‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 23 sur 265 · LIBER QUINTUS · texte numérisé non relu

LIBER QUINTUS

Dixi de ïis malis corporis, quibus victus ratio maxime subvenit : nunc transeundum est ad eam medicinæ partem, quæ magis medicamentis pugnat. His multum antiqui auctores tribuerunt, et Erasistratus, et ii qui se éuxezprod nominaverunt ; præcipue tamen Herophilus, deductique ab illo viri, adeo ut nullum morbi genus sine his eurarent. Multaque etiam de facullatibus medicamentorum memoriæ prodiderunt, qualia sunt vel Zenonis, vel Andreæ, vel Apollonii, qui Mys cognominatus est. Horum autem usum ex magna parte Asclepiades non sine causa sustulit; et, cum omnia fere medicamenta stomachum ln dant, malique succi sint, ad ipsius victus rationem potius

grand nombre de nos maladies le régime constitue le meilleur traitement, il n’est pas moins évident que nous sommes sujets à beaucoup d’affections qui ne peuvent guérir sans le secours des remèdes. Cequ'il importe avant tout de savoir, c’est que toutes les parties de la médecine sont tellement liées entre elles , qu'il est impossible de les séparer complétement ; et le nom qui les distingue indique seulement la prédominance des méthodes. Celle par exemple qui est fondée sur le régime s'adresse aussi quelquefois aux médicaments ; et celle qui s’applique principalement à combattre les maladies par l’action de ces agents thérapeutiques est obligée d’y joindre l’obser— vance durégime, dont l’utilitése fait si vivement sentir dans toutes les affections du corps. Comme les médicaments sont doués de propriétés particuiières, que souvent on les emploie seuls , et souvent combinés entre eux, il paraît convenable d’en exposer d'abord les noms, les vertus et les mélanges ; car c’est le moyen d’épargner du temps à ceux qui cultivent l’exercice de l’art.

I. Les substances qui arrêtent l’écoulement de sang sont le vitriol {en grec yxhxzv0oç), le chalcitis , l’acacia , le Iycium traité par l'eau, l’encens , l’aloës, la gomme , le plomb brûlé, le misy, l'eau froide, le vin , le vinaigre, l'alun, l’huile de coing, l’écaille de fer et de cuivre : cette dernière est de deux espèces, l’une de cuivre simple , et l’autre de cuivre rouge.

IT. Pour cicatriser lesblessures, ona la myrrhe, l'encens, la gomme, et principalement celle qui est fournie par l’acanthe, le psyllium , la gomme adragant, le cardamome, les bulbes, la graine de lin, le cresson, le blanc d’œuf, la colle, l’ich-

omnem curam suam transtulit. Verum, ut illud in plerisque morbis utilius est, sic multa admodum corporibus nostris incidere consuerunt, quæ sine medicamentis ad sanitatem pervenire non possunt. Jllud ante omnia scire convenit, quod omnes medicinæ partes ita innexæ sunt, utex toto separari non possinl, sed ab eo nomen trabant, a quo plurimum petunt. Ergo et illa, quæ victu curat, aliquando medicamentum adhibet, et illa, quæ præcipue medicamentis pugnat, adhibere etiam rationem victus debet, quæ multum admodum in omnibus malis corporis proficit. Sed cum omnia medicamenta proprias facultates habeant, ac sæpe simplicia opitulentur, sæpe mista, non alienum videtur ante proponere et nomina, et vires, et misturas corum, quo minor ipsas Curationes exsequentibus mora sil.

I. Sanguinem supprimunt, atramentum sutorium, quod Græci x&\x2v00v appellant, chalcitis, acacia, et ex aqua lycium, thus, aloe, gummi, plumbum combustum, porrum, herba sanguinalis, creta vel Cimoh4 vel figularis, misy, frigida aqua, vinum, acetum, alunen, melinum, squama et ferri et æris; atque hujus quoque duæ species sunt, alia tantum æris, alia rubri æris.

IT. Glatinant vulous, myrrba, thus, gummi , præcipueque acanthinum, psyllium, tragacantha, cardamomun , bulbi, linisemen, nastartium , ovi album, gluten, ichthvo-

thyocolle, la vigne blanche, les limaçons pilés avec leurs coquilles, le miel cuit, l'éponge imbibée d’eau froide, de vin ou de vinaigre, la laine imprégnée de ces liquides ; et même la toile d’araignée quand la blessure est légère.

Pour réprimer les plaies, on a l'alun en morceau, qu'on appelle schisfe ; l’alun liquide, l'huile de coing , l'orpiment , le vert de gris, le chalcitis, et le vitriol,

III. Les maturatifs sont le nard, la myrrhe, le costus , le baume, le galbanum , la propolis, le styrax, la suie, et l'écorce du bois qui donne l’encens, le bitume, la poix, le soufre, la résine, le suif, la graisse et l’huile.

IV. Les apéritifs qui maintiennent ouverts les pores (oréuarx des Grecs) sont le cinnamome , le baume, le panax, le jonc carré, le pouliot, la fleur de violette blanche , le bdellium, le galbauum, les résines du térébinthe et du pin, la propolis, la vieille huile , le poivre, le pyrèthre, l'ivette, la staphysaigre, le soufre, l'alun, la semence de rue.

V. Les détersifs sont le vert de gris , l'orpiment nommé par lesGrecs arsenie, lequel jouit des mêmes propriétés que la sandaraque, mais st encore plus énergique ; l’écaille de cuivre, la pierre ponce, l'iris , le baume, le styrax, l’encens et l'écorce du bois qui le fournit , les résines du pin et du térébinthe liquides, l’œnanthe, la fiente de lézard , le sang de pigeon, de ramier et d’hirondelle, la gomme ammoniaque, le bdellium, qui agit comme l’ammoniaque, mais avec plus de force ; l’aurone, la figue sèche, les baies du gnidium, la râclure d'ivoire, le verjus , leraifort, la présure, celle du lièvre principalement, qui, sans

colla, vitis alba, contusæ cum testis suis cochleæ, mel coctum , spongia vel ex aqua frigida, vel ex vino, vel ex aceto expressa; ex iisdem lana succida ; si levis plaga est, etiam aranea.

Reprimunt, alumen et scissile, quod oytorèy vocatur, et liquidum, melinum, auripigmentum, ærugo, chalcitis, atramentum sutorium.

III. Concoquunt et movent pus, nardum, myrrha, Co: stum, balsamum, galbauum, propolis, styrax, thuris et fuligo et cortex, bitumen, pix, sulphur, resinà , SeVUI, adeps, oleum.

IV. Aperiunt lamquam ora in corporibus, quod créa Græce dicitur, cinnamomum , balsamum, panaces , juncus quadratus, pulegium, flos albæ violæ, bdellium , galbanum, resina terebinthina et pinea, propolis, oleum velus, piper, pyrethrum, chamæpitys, uva taminia, sulphur, alumen, rutæ semen.

V. Purgant, ærugo, auripigmentum, quod âpevexoy à Græcis nominatur (huie autem et sandarachæ in omnia eadem vis, sed validior est); squama æris, pumex, iris, balsamum, styrax, thus, thuris cortex, resina, et pinea , et lerebinthina, liquida, œnanthe, lacerti stereus , sanguis columbæ, et palumbi, et hirundinis, ammoniacum, bdel- Hum (quod in omnia idem, quod ammoniacum, potest, sed valentius est); abrotonum , ficus arida, coccum Gni-

avoir des propriétés différentes des autres présures, est cependant plus active; le fiel, le jaune d'œuf cru, la corne de cerf, la colle de taureau, le miel cru, le misy, le chalcitis, le safran, la staphysaigre , la litharge, la noix de galle, la limaille d’airain, la pierre hématite, le minium, le costus, le soufre, la poix crue, le suif, la graisse, l'huile, la rue, le poireau, la lentille et l'orobe.

VI. Les corrosifs sont l’alun liquide, et plus encore celui qui est rond, le vertde gris, le chalcitis, le misy , l’écaille de cuivre et surtout celle de cuivre rouge, l’airain brülé , la sandaraque, le minium de Sinope, la noix de galle, le baume , la myrrhe, l’encens et l'écorce du bois qui le porte, le galbanum, la térébenthine liquide, les deux sortes de poivre , mais plutôtle rond, le cardamome, l’orpiment, la chaux, le nitre et son éeume, la semence d’ache, la racine de narcisse, le verjus, l'écume de mer, l'huile de noix amères, l'ail, le miel cru , le vin, le lentisque , l’écaille de fer, le fiel de taureau , la scammonée, la staphysaigre, le cinnamome, le styrax, la semence de ciguë, celle de nareisse, la résine, le fiel, les noix amèeres , lhuiie qu’elles fournissent, le vitriol, le borax , l’ellébore, la cendre.

VII. Les substances qui consument les chairs sont le sue d’acacia, l'ébène, le vert de gris , l’é-caille de cuivre, le borax , la cendre de Chypre, le nitre, la calamine , la litharge, l’hypociste , le diphryge, le sel, l’orpiment, le soufre, la eiguë, la sandaraque, la salamandre , l’'écume de mer , les fleurs d’airain, le chalcitis, le vitriol, locre, la chaux, la noix de galle, lalun, le suc laiteux du figuier sauvage, ou celui de

dium, scobis eboris, omphacium, radicula, coagolum, sed maxime leporinum (cui eadem , quæ ceteris coagulis, facultas, sed utique validior est); fel, vitellus crudus, cornu cervioum, gluten taurinum, mel erudum, misy, chalcitis, crocum, uva taminia, spuma argenli, galla, squama æris, lapis hæmalites, minium, costum, sulphur, pix cruda, sevum , adeps , oleum, ruta, porrum, lenticula, ervun).

VI. Rodunt, alumen liquidum, sed magis rotundum, ærugo, chalcitis, misy, squama æris, sed magis rubri, æs combustum, sandaracha, minium Sinopicum, galla , balsamum, myrrba, thus, thuris cortex, galbanum, resina terebinthina humida, piper utrumque, sed rotundum magis, cardamomum, auripigmentum, calx, nilrum, et spuma ejus, apii semen, narcissi radix, omphacium , alcyonium, oleum ex amaris nucibus , allium , mel crudum, vinum, lentiseus, squama ferri, fel taurinum , scammonia, uva taminia, cinnamomum, slyrax, cicutæ semen, res pa, narcissi semen, fel, nuces amaræ, oleumque earum, atramentum sutorium, chrysocolla, veratrum, cinis.

VII. Exedunt corpus, acaciæ succus, hebenns, ærugo, squama æris, chrysocolla, cinis Cyprius, nitrum, cadmia, spuma argenti, hypocistis, diphryges, sal, auripigmentum , sulphur, cicuta, sandaracha, salamandra, aleyonium, &ris flos, chalcitis, atramentum sutorium, ochra, calx,

la laitue marine que les Grecs appellent #i{ymale, le fiel , la suie d'encens, la tutie, la lentille, le miel, les feuilles d'olivier , le marrube, diverses pierres : hématite , phrygienne, asienne et scissile, le misy, le vin, le vinaigre.

VIII. Celles qui brülent sont l’orpiment, le vitriol, le chalcitis, le misy, le vert de gris, la chaux, le papyrus brülé, le sel, l’écaille de cuivre, la lie brûlée , la myrrhe, la fiente de lézard, de pigeon, de ramier et d’hirondelle, le poivre, les baies de gnidium, l'ail, le diphryge, les deux sucs laiteux dont il est question dans le chapitre précédent, lesellébores blanc etnoir, lescantharides, le corail, le pyrèthre, l’encens, la salamandre, la roquette, lasandaraque, lastaphysaigre, le borax, l’ocre , l’alun, la fiente debrebis, l'æœnanthe.

IX. Ces mêmes substances déterminent des croûtes sur les plaies, comme s’il y avait eu cautérisation avec le feu : cet effet est produit particulièrement par le chalcitis, surtout quand on l'a fait bouillir, par les fleurs de cuivre, le vert de gris, l'orpiment et le misy, si de mêmeil a été soumis à l’ébullition.

X. On fait tomber ces croûtes avec la farine mêlée à la rue , ou encore avec le poireau ou la lentille, à laquelle on ajoute un peu de miel.

XI. Les médicaments les plus propres à ré-— soudre les dépôts d'humeur sont Paurone , l’aunée, la marjolaine, la violette blanche, le miel (1), le serpolet, le lait, le mélilot, le lis, le cyprès , le cèdre, l'iris, la violette pourpre, le narcisse, la rose, le safran, le vin de raisins cuits au soleil, le jonc carré, le nard, le cinnamome, le casia, la gomme ammoniaque, la cire, la résine, la

galla, alumen, lac caprifici, vel lactucæ marinæ, quæ mÿuados a Græcis nominatur, fel, thuris fuligo, spodium, lenticula, mel, oleæ folia, marrubium, lapis hæmalites, et Phrygius, et Asius, et scissilis, misy, vinum, acetum,

VII. Adurunt ,auripigmentum , atramentum sutorium, chalcitis, misy, ærugo, calx, charta combusta, sal, squama æris, fæx combusta, myrrha, stercus et lacertli, et columbæ, et palumbi, et hirundinis, piper, coccum gnidium , allium, diphryges, lac utrumque, quod proximo capile supra comprehensum est, veratrum et album et nigrum, cantharides, corallium, pyrethrum, thus, salamandra, eruca, sandaracha, uva taminia, chrysocolla, ochra, alumen scissile, ovillum stercus, œnanthe.

IX. Eadem fere crustas ulceribus tamquam igne adustis inducunt; sed præcipue chalcitis, utique si cocta est, flos æris, ærugo, auripigmentum, misy, et id quoque magis coctum.

X. Crustas vero has resolvit farina triticea cum ruta, vel porro, aut lenticula, cui mellis aliquid adjectum est.

XI. Ad disculienda vero ea, quæ in corporis parte aliqua coierunt, maxime possunt, abrotonum, helenium, amaracus, alba viola, mel, ilium, sampsucus Cyprius, lac, serlula Campana, serpyllum, cupressus, cedrus, iris, viola purpurea, narcis£us, r0Sa, CroCuIn , pasSUM , juncus

staphysaigre, la litharge, le styrax, la figue sèche, l’origan, la graine de lin et celle de narcisse, le bitume, les ordures ramassées aux gymnases, la pyrite, la pierre de meule, les jaunes d'œuf crus, les noix amères, le soufre.

XII. Les remèdes qui attirent les humeurs et les poussent au dehors, sont le ladanum, l’alun rond, l’ébène, la graine de lin, le verjus, le fiel, le chalcitis, le bdellium, les résines du térébinthe et du pin, la propolis, la figue sèche bouillie, la fiente de pigeon, la pierre ponce , la farine d’ivraie, la figue verte bouillie dans de l’eau, l’élatérium , les baies de laurier, le nitre, le sel.

XIII. Ceux qui enlèvent les aspérités sont la tutie, l'ébène, la gomme, le blanc d'œuf, le lait, la gomme adragant.

XIV. Ceux qui favorisent la régénération des chairs et la cicatrisation des plaies, sont la résine de pin, l’ocre attique, la pierre étoilée (2), la cire, le beurre.

XV. Les émollients sont l’airain brülé , la terre d'Erétrie, le nitre, les larmes de pavots, la gomme ammoniaque, le bdellium , la cire, le suif, la graisse, l’huile, la figue sèche, le sésame , le mélilot, la semence et la racine de narcisse, les feuilles de rose, la présure, le jaune d'œuf cru, les noix amères, toutes espèces de moelle, l’antimoine, la poix, les escargots bouillis, la semence de ciguë, les scories de plomb (en grec cxwptx wo1660ov ), le panax, le cardamome, le galbanum, la résine, la staphysaigre, le styrax, l'iris, le baume, les ordures du gymnase, le soufre, le beurre, la rue.

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