‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 221 sur 265 · L . Là LE L'eau dont l’usage est ancien, et étabii par une · texte numérisé non relu

L . Là LE L'eau dont l’usage est ancien, et étabii par une

Q) An de R. 1142, et de l'ère vulg. 389. — (2) Cette loi et la sutvante se trouvent réunies dans le code Justinien. — (3) An de R,

1148, et de l'ère vulg. 395.

dum fiscalis tituli proscriptione signatum privatis rebus nostris adgregandum.

Dat. VIIL..., Constantinopoli, Timasio et Promoto coss. lidem AAA., Albino, P. V. Rom.

Eos qui aquæ copiam vel olim, vel nune per nostra indulla meruerunt, ejus usum aut ex castellis, aut ipsis formis jubemus elicere, neque earum fistularum, quas matrices vocant, cursum ac soliditatem adtentare.

Dat. V. kal. sept., Romæ, Timasio et Promoto coss.

Impp. Arcadius et Honorius, AA.,ad Africanum, P. V.

Quicumque ex aquæductu magis quam ex castellis aquæ usum putaverit derivandum , etiam id, quod prius jure beneficii fuerat consecutus, amittat. In eum vero pro conditione personæ conveniet severissimo supplicio vindicari, qui adversus statuta hujus sacri oraculi, avidæ cupiditatis noluerit frena cohibere ut privatis indulti meatus mensura famuletur.

Dat. PP. IV. kal. jun. Constantinopoli, Olybrio et Probino coss.

Jidem A4., Asterio com. Or.

Usum aquæ veterem longoque dominio constitutum

longue possession, doit, suivant nos intentions , être conservée à chaque citoyen , sans être interrompue par aucune innovatien, de manière toutefois que chacun continue à percevoir, suivant le mode usité jusqu’à ce jour, laquantité qui lui aété anciennement accordée. Nous maintenons la peine portée contre ceux qui, pour l’arrosement de leurs champs ou l’agrément de leurs jardins, s’approprient les dérivations frauduleuses.

Donné le jour des calendes de novembre, sous le consulat de Cæsarius et d’Atticus (1).

Les mêmes empereurs, à Messala, préfet du préloire.

Qu'’aucun particulier ne s’arroge de droit sur l’aquedue nommé Augusta, situé dans la Campanie, et qui a été réparé aux dépens du trésor public ; et que la permission d'en tirer de l’eau ne soit donnée à l'avenir à qui que ce soit. Si quelqu'un osait détourner le cours de l’eau, qu’il soit tenu de payer cinq livres d’or (2) à notre trésor. Tout rescrit surpris, toute manœuvre pratiquée pour frauder notre disposition, sera sans effet.

Donné le V des calendes de janvier, à Milan, sous le consulat de Théodore (3).

Les mêmes empereurs, à Flavianus, préfet de la ville.

Que personne ne pense pouvoir impunement s'approprier par fraude l'eau Claudia, en rompant ou percant les parois de son canal ; car les contreveuants seraient aussitôt punis par la confiscation de leurs bâtiments et terres. En outre, celui

(x) An de R. n50, et de l'ère vulg. 397. — (2) Cinq livres d'or répondent à 5,240 fr. de notre monnaie actuelle. — (3) An de R, 152, et de l'ére vulg. 399.

singulis civibus manere censemus, nec ulla novatione turbari : ita tamen, ut quantitatem singuli, quam veteri licentia percipiunt, more usque in præsentem diem perdurante percipiant : mansura pænain eos, qui ad inrigationes agrorum vel hortorum delicias, furtivis aquarum mealibus abutuntur.

Dat. kal. novemb., Cæsario et Atlico coss.

lidem AA., Messalæ, P. P.

Ex forma, cui nomen Augusta est, quæ in Campania sumptu publico reparata est, nibil privatim singuloram usurpatio præsumat, neque cuiquam posthac derivandæ aquæ copia tribuatur. Si quis autem meatum aquæ ausus fuerit avertere , quinque libras auri ærario nostro inferre cogatur. Quidquid etiam ob eam fraudem ex rescripto fuerit elicitum, vel qualibet arte tentatum, inritum habeatur.

Dat. V. kal. jan., Med., Theodoro V. C. cos.

Lidem AA., ad Flavianum, P. V.

Nequis Claudiam, interruptis formæ lateribus atque perfossis , sibi fraude elicitam existimet vindicandam. Si quis contra fecerit, earum protinus ædium et locorum amissione multetur. Officium præterea, cujus ad sollici-

qui est chargé de la conservation de cet ouvrage ne peut manquer à son devoir, sous peine de payer autant de livres d’or qu’il aura été détourné d'onces de notre eau Claudia, par sa connivence.

Donné le VI des ides de novembre, à Milan, sous le consulat de Stilicon et d’Aurélien.

Les empereurs Théodose et Valentinien, Augustes, à Cyrus, préfet du prétoire.

Si quelqu'un obtient dela libéralité impérialele droit de prendre de l’eau, ce n’est point aux trèsillustres gouverneurs de province, c’est à votre siége suprême que les ordres souverains doivent être notifiés. Celui qui chercherait à faire insinuer sa supplique par-devant les souverneurs encourrait une amende de50 livres d'or (1); peine également applicable à tous administrateurs qui tenteraient de s’attribuer la mise à exécution d’un rescrit subreptice. Les appariteurs desdits très-illustres gouverneurs n’en sont pas moins soumis aux peines que votre sévérité leur infligera. C’est à votre décision suprême à régler la quantité d'eau qu’il convient de consacrer pour le service des thermes et desnymphées, en raison du nombre des citoyens, parce que le superflu doit être distribué à ceux que notre faveur a gratifiés.

Les mêmes empereurs, à Cyrus, préfet du prétoire.

Nous annulons pleinement toute servitude établie sur l’aqueduc d’Adrien au profit des maisons,

(x) Les 5soMivres d’or répondent à 52,400 fr, de la monnaie actuelle.

tudinem operis hujus custodia pertinebit, hac pœna constringimus : ut tot librarum auri inlatione multelur, quot uncias Claudiæ nostræ conivenlia ejus usurpatas fuisse constiterit.

Dat. VI. id. novemb., Med., Stilicone etAureliano coss.

Impp. Theodosius et Valentinianus, AA., Cyro, P. P.

Si quis per divinam liberalitatem meruerit jus aquæ , non viris clarissimis rectoribus provinciarum, sed tuæ præcellentissimæ sedi cælestes apices intimare debebit : condemnatione contra illum, qui preces moderatoribus insinuare conatur, quinquaginta librarum auri, et contra universos administratores, qui rescriptum per subreptionem elicitum suscipere moliuntur, proponenda : apparitoribus nihilominus corumdem virorum clarissimorum provinciæ moderatorum, animadversionibus pro vigore tui culminis subjugandis : et amplissima tua sede dispositura, quid in publicis thermis, quid in nymphæis pro abundantia civium conveniat deputari, quia his personis, quibus nostra serenitas indulsit , ex aqua superflua debeal impertiri.

Idem À A., Cyro, P. P.

Omnis servitus aquæductus Hadriani, sive domorum,

terrains, jardins ou bains, même-par rescrits du prince insinués dans une juridiction quelconque, ou fondés sur un long usage : car nous avons raieux aimé que ledit aqueduc ne fût consacré qu’au service de notre palais des Thermes publics et des Nymphées; et nous entendons que la présente disposition soit observée à l'avenir sans restriction. [lne sera, en conséquence, permis à personne de solliciter un reserit pour obtenir de l’eau de cet aquedue ou d’en percer audacieusement les conduits : notre volonté étant connue, celui qui oserait faire une pareille tentative, tout officier qui se permettrait d’instruire l'affaire ou d’obéir aurescrit qui serait surpris, seraient condamnés à payer au fisc une amende de cent livres d’or (1). De plus, nous ordonnons que non-seulement le canal des eaux publiques ne soit resserré par aucun arbre dans un espace moindre de dix pieds, mais, en outre, quedechaque côté cet espace de dix pieds soit entièrement libre et vacant.

Nous jugeons à propos d'étendre ces dispositions aux tuyaux de plomb quenotre prévoyance a fait établir pour conduire les eaux aux Thermes d'Achille : car nous voulons que lesdits tuyaux soient exclusivement consacrés au service des thermes et des nymphées auxquels notre grandeur les à destinés. Nous autorisons , en conséquence, les appariteurs de votre excellence à parcourirsans crainte les maisons, les jardins, [es bains, pour rechercher les fraudes, les suppressionsetlesentreprises quelconques qui pourraient être dirigées contre l'utilité publique.

(x) Cent livres d’or répondent à 104,800 fr. de la monnaie actuelle.

sive possessionum, sive suburbanorum , sive balneorum, per divinos affatus intimatos in quolibet judicio, vel per usurpationem impertitos, penitus exprobretur. Malnimusetenim prædictum aquæductum nostri palatii publiearum thermarum ac nymphæorum commoditalibus inservire, Et decernimus hanc dispositionem modis omnibus in posterum servari; nemini licentia tribuenda ab eodem aquæductu precibus oblatis usum aquæ petere, vel eum audere perforare ; scientibus his qui qualibet ralione putaverint ad hujusmodi emolumentum accedere, vel officio, si ausus fuerit instruere, vel minus instructis precibus parere, centena pondo auri multæ nomine fiscalibus rationibus se esse inlaturos. Super his sancimus , sulcum publicum aquarum nullis intra decem pedes arboribus coarctari, sed ex utroque latere decempedale spatium integrum inlibatumque servari; præterea de plumbeis fistulis ducentibus ad thermas quæ Achilleæ nuncupantur, quas providentiæ tuæ magnificentia factas fuisse cognovimus,eamdem formam servari censemns.

Etenim memoratas fistulas thermis tantum et nymphæis, quibus eminentia tua deputaverit, volumus inservire : facultate præbenda tuæ sublimitatis apparitoribus cireumeundi sine formidine domus, suburbana, balnea ad requirendum, ne qua deceptio , vel suppressio, vel insidiæ contra publicam utilitatem a quoquam penitus adtententur.

FRONTIN

Les mêmes empereurs, à Eutichianus , préfet du prétoire.

Les tributs percus danses différents comptoirs de la ville, et ceux payés par les ouvriers dits sizacéniens, pour être affectés à l'entretien de l’aqueduc de cette superbe ville, le seront aussi au rétablissement du même aqueduc. On aura soin surtout de n’exiger à cet effet, de ceux qui jouissent du droit de prendre de l’eau, aucune rétribution; car il serait odieux que l'eau de cette ville auguste fût vénale.

L'empereur Zénon Auguste, à Adamantius , préfet de la ville.

Nous ordonnons, par la présente loi, que si le magistrat revêtu des éminentes fonctions de préfetse permettait de détourner les fonds destinés aux dépenses des aquedues, et de les employer à la construction ou à l'entretien d’un ouvrage quelconque, étranger aux aquedues et au cours de l’eau publique, il soit obligé de fournir, àses dépens, une somme égale pour les aqueducs. Au surplus, un caissier particulier touchera les sommes que la libéralité des consuls, ou tout autre ütre relatif aux eaux publiques, aura affecté aux susdites dépenses.

Le même empereur, à Sporatius.

Nousordonnons de rechercher avec soin les fontaines publiques d’origine, et celles qui, ayant été primitivement privées, devinrent ensuite publiques, et sont revenues depuis à la possession des particuliers, soit qu'on ait obtenu à cetégard des

lidem. AA, Eutichiano, P. P.

Ad reparalionem aquæductus hujus almæ urbis omnia vectigalia quæ colligi possunt ex universis scalis bujus inclytæ urbis, et ex operariis, qui zizaceni dicuntur, ad refectionem ejusdem aquæductus procedere : illo vindelicet observando, ut nemo eorum, qui jus aquæ possident , quacumque descriptione sustineat. Nam exsecrabile videtur domos hujus almæ urbis aquam habere venalem.

Imp. Zeno, A., Adamantio, P. V.

Hac lege sancimus, ut si quisamplissimam præfecturam gubernans, aurum aquæductui deputatum ad alterum quodlibet opus, non aquæductibus vel aquæ publicæ competens, exstruendum, vel curandum putaverit convertendum : de suis facultatibus eamdem summam aquæductus titulo repensare cogatur : separatus vero arcarius aurum suscipiat gloriosissimorum consulum liberalitate, vel ex aliis titulis ad aquas publicas pertinentibus collectum, vel postea colligendum.

Lidem A., Sporalio.

Diligenter investigari decernimus, qui publici ab initio fontes, vel cum essent ab initio privati, postquam publice usum præbuerunt, ad privatorum usum conversi sunt, sive sacris apicibus per subreptionem impetratis, ac multe

rescrits subreptices, soit bien plutôt encore que, sans titre et sans secouvrir du prétexte d’une décision impériale, on se soit permis une telle usurpation ;nous voulons, afin derendre àcetteroyale cité ce qui lui appartient, que ce qui aété public ne demeureprivé,maisquel’usageen soitrestitué à tous. Tout rescrit impérial, toute pragmatique sanetion obtenus par des particuliers contre l'intérêt général des citoyens demeureront, en conséquence, sans effet;etla longue possession même ne pourra établir contre les droits de la ville aucune prescription.

Le méme empereur, à Pontius.

Nous défendons à toutes personnes, de quelque dignité qu'ellessoient revêtues, derienentreprendre contre les filets d’eau ou les fontaines publiques qui grossissent ies aqueducs de leurs eaux. Quiconque, clandestinement ou publiquement, et comptant surson crédit, amènerait de l’eau desdits filets et fontaines, ou s’en procurerait par des manœuvres frauduleuses, serait tenu de la restituer aux aqueducs publics.

Nousdéfeudons, enoutre, à toutcitoyen de planter àl’avenir le long desdits aquedues des arbres quelconques, et ce dans la crainte que les racines n'en dégradent les murailles : on connaît, à cet égard, la prohibition portée dans les anciennes constitutions. Tout le monde saura qu'à l'avenir, en cas de contravention aux dispositions ci-dessus, tous terrains, héritages, bains, moulins à eaux, jardins, pour l’usagedesquels l’eau publiqueaurait été détournée, tous ceux qui borderont Faquedue auquel le propriétaire aura nui parses plantations, sans avoir aucune considération pour le terrain,

amplius si auctoritate inlicita, nec appetito colore sacri oraculi, hujusmodi aliquid pertentatum fuisse dignoscitur:ut jus suum regiæ civitati restituatur, et qnod publicum fuit aliquando , minime sit privatum, sed ad communes usus recurrat : sacris oraculis, vel pragmaticis sanctionibus adversus commoditatem urbis quibusdam impertitis, jure cassandis : nec longi temporis præscriptione ad eircumscribenda civitatis jura profutura.

lidem A., Pontio.

Decernimus, ne quid a quacumque persona qualibet dignitate prædita contra munuscularios aquæductus, vel fontes publicos, qui ad aquæductus confluunt, pertentetur. Sed et si quis clam vel palam auctoritate confisus de ïisdem parologis, vel fontibus aquam transduxerit, vel eclandestinis insidiis forte subripuerit publicis aquæductibus , eam restituere compellatur.

Hoc etiam præcipimus, ne in posterum a quolibet juxta eosdem aquæductus plantari qualesenmque arbores possint, ne ex slirpibus labefactentur parietes aquæductus, quod antiquis etiam constitutionibus interdictum esse dignoscitur : scientibus universis, quod in posterum super hujusmodi commissis suburbanum vel prædium, vel balneum , vel aquæ mola, vel hortus ,ad cujus usum aqua publica {uerit derivata; vel si quid ex his juxta aquædnctum positum ad eum pertinet, qui plantavit arbores

le domaine ou la personne du propriétaire, seront compris dans la proscription et dévolus au fise, sans qu’on puisse enauçcune manière obtenir remise de ladite peine, même par rescrit du prince.

Nous voulons que tous les gardiens des eaux, connus sous le nom d’hydrophylaces, auxquels est principalement confié le soin des aqueducs de cette cité royale, soient marqués de notre nom impérial sur la main. Par là ils seront reconnus de tous, et ne pourront être employés à d’autres usages par les intendants de nos maisons, ni par qui que ce soit; ils ne seront point tenus des corvéesettravaux publics. Que sil'un de ces gardiens vient à mourir, celui quile remplacera sera marqué du même signe. Ils formeront ainsi une espèce de corps de milice, incessamment sur pied pour la garde qui leur est confiée, et ne pourront être distraits pour d’autres emplois.

L'empereur J'ustinien Auguste, à Servius, préfet du prétoire.

La décision rendue par l’empereur Théodose, de glorieuse mémoire, relativement à ceux qui veulent obtenir de l’eau des aquedues et fontaines publiques, est par nous expressément maintenue, en ce sens que personne, soit dans cette auguste cité, soit dans les provinces, ne puisse avoir la permission de tirer de l’eau d’un aquedue ou fontaine publique sans un rescrit impérial, obtenu dans la forme ordinaire et insinué à notre tribupal suprême, ou chez tout autre magistrat compétent. Quiconque aurait enfreint nos ordres, ou en aurait autorisé l'infraction, encourrait une

aquæductibus noxias, ad quemeum que pertineat locum, vel homiuem, vel domum, proscriptionis titulo subjacebit, et fisci juribus vindicetur : nulli super hujusmodi pæna nec per sacros apices venia tribuenda.

Universos autem aquarios, vel aquarum custodes, quos hydrophylacas nominant, qui omnium aquæductuum hujus regiæ urbis eustodes deputati sunt, singulis manibus eorum felici nomine pietatis nostræ impressi signari decernimus , ut hujusmodi adnotatione manifesti sint omnibus; nec a procuratoribus domorum , vel quolibet alio ad usus alios avellantur, vel anguriarum, vel operarnm nomine teneantur. Quod si quem ex üisdem aquariis mori contigerit, eum nihilominus, quiin locum defuncti subrogatur, signo eodem notari præcipimus : ut militiæ quodammodo societati,exeubiis aquæ custodiendæ incessanter inhæreant, nec muneribus alis occupentur.

Imp.Justinianus A., Servio, P. P.

Divinam dispositionem ab inclytæ recordationis principe Theodosio super his qui aquam sibi de publicis aquæductibus seu fontibus præberi desiderant, promulgatam , hac etiam lege in sua firmitate durare sancimus ; quatenus nemo velin hac sacratissima civitate, vel in provinciis, sine divinis apicibus de sacro epistolarum scrinio more solito edendis , et judicio tuæ celsitudinis, vel aliis, qnoruu interest, intimatis vel intimandis, aquain de publice

amende de dix livres d'or (1), et s’exposerait à toute notre indignation.

Formule pour conférer la charge de surveillant des aquedues de la ville ; rédigée par Magnus Aurélius Cassiodorus, gouverneur de la ville.

À comparer entre eux les édifices de Rome, à peine, il est vrai, trouverait-on matière à préférence (tant sont reconnus dignes d’admiration tous les ouvrages qui s’y offrent aux regards!) : nous croyons, cependant, devoir mettre une différence entre ceux dont l’utilité fait le prix, et ceux qui se recommandent seulement par leur beauté, Le forum de Trajan est un prodige pour ceux même qui le voient tous les jours. Le Capitoleoffre, aux yeux qui en franchissentle sommet, le chef-d'œuvre du génie humain. Mais est-ce la ce qui fait exister? est-ce là ce qui contribue en rien au bien-être, à la santé du corps? Les aqueducs de Rome, au contraire , se font également remarquer par leur structure admirable, et par la salubrité particulière de leurs eaux. En effet, ces montagnes artificielles qui y amènent les eaux, feraient croire leur lit naturel composé des rochers les plus durs, pour avoir pu soutenir, pendant tant de siècles, l’impétuosité si rapide du courant. Les flancs creux des montagnes s’écroulent le plus souvent, le lit des torrents se perd et s'efface; mais cet ouvrage des anciens ne se détruira pas, tant que l’industrie veillera à sa con-

() Les dix livres d'or répondent à 10,480 francs de la monnaie actuelle.

aquæductu seu fonte trahere permittatur : his quicumque jussa nostra violaverit seu violare concesserit, denarum librarum auri condempnatione, aliaque gravissima indignatione feriendis.

Formula comitivæ formarum urbis; auctore Magno Aurelio Cassiodoro, V. C.

Quamwis romuleæ fabricæ conlatæ sibi vix possint præcipuæ reperiri (quia totum in admiratione nascitur exquisitum, quod ibi cernitur esse fundatum), tamen 1nteresse arbitramur, quod ulilitas necessaria gratificat, et quod pulchritudinis tantum caussa commendat. Trajani forum vel sub assiduitate videre miraculum est. Capitolia celsa conscendere, hoc est, humana ingenia superata vidisse. Sed numquid per ea vivitur, aut corporis salus aliqua inde delectatione recreatur? In Formis autem Romanis utrumque præcipuum est, ut fabrica sit mirabilis et aquarum salubritas singularis. Quod euim illuc flumina quasi constructis montibus perducuntur , naturales credas alveos soliditates saxorum : quando fantus impetus fluminis, tot sæculis firmiter potuit sustineri. Cavati montes plerumque subruunt, meatus torrentinm

FRONTIN

servation. Considérons présentement l’ornement que Rome tire de ses eaux. Ces thermes magnifiques, que seraient-ils sans ce nouvel océan qui en fait le charme? On voitcourir, avec une délicieuse pureté, l'eau Vierge, ainsi appelée, sans doute, parce qu’elle est à l'abri de toute souillure; car, tandis que les autres, par l'excès des pluies, reçoivent dans leur sein un limon impur, celle-ci, dans son cours limpide, semble nous annoncer, en tout temps, un ciel serein. Avec quelle expression peut-on décrire de semblables merveilles, par exemple, ces immenses travaux qui, conduisant l’eau Claudia au sommet du mont A ventin, l'y font retomber eu cascade, pour arroser cette cime élevée, comme une profonde vallée ? Le Nil d'Egypte, dans ses crues périodiques, inondant les plaines inférieures, roule, sous un ciel serein, l’agitation de ses flots troublés. Combien il est plus beau de voir l’eau Claudia à Rome, à travers les arides sommets des montagnes, apporter aux bains et aux habitations l’onde limpide qui s’échappe de ses canaux féconds , et couler si également, qu’elle ne trompe jamais l'espoir de ceux qui l’attendent! Le Nil, au contraire, se retiret-il, c’est du limon; survient-il inopinément, c’est un déluge. Qui donc pourrait douter que les eaux de notre ville ne l’emportent sur ce Nil fameux, dont la crue subite inspire Peffroi, et dont la retraite produit le dénüment ? (1)

Ce ne sont pas là de vains discours. Notre but est de vous faire sentir quelle sollicitude on a droit d’exiger de vous, en vous confiant de tels chefsd'œuvre. En conséquence, après une müre délibération, nous vous conférons, par la présente,

(x) Voyez plus haut (page 7) le Commentaire de Frontin, Ch. 10.

dissipantur, et opus illud veterum non destruitur, si industria suffragante servetur. Respiciamus certe, aquarum quantum romanis mœænibus præstat ornatum. Nam thermarum ïlla pulchritudo quid essel, si dulcissima quædam æquora non haberet? Currit aqua Virgo sub delectatione püurissima, quæ ideo, sic appellata creditur, quod nullis sordibus polluatur : nam cum aliæ pluviarum nimietate terrena commixtione violentur, hæc aerem perpetuo serenum purissime labens unda mentitur. Quis possit talia sermonibus idoneis explicare? Claudiam per tantam fastigii molemsic ad Aventini caput esse perductam, ut, cum ibiex alto lapsa ceciderit, cacumen illud excelsum quasi imam vallem inrigare videatur. Ægyptius Ni: lus certis temporibus crescens per campos jacentes superducto diluvio aere sereno turbulentus exæstuat : sed quanto pulchrius est, Claudiam romanam per tot siccas montium summitates lavacris ac domibus liquores purismos, fistularum uberibus emisisse? et ita æqualiter fluere, ut numquam se possit desiderata subducere? Ille enim dum recedit, limus est : dum venit insperate, diluvium. Quis ergo famosum Nilum urbis nostræ fluminibus non æstimet esse superatum, quando ille incolas suos aut veniendo terret, aut recedendo destituit ? Verum hæc non superflua commemoratione narravimus,

la charge de surveillant des aquedues, pour que vous employiez tous les efforts de votre zèle à maintenir en bon état ces monuments, si grands et si beaux. Surtout, nous vous le recommandons, que ces arbres nuisibles, qui dégradent les constructions, espèces de béliers lancés contre les murailles pour les détruire, soient coupés jusqu'à la racine : le mal n’est détruit, si la cause n’en est extirpée. A l'égard de ce qui tomberait de vétusté, faites-le réparer promptement, de

ut possis advertere, qualis a te diligentia perquiratur, eui pulchritudo tanta committitur. Qua de re per indictionem illam, comitivam tibi formarum sub magna deliberatione credidimus : ut summo studio nitaris efficere, quod fantis ac talibus rebus videris expedire. In primis noxias arbores, quæ inferunt fabricarum ruinas, dum sunt quidam mœnium importabiles arietes , censemus radicitus amputari : quia nulla læsio removetur, cujus

peur que la dégradation, en s'étendant, ne nous occasionne une augmentation de dépense. Votre charge fait votre fortune pour votre vie, pourvu que vous assuriez la conservation des aqueducs. Nous regarderons comme nous étant personnels tous les soins que vous y donnerez. Nous comptons donc sur votre habileté et votre zèle pour que les constructions ne recoiventaucune atteinte, et que la distribution des eaux n’éprouve, par la vénalité des gardiens, aucune interruption.

origo non tollitur. Si quid autem conficiente senio fuerit demolitum, pervigili celeritate reparetur : ne crescente defectu augeatur nobis caussa dispendii. Ductus aquæ fortuna tua est, dum incolumis eris , si illa solidaveris : tantumque apud nos proficis, quantum te illi studuisse probaveris. Agat ergo peritia fidesque tua, ut et constructio fabricæ inlibata permaneat , et aquæ distributio nulla se custodum venalitate subducat.

NOTES SUR FRONTIN

Ch. II. Auf aliter que facienda quæque vilanda sint , posse decerni. Dans l'édition de Joconde, on lit : quam que facienda quæque vitanda sint posse decer- » nere; et il supprime aut aliter, qui se trouve dans le manuscrit du Mont-Cassin.

…. VI. Portam Raranam. Ontrouve dans les manuscrits du —… Mont-Cassin et d'Urbin, que cette porte est désignée par RR

a..nam. Les éditions imprimées portent Raranam.Nardini » prétend qu'il faut lire Romanam; mais Poleni observe qu’a- “ lors, au lieu de supra Tibur, il faudrait lire citra Tibur.

VII. Post annos CXXVII. Dans l'édition de Joconde, «on trouve : anno vigesimo primo post annum CXXVII; + mais comme ces mots ne se trouvent ni dans le manuscrit “ du Mont-Cassin ni dans celui d'Urbio, je les ai suppri- + més, comme Poleni.

Marcio, qui tum prælor. Dans Joconde, on lit : M. Tilio; et dans Poleni, HMarcio.

Rivis hic , et opere..……. duxil. Dans Joconde : Reipu- “ blicæ causa terlio milliario.……. fabrorum durxit. Sestertium ij et oclogies, comme dans Poleni, en sous- …entendant centena millia, c’est-à-dire 8,400,000 sesterces. — Dans le manuscrit du Mont-Cassin : sesterlium nunc octoginte; dans celui d'Urbin : sestertium nunc owctingente ; dans l'édition de Joconde : Sestertium tj et octingenties ; dans la première édition : sestertium mille — et octogenties.

Spatium præturæ.…. est prorogatum. Dans Joconde, on lit: Slatuit senatus præturam in alterum annum

prorogari.

De hoc enim constantius. Dans Joconde : non constantius.

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