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VII. Des parois des viscères nous passerons

ptisana polissimum, auf jus in quo porrus cum pullo gallinaceo coctus sil; idqué non nisi tertio quoque die detur, si tamen per vires licebit; potni vero aqua mulsa, in qua hyssopum, aut ruta decocta sit. Quæ quibus temporibus danda sint, ex ratione vel adauctæ, vel levatæ febris apparebit, sic, ut in remissione quam maxima dentur; cum eo tamen, ut sciamus, non esse ejus generis tussi aridas fauces committendas : sæpe enim, ubi nihilest, quod exscreetur, continuatur, et strangulat. Ob quam causam dixi etiam pejus id genus esse tussis, quod nihil, quam quod pituitam moveret. Sed hic vinum sorbere, ut supra præcepimus, morbus ipse non patitur; in vicem ejus, Cremor ptisanæ sumendus est. Ut his autem in ipso morbi fervore sustinendus æger est, sic, ubi paulum is se remisit, alimenta pleniora, et vini quoque ali quid dari potest; dum nihil detur, quod aut refrigeret corpus, aut fauces asperet. Si in refectione quoque manserit tussis, intermittere oportebit uno die; posteroque cum cibo vini paulo plus assumere. Alque incipiente quoque tussi, tum non eritalienum, ut supra quoque positum est, vini eyathos sorbere; sed in hoc genere valetudinis, dulce, vel certe lene commodius est. Si malum inveteravit, athlelico victu corpus firmandum est.

VII. A compagine corporis ad viscera transeundum est ; et in primis ad pulmonem veniendum ; ex quo vehemens et

aux viscères mêmes, et nous nous occuperons d’abord des poumons, qui peuvent être le siége d’une maladie grave et aiguë, que les Grecs appellent péripneumonie. Voici en quoi elle consiste : l’organeentier est affecté; il y a toux avec expectoration de bile ou de pus, pesanteur dans la région précordiale et dans toute la poitrine, difficulté de respirer, fièvre intense, insomnie continuelle, dégoût des aliments, amaigrissement général. Dans cette maladie la douleur ne répond pas au danger réel. Quand les forces le permettent , il faut tirer du sang ; si le sujet est trop faible, on applique sur la poitrine des ventouses non scarifiées , et l’on cherche à résoudre le mal par la gestation, si le malade peut la supporter; dans le cas contraire, on doit se borner à Jui faire prendre chez lui un peu de mouvement. On donnera pour boisson une décoction d'hysope et de figues sèches, ou de l’eau miellée dans laquelle on aura fait bouillir de l’hysope ou de la rue. On devra frictionner très-longtemps les épaules, les bras , les jambes et les pieds, frotter légèrement la poitrine, et en user ainsi deux fois par jour. Quant aux aliments, il faut éviter ceux qui sont salés, âcres, amers , de nature à resserrer le ventre , eten choisir de plus doux. En conséquence on prescrira, les premiers jours, de la crème d'orge, de fromentée ou de riz, qu’on fait euire avec un peu de graisse nouvelle: on donnera en même temps un œuf frais, des pignons incorporés dans du miel, du pain, ou de la fromentée lavée dans de l’eau miellée ; on fera boire ensuite non-seulement de l'eau pure, mais de l'eau miellée, tiède, ou même froide si c’est l'été, et que rien ne s’y oppose. C'est seulement dans la premiere période de la maladie qu'on peut donner

acutus MOorDus Oritur, quem zeptnveumovtxdy Græci Vocant. Ejus hæe conditio est; pulmo totus afficitur ; hune casum ejus subsequitur tussis, bilem vel pus trahens, præcordiorum totiusque pectoris gravitas, spiritus difficultas, magnæ febres, continua vigilia, cibi fastidium, tabes. Id genus morbi plus periculi quam doloris habet. Oportet, si satis validæ vires sunt, sanguinem miltere ; sin minores, cucurbitulas sine ferro præcordiis admovere ; tum, sisatis valet, gestando ægrum, digerere ; si param, intra domum tamen dimovere. Potionem autem hyssopi dare, cum quo ficus arida sit incocta ; aut aquam mulsam, in qua vel hyssopum velruta decocta sit; frictione uti diutissime in scapulis, proxime ab his in brachiis et pedibus et cruribus , leniter contra pulmonem ; idque bis quotidie facere. Quod ad cibum vero pertinel , huie nec salsis opus est, neque acribus, neque amaris, neque alvum astringentibus, sed paulo lenioribus. Ergo primis diebus danda est sorbitio ptisanæ, vel alicæ, vel oryzæ, cum qua recens adeps cocta sit; cum hac, sorbileovum, nuclei pinei ex melle, panis,vel elota alica ex aqua mulsa; polui deinde non solum pura aqua, sed etiam mulsa egelida , aut, si æslas est, eliam frigida, nisi quid obstat. Hæc autem altero quoque die, increscente morbo, dare salis

ces aliments de deux jours l’un; lorsqu'elle est à son plus baut degré, on doit autant que possible observer une diète absolue, et ne prendre que de l'eau tiède, ou encore de l’eau miellée, s’il y a lieu de soutenir les forces. On combat avec suecès la douleur à l’aide de topiques chauds, ou de cataplasmes à la fois répercussifs et émollients ; il est utile aussi d'appliquer sur la poitrine du sel bien écrasé et mêlé avec du cérat, parce qu'il en résulte une légère érosion de la peau, qui sert à provoquer sur ce point l’afflux de la matière dont le poumon est accablé. Les cataplasmes révulsifs produisent aussi de bons effets. 11 convient de tenir les fenêtres fermées quand le mal est dans toute sa force, et de les entr'ouvrir trois ou quatre fois par jour dès que l’état s'améliore, afin de donner un peu d'air. Dans la convalescence, il faut s’interdire le vin pendant plusieurs jours, employer la gestation et les frictions ; puis aux crèmes farineuses et aux aliments dont j'ai parlé, il est bon d’ajouter le poireau parmi les légumes; en fait de viande, les pieds d’animaux et la chair des petits poissons, de manière que le régime se compose pendant longtemps d'aliments tendres et légers.

VIIT. La maladie d’un autre viscère, c’est-àdire du foie, se présente également sous la forme aiguë ou chronique : c’est l'hépatite des Grecs. Elle est caractérisée par une vive douleur qui se manifeste sous l’hypocondre droit, gagne la région latérale, le cou, l'épaule, et quelquefois jusqu’à la main du même côté ; on éprouve un violent frisson : quand le mal est grave, il survient des vomissements de bile, et dans certains eas des hoquets qui rendent la suffocation imminente. Ce sont là les symptômes de l’état aigu.

est; ubi in incremento constilit, quantum res patitur, ab omnibus abstinendum est, præterquam aqua egelida. Si vires desunt, adjuvandæ sunt aqua mulsa. Prosuntque adversus dolores imposita calida fomenta, vel ca, quæ simul et reprimunt et emolliunt; prodest impositus super pectus sal bene contritus, cum cerato mislus, quia leviter cutem erodit, eoque impetum materiæ, quo pulmo vexatur, evocat. Utile etiam aliquod malagma est ex iis, quæ materiam trahunt. Neque alienum est, dum premit morbus, clausis fenestris ægrum continere ; ubi paulum levatus est, ter aut quater die, fenestris aliquantum apertis, parvum aerem recipere; deinde in refectione pluribus diebus a vino abstinere; gestatione , frictione uti; sorbitionibus et prioribus cibis adjicere ex oleribus porrum , ex carne ungulas et summa trunculorum atque piseiculos, sie, ut diu nihil nisi molle et lene suma- Lur.

NII. Alterius quoque visceris morbus, id est jocinoris, æque modo longus, modo acutus esse consuevit : fraruov Græci vocant. Dextra parte sub præcordiis vehemens dolor est; idemque ad latus dextrum, et ad jugu- Jum, bumerumque partis ejusdem pervenit , nonnumquam manus quoque dextra torquetur ; horror validus est; ubi

On reconnaît l’état chronique à la suppuration du foie, à la douleur qui cesse et reparait intense, à la dureté et au gonflement de l’hypocondre droit , à la difficulté de respirer, qui devient plus grande après le repas; et enfin, à un certain relâchement des mâchoires. Lorsque l'hépatite a duré longtemps, il se déclare de l’enflure au ventre, aux jambes et aux pieds, tandis que la poitrine, les épaules et les régions claviculaires sont profondément amaigries. Il est essentiel au début de tirer du sang; ensuite il faut tenir le ventre libre, et purger même avec l’ellébore noir, si on n'a pas le choix; puis appliquer des cataplasmes répercussifs, etles remplacer par d’autres qui soient chauds et résolutifs en ayant soin d’y ajouter de l'iris ou de l’absinthe ; à ces derniers succèdent les cataplasmesémollients. On doit prescrire les crèmes farineuses , les aliments chauds, peu nourrissants, et tous ceux à peu près qui conviennent dans l’inflammation du poumon ; on donne en outre ceux qui sont diurétiques, et les boissons douées de la même propriété. Dans cette maladie , on se trouve bien d'employer le thym, la sarriette, l’hysope, le calament, l’anis (4), le sésame, les baies de laurier, les fleurs de pin, la renouée , la menthe, la pulpe de coing, ainsi que le foie de pigeon frais et cru. Quelques-uns de ces médicaments se prennent seuls, d’autres peuvent entrer dans les boissons et la crème d'orge, mais en petite quantité. Il est utile encore d’avaler chaque jour une pilule composée d’absinthe pulvérisée, de poivre et de miel. On devra principalement s'abstenir des choses froides, car rien n’est plus contraire au foie. On pratiquera des frictions sur les extrémités, et l’on aura soin d'éviter tout travail, tout mouvement trop vio-

male est, bilis evomitur ; interdum singultus prope stran- ,

gulat. Et hæc quidem acuti morbi sunt. Longioris vero, ubi suppuratio in jocinore est; dolorque modo finitur, modo intenditur; dextra parte præcordia dura sunt, et tument; post cibum major spiritus difficultas est; accedit maxillarum quædam resolutio. Ubi inveteravit malum, venter et crura pedesque intumescunt ; pectus atque humeri, Circaque jugulnm utrumque extenuatur. Initio sanguinem mittere optimum est; ftum venter solvendus est, si non potest aliter, per nigrum veratrum ; imponenda extrinsecus cataplasmata , primum quæ reprimant, deinde calida, quæ diducant, quibus recte iris vel absinthium adjicitur; post hæe, malagma. Dandæ vero sorbitiones sunt, omnesque cibi, et calidi, et qui non multum alunt, et fere qui pulmonis quoque dolori conveniunt ; præ- Lerqueeos, quiurinam movent, potionesque ad id efficaces. Utilia in hoc morbo sunt thymum, satureia, hyssopum, nepeta, anisum, sesamum , lauri baccæ, pini flos, herba sanguinalis, mentha, ex malo cotoneo medium, columbæ jecur recens et crudum ; ex quibus quædam perseesse, quædam adjicer vel sorbifioni vel potioni licet, sie tamen, ut parce assumantur, Neque alienum est, absinthium contritum ex melle et pipere, ejusque catapotium quotidie devorare. Abstinendum utique est ab omnibus frigidis :

CELSE

lent, et même tout effort pour retenir longtemps sa respiration ; [a colère, la frayeur, l'action de porter ou de lancer un corps, ont, de même que la course, une influence fâcheuse. Lesaffusions sur le corps produisent de bons effets ; elles doivent être chaudes en hiver, et tièdes en été; il n’est pas moins utile de faire beaucoup d’onctions, ce! de transpirer dans le bain. S'il se forme un abcès dans le foie, on doit suivre le traitement indiqué pour les suppurations internes ; quelques médecins cependant ouvrent la vomique avec l’instrument, et même avec le fer chaud.

IX. Lorsque la rate est affectée, elle se gonfle, ainsi que l'hypocondre gauche, qui devient dur et résiste à la pression; il y a tension du ventre, et même un peu d’enflure aux jambes : si le ma- Jade a des ulcères, ils ne guérissent point, ou ne se cicatrisent qu'avec la plus grande difficulté; on ne peut ni marcher avec force, ni courir sans ressentir de Ja gêne ou de la douleur. Cependant comme la maladie s'accroît par le repos, on doit se livrer au travail et à l'exercice, avec la précaution toutefois de ne pas les porter assez loin pour exciter ja fièvre. Il est nécessaire de pratiquer des onctions et des frictions , et de provoquer la sueur. Toutes les choses douces sont contraires, de même que le lait et le fromage; mais les acides sont parfaitement convenables : aussi fera-t-on bien de boiresans mélange du vinaigre fort, et mieux encore de prendre du vinaigre scillitique. On choisira pour aliments les salaisons, les olives conservées dans de la sanmure forte, la laitue et la chicorée trempées dans du vinaigre, la poirée assaisonnée de moutarde, les asperges, les raves sauvages, les panais, les pieds et la tête des animaux, les oiseaux mai-

neque enim res ulla magis jeeur ledit. Frictionibus utendum in extremis partibus; vitandus omnis labor, omnis vehementior motus ; ne spiritus quidem diutius continendus est. Ira, trepidalio, pondus, jactus, cursus, inimica sunt. Perfusio corporis multa prodest ex aqua, si hiems est, calida; si æstas, tepida ; item liberalis unctio, et in

| balneo sudor. Si vero jecur vomica laborat, eadem fa-

cienda sunt, quæ in ceteris interioribus suppurationibus. Quidam etiam contra id scalpello aperiunt, et ipsam vomicam adurunt.

IX. At lienis ubi affectus est, intumescit, simulque cum €0 pars sinistra ; eaque dura est, et prementi renititur; venter intentus est; aliquis etiam cruribus tumor est; uleera aut omnino non sanescunt, aut certe cicatricem vix recipiunt; in intenta ambulatione cursuque dolor ef quædam difficultas est. Hoc vitium quies auget : itaque exercitatione et labore opus ést, habita tamen ralione, ne febrem isla, si nimium processerint, excilent. Unetiones, frictionesque, et sudores necessarii sunt. Dulcia omnia inimica sunt, item lac et caseus ; acida autem maxime conveniunt. Ergo acetum acre per sa sorbere, et magis etiam, quod scilla conditum est, expedit. Edenda sunt salsamenta, vel oleæ ex muria dura; linctæ in aceto lactucæ, intubique ex eodem, betæ ex sinapi, asparagus,

gres , et le gibier de même nature. Pour boisson on doit donner à jeun une décoction d’absinthe, et après le repas de l’eau de ‘orge, dans laquelle on a plusieurs fois éteint le fer rouge : cette eau en effet a la propriété de réduire le volume de la rate, et l’on a remarqué que les animaux élevés dans les forges ont cet organetrès-peu développé. On peut donner aussi du vin léger et astringent, et enfait d'aliments etde boisson, tout ce qui pousse aux urices. A cet effet on prescrit principale ment la semence de trèfle, le cumin, l'ache, le serpolet , le cytise, le pourpier, le calament, le thym, l'hysope, la sarriette, toutes substances qui paraissent éminemment diurétiques. Il y a de l'avantage à faire manger aussi de la rate de bœuf, et surtout de la roquette et du cresson, qui ont la propriété de faire fondre la rate. Les remèdes externes ne doivent pas être néglizés : on applique par exemple un mélange d'onguent et de dattes que les Grecs nomment #2yrobolan, ou un topique composé de graine de lin et de raifort, avec addition de vin et d'huile; on prépare un médicament avec du eyprès vert et des figues sèches, ou bien l’on en fait un autre avec de la moutarde et une quatrième partie de suif de bouc pris autour des reins; on triture au so- Jeil et on applique sur-le-champ le remède. Les câpres s'emploient utilement de plusieurs manières, car on peut les mêler aux aliments, et en avaler la saumure avec du vinaigre; enfin il est utile pour l’usage externe de broyer la racine ou l'écorce du câprier, et de la mêler avec du son, ou d'écraser la câpre elle-même et de l’incorporer dans du miel. Les cataplasmes conviennent aussi dans cette affection.

armoracia, pastinaca, ungulæ, rostra, aves macræ, ejusdem generis venalio. Potui vero jejuno dari debet absinthium incoctum ; at post cibum aqua a ferrario fabro, in qua candens ferrum subinde tinctum sit, hæc enim xel præcipue lienem coercet. Quod animadyersum est in iis animalibus, quæ apud hos fabros educala exiguos lienes habent. Potest etiam dari vinum tenue, austerum ; omniaque in cibis el polionibus, quæ urinæ movendæ sunt. Præcipueque ad id valet vel trifolii semen, vel cumiuum, vel apium, vel serpyllum, vel cYtisus, vel portulaca, vel nepeta, vel thymum, vel hyssopum, vel satureia : hæc enim inde commodissime videntur bumorem - educere. Lienis quoque bubulus utiliter esui datur; præcipueque eruca et nasturtium lienem extenuant. Impopenda quoque extrinsecus sunt, quæ levent. Fit ex unguento et palmulis, quod uupo6thavoy Græci vocant ; fit ex lini et nasturtii semine, quo vinum ét oleum adjicitur; lit ex cupresso viridi, et arida ficu ; fit ex sinapi, cui sevi - hircini a renibus quarta pars ponderis adjicitur, teriturque in sole, et protinus imponitur. Multisque modis huic rei cappari aptumn est : nam el ipsum cum cibo assumere, et muriam ejus cum aceto sorbere commodum est. Quin etiam extrinsecus radicem contritam, vel corticem ejns cum furfuribus, aut ipsum €cappari cum melle contritum imponere expedit. Malagmata quoque huic rei aptantur.

X. Les maladies des reins, une fois déclarées, sont généralement opiniâtres; et elles prennent un caractère plus grave lorsqu'il survient de fréquents vomissements de bile. Il faut garder lerepos, et se coucher mollement; favoriser le relächement du ventre; si les purgatifs n’agissent pas, employer les lavements; prendre souvent des demi-bains d’eau chaude; éviter de boire et de manger froid ; s’interdire toutes les choses salées, âcres, acides , ainsi que les fruits; boire beaucoup; ajouter alternativement aux aliments et aux boissons du poivre, du poireau, de la férule, du pavot blanc, substances dont l’action diurétique est très-prononcée. Le remède suivant convient aussi à l’ulcération des reins, quand les ulcères ont encore besoin d'être détergés : on prend soixante graines de concombre dépouillées d’écorce, douze pignons de pin sauvage, une pincée d’anis, et un peu de safran; le tout, pilé ensemble, doit être administré dans deux verres d'hydromel. Si l’on cherche simplement à calmer la douleur, on écrase ensemble trente graines de concombre, vingt pignons, cinq noix grecques, très-peu de safran, et l’on donne ce mélange dans du lait. On fait bien encore d'appliquer des cataplasmes, et principalement ceux qui attirent l'humeur au dehors.

XI. Des visceres nous allons passer aux intestins qui sont exposés à des maladies aiguës et chroniques. Il faut parler d’abord du choléra, parce qu'il semble affecter en même temps l'estomac et les intestins; en effet, on observe à la fois des déjections et des vomissements ; de plus, il y a gonflement, tranchées, évacuation de bile par haut et par bas; au début cette bile est sembla-

X. Atrenes ubi affecli sunt, diu male habent. Pejus est si frequens biliosus vomitus accedit. Oportet conquiescere; cubare molliter ; solvere alvum; si aliter non respondet, eliam ducere; sæpe desidere in aqua calida; neque cibum , neque potionem frigidam assumere; abstinere ab omnibus salsis, acribus, acidis, pomis; bibere liberaliter; adjicere modo cibo, modo potioni piper, porrum, ferulam, album papaver, quæ maxime inde urinam movyere consuerunt. Auxilio quoque his exulceratis sunt, si adhuc ulcera purganda sunt, cucumeris semina detractis corticibus sexaginta, nuclei ex pinn silvestri duodecim, anisi quod tribns digitis sumi possit, croci paulum, contrita et in duas mulsi potiones divisa. Si vero dolor tantum levandus est, ejusdem cucumeris semira triginta, iidem nuclei viginti, nuces Græcæ quinque, croci paululum, contrita et cum lacte potui data. Ac super quoque recle quædam malagmala injiciunlur, maximeque ea , quæ humori extrahendo sunt.

XI. A visceribus ad inteslina veniendum est, quæ sunt et acutis et longis morbis obnoxia. Primoque facienda mentio est choleræ, quia commune id stomachi atque intestinorum vitium videri potest. Nam simul et dejectio et vomitus est; præterque hæc inflatio est, intestina torquentur, bilis supra infraque erumpit, primum aquæ similis, deinde utin ea recens caro lota esse videatur,

ble à de l’eau claire, puis à de l’eau dans laquelle on aurait lavé de la chair fraiche; elle est quelquefois blanche, d’antres fois noire, ou de différentes couleurs. C’est d’après le caractère des évaeuations que les Grecs ont appelé cette maladie choléra. Indépendamment des symptômes quenous venons d’énoncer, on remarque souvent des contractions dans les bras et les jambes; il existe unesoif ardente, et la défaillance survient. Quand tous ces accidents se rencontrent, il n'est pas étonnant que le malade soit aussitôt enlevé. Cependant il n’est pas de maladie à Jaquelle on puisse remédier plus promptement. Ainsi, dès l'apparition des premiers symptômes, il faut boire beaucoup d’eau chaude et vomir; presque toujours le résultat suit de près l'emploi du remède ; mais quand même on ne rendrait rien, il serait toujours avantageux de mêler des matières nouvelles à celles qui sont corrompues; et l'absence de vomissement, d’ailleurs, annonce un commencement de guérison. Si le malade vomit, on doit suspendre immédiatement toute boisson. S'il y a des tranchées, il convient de fomenter l’épigastre avec de l’eau froide ;ousi le ventreest douloureux , on emploie de l’eau tiède, et l’on a soin d'entretenir dans cette région une chaleur modérée. Quand le vomissement , les évaeuations alvinesetlasoiftourmentent violemmentle malade, et que les matières vomies offrent des traces de crudité, il n’est pas temps encore de donner du vin ; et l’eau qu'on fait boire ne doitpas non plus être froide, mais tiède. Il est bon de faire respirer du pouliot trempé dans du vinaigre, ou de la farine d'orge grillée et arrosée de vin, ou seulement de la menthe. Quand les crudités ont disparu, ce qu’en a le plus à craindre c’est la dé-

interdum alba, nonnumquam nigra, vel varia. Ergo co nomine morbum hune yo}épav Græci nominarunt. Præter ea vero, quæ supra comprehensa sunt, sæpe eliam crura manusque contrabuntur, urget sitis, anima deficit : quibus concurrentibus non mirum est, si subito quis moritur. Neque tamen ulli morbo minori momento succurritur. Protinus ergo, ubi ista cœperunt, aquæ tepidæ quam plurimum bibere oportet, et vomere. Vix umquam sic non vomitus sequitur; sed etiamsi non incidit, miscuisse tamen novam maleriam corruptæ prodest, parsque sanitatis est, vomilum esse suppressum. Si id incidit, protinus ab omni potione abstinendum est. Si vero tormina sunt, oportet frigidis et bumidis fomentis stomachum fovere ; vel, si venter dolet, iisdem egelidis, sie ut venter ipse mediocriter calentibus juvetur. Quod si vehementer et vomitus, et dejectio, et sitis vexant, et adhue subcruda sunt, quæ vomuntur, nondum vino maturum tempus est ; aqua, neque ea ipsa frigida, sed potius egelida danda est, admovendumque naribus est pulegium ex aceto, vel polenta vino aspersa, vel mentha secundum naturam est. At cum discussa cruditas est, tum magis verendum est, ne anima deficiat. Ergo tum confugiendum est ad vinum. Id esse oportet tenue, odoratum, cum aqua fri-

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faillance, et le vin alors se présente comme ressource. Il faut le prendre léger, odoriférant, le couper avec de l’eau froide, ou le mêler soit avec de la farine d'orge grillée, soit avec du miel. Ces préparations sont appelées à réparer les forces autant de fois qu'il y a des vomissements ou des déjections. D’apres Erasistrate, on ne doit faire entrer d’abord dans les boissons que trois ou cinq gouttes de vin, et ensuite on en augmente peu à peu la dose. S'il agñssait ainsi dès le principe par crainte des crudités, il pouvait avoir raison; mais il se trompait s’il pensait remédier à une grande faiblesse avec trois gouttes de vin. Quand le sujet est épuisé et qu’il y a des contractions dans les jambes, il faut, même dans l’intervalle des boissons vineuses, donner une potion d’absinthe. Si les extrémités se refroidissent, on pratique: pour les ranimer des onctions avec de l’huilechaude à laquelle on ajoute un peu de cire, et l’on fait des fomentations également chaudes. Lorsque ces moyens n’amènent pas de soulagement, on applique une ventouse ou un sinapisme sur la région épigastrique. Dès que le repos arrive, il faut dormir, ne rien boire le lendemain, aller au bain le troisième jour; chercher dans une bonne alimentation et dans le sommeil, si lon dort facilement, le retour progressif des forces, et se préserver de la fatigue et du froid (5). Si même après la disparition du choléra on voit persister un mouvement fébrile, il devient nécessaire de prescrire des lavements, et l'on accorde ensuite des aliments et du vin.

XII. [s’agit là d’une affection aiguë, et dans laquelle les intestins et l'estomac sont tellement intéressés, qu'il n’est pas facile de dire quel en est le siége principal ; celle au contraire que les Grecs

gida mistum; vel polenta adjecta, vel melle quoque assumere expedit; quotiesque aliquid aut stomachus, aut venter effudit, toties per hæc vires restituere. Erasistratus primo tribus vini guttis, aut quinis aspergendam potionem esse dixit; deinde paulatim merum adjiciendum. 18, si et ab initio vinum dedit, et metum cruditatis secutus est, non sine causa fecit; si vehementem infirmitatem adjuvari posse tribus guttis putavit, erravit. At si inanis est homo, et crura ejus contrahuntur, interponenda potio absinthii est. Si extremæ partes corporis frigent, ungendæ sunt calido oleo, cui ceræ paulum sit. adjectum, calidisque fomentis nutriendæ. Si ne sub his quidem quies facta est, extrinsecus contra ventriculum ipsum cucurbitula admovenda est, aut sinapi superimponendum. Ubi is constitit, dormire oportet; postero die utique a potione abstinere ; die tertio in balneum ire; paulatim se cibo reficere; somno quisquis facile adquiescit; itemque lassitudine et frigore. Si post suppressam choleram febricula manet, alvum duci necessarium est : {um cibis vinoque utendum est.

XII. Sed hic quidem morbus et acutus est, et inter intestina stomachumque versatur, sic ut, cujus potissimum

nomment cæliaque réside positivement dans l’orifice de l'estomac, et revêt en général la forme chronique. Sous l'influence de cette affection , le ventre devient dur et douloureux; il y a de la constipation, etmême impossibilité d’expulser les gaz; les extrémités se refroidissent, et le malade respire difficilement. La meilleure chose à faire en commencant, c’est de couvrir le ventre de cataplasmes chauds, afin de calmer la douleur; puis on fait vomir après le repas, pour que le ventre se trouve ainsi dans un état de vacuité; les jours suivants, on applique sur l’abdomen et les hanches des ventouses non scarifiées ; on proeure des évacuations alvines en donnant du lait et du vin salé froid, ou même des figues vertes, si l'on est dans la saison ; mais c’est par degrés et non tout à la fois qu'il faut donner à boire ou à manger. Eu conséquence, on se contentera de prendre par intervalle deux ou trois verres de boisson, et pour les aliments on établira la même proportion. Il convient aussi de donver un verre de lait étendu d’une égale quantité d'eau. Les aliments flatueux et âcres sont les plus convenables ; de telle sorte qu'on fait bien d'ajouter au lait de l'ail écrasé. Au bout d’un certain temps, il y a lieu d'employer la gestation, et surtout de paviouer ; trois ou quatre fois par jour, on doit faire des frictions avec de l'huile et du nitre; après le repas, il est bon de recourir aux affusions chaudes, puis d'appliquer sur tous les membres, la tête exceptée, des sinapismes qu’on laisse jusqu'à ce qu'ils aient produit de la rougeur et de l'érosion : ce moyen sera surtout employé chez les sujets fermes et robustes. On arrive ensuite par degrés aux remèdes astringents. La viande doit être rôtie, nourrissantes et peu facile à se

partis sit, non facile dici possit. In ipsius vero ventriculi porta consistitis, qui et longus esse consuevit : xotAraxoc a Græcis nominatur. Sub hoc venter indureseit, dolorque ejus est; alvus nihil reddit, ac ne spiritum quidem transmittit; extremæ partes frigescunt; difficulter spiritus redditur. Commodissimumest inter inilia calida cataplasmala toti ventri imponere, ut dolorem leniant ; post cibum vomere, alque ita senlrem exinanire ; proximis deinde diebus cucurbitulas sine ferro ventri et coxis admovere; ventrem ipsum hiquare dato lacte, et vino salso , frigido; si tempus anni patitur, etiam viridibus ficis ; sic tamen, ne quis aut cibus, aut humor universus detur, sed paulatim. Ergo per intervalla temporis sat est cyathos binos ternosve sumere, et cibum pro portione hujus, commodeque facit cyatho lactis cyathus aquæ mistus, et sie datus; cibique inflantes et acres utiliores sunt, adeo ut lacti quoque recte contritum allium adjiciatur. Procedente vero Lempore , opus est gestari; maximeque navigare; perfricari ter aut quater die, sic, ut nitrum oleo adjiciatur ; perfundi aqua calida posteibum ; deinde sinapi imponere per omnia membra, exceplo capite, donec arrodatur etrubeat, maximeque si corpus durum et virile est; paulatim deinde faciendus est transitus ad ea, quæ ventrem comprimunt. Assa Caro danda, valens, et auæ

corrompre; pour boisson, on prendra deux ou trois verres d’eau pluviale, qu'on aura fait bouillir. Si le mal est invétéré, il faut avaler gros comme un grain de poivre d’assa-fœtida de la meilleure qualité, et boire alternativement un jour du vin, et de l’eau le jour suivant; quelquefois on peut prendre un verre de vin après chaque repas; enfin on devra prescrire des lavements d'eau pluviale dégourdie, surtout s’il y a dans le bas-ventre des douleurs persévérantes.

XIII. Le conduit intestinal est sujet à deux maladies dont l’une occupe l'intestin grêle, et l’autre, le gros intestin. La première est aiguë, la seconde peut exister à l’état chronique. Dioclès de Caryste a nommé chordapse l'affection de l’intestin grêle, et é/cus, celle du gros intestin ; mais aujourd'hui je vois que ce nom d’iléus s'applique à la première maladie, et que l’autre est appelée colique. Quand le mal réside dans la portion grêle, il détermine de la douleur au-dessus ou audessous de l’ombilie, et le point douloureux devient le siége d’une inflammation; le cours des évaeuations par bas est interrompu, et l'expulsion des waz impossible; si la partie supérieure est affectée, on vomit ses aliments, et l’on rend par la bouche des matières stercorales si le mal s’est porté sur la partie inférieure; mais dans les deux cas il faut que déjà l'affection soit ancienne. Des vomissements bilieux, de mauvaise odeur, noirs ou de couleurs variées, augmentent le danger. Comme moyen detraitement il faut employer la saienée, ou faire des applications de ventouses en plusieurs endroits, sans y joindre partout des scarifications; on se contente d’ineiser la peau sur deux ou trois points, et ailleurs il suffit d’attirer l’air. On doit déterminer

non facile corrumpatur ; potui vero, pluvialis aqua decocta, sed quæ per binos ternosve cyathos bibatur. Si vetus vitium est, oportet laser quam optimum ad piperis magnitudinem devorare ; altero quoque die vinum vel aquam bibere ; interdum interposito cibo, singulos vini cyathos sorbere ; ex inferiori parte infundere pluviatilem egelidam aquam, maximeque si dolor in imis partibus remanet.

XIE. Intra ipsa vero infestina consistunt duo morbi, quorum alter in tenuiore , alter in pleniore est. Prior acutus est; insequens esse longus potest. Diocles Carystius tenuioris intestini morbum y0p0aboy ; plenioris ei}eoy nominavit. A plerisque video nune illum priorem eieoy, hunc #xwluxdv nominari. Sed prior modo supraumbilicum, modo sub umbilico dolorem movet; fit alterutro loco inflam matio ; nec alvus, nec spiritus infra transmitlitur ; si superior pars affecta est, cibus , si inferior, stercus per os redditur , si utrumlibet vetus est. Adjicit periculo vomitus biliosus, mali odoris, aut varius, ant niger. Remedium est, sanguinem mittere; vel cucurbitalas ploribus locis admovere, non ubique cute incisa , id enim duobus aut tribus locis satis est , ex ceteris spiritum evocare abunde est. Tum animadvertere oportet, quo loco malum sit, solet enim contra id tumere. Et si supra umbilicum est,

& ensuite le siége du mal, et d'ordinaire il se reconnaît à la présence d’unetumeur. Sil’iléus se trouve au-dessus de l’ombilic, les lavements sont inuti— les; mais s’il est au-dessous, on ne peut mieux faire que d’en prescrire comme le veut Érasistrate ; et souvent même on n’a pas besoin d'autre se— cours. On prépare ces remèdes avec de la crème d'orge mondé qu’on a filtrée, et l'on y ajoute simplement du miel et de l'huile. Si l’on ne voit pas de tumeur, on placera les deux mains sur le ventre; puis, en le parcourant lentement de haut en bas, on appréciera la situation du mal par la rénitence qu’il offrira nécessairement au toucher : cette exploration permettra de juger s’il est utile ou non de recourir aux lavements. Voici les moyens généraux : appliquer des cataplasmes chauds depuis les mamelles jusqu'aux aines et à l'épine, et les renouveler souvent; frictionner les bras et les jambes; faire prendre au malade un bain entier d'huile chaude, et donner en lavement, si la douleur ne cesse pas, trois ou quatre verres de cette huile. Lorsqu’à l’aide de ce traitement les gaz ont déjà pu s'échapper par la partie inférieure, il convient d'accorder au malade de l’hydromel tiède, mais en petite quantité; et avant ce temps il doit s’interdire avec soin toute, boisson. Si l’hydromel réussit, on peut donner aussi de la crème d'orge; et l’on passe enfin à un régime plus substantiel dès que la douleur et la fièvre ont cessé, en évitant toutefois les aliments venteux, durs outrop nourrissants, dans la crainte de fatiguer lesintestins encore faibles. On ne boira que de l’eau pure, car tout ce qui est vineux ou acideest contraire à cette maladie. Il faut de même renoncer au bain, à la promenade, à la gestation

alvi ductio utilis nonest ; si infra est, alvum ducere, nt Érasistrato placuit, optimum est, et sæpe id auxilii salis est. Ducitur autem percolato ptisanæ cremore , cum oleo et melle, sic, ut præterea nihil adjiciatur. Si nibil tumet, duas manus imponere oportet supra summum ventrem, paulatimque deducere : invenietur enim mali locus, qui necesse est renitatur, et ex eo deliberari poterit, ducenda, nec ne alvus sit. JIla communia sunt : calida cataplasmata admovere, eaque imponere a mammis usque ad inguina et spinam, ac sæpe mutare; brachia cruraque perfricare; demittere totum hominem in calidum oleum ; si dolor non quiescit, eliam in alvum ex parte inferiore tresaut quatuor cyathos calidi olei dare. Ubi per hæc consecuti sumus, utjam ex inferiore parte spiritus transmittatur, offerre potui mulsum tepidum non multum : nam ante magna cura vitandum est, ne quid bibat; si id commode cessit, adjicere sorbilionem. Ubi dolor et febricula quierunt, tum demum uti cibo pleniore, sed neque inflante, neque duro, neque valido, ne intestina adhuc imbecilla lædantur. Potui vero nihil, præterquam puram aquam; nam sive quid vinolentum sive acidum est, id huie morbo alienum est. Ac postea quoque vitare oportet balneum, ambulationem, gestationem , ceterosque corporis motus. Nam facile id malum redire consuevit; et

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et aux autres exereices du corps, attendu que ée mal se reproduit facilement, et que si les intestins nesont pas entièrement rétablis , l'impression du froid ou la moindre agitation occasionne une rechute,

XIV. La maladie du gros intestin est située principalement dans la portion cœcale. On observe, surtout à droite, un gonflement considérable et de violentes douleurs ; l'intestin semble se tordre, etle malade en perd pour ainsi dire la respiration. Le froid et les indigestions sont les causes les plus ordinaires de cette affection, qui dans le cours de la vie passe et reparaît souvent, faisant souffrir le malade sans jamais abréger ses jours. Dès que la douleur se déclare, il faut pratiquer sur le ventre des fomentations chaudes et sèches; on les fait d’abord avec lenteur, et ensuite on les rend plus actives ; en même temps, pour détourner la matière, on exerce des frictions sur les extrémités, c’est-à-dire sur les bras etles jambes; si le mal résiste, on applique des ventouses sèches sur le point douloureux. On possède encore un médicament composé spécialement pour cette maladie, et qu’on appelle colicon : Cassius se glorifiait de Pavoir trouvé. Ce remède agit mieux pris en boisson; mais employé même extérieurement, il apaise la douleur en dissipant les flatuosités. Le malade ne doit prendre ni aliments ni boissons que lorsque les coliques ont cessé. J'ai déja fait connaître le régime convenable aux personnes atteintes de cette maladie. Voici la composition du remède appelé colicon : Costus, anis, castoréum, de chaque p. *. 111, persil p. den. n11, poivre long et rond de chaque p. *. n, suc de pavot, jone rond, myrrhe, nard, de cha-

sive cum frigus subit, sive aliqua jactatio, nisi bene jam confirmatis intestinis, revertilur.

XIV. Is autem morbus, qui in intestino pleniore est, in ea maxime parte esl, quam cæcam esse proposui. Vehemens fit inflatio, vehementes dolores, dextra magis parte ; intestinum, quod verti videtur, prope spiritum elidit. In plerisque post frigora cruditatesqueoritur, deinde quiescit; et per ætatem sæpe repelens sic cruciat, ut vitæ spatio nihil demat. Ubi is dolor cœpit, admovere sicca et calida fomenta oportet, sed primo lenta, deinde validiora ; simulque frictione ad extremas partes, id est crura brachiaque materiam evocare; si discussus non est, qua dolet, cucurbitulas siae ferro defigere. Estetiam medicamentum ejus rei causa comparatum, quod xwAtxdv nominatur. Id se repperisse Cassins gloriabatur. Magis prodest potui datum ; sed impositum quoque extrinsecus, digerendo spiritum , dolorem levat. ‘Nisi finito vero tormento, recte neque cibus neque potio assumitur. Quo victu sit utendum iis, qui hoc genere tentantur, jam mihi dictum est. Confectio medicamenti, quod xw)txov nominalur, ex his constat : Costi, anisi, castorei, singulorum p. *. ui. petroselini p. den. m1. piperis longi, et rotundi, singulorum p. *. n. papaveris lacrimæ , junei rotundi, myrrhæ, nardi, singulorum p. *. vi quæ melle excipiun-

que p. *. 11; le tout incorporé dans du miel. On peut prendre ce médicament à l'étatsolide, ou délayé dans de l'eau chaude.

XV. Les tranchées se rapprochent singulièrement des maladies intestinales dont on vient de parler ; elles constituent la dyssenterie des Grecs. Dans ce cas, il existe à l’intérieur des intestins des ulcérations d’où s'écoule du sang mêlé soit à des matières stercorales toujours liquides, soit à des mucosités ; quelquefois il s'échappe en même temps comme des débris de chair. Le malade éprouve des envies fréquentes d'aller à la selle, et de la douleur au siége ; c’est avec douleur aussi qu'il cède au besoin, pour rendre peu de chose chaque fois, et chaque fois avec des tranchées plus vives; ilobtient ensuite un peu de soulagement, mais le repos est de courte durée ; le sommeil est interrompu, et une petite fièvre se déclare. Cette maladie, lorsqu'elle a pris un caractère invétéré, finit par enlever le malade, ou si elle le guérit, elle laisse encore à sa suite de longs ressentiments. Il faut d'abord garder le repos, car toute agitation favoriselesulcérations ; puis on doitprendre à jeun un verre de vin, auquel on ajoute de la racine de quintefeuille écrasée; on applique sur le ventre des cataplasmes répereussifs, ce qui ne convient pas dans les maladies intestinales qui sont situées plus haut; toutes les fois qu'on va à la selle, il faut se laver avec une décoction chaude de verveine. On mangera du pourpier cuit, ou confit dans de la saumure forte ; et les aliments solides et liquides seront tous astringents. Si la maladie dure déjà depuis un certain temps, on peut donner des lavements avec les substances suivantes : crême d'orge mondé, lait, graisse fondue, moelle de cerf, huile, beurre avec l'huile rosat, blancs

tur. Id autem et devorari potest, ef ex aqua calida sumi.

XV. Proxima his inter intestinorum mala lormina esse consueverunt : dvoevrepia grace Vocalur. Intus intestina exulcerantur ; ex his cruor manat, isque modo cum stercore aliquo semper liquido, modo cum quibusdam quasi mucosis excernilur; interdum simul quædam carnosa descendunt ; fretuens dejiciendi cupiditas, dolorque in ano est; éum eodem dolore exiguum aliquid emittitur ; atque eo quoque tormentum intenditur; idque post tempus aliquod levalur; exiguaque requies est; somnus interpellatur; febricula oritur; longoque tempore id malum, cum inveteraverit, aut tollit hominem, aut, eliamsi finilur, excruciat. Oportet in primis conquiescere ; siquidem omnis agitalio exulcerat; deinde jejunum sorbere vini cyathum, cui contrila radix quinquefolii sit adjecta ; imponere cataplasmata super ventrem, quæ reprimun(; quod in superioribus ventris morbis non expedit; quotiesque desidit, subluere aqua calida, in qua decoctæ verbenæ sint; portulacam vel coctam, vel ex dura muria edisse { cibos potionesque eas, quæ adstringunt alvum]. Si vetustior morbus est, ex inferioribus partibus tepidura infundere vel ptisanæ crernorerz vel lac, vel adipem liquatam, vel medullam cerviuam, vel

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d'œufs crus, mêlés à la même huile, décoction de graine de lin, ou bien jaunes d'œufs délayés dansune décoction de feuilles de roses, si lemalade est sans sommeil. Ces remèdes apaisent la douleur, rendent les ulcères plus bénins:; ils deviennent surtout utiles lorsqu'il y a du dégoût pour les aliments. Thémison prescrivait en pareil cas de la saumure forte et très-âcre, Il faut que les aliments soient de nature à tenir le ventre légèrement resserré. Les moyens qu'on regarde comme diurétiques ont l'avantage de changer le cours des humeurs quanä ils produisent l'effet attendu; mais s'ils font défaut sur ce point, ils augmentent le mal; aussi ne doit-on les donner qu'aux malades chez lesquels cette action spéciale est prompte à se manifester. S'il existe un peu de fièvre, on fera boire de l’eau pure chaude, ou de l’eau qui soit astringente; s’il n'y a pas de mouvement fébrile, on pourra prendre du vin léger et astringent. Lorsqu'au bout de plusieurs jours ces remèdes n’ont rien produit, et que le malest déjà ancien, l’eau bien froide prise en boisson a le pouvoir de resserrer les ulcères et de préparer la guérison ; mais dès que le flux de ventre est arrêté, il faut s'empresser de revenir à l'eau chaude. Quelquefois on remarque dans les évacuations une sapie putride d'une extrême fétidité; d'autres fois on ne rend que du sang pur. Contre les déjections sanieuses on emploie les lavements d’eau miellée et ceux que je viens d'indiquer. Le minium en substance, piléavec une hémine desel et délayé dans de l'eau, compose aussi un lavement efficace contre l’ulcère putride des intestins. Quant à l'ecoulement de sang, on le réprime a l'aide des boissons et des aliments qui resserrent.

X VI. La dyssenterie donne quelquefois nais-

oleum, vel cum rosa bulyrum, vel cum eadem album crudum ex ovis, vel aquam, in qua lini semen decoctum sit; vel, si somnus non accedit, vitellos cum aqua, in qua rosæ floris folia cocta sint. Levant enim dolorem hæc, et mitiora ulcera efficiunt, maximeque utilia sunt, si cibi quoque secutum fastidium est. Themison muria dura quam asperrima sic utendum memoriæ prodidit. Cibi vero esse debent, qui leniter ventrem adstringant. Alea, quæ urinam movent, si id consecuta sunt, in aliam partem humorem avertendo, prosunt; si non sunt consecula, noxam augent : itaque nisiin quibus prompte id facere consuerunt, nou sunt adhibenda. Fotui, si febricula est, aqua pura calida, vel ea, quæ ipsa quoque ad- Stringat, dari debet ; si non est, vinum leve, auslerum. Si pluribus diebus nihil remedia alia juverunt, vetusque jam vilium est, aquæ bene frigidæ potio assumpta ulcera adstriugit, el initium secundæ valetudinis facit; sed ubi venter suppressus est, protinus ad calidam potionem revertendum est. Solet autem interdum etiam putrissanies, pessimique odoris descendere : solel purus .sanguis profluere. Si superius vitium est, alvus aqua mulsa duci debet; tum deinde eadem infundi, quæ supra comprehensa sunt. [ Valensque est etiam adversus cancerem intestino=

sance à la lienterie, état dans lequel lesintestins ne peuvent rien garder, et rendent immédiatement et mal digérés tous les aliments pris par le malade. Cette affection traîne parfois en longueur , et dans certains cas marche rapidement vers une terminaison funeste. Il y a toujours nécessitéd’employericiles astringents, dans le but de rendre aux intestins Ja force de conserver ce qui leur est confié. On applique un sinapisme sur la poitrine ; etquandil a produit l'érosion de la peau, on le remplace par un cataplasme qui attire l’humeur au dehors ; on fait baigner le malade dans une décoction de verveine ; on lui prescrit les aliments et les boissons qui ont la faculté de resserrer ie ventre, et on le soumet à des affusions froides. Par prévoyance cependant, on ne fera pas agir tous ces remèdes à la fois, dans la crainte de développer un vice contraire , c’est-à-dire des flatuosités excessives. On cherchera donc à fortifier ces organes peu à peu , en ajoutant chaque jour quelque chose aux moyens de traitement. 11 est nécessaire dans tous les flux de ventre, et bien plus encore dans celui-ci, de résister aux fréquentes envies d'aller à la selle, et d'attendre que le besoin soit irrésistible, afin que, par ie fait même des retards qu’on s'impose, les intestins reprennent l'habitude de garder leur fardeau. Une autre recommandation dont il faut surtout tenir compte dass la lienterie, bien qu'elle concerne aussi toutes les maladies semblables , est celle-ci : les remèdes à employer avant pour la plupart une saveur désagréable, comme le plantain, la müre sauvage, et tout ce qu’on mélange avec l'écorce de grenade, il faut choisir exclusivement ceux que le malade préfère; et si chacun d'eux soulève en lui la même répugnance,

rum, mini gleba cum salis hemina contrita, si misla his aqua in alvum datur.] At si sanguis profluit, cibi potionesque esse debent, quæ adstringant.

XVI. Ex torminibus inlerdumintestinorum lævitas oriur; qua continere nihil possunt, et quidquid assumptum est, imperfectum protinus reddunt. Id interdum ægros trahit, interdum præcipitat. In hoc utique adhibere oportet comprimentia ; quo facilius tene di al quid intestinis vis sit. Ergo et super pectus ponatur sinapi, exulcerataque cute, malagma , quod humorem evocet ; et ex verbenis decocta in aqua desidat ; et cibos potionesque assumat, quæ alvum adstringunt; et frigidis utatur perfusionibus. Oportet tamen prospicere, ne, simul his omnibus admotis, vitium contrarium per immodicas inflationes oriatur. Paulatim ergo firmari inteslira debebunt, aliquibus quoti lie adjectis, Et cum in omni fluore ventris, tum in hoc præcipue necessarium est, non quoties libet desidere, sed quoties necesse est, ut hæc ipsa mora in consuetudinem ferendi oneris intestina deducat. Alterum quoque, quod æque ad omnes similes affectus pertiret, in hoc maxime servandum est, ut, cum pleraque utilia insuavia sint, qualis est plantago, et rubi, et quidquid malicorio mistum est, ea potissimum ex his deplur, quæ maxime æger volet ; deinde, si omnia ista fastidiet , ad excitan-

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on devra, pour réveiller son appétit, lui en pré= senter d’autres moins efficaces sans doute, mais plus propres à flatter son goût. L'exercice et les frictions ne sont pas moins utiles dans cette affection ; il faut y joindre l'influence du soleil , celle du feuet l'usage du bain ; on peut aussi, selon le conseil d’'Hippocrate, faire vomir et recou— rir même à l’ellébore blanc, si les autres vomitifs sont insuffisants.

XVII. Des vers séjournent quelquefois dansles intestins ; ils sortent tantôt par le siége, et tantôt {ce qui est plus repoussant\ par la bouche. On en voit de plats (et ce sont les plus nuisibles), et d’autres dont la forme est cylindrique. Quand ils sont plats, on fait prendre une décoction de lupin ou d’écorce de mürier ; ou bien l'on compose une boisson soit avec l’hysope écrasé, soit avec un acétabule de poivre, ou avec un peu de scammonée. On peut encore manger beaucoup d'ail la veille, et vomir; puis le lendemain boire à jeun une potion faite avec une poignéede petites racines de grenadier qu'on écrase, et qu’on fait bouillir dans trois setiers d'eau jusqu'à réduetion à un tiers, en ajoutant ensuite un peu de nitre. Trois heures après on prend deux doses de cette décoction, à laquelle on peut mêler aussi de la saumure forte (6); et l’on se met ensuite sur un bassin d'eau chaude. Si les vers sont cylindriques , comme on le remarque surtout chez les enfants, on donne ces préparations, et quelques autres plus légères ; ainsi on fait boire de l’eau dans laquelle on a pilé les semences d’or: tie, de chou, decumin ou dementhe, ou l’on prend une décoction d’absinthe, de l'hysope dans de l'hydromel , ou de la semence de cresson pilée dans du vinaigre. Il est bon aussi de manger

dam cibi cupiditatem, interponatur aliquid minus utile , sed magis gratum. Exercitationes et frictiones huic quoque morbo necessariæ sunt ; et cum his sol, ignis, bal. | neum, vomitus, ut Hippocrati visum est, eliam albo veratro, si celera parum proficient , evocatus.

XVII. Nonnumquam autem lumbrici quoque occupant alvum ; hique modo ex inferioribus partibus, modo fœdius ore redduntur ; atque interdum latos eos, qui pejores sunt, interdum teretes videmus. Si lati sunt, aqua potui dari debet, in qualupinum, aut cortex mori decoctus sit, aut cui adjectum sit contritum vel hyssopum, vel piperis acetabulum, vel scammoniæ paulum. Vel eliam pridie, cum multum allium ederit, vomat; posteroque die mali Punici tenues radiculas colligat, quantum manu comprehendet ; eas contusas in aquæ tribus sextariis decoquat, donec tertia pars supersit; huc adjiciat nitri paulum, et jejunus bibat. Interpositis deinde tribus horis, duas potiones sumat, aut aquæ, vel muriæ duræ sit adjecla ; tum desidat subjecta calida aqua in pelve. Si vero teretes sunt, qui pueros maxime exercent, et eadem dari possunt, el quæ= dam leviora; ut contritum semen urticæ, aut brassicæ, aut cumin: Cum aqua, vel mentha cum eadem, vel absinthium decoctum, vel hyssopum ex aqua mulsa, vel nasturtii semen cum aceto contrilum. Edisse etiam et lupi-

du lupin et de l'ail , ou de prendre un lavement huileux.

XVIIT. Une maladie moins grave que les pré-

cédentes est celle que les Grecs nomment fenesme. On ne saurait la mettre au nombre des maladies aiguës, non plus que des affections chroniques ; car elle est facile à guérir, et par elle-même ne devient jamais mortelle. Comme dans la dyssenterie, on éprouve de fréquentes envies d'aller à la selle, et une douleur semblable pour évacuer. Les matières alvines sont pituiteuses et ressemblent à des mucosités; quelquefoisaussi ellessont légèrement sanguinolentes, mais parfois elles sont bien liées, et conformes au genre d'alimentation. Il faut prendre des bains chauds, et appliquer souvent des topiques au siége même ; plusieurs médicaments répondent à cette indication, le beurre par exemple avec l’huile rosat, lesuc d’acacia dissous dans du vinaigre , l’emplâtre {étrapharmaque des Grecs ramolli avee l'huile rosat, l’alun enfin, étendu sur de la laine et appliqué sans autre préparation. On emploie les mêmes lavements que dans la dyssenterie ,et l'on pratique également avec une décoction de verveine des fomentations sur les parties inférieures. Un jour on boit de l’eau, et, lejoursuivant, du vinlégeret astringent. Les boissons doivent être tièdes et presque froides; et quant au régime, c’est encore celui que j'ai prescrit pour la dyssenterie.

XIX. Ladiarrhée constituée pardes selles liquides, et plus rapprochées que de coutume, est une maladie moins sérieuse encore lorsqu'elle est récente. Les douleurs dontelles’accompagne, tolérables quelquefois, sont quelquefois aussi très-violentes, et l’affection alors devient plus grave. Mais

num, et allium prodest; vel in alvum oleum subter dedisse.

XVII. Est autem aliud levius omnibus proximis, de quibus supra dictum est, quod reveouov Græci vocant. Id neque acutis neque longis morbis adnumerari debet, cuin et facile tollatur, neque unquam per se jugulet. In hoc æque atque in torminibus frequens desidendi cupiditas est; æque dolor, ubi aliquid excernitur. Descendunt autem pituitæ mucisque similia, interdum etiam leviter subcruenta ; sed his interponuntur nonuumquam ex cibo quoque recte coacta. Desidere oportet in aqua calida ; sæpiusque ipsum anum nutrire; cui plura medicamenta idonea sun£ : butyrum cum rosa ; acacia ex aceto liquata ; emplastrum id , quod rerpagéquexoy Græci vocant, rosaliquatum; alumen lana circumdatum, et ita appositum; eademque ex inferiore parte indita, quæ torminum auxilia sunt; eædem verbenæ decoctæ, ut inferiores parles foveantur. Alternis vero diebus aqua, alternis leve et austerum vinum bibendum est. Potio esse debet egelida et frigidæ propior ; ratio victus falis, qualem ad tormina supra præcepimus.

XIX. Levior eliam, dum recens, dejectio est, ubi et liquida alvos, et sæpius quam ex consuctudine jertur ; alque interdum tolerabilis dolor est, interdum gravissimus,

souvent c’est au profit de [a santé qu'on a pendant un jour un fiux de ventre; il peut mème en durer plusieurs, pourvu qu'il ne soit compliqué d'aucun mouvementdefièvre, etqu'ils’arrête dans l'espace de sept jours. Le dévoiement alors sert à purger le corps , et à le débarrasser heureusement des matières dont le séjour à l'intérieur aurait été nuisible, Au contraire, il ya danger lorsqu'il excède la durée convenable, car il provoque des tranchées et de la fièvre, et consume les forces. Le premier jour , il faut simplement se reposer , sans chercher à supprimer le eours de ventre. S'il cesse de lui-même, on doit se mettre au bain, et manger un peu; s'il persiste, il faudra non-seulement observer In diète, mais de plus s’interdire toute boisson; garder encore le repos le lendemain , si les déjections sont toujours liquides, et prendre quelques aliments astringents ; le troisième jour, aller au bain, frictionner fortement toutes les parties du corps , à l’exception du ventre ; exposer au feu la région lombaire et les épaules, faire usage d’une nourriture astringente, et boire un peu de vin pur ; le quatrième jour enfin, si le dévoiement persévère, manger davantage, mais se faire vomir ensuite. Ainsi l’on combat la diarrhée jusqu’à disparition complète par la soif, la diète et le vomissement, et il est presque impossible que ces movens n’amènent pas le resserrement du ventre. Pour arriver au même résultat, il est encore une autre voie : c’est de diner et de vomir après, de passer dans le lit la journée du lendemain, de se faire oindre le soir, mais légèrement; de manger ensuite environ une demi-livre de pain trempé daus du vin d’Aminée; puis quelque chose de rôti , et de

idque pejns est. Sed uno die fluere alvum sæpe pro valetudine est ; atque etiam pluribus, dum febris absit, et intra seplimum diem id conquiescat. Purgatur enim corpus, et, quod intus læsurum erat, utiliter effunditur. Verum spatium periculosum est; interdum enim tormina ac febriculas excitat, viresque consumit. Primo die quiescere satis est, neque impetum ventris prohibere. Si per se desiit, balneo uti, paulum cibi capere ; si mausit , abstinere non solum a cibo, sed etiam a potione. Postero die, si nihilominus liquida alvus est, æque conquiescere; paulum adstringentis cibi sumere. Tertio die in balneum ire; vehementer omnia præter ventrem perfricare ; ad ignem lumbos, scapulasque admovere; cibis nli, sed ventrem contrahentibus; vino non multo, meraco. Si postero quoque die fluet, plus edisse, sed vomere etiam, Ex toto, donec conquiescat, contra sili, fame, vomilu niti. Vix enim fieri polest, ut, post hanc animadversionem, alvus non contrahatur. Alia via est, ubi velis supprimere : cœnare, deiade vomere; postero die in lecto conquiescere; vespere ungi, sed leniter; deinde panis circa selibram ex vino Amiuæo merosumere; tum assum aliqnid, maximequeavem el postea vinum idem bibere aqua pluviali mistum ; idque usque quintum diem facere, ilerumque vomere. Frigidam autem assidue polionem esse s‘ebere, contra priore; auctores As

préférence un oiseau ; il convient après cela de boire du vin coupé avec de l’eau de pluie, de continuer ce régime jusqu’au cinquième jour, et de provoquer encore une fois le vomissement. Contrairement à l'opinion des anciens auteurs, Asclépiade a prétendu que les boissons devaient être froides, et même aussi froides que possible.

Quant à moi, j'estime que chacun pour boirechaud ou froid doit se régler sur son expérience personnelle. Il peut se faire que ce mal, négligé plusieurs jours de suite, soit plus difficile à guérir. Dans ce cas on débute par le vomissement, puis, le lendemain soir, on a recours aux onctions dans un endroit doucement échauffé; on fait un repas modeste en y joignant du vin pur du goût le plus âpre, et l’on applique sur labdo— men de la rue incorporée dans du cérat. La promenade et les frictions ne sont ici d’aucune utilité; mais il n’en est pas de même de l’exercice en voiture, et surlout de l'équitation, car rien n’est plus convenable pour raffermir les intestins. S'il y a lieu d'employer aussi des médicaments, on n'en peut trouver de meilleur que celui qu’on prépare avec les fruits : au ternps des vendanges, on jette dans un grand vase des poires et des pommes sauvages; à leur défaut, on prend des poires vertes de Tarente ou de Signie, despommes de Scandie ou d’Amérine, et des myrapies (7); on y ajoute des coings, des grenades avec leur écorce, des cormes, et même celles de l'espèce dite torminale, dont nous faisons le plus d'usage. Ces fruits doivent monter jusqu’au tiers du vase, qu’on achève de remplir avec du moût ; puis on fait bouillir le tout jusqu’à fusion complète en un seul et même corps. Ce remède n’est pas désagréable au goût, et, pris modérément chaque fois que l'indication s’en

clepiades affirmavit, et quidem quam frigidissimam. Ego experimentis quemque in se credere debere existimo, calida potius, an frigida utatur. Interdum autem evenit, ut id pluribus diebus neglectum, curari difficilius possit. A vomilu oportet incipere; deinde postero die vespere tepido loco ungi; cibum modicum assumere, vinum meraeumn quam asperrimum ; impositam super ventrem habere cum cerato rutam. In hoc autem affectu corporis neque ambulatione, neque frictione opus est; vehiculo sedisse, vel magis etiam equo, prodest : neque enim ulla res magis intestina confirmat. Si vero etiam medicamentis utendum est, aptissimum est id, quod ex pomis fit : vindemiæ tempore in grande vas conjicienda sunt pira atque mala silvestria; si ea non sunt, pira Tarentina viridia , vel Signina, mala Scandiana vel Amerina, myrapia; bisque adjicienda sunt cotonea, et cum ipsis corticibus suis Punica, sorba, et, quibus magis utimur, eliam Lorminalia, sic, ut hic tertian ollx partem teneant ; tum deinde ea musto implenda est; coquendumque id, donec omnia, quæ indila suat, liquata, in unitatem quamdam coeant. Id gustui non insuave est; ct, quandocumque opus est, asSumptum leniter, sine ulla stomachi noxa, ventrem tenet. Duo aut tria cochlearia uno die sumpsisse, satis est. Allcrum va-

CELSE

présente , il tient le ventre resserré, sans aucun inconvénient pour l'estomac; la dose convenable est de deux ou trois cuillerées dans le jour. On compose un remède plus actif avec des baies de myrte : on en fait du vin, qu'on traite par ébullition jusqu’à ce qu'il n'en reste que la dixième partie, et on en donne un verre. Il est un troisième médicament qu’on prépare en tout temps : on creuse une grenade dont on retire les pepins, et après avoir replacé les cloisons qui les séparaient, on y fait entrer des œufs erus, eton mêle avec une spatule, ensuite on place sur de la braise la grenade, qui n’est point exposée à brüler tant qu’elle renferme des parties humides; dès qu’elle commence à sécher, on retire avec une cuiller ce qui est à l’intérieur, et on le mange. En ajoutant quelques ingrédients, on rend ce remède encore plus efficace ; ainsi on peut le prescrire avec un mélange de sel et de poivre. De la bouillie dans laquelle on a fait cuire une petite portion de vieux rayon de miel, de la lentille cuiteavee l'écorce de grenade, ou des sommités de mürier sauvage bouillies, et mangées avec del’huile et du vinaigre, constituent égales ment de bonnes préparations. Il est bon aussi de donner à boire une décoction de daites , ou de coings, ou de cormes sèches, ou de mûres sauvages; et c’est une décoction de ce genre que je veux désigner, chaque fois que je conseille Pusage d’une potion astringente. Ce n’est pas tout : on fait bouillir une hémine de froment dans:

du vin d'Aminée, on le fait prendre à jeun, lors= que le malade a soif, et l’on donne du vin ensuite. Ceremède est un des plus sûrs. On fait boire aussi du vin de Signie, ou du vin astringent traité par la résine, ou tout autre vin au choix, pourvu qu'il ait de l’astringence. Enfin on peut mêler à

lentius genus : myrti baccas legere, ex his vinum exprimere, id decoquere, ut decima pars remaneal, ejusque cya= thum sorbere. Tertium, quod quandocumque fieri potests malum Punicum excavare, exemptisque omnibus seminibus, membranas, quæ inter ea fuerunt, iterum conjicerez tum infundere cruda ova, rudiculaque miscere ; deinde malum ipsum super prunam imponere, quod, dum humor intus est, non aduritur; ubi siccum esse cœæpit, removeré oportet, extractumque cochleari, quod intus est, edisse: Aliquibus adjectis, majus momentum habet : itaque eliam in piperatum conjicitur, miscelurque cum sale et pipere, est quid ex his edendum est. Pullicula etiam, cum qua paulum ex favo vetere coctum sit, et lenticula cum mali: corio cocla, rubique cacumina in aqua decocta, et ex oleo: atque aceto assumpta, efficacia sunt; atque ea aqua in qua vel palmulæ, vel malum cotoneum, vel arida sorba, vel rubi decocti sunt, potata : quod genus significo, quoties potios nem dandam esse dico, quæ adstringat. £ritici quoque he: mina in vino Aminæo auslero decoquitur; idque triticum jejuno ac sitienti datur, superque id vinumn id sorbetur ; quod jure valentissimis medicamentis adnumerari potest. Atque etiam potui datur vinum Siguinum, vel resinatum austerum, vel quodlibet austerum. Co:tunditurque cum

l'un de ces vins une grenade qu’on écrase avec son écorce et ses semences, et l’on donne au malade cette boisson, pure ou étendue d’eau.

Mais ces divers remèdes ne sont utiles qu'’autant que le dévoiement a pris de la gravité.

XX.1. La matrice expose les femmes à une ma- Jadie grave; c’est même après l’estomac l'organe le plus souventaffecté, et celui dont l’état alle plus d'influence sur le reste du corps. Les personnes atteintes de ce mal perdent parfois le sentiment, et tombent comme dans l’épilepsie; mais il y a cette différence que danse cas présent on n’observe ni le renversementdes yeux, ni l’écume à la bouche, ni les convulsions : il y a seulement de l’assoupissement. Chez certaines femmes les attaques de cette maladie sont fréquentes, et se reproduisent toute la vie. Il est utile de saigner dès le principe, quand les forces le permettent ; si le sujet est trop faible, il faut au moins appliquer des ventouses aux aines. Si, par le fait d'une circonstance accidentelle ou habituelle, la malade est trop longtemps sans connaissance, il faut, pour la réveiller, Jui faire respirer la fumée d’une mèche de lampe éteinte, ou quelqu’une des odeurs fétides dont j'ai déjà parlé. On emploie de même avec succès les affusions froides, et il convient d'appliquer sur les parties naturelles jusqu’au pubis, soit de la rue pilée avec du miel , soit du cérat où l’on fait entrer de l'huile de troëne , ou toute autre espèce d’épithème chaud et humide. On doit en même temps frictionner les hanches et les jarrets. Quand la malade est rendue à son état naturel, il faut supprimer l’usage du vie pendant l’année entière, lors même qu’elle n’éprouverait plus d’accident. Il est nécessaire de pratiquer chaque jour des frictions sur toutes les parties du corps, mais

corticibus seminibusque suis Punieum malum, vinoque tali miscetur : idque vel merum sorbet aliquis, vel bibit mistum. Sed medicamentis uti, nisi in vehementious mulis, supervacuum est.

XX. 1. Ex vulva quoque fœminis vehemens malum nascitur, proximeque ab stomacho, vel afficitur hæc, vel eorpus afficit. Interdum etiam sie exanimat, ut famquam comitiali morbo prosternat. Distat tamen hic casus, eo quod neque oculi vertuntur, nec spumæ profluunt, nec nervi distenduntur : sopor tantum est. Idque quibusdam fæminis crebro revertens perpetuum est. Ubi incidit, si sadis virium est, sanguis missus adjuvat ; si parum est, cu- Curbitulæ tamen defigendæ sunt in inguinibus. Si diutius aut jacet aut alioqui jacere consuevit, admovere oportet naribus extinctum ex Jucerna linamentum, vel aliud ex äis, quæ fœdioris esse odoris retuli, quod mulierem excitet. Idemque aquæ quoque frigidæ perfusio efficit. Adjuyatque ruta contrita cum melle, vel ex cyprino ceratum, vel quodlibet calidum et humidum cataplasma, naturalibus pube tenus impositum. Inter hæc etiam perfricare coxas, et poplites oportet. Deinde, ubi ad se rediit, cireumcidendum vinum est in totum annum, eliamsi casus idem non reyertitur ; frictione quotidie utendum tolius quidem corporis, præcipue vero veptris et poplitum; cibus ex

principalement sur le ventre et aux jarrets; les aliments seront pris dans la classe moyenne, et tous les trois ou quatre jours on posera des sinapismes au bas-ventre, jusqu’à ce qu'ils aient produitde la rougeur. S’il reste quelque dureté (8),on donnera de la souplesse aux parties en employant le solanum trempé dans du lait et pilé ensuite, ou de la cire blanche et de la moelle de cerf, avec de la pommade d'iris ; lesuifde taureau ou de chèvre associé à l’huile rosat remplira le même but. On peut encore faire entrer dans les boissons du castoréum , de la nielle ou de l’aneth. Si Ja matrice est encore chargée d’humeurs, on la déterge aveclejonccarré: sielleest ulcérée, on prépareun topique avec du céraf, de l’huilerosat, de l’axonge récente et des blancs d'œufs, puis on l'applique au siége du mal; on se sert aussi de blancs d'œufs battus avec l'huile rosat, et l’on ajoute des feuilles de roses pulvérisées pour donner plus de consistance à la préparation. Lorsqu'il y a des douleurs à la matrice, on doit recourir aux fumigations avec le soufre. Quand l'écoulement des règles devient à craindre par son exagération, il y a lieu d'appliquer des ventouses scarifiées aux aines ou au-dessous des seins. Si ce flux est de mauvaise nature, il faut placer sous... (9). C'est l'effet que produisent aussi les olives blanches, le pavotnoir pris avec du miel, et la gomme liquide, qu'on donne en même temps que la semence d’ache pilée dans un verre de vin de raisins cuits au soleil. On prescrit en outre, dans toutes les douleurs de vessie, des boissons préparées avec des substances odorantes telles que l’épi de nard, le safran, le cinnamome, le cassia, et autres de même nature. La décoction de lentisque est également utile. Mais si la douleur est intolérable et que le ma-

‘ media materia dandus; sinapi super imum ventrem tertio quoque aut quarto die imponendum, donec corpus rubeat. Si durities manet, mollire commode videtur solanum in lac demissum, deinde contritum ; et cera alba atque medulla cervina cumirino, aut sevum taurinum vel caprinum cum rosa mistum. Dandum etiam polui vel castoreum est, vel gith, vel anethum. Si parum pura est, purgetur junco quadrato. Si vero vulva exulcerata est, ceratum ex rosa fiat, el recens suilla adeps et ex ovis album misceatur, idque apponatur ; vel album ex ovo cum rosa mistum, adjeclo, quo facilius consistat, contritæ rosæ pulvere. Dolens vero ea sulphure suffumigari debet. At si purgatio nimia mulieri nocet, remedio sunt cucurbitulæ, cute incisa, inguinibus vel etiam sub mammis admotæ. Si maligna purgatio est, subjicienda sunt coeuntia.…. Jd faciunt etiam albæ olivæ, el nigrum papaver cum melle assumptum, et gummi cum frito semire apii liquatum, et cum eyatho passi datum. Præter hæc, inomnibus vesicæ doloribus idoneæ potiones sunt, quæ ex odoribus fiunt, id est spica nardi, croco, cinnamo, casia, similibusque ; idemque etiam decocta lentisens præstat. Si tamen intolerabilis dolor est, et sanguis profluit, etiam sanguinis detractio apla est; aut certe coxis admotéæ cucurbilulæ cute | incisa.

Jade perde du sang , il faut pratiquer la saignée, ou du moins appliquer aux hanches des ventouses scarifiées.

2. Lorsque les urines , bien que rendues sans douleur, excèdent la quantité de boissons qu’on a prises, et qu’il en résulte un amaigrissement général et du danger pour la vie, il faut, si elles sont ténues, employer l’exercice, et les frictions, surtout au soleil ou devant le feu. Le bain ne doit être pris qu'à de longs intervalles , et l’on fera bien d'en sortir promptement. Les aliments seront de nature astringente, ainsi que le vin, qu’on boira pur; on le prendra froid en été, tiède en hiver, mais toujours en très-petite quantité. Pour tenir le ventre libre, on donnera des Javements, ou l’on purgera avec le lait. Quand les urines sont épaisses, il faut rendre l'exercice plus actif et les frictions plus énergiques , rester davantage dans le bain, ne manger que des aliments tendres, et boire le même vin que dans le premier cas. Mais l’une et l’autre affection commandent de s'abstenir de toutes les substances diurétiques.

XXI. Les parties naturelles sont encore le siége d'une maladie qui consiste dans une perte immodérée de semence, laquelle, survenant sans acte vénérien et sans rêves nocturnes, fait au bout d'un certain temps périr le malade d’épuisement. Les frictions faites avec vigueur, les affusions froides, et lanatation dans de l’eau égalementtrèsfroide, sont en pareil cas des remèdes salutaires ; il importe aussi de boire et de manger froid, mais il faut éviter toute substance indigeste et de nature à donner des flatuosités, éviter de mêmeles aliments qui paraissent avoir la faculté d’augmenter la semence, tels que le froment ordinaire et eelui de première qualité, ies œufs, lépeautre,

2. At cum urina super potionum modum etiam sine dotore profluens maciem et periculum facit, si tenuis est, epus est exercitatione et frictione, maximeque in sole, vel ad ignem ; balneum rarum esse debet, neque longa in eo mora; cibus comprimens ; vinum austerum meracum, per æstatem, frigidum, per hiemem, egelidum; sed tan- {um, quantum ininimum sit. Infima alvus quoque vel dueenda vel lacte purganda est. Si crassa urina est, vehemertior esse debet et exercitatio, et frictio ; longior in balneo mora ; cibis opus est teneris; vinum idem. In nlroque morbo vitanda omnia sunt, quæ urinam movere consuerunt.

XXI. Est etiam circa naturalia vitium, nimia profusio setninis, quod sine venere, sine nocturnis imaginibus sic fertur, ut, interposito spatio, tabe hominem consumat. În hoc affectu salutares sunt vehementes frictiones, perfusiones , natationesque quam frigidissimæ ; neque cibi, nec potio, nisi frigida assumpta. Vitare autem oportet cruditates, et omnia inflantia, nihil ex iis assumere, quæ contrahere semen videntur, qualia sunt, siligo, simila, ova, alea, amylum, omnis caro glutinosa, piper, eruca, bulbi, ww. lei pinei. Neque alienum est, fovere inferiores parles

CELSE

l'amidon, toute chair glutineuse, le poivre, la requette, les bulbes, les pignons. Il est utile encore de fomenter les parties inférieures avec une décoction de verveine, de couvrir le bas-ventre et lesaines de cataplasmesfaitsavec la même plante, etsurtout avec la rue infusée dans du vinaigre. Le malade aura soin aussi de ne pas s'endormir couché sur le dos.

XXII. Il me reste à parler des extrémités du corps qui s'unissent entre elles au moyen des articulations, et je commencerai par les hanches. Les douleurs qui se déclarent dans cette région sont généralement violentes , elles estropient souvent les malades, et sévissent même sans relâche sur certains sujets. Ce qui rend ces affections si difficiles à guérir, c’est qu’à la suite des maladies de longue durée, le principe morbide tend presque toujours à se porter vers les articuiations et même à s'y fixer, en dégageant ainsi les parties primitivement affectées. H faut d’abord employer les fomentations d'eau chaude, puis les cataplasmes chauds. L'écorce de câprier concassée, et mélée soit à de la farine d'orge, soit à des figues bouillies dans l’eau, composeun excellent topique, aussi bien que la farine d’ivraie bouillie dans du vin étendu d’eau, et mêlée ensuite à de la lie desséchée; mais comme ees préparations se refroidissent promptement, il est préférable d’appliquer des cataplasmes pendant la nuit. Un des meilleurs remèdes est la racine d’aunée écrasée et bouillie dans du vin astringent, puis appliquée sur toute la hanche. Quand ces moyens sont impuissants, on a recours au sel chaud et humide; si la douleur ne cesse pas encore ou qu’ilsurvienne du gonflement, il faut employer les ventouses scarifiées, solliciter le cours des urines, et, lorsqu'il y a constipation, donner des lavements.

aqua decocta ex verbenis comprimentibus ; ex iisdem ali: qua cataplasmala imo ventri inguinibusque circumdare, | præcipueque ex aceto rutam; vitare et ne supinus obdor miat.

XXII. Superest, ut ad extremas partes corporis veniam, quæ arliculis inter se conseruntur. Initium a coxis faciam. Harum ingeus dolor esse consuevit; isque hominem sæpe debilitat, et quosdam non dimittit. Eoque id genus diff cillime curatur, quod fere post longos morbos vis pestifera ! hucseinclinat : quæ ut alias partes liberat, sic hanc ip= sam quoque affectam prehendit. Fovendum primum aqua calida est ; deinde utendum calidis cataplasmatis. Maxime prodesse videtur aut cum hordeacea farina , aut cum ficu ex aqua decocta mistus capparis cortex concisus ; vel lo= lii farina ex vino diluto cocta, et mista cum arida fæce : 0 quæ quia refrigescunt, imponere noctu malagmata com modius est. Inulæ quoque radix contusa, et postea ex vin | austero cocta, et late super coxam imposita, inter valen- Lissima auxilia est. Si ista non solverunt, sale calido et hu- & mido utendum est. Si ne sic quidem finitus dolor est, aut Lumor ei accedit, incisa cute admovendæ sunt cucurbi- # tulæ; moyenda urina; alvus, si compressa est, ducendæ #

Une dernière ressource, qui est aussi très-efficace

dans d’autres maladies invétérées, consiste à cautériser la hanche en trois ou quatre endroits avec le fer rouge. On ne doit pas oublier les frictions, qu'il importe surtout de faire au soleil et à plusieurs reprises dans le même jour, afin de résoudre plus facilement l’amas d’humeurs qui constitue la maladie : ces frictions doivent être pratiquees sur les hanches mêmes quand il n’y a pas d’ulcérations ; et si la peau n’est pas intacte, on les dirige sur d’autres parties du corps. L'occasion se présente souvent d’en venir à la cautérisation avec le fer chaud, pour donner issue à la matière nuisible; et dans ce cas il est de règle constante de ne pas chercher à cicatriser les plaies de ce genre dans le plus court délai, mais au contraire de les entretenir jusqu’à la disparition du mal qu’elles sont appelées à guérir.

XXIIT. Après l'articulation des hanches vient celle des genoux, où la douleur se fixe aussi quelquefois. Les cataplasmes et les ventouses sont encore ici d'un utile secours, de même que dans les douleurs des épaules où des autres jointures, Rien n’est plus contraire à cette affection des genoux que de monter à cheval ; et, lorsqu'elle a pris racine , il est presque impossible d’en triompher sans l'application du feu.

XXIV. Les articulations des pieds et des mains sont exposées, chez iessujets goutteux, à des maux plus fréquents et plus opiniâtres. En général, la goutte n’attaque ni les eunuques, ni les jeunes gens encore étrangers aux rapports sexuels, ni les femmes, à moins de suppression des règles. Dès qu'on en ressent les premieres atteintes, il faut tirer du sang; car on voit souvent, après une saignée ainsi faite au début, le mal disparaître pendant un an, ou même cesser tout à fait. Quel-

Gliüimum est, et in veteribus quoque morbis effcacissimum, tribus aut quatuor locis super coxam cutem candeutibus ferramentis exulcerare. Frictione quoque utendum est, maxime in sole, et eodem die sæpius ; quo facilins ea, quæ coeundo nocuerunt, digerantur : eaque, si nulla exulceratio est, etiam ipsis coxis; si est, ceteris partibus adhibenda est. Cum yero sæpe aliquid exulcerandum candenti ferramento sit, ut materia inutilis evocetur, illud perpetuum est, non, ut primum fieri polest, hujus generis ulcera sanare, sed ea trahere, donec id vitium, eui per hæc opitulamur, conquiescat.

XXII. Coxis proxima genua sunt , in quibus ipsis nonnumquam dolor esse consuevit. In jisdem autem cataplasmatis cucurbitulisque præsidium est : sicut etiam, cum in humeris alïisve commissuris dolor aliquis exortus est. Equilare ei, cui genua dolent, inimicissimum omnium est. Omnes autem ejusmodi dolores, ubi inveteraverunt, vix citra ustionem finiuntur.

XXIV. In manibus pedibusque articulorum vitia frequenliora longioraque sunt; quæ in podagris chiragrisve esse consuerunt. Ea raro vel castratos, vel pueros ante fœminæ coilum, velmulieres, nisi quibus menstrua suppressa sunt, tenant. Ubi senliri cœperunt, sanguis mittendus

ques-uns se sont mis pour toujours à l'abri de ses attaques en se purgeant avec du lait d’ânesse; et d’autres, qui avaient su renoncer toute une aunée au vin, à l'hydromel et aux plaisirs de l’amour, ont dù à ces privations le repos de leur vie entière. C’est toujours après la première douleur, et lors même qu’elle cesse naturellement, qu'on doit se prescrire ces règles de conduite. Si déjà la goutte est devenue habituelle, on peut être moins sévère dans les instants de relâche; mais il faut redoubler de précautions vers les époques où elle a coutume de reparaître, c'est-à-dire au printemps ou à l’automne. Quand elle tourmente le malade, il doit le matin user de la gestation, se faire porter ensuite à la promenade (10),ets’v donner quelque mouvement : si c’est une podagre, il faut, à de courtsintervalles, rester assis et marcher alternativement ; puis, avant le repas, se faire frotter doucement dans un endroit chaud sans se mettre au bain, transpirer, passer aux affusions d'eau tiède, prendre après cela des aliments de la classe moyenne, en y joignant quelques diurétiques, et se faire vomir chaque fois qu'il y a plénitude. Des que la douleur s’exaspère, il importe d'examiner s’il existe en même temps une tumeur, si celle-ci présente de la chaleur, ou si déjà l’état calleux prédomine. En l'absence de toute tuméfaction, les fomentations chaudes sont nécessaires. I] faut aussi faire bouillir de l’eau de mer ou de la saumure forte, la jeter dans un vase, y plonger les pieds du malade dès qu’il peut le supporter, couvrir le bain d’un manteau ou d’une couverture, et verser avec ménagement près des bords du vase une nouvelle quantité d’eau, pour empèécher la première de se refroidir ; la nuit, on applique des cataplasmes propres à entretenir la

est : id enim interinitia statim factum, sæpe annuam, nonnumquam perpetuam valetudinem bonam præstat. Quidam etiam, cum asinino lacte epoto sese eluissent, in perpetuum hoc malum evaserunt. Quidam, cum toto anno a vino, mulso, venere sibi temperassent, securitatem totins vilæ conseculi sunt. Idque utique post primum dolorem servandum est, etiamsi quievit. Quod si jam consuetudo ejus facta est, potest quidem aliquis esse securior iis femporibus, quibus dolor se remisit, majorem vero curam adhibere debet ïis, quibus id revertitur ; quod fere vere aufumnove fieri solet. Cum vero dolor urget, mane gestari debet; deinde ferri in ambulationem, ibi se dimovere, et, si podagra est, interpositis temporibus exiguis, invicem modo sedere, modo ingredi; tum, antequam cibum capiat, sine balneo, loco calido leniter perfricari, sudare, perfundi aqua egelida ; deinde cibum sumere ex media materia, interpositis rebus urinam moventibus; quotiesque pleuior est, evomere. Ubi dolor vehemens urget, interest, sine tumore is sit, an tumor cum ealore, an tumor jam etiam obcalluerit. Nam si tumor nullus est, calidis fomentis opus est. Aqaam marinam, vel muriam duram fervefacere oportet, deinde in pelvem conjicere, et, cum jam homo potest, pedes demittere, superque vallam dare, et veslimento te-

chaleur, et on les prépare principalement avee la racine de guimauve bouillie dans du vin. Au contraire, lorsqu'il y a tumeur et chaleur, il vaut. mieux recourir aux réfrigérants, et l'on se trouve bien de plonger les articulations malades dans de l'eau très-froide : il ne faut pas cependant répéter ces immersions tous les jours, ni les rendre trop prolongées, dans la crainte d’offenser les nerfs; on emploiera des cataplasmes réfrigérants, mais on n’insistera pas longtemps sur ces moyens, et on les remplacera par d’autres qui soient à la fois répercussifs et émollients. Si la douleur est plus forte, on fait bouillir des têtes de pavot dans du vin, et on ajoute du cérat fait avec l'huile rosat ; ou bien on prend parties égales de cire et de graisse de porc qu’on fait fondre ensemble ; on fait entrer du vin dans ce mélange, qu’on applique sur l’endroit douloureux, avec la précaution de le renouveler dès qu'il s’est échauffé. Quandles tumeurs sont devenues calleuses et font souffrir le malade, on le soulage par l'application d’ure éponge trempée dans de l'huile et du vinaigre, ou dans de l’eau froide; on bien l’on se sert d’un mélange à parties égales de poix, de cire et d’alun. On possède encore d’autres topiques non moins utiles contre la goutte des pieds et des mains. Mais si l'excès de la douleur ne permet l'emploi d'aucun de ces moyens, il faut, dans le cas où il n’existe pas de tumeur, faire des fomentations avec une éponge trempée dans une décoction d’écorces de pavots ou de racines de concombresauvage, et enduire ensuite les articulations d’un médicament composé de safran, de suc de pavot et de lait de brebis; s’il y a tumeur, on la fomente avec une décoction tiède de lentisque, de verveine ou d’autres plantes astringentes ;

gere ; paulatim deinde juxta labrum ipsum ex eadem aqua leniter infundere, ne calor intus destituat; ac deinde noctu cataplasmata calefacientia imponere, maximeque hibisci radicem ex vino coctam. Si vero tumor calorque est, utiliora sont refrigerantia, recteque in aqua quam frigidissima articuli continentur ; sed neqne quotidie, neque diu, ne nervi lædantur. Imponendum vero est cataplasma, quod refrigeret; neque lamen in hoc ipso diu permanendum, sed ad ea transeundum, quæ sic reprimunt, ut emolliant. Si major est dolor, papaveris cortices in vino coquendi, miscendique cum cerato sunt, quod ex rosa factum sit : vel ceræ et adipis suille tantumdem una liquandum, deinde his vinum miscendum, atque ubi, quod ex eo impositum est, incaluit, detrahendum, et subinde aliud imponendum est. Si vero tumores etiam obcalluerunt et dolent, levat spongia imposita, quæ subinde ex oleo, et aceto, vel aqua frigida exprimitur; aut pari portione inter se mista pix, cera, alumen. Sunt etiam plura idonea manibus pedibusque malagmata. Quod si nibil superimponi dolor patitur, id, quod sine tumore est, fovere oportet spongia, quæ in aquam calidam demittatur, in qua vel papaÿeris cortices, vel cucumeris silvestris radix decocta sit; tum inducere articulis crocum cum succo papaveris et ovillo lacte. At si tumor est, foveri quidem

puis on la recouvre d’un topique fait avec des! amandes amères pilées dans du vinaigre, ou pré-

paré avec de la céruse délayée dans du sue de pa-

riétaire. 11 est encore une pierre qui consume les

chairs, et que les Grecs nomment sarcophage : on

la creuse de manière à recevoir les pieds du ma-

lade , et lorsqu'il les y laisse un certain temps, il

est ordinairement soulagé. De là vient la faveur

dont jouit en Asie la pierre dite Asienne. Quand

Ja douleur et l’inflammation ont disparu (ce qui a lieu le plus souvent dans l’espace de quarante jours, à moins que le mal ne se prolonge par la faute du malade), on doit prendre un exercice modéré, observer la diète, faire des onctions légères avec des liniments calmants, ou le cérat liquide de troëne. L'exercice du cheval est contraire aux podagres. Les personnes dontles articulations re-

deviennent douloureuses à des époques fixes doivent, avant le retour des attaques, prévenir par un régime sévère et des vomitifs répétés tout amas de matières nuisibles ; et si l’on a quelque inquiétude sur l’état du corps, il faut recourir aux lavements etse purger avec le lait. Érasistrate interdit les évacuants à ceux qui ont la goutte aux pieds, dans la crainte d’attirer l'humeur vers les extrémités ; mais il est évident que tout purgatif produit la déplétion aussi bien des parties infé— rieures que des supérieures.

XXV. Dans toute espèce de maladie, quand la convalescence est lente à se confirmer, il faut dès le point du jour se tenir éveillé, et toutefois rester au lit; puis vers la troisième heure se frotter doucement le corps avec les mains imprégnées d'huile; se promener ensuite pour se distraire, sans autre limite que le caprice et en laissant de côté toute affaire sérieuse ; fairesuccéder à la pro-

debet aqua egelida, in qua lentiscus, aliave verbena ex reprimentibus decocta sit; induci vero medicamentum ex nucibus amaris cum aceto tritis; autex cerussa, cui contritæ herbæ muralis suceus sit adjectus. Lapis etiam, qui carnem exedit, quem capxopéyoy Græci vocant, excisus , sic, ut pedes capiat, demissos eos, cum dolent, retentosque ibilevare consuevit. Ex quoin Asia lapidi Asio gratia est. Ubi dolor et inflammatio se remiserunt (quod intra dies quadraginta fit, nisi vitium hominis accessit), modicis exercitationibus, abstinentia, unctionibus lenibus utendum est, sic, ut etiam acopo, vel liquido ceralo cyprino articuli perfricentur. Equitare podagricis quoque alienum est. Quibus vero articulorum dolor certis temporibus revertitur, hos ante et curioso victu cavere oportet, ne inutilis materia corpori supersit, et crebriore vomitu; et, si quis ex corpore metus est, vel alvi ductione uli, vel lacte purgari. Quod Erasistratus in podagricis expulit, ne in inferiores partes factus cursus pedes repleret : cum evidens sit, omni purgatione non superiora tantummodo, sed etiam inferiora exinaniri.

XXV. Ex quocumque autem morbo quis convalescit, si tarde confirmatur, vigilare prima luce debet ; nihilominus in lecto conquiescere; cirea tertiam horam leniter unctia manibus corpus permulcere; deinde delectationis causa,

menade une longue gestation; multiplier les frictions ; changer souvent de lieu, d’air et de nourriture; après avoir bu du vin pendant trois ou quatre jours, boire de l’eau pendant un jour ou deux. En suivant cette marche, on ne doit redouter aucun des accidents qui mènent à la consomption, et l’on parvient promptement à réparer ses forces. Cependant, lors même que la guérison est complète, il y a péril à supprimer brusquement le genre de vie qu'on s'était prescrit, et à se gouverner sans méthode , ce n’est que par degrés qu'on peut s'affranchir de toutes ces entraves, pour arriver enfin à vivre selon sa convenance.

iIVRE V.

J'ai parlé jusqu'ici des maladies qu’on traite surtout par le régime : je vais passer maintenant à cette partie de la médecine qui puise dans les médicaments ses principales ressources. Les anciens médecins, ainsi qu'Érasistrate et ceux qui prirent le nom d’empiriques, ont attribué de grandes vertus aux remèdes ; mais Hérophile et ses sectateurs les ont préconisés bien plus encore , puisqu'ils les faisaient intervenir dans le traitement de toutes les maladies. Ils ont aussi

Jaissé de nombreux écrits sur les propriétés des médicaments; et l’on peut citer ceux de Zénon, d’Andréas ou d'Apollonius, auquel on donna le surnom de Mys (rat). Mais ce n’est pas sans raison qu’Asclépiade a presque entièrement banni usage de ces moyens curatifs; et comme pour la plupart ils dérangent l'estomac et sont de mauvais suc, il a reporte tous ses soins vers l’appiication du régime. S'il est vrai que pour le plus

avanfum juvat, ambulare, circumcisa omni negoliosa actione ; tum gestari diu ; mulfa frictione uti; loca, cælum, cibos sæpe mutare; ubi triduo quatriduove vinum bibit, uno aut etiam altero die interponere aquam. Per hæc exim fiet, ne in vitia tabem inferentia incidat, et ut mature xires suas recipiat. Cum vero ex toto convaluerit, pericuose vitæ genus subito mutabit et inordinate aget. Paulatim ergo debebit, omissis his legibus, eo transire, ut arbitrio suo vivat.

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