXXX diebus percurrit signi spatium. Vitruve a dù entendre plus de 40 jours, parce que le chemin que Vénus fait dansles douze signes n'irait qu'à 400 jours, supposé, que n'étant point empêchée, elle ne demeurât que 40 jours dans chaque signe.
Saturni vero mensibus XX XI el amplius paucis diebus. Si, comme Vitruve dit, et comme il est vrai, Saturne achève son cours en 29 ans et 160 jours, il faut qu’il soit dans chaque signe 29 mois et 26 jours, donnant 30 jours à chaque mois : car ce temps, qui fait 896 jours, multiplié par 12 fait 10,752 jours, qui sont le nombre des jours de 99 ans 160 jours. Il faut donc lire XXIX mois et quelques jours, au lieu de XXXI mois, parce qu'il est vraisemblable qu’un copiste a mis l’I après les trois X, au lieu de le mettre avant le dernier.
Non lucidis itineribus errantia per eam sidera obscurilatis morationibus impedire. Barbaro examine sérieusement ce raisonnement, et témoigne n'être pas entièrement persuadé que la raison qui fat que les planètes retardent leur cours quand elles sont rétrogrades, se doive prendre de l'incertitude où elles sont du chemin qu’elles doivent tenir à canse de l'obscurité de l'endroit par où elles passent, parce qu’elles sont éloignées du soleil. Mais il ne s'explique point sur les raisons qu’il a de ne demeurer point d’accord de cette théorie; et il ne dil point si ce qui le fait douter est le peu d'apparence qu'il y a que les planètes les plus éloignées, comme Saturne et Jupiter , ne soient pas suffisamment éclairées dans leur chemin, par la raison que ces astres étant des êtres divins, doivent avoir la vue pour le moins aussi bonne que nous, qui sommes suffisamment éclairés en notre chemin par Ja lumière du soleil, quelque éloigné qu’il soit de nous.
Ergo potius ea ratio nobis constabif, ele. Cette opinion de Vitruve sur la station ou rétrogradation des planètes est rapportée par Pline, qui en parle comme en étant le premier auteur ; et il l'explique ainsi : Stellæ solis radio percussæ inhibentur rectum agere cursum, et ignea vi levantur in sublime.
Ad quintum ab eo signo. J'ai cru qu’il fallait lire jusqu'au quatrième (signe), bien qu'il y ait ad quintum dans le texte. Ma raison est que, dans la doctrine des aspects des planètes, le sextil est par l'éloignement de deux signes, le quadrat par celui de trois, et le trine par celui de quatre ; de même que l'opposition est par celui de six. Et il y a apparence que dans le premier exemplaire le nombre 4 était marqué IV, et que le caractère I ayant été effacé, on a écrit ad quintum , au lieu de ad 1V, qu'il y avait dans l'original. Et on ne peut pas dire que parce que le point qui termine le quatrième signe est le commencement du cinquième, Vilruve a entendu que le soleil
est au cinquième signe quand il a achevé le quatrième ; car ce qui est dit ici du cinquième signe est pour répondre à ce qui a été demandé un peu devant, savoir, pourquoi le soleil par sa chaleur relient plutôt les planètes qui sont dans le signe dont il s’agit, que celles qui sont dans le second ou das le troisième ; car il est évident que le second et le troisième, qui sont comparés à celui dont il s’agit, sont appelés comme les signes où se font les autres aspects. Or, ayant été dit que l'aspect trine se fait au cinquième signe, parce que le soleil l’a atteint, il faudrait dire aussi que les autres aspects sont faits au troisième el au quatrième signe, et non au second et au troisième.
Que longius a sole essent, hæc vehementius ardere. L'opinion que l’on peut avoir que le soleil échauffe davantage les corps qui sont éloignés, est fondée sur ce que Ja moyenne région de l'air, qui est plus proche du soleil, nous paraît plus froide que la basse, qui en est plus éloignée ; mais la conséquence que l’on tire de cette expérience est fausse, parce que la moyenne région n’est pas froide à cause de la faiblesse de la chaleur du soleil, mais parce que les corps qui sont en cet endroit sont moins capables de recevoir l'impression de ses rayons, faule de l’opacité nécessaire pour cela, et qui, arrêtant les rayons du soleil, est cause de la chaleur que le soleil ne produit point dans les corps transparents, où ses rayons ne sont point arrêtés, ainsi qu'ils sont sur la terre.
Ergo sol... radis exurens efficit candentem. Cette raison s'accorde mal avec ce que Pauteur a dit, savoir, que le soleil échauffe davantage les corps qui sont éloignés de lui.
Cli. IT (ou IV, sect. 17 el suiv.). Z{aque quot mensibus sub rotam solis……. ea est illuminata. J'ai remis en sa place une ligne que je crois avoir été transposée : car il y a dans tous les exemplaires : {laque quot mensibus (Cestà-dire singulis mensibus) sub rolam solis radiosque primo die anlequam prælerit latius obscuratur, eË quoniam est cum sole, nova vocatur, etc.; quotidie vero discedens cum pervenit ad diem seplimum , distans à sole occidente, circiter medias cœli regiones dimidia Lucet, el ejus quæ ad solem pars speclat ea est illuminata. Or, ces mots, el ejus queæ «d solem pars spectat ea est illuminata, ne sont point en leur place, et ne signifient rien. C’est pourquoi je les ai mis ainsi en leur ordre : Iaque quot mensibus sub rotam radiosque primo die antequam preæterit, latius obseuratur, et éjus quæ ad solem pars spectat, ea (tantum ) est illuminata, et quoniam est cum sole, etc.
In se recipil splendorem. Ce texte n’a point de sens dans tous les exemplaires, où il y a que quand la lune est pleine, fotius orbis solis in se recipit splendorem ; car il est toujours vrai qu’en quelque état que soit la lune, elle reçoit toujours la lumière du soleil d’une même manière : mais elle ne renvoie vers la terre toute la lumière qu’elle reçoit du soleil, que lorsqu'elle est pleine. C’est pourquoi jai cru qu'il faut lire, éolius orbis a se rejicit Splendorem. Car bien qu’en toul temps la lune rejette absolument tout la lumière du soleil, de même qu'elle la recoit toujours toute entière, il est pourtant vrai qu'il ne s’agit ici que de ce que la lune fait à l'égard de la terre, sur laquelle elle renvoie tantôt plus, tantôt moins de cette lumière, quoiqu’elle la reçoive toujours également
Ch. IE (ou V). Cum sol Arielis signum init et partem oclavam pervagatur. Columelle apporte la raison pour laquelle les solstices et les équinoxes, parmi les anciens, n'étaient pas au commencement des signes, mais à leur huitième partie, savoir, que cela se faisait ainsi, parce que l’on suivait les fêtes qui avaient été mises vers ce temps-là de l’année où Eudoxus, Meton, et les autres anciens astronomes, avaient cru qu’étaient les points des
équinoxeset dessolslices ; quoique dans la vérité ils soient au commencement des signes, ainsi qu'Hipparchus la enseigné depuis.
Cum progreditur ad caudam Tauri. Pline met les Pléiades dans la queue du Taureau, ce qui est contre lusage des astronomes, qui n’altribuent les étoiles de la constellation du Taureau qu’à la moilié de devant ; car quand même on entendrait par la queue du Taureau l'extrémité dela constellation, il n’est point vrai que les Pléiades soient dans cette extrémité, mais entre cette extrémité et la tête, ainsi que Vitruve le dit.
In majus spatium mundi quam dimidium procurit. Cela doit s'entendre du cercle équinoxial, qui divise ic cielen deux parties égales.
Magis crescit supra lerram. C'est-à-dire qu'à midi il est plus éloigné de l'horizon.
Ch. IV (ou VI). De sideribus ad dextram orientis… et septentrionem. Perrault a suivi la lecon de Jocundus : De sideribus quæ sunt a zodiaco ad seplentrionem. Ce chapitre est intitulé aussi, dans quelques éditions : De cæteris sideribus dextra ellæva zodiaci.
De sideribus. Je traduis sidus, une constellation, qui est l'anes de plusieurs étoiles, suivant l’étymologie de synodeuein, qui signifie marcher ensemble. Les anciens, selon Suidas , faisaient cette même distinction entre as/er, qui signifiait une seule étoile, et as{ron, qui signifiait un signe composé de plusieurs étoiles.
Colorataitem alia. Quelques éditions ayant ici species, Perrault dit : « Je corrige cet endroit après Philander, en lisant spica, au lieu de species. I] y a une infinité d’autres fautes dans la description de toutes ces constellations, qu’il faut suppléer par la connaissance que l’on a de la chose, qui est claire et certaine de soi. »
Qui Arcturus dicilur. Je crois qu’il faut lire Arc/ophylax, au lieu d’Arcturus, parce qu’Areturus est une étoile de la constellation appelée 4rc{ophylax, qui est proprement le gardien de l’Ourse, appelé autrement Bootès. Or, l'étoile Arcturus, qui signifie la queue del'Ourse, est ainsi appelée à cause qu’elle est fort proche de la queue de l'Ourse.
Equi ungulæ attingunt Cassiopeam : Aquari genu, ele. J1 y aurait contradiction au texte si on ne le cornigeait, et si, au lieu de Equi ungulæ attingunt Aquarii genua, onnelisait: Equiungulæ attingunt Avis pennas ; car il est dit ensuite que les pieds du Cheval sont sur la queue du Cygne. Cette correction est encore de Philander.
Genua media. dedicata Capricorni. Pour traduire le texte en l'état qu'il est, il faudrait dire que l'étoile du milieu de Cassiopée est dédiée au Capricorne; ce qui n’est point vrai, car le Capricorne est fort éloigné de Cassiopée. C’est pourquoi j'ai cru qu'il fallait changer la ponctuation, et au lieu de Cassiopeæ media, est dedicata Capricorno, supra in allitudine Aquila et Delphinus, j'ai pensé qu'il faut lire : Cassiopeamediaest(scilicet Cepheiet Andromedæ) dedicata (sup. est ) Capricorno, supra in altitudine Aquila, (sicut) et Delphinus, parce que l’Aigle el le Dauphin sont au-dessus du Capricorne.
Qui dicitur Nivus in genibus. Higynus dit qu'Herculeest appuyé sur le genou droit, et qu'ilale pied gauche sur la tête du Serpent.
Qui Septentriones dicuntur. Selon Varrron, Triones signifie des bœufs, quasi teriones a lerendo; mais on men compte que trois, parce que les autres étoiles font le
Chariot. D’autres entendent par friones des triangles ; mais ce n’est point nne chose particulière aux étoiles de la grande Ourse de pouvoir faire des triangles.
[Parve per eos flectitur Delphinus.] Fhilander lit : Parvi Equi per os flectitur Delphinus.
Ch. V (ou VII). De sideribus ad siñistram.. el meridiem. Perraull a encore traduit le titre de ce chapitre d’après
la leçon suivante de Jocundus : De sideribus que sunt & sodiaco ad ineridiem.
Caudam prospiciens Ceti. I y a dans mon texte cauda Prospiciens Cephea. Philander lit Celum, au lieu de Cephea, parce que Céphée est trop loin du poisson méridional ; mais il n'est point vrai non plus que la queue du poisson méridional soit tournée vers la Baleine, car c’est sa tête ; et la queue est tournée vers le Sagittaire, qui est le centaure Chiron. C’est pourquoi, puisqu'il agit de mettre ur mot au lieu de Cephea, j'ai mieux aimé lire Centaurum que Cetum.
Centauri priores parles simulacrum id, ele. Je corrige cet endroit, quin'a aucun sens; et, an lieu de Centauripriorespartes protimeæsunt Libræ, el Scorpionem tenent in manibus simulacrum id, etc,. je lis : Centauri priores partes proximeæ sunt Libræ et Scorpioni, tenent (scilicet priores kæ Centauripartes) in manibus simulacrum id, ete. W faut remarquer qu’il y a deux Centaures dans le ciel, savoir, le Sagittaire, dontil vient d'être parlé ; et l’autre Centaure , qui porte le Loup.
Queæ autem sunt supra scapulas. I n’est pas aisé de deviner quelles sont les épaules dont Vitruve entend parler ; car il n’y a point d'étoiles luisantes aux épauies de la Vierge, qui semblent néanmoins devoir être celles dont il s'agit dans le texte.
Pressus ungula Tauri. J'ai lu, comme Philander, Tauri,au lieu de Centauri, parce que le Centaure est bien loin de là.
Clavam altera ad Geminos tollens.Je corrige le texte, etje lis e/ cam ad Geminos tollens, an lieu de alteram ad Geminos tollens, parce que la vérité est qu'Orion lève vers les Gémeaux sa massue, qu'il tient de iamain gauche, et non pas de l’autre main.
Apud vero ejus basim, etc. J'ai suivi la correction de Philander, qui, au lieu de caput ejus basim, etc., Lepus, litapud ejusbasim,ete., Lepus, c'est-à-dire, Le Lièvre est à l'endroit de sa base, pour dire, Le Lièvre Lui sert de base.
Canis parvo intervallo insequens Leporem. 11 faut entendre que Vitruve veut dire le contraire de ce qu'il dit ; car il dit que le Chien sert de base à Orion, ce qui n’est point vrai, parce que c’est le Lièvre, et non pas le Chien, qui est sous les pieds d'Orion; de sorte qu’au lieu de Canis parvo intlervallo insequens Leporem, je croirais qu'il faudrait lire Cani parvo inlervallo assidens Lepus ; parce qu'outre que le Chien n’est point sous Orion, il n’a aussi jamais été représenté dans les globes comme suivant le Lièvre, mais assis auprès du Lièvre.
‘Apreôovas. Perrault lisait : Epuedcvat. « C’est avec raison, dit-il, que Philander dit que ce mot, qui signifie les délices de Mercure , appartient point au sujet. Baldus croit qu'il faut lire karmenode, c’est-à-dire un nœud, qui est la jonction et l'assemblage des liens qui attachent les Poissons. »
Nodus Piscium. Piscium est une correction de Philander. Les exemplaires avaient auparavant Serpentium.
Ch. VI (ou VI, sect. 5, 6,7). £uctemon. Turnèbe corrige cet endroit, et au lieu de Eudæmon, Callistus, Melo, qui sont dans les exemplaires imprimés , il lit Zuchæmon, Calippus, Melo, qui sont les noms des illustres astronomes dont Ptolomée fait mention.
Purapegmatorum. J'ai traduit à la marge parapegmata, l'usage des instruments qui servent aux observations astronomiques , Suivant fopinion commune et contre le sentiment de Saumaise, qui croit que parapegma en cetendroit signifie une table d’airaia sur laquelle étaient gravés la figure du ciel , le lever et le coucher des étoiles, et les saisons de l’année ; de sorte que parapegma, selon Saumaise , est leffet et la production de la science même qui a été trouvée par les moyens qui son! appelés vera
pegmala par ceux qui suivent l'opinion vulgaire. Mais cette opinion vulgaire me semble être plus conforme au texte, parce qu’il est dit que les astronomes ont trouvé la science des astres par la parapegmatique, siderum occasus et ortus parapegmatum disciplina invenerunt. Or, parapegma est un mot grec qui signifie en général une chose clouée et fichée quelque part, comme sont les lames d’airain dans lesquelles les lois, les déclarations des princes et les bornes des héritages étaient gravées, et que la langue frauçaise exprime assez bien par le mot d'affiche. Mais il signifie aussi l'assemblage de plusieurs pièces; ce qui convient bien aux instruments de mathématique, qui servent aux observations astronomiques.
Ut etiam videantur divina mente tempestatum significatus.… pronunciare. L'argument de Vitruve est bon quant à la forme; mais la principale des propositions est fausse, qui est que les astronomes prédisent le changement des saisons; et l’on peut par le même raisonnement €eonclure fort bien que les prédictions que les astrologues font du changement du temps étant [ usses, comine elles sont, celles qu’ils font de la fortune des hommes le doivent être encore davantage; parce que la raison du peu de succès de leurs prédictions en ce qui regarde la fortune des hommes , qui est la liberté de leur volonté, manque à l'égard des éléments, qui, n'ayant rien qui résiste aux impressions des astres, ne devraient jamais manquer de faire paraître les effets de ces impressions conformes aux prédictions des astrologues , si ces philosophes avaient la connaissance des causes de ces impressions.
Ch. VII (ou VIT). Docetur analemmatos deformatio, Perrault a traduit d’après l’ancienne leçon , que voici : De horologiorum rationibus el umbris gnomonum æquinoctiali lempore Romæ et nonnullis aliis locis.
Dierum brevitates itemque depalationes. Je traduis dierum depalationes, la proportion de l'ombre équinoxiale, supposant que depalatio vient de palus, un pieu, qui signifie le gnomon qui, étant fiché droit comme un pieu, fait des ombres à midi, qui sont différentes chaque jour. Depalatio est différemment interprélé par Turnèbe et par Baldus, qui confessent l’un et l’autre ne savoir pas bien précisément ce que Vitruve à voulu exprimer par ce mot, que l’on ne trouve point dans les autres auteurs latins. Turnèbe croit que Vitruve entend par depalatio , qui est quasi pali remotio, cette manière d’allonger et d'accourcir les jours, dont il sera parlé ci-après, et qui se faisait dans les clepsydres par le moyen d’un coin de bois qui, étant tiré ou poussé, faisait lever ou baisser un cône qui, fermant plus ou moins un entonnoir, en laissait tomber plus ou moins d’eau ; ce qui servait à allonger ou à accourcir les heures. Baldus, qui ne trouve pas à propos de transférer aux cadrans au soleil ce qui appartient aux clepsydres, croit que depalatio, qu’il fait venir du verbe palor, qui signifie errer et courir çà et là, dénote l’inécalité des ombres qui, augmentant et diminuant, semblent courir tantôt d’un côté, tantôt d’un autre. Mais ces deux interprètes s'accordent, en ce qu'ils entendent que depalatio est pour les changements qui arrivent à la grandeur des jours, et ils ne diffèrent qu’en l’étymologie. Je crois avoir exprimé ce sens dans ma traduclion.
Ad gnomonis centrum. Il y a manifestement faule au texte : car il faut ou gnomonis extremum, où circuli centrum, parce que gnomonis centrum n’a point de sens.
Circinationis totius sumenda pars est quinla decima. Vitruve suppose que la plus grande déclinaison du soleil est de 24 degrés; ce qui n’est pas précisément vrai, parce qu’elle n'est que de 23 degrés ;. Mais cetle précision n’est pas nécessaire dans la confection des cadrans au soleil.
Linea vocatur lacotomus. Les grammairiens ne sont point assurés de la signification de ce mot, qui paraît grec,
et qui ne se trouve point dans le traité que Ptolomée a fait de l’analemme. L'opinion la plus commune est qu'il vient du grec lahkis, qui signifie une rognure de drap ; et du verbe temno, qui signifie couper : car cette ligne appelée /acotomus coupe une pièce du méridien.
Qui menaeus dicitur. La plupart des exemplaires ont manacus , sans raison. Jocundus lit manacus , qui signifie appartenant aux mois. L’étymologie se prend du grec man, qui, selon la prononciation commune, signifie le mois. Scaliger croit que le mot a/{manach vientdece motmanaeus. Ce cercle représente la ligne écliplique, qui est divisée en douze pour les douze signes, qui font les douze mois.
Ch. VHIL ( ou IX). Horologiorum. Le mot d'horloge en français ne signifie ordinairement que celles qui sont à contre-poids et qui sonnent : celles qui sont à ressort et portatives s'appellent montres ; celles qui sont pour le soleil s'appellent cadrans. Néanmoins le nom d'horloge peut passer pour général, el je l'ai employé en cette signification, parce qu'il est ici nécessaire pour comprendre les deux espèces de machines à marquer les heures dont il est parlé dans ce chapitre, qui sont les cadrans au soleil et les clepsydres.
Hemicyclium.... ad enclimaque succisum. Enclyma signifie inclinaison ou pente. Il y a apparence que le cadran de Bérose était un plinthe incliné comme l’équinoxial , etque ce plinthe était coupé en hémicycle ou demi-cercle concave au bout d’en haut qui regarde le septentrion, et qu’il y avait un style sorlant du milieu de l’hémicycle, dont la pointe répondant au centre de Phémicytle représentait le centre de la terre; et son ombre tombant sur la concavité de l'hémicycle, qui représentait l’espace qu’il y a d’un tropique à l’autre, marquait non-seulemient les déclinaisons du soleil, c’est-à-dire les jours du mois, mais aussi les heures de chaque jour. Car cela se pouvait faire en divisaut la ligne de chaque jour en douze parties égales; ce qui se doit entendre des jours qui sont depuis l’équinoxe d'automne jusqu'à celui du printemps, élant nécessaire d'augmenter lhémicycle au droit des autres jours qui ont plus de douze heures équinoxiales.
Scaphen sive hemisphærium. Les deux mots de scaphé et d'hemisphærium, dont Vitruve se sert pour expliquer le cadran d’Aristarchus, sont, à mon avis, jointsen, semble pour faire entendre que l'hémisphère était sphérique concave, etnon point, comme quelques interprètes veulent, poursignifier que ce cadran était en ovale. Martianus Capella dit que les cadrans appelés scaphia étaient creusés en rond, ayant un style élevé au milieu ; et il y a raison de croire que l'extrémité du style répondant au centre de l'hémisphère concave faisait dans ce cadran le même effet que dans l’hémicycle.
Discum. Disecos en grec signifie un corps rond et plat. Mon opinion est que le disque d’Aristarque était un cadran horizontal, dont les bords étaient un peu relevés, pour remédier à l'inconvénient qui a été ci-devant remarqué dans les cadrans dont le style est droit, et élevé perpendicu= lairement sur l'horizon : car ces bords ainsi relevés empêchent que les ombres ne s'étendent trop loin.
Arachnen. Si celte araignée est celle qui est aux astrolabes, ainsi qu’il y a grande apparence, elle est décrite ciaprès dans ce même chapitre, sous le nom d’horloge anaphorique.
Nonnullidicunt Apollonium. Plinthiumsive lacunar, etc. Je corrige cet endroit, suivant le conseil de Baldus, qui veut qu'on lise plinthum sive laterem, au lieu de plinthium sive lacunar; ear plinthus en grecet later en latin signifient la même chose, savoir, une brique ou carreau; et Lacunar signifie une chose dont la figure est tout à fait contraire à celle d’une brique, lacunaär étant une chose creuse, et plinthus et Later une chose pleine et relevée.
Lpù; +à isrogouuevx. Les interprètes ont des opinions
différentes sur l’explication de ce cadran. Baldus croit qu'il est opposé à celui qui est appelé Prospanclima, c’est-àdire qui peut servir à tous les climats de la terre, au lieu que celui-ci n’est que pour les lieux dont les historiens et les géographes ont parlé. Cisaranus croit que ce nom lui à été donné parce que les figures des signes y étaient peintes , suivant ce qui est rapporté dans les fables ; mais cela u’est point de l’essence d’un cadran.
Pelecinon. Les cadrans faits en hache sont probablement les cadrans ou les lignes transversales qui, marquant les signes et les mois, sont serrées vers le milieu et élargies vers les côtés; ce qui leur donne la forme d’une hache à deux côtés, qui est notre hallebarde.
Les cadrans en cône et en carquois sont apparemment - les verticaux, qui regardent l’orient ou l'occident, qui,
étant longs et situés obliquement, représentent un carquois.
Dictus est artificiosisrebus se delectare. L'expression des mécaniques, qui est fort usitée en français, contient, ce me semble, la véritable signification des mots rebus artificiosis, et j'ai cru que, aux choses artificielles , aurait été trop vague.
Horologiorum ex aqua comparationes explicuit. Il ya sujet de s'étonner que Vitruve, qui affecte tant d'apporter des noms grecs pour signifier les choses qui enont de'latins, emploie ici une circonlocution latine, au lieu de se servir du mot grec de clepsydre , dont l’usage était fort commun parmi les Romains. Ces horloges, dont il y avail plusieurs espèces, ainsi qu’il se voiten ce chapitre, avaient tout cela de commun que l’eau tombait iusensiblement par un petit trou d’un vaisseau dans un autre, dans lequel, en s’élevant peu à peu, elle élevait un morceau de liége, qui faisait connaitre les heures en differentes manières. Elles étaient aussi toutes sujeltes à deux inconvénients.
Le premier, qui est remarqué par Plutarque, est que l’eau s’écoulait avec plus ou moins de difficulté, selon que Pair était plus ou moins épais , ou plus froid ou plus chaud ; car cela empêchait que les heures ne fussent justes. L’au- {re est que l’eau s’écoulail plus promptement au commencement, lorsque le vaisseau d’où l’eau tombait était plein, que vers la fin, à cause que la pesanteur de l’eau était plus grande au commencement qu’à la fin; et c’est pour remédier à cet inconvénient qu'Oronce a inventé sa clepsydre, quiest un petit navire qui nage sur l’eau, et qui se xide par un siphon qui est au milieu du navire : car le navire se baisse à mesure que l’eau est vidée par le siphon qui la fait sortir toujours d’une même force, parce qu’il prend toujours l’eau proche de sa superficie. Nous avons substilué aux clepsydres des anciens nos horloges de sable.
Conarchenen conatum..…., antiboræum. On ne trouve point ces mots dans les autres auteurs , ni grecs ni latins. Le gonarque et l’engonate semblent être dérivés du grec, et signifier des cadrans faits sur des superficies différentes, dont les unes étant horizontales, les autres verticales, les autres obliques, font plusieurs angles ; ce qui fait appeler ces cadrans angulaires et pliés, à cause que gony signifie un angle et un genou. Pour ce qui est de l’antiborée, Baldus dit que c'est un cadran équinoxial, tourné vers le septentrion ; mais la vérité est qu’un cadran équipoxial a deux parties : l’une tournée vers le septentrion pour le printemps et pour l'été, l'autre vers le midi pour
. l'automne et pour l'hiver.
Pensilia. J'interprète portatifs le mot pensilia, quoique horologium pensile ne contienne pas toutes les significations que peut avoir Aorloge portative ; parce qu'il ya des cadrans portatifs dont on ne se sert point en les tenant pendus, mais parce que la plupart de nos cadrans portatifs sont fails avec des aiguilles aimantées, dont les anciens n’axaient point l'usage. Il y a apparence qu'ils n’avaient
point d’autres cadrans portatifs que ceux dont onse sert en les tenant pendus, tels que sont les cylindres et les anneaux astronomiques.
Scaphium inversum. J'ai interprété scaphium, un vaisseau; et il y a apparence que celui dont on se servait aux clepsydres était fait pour enfermer de l'air étant renversé sur l’eau, afin que cet air le soutint; ce qui faisait le même effet que le liége, qui, par sa légèreté, nage aisément sur l’eau. Mais j'ai cru qu'il y a faute au texte, et qu’au licu de aqua sublevat scaphium inversum, quod ab artificibus phellos sive tympanum dicitur, il faut lire aqua sublevat phellon aut scaphium inversum, quod ab artificibus tympanum dicitur, n'y ayant point d'apparence qu'un vaisseau renversé puisse èlre appelé un liége, mais bien un tambour ; parce que le vaisseau renversé et le tambour nagent sur l’eau par une même raison, qui est celle de leur figure, capable d’enfermer beaucoup d’air qui les soulève; mais ce qui fait nager le liége est seulement la légèreté de sa matière.
Calculi aut ova. Presque tous les exemplaires ont {ona au lieu d’ova , que Cisaranus a corrigé, et Barbaro aprés lui. On peut douter si ces pierres que ces horloges jettent ne sont point pour marquer les heures en tombant dans un bassin d’airain, et si elles ne tiennent point lieu de la sonnerie de nos horloges. Ce que Vitruvedit, au quatorzième chapitre du dixième livre, des machines que les anciens faisaient pour mesurer le chemin que l’on faisait en carrosse donne lieu à celte pensée.
Ad hibernum usum. Les clepsydres étaient les horloges d'hiver, à cause que les cadrans au soleil ne sont pas d’usage dans cette saison. Outre les horloges d’hiver , quisont les clepsydres, et celles d'été, qui sont les cadrans au soleil, les anciens en avaient une troisième espèce, que lon appelait les horloges de nuit. Il en est parlé sur le quatorzième chapitre du dixième livre. Maïs il faut remarquer que les horloges des anciens étaient bien plus difficiles que les nôtres, où les heures sont toujours égales; car les heures changeaient tous les jours parmi eux, parce qu’ils partagaient toujours le jour, c’est-à-dire le temps qu’il ya depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, et la nuit de même, en douze heures égales. Il faut encore remarquer qu’ils se servaient de deux moyens pour faire marquer à leurs clepsydres ces heures différentes. Le premier était de changer de cadran tous les jours, et faire par ce moyen que, bien que le mouvement de l'index fût toujours égal, les heures ne laissassent pas d’être inégales, leurs espaces étant tantôt plus grands, tantôt plus petits. Vitruve apporte deux exemples de cette sorte de clepsydre, savoir, la clepsydre de Ctésibius, et la clepsydre anaphorique.
La seconde espèce declepsydre était celle où, sans changer de cadran, les heures étaient Lanlôl grandes et tantôl petites par l’inégalité du mouvement de l'index, qui dépendait du tempérament que lon donnait à l’eau, pour parler comme Vitruve. Ce tempérament se faisait en agrandissant ou rapetissant le trou par lequel l’eau sortait : car cela faisait qu'aux longs jours, où les heures étaient plus grandes, le trou étant rapetissé, il tombait peu d’eau en beaucoup de temps; ce qui faisait que l’eau montait lentement et faisait descendre lentement le contre-poids , qui faisait tourner le pivot auquel l’index étaitattaché. Vitruve donne aussi deux exemples de cette espèce de clepsydre, savoir, la clepsydre des deux cônes, et la clepsydre à deux tympans.
Quemadmodum se temperet adrationem. Les mots pour marquer cette inégalité ne sont point dans le texte expressément, mais j’ai cru qu'ili étaient en puissance dans ces mots ad rationem. Car le sens est que l’on pent faire que les heures inégales seraient marquées par l’inégalité du cours de l’eau , de même que la différente disposition du clou produit cet effet dans l'horloge anaphorique,
ou par la différente situation de la colonne dans l'horloge, où les heures sont indiquées par le bout d’une bagueLle.
Ex œre tympanum. Le mot de fympanum signifie beaucoup de choses différentes ; car c’est quelquefois le dedans d’un fronton, quelquefois une roue d'horloge, quelquefois une roue creuse qui sert à élever de Peau; ci-devant, dans les clepsydres de Ctésibins, c’est un vase renversé, qui nage sur l’eau. Ici c’est un cercle de cuivre large et semblable à un tambour de Biscaye, et ce tambour est de deux espèces : Pun plus grand, que l’on nomme femelle ; Paûtre plus petit, qui s’emboîte dans le grand, et qui est appelé mâle.
Cum sol fuerit in Capricorno, orbiculi, etc. Tous les exemplaires ont constamment cette période : Cum sol fucrit in Capricorni orbiculo, lingula in majoris tympani parle el Capricorni quotidié singula puncta langens, ad perpendiculum habel aqueæ currentis vehemens pondus, celeriler per orbiculi foramen id extendit ad vas, etc. Mais parce qu’elle n’a point de sens, et que l’on peut lui en donner en changeant peu de chose, j'ai interprété comme s’il y avait : Cum sol fuerilin Capricorno, orbiculi (hoc est minoris tympani) lingula in majoris tympani parte, que est Capricorni, quotidie singula puncta tangens, ad perpendicu- Lum habel aqueæ currentis vehemenspondus et celeriter per orbiculi foramen, id (hoc est aquæ vehemens pondus, au nominatif) extendit ad vas, ele.
Minoris tympani.... tum descendit foramen a perpendiculo, J'ai suivi la correction de Barbaro, qui met minoris tympani, au lieu de majoris et descendit tum foramen a perpendiculo, au lieu de cuncta descendunt foramina perpendiculo.