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IV. Variæ opiniones veterum philosophorum de generatione

Al, quoniam ætas a die natali initium sumit, suntque ante hunc diem mulla, quæ ad hominum pertinent originem : non alienum videtur de his dicere prius, quæ sunt natura priora. Igitur, quæ veteribus de origine bumana fuerint opiniones, ex his quædam breviter exponam. Prima et generalis quæstio inter anliquos sapienüæ studiosos versala est; quod, cum constet, homines singulos ex parentum seminibus procrealos, successione prolis mulla sæeula propagare ; alii, semper homines fuisse, pec unquam nisi ex hominibus patos, atque eorum generi caput exordiumque nullum exstitisse arbitrati sunt : alit vero fuisse tempus, cum homines non essent, et his ortumaliquando principiumque natura tributum. Sed prior illa sententia, qua semper hamanum genus fuisse creditur, auctores habet, Pythagoram Samium, et Ocellum Lucanum, et Archytam Tarentinam, omnesque adeo Pythagoricos. Sed et Plato Athenieusis, et Xenocrates, et DicæarchusMessenius, itemque anliquæ Academiæ philosophi non aliud videntur opisati. Aristoteles quoque Stagirites , et Theophrastus, multique præterea non ignobiles Peripatelici, idem scripserunt, ejusque rei exempla dicunt, quo& negen! omnino posse reperiri, avesne ante, an ova gene-

comprendre ni la génération de l'aiscau sans œuf, ni celle de l'œuf sans oiseau. Aussi disent-ils que rien, ni de ce qui a ête ni de ce qui sera dans ce monde éternel, n’a eu ni ne doit avoir de commencement ; mais qu'il y a une succession continue d'êtres qui recoivent l’existence et qui la donnent à d’autres, dans laquelle on ne peut distinguer pour aucun d'eux ni commencement ni fin. Quant au système qui suppose que quelques hommes ont d'abord été créés par la Divinité ou par la nature, il a eu beaucoup de partisans, mais qui ne sont pas d'accord sur tous les points. Car, sans parler des récits fabuleux des poètes, qui tirent les premiers hommes de la molle substance du limon de Prométhée, ou les font naître de la dure matière des pierres de Deucalion et de P yrrha, il y ena, mêmeparmiles maîtres de la sagesse, qui appuient leur opinion sur des raisons peut-être aussi ridicules, certainement aussi incroyables. Suivant Anaximandre de Milet, l’eau et la terre échauffées auraient produit des poissons, ou des animaux tout à fait semblables à ceux-là. En eux se seraient peu à peu formés des êtres humains qui y seraient restés enfermés, comme des fœtus, jusqu'à la puberté, et qui enfin, forçant cette prison, en seraient sortis hommes ou femmes, et déjà capables de s’alimenter eux-mêmes. D'un autre côté, Empédocle, dans son beau poëme qui a fait dire à Lucrèce (1), « Qu'on à peine à croire que l’auteur soit un « enfant des hommes, » Empédocle exprime l’opinion que voici : D'abord chacun de nosmembres aurait été séparément comme le fruit de la terre en travail; puis ils se seraient réunis, et auraient formé, à l’aide d’un mélange de feu et d’eau, la

(x) Lucrèce, !. 1, v. =34.

rala sint, cum el ovum sine ave, el avis sine ovo gigni non possit. Ilaque et omnium, quæ in sempilerno isto mundo semper fuerunt, futuraque sunt, aiunt principium fuisse nullum; sed orbem esse quemdam generantium, nascentiumque, in quo uniuscujusque genili inilium simul et finis esse videatur. Qui autem homines aliquos primigenios divinitus naturave factos crederent, mulli fuerunt, sed aliter atque aliter in hac æstimatione versati. Nam ut omiltam quod fabulares poetarum historiæ ferunt, honiines primos aut Promethei molli luto esse formatos , aut Deucalionis Pyrrhæque duris lapidibus essenatos, quidam ex ipsis sapientiæ professoribus, nescio an magis monstrosas, certe non minus incredibiles rationum suarum proferunt opiniones. Anaximander Milesius, videri sibi, ex aqua terraque calefactis exortos esse , sive pisces, sive piscibus simillima animalia : in his homines concrevisse, fœtusqne ad pubertatem intus retentos : tum demum, ruptis illis, viros, mulieresque, qui se jam alere possent, processisse. Empedocles autem egregio suo carmine, quod ejusmodi esse prædicat Lucrelius :

Ut vix humana videatur stirpe creatus,

charpente osseuse de l’homine. Mais qu'ai-je besoin de poursuivre, et d'exposer des systèmes qui n'ont pas même l'apparence de la vérité? Tel fut pourtant aussi le sentiment de Parménide , à part quelques points peu importants sur lesquels il diffère d'Empédocle. Quant à Démocrite d’Abdère , c’est d’eau et de limon qu'il lui sembla que les premiers hommes avaient été formés. Épicure s’est aussi rapproché de cette opinion : selon lui, en effet, c'est dans le limon échauffé que se sont d’abord développés je ne sais quels utérus attachés à la terre par des racines, et pourvus par la nature d’une sorte de lait destiné aux embryons qui en étaient nés, lesquels, ainsi nourris et fortifiés, ont propagé le genre humain, Zénon de Cittium, fondateur de la secte des stoïciens (1), pensait que le principe de la race humaine se rattache au commencement du monde, et que les premiers hommes ont été créés par la seule influence du feu divin, c’est-àdire par la providence de Dieu. Enfin, l’on a cru aussi, d'après le témoignage de la plupart des auteurs de généalogies, que quelques nations, qui ne descendent pas d’une souche étrangère, ont eu pour fondateurs des enfants de la terre, comme dans l’Attique, dans l’Arcadie et dans la Thessalie; et ces peuples furent nommés auto— chthones (2). Il en a été de même en Italie, où, comme l’a dit le poëte (3), « Certains bois ont eu « jadis pour habitants des Nymphes et des Faunes «indigènes ;» fiction que la crédulité grossière des anciens a facilement acceptée. Mais l'imagination

&) Cette secte est autrement appelée la secte du Portique.—(2) C'est. à-dire issus du sein même de la terre ; des deux mots grecs aÙrèc, même, et 4X0uv, la terre. —(3) Virgile, Eneid.. VIII , V. 314, Censorin n’a pas cité textuellement le vers, qui est tel :

Hæc nemora indigenæ Fauni , Nymphæque tenebant.

quasi prægnante passim edita, deinde coisse, el effecisse solidi hominis materiam, igni simulet bumori permistam. Cætera quid necesse est persequi? quæ non capiant simi= litudinem veritatis? Hæc eadem opinio etiam in Parmenide veliu Ste * fuit, pauculis exceplis ab Empedocle dissensis. Democrito vero Abderilæ ex aqua limoque primum visum est homines procreatos; nec longe secus Epicurus : is enim credidil, limo calefacto uteros nescio quos radicibus terræ cohærentes primum increvisse, et infantibus ex se editis ingenitum lactis humorem natura mimstrante præbuisse, quos ifa educatos et adultos, genus hominum propagasse. Zenon Ciltieus, Stoicæ sectæ conditor, principiom humano generi ex novo mundo constitutum puütavit, primosque homines ex solo adminiculo divini ignis, id est, Dei providentia, genitos. Denique etiam vulgo creditum est, ut plerique genealogiæ auctores sunt, quarumdam gentium, qu: ex adventitia stirpe non sint, principes lerrigenas esse, ut in Attica et Arcadia, Thessaliaque, eosque aÿroyBovas Vocilari : ut in Italia poeta cecinit : Nymphas indigenasque Faunos nemora quædam te: nuisse, non difficile rudis antiquorum credulitas recepit. Nune vero eolicentiæ poeticæ processit lubido,ut vix auditu

tte cuiddam confirmat. Primo membra singula ex ferra | ferenda confingant.Post hominum raemoriam, pro generatie

DU JOUR NATAL

en est venue aujourd'hui à ce degré de licence poétique, qu’elle invente des choses qui peuvent à peine s'entendre. Des siècles s'étaient écoulés, des nations avaient déjà été fondées et des villes construites, lorsque des hommes sortirent, dit-on, dans différentes circonstances du sein de la terre : ainsi, dans l’Attique, Érichthonius naquit de la semence de Vuleain, répandue à terre; dans la Colchide ou dans la Béotie, les dents d’un dragon, semées dans les champs, donnèrent naïissance à des hommes armés, qui se livrèrent aussitôt un combat si meurtrier, qu’il n’en resta qu’un très-petit nombre pour «aider Cadmus dans la construction de Thèbes. Or dit aussi que, dans un champ du territoire de Tarquinies, il sortit d’un sillon un enfant, nommé Tagès, qui enseigna l’art des aruspices dans de doctes lecons recueillies par les Lucumons, alors maîtres de l’Etrurie.

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