I. Præfatio
Munera ex auro vel quæ ex argento nitent cælato, opere, quam materia, cariora, cæteraque hoc genus blandiment{a Fortunæ, inhiat is, qui vulgo dives vocatur. Te autem, Q. Cerelli, virtutis non mious , quam pecuniarum divitem , id
“est, vere divitem, ista nou ce piunt. Non quod earum posses-
sionem, vel etiam usum a te omnino abjeceris, sed quod sapientium disciplina formatus, satis liquido comperisti, hujusmodi sita in lubrico, bona malave per se non esse, sed r&üy pécuwv, hoc est, bonorum malorumque media cen seri. Hæc ut Comicus ait :
.… Perinde sunt, ut illius est animus, qui ea possidet :
Quiutiscit, bona;illi, qui noo utitur recte, mla.
DU JOUR NATAL
A Q. CÉRELLIUS.
sirs, qui fait que l’on est riche, tu as en toi les plus grandes richesses ; et celles-là ne l’emportent pas seulement sur tous les biens de ce monde, elles élèvent aussi l'homme jusqu’à la sublime nature des dieux immortels. Car, comme l’a dit Xénophon, ce disciple de Socrate, « Être sans besoin, c’est le propre des dieux ; et en avorr le moins possible, c’est se rapprocher de leur divinité. » Puis donc que ta sagesse t'a mis en possession des plus précieux biens, et que l’exiguité de ma fortune ne me laisse rien de trop, je t’adresse, à l'occasion de ton jour natal, ce livre, où j'ai réuni, quelles qu’elles soient, mes richesses littéraires. Je n’ai emprunté, comme cela se pratique communément, ni à la partie morale de la pnilosophie, pour te les transmettre, des préceptes qui enseignent à bien vivre; ni à l’art des rhéteurs, des lieux communs pour célébrertes louanges (tu t'es, en effet, si glorieusement élevé jusqu’au faîte de toutes les vertus, que tous les conseils de la sagesse et tous lesefforts de l'éloquence seraient superflus devant ta vie et tes mœurs); mais j'ai choisi dans les commentaires philologiques quelques petites questions dont l’ensemble püt composer un simple volume. Et ce n’est pas, je me hâte de le dire ,un zèle pédantesque ni une
Igitur quoniam quisque, non quanto plura possidet, sed quanto pauciora optat, tanto est locupletior : opes tibi in animo maximæ, el eæ, qua non modo bona generis humani præcedant, sed quæ ad deorum immortalium æternitatem penitus accedant. Quod enim Xenophon Socralieus dieit : Nihil egere, est deorum : quam minime autem , prozimum & dis. Quare, cum dona pretiosa neque tibi per animi virtutem desint, neque mihi per rei tenuitatem supersint, quodeumque hoc libri est, meis opibus comparatum, Natalitii titulo Libi misi. In quo non, ut plerisque mos est, aut ex ethica parte philosophiæ, pra-cepla ad beate vivendum, quæ tibi scriberem, mutluatus sum : aut ex arlibus rhetorum locos laudibus {uis celebrandis persecutus : (ad id enim virtutum omnium fasligium ascendisti, ut cuncla, quæ vel sapienter monentur, vel facunde prædicantur, vila moribusque superaveris ) sed ex philologis commentariis quasdam quæstiunculas delegi, quæ congestæ possint aliquantum volumen eflicere. ldque a me vel docendi studio, velostentandi voto non fieri, prædico : ne in me, ut velus adagium est, jure dicatur, Sus Minervam. Cum vero tuo con lalu scirem, me plma
vaniteuse prétention qui me guide ; je craindrais trop qu'on ne m'appliquât à bon droit ce vieil adage : « Le porc en veut remontrer à Minerve. » Mais. sachant quel fruit j'ai recueilli de tes entretiens , j'ai voulu, pour ne point paraître in-
grat, suivre l'exemple de nos plus pieux ancêtres.
Persuadés, en effet, qu’ils devaient à la bonté des dieux leur subsistance, leur patrie, la lumière du jour, enfin tout ce qu'ils étaient, ils leur offraient dans des sacrifices une partie de ce qu'ils possédaient, bien plus pour se montrer reconnaissants que dans la croyance que les dieux pussent manquer de quelque chose. Aussi, quand ils récoltaient les fruits de la terre, avaient-ils coutume, avant de s’en nourrir, d’en offrir aux dieux les prémices; et, dès qu’ils possédèrent des champs etdes villes, ils consaerèrent à leur culte des temples et des chapelles, Il y en avait même qui, pour remercier le ciel de leur santé prospère, consacraient leur chevelure à quelque divinité (1). C’est ainsi que, pour tout le profit que j'ai tiré de toi dans les lettres, je t'offre ce faible tribut de ma reconnaissance.
U. Pourquoi et de quelle manière on sacrifie au Génie pur.
Ce livre étant intitulé Dx Jour natal, il est naturel de le commencer par des vœux. Ce jour done, pour parler comme Perse (2), « Marque-le «d’une pierre blanche; » marque-le ainsi le plus souvent possible , et, suivant ce qu’ajoute le même poëte (3), « Verse le vin pur au Gé- « nie. » Jei, l'on me demandera peut-être pour
(x) C'était, comme on en trouve des témoignages chez les anciens, ou à Apollon, ou à Bacchus, ou à Esculape , ou à Hygie,oy à Diane, ou à Minerve. — (2) Perse, sat. IL, v. 1. — (3) Perse, sat. I, v.3.
didicisse, ne beneficiis tuis viderer ingralus, nostrorum veterum sanctissimorum hominum exempla sum secutus. Illi enim, quod alimenta, patriam, lucem, se denique, ipsos deorum dono habebant, ex omnibus aliquid dis sacrabant ; magis adeo ut se gratos adprobarent, quam quod deos is arbitrarentur indigere. Jlaque, cum perceperant fruges, anlequam vescerentur, dis libare instiluerunt : et cum agros atque urbes possiderent, partem quamdam templis, sacellisque, ubi eos colerent , dicaverunt : quidam etiam pro cætera bona corporis valeludine crinem deo sacrum pascebant. Ita ego, a quo plura in literis percepi, tibi hæc exigua reddo libamina.