‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 206 sur 265 · PARS PRIMA · texte numérisé non relu

PARS PRIMA

JV. Ab Urbe condita per annos cccexi1 contenti fuerunt Romani usu aquarum, quas aut ex Tiberi, aut ex puteis, aut ex fontibus hauriebant. Fontium memoria cum sanctitate adhuc exstat, el colitur : salubritatem enim ægris corporibus afferre creduntur, sicut C. Ammaranius Apollinaris meminit.

Nunc autem in urbem influunt aquæ Appia, Anio vetus, Marcia, Tepula, Julia, Virgo, Alsietina, quæ eadem vocalur Augusta, Claudia, Anio novns.

FRONTIN

Eau Appia.

V. Cette eau fut conduite à Rome sous le con sulat de M. Valérius Maximus et de P. Décius Mus ({), trente-un ans après le commencement des guerres samnites, par les soins d’Appius Claudius Crassus, alors censeur, et qui, dans la suite, fut surnommé l’Aveugle. C'est le même qui fit construire la voie Appia, depuis la porte Capène jusqu’à la ville de Capoue. Il eut d'abord pour collègue C. Plautius, surnommé Venozx, à cause de ses recherches pour découvrir les veines de cette eau; mais ce dernier abdiqua la censure au bout de dix-huit mois, trompé par son collègue, qui lui avait promis d’en faire autant ; et Appius eut seul l'honneur de donner son nom à cette eau. On accusa encore Appius d’avoir usé de plusieurs subterfuges pour prolonger sa censure, jusqu’à ce qu'il eût achevé cet aqueduc et la voie Appia. ?

L'eau Appia est prise dans le champ de Lucullus , entre le septième et le huitième milliaire de la voie Prénestine, en allant par un sentier à gauche, dont la longueur est de 780 pas. Son aquedue, depuis son origine jusqu'aux Salines (lieu situé près la porte Frigémine), est de 11,190 pas, dont 11,130 en conduits souterrains; le surplus, tant au-dessus du sol qu'en arcades, est de 60 pas jusqu’à la porte Capène. Au bout des jardins Torquatiens, près la Vicille-Espérance, Auguste réunit à ces eaux une partie de celles du ruisseau qui porte son nom... C'est probablement pourquoi on donna au point où ces eaux se réunissent le surnom de Gémelles. La source de ce ruisseau est vers le sixième milliaire, en

(1) 442 de la fondation de Rome, selon Varron, et 3:2 avant J. €, Aqua Appia.

V. M. Valerio Maximo, P. Decio Mure coss., anno post initium samnilici belli xxx1, aqua Appia inducta est ab Appio Claudio Crasso censore, cui postea Cæco fuit cognomen, qui et viam Appiam, & porta Capena usque ad urbem Capuam, muniendam curavit. CoHegam labuit C. Plautium , cui ob inquisitas ejus aquæ venas Venocis cognomen datum est. Sed quia is intra annum et sex menses, deceptus à collega tanquam id idem facturo , abdicavit se censura, nomen aquæ ad Appii tantum honorem pertinuit : qui mullis tergiversationibus extraxisse censuram traditur, donec el viam, et bujus aquæduetum consummaret.

Concipitur Appia in agro Lucullano, via Prænestina, inter milliarium var et vin, diverticulo sinistrorsus passuum pecLxxx. Ductus ejus habet longitudinem a capite usqne ad Salinas, qui loeus est ad portam Trigeminam, passuum x1 millium cLxxxx; sub terram passuum xt millium CXXx; supra terram substructione , el arcuatione proxime ad portai Capenam passuum Lx. Jungitur ei ad Spem Velerem, in confinio horlorum Torquatianorum et... ramus Augustæ ab Augusto in supplementum ejus additus, in

suivant un sentier à gauche, jusqu'à 980 pas. L’'aqueduc de l’Appia recoit encore les eaux d’une autre source qui est proche de la voie Collatia , et qui arrive aux Gémelles par un conduit souterrain, dont la longueur est de 6,380 pas.

L'eau Appia commence à se distribuer au bas de la descente de Publicius, près de la porte Trigémine, à l'endroit appelé les Sulines.

Anio vieux.

VI. Quarante ans après que l’Appia eut été conduite à Rome, vers l’an 481 de sa fondation, Man. Curius Dentatus, qui exerçait la censure avec L. Papyrius Cursor, sous le second consu-— lat de Spurius Corvilius et de L. Papyrius , entreprit de conduire à Rome l’eau appelée actuellement le vieil Anio, en y employant une partie du butin fait sur Pyrrhus. Cette entreprise ayant été interrompue pendant deux ans, on proposa au sénat de l’achever. Pour y parvenir, on créa un duumvirat, composé de Curius, qui avaït commencé l’entreprise, et de Fulvius Flaceus ; mais Curius étant mort cinq jours après sa nomination, ce fut Fulvius qui eut la gloire de terminer cet aqueduc. Le vieux Anio est pris au vingtième milliaire d’une ancienne voie au delà de Tibur, hors de la porte....…., où une partie de ses eaux est distribuée pour l’usage des Tiburtins. La longueur de cet aqueduc, pour soutenir le niveau de ses eaux, est de 43,000 pas, dont 42,179 en conduits souterrains, et 221 en substructions au-dessus de terre.

Eau Marcia.

VIT. Cent vingt-sept ans après, c’est-à-dire le

posito cognomine respondenti Gemellarum. Hic via Prænestina ad milliarium vi, diverticulo sinistrorsus passuum DCCCCLxxx, proxime viam Collatiam, accipit fonem, cujus ductus usque ad Gemellas effcit, rivo subterraneo, passuum VI millia CCCLXXX.

Incipit distribui Appia sub Publicii clito ad portam Trigeminam, qui locus appellatur Salineæ.

Anio velus.

- » VI. Post annos XL, quam Appia perducla est, anno ab Urbe condita cecezxxx1, Man. Curius Dentatus, qui censuram cum L. Papyrio Cursore gessit, Anionis, qui nunc dicitur vefus, aquam perducendam in urbem ex Manubiis de Pyrrho captis locavit, Spurio Carvilio, L. Papyrio coss. iterum. Post biennium deinde actum est in senatu de

. consummando ejus aquæ opere....….. Tum ex senatusconsulto duumviri aquæ perducendæ creati sunt: Curius, qui eam locaverat, et Fulvius Flaccus. Curius intra quintum diem quam erat duumvir creatus, decessit; gloria perductæ pertinuit ad Fulvium. Concipitur Anio velus supra Tibur xx milliario extra portam Raranam, etc... ubi parlem dat in Tiburtium usum. Ductus ejus habet longitudinem, ïla exigente libramento, passuum xun

FRONTIN

A EEE EEE

608° de la fondation de Rome, Ser. Sulpicius Galba et L. Aurélius Cotta étant consuls, les aquedues de l’eau Appia et de l’Anio vieux se trouvant ruinés par le temps, et les eaux détournées par la fraude de quelques particuliers , Marcius, qui était alors préteur et juge des différends entre les citoyens et les étrangers, fut chargé par le sénat de faire réparer ces aqueducs, et de revendiquer les eaux détournées.

Mais comme l’agrandissement de Rome paraissait exiger une plus grande quantité d’eau, le sénat lui ordonne en outre de faire des recherches pour parvenir à amener de nouvelles eaux dans la ville par des conduits d’une plus grande dimension; ce qu'il fit en amenant au Capitole, par des conduits élevés au-dessus de terre, cette eau qui fat appelée Marcia, Au nom de son auteur.

On lit, dans un écrit de Fénestella, que, pour cette opération, il fut accordé à Marcius, par un décret, une somme de 8,400,000 sesterces (1). Et comme le temps de sa préfecture ne suffisait pas pour achever cette entreprise, elle fut prorogée à un an de plus. A cette époque, les decemvirs ayant eu occasion de consulter les livres des sibylles, trouvèrent, dit-on, que ce n’était pas l’eau Marcia, mais le vieil Anio qui devait être conduit au Capitole { car telle est l’opinion la plus accréditée). Lépidus fit, au nom de son collègue, un rapport au sénat sur cette question, Appius Claudius et Q. Cécilius étant consuls. La même question fut reproduite trois ans après

(x) A cette époque, fa valeur du sesterce répondait à 13 cenämes 6/10 de la monnaie actuelle; ce qui ferait, pour les 8,600,000 ses terces, 1,142,400 francs.

millium : ex eo rivus est sabterraneus passuum xLH millium pccixxvu; substructio supra ferram, passuum

Aqua Marcia.

VIT. Post annos cxxvn, id est anno ab Urbe condita pevur, Ser. Sulpicio Galba et L. Aurelio Cotta coss., cum Appiæ Anionisque, ductus vetustate quassati, privatorum etiam fraudibus interciperentur, datum est a senatu negotium Marcio, qui tam prætor inter cives et peregrinos jus dicebat , eorum ductuam reficiendorumet vindicandorum. Et quoniam incrementum urbis exigere videbatur, ampliorem modum aquæ, eidem mandatum a senatu est ut curaret quatenus alias aquas , quas posset, in urbem perducerel, per ampliores ductus. Rivis hic, et opere supra terram, in Capitolium cam aquam duxit, eui ab authore marciæ nomen est.

Legimus apud Fenestellam, in hæc opera Mareio decretum ses/ertium iii et octogies : sed quoniam ad consummaudum negotium von sufficiebat, spatium præturæ in aunum alterum est prorogatum. Eo tempore decemwviri, dum aliis ex caussis libros Sibyllinos inspiciunt, invenisse dicuntur non esse aquam Marciam , sed Anionem ( de hoc enim constantius traditur ) in Capitolium perducendam ; deque ea re in senatu a Lepido pro collega verba faciente,

par L. Lentulus, sous le consulat de C. Lélius et de Q. Servilius. Mais, à l’une et l’autre époque, ce fut le projet de Marcius Rex qui prévalut : c'est ainsi que l’eau Marcia fut conduite au Capitole.

L'eau Marcia est prise à l’extrémité d’un sentier de 3,000 pas qui rencontre la voie Valéria au 36° milliaire à droite, etau 36° à gauche dela voiedite Sublacensis, qui fut pavée la première fois sous le règne de Néron. Cette même eau conserve pendant l’espace de 200 pas... une couleur verdâtre. £a longueur totale de cet aqueduc, depuis son origine jusqu’à la ville de Rome , est de 61,710 pas et demi : la partie sous terre est de 54,247 pas et demi; celle sur terre, de 7,463, dont 463 pour les parties en arcades, à quelque distance de la ville, en plusieurs endroits où il se trouve des vallées; plus proche de la ville, à compter du 7° milliaire, 528 pas au-dessus de terre; le surplus en arcades forme une longueur de 6,472 pas.

Eau Tépula.

VIT. L'an de Rome 627, sous le consulat de Plautius Hypseus et de Fulv. Flaceus, les censeurs Cn. Servilius Cæpio et Cassius Longinus , surnommé Ravilla, firent conduire à Rome cette eau appelée Tépula, depuis le champ de Lucullus , que quelques-uns croient faire partie du territoire de Tusculum , jusqu’au Capitole.

L'eau Tépula est prise auprès du 10- milliaire de la voie Latine, par un sentier à droite en revenant de Rome, dont la longueur est de 2,000 pas; de là elle est conduite dans son propre canal jusqu’à Rome.

actum Appio Claudio, Q. Cæcilio coss., eandemque post anoum 111 à L. Lentulo retractatam , C. Lælic, Q. Servilin coss., sed utroque tempore vicisse gratiam Marcii Regis; atque ita esse in Capitolium aquam perductam.

Concipitur Marcia via Valeria, ad milliarium XXXVI, diverticulo euntibus ab urbe Roma dextrorsus millium passum nr. Sublacensi autem, quæ sub Nerone principe primum strata est, ad milliarinm xxxv1 sinistrorsus intra passuum cc... statim..…..… colore perviridi. Ductus ejus habet longitudinem a capite ad urbem passuum Lx millium et mpcex et semis :rivo sublerraneo passuum Linr millium cexLvI semis : opere supra terram passuum vu millium cecczxin ; ex eo longius ab urbe pluribus locis, per P. R. vallis opere arcuato passuum ccccLxnt; propius urbemn a vu milliario, substructione passuum pXxvIH; r'eliquo opere arcuato passuum vi millium ccccLxxIr.

Aqua Tepula.

VIN. Cn. Servilius Cœpio et L. Cassius Longinus, qui Ravilla appellatus est, censores, anno post Urbem conditam pexxvn, M. Plaulio Aypseo, Fulvio Flacco coss., aquam quæ vocatur Tepula, ex agro Lucullano, quem auidam Tusculanum credunt, Romam et in Capitolium adducendam curaverunt.

Æepula concipitur via Latina, ad x milliarinm, diverti-

FRONTIN

Eau Julia.

IX. Dans la suite, César Auguste étant consul pour la deuxième fois avec L. Volcatius, l'an de Rome 719, M. Agrippa, alors édile, après son premier consulat, recueillit d’autres eaux auprès du 12° milliaire de la voie Latine, par un sentier de deux milles à droite en venant de Rome, et les conduisit dans l’aqueduc de la Tépula, à qui l'inventeur donna le nom de Julia ; mais comme la Tépula coule dans un canal séparé, elle conserve son nom dans la distribution.

L’aqueduc de l’eau Julia a de longueur 15,426 pas, dont 7,009 au-dessus de terre ; savoir, 528 pas pour les parties les plus proches de la ville, à partir du 7° milliaire; le surplus, en arcades, est de 6,472 pas.

Eau Crabra.

Indépendamment de la source de l’eau Julia, on en trouve une autre appelée Crabra, que le même Agrippa abandonna, soit qu'il en désapprouvât l'usage, ou qu'il jugeât à propos de la laisser aux habitants de Tusculum, qui en étaient en possession. En effet, cette eau se distribue chaque jour alternativement , par des modules déterminés, dans toutes les maisons de plaisance des environs ; mais, depuis, nos fontainiers n’usèrent pas de la même modération: ils en revendiquèrent toujours la plus grande partie pour servir de supplément à la Julia; moins pour en augmenter le volume, que pour la distribuer largement à leur profit. C'est afin d’obvier à ces abus que l’empereur a tout à fait

culo euntibus ab Roma, dextrorsus millium passuum ti ; atque inde rivo suo in urbem perducebatur.

Aqua Julia.

IX. Postea M. Agrippa, ædilis post primum consulatum, imperatore Cæsare Augusto 11, L. Volcatio coss., anno post Urbem condilam peexix, ad milliarium ab urbe x, via Latina, euntibus ab Roma dextrorsus millium passuum duum , alterius proprias vires collegit, et Tepulæ rivum intercepit, acquisitæque ab inventore nomen Juliæ da tum est : ita tamen divisa erogatione ut maneret Tepulæ appellatio. F

Ductus Juliæ efficit longitudinem passuum xv millium ccecxxvI : scilicet opere supra ferram passuum vir millium; ex eo in proximis urbis locis a va milliario substructione passuum pxxvin1; reliquo opere arcuato passuum vi millium ccecLxxII.

Aqua Crabra.

Præter caput Juliæ transfluit aqua quæ vocatur Crabra; hanc Agrippa omisit, seu quia improbaverat, seu quia Tusculanis possessoribus relinquendam credebat : ea namque est quam ompes villæ tractus ejus per vicem in dies modulosque certos dispensatam accipiunt. Sed non eadèm moderatione aquari nostri partem maæimam ejus semper in supplementum Juliæ adjudicaverunt : nec uf

interdit l'usage de la Crabra, et l'a rendue aux Tuseculans , qui, peut-être, ne jouissent pas sans étonnement de cette abondance d’eau, ignorant à qui ils la doivent. D'ailleurs, la Julia, augmentée par la rentrée des dérivations furtives qui en détournaient une partie, a recouvré son volume, qu'elle conserve même dans les temps de sécheresse, La même année, Agrippa rétablit les aqueducs presque en ruine de l’Appia, de l’Anio et de la Marcia; et, par un soin particulier, il se plut à établir plusieurs fontaines jaillissantes dans la ville,

Eau vierge.

X. Agrippa sortant de son troisième consulat, sous celui de C. Sentius et Q. Lucrétius, treize ans après avoir conduit la Julia, recueillit l'eau Vierge dans le champ de Lucullus, et la fit conduire à Rome. Le jour où cette eau commenca à couler dans Rome, fut le 5° des ides de juin (1). Cette eau est appelée Vierge, parce que ce fut une jeune fille qui en indiqua quelques veines à des soldats qui cherchaient à découvrir une source (2). Ceux qui fouillaient ayant suivi ces veines, trouvèrent une très-grande quantité d'eau. On voit, dans le petit temple érigé auprès de la source, une peinture qui représente cette origine.

L'eau Vierge prend sa source près de la voie Collatine et du 8° milliaire, dans des lieux marécageux. On a renfermé, dans une enceinte de briques revêtues de ciment, les différents bouiilons de cette source. Elle est augmentée par d’autres veines, et arrive à Rome par un aque-

QG) Ce jour répond au 9 juin. — (2) flest donné plus loin, page 42, 2° col., une autre raison de cette dénomination.

Juliam augerent quam hauriebant largiendo, compendii sui gratia. Exclusa ergo Crabra , et tota jussu imperatoris reddita Tusculanis, qui nune forsitan non sine admiratione eam sumunt, ignari cui caussæ insolitam abundantiam debeant. Julia autem revocatis derivationibus, per quas subripiebatur modum suum, quamvis notabili siccitate servavit. Eodem anno , Agrippa ductus Appiæ, Anionis, Marciæ pene dilapsos restituit, et singulari cura compluribus salientibus aquis instruxit urbem.

Aqua Virgo.

X. Idem cum jam tertium consul fuisset, C. Sentio et Q. Lucretio coss., post annum xH1, quam Juliam deduxerat, Virginem quoque in agro Lucullano collectam Romam perduxit : dies, quo primum in urbe responderit, v iduum Junii invenitur. Virgo appellata est, quod quærentibus aquam militibus, puella virguncula venas quasdam monstravit ; quas seculi qui foderant , ingentem aquæ modum invenerunt. Ædicula fonti apposita hanc originem pictura ostendit.

Concipitur ergo via Collatina ad milliarium vur, palustribus locis ; signino circumjecto, continendarum scaturiginum caussa, adjuvatur et cum pluribus aliis acquisi-

due dont la longueur est de 14,105 pas; la partie souterraine en comporte 12,865 ; celle audessus de terre, 1,240, dont 540 en plusieurs endroits en substructions, et 700 en arcades; de plus 1405 pas pour les canaux souterrains qui amènent les accroissements dans cet aquedue.

Eau Alsiétina, appelée aussi Augusta.

XI. Quelle raison détermina Auguste, prince d’ailleurs si prévoyant, à faire conduire dans Rome l’eau Alsiétina, qu’on appelle aussi Auqusta? J'ai peine à le concevoir; cette eau n’ayant aucun mérite, et même étant peu salubre, ne coulant enfin nulle part pour les besoins du peuple; à moins que l’on ne dise que son intention fut de ne point détourner les eaux plus salubres, dans le temps qu'il fit construire sa naumachie, à l'usage de laquelle il destina particulièrement l’Alsiétina, dont il abandonna le surplus pour arroser les jardins du voisinage, et à d'autres usages des particuliers. Cependant, iorsque dans les quartiers au delà du Libre on répare les ponts, et que les eaux manquent sur la rive en decà, on est forcé communement de recourir aux eaux de l’Alsiétina, au défaut des autres.

L'eau Alsiétina est tirée du lac de ce nom (1), situé aux environs du 14° milliaire de la voie Claudia, en suivant un sentier à droite, de 6,500 pas. Son aquedue a de longueur 22,172 pas, dont en arcades 358.

Autre eau appelée Augusta.

XIT. Auguste, pour suppléer à la Marcia dans

(1) Appelé aujourd’hui lac Martignano.

tionibus, venit per longitudinem passuum x1v millium cv. Ex eo rivo subterrañeo passuum xtt millium DCccLxv ; supra terram per passus MCCxL ; ex e0 substructione rivorum locis compluribus passuum pxL; opere arcuato pas- Suum pce; acquisitionum ductus rivi subterranei efficiunt passus MCCCCY.

Aqua Alsietina, vocatur cliam Augusta.

XI. Quæ ratio moverit Augustum, providentissimum principem, producendi Alsielinam aquam, quæ vocatur Augusta, non salis perspicio, nullius gratiæ, immo etiam parum salubrem, et nusquam in usus populi fluentem ; nisi forte eum opus naumachiæ aggrederetur, ne quid salubrioribus aquis detraheret, hanc proprio opere perduxit, et quod naumachiæ cœperat superesse, hortis subjacentibus et privatorum usibus ad irrigandum concessit. Solet tamen ex ea in Transtiberina regione, quotiens pontes reficiuntur, et a citeriore ripa aquæ cessant, ex necessitate in subsidium publicorum salientium dari.

, Concipitur ex lacu Alsietino, via Claudia, milliario xnn, diverticulo dextrorsus passuum vi millium p. Ductus ejus efficit longitudinem passuum xxt1 millium CLxxI1; opera

arcuato passtum CCELYNL.

les temps de sécheresse , conduisit, par le moyen d’un canal souterrain, une autre eau d’une égale bonté jusque dans l’aquedue de la Marcia. Cette nouvelle eau fut appelée Augusta, du nom de son auteur. Elleprend sa source au-dessus de celle de la Marcia, à laquelleelle se joint par un canal de 800 pas.

Eau Claudia.

XIII. Après ces aquedues, il ne s’en construisit pas d’autres jusqu’au temps de C. César (1), qui succèda à Tibère. A cette époque, les sept aquedues existants ne paraissant pas suffisants pour fournir aux besoins publics et au luxe des particuliers, César commenca la construction de deux autres la seconde année de son règne, sous le consulat de M. Aquillius Julianus et P. Nonius Aspréna, l’an de Rome 789. L'empereur Claude les acheva, dans la suite, avec beaucoup de magnificence,et les consacra aux usages publics, sous le consulat de Sulla et de Titianus, l’an de Rome 803, aux calendes d’août (2). La première de ces eaux, qui fut tirée tant de la fontaine Céruléa que de la fontaine Curtia, fut nommée Claudia :

après la Marcia, c’est la meilleure des eaux de Rome. L'eau de l’autre aqueduc fut appelée nouvel Anio, afin de la distinguer de celle qui portait déjà ce nom, qui prit alors celui d’Anio vieux, comme étant plus ancienne.

XIV. L'eau Claudia est prise proche de la voie Sublacensis, vers le 38° milliaire, en allantpar un sentier à gauche, de 300 pas. Les deux fontaines dont elle tire son origine sont très-belles et

(1) Caligula. — (2) Au commencement d'août.

Alia Augusta.

XII. Idem Augustus, in supplementum Marciæ, quotiens siccitates egerent auxilio, aliam aquam ejusdem bonitatis opere subterraneo perduxit usque ad Marciæ rivum quæ ab inventore appellatur Augusta. Nascitur ultra fontem Marciæ , cujus ductus, donec Marciæ accedat, efficit passus pCcc.

Aqua Claudia.

XIII. Posthos, C. Cæsar, qui Tiberio successit, cum parum et publicis usibus, et privatis voluptatibus, septem ductus aquarum sufficere viderentur, altero imperii sui anno , M. Aquillio Juliano, P. Nonio Asprenate coss., anno Urbis conditæ peczxxxvint, duos ductus inchoavit ; quod opus Claudius magnificentissime consummavit dedicavitque, Sulla et Tiliano coss., anno post Urbem condilam pecenr, kalendis Augustis. Alleri nomen, quæ ex fontibus Cærulo et Curtio perducebatur, Claudiæ datum; hæc bonitate proxima est Marciæ. Altera, quoniam duæ Anionis aquæ in urbem fluere cœperant, ut facilius appellationibus dignoscerentur, Anio novus vocari cœæpit; alias omnes præcedit : priori Anioni cognomentum veleri adjectum.

XIV. Claudia concipitur via Sublacensi, ad milliarium xxxvur, diverticulo sinistrorsus intra passus cec : ex fontibus duobus amplissimis et speciosis; Cærulo , qui a si-

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abondantes: ce sont les mêmes qui viennent d'être citées, l’une sous le nom de Cærulea, à cause de sa couleur bleuâtre, l'autre sous celui de Curtia. La Claudia recoit encore dans son cours l’eau de la source appelée A/budina, qui est d’unesi grande bonté, qu'elle peut, au besoin, être mélée avec la Marcia, sans altérer en rien sa qualité. Mais comme la Marcia paraissait se suffire, on détourna l'eau Augusta dans l’aqueduc de la Claudia.

Néanmoins le réservoir de l’Augusta était disposé de manière qu’elle pouvait fournir à la Marcia, quand celle-cienavait besoin ; de même qu’ellesuppléaità la Claudia, lorsque la Marcia pouvait s’en passer. L’aqueduc de la Claudia a de longueur 46,406 pas, dont 36,230 en conduits souterrains, et en conduits au-dessus de terre 10,176; savoir, en arcades, pour les parties les plus élevées, en plusieurs endroits 3,076; et pour la partie la plus proche de la ville, à partir du 7° milliaire, 609 pas en substructions, et 6,491 en arcades:

Nouvel Anio.

XV. Le nouvel Anio est dérivé du fleuve du même nom, auprès du 42° milliaire de la voie Sublacensis : comme il coule dans un terrain gras et à travers des champs cultivés, il délaye facilement les terres dans son cours ; de sorte que, dans les temps de pluie, ses eaux sont troubles et chargées de limon. C’est pourquoi, à l’embranchement de l’aquedue, on a interposé une piseine épuratoire, où se repose l’eau du fleuve pour se clarifier avant d'entrer dans le canal de l’aqueduc. Malgré cette précaution, toutes les fois qu'il pleut, cette eau est encore trouble quand elle ar-

militudine appellatus est, et Curtio. Accipit eteum fontem qui vocatur Albudinus, tantæ bonitatis, ut Marciæ quoque äadjutorio , quotiens opus est, ita sufliciat, ut adjectione sui nihil ex qualitate ejus mutet. Augustæ fons, quia Marciam sibi sufficere apparebat , in Claudiam derivatus est, manente nihilominus præsidiario in Marciam, ut ita demum Claudiam aquam adjuvaret Augusta, si eam ductus Marciæ non caperet. Claudiæ ductus habet, longitudinem passuum xxxx vi millium cccevi; ex e0 rivo subterraneo, passuum XXXVI millium cexxx : opere supra terram , passuum x millium CLxxvI; ex eo opere arcuato in superiori parte pluribus locis, passuum 111 millium LXXvI; et prope urbem a vit milliario substructione rivorum per passus DCIx opere arcuato passuum vi millium

Anio novus.

XV. Anio novus via Sublacensi ad milliarium XXxxH, in suo rivo excipitur ex flumine; quod, cum terras cultas circa se habeat soli pinguis et inde ripas solutiores, etiam sine pluviarum injuria limosum et turbulentum fluit : ideoque a faucibus ductus interposita est piscina limaria, ubi inter amnem et specum consisteret, et liquaretur aqua. Sic quoque quoliens imbres superveniunt, turbida pervenit in urbem. Jungitur ei rivus Herculaneus, oriens eas

- rivedansla ville.On yajointleruisseau appelé Zer- - culaneus, qui prend sa source sur la même voie,

auprès du 38° milliaire. Vis-à-vis les sources de

Ja Claudia, de l’autre côté du fleuve et de la voie,

- ses eaux sont très-pures; mais elles perdent par

ce mélange tout l'avantage de leur limpidité.

. L’aqueduc du nouvel Anio a une longueur de - 5*,700 pas ; savoir, 49,300 en conduits souter-

- raius ; 9,400 en ouvrages au-dessus de terre, dont

tant en substructions qu’en arcades pour les parties

- élevées, en différents endroits, 2,300 pas; et plus

près de la ville, à partir du 7° milliaire, 609 pas en substructions, et 6,491 en arcades. Les

- arcades de cet aquedue sont les plus élevées;

leur hauteur, en certains endroits, est de 109 pieds.

XVI. Comment comparer à des constructions si considérables, et d’une telle importance pour une si grande quantité d’eau, ces pyramides inutiles de l'Égypte, et ces ouvrages fastueux des Grecs, beaucoup trop vantés?

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