‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 227 sur 265 · P. P, Præfeclo prætorio · texte numérisé non relu

P. P, Præfeclo prætorio

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NOTICE SUR CENSORIN

Censorin , dans le seul ouvrage qui nous reste de lui, ne nous fait connaître que sa patrie et l’époque

- où il vécut; on est réduit pour tout le reste à des

conjectures. Il était de Rome :, et il vivait dans le troisième siècle de l'ère chrétienne 2. Son surnom de Censorinus ?, particulier aux membres de la famille Marcia, une des plus anciennes et des plus illustres de Rome, a fait présumer à la plupart des savants 4 qu'il en descendait, et à quelques-uns”, qu’il portait le prénom de Caïus , qui y était le plus usité.

Cette famille, de race plébéienne 6, avait donné à Rome un roi 7, des préteurs , des consuls, des généraux $. La branche particulière des Censorins 9 devait son illustration à C. Marcius Rutilus, le premier censeur plébéien ” qu'ait eu Rome ( an 403 de R.), mais surtout à celui *: qui, appelé pour la seconde fois aux suprêmes fonctions de la censure (en 488), bläma le peuple, en plein forum, de lui avoir conféré deux fois un tel pouvoir *?, et àqui ses

- grandes qualités méritèrent le surnom de Censori-

|: XLVII, XLIX ; Censorin, ch. 17.

nus. L'histoire cite, après ceux-là, un édile curule ‘3, devenu consul avec M’. Manilius (an 605) "1, puis censeur (an 606) °; un amiral ©, malheureux dans la guerre contre Mithridate ; un orateur 17, célèbre pendant la jeunesse de Cicéron :$; un sénateur distingué par son éloquence, et qui périt courageusement 9 dans la fameuse défaite que les Parthes firent essuyer à Crassus; puis un préteur *” élevé par la faveur d'Antoine au consulat 2: (an 715); et enfin, sans parler de quelques autres ?, celui qui fut consul 2? avec C. Asinius Gallus (an 746).

Celui-là était l'ami de Caïus César, petit-fils d’Auguste. Il était riche; il aimait les arts et les vers.

2 Censorin dit, à la fin du chapitre 4 de son livre : Rome, patriæ dostræ communis. — 2 Voyez les chapitres 17 et 21. — $ On appelait censorinus ou censorius, dans les premiers temps de la republique, celui qui s'était distingué comme censeur. —# Alde Manuce, 1581, De Censorino; Havercamp, 1:67, Praæfat.; G. J. Vossius, De histor. lat., 1651, 1. If, C. 3, p.178; M. J. Mangeart, Notice sur Censorin, en tète de sa traduction (Panckoucke, 1843); traduction qui ne nous a pas été inutile. — 5 Alde Manuce, I. c. — 5 Schæll, Hist. abrég. de la littér. rom.,t. IV, p.384, 392, 162. Plutarque a fait à tort la famille Marcia patricienne ( Coriol. c. x). — 7 Ancus Marcius. — & Plutarque, Coriol. c. x. Voyez aussi Vaère Maxime, I, 7,15; VIN, 15, 1x; V, 10,3; Frontin, De aquæd. urb. Rom., 1.1, c. 7. — 9 Les autres branches principales de la famille Marcia étaient les Philippus, les Figqulus,les Rex.— 1° Schæll, t 1V, p 162. — 11 ]] se nommait €. Marcius Rutilus ou Rulilius, comme le censeur de l'an 403. — :? Valère Maxime, IV, 7, 3; Plutarque, Corioi. ch. 1. — 15 Gelui-là s'appelait L. Marcius Censorinus. — :4 Cicéron, Brut., c. 15 etz7; ad Atlic., XII, 5; Tite-Live, 15 Valère Maxime, VI, 9, 10.

— 26 Il est appelé seulement Censorinus. Voy. Photii Biblioth. ; Memnon, ch. LV, cod. CCXXIV, p. 39r. — :7 C. Censorinus. — 18 Cicéron, Brut., c. 67 et 90. — :9 Plutarque, Crass., ©. 31, 33. — 2e L. Marcius Censorinus. — 2: Plutarque, Anton. c. 23; Zosime, 1 1, ©. 4; Cicéron, Philipp., XI, 5, 14; XIII, 2; ad Attic., XIV, 10. — =? Cicéron, ad Quint., 1, 2; Alexander Aphrodisius, TER àropiGv xx AUo=wv, 1. 1, c. 12. — 23 C. Marcius Censorinus, fils ce consul de l’année 715. Censorin a fait mention de ce consulat, ch, 22.

Horace, qui était un deses clients , et qui n’avait à lui donner, pour l'anniversaire de sa naissance, ni coupes d’or, ni tableaux, ni statues, comme c'était l'usage, se borna, une certaine année, à lui adresser des vers, où il lui fit sentir, avec le juste orgueil du vrai poëte, la valeur d’un tel présent :.

Cette famille, si illustre sous la république, aurait été élevée à la dignité impériale, si l’on voulait y rattacher: le Censorin proclamé empereur en 270 de J. C., et avec lequel notre auteur a été confondu quelquefois 5. Mais, pour elle comme pour tant d’autres, ce fut moins le faîte que l’abime. Ce Censorin, dont l'histoire s’est plu à énumérer tous les titres 4, vaillant homme de guerre, sénateur illustre, deux fois consul, deux fois préfet du prétoire, trois fois préfet de Rome, quatre fois proconsul, trois fois lieutenant consulaire, deux fois lieutenant prétorien, quatre fois édile, trois fois questeur, ambassadeur en Perseeten Sarmatie, etqui, desaretraite, futappelé à l'empire $ sous Claude II par des troupes mécontentes, futtué au bout desept jours, à cause de sasévérité, par ceux mêmes qui l'avaient élu. L'historien qui raconte ces événements 6 ajoute que les descendants de ce Censorin, fuyant le séjour de Rome et d'un magnifique palais, autrefois la propriété de l'empereur Titus, s'étaient retirés partie en Thrace, partie en Bithynie. Notre auteur, que l'incroyable anarchie de son temps rendit témoin de la mort violente de près de vingt empereurs’, et qui en vit tuer deux à la fois8 l’année même où il écrivit son livre, a pu voir” aussi les vicissitudes de cette grande fortune de Censorin, et se réjouir, en philosophe qu'il était, de la médiocrité de la sienne.

Placé ainsi, par sa naissance, entre le Censorinus

+ Horace, I. IV, od. #. —21]lest vraique des médailles (Tillemont, Hist. des emp., Bruxel., 1732, t. IL, p. 203) donnent à ce Censorin le surnom de Claudius (4p. Claudius Censorinus). Mais ce surnom, qui venait du mot Claudus (boiteux ), lui était personnel; c'était un sobriquet que des boulfons lui avaient donné, parce qu’ii boitait, par suite d'une blessure qu’il avait reçue dans la guerre de Perse, du temps de Valérien. (Voyez Trébellius Polllon, les Trente Tyrans, XXXII). — 3 Fabricius, Biblioth. lat., 1712, not. de ja p. 538. — 4 Trébellins Pollion, ibid. C'est , à ce qu’il parait, sur son tombeau qu'étaient écrits tous ces titres, que Pollion nous à transmis d’après cette inscription. — 5 Tillemont (Hist. des emp., t. I, p. 203) présume que ce Censorin fut proclamé empereur à Bologne. — 6 Trébellius Pollion écrivait sous Dioclétien, fort peu d'années après les événements qu’il a racontés. — 7 Censorin écrivit son livre en ggr de Rome {238 ans ap. J. C.). En supposant qu'il avait alors 40 ans, et qu'il en vecut 70, il aurait vu, étant né vers 95r de Rome et mort vers 1021, les règnes de Septime Sevère et des fils de ce prince, Caracalla et Géta (964 de R.), de Macrin (970), d'Héliogabale (971), d'Alexandre Sévère (975-988), de Maximin (988), des deux premiers Gordiens (990), de Maxime et de Balbin (99r), de Gordien III, de Philippe, de Dèce, de Gallus, d'Emilien, de Valérien, de Gallien, de Claude II (992-1021); princes qui périrent presque tous violemnment, sans compter ceux que l'on appelle les Trente Tyrans, qui eurent généralement le même sort, — 8 Maxime et Balbin furent tués pendant les jeux Capitolins, vers le milieu de juillet de l’année 238 de J. C. (Tillemont, Hist. des emp., t. VII, p. zx et 148). — 911 n'y a qu'un intervalle de 22 années entre celle où notre auteur écrivit son livre, et celle où ce Censorin fut proclamé empereur.

d'Horace, riche, puissant, familier d’un petit-fils d’empereur, protecteur desgens de lettres, et cetautre qui fut pendant quelques jours un des maîtres du monde, le nôtre vécut pauvre” , obscur, studieux ; et, incapable du rôle de patron, il eut besoin d'en trouver un. Ce patron était un certain Cérellius, qui ne nous est connu que par Censorin. Si l’on prenait à la lettre l'éloge que celui-ci en a fait, il faudrait voir dans ce Cérellius le mortel le plus digne assurément dela vénération de l'univers, un homme qui « s’était élevé jusqu’au faîte de toutes les vertus ensemble, etapproché del’immortelle nature des dieux ; que les anciens sages, si fameux, auraient avoué pour leur maître et pris pour modèle ; que les plus éloquents n'auraient pu louer, ni les plus savants instruire ; dont tout le monde, dans l'empire romain, recherchait ou enviait l'amitié; dont l'éloquence enfin, admirée de ses contemporains, devait faire encore l'admiration des siècles futurs ?. »

Mais, en retranchant de ces louanges tout ce que la reconnaissance a dû y mêler d’exagération sous la plume de Censorin, et en dégageant la vérité de cet amas d’hyperboles, nous voyons que Cérellius, d’ailleurs chevalier romain, brillait de tout cet éclat dans une simple province, où il avait exercé des fonetions municipale et la dignité d’un sacerdoce, sans doute avec la vertu et le talent appropriés à la médiocrité de ces charges, et que son éloquence, si vantée, avait eu pour principal théâtre des tribunaux de province, et, dans de rares circonstances, le palais impérial. Mais Censorin devait tout à ce Cérellius, assez puissant pour lui procurer à lui-même de modestes honneurs 3, assez lettré pour que ses entretiens lui fussent profitables 4, assez riche pour se donner les jouissances du luxe ?; et, ce qui paraît toucher singulièrement Censorin °, assez désintéressé pour préférer à de précieux cadeaux, contre l’usage des patrons avares, un petit volume de la composition de son client.

Tel était done celui à qui Censorin a dédié son iivre. Il l’intitula De die natali, parce qu’il le composa pour le jour natalde Cérellius, « jour qu’il célébrait, tous les ans, aussi religieusement que l’anniversaire de sa propre naissance 7. » Il l’écrivit dans la seconde moitié $ de l’année 991 de Rome (238 après J. C.), au commencement du règne de Gordien II *, sous le consulat d’Ulpius et de Pontianus “; époque qu'il a pris soin de fixer lui-même , moins pour dater son livre, que pour ne pas laisser ignorer à la postérité quel siècle avait produit Cérellius *.

Aux détails que comportait son plan sur l’institution des jours, des mois, des années, des siècles et des principales ères chez les Romains et chez

+ Cum dona pretiosa.…. neque mihi per rei tenuitatem supersint (Censorin., ©. 1), — 2 Voyez les chapitres x et 15. — 3 Cum ex te tuaque amicitia honorem , dignitatem, decus, alque præsidium, cuncta denique vitæ prœæmia recipiam (ch. 3), — 4 Cum... tuo conlatu scirem ,me plura didicisse... Ego, a quo plura in literis percepi, tibi, etc. (ch. x). — 5 Te... pecuniarum divitem.……. non quod earum possessionem , vel etiam usum « te omnino abjeceris (ch. 1). — 6 Voyez tout le chapitre 1. — 7 Censorin, ch. 3. — 8 Voyez Tillemont, Hist. des emp.,t. INT, p. 122. — © Tillemont, ibid. — 1° Censorin, ch. 21. — xx Id., ch. 16 et 17,

NOTICE SUR CENSORIN

quelques nations de l'antiquité, Censorin, remontant avec une curiosité un peu vague aux causes premières , et assez enclin à s’écarter de son sujet :, a joint des recherches, il est vrai, peu neuves, mais pourtant intéressantes, sur l’origine même de l’homme, sur la génération, sur certaines pratiques religieuses, sur les aspects des astres, sur la musique, sur l’astronomie. Il y a enfin beaucoup de choses? dans cet opuscule, si court que quelques savants, de ceux qui voyaient des abrégés dans presque tous les livres de l'antiquité, ont pensé que celui-ci était l’épitome d’un grand ouvrage de Censorin, adressé sous le même titre à Cérellius 5. II a été surtout fort utile aux chronologistes 4, pour déterminer la date de quelques événements anciens ; et Scaliger *, excellent juge, a dit de Censorin : Eximius ille, et doctissimus temporum et antiquitatis vindex.

Tous les écrivains qui ont parlé de cet ouvrage s'accordent pour en faire l'éloge; il yen a même qui lappellent un livre d’or 6. Sidoine Apollinaire 7 et Cassiodore 8, dans l’antiquité, ont mis l'auteur au nombre des plus savants qu’ait produits Rome. Les modernes en ont loué aussi l'érudition 9, l'exactitude “, la clarté 1x, l'élégance 2. On ne remarque dans ce livre aucune trace du mauvais goût alors si commun ‘; et une critique sévère n'a pu y relever que quelques expressions, à son sens, peu classiques #. Censorin fut certainement

1 Il s’en est aperçu une fois : Quoniam me longius dulcedo musica abdurit (ch. 13). — 2 « Exiguum si ejusdem molem spectes, Gensorini libellum. .... reconditioris literaturæ plenum... atque hoc nomine grandioribus merito... æquiparandum. » (Præfatio edltioni Cantabrigiensi præmissa). — « Censorini.. liber, mole haud magnus sed gravis rerum pondere. » (Havercamp, ad lect.) — « Sans ce petit ouvrage, notre ignorance en ce qui concerne les antiquités classiques serait bien plus grande qu'elle ne l'est. » (Schæll, t. 111, P- 312), — 3 M. Mangeart, Notice sur Censorin. — 4 « Libellum.. chronologis utilissimum. » (Vossins, De hist. lat., 1. IT, c.3, p. 128), —« Præterea quo maxime nomine commendandus est, rei chronoæ peritissinfus, præcipuas gentilium æras in hoc libro accu: nvicem connectit, » (Haverc., @d lect.) — «il sert beaucoup à selaircir et à fixer la chronologie, » (Millemont, Hist. des emp., t. HT, p. 122), — 5 J. Scaliger, De emend. temp. 1. (I. — 6 Une ancienne édition (Milan, 1503) intitule ce livre : Censorini de die natali liber aureus. — « Aureolus Censorini…. liber. » (Haverc., ad lect.) « Aureolum libellum de die natali. » (J. Scaliger, De emend. temp. 4 HD). « Liber aureolus. » (Fabricius, Biblioth. lat., p. 538.) — 7 «Censorino, qui de die natali illustre volumen confecit. » (Sidon. Apollin., epist. ad Polem., carm. 13). — 8 « De musica disciplina, vel de alia parte mathesis , non negligenda disseruit (Censo= rinus), non inutiliter legitur, » (Cassiodor., De musica.) — « Censorinus... spatia ipsa cœli, terræque ambitum, per numerum stadiorum distincta , curiositate descripsit : quem si quis recensere voluerit, multa philosophorum mysteria, ubi legerit, agnoscet. » (Idem, De geometria). — 9 « Libellum pereruditum. » (Vossius, De hist. lat., Leyde, 1651, 1. 11 , ch. 3) — « Liber... variis doctrinæ et ingenii luminibus illustris, » (Fabricius, Biblioth. lat., p. 538). — « Scriptoris variam multiplicemque doctrinæ materiam. » (Præfat. edit. Cantab. præm.) — « Fuisse.… Censorinum ingenio præstanti ct eruditione perfecta, vel hic solus de die natali libellus abunde evincit. » (Ha= verc, ad lect.) — 1° « C'est peut-être l’auteur le plus exact de son siècle. » (Tillemont, Hist. des emp., t. I, p. 122). — 1: « Ut res ipsæ penetrabilius animo... condantur. » (Cassiod. De musica). = 12 « Elegantissimum hune libellum. » (Haverc., Dedicatio, 1767). — 13 M. Walckenser, Notice sur Censorin!, dans la Biographie uni= verselle de Michaud. — 14 Schæll(t. III, p. 314) a relevé les express sions suivantes : « Collatus , au lieu de colloquium. Concordabilismembrari, recevoir des membres. Anfans, pour embryon. Znawdibilis. Concinere melodiam. Hirquitallire, sentir le bouc, et delà hirquilalli. Diluvio pour diluvium. Ezxignescere. Eraquescere. Horarium pour horologium. » — Mais il faut observer que d'autres au= teurs ont employé collatus dans le même sens que Censorin, et qu'il cite les mots hirquitallire et hirquitalli (ch. x4| comme des termes de l’ancien langage.

NOTICE SUR CENSORIN

un des meilleurs écrivains de son temps, etil est, par exemple, bien supérieur pour le style aux auteurs de l'Histoire Auguste, dont quelques-uns furent ses contemporains. Son époque était celle des légistes. Il ne connut pas, comme on l’a présumé *, Aulu-Gelle, ni Apulée, nés tous deux bien avant lui, mais Papinien et ses disciples : Paul, Ulpien, Callistrate, Hermogène , lesquels , suivant Lampride ?, faisaient partie du conseil d'Alexandre Sévère. Philosophe (son livre en fait foi), Censorin fut aussi un grammairien distingué. Il avait composé sur la grammaire ( De arte grammatica), science fortétendue chez les anciens, un ouvrage mentionné par Cassiodore et par Priscien 3, et un autre sur

les accents (De accentibus), cité par les mêmes au-

teurs 4, et perdu comme le premier. Mais on lui a faussement * attribué un livre intitulé Zndigi-

à: Elias Vinetus, lectori, p. 3. — : Lampride, 4lex. Saver. ch. 25, 50, 67. — 5 « Auctores temporum superiorum de arte grammatica.. Probus et Censorinus, etc. » (Cassiodor., De arte grammat.) — « Censorino doctissimo artis grammaticæ. » (Priscien, 1. 1.) — 4 «Censorinus quoque de accentibus vocis nostræ adnecessariis subtiliter disputavit. » (Cassiod., De musica.) — « Censorinus... de his docet planissime in libro quem de accentibus scripsit. » (Priscien, 1. I.) — « Quod Censorinus quoque de accentibus approbat, » (Id.,ibid.) — Cette erreur, commise par Tillemont (ist. des emp.. t. I1E, p. 122) et par Schæll [t. HI, p. 312), a été reproduite depuis par M. Furhmann, dans son Manuel de littérature classique, publié en allemand (t. IV, p. 321); mais elle a été relevée déjà par MM. Walckenaer et Mangeart, dans leurs notices sur Censorir.

ENSORIX.

tamenta (livres sacrés des pontifes ). Il cite luimême ce livre ‘, et en nomme l’auteur, Granius Flaccus, qui l'avait dédié à César.

Les éditions de Censorin, jusqu'à celle d’Alde Manuce (1581), renferment quinze chapitres mêlés confusément avec les siens, et qui traitent des éléments de la physique, de la géométrie, de l'astronomie, de la métrique, ete. Louis Carrion s’aperçut le premier que ces chapitres, d’ailleurs curieux pour ceux qui veulent connaître les termes latins des sciences, suivant la remarque de Fabricius, ne devaient pas faire partie de l’ouvrage de Censorin. Il les en sépara dans lédition qu'il publia en 1583, et ils se trouvent à part dans les suivantes, sous le titre de ÆEragmentum incerti scriploris ?.

Censorin a été imprimé pour la première fois, à Bologne, en 1497, in-fol., avec Épictète et d’autres morceaux. La meilleure édition est celle qu'a donnée Havercamp (Leyde, 1743, in-8°), édition réimprimée en 1767. C’est cette édition que nous avons suivie.

? Censorin, ch. 3. — : Ce fragment, attribué À Censorin par Putschius, et inséré par lui (p. 2715-2727) parmi les écrits des anciens grammairiens , n'est pas intitulé De naturali institutione, comme l'ont écrit MM. Walckenaer et Mangeart dans leurs notices sur Censorin. Ce titre est seulement celui du premier chapitre de ce fragment. — Ce fragment se trouve dans le Ccnsorin d'Havercamp, à la suite de cet auteur.

- Lescadeaux tout brillants d'or ou d'argent, aux- “quels le travail de la ciselure donne encore plus | de prix que la matière, et toutes ces précieuses Mearesses de la Fortune, excitent la convoitise de ceux que le vulgaire appelle riches. Pour toi, Q. MCérellius, qui, non moins riche en vertus qu’en “argent, possèdes la véritable richesse, ces choses- Jà ne peuvent te séduire. Ce n'est pas que tu l'en sois absolument interdit la possession ou même Jusage; mais, formé par les leçons des sages, tu as manifestement reconnu que de pareilles rivolités ne sont par elles-mêmes ni des biens ni des maux, mais ce que les Grecs nomment des “choses indifférentes, c'est-à-dire faites pour tenir Mle milieu entre les biens et les maux. Ce sont, “comme dit le poëte comique (1).

“ « Des objets dont la valeur dépend de l’esprit « de celui qui les possède : des biens, pour qui « sait en user ; des maux, pour qui en use mal. » Donc, puisque ce n’est pas la quantité des cho- $es que l'on possède, mais la modération des dé-

(x) Térence, Heautontimorumenos, act. F, SC. 4, v. 195, 196. Apulée (De dogm. Plat., 1. I, $ 2) a exprimé, d’après Platon, la même pensée.

CENSORINI

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