‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 245 sur 265 · EE —————— · texte numérisé non relu

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autres. Enfin, quand on crut devoir ajouter, tous les deux ans, un mois intercalaire de vingtdeux ou de vingt-trois jours, pour que l’année civile fût égale à l’année naturelle, cette intercalation se fit de préférence en février, entre les Terminales (1) et le Régifugium (2); et il en fut ainsi pendant longtemps, avant qu’on ne s'aperçût que les années civiles étaient un peu plus longues que les années naturelles (3). On s'en remit aux pontifes du soin de corriger cette inexactitude , et tout pouvoir leur fut laissé pour l'intercalation. Mais la plupart d’entre eux, intéressés, par des motifs de haine ou d'amitié, à ce que tel magistrat füt privé plus tôt de ses fonctions ou les gardât plus longtemps, et à ce que tel fermier de l'impôt fûten gain ou en perte, suivant la durée de l'année, firent, à leur gré, les intercalations ou plus longues ou plus courtes, et achevèrent de mettre le désordre dans une chose dont on leur avait confié la réforme. La confusion fut telle, que C. César, souverain pontife, voulant, sous son troisième consulat et sous celui de M. Emilius Lépidus (4), détruire l’effet des abus passés, plaça, entre les mois de novembre et de décembre, deux mois intercalaires de soixante-sept jours, bien qu'il eût déjà intercalé vingt-trois jours dans le mois de février ; ce qui donna quatre cent quarante-cinq jours à cette année-là ;et, pour prévenir en même temps le retour de pareilles erreurs, il supprima le mois interçalaire, et il établit l’année civile d’après le cours du soleil. A cet effet, aux trois cent cinquante=

(:) Fètes en l’honneur du dieu Terme, qui se célébraicnt le 923 février.— (2) Fèles célébrées le 24 février, en mémoire de la fuite du roi Tarquin, pro regis fuga |[Foyez Ovide, Fast. |. II, et Festus). — (5) Cet excédant était d’un jour par an. — (4) Foyez Suet. Ces. ch. 40.

duodetrisinta. Atque ila omnes menses pleni, et impari dierum numero esse cœperunt, excepto februario, qui solus cavus, etob hoc cæteris infaustior est habitus. Denique, cum intercalarem mensem viginti duum, vel viginti trium dierum alternis annis addi placuisset, ut civilis annus ad naturalem exæquaretur : in mense potissimum februario, inter Terminalia et Regifugium , intercalatum est: idque diu factum , priusquam sentiretur, annos civiles aliquanto naturalibus esse majores. Quod delictum ut corrigerelur, pontificibus datam est negotium, eorumque arbitrio intercalandi ratio permissa. Sed horum plerique, ob odium, vel gratiam, quo quis magistratu citius abiret, diutinsve fungeretur, aut publici redemplor ex anni magnitudine in lucro damnove essel, plus minusve ex libidine intercalando, rem sibi ad corrisendum mandatam, ultro depravarunt. Adeoque aberratam est, nt C. Cæsar pontifex maximus, suo nr et M. Æmilii Lepidi consulatu, quo retro delictum corrigeret, duos menses intercalarios dierum sexaginla septem, in mensem novémbrem et decembrem interponeret, cum jam mense februario dies tres et viginti intercalasset, faceretque eum annum dietum cpxLV, simul providens in foturum, ne iterum crraretur : nam infercalario mense sublalo , annum civilem

cinq jours de l’année il en ajouta dix , qu'il répartit entre les sept mois de vingt-neuf jours, de manière à ce qu'il y eût deux jours de pius en janvier, en août eten décembre, et un seulement dans les autres mois ; et il placa ces jours supplémentaires à la fin des mois, pour que les fêtes religieuses de chaque mois ne fassent point dérangées. C’est pour cette raison qu'aujourd'hui, où l'on a sept mois de trente et un jours, il Yen a pourtant quatre (1) qui ont retenu de l’ancienne institution cette particularité, que les nones y tombent le septième jour, tandis que les autres les ont au cinquième. Enfin, pour tenir compte du quart de jour qui paraissait devoir compléter l’année réelle, César ordonna qu'après chaque révolution de quatre années, on ajoutât, après les Terminales, au lieu de l’ancien mois, un jour intercalaire, qu’on nomme aujourd'hui bissexte. A partir de cette année, ainsi ordonnée par Jules César, toutes celles qui se sont écoulées jusqu'à nous sont appelées Juliennes; et elles commencent à son quatrième consulat. Si elles n’ont pas toute la perfection désirable , elles sont les seules , du moins, qui coïneident avec l’année naturelle; car les anciennes années, même celles de dix mois, en différaient non-seulement à Rome ou dans l'Italie, mais encore chez tous les peuples ; et c’est cette règle qui a servi, autant que pos— sible, à les réformer. Aussi, quand il sera ici question d’un nombre d'années quelconque, il faudra l'entendre seulement des années natuelles ; et si l’origine du monde était connue des hommes, nous ferions remonter jusque-là l'üsage de cette méthode.

{) Mars, mai, juillet et octobre,

ad Solis cursum formavit. Itaque diebus ccczv addiditx, quos per septem menses, qui dies undetricenos habebant , itadistribuit, ut januario, etsextili, et decembri bini accederent, cæteris singuli : eosque dies extremis partibus mensium adposuit, ne scilicet religiones sui cujusque mensis a loco submoverentur. Quapropter nune cum in septem mensibus dies singuli et triceni sint, quatuor tamen illi ita primitus instituti eo dinoscuntur, quod nonas habent septimanas : cæteri, quintanas. Prælerea pro quadrante diei, qui anoum verum suppleturus videbatur, instituit, ut, peracto quadriennii circuilu, dies unus, ubi mensis quondam solebat, post Terminalia intercalaretur ; quod nunc Bisextum vocatur. Ex hoc anno, ita a Julio Cæsare ordinato, cæteri ad nostram memoriam Julianiadpellantur, iique consurgunt ex IV Cæsaris consulatu : qui, eliam si uon optime, solitamen ad annum naturæ aptati sunt : nam et priores alii, etiam si qui decimestres fuerunt, nec Romæ modo, vel per Italiam, sed et apud gentes omnes, quantum poterat idem, fuerunt correcti. Itaque cum de aliquo annorum numero hic dicetur, non alios par erit, quam naturales accipere. Et, si origo muandi in hominum uolitiam venisset, inde exordium s1meremus.

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XXI. Des temps hisloriques, el des époques incertaines el fabuleuses ; de l'ère des Augustes; de l’ère égyptienne; désignation du temps auquel Censorin a écrit cet ouvrage

Je vais parler maintenant de cette période de temps que Varron appelle historique. Cet auteur, en effet, divise les temps en trois périodes : la première s'étend de l’origine des hommes au premier déluge, et il l'appelle incertaine , à cause des ténèbres qui en dérobent la connaissance : la seconde s’étend du premier déluge à la première olympiade, et, commeelle a donnélieu à une foule de récits fabuleux, il la nomme mythique : la troisième va de la premiere olympiade jusqu’à nous; il l'appelle historique, parce que les événements qui s’y sont passés sont consignés dans de vérita— bles histoires. Quant à la première période, qu’elle ait eu ou non un commencement, on ne pourra jamais dire de combien d'années elle se compose. On ne le sait point au juste pour la seconde, mais on croit pourtant qu’elle embrasse environ six cents ans. Da premier deluge, en effet, que l’on nomme déluge d'Ogygès, jusqu'au règne d’Inachus, on compte environ quatre cents années; de là jusqu’à la première olympiade, on en compte un peu plus de quatre cents. Et eomme celles-ci, quoique appartenant à la fin de l’époque mythi= que, se rapprochaient du temps des écrivains , quelques-uns ont voulu en préciser plus exactement lenombre. Ainsi,Sosibiuslecomposede trois ‘cent quatre-vingt-quinze ans; Ératosthène, de quatre cent sept; Timée, de quatre cent dix-sept; Arétès, de cinq cent quatorze. Des calculs différents ont encore été faits par un grand nombre d'auteurs ; mais leur désaccord même prouvel'in-

XXI. De historico temporis intervallo, deque adelo et mythico; deque annis Auguslorum, el Ægypliacis; et temporis, quo hæc scripsit Censorinus, designatio:

Nunc vero id intervallum temporis tractabo, quod io roptxov Varro adpellat. Hic enim tria discrimina temporum esse tradit. Primum, ab hominum principio ad cataclysmuu priorem : quod propter ignorantiam vocetur &mhov : sez cundum, a cataclysmo priore ad Olympiadem primam; quod\ quia in eo mulla fabulosa referuntur, pt nominaturs tertium, a prima Olympiade ad nos, quod dicitur iorogtxby, quia res in eo gestæ veris historiis continentur. Primum tempus , sive habuit inilium, sive semper fuit, certe quot annorum sit, non potest comprehendi : secundum non plane quidem scitur, sed tamen ad mille circiter et 19 ans nos esse creditur : a priore scilicel cataclysmo, quem Ogygium dicunt , ad Inachi regnum, anni circiter Gccc & hine ad Olympiadem prima paullo plus cccc. Quos solos, quamvis mythici temporis postremos, tamen , quia à mes moria seriptorum proximos, quidam certius definire voluez runt. Et quidem Sosibius scripsit, esse ccexcv ; Eratoss thenes autem, septem et cocc; Timæns ceccxvir ; Aretes wxuu ; et præterea mulli diverse : quornm etiam ipsa dise

ertitude de cette suppulation. Pour la troisième époque, il yeut, à la vérité, entre les auteurs quelue divergence, qui ne s’étendait même qu’à six ou sept années ; mais cette incertitude a été pleinement dissipée par Varron, qui, doué de la plus rare sagacité, parvint, en remontant le cours des fâges des différentes nations, et en calculant dans Île passé le nombre et les intervalles des éclipses, à faire jaillir la vérité, et à répandre sur ce point une telle lumière, qu’on peut compter d’une manière certaine non-seulement les années, mais même les jours de cette période. Suivant ses caleuls, si je ne me trompe, cette année-ci, dont le gonsulat d'Ulpius et de Pontianus est comme le titre et l'indication, est, depuis la premièreolympiade, la mille quatorzième, à dater des jours d'été, pendant lesquels on célèbre les jeux Olympiques; et, depuis la fondation de Rome, c’est l'an 991, à dater des Parilies, fète qui sert de point de départ dans le calcul des années de la ville. C'est, d’un autre côté, la deux cent quatre-vingttroisieme des années appelées Juliennes, à partir du jour des calendes de janvier, dont Jules-César fit le commencement de l'année qu'il établit. Si l’on compte par les années dites des Augustes, c'est l'an 265, à partir aussi des calendes de janvier, bien que ce soit seulement le 16 des calendes de février, que, sur la proposition de L. Munacius Plancus, les sénateurs et les autres citoyens donnèrent le nom d’Augusle à l’imperator César, fils du divin César, et alors consul pour la septième fois avec M. Vipsanius Agrippa, qui l'était pour la troisième. Quant aux Égyptiens, comme, à cette époque, ils étaient depuis deux ans déjà sous la puissance et l’autorité du

sensio incertum esse declarat. De tertio autem tempore fuit quidem aliqua inter auctores dissensio, in sex septemve tantummodoannis versata. Sed hoc, quodcumque caliginis, Varro discussil: el pro cælera sua sagacitate, nunc diversarum civitatium conferens tempora, nunc defectus, eorumque intervalla retro dinumerans , eruit verum , lucemque ostendit, per quam numerus certus non annorum modo, sed et dierum perspici possit. Secundum quam rationem , nisi fallor, hic anous, cujus velut index et titulus quidam est Ulpii et Pontiani consulatus, ab Olympiade prima millesimus est et quartus decimus, ex diebus duntaxat æstivis, quibus agon Olympicus celebratur, a Roma autem condita peccexct, et quidem ex Parilibus, unde Urbis anni numerantur. Eorum vero annorum, quibus Julianis nomen est, ccLxxxin, sed ex die kal. jan., unde Julius Cæsar anni a se constituti fecit principium. At eorum , qui vocantur anni Augustorum , CCLXY ; perinde ex al. jan., quamvis ex ante diem decimum sextum kal. februarii imperator Cæsar, D. F., sententia L. Munacii Planci, a senatu, cæterisque civibus, Angustus adpellatus est, se vinet M. Vipsanio Agrippa nt coss. Sed Ægypti, auod biennio ante in potestalem ditionemque populi

Romeni veneruut, habent hunc Augustorum annum | axvin Nam, ut a nosiris, ita ab Ægypliis, quidam anni

DU JOUR NATAL

peuple romain, la présente année est pour eux l’an 267 des Augustes. Aussi bien l’histoire de l'Égypte, comme la nôtre, renferme-t-elle différentes ères : c’est ainsi qu’on distingue l'ère de Nabonnazaru, ainsi nommée parce que cette série d'années, qui a atteint aujourd'hui le chiffre de 986, date de la première année du règne de ce prince; puis l’ère de Philippe, qui, commencant à la mort d'Alexandre le Grand, et se continuant jusqu’au jour où nous sommes, embrasse cinq cent soixante-deux ans. Mais les ères des Égyptiens commencent toujours au premier jour du mois qu'ils appellent thoth ; jour qui, cette année, correspondait au 7 des calendes de juillet, tandis que, il y a cent ans, sous le second consulat de l'empereur Antonin le Pieux, et sous celui de Bruttius Præsens, ce même jour répondait au 12 des calendes d'août, époque ordinaire du lever de la Canieule en Égypte. On peut voir ainsi que nous sommes aujourd'hui dans la centième année réelle de cette grande année, qui, comme je l'ai dit plus haut, est appelée solaire, canieulaire, année de Dieu. J’aiindiqué à quelle époquecommencent ces années, pour qu'on ne crût pes qu'elles dataient toujours des calendes de janvier, ou de quelque autre jour semblable; car, sur la question de ces ères, on ne remarque pas moins de divergence entre les volontés de leurs fondateurs qu'entre les opinions des philosophes. Aussi les uns font-ils commencer l’année naturelle au lever du soleil nouveau, c’est-à-dire en hiver; les autres, ausolstice d'été; plusieurs, à l’équinoxe de printemps; les autres, à l’'équinoxe d'automne; ceux-ci, au lever, ceux-là, au concher des Pléiades ; d’autres enfin, au lever de la Canicule.

in literas relati sunt; ut quos Nabonnazaru nominant quod à primo imperii ejus anno consurgunt, quorum hic DCCCCLXXXVI; item Philippi, qui ab excessu Alexandri Magoi numerantur, et ad hune usque perducti, annos pLxut consummant. Sed horum initia semper a primo die mensis ejus sumuntur, cui apud Ægyptios nomen est thoth : quique hoc anno fuit ante diem vis kal. jul., eum abhine annos centum, imperatore Antonino Pio, nu, et Bruttio Præsente coss., idem dies fucrint ante diem x11 kal. august., quo tempore solet Canicula in Ægypto facere exortum. Quare scire eliam licet, anni illius magni, qui, ut snpra dictum est, et solaris, et canicularis, et Dei annus vocatur, nunc agi verlentem annum centesimum. Jnilia autem istorum annorum propterea notavi, ne quis eos aut ex kal. jan., aut ex alio aliquo tempore simili putaret incipere : cum in his conditorum voluntates, non minus diversæ sint, quam opiniones philosophorum. Idcirco aliis a novo Sole , id est, a bruma, aliis ab æstivo solstitio, plerisque ab æquinocto verno, partim ab autumno æquinoctio, quibusdam ab ortu vergiliarum, nonnullis ab earum occasu, multis a Canis exorlu, incipere annus naturalis videtur.

XXIT. Des mois naturels el civils des diverses nalions ; deleurs noms, et de l’origine de ces noms.

Il y a deux sortes de mois : les uns sont naturels ; les autres, civils. Les mois naturels sont de deux espèces : on les appelle ou solaires, ou lunaires : le mois solaire est le temps qu'emploie le soleil à parcourir un signe quelconque du cercie zodiacal ; le mois lunaire est l’espace de temps qui sépare une lune de l’autre. Les mois civils sont de cerlaines séries de jours qu’observe chaque État, d'a près ses institutions : ainsi, chez les Romains, on compte de calendes à calendes. Les mois naturels , d’ailleurs plus anciens, sont communs à toutes les nations. Les mois civils, d’une institution plus récente, sont particuliers à chaque État. Les mois célestes, soit solaires, soit lunaires, ne sont ni d’égale longueur, ni composés de jours pleins. Le soleil, en effet, reste dans le Verseau environ vingt-neuf jours; dans les Poissons, près detrente jours; dans le Bélier, trente et un; dans les Gémeaux, tout prés de trentedeux, et aiosi dansles autres signes inégalement. Mais s’il be demeure pas dans chacun d'eux un nombre de jours plein, il n’en répartit pas moins entre ses douze mois sa révolution annuelle, qui embrasse trois cent soixante-cingq jours et je ne sais quelle fraction, que les astrologuesn'ont pas encore trouvée. Quant aux mois lunaires, ils se composent d’environ vingt-neuf jours et demi chacun ; mais ces mois ne sont pas non plus égaux entre eux, les uns étant plus longs, les autres plus courts. Pour les mois civils, le nombre de jours dont on les compose varie encore davantage; mais partout ce nombre est plein. Chez les

XXII. De mensibus naturalibus et civilibus diversarum nalionum; deque eorum nominibus el nominum ralionibus.

Mensum genera duo; narn alit sunt naturales, alii civiles. Naturalium species duæ , quod partim Solis, partim Lunæ esse dicantur. Secundum Solem fit mensis, dum Sol uoumquodque in zodiaco orbe sigoum pereurril. Lunaris estautem, temporis quoddam spalium a nova Luna. Civiles menses sunt numeri quidam dierum, quos unaquæque civitas suo instituto observat; ut nunc Romani a kalendis in kalendas. Naturales, et antiquiores, et omnium gentinm communes sunt. Civiles, et posterius instituli, et ad unamquamque perlinent civilatem. Qui sunt cœlestes, sive Solis,seu Lunæ, neque peræque inter se pares sunt, nec dies habent totos. Quippe Sol in Aquario moratur circiter undetriginla, in Pisce fere triginta, in Ariele unum et triginta, in Geminis prope triginta et duos : et sic in cæteris inæquabiliter : sed usque adeo non totos dies in singulis; ut annum suum, id est, dies trecenlos sexaginta quinque, et porlionem neseio quam, adhuc astrologis inexploratam, in duodecimsuos dividat menses. Luna autem singulossuos menses conficit diebus undetriginta circiter, et dimidiato : sed et hos inter se dispares, alias longiores, alias brevio-

Albains, mars a trente-six jours; mai, vinotdeux ; sextilis (août), dix-huit; septembre, seize. A Tuseulum, quintilis (juillet) a trente-six jours; octobre, trente-deux. Ce même mois d'octobre a trente-neuf jours chez les habitants d’Aricie, Ceux-là me semblent s’être tenus le plus loin possible de l'erreur, qui ont réglé leurs mois civils sur le cours de la lune, comme la plupart des peuples de la Grèce, chez qui les mois sont alternativement de trente jours. Nos ancêtres avaient adopté cette méthode, quand leur année était de trois cent cinquante-cinq jours ; mais le divin César, voyant que de cette facon les mois ne correspondaient point, comme il fallait, au cours de la lune, ni l’année au cours du soleil, aima mieux Corriger l’année, de manière à ce que chaque mois correspondit aux véritables mois solaires, et qu’au défaut de cette coïncidence pour chacun d’eux, pris dans leur ensemble ils coïncidassent nécessairement avec Ja fin de l’année naturelle. C’est à Romulus que les dix anciens mois doivent leurs noms, si l’on en croit Falvius (1) et Junius (2). 11 donna aux deux premiers les noms mêmes des auteurs de ses jours ; il appela l’un mars, du nom de Mars, son père; et le second, avril, du mot Aphrodite, c’est-àdire Vénus, de qui ses ancêtres passaient pour être descendus. Les deux moissuivants tirent leur nom des classes du peuple : mai, de majores (les vieillards), et juin, de juniores (les jeunes gens); les autres, depuis quintilis (juillet) jusqu'à décembre, du rang que chacun d'eux occupait dans l’année. Varron, au contraire,

(1) Fulvius Flaceus. — (2) Junius Gracchanus, ou Gracchus. Voyez Varron( De ling. lat.), Macrobe (Saturn. 1. 1, ch. x2), Solin (ch. 8}, Ovide (Fast. 1.1).

res. Al civitatinm menses vel magis numero dierum inter se discrepant : sed dies ubique habent totos. Apud Albanos marlius estsex el triginla, maius viginti et duum, sextilis duodeviginti, september sedecim. Tusculanorum quintilis dies habet triginta sex, october triginta duos : idem october apud Aricinos triginla novem. Minime videntur errasse, qui ad Lunæ cursum menses civiles adcommodarunt, ut in Græcia plerique, apud quos alterni menses ad tricenos dies sunt facti. Majores quoque nostri idem sunt æmulati; cum anpum dierum cccLy haberent. Sed D. Julius eum videret hac ratione nec ad Lunam menses, ut oportebat, neque annum ad Solem convenire, maluit annum corrigere : ut sic eliam menses, vel cum veris illis solaribus, et si non singuli, universi tamen ad anni finem necessario concurrerent. Nomina decem mensibus antiqnis Romulum fecisse, Eulvius et Junins auctores sunt : et quidem duos primos a parentibus suis nominasse, martiumi a Marlepatre, aprilem ab Aphrodite, id est, Venere : unde majores ejus oriundi dicebantur : proximos duos a populo maiutn a majoribus patu, junium a junioribus : cæteros ab ordine, quo singuli erant : quinlileu usque ad decembrem périnde a numero, Varro autem Romanos a Latinis nomina meusium accepisse arbitratur. Auclores eorum antiquiores, quam Urbem fuisse , salis argute docet. Itaque mar-

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pense que les Romains ont emprunté aux Latins . lez noms de leurs mois. Il démontre d’une facon - assez spéciense que les auteurs de ces noms sont plus anciens que la ville de Rome. Ainsi, suivant lui (1), le mois de mars, dont il reconnaît que le nom vient du dieu Mars, fut ainsi nommé, non parce que ce dieu était le père de Romulus, mais parce que la nation des Latins est belliqueuse. . Aprilis (avril) ne tire pas son nom d’Aphrodite mais du mot aperire (ouvrir), parce que, dans ce mois, tout vient à la vie, et que la nature ouvre sonsein à toutes les productions. Mai ne vient point de #ajores, mais de Maïa, parce que c’est dans ce mois qu’à Rome, et autrefois dans le Latium, on sacrifiait à Maïa et à Mercure. Juin vient de Junon plutôt que de juniores, parce que c'est dans ce mois surtout que l’on honore Junon. Quintilis est appelé ainsi, parce que c’était le cinquième mois de l'annee chez les Latins; il en est de même de sextilis et des autres mois jusqu’à décembre, lesquels tirent leur nom de leur ordre numérique dans l’année. Janvier et février ont, il est vrai, étéajoutés depuis ; mais leurs noms viennent du Latium; janvier, de Janus, auquel ce mois est consacré; et février, de -februum. Or, on appelle februum tout ce qui sertäexpieret à purifier ; et februamenta, toutes les expiations ou purifications ; de même que februare signifie rendre net et pur. La cérémonie appelée februm n’est pas toujours la même; et le genre de purification nommé fébrualion varie suivant la nature des sacrifices. Pendant les Lupercales et la purification de la ville, cérémonies qui ont lieu dans cemois, on porte du sel chaud, qu'onappelle februm. De là vient que le jour des

{x) Voyez Varron ( De ling. lat. VI, 33).

tium mensem a Marte quidem nominatum credit, non quia Romwuli fuerit pater, sed quod gens Latina bellicosa. Aprilem autem non ab Aphrodite, sed ab aperiendo; quod tunc fere cuncta gignantur, et nascendi claustra aperiat matura. Maium vero non a majoribus, sed a Maia nomen accepisse; quod eo mense tam Romæ, quam antea in Latio, res divina Maiæ fiat, el Mercurio. Junium quoque a Juuone potius, quam junioribus, quod illo mense maxime Junoni honores habeantur. Quintilem , quod loco apud “Lalinos fuerit quinto : item sextilem, ac deinceps ad decembrem, a numeris adpellatos. Cæterum, janaarium et fébruarium postea quidem addilos , sed nominibus jam ex Latio sumtis : et januarium ab Jano, cui adiributus est, nomen traxisse, februarium à februo. Est februum quidquid piat purgatque; et februamenta purgamenta : “item februare, purgare, et purum facere. Febraun autem non idem usquequaque dicitur : nam aliter in aliis sacris februalur, hoc est, purgatur. In hoc anlem mense Luper- €alibus, cum Roma lustratur, salem calidum ferunt, quod Februm adpellant : unde dies Lupercalium proprie Februatus, et ab eo porro mensis februarius vocitatur. Ex his duodecim mensibus duorum tantum nomina immutata ; Ham, qui quintilis fuit, julius cognominatus est, C. Cx-

Lupercales est appelé proprement februatus, et que ce mois a pris le nom de février. De ces douze mois, deux seulement ont changé de nom : l’ancien quinlilis a été appelé julius (jules, juillet), sous le cinquième consulat de C. César et sous celui de M. Antoine, dans la seconde année Julienne; celui qu’on appelait seætilis fut, d'après un sénatus-consulte, rendu sous le consulat de Marcius Censorinus et de C. Asinius Gallus, nommé augustus (auguste, août) en l'honneur d’Auguste, dans la vingtième année de l’ère Augustine ; et ces noms leur sont restés jusqu’à nos jours. Quelques-uns des successeurs d’Augunste ont, ilest vrai, imposé leur propre nom à plusieurs mois; mais les anciens noins leur ont ensuite été rendus ou par ces princes eux-mêmes, ou après leur mort.

XXIIT. Des jours, et de leurs différentes divisions chez les diverses nations; des cadrans solaires et des horloges.

Il me reste à dire queiques mots sur le jour, qui, comme le mois et comme l’année, est ou naturei ou civil. Le jour naturel est le temps qui s'écoule eatre le lever du soleil et son coucher ; la nuit, au contraire, est l'intervalle de son coucher à son lever. On appelle jour civil le temps que dure une révolution du ciel, révolution qui embrasse le jour et la nuit réelle. Ainsi, quand nous disons que tel enfant n’a vécu que trente jours, il est bien entendu que les nuits y sont aussi comprises. La durée du jour a été fixée de quatre manières différentes par les astrologues et par les peuples : les Babyloniens l'ont établie du lever du soleil au lever de ce même astre; la plupart des habitants de l'Ombrie, d'un midi

sare v et M. Antonio coss., anno Juliano secundo : qui autem sexlilis fuerat , ex senatusconsulto Marcio Censorino, C. Asinio Gallo coss., in Augusti honorem dictus est augustus, anno Augustano xx. Quæ nomina etiam nunc ad hanc permanent memoriam. Postea vero mulli principes nomina quædam mensium immutaverunt, suis nuncupando nominibus : quod aut ipsi postmodum mutaveront, aut post obitum eorutw, illa nomina prislina Suis reddita mensibus fuerunt.

XXII. De diebus, et varia dierum apud diversas naliones observalione : ilem de solariis el horariis.

Superest pauca de die dicere, qui, ut mensis el annus, pertim naturalis, partim civilis est. Naturalis dies est, tempus ab oriente Sole ad Solis occasum ; Cujus contrarium tempus est nox, ab occasu Solis, usque adexortum. Civilis autem dies vocatur tempus, quod fit uno cϾli cireumactu , quo dies verus,etnox continetur; ut, cum dicimus, aliquem dies triginta tantum vixisse; relinquilur enim eliam noctes infelligere. Hujusmodi dies ab astrologis , et civitatibus, quatuor modis definitur. Babvlonii quidem a Solis exortu, ad exortum ejusdem astri, diem statuerunt : at in Umbria plerique a meridie ad meridiem; Athenienses

au midi suivant ; les Athéniens, un coucher du soleil à l'autre. Pour les Romains, ils ont choisi l'intervalle de minuit à minuit : témoin les sacrifices publies et les auspices même des magistrats (1); cérémonies dans lesquelles on attribue au jour qui vient de finir ce qui a pu être fait avant minuit, et au jour suivant ce qui a été fait après minuit et avant le lever du jour : témoin encore l'usage qui fait donner aux enfants nés dans le cours des vingt-quatre heures qui séparent un minuit de l’autre, le même jour natal. La division du jour en douze heures et de la nuit en autant d’heures n’est ignorée de personne ; mais je pense qu'elle n’a été observée à Rome qu'après l'invention des cadrans solaires. Trouver quel fut le plus ancien cadran, est une chose bien difficile. Des auteurs disent, en effet, que le premier cadran solaire fut établi près du temple de Quirinus (2); d’autres, dans le Capitole; quelques-uns, près du temple de Diane, sur l’Aventin. Ce qu'il y a d'assez certain, c’est qu’on ne vit aucun cadran dans le Forum, avant celui que M. Valérius (3) rapporta de la Sicile, et qu'il plaça sur une colonne près des rostres. Mais comme ce cadran, approprié au climat de la Sicile, ne s'accordait pas avec les heures de Rome, L. Philippus (4), alors censeur, en établit un autre près de celui-ci; puis, à quelque temps de là, le censeur P. Cornélius Nasica fit une horloge d’eau (5), que l’on appela aussi solarium (instrument solaire), du nom du soleil, qui fait connaître les heures. Que le nom d'heures ait été inconnu à Rome

(x) Cela n'avait lieu que dans quelques cas extraordinaires, Foyez les notes de ce chapitre, à la fin de cet ouvrage. — (2) Par Papyrius Cursor (Plin. VII, 40). — (3) Valérius Messala. Ce cadran venait de Catane ( Plin. ébid.). — (4) Pline le nomme, peut-être avec plus de raison , Q. Marcius Philippus. — (5) Le premier inventeur des horloges d’eau est Ctésibius, suivant Vitruve (LIX,c.9). Foyez aussi Pline (1. 11 c. 76;1. VII, c. 60.)

aulem ab occasu Solis ad occasum. Cæterum Romani à media nocte ad mediam noctem, diem esse existimaverunt. Indicio sunt sacra publica, et auspicia etiam magistratuum, quorum si quid ante medium noctis est actu, diei, qui præteriit, adscribitur; si quid autem post mediam noctem, et ante lucein factum est, e0 die gestum dicitur, qui eam sequitur noctem. Idem signilicat, quod qui a media nocte, ad proximam mediam noctem, in his horis quatuor et viginti nascuntur, eumdem diem habent nalalem. In horas duodecim divisum esse diem, noctemque in totidem, vulgo notum esl. Sed hoc credo Romæ post reperta solaria observatum. Quorum antiquissimum quod fuerit, inventu difficile est. Alii enim apud ædem Quirini primum statutum dicunt, alit in Capitolio, nonnulli ad ædem Dianæ in Aventino. Ilud satis constat, nullum in foro prius fuisse, quam id, quod M. Valerius ex Sicilia advectum, ad rostra in columna posuit : quod, cum ad elima Siciliæ descriptum, ad horas Romæ non conveniret, L. Philippus Censor aliud juxta constituil : deinde aliquanto post P. Cornelius Nasica Censor ex aqua fecit horarium, quod et ipsum ex consuetudine noscendi a Sole horas, so/arium cœptum vocari. Horarum nomen

pendant au moins trois cents ans, c’est un fait probable; car, dans les Douze Tables, on ne trouve pas les heures nommées une seule fois, comme dans les autres lois qui suivirent; mais on y emploie les mots ANTE MERIDIEM (avant le milieu du jour), par la raison sans doute que le jour se divisait alors en deux parties, séparées par ce que nous appelonsmeridies (1). D’autres font quatre divisions du jour et autant de la nuit même, comme le prouve la division usitée dans la langue militaire, où l’on dit la première, la seconde, la troisième et la quatrième veille.

XXIV. Des diverses parties des jours romains, et des noms qui sont propres à chacune d'elles.

Il y a encore plusieurs autres divisions du jour et de la nuit, consignées dans d'autres monuments, et distinguées entre elles par &es noms particuliers : on en trouve la mention çà et là dans les écrits des anciens poëtes; je les nommerai toutes dans l'ordre qui convient. Je commencerai par le media noæ (minuit), puisque c’est le point de départ et le terme du jour eivil ehez les Romains. Le temps qui s’en rapproche le plus est appelé de media nocle (passé minuit); vient ensuite le gallicinium (le chant du coq), moment où le coq commence à chanter; puis le contici= nium (moment du silence), temps où le coq cesse de chanter ; puis le moment appelé ane lucem, et diluculum (le point du jour), quand il fait déja jour, sans pourtant que le soleil soit levé; puis le second diluculum, appelé mane (le matin), quand le soleil commence à poindre; puis le temps nommé ad meridiem (qui précède midi);

(1) Meridies venait, en effet, de medius dies (Varron, De ling. lat. 1. V.)

non minus annos cec Romæ ignoratum esse, credibile est. Nam in xn Tabulis nusquam nominalas horas invenias , ut in alüs postea legibus, sed ANTE MERIDIEN, eo videlicet, quod partes diei bifariam tum divisi meridies discernebat. " Alii diem quadripartito, sed et nottem similiter, dividebant : idque similitudo testatur militaris, ubi dicitur, vi= gilia prima , item secunda, et tertia, et quarla.

XXIV. De dierum Romanorum diversis parlibus, deque eorum propriis nominibus.

Sunt etiam plura noctis et diei Lempora, aliis subnotata, propriisque discrela nominibus ; quæ apud veteres poelas passim scripta inveniuntur : ea omnia ordine suo exponam. Incipiam a nocte media, quod Lempus principium et pos= tremum est diei Romani. Temps, quod huic proximum est, vocatur de media noce : sequitur gallicinium ; cum galli canere incipiunt : dein conficinium, cum conticuerunt : tune ante Lucem, et sic diluculum, cum, Sole nondum orto, jam lucet ; secundum diluculum voca= tur m2ane, cum lux videtur Solis : post hoc ad meridiem : tune meridies, quod est medii diei nomen ; inde de meridie : hine suprema; quamms plurimi supre»

DU JOUR NATAL

puis le »2eridies, ou le milieu du jour, auquel succède le temps nommé de meridie (l'aprèsmidi); vient ensuite le moment appelé suprema (fin ou dernier moment du jour), bien que plusieurs auteurs pensent que ce nom ne convient qu'au moment qui vient après le coucher du soleil, parce qu'il est écrit dans les Douze Tables : QUE LE COUCHER DU SOLEIL SOIT LE TERME (légal) pu Jour (suprema tlempestas). Mais, plus tard, M. Plétorius, tribun du peuple, fit un plébiscite, où il est écrit : QUE LE PRÉTEUR DE LA VILLE, AUJOURD'HUI ET A L'AVENIR, AIT PRÈS DE SOI DEUX LICTEURS, ET QU'IL RENDE LA JUS- TICE AUX CITOYENS JUSQU'A LA rin (légale) pu Jour (ad supremam). Après le moment appelé suprema, vient le vespera (le soir), qui précède

mam, post occasum Solis esse existimant : quia est in x17 Tabulis scriptum sic : SOL. OCCASUS. SUPREMA. TEMPESTAS. EsTO. Sed postea M. Plætorius tribunus plebis scitum tulit, in quo scriptum est : PRÆTOR. URBANUS. QUI. NUNC, EST. QUIQUE. POST. HAC. FUAT. DUOS. LICTORES. APUD. SE. HABETO. ISQUE. USQUE. AD. SUPREMAM. JUS. INTER. CIVIS. DIcrTo. Post supremam sequitur vespera, ante ortum scilicet ejus stellæ, quam Plantus vesperuginem, Ennius

immédiatement le lever de l'étoile que Plaute (1) appelle vesperugo , Ennius, vesper (2), et Virgile, kesperon (3). Puis vient le crepusculum (crépuscule), qui est peut-être appelé ainsi parce qu’on nomme creperæ les choses incertaines , et qu'on ne saurait dire si ce moment appartient au jour ou à la nuit. Ensuite vient le moment que nous nommons luminibus accensis (les lumières allumées), et que les anciens appelaient prima face (le premier flambeau); puis le concubium (temps du coucher); puisl’intempesta(tempsinopportun pour agir), c’est-à-dire pleinenuit, moment où le travail est intempestif ; et enfin l'instant appelé ad mediam noctem, (qui est proche de minuit) ; après quoi revient le #edia nox.

(x) Plante, Amphitr. act. I, sc, 1. — (2) f'oyez aussi Horace, Ou. LU, od. 9. — (5) Virgile, Eclog. VII et X.

vesperum, Virgilius Aesperon, adpellant. Inde porro crepusculum, sic fortasse adpellatum, quod res incertæ creperæ dicuntur; idque tempus noctis sit, an diei, incertum est; post id sequitur tempus quod dicimus, luminibus accensis, antiqui prima face dicebant : deinde concubium, cum ïitum est cubitum : exinde intempesta,id est, multa nox, qua nihil agi tempestivum est : tune, ad mediam noctem, dicitur : et sic, media nox.

De die natali. L'ouvrage de Censorin est intitulé dans quelques éditions : De humana origine. Ce dernier titre, qui était celui d’un ouvrage de Varron (voy. le ch. 9), ne conviendrait guère qu'à quelques chapitres de celui-ci. On peut, du reste, en dire autant du titre qui a prévalu; car Pauteur traite moins du jour natal, de die natali, que de Loute espèce de choses à l’occasion da jour natal de Cérellius, à qui il s'adresse. Mais ce litre est celui qu'il a lui-même douné à son livre, puisqu'il dit, au commencement du second chapitre : Nunc, quoniam de die natali Liber inscribitur (voy. aussi le ch. 16).

AdQ. Cerellium. D’autres éditions portent Cærellium; mais l’orthographe de ce nom par un e est préférable, en ce qu’elle est conforme à une ancienne inscriplion (J. Gruter, Înscrip., p. 241). Voyez aussi Pline, L. IL, ep. 19; etiV, ep. 21, et Spartien, Vie de Sévère.

Preæfatio. Nous avons cru devoir mettre en tête des chapitres les titres qui s’y rapportent, et quien sont séparés daus les autres éditions. Nous pensons, du reste, qu’ils ne sont.pas de Censorin.

J. Que ex argento nitent cælalo, opere, quam materia , cariora. Telle est, ce nous semble, la meilleure ponctuation de cette phrase ; on lit dans quelques éditions : nitent, cælato opere, quam, etc. ; et dans un manuscrit de Cologne, cælata ; dans un autre, cariore.

inhiat is, qui vulgo dives vocatur. Le manuscrit de Cologne porte : inhiant ii, qui vulgo diviles vocati, et quelques éditions, vocanlur ; ce qui vaut mieux que le changement proposé par Barthius , qui lisait vocari, en sous-entendant inhiant.

Quisque non quanto plura possidet, sed quanto pauciora oplat, tanto est locupletior. Celle pensée a été souvent exprimée par les anciens. Voyez Denys d'Halicarpasse ( Antig. rom., |. V), Valère Maxime (I. IV, c. 3), Apulée (Apolog.), Diogène Laërce (Vie de Socrate), Sénèque (epist. 108), et saint Augustin (De civil. Dei, AVEC 'c: 12).

Per animi virtutem. Telle est aussi la leçon du manuscrit de Cologne; mais Barthius préférait per avum virtutem.

Quodcumque hoc libri est... Natalitii titulo tibi misi. Outre les cadeaux, plus où moins riches, que l’on se faisait, chez les anciens , aux Safurnales et dans d’autres circonstances, par exemple à table, c'était l’usage d’en envoyer à ses patrons ou à ses amis, le jour anniversaire de leur naïssance. Les poëtes, les artistes, lessavants, qui, comme notre auteur, n'avaient rien de trop, payaient, ce jour-là, leur tribut avec quelque ouvrage de leur composition, Voyez, sur cet usage, Plaute (Pseudolus, act. 1), Térence ( Phorm., act. 1, se. 1), Symmaque (1. 1, ep. 2 el 1. VIL, ep. 41, 80 et 81), Pline (1. IV, ep.9), Martial (1. VII, epig. 64), Juvénal (sat. IX).

Sus Minervam. Cet adage ancien se retrouve dans d’au tres auteurs. Voy. Festus (1. XVII), Cicéron ( Ep. fam., IX, 18, et Quest.acad., I. 1,e.4). Nous disons aujourd’hui : « C’est Gros-Jean qui remontre à son curé. »

Ilaque, cum perceperant fruges…. dis libare instituerunt. Voyez Pline (1. XVIII, c. 2:11. IV, c. 12), Tibulle (L 1, eleg. 1). C'était aussi un usage des Juifs (£Zrod.,

Crinem deo sacrum pascebant. Le mot sacrum manque dans quelques éditions. Quant à cet usage, qui était fort ancien , voyez notamment Pollux (1. IL, c. 5), Plutarque (In Thes.), Tertullien ( De anima, c. 39), Virgile (Æneid., |. VI), Martial (L IX, epig. 17 el 18), Pausanias (In Corinth.), Suidas ( In ID6xov), Stace ( Theb., 1. IL), Homère (Iliad., XXII).

IT. Cur Genio mero, etquomodo sacrificetur. Nous ne connaissons pas d'exemple de Genium merum, et ne savons ce que c’est qu’un Génie pur. 1 nous semble qu'il vaudrail mieux lire, conformément à ce qui est dit dans ce même chapitre : Cur Genio merum (sous-entendu Libetur où fundatwr) , et quo modo sacrificetur

Numera meliore lapillo. Voyez sur l’usage de marquer avec des pierres blanches les jours heureux et avec des pierres noires les jours malheureux, et sur l'origine de ect usage, Martial (1. IX, epig. 53, v. 5), Perse (sat. V, v. 108), Horace (Saf., 1. II, sat. 3, v. 246, Od., 1. 1, od. 36, Y. 10), Ovide ( Metam., 1. XV, v. 41), Pline( 4. M. ,1 VII, 40), Plutarque (Zn Pericle).

Funde merum Genio. Ce n'était pas senlement sur l'autel, mais aussi sur la tête du Génie, que se faisait cette libation de vin pur. Voyez Tibulle (1. 1, eleg. 7 ;1. 11, eleg. 2), Ovide (Trist., 1. IN, eleg. 13; L V, eleg. 5 ), Horace (1. IT, ep. 1), Lactance ( {nst. div., 1. I, c. 15).

Non Lostiam faciundam. Quelques éditions portent : hostiam feriendam. Mais notre leçon est très-bonne.

Atlicus , el est de numeris. On lit dans certaines éditions : articulus, el de muneribus.

le die qua ipsi lucem accepissent , aliis demerent.

Il en était de même à la fête des Parilies, anniversaire dn jour natal de Rome, car les villes avaient aussi le leur (Capitol., Pertin., 12), etle premier jour des Quinquatries, qui était celui de la naissanee de Minerve : on n'immolait pas de victime. Voyez Plutarque (in Romulo) ; Solia (c. 2) ,et Ovide (Fas£., |. HIT). Mais il paraît qu’on n’observa pas toujours cet usage. Voyez Horace (1. IV ,od. 2), Lampride (In Alex. Sev.), Spartien ( In Ant.-Geta., €. 3, 12et 59).

Deli, ad Apollinis Genitoris (ou Geretoris) aram.… nemo hostiam cædit. Voyez Macrobe (Saturn. 1. HU, c. 6),Diogène Laërce (Zn Pythag.),Jamblique( Devila Pythag., 1.1, ce. 5), Clément d'Alexandrie (Stromal. VU), Porphyre (I. I1).

Veneremur. On lit dans quelques éditions veneretur ,

| qui nous semble une meilleure leçon.

IT. Genius est deus. Ce n’est pas ici le lieu d’une dissertion sur les Génies, dont la nature et les attributionsétaient

| mème pour les anciens un sujet de discussion ; nous nous

bornerons àrenvoyer le lecteur aux principaux auteurs qni en ont parlé : Plutarque ( De placit. phil. L 1, e. 8, et De 1sid. e4 Osir.), Tertullien ( Apolog., ©. 32; De anima, c. 39), Lactance (I. IF, c. 15), saint Augustin (De civit. Dei, 1. VII, c. 11 et 13), Sénèque (epis{. 110), saint Jean Chrysostome (Orat.IV), Apulée (De deo Socr.), Prudence (Contra Symmach.), Symmaque(l. X, ep. Gt ), Clément d’Alexand.(Sérom., 1. V1), Lil. Gregor. Giraldi(Syn{ag.15), de Choul (Disc. sur la religion des anciens Romains),

XXVIII, 19; XXXIV, 26),et les chrétiens Fadoptèrent. ! Ant. le Pois ( Dise. sur les inédailles), Henri Corneille

3Ss

Aurippa (De occulla philosoph., 1. HT, e. 20, 21, 22).

£umdem esse Geniwm et Larem. Apulée dit la mème chose (De deo Socrat.) : Dæmonas vero, quos Genios et Lares possumus nuncupare, ministros deorum arbitralur, custodesque hominum, et interpreles si quid a diis velint.

Novis religionibus arcessuntur. Barthius lisait annuis au Leu de novis.

Duplici quotannis oflicio.…. adstringor. C'est ainsi qu'Horace célébrait chaque année le jour natal de Mécèrte (LIV, od. 11). Voyez aussi Aulu-Gelle (1. XV, c. 9), et Pline (1. II, ep. 7).

Vilæ præmia. On lit prelia dans quelques éditions.

IV. Suntque ante hunc diem mulla. Le manuscrit de Cologne omet le mot diem ; omission approuvée par Barthius.

De his dicere prius. Une ancienne édition porte : Queærere primum.

Que veteribus de origine humana fuerint opiniones. Voyez Diodore de Sicile (1 1), Pausanias (/n Arcad.), Origène ( Cont. Cels., |. 1), Cicéron (De legib. LI), Slace (Thebaid., 1. IV).

Ex his quædam breviler exponam. Le manuscrit de Cologne porte : Quasdam brevians exponam, et cette leçon est défendue par Barthius, qui fait observer que Suétone et Manilius se sont aussi servis du mot brevians.

Alii, semper homines fuisse. Voyez saint Augustin ( De civit. Dei, |. XI, c. 10).

Et his ortum aliquando. On lit aliquem dans une ancienne édition.

Qua semper humanum genus fuisse credifur. Un manuscrit porte : Quæ semper credidit genus humanum luisse.

Alla sententia.….… auctores habet Pylhagoram Samium , ele. Varron (De re rusl., 1. IT,c. 1) a fait ainsi allusion à ces différents systèmes : « L'homme et les animaux doivent avoir été de tout temps dans l’ordre de la nature. Soit que l’on admette un principe générateur, avec Thalès de Milet et Zénon de Cillium ; soit qu'avec Pythagore de Samos et Aristote de Stagire, on en veuille nier l'existence, il faut convenir avec Dicéarque que la vie humaine, en remontant jusqu’à la condilion la plus anciennement connue , a successivement passé par bien des transformations , avant d'arriver à la forme actuelle. »

Ocellum Lucanum. 11 reste de cet Ocellus Lucanus, philosophe pythagoricien , un livre Fepi 7ñs toù mavrès œusews ( De nalura universi).

Sed et Plalo Afheniensis et Xenocrates. Le manuscrit de Cologne porte : Sed et Plato el Xenocrates Athenienses, et Barthius préfère cette leçon. Quant au sys- {ème dont it s’agit, voyez Platon (De leaib., 1. VIH).

Opinali. D'autres lisent opinari.

-Aristoleles quoque.NVoyez Lactance (Inslif. div., 1. XI, CU

Avesne ante, an ova generata sint. Cette question a été trailée par Plutarque ( Sympos. probl., |. XI, queæst. 3) et par Macrobe (1. VIF, c. 16).

Mnitium simul et finis esse videatur. Voici, d’après Tennemann ({raduction de M. Cousin), quelles étaient, sur la cosmogonie, les idées d’Aristote: « Le monde, x66p0c, odoavès, est l’ensemble des êtres sujets au ‘hangement ; hors de Jui il n°y a point de changement, point de temps, point d'espace. Lui-même est éternel et immuable. Le premier être, qui est la cause de tout mouvement, ne fait point partie du monde : celui-ci est un, forme un tou lituité par le ciel, sans commencement ni fin, et de forme sphérique. La terre est le point central, le ciel est la limit , De la résultent trois mouvements simples : vers le centre, les corps vesants, la {erre; du centre à la circonférence,

NOTES SUR CENSORIN

les corps iégers, le feu ; enfin autour du centre, le cercle supérieur, le ciel. Le mouvement circulaire est le plus parfait ; et le ciel supérieur, auquel il appartient, est un corps parfait el divin, indestruclible, non sujet à changer ni à souffrir, el par conséquent d'une nature plus noble que les corps sublunaires. L'élément des astres est le principe de toute vie , de toute action et de toute pensée dans la région inférieure , et tout est placé ici-bas sous son empire el sa direction. Les étoiles sont des êtres animés, épbuyæ; elles ont en elles-mêmes le principe de leur mouvement, quoiqu’elles se meuvent selon le cercle auquel elles sont

attachées. »

In hac æstimatione versati. Le manuscrit de Cologne porte æs/uatione, qui plaît beaucoup à Barthius.

Pyrrhceque duris lapidibus esse nalos. Après ces mols, l'édition donnée par Alde Manuce porte :

Ut Virgilius :

Hic lapides Pyrrhæ jactos saturnia regna :

Et alibi :

Quo tempore primum

Deucalion vacuum lapides jactavil io orbem .

Unde homines nati, durum genus.

Rationum suarum proferunt opiniones. Nous préférons à furiosarum, qu'on lit dans quelques manuscrits, et à sutarum , lecon proposée par Bartbius, rationes opinionum, qui est celle de quelques éditions.

Anazimander. Voyez Plutarque (De placit.phil., 1. V, ©. 19; Sympos., 1. VIIT, queæst.8).

Empedocles. Voyez Plularque ( De placil. plül., LV, c. 9).

Humori permistam. On lisait, avant cette correction : Hujusmodi pernistam.

In Parmenide, vel in Ste* fuit. Cet endroit esl altéré, et diflicile à corriger ; quelques éditions portent iaserla fuit. Juste Lipse (Physiol. sloic., 1. HF, c. 4) pense qu’on doit lire: In Zenone, velin Parmenide , el Veliate Zenone. Meursius lisait : Parmenide Melissove, et un autre commentateur, Parmenide Veliate, c'est-à-dire Eleate. Barthius dit que le manuscrit de Cologne porte : /n Parmenide Gellio Stabone fuit, mais iln'exprime aucune opinion sur cette lecon. Enfin, Fun des meilleurs éditeurs de Censorin propose delire : 7x Parmenide vel in Stratone fuil, ou plutôt : In Parmenide Veliate, el Stratone fuit. Justement incertain entre tant de docteurs, nous sommes resté neutre dans notre traduction, etn’avons pas cherché à ürer un sens d’un mot {ronqué.

Ab Empedocle dissensis. Quelques éditions portent dissentiente, et un ancien manuscrit, discessisse.

Democrilo vero Abderilæ ex aqua limoque. Voyez Lactance (Instil. div., 1. VII, c. 7).

Nec longe secus Epicurus. Cette opinion d’Épicure nous a été transmise par Lucrèce dans le passage suivant (Dererumnatlure,1. V,v. 803-815) : « Ce‘fut alors que la terre voit ses premières générations humaines. La chaleur et l'humidité abondaient au sein des campagnes, Aussi, quand elles rencontraient un endroit propice, formaientelles des embryons d’abord enracinés aux flancs de la terre. Et sitôt que les germes, à ce point de maturité, àge de Ja naissance pour les enfants, rompaient leur enveloppe, fuyant ces demeureshumides, et altérés d’air, la nature dérigeait vers eux les pores du sol, et le forcait à répandre de ses veines ouvertes un suc pareil au lait ; ainsi maintenant les femmes qui enfantent se gonflent de cette douce liqueur, parce que le torrent des sucs alimentaires roule vers les mamelles. Les enfants trouvaient leur nourriture dans la terre, leur vêtement dans la chaleur, leur couche dans Pépais et tendre duvet dn gazon. » Voyez aussi Plilon, et Lactance « Fast. dév., |. 11, €. 12).

NOTES SUR

Cohærentes prinumn. Ces deux mots manquent dans quelques manuscrits. On lit dans un autre: Prime adhrerentes.

Ingenilum lactis kumorem. Ingenilum est une leçon d'Alde Manuce ; on lisait auparavant éngerüun. Ê

Zenon Ciltieus. Voyez Slrabon (L XIV), et Sénèque (Epist. 83).

Id est Dei providentia. Un ancien manuscrit porte : el Dei providentia.

Exnovo mundo. Peut-être, suivant Ja remarque de Lindenbrog, faut-il entendre par n0v0 mundo le ciel, que les sloïciens appelaient x6ou0v. Le passage suivant de Macrobe (In somn. Scip.,c. 20) prouve, eneffel, que mundus était pris quelquefois dans le sens de cœlum : Cum vero (sol) {emperatio mundi dictus sit, ratio in aperto est, ia enim non solum terram, sed ipsum quoque cœlum, quod vere mundus vocalur, temperari & sole certissianum esl.

Adminiculo divini ignis. Voyez Laclance (L IE, €. 11) etOvide (Metam. 1.1).

Genealogiæ auctores. Des généalogies avaient été écrites par Phérécyde d'Athènes ( Denys d'Halicarnasse, 4ntig. rom., l. L), par Hécatée (A/ken., 1. IV), ele.

Que ex adventitiu stirpe non sint. Le manuscrit de Cologne porte : Quæ ex græca et Latina slirpe non sint; et cette leçon a élé adoptée par Barthius; mais celle de notre texte nous paraît préférable.

Ut in Attica. Voyez Hérodote (1. VIH), Platon ( Zn Menex.), Pausanias (in Corinlh.), Plutarque ([egi œuyñc) , Strabon (1. VIII); Lucien (Zn philosopseud).

AdtéyBovac. On appelait aussi ces peuples ilayéverc, et en latin aborigenes, indigeles etindigenas. Mais les Athéniens se prétendaient seuls auloch{hones, p6vot àävréybovets ‘ut, a dit Démosthène. Quant aux Thessaliens, un ancien poêle les fait descendre d’'Hellène.

£o licentiæ poeticæ processit lubido. Quelques éditions suppriment le mot poelicæ; d’autres le remplacent par poelica.

Fertur….. Erichthonius ex Vulcani semine humo exortus. Voici un curieux passage de Lactance à ce sujet (De falsa religione, 1.1, ch. 17): «Sedneillæ quidem virginesillibatam castitalem servare poluerunt. Unde enim putemus Erichthoniwn esse nalum? an ex terra, ut poetæ videri volunt? at res ipsa clamat. Nam quum Vulceanus diis arma fecissel, eique Jupiter optionem dedisset preæmi, quod vellet, postulandi, jurassetqne (ut solebat) per infernam paludem, se nibil negaturum : {um faber claudus Minervæ nuptias postulavit. Hic Jupiter optimus maximus lanta relisione constrictus, abnuere non potuit: Minervam tamen monuit repugnare, pudicitiamque defendere. Tum in illa colluctatione Vulcanum in terram profudisse aiunt semen, unde sit Erichthonius natus, idque illi nomen impositum àro ts éprûos voi yBovoc. — Voyez aussi Pausanias(A/{ic.), Apollodore (De deor. orig., 1:11), Lucien (in Philopseud.), Origène (Contra Cels., 1. VIH), saint Augustin (De civil. Dei, 1. XVII, ch. 12), saint Jérôme (Contr.Jovin., c.4), Tertullien (De spectac., c, 9).

Mutua cæde inter se necatis. On lit dans une édition : Mutuo inter se necatis.

Tages. Voyez Cicéron (De divinat., 1. Il), Festus (Tages), Ovide (Melam., 1. XV), Ammien Marcellin @ XXI).

Ezxlispicii quam Lucumones, ete. Un manuscrit porte auspicii, et quelques éditions : Quam Lucani honestium Etruriis portentis exscripserunt.

V.Semenundeexeat. Voyezsur cette question, parmi es anciens, Diogène Laerce (/n vil. Pythag., 1. VW, et Zenonis, |. NI), Timée (De anima muundi), Hippocrate (De

geniltura), Clément d'Alexandrie (Pædag., 1. 1, €. 6), Tertullien (De carne Christi, c. 19), Aristote (De general.animal.,c.19), Plutarqne(Deplacit. phit., 1. N., c. 3), Lactance ( De opif. Dei, ©. 12).

Post admissionem pecudtwm. Cette lecon est meilleure que celies de quelques éditions, où on lit amissionem et emissionem.

Post gregum contentionem. J1 y a encore ici plusieurs leçons différentes. Le manuscrit de Cologne porte : Pos conlentam inilionem (c’est-à-direintentam); etonlit dans un autre : Post græcam contenlionem; leçon absurde, à laquelle Alde Manuce a proposé de substiluer : Post crebram coilhionem.

VI. Arisloleies seculus. Voyez Aristote ! De partib. anim. VW, c. 4). Cette opinion d’Aristote el d'Empédocle a été suivie par d'autres. Voyez Pline (1. X, €. 4, etl. XI, c. 37) et Soliu (c. 4); mais elle était rejetée par Galien ( De

Jœl. form., e. 4), qui prétend que le foie est le premier

organe qui se forme dans le fœtus.

Hippon vero caput. Y faut nommer aussi Aleméun, suivant Plutarque ( De placit. philos., V. N, €. 17). D'un autre côté, Varron, au rapport d'Aulu-Gelle (1. LIT, €. 10), aitribuait la priorité à la tête et à l'épine dorsale.

Caput, in quo est animi principale. Le mot animi manque dans quelques éditions.

Tum ex carre ossa, nervosque et cœæteras parles. y à une leçon plus concise : Et ossa nervos et cæleras parles.

Una totum infantem figurari. C'est aussi l'opinion d'Hippocrate (Iepi Stains, 1. 1).

Utuna nascitur aliturque. Une autre édition porte : Ul una nascatur alaturque.

UE sloici ferme universi. On lit ferunt, au lieu de ferme, dans d’autres éditions.

Quemadmodum in matris utero alalur. Voyez Plutarque (De placit phil., |. IL, €. 16).

Per umbilicum. Voyez Aristote (De hist. anim., 1. VII, c. 8; De generat. animal., c. 5), Hippocrate (De nat. puer.), Lactance ( De opif. Dei, c. 10). j

Ulrius vero parentis principium sedem prius occupeveril. Leséditions diffèrent beaucoup à cet endroït : dans lune, principium manque; dans autre, c'est pris ; une lroisième porte seen, au eu de sedem.

Ut mures, Jæminasve nascantur, quid causseæ essel. A la liste, donnée par Censorin, des auteurs qui ont agité cette insoluble question, il faut ajouter Pintarque (Deplacil. phit., 1 V, c.7), Lactance ( De opif. Dei, c. 12) et Diogène Laërce (In Anaxagq.).

De sinilitudine liberorum. Nous nous contenterons encore d'indiquer quelques-uns des auteurs anciens qui ont traité ce sujet : Aristote (De gener. animal. , 1. IV, c. 3; De hist. animal. \. V,c.6),Plutarque(Deplacit. phil., 1 V,c. 11et 12), Stobée (Eclog. phys.), Galien ( De semine, 1.11), Plive (I. VII, c. 12), Solin (c. 5), Strabon (1. XV), saint Auguslin (Contr. Jul., |. V, €. 9), Lactance ( De opif. Dei, €. 12)

Sequitur vero de geminis. Ces mots, nécessaires pour la suite du discours, ét omis dans quelques éditions, ont été insérés dans les meilleures.

Hippon ralus. À Hippon il faut joindre Aristote ( De gener. animul., L. IV, c. 4). Voyez aussi Plutarque ( De placit. phil., |. V,c. 10).

Non posuil : tantummodo ait, si, etc. Onlitdans quelques éditions : Non posuit : parlum tanlummodo ait. Et si, ete., et Alde Manuce , au lieu de partum, propose de lire partilum. Mais la leçon de notre texte nous parait la meilleure.

NII. ÆEo quod in ommibus numerus seplenarins plus

rinum possit. Voici ce que dit Aulu-Gelle (1. IE, c. 10) sur la vertu attribuée autrefois au nombre septenaire : « M. Varron, dans le premier de ses livres qui ont pour litre + Semaines on Images, a rassemblé beaucoup d’observations sur la vertu dunombre sept, que les Grecs appellent £6èouäs. Ce nombre, dit-il, forme dans le ciel la grandeet « la pelite Ourse , ainsi que la constellation nommée chez « nous Vergiliæ, et chez les Grecs IMetaëesc. Les étoiles «

errantes, qu'on appelle ordinairement erraticæ, et que

P. Nigidius appelle errones, sont au nombre de sept. «“ Tel est aussi le nombre des cercles célestes qui ont pour «“ centre laxe du monde, et dont deux sont appelés « pôles : ces deux derniers sont, comme on sait, les plus « pelits et les plus voisins de l'extrémité de l’axe; et leur « petitesse empêche deles marquer sur lasphèrearmillaire. « Le zodiaque fournit aussi un exemple de la vertu du nom- « bre sept. En effet, le solslice d'été a lieu quand le soleil « passe dans le septième signe à partir du solstice d’hiver : « de même le solstice d'hiver a lien quand le soleil a ‘ parcouru sept signes , à partir de celui d'été. On compte «“ aussi sept signes d’un équinoxe à l’autre. » Varron ajoute que les jours employés par les alcyons à construire leurs nids sur l’eau, pendant l'hiver, sont an nombre de sept. Il rappelle ensuite que la lune achève sa révolution en quatre fois sept jours. « En effet, dit-il, dans « l'espace de vingt-huit jours elle est revenue au point “d'où elle était partie. » 11 cite Aristide de Samos comme étant l’anteur de celte observation, et ajoute qu'il y a ici à remarquer deux choses : d’abord que la lune décrit son cercle en quatre fois sept jours , c’est-à-dire en viogt-buit jours ; et ensuite que le nombre vingt-huit est la réunion des différents nombres dont se compose le nombre sept, additionnés successivement en partant de l'unité. Selon le même auteur, le nombre sept a aussi une influence marquée sur la formation et la naissance de l’homme. « Lorsque la semence a pénétré dans le sein de « la femme, pendant les premiers jours les germes se « réunissent et s’agglomèrent en s’épaississant, et devien- « nent ainsi susceptibles de recevoir la forme et la figure. “ Au bout de quatre semaines, quand l'enfant doit être « du sexe masculin, la têle et l’épine dorsale se forment. « Vers la septième semaine, c’est-à-dire le quarante- «neuvième jour, le fœtus humain est achevé. » Varron prouve encore l'influence de cenombre sur la génération, en remarquant que l'enfant, de quelque sexe qu’il soit, ne peut naître viable avant le septième mois, et que la durée ordinaire de son séjour dans le sein maternel, depuis l'instant de la conception jusqu’à celui de la naissance, est de deux cent soixante-treize jours, ou de quarante fois sept jours. Il nous apprend au même endroit que les nombres climatériquesles plus dangereux sont ceux qui se composent du nombre sept : on sait que les Chaldéens appellent ainsi les époques criliques où l’homme est inenacé de la perte de la vie ou de la fortune. Il ajoute que la plus haute taille que puisse atteindre le corps humain est de sept pieUs... Voici encore d’autres fails cilés par Varron : Les dents percent dans les sept pretiers mois; il en perce sept de chaque côté; elles tombent à la septième année, et vers la quatorzième paraissent les molaires. Les médecins qui combinent la musique avec l’art de guérir disent que la pulsation des veines ou plntôt des artères, suit une espèce de rhythme que détermine le nombre sept : ce mouvement est appelé par eux en grec tx Tecodpwy auyowvix, C’est-àdire l'accord formé du nombre quatre. Le danger des ma- Jadies redouble dans les jours formés du nombre sept : les jours critiques, comme disent les médecins, sont surtout le dernier de la première semaine, celui de la seconde et de la troisième. Une autre observation qu’on pent ajouter aux exemples de la vertu du nombre sept, c’est que les per-

x NOTES SUR - CENSORIN.

sonnes qui ont résolu de se laisser périr de faim menrent le septième jour. Tels sont les faits qne Varron, par de soigneuses recherches, a rassemblés sur cemombre; mais il ajoute d’autres remarques frivoles et puériles : par exemple, qu’il y a sept merveilles du monde; que Panliquité compte sept sages ; que, dans les jeux du cirque, les chars doivent parcourir sept fois la carrière ; que sept capitaines furent choisis pour faire le siége de Thèbes. — Voyez aussi Macrobe (Commentaire sur Le songe de Scipion, 1.1, c. 56), Alexandre d’Aphrodisée (1.11, Probl. 47), Philon ( Deopif. mundi et Allegor. leg. \., 1), Clément d'Alexandrie (Sérom. VI), saint Augustin ( De civil. Dei, 1. 11, c. 31).

Siquidem septem formemur mensibus. Les textes présentent ici et plus bas de notables différences. On lit, suivant les éditions : Septimis a partu formentur dentes mensibus; ou bien : seplimis formentur dentes mensibus; ou bien encore : septenis formentur mensibus ; et plus bas, au lieu de e{, post seplem menses nobis innascantur, iidemque post seplimum cadant annum, ce qui est la leçon de notre texte; on lit : Æ/ post septimaun cadant annum ; où bien : Et, cum post septimum mensem dentes nobis innascantur, iidem quoque post seplimum, etc.

Et post seplem menses dentes nobis innascantur. Voyez Hippocrate ( De septimest. partu, et Tepi cagz®v). Aristote ( De hist. animal., 1. VIL, c. 10), Pline (1. VIF, ©. 16), Macrobe ( Zn somn. Scip., |. F, €. 5).

Pubescere soleamus. Voyez Macrobe (Ibid. et Saturn., L VIf, © 7), Tertullien ( De anima, c. 38}, Alexandre d’Aphrodisée (1. If, probl. 47), Philon (Alleyor. leg. 1.1), saint Augustin ( De civil. Dei, 1. XV, c. 12).

Seplimo mense parere mulierem posse. Voyez Hippocrate (Tspi capxwv ), Galien { De fœt. format, ec. 1), Alexandre d’Aphrodisée (1. IL, probl. 47) Cicéron (44 Allic., IX, ep. ull.), saint Ambroise (1. VI, ep. 39).

Theano Pythagorica. Voyez Plutarque (ep àpecxovtoy), et Aulu-Gelle (IT, 16 ).

Aristoteles peripateticus. Voyez Aristote ( Hisl. animal., 1. VI, c. 4), et Plutarque ( De placit. philos., 1. NV, c. 18).

Evenor. On lit, suivant les éditions, Evhenus, Evanor, Evenus ; Alle Manuce pense qu’il faut lire Zudæmrus, d’après Élien ( Hist. animal. ).

Euthyphronem. On lit aussi Euriphonem , ou Euripidem, où Euriphanum.

Diocles lamen Carystius. Voyez Plutarque ( De placit. philos., 1. V,c.18).

Et Aristloteles Stagirites. Voyez Aristote ( Hist. animal., 1. VII, c. 4; De gencrat. animal., XL. IV, c. 4; Problem. 40, sect. 10), et la dernière note de ce chapitre.

Nono autem et decimo mense. C’est de là, dit-on, que viennent les noms des deux Parques appelées Nona et Decima. Voyez Tertullien ( De anima, c. 37) et la dernière note de ce chapitre.

Epigenes Byzantius nono. Un manuscrit porte oclavo.

Hippocrates Cous decimo. Voyez Hippocrate ( De nat. puer.).

Undecimum mensem Aristoteles solus recipit, cæteri universi improbarunt. Ce que dit ici Censorin est confirmé par Aulu-Gelle (1. IL, €. 16). Nous citerons d’ailleurs la plus grande partie de ce chapitre, qui complète celui de notre auteur, el résume toutes les doctrines de l'antiquité sur la question : « Des médecins et des philosophes ont fait des recherches sur l’époque de la délivrance des femmes, et se sont occupés de traiter cette question : Combien de temps l'homme est-il porté dans le sein maternel? L'opinion la plus répandue, celle qu’on regarde aujourd’hui comme la plus vraie, est que la femme

NOTES SUR

qui à conçu met au monde son fruit rarement au septième, jamais au huitième, Lrès-souvent au neuvième, assez souvent au dixième mois ; que la fin du dixième mois est le dernier lerme auquel puisse se reculer la naissance de l'homme. Cette dernière observation se trouve consignée dans un vers d'un de nos anciens poëtes. Plaute a dit, dans sa comédie intitulée Cistellaria :

Tumilla, quam compresserat, Decumo post mense exacto hic peperit filiam.

« La femme avec laquelle il avait eu commerce mit au « monde une fille à la fin du dixième mois. »

« L'ancien poête Ménandre, qui partout observe la vérité, en homme initié à toutes les connaissances, nous fournit le vers suivant à l'appui de la même observation : il est tiré de la comédie intitulée Plocius :

TuvA xvet dexdnvoc.

La femme accouche au dixième mois.

«]lest à remarquer que Cécilins, dans un passage d’une -comédie imitée en grande partie du Plocius de Ménandre , et connue sous le même litre, met au nombre des mois où la femme peut enfanter, le huitième mois, dont Ménandre n'avait pas parlé :

Insoletne mulier decimo mense parere ?

Pol nono, etiam septimo, atque octavo.

« Une femme peut-elle accoucher au dixième mois? « Oui, sans doute, aussi bien qu'au neuvième, au septième, « où au huitième. »

« Le témoignage de Varron nous permet de croire que Cécilius n’a pas dit cela au hasard, et qu’il a eu ses motifs pour s’écarter d’une opinion avancée par Ménandre et soutenue par beaucoup d’autres. En effet, Varron dit, dans son quatorzième livre Des choses divines , que quelquetois on a vu des enfants naître au huilième mois : il ajoute au même endroit que l’accouchement peut quelquefois n'avoir lieu qu’au onzième mois : du reste, ainsi que Varron nous en prévient, ces deux assertions sont empruntées à Aristole. Le passage suivant d'Hippocrate peut servir à expliquer pourquoi les opinions diffèrent sur l’accouchement au huitième mois. On lit, dans le trailé d’Hippocrate inlitulé Des aliments : « Les enfants naissent et ne naissent pas « au huitième mois. » Cet aphorisme laconique est difficile à comprendre, et se contredit lui-même; mais voici l’explication que nous en donne le médecin Sabinus, auteur d’excellents commentaires sur Hippocrale : « Les enfants « qui naissent par avortement au huitième mois paraissent « vivants dans le premier moment; mais ils ne le sont «réellement pas, puisqu'un instant après ils expirent. Ce « nest qu'une apparence d'existence; ce n’est pas la vie « elle-même.» Varron nous apprend que les anciens Romains ne regardaient pas comme possibles ces exceptions aux lois de Paccouchement , et qu’ils croyaient que le neuvième ou le dixième mois étaient l’époque unique fixée par la nature pour la délivrance de la femine. Il ajoute que cette conviction fut l’origine des noms donnés par eux aux trois divinités qui président à la destinée humaine. Ils ont tiré, en elfet, ces noms du verbe parere (enfanter), et des mots nonus (neuvième) et decimus (dixième), qui marquent l’époque de l’enfantement. « Le nom de Parca « (Parque), dit Varron, a été formé de Partus; et les «nôms de Nona ct de Decima (uoms des Parques) (1) « viennent des nombres qui désignent les mois fixés pour « l'accouchement.» A ces renseignements, que j'ai recueillis dans les livres sur l’époque de l'accouchement, j'ajouterai le récit dun fait arrivé à Rome. Une dame, connue par la sagesse el la régularité de ses mœurs, et dont l'honneur ne pouvait être mis en daute, donna le jour à un epfant

1) Foy. aussi Tertullice, De anima, Ch. 57.

onze mois après la mort de sou mari. L'époque de l'accouchement fit croire qu’elle avait conçu depuis la mort de son mari, et une accusalion fut intentée contre elle, en vertu de la loi des décemvirs, qui porte aue les acconchements légitimes ne peuvent avoir lieu au delà du dixième mois. Mais l'empereur Adrien, au tribunal duquel la cause fut portée, décida que l’enfantement pouvait avoir lieu an onzième mois. J'ailu le décret Ini-même, dans lequel le prince assure n'avoir pris cette décision que d’après l'avis de philosophes et de médecins fameux de l'antiquité. … Hippocrate, dans le livre dont il a été question plus haut, après avoir déterminé le nombre ces jours nécessaires pour la formation du fœtus , et fixé l'accouchement au neuvième ou au dixième mois, ajoute qu'il n'y a rien d’invariable dans ce caleul, et que la naissance de l'enfant peut avoir lieu quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard; et il termine cette observation par ces mots : « L'accouchement «arrive souvent où plus tôt ou plus tard, et l'instant peut « différer dans chaque cas particulier : mais quand nons « disons plus tard, nous disons trop; et quand nous di- « sons plus tôt, nous disons trop encore. » Le sens de ces derniers mots est que l'accouchement, soitqu'ilarriveavant, soit qu’il vienne après le terme accoutumé, n’en est jamais bien éloigné, et a toujours lieu peu de temps avant ou peu de temps après. Je me souviens qu’un jour, à Rome, dans une affaire où il s'agissait d'intérêts importants, on discuta avec le plus grand soin la question de savoir si un enfant, né vivant au bout de huit mois, et mort presque aussitôt après sa naissance, pouvait donner au père le droit des trois enfants ; el qu’il yeut là-dessus un long débat, l'accouchement arrivé au huitième mois, avant le terme ordinaire, parais- Sant à beaucoup de persounes un avortement... Je crois devoir ne pas omettre ici un fait curieux que j’ai lu dans Pline, au septième livre de son His{oire naturelle. Comme la chose pourrait paraître invraisemblable, je cite l’auteur Inimême : « Massurius rapporte que le préteur L. Papirius, «auprès duquel uu plaideur réclamait une succession «comme second héritier, l’adjugea, à son préjudice, à un «enfant que Ja mère déclarait n'avoir mis au monde qu’au « bout de treize mois; et que ce magistrat donna, pour « raison de sa sentence, qu’il ne connaissaif pour les « accouchements aucune époque véritablement fixe. » J'ai remarqué dans le même Pline l'observation suivante : « Le « bâillement pendant l’enfantement est mortel, et l'éter- «nûüment, au moment de la conception, produit l’avor- « tement. » — Voyez aussi Macrobe (Commentaire sur le songe de Scipion, 1. 1, e. 6), Pline (LE VIT, c. 5), et Charisius (1. 1). Quelques auteurs ont même pensé que le terme dont il s’agit pouvait être dépassé; et le médecin Jacques Fontaines dit, danssonlivresur la médecine universelle (1. V, Physiol., ce. 16), qu’il y a des exemples d’accouchement à douze, à seize, à vingt et à vingt-quatre mois.

VII. Dicunt(Chaldæi), actum vilamque nostram , slellis.…… esse subjectam. L’astrologie judiciaire et la généthlialogie étaient déjà estimées ce qu’elles valent, daps l’antiquité, par les libres esprits. On n'a peut-être rien dit de plus fort, à ce sujet, dans les temps modernes , que ce qu’en disait, au commencement du deuxième siècle , le philosophe gaulois Favorinus. Poyez Aulu-Gelle (I XIV, e. 1). Voyez aussi Cicéron ( De divin., |. II), Diodore de Sicile (1. XVIH), Vitruve (LL IX, c.7), Clément d'Alexandrie ( S/rom., 1. VI).

Quot cjus genera. On divise en quatre aspects les signes du zodiaque, savoir : l'hexagone, le tétragone, le trigone, et l'opposé où diamétral. Voyez les figures eï-jointes, n° 1, 2,3, 4, 5, que nous avons empruntées aux excellentes éditions de Lindenbrog et d'Havercap.

Fig. 1. — Hexagones.

Hexagone .

Diamétral. .

Conjonction

Signifer. L'invention de la figure du zodiaqne est attribuée par les uns à Pythagore, el par les autres à Anaximandre de Milet (Pline, 1. IL, c. 8). Voyez aussi Plutarque ( De placit. phil., |. IL, c. 12).

Sol ergo. Voyez, pour celle démonstration, la figure ci-jointe, qui la rend fort claire.

NOTES SUR CENSORIN

Hunc quidam.… receperunt. On lit dans un manuscrit quidem , qui nous paraît une meilleure leçon que quidam.

IX. Alii enim plerique..…. una. lempora…. omnibus conformandis dederunt. Consultez, pour ce chapitre, Plutarque ( De placit. philos., |. V, c. 21), Hippocrate (De natura puer. ), Lactance ( De opif. Dei, €. 12), Aristote ( Hist. animal., |. VAL, c. 3 ).

X. Musica est scientia bene modulandi. Nous ne pouvons mieux faire, pour l'intelligence de tout ce qui suit, que d'emprunter au Dictionnaire de J.-J. Rousseau lexplication de tous les termes de musique employés par Censorin. Nous commencerons par la définition de cet art. « La musique, dit l’auteur français, est l'art de combiner les sons d’une manière agréable à l'oreille. Cet art devient une science, et même très-profonde, quaud on veut trouver les principes de ces combinaisons, et les raisons des affections qu’elles nous causent. Aristide Quintilien définit la musique l’art du béau et de la décence dans la voix et dans les mouvements. Il n’est pas étunnant qu'avec des définitions si vagues et si générales, les anciens aient donné une étendue prodigieuse à l’art qu’ils définissaient ainsi. — On suppose communément que le mot de musique vient de musa, parce qu'on croit que les Muses ont inventé cet art : mais Kircher, d’après Diodore, fait venir ce nom d'un mot égyptien, prétendant que c’est en Égypte que la musique a commencé à se rétablir après le déluge, et qu’on en reçut la première idée du son que

“rendaient les roseaux qui croissent sur les bords du Nil,

quand le vent soufilait dans leurs tuyaux. Quoi qu'il en soit de l’étymologie du nom, l’origine de Part est certai nement plus près de l’homme, et si la parole n’a pas commencé par du chant, il est sûr au moins qu'on chante partout où l’on parle. » (Dict. de musique, au mot Musique. )

Adpellatur Gäornux. « Diasième, dans la musique ancienne, signifie proprement intervalle, et c’est le nom que donnaient les Grecs à l'intervalle simple, par opposition à l'intervalle composé, qu'ils appelaient système. » (Id. Ibid., Diastème).

Quod rôvoy adpellant. « Le mot {on a plusieurs sens en musique. Il se prend d’abord pour un intervalle qui caractérise le système et le genre diatonique : dans cette acception, il y a deux sortes de {ons ; savoir, le {on majeur, dont le rapport est de 8 à9, et qui résulte de la différence de la quarte à la quinte; et le {on mineur, dont le rapport est de 9 à 10, et qui résulle de la différence de la tierce minenre à la quarte. » (1d., 1bid., Ton ).

C’est dans ce sens qu’il faut entendre ici le mot tôvos.

“Hyarovov. « Le semi-lon est le moindre de tous les intervalles admis dans la musique moderne : il vaut à peu près la moitié d’un {on Le semi-lon majeur est la différence de la lierce majeure à la quarte, comme mi fa; son rapport est de 15 à 16, et il forme le plus petit de tous les intervalles diatoniques. Le semi-{on mineur est la différence de la tierce majeure à la tierce mineure : ilse marque sur le même degré par un dièse on par un bémol; il ne forme qu’un intervalle chromatique, et son rapport est de 24 à 25. (Id., Zbid., Semi-ton.)

Ut literæ nostræ. Censorin a textuellement emprunté cette comparaison à Aristoxène ( Harmonicor., L. IL ).

Symphonia. « Le mot symphonie , formé du grec où, avec, et gwv, son, signifie, dans la musique ancienne, cétle union des sons qui-forment un concert, C’est un sentiment reçu , et, je crois, démontré, que les Grecs ne connaissaient pas l'harmonie dans le sens que nous donnons aujourd’hui à ce mot : ainsi, leur symphonie ne formait pas des accords, mais elle résullait du concours de plusieurs voix ou de plusieurs instruments, ou d'instruments mêlés aux voix chantant ou jouant la même partie : cela se faisait de deux manières : ou tout cancertait à l’unisson, et

alors la symphonie s'appelait plus particulièrement Aomophonie ; ou la moitié des concertants était à l’octave, ou même à la double octave de l’autre; et cela se nommait ‘anliphonie. On trouve la preuve de ces dislinetions dans les problèmes d’Aristole, sect. 19.» (Id, 1bid., Symphonie.) — Quibus religuæ constant. « La consonnance est, “selon l’étymologie du mot, l'effet de deux ou plusieurs à sons entendus à la fois; mais on restreint communément la signilication de ce terme aux intervalles formés par deux sons dont l'accord plait à l'oreille. — Les Grecs n’admet- * taient que cinq cousonnances, savoir : l’octave, la quinte, “la douzième, qui est la réplique de la quinte , la quarte et l’onzième, qui est sa réplique. » (Id., 1bid., Consonnance.) «—. Que vocalur dix rsccäguwv. « Diatessaron est le nom “que donnaient les Grecs à l'intervalle que nous appelons quarte, et qui est la troisième des consonnances. — Ce mot “est composé de àx, par, et du génitif de récoupes, qualre, parce qu’en parcourant diatoniquement cet intervalle, on - prononce quatre différents sons. » (Id., 1bid., Diatessaron.) Quam vocant èuà mévre. « Diapente est le nom donné par les Grecs à l'intervalle que nons appelous quinte, et qui est la seconde des consonnances. — Ce mot est composé de à, par, et de mévre, Cinq; parce qu’en parcourant cet intervalle diatoniquement, on prononce cinq différents sons. » (Id., Zbid., Diapente.) Tertia est à racwv. « Diapason est un terme de l’an- - cienne musique, par lequel les Grecs exprimaient l'intervalle ou la consonnance de l'octave. — Ce mot est formé de &&, par, et rac&v, toutes, parce que l’octave embrasse toutes - les notes du système parfait, » (Id., 1bid., Diapason.) Aristoxenus, musicique. «Les aris/oxéniens, secte qui - eut pour chef Aristoxène de Tarente, disciple d’Aristole, et qui élait opposée aux pythagoriciens sur la mesure des intervalles et sur la manière de délermiuer les rapports des sons; de sorte que les aris{oxéniens s’en rapportaient uniquement au jugement de l’oreille, et les pythagoriciens à la précision du calcul. » (1d., Jbid., Arisloxéniens. ) Pythagoras, geomelræque. « Les pylhagoriciens … fixaient tous les intervalles tant consonnants que dissonnants, par le calcul des rapports; les aris{oxéniens, au contraire, disaient s’en tenir au jugement de l'oreille. Mais au fond leur dispute n’était qu’une dispute de mots; et, sous des dénominations plus simples, les moiliés ou les quarts de {on des arisloxéniens, ou ne signifiaient rien, ou n’exigeaient pas des calculs moins composés que ceux des limma, des comma, des apotomes, fixés per les pythagoriciens. En proposant, par exemple, de prendre la moitié d’un {on, que proposait un aristoxénien ? rien “sur quoi l'oreille pût porter un jugement fixe : ou il ne savait ce qu'il voulait dire, ou il proposait de trouver une inoyenne proportionnelle entre 8 et 9 : or cette moyenne proportionnelle est la racine de 72, et cette racine carrée est un nombre irrationnel. 11 n’y avait aucun auire moyen possible d’assianer celle moitié de {on que par la géométrie, et cette méthode géométrique n’était pas plus sim- … ple que les rapports de nombre à nombre calculés par les … pythagoriciens. La simplicité des arisloxéniens n'était donc qu’apparente. » (Id., 1bid., Pylhagoriciens.) Proprie aulem éco. « Le diésis est, selon le vieux Bacchius , le plus petit intervalle de l'ancienne musique. Zarlin dit que Philolaüs , pythagoricien , donna le nom de diésis au limma : mais il ajoute peu après que le diésis de “Pythagore est la différence du limma et de l’apotome. Pour Aristoxène , il divisait, sans beaucoup de facon, le {on en deux parties égales, où en trois ou en quatre. De cette dernière division résultail le dièse enharmonique mineur, ou quart de ton; de la seconde, le dièse mineur chromafique, ou le tiers d’un ton; et de la troisième, le dièse Hajeur, qui faisait juste un demi- ton.» (Id., Tbid., Diésis.) Vel Jauye adpellatur. « Le limms est un intervalle

NOTES SUR CENSORIN

de la musique grecque, lequel est moindre d’un comma que le semi-ton majeur, et, retranché d’un ton majeur, laisse pour reste l’apotome. — Le rapport du linvma estde 243 à 256, et sa géuération se trouve, en commençant par ut, à la cinquième quinte si; car alors la quantité dont ce si est surpassé par l’uf Voisin est précisément dans le rapport que je viens d'établir. — Philolaüs et tous les pythagoriciens faisaient du limma un intervalle diatonique qui répondait à notre semi-ton majeur : car, mettant deux tons majeurs conséculifs, il ne leur restait que cet intervalle pour achever la quarte juste ou le tétracorde ; en sorte que, selon eux, l'intervalle du ni au fa eût été moindre que celui du fa à son dièse. Notre échelle chromatique donne tout le contraire, » (1d., Zbid., Limma. )

Habcre possint mensuras. « Théon de Smyrne dit que Lazus d’Hermione, de même que le pythagoricien Hippase de Métapont, pour calculer les rapports des consonnances , s'étaient servis de deux vases semblables et résennants à l'unisson; que laissant vide Pun des deux , et remplissant l’autre jusqu'au quart, la percussion de l’un ei de l’autre avait fait entendre la consonnance de la quarte; que remplissant ensuite le second jusqu’au tiers, puis jusqu’à la moilié, la percussion des deux avait produit la consonnance de la quinte, puis de l’octave. — Pythagore, au rapport de Nicomaque et de Censorin, s’y étail pris d’une autre manière pour calculer les mêmes rapports; il suspendit, disent-ils, aux mêmes cordes sonores différents poids, et détermina les rapports des divers sons sur ceux qu'il trouva entre les poids fendants : mais les calculs de Pythagore sont trop justes pour avoir été faits de cette manière, puisque chacun sait anjourd’hni, sur les expériences de Vincent Galilée, que les sons sont entre eux, non comme les poids tendants, mais en raison sous-double de ces mêmes poids. » (Id., Zbid., Son. )

Admirabile Pythagoræ commentum. Voyez Jamblique (De vila Pythag., 1. L, c. 26), Boëce ( Music., |. 1, c. 10, 11), Macrobe (/n somn. Scip., 1. IL, c. 1).

Quem phthongum arithmelici græci èrixpwroy vocant. « Épitride est le nom d'un des rhythmes de la musique grecque, duquel les temps étaient en raison sesquilierce , ou de 3 à 4. Ce rhythme était représenté par le pied que les poëtes et grammairiens appellent aussi épitrile, pied composé de quatre syllabes, dont les deux premières sont, en effet, aux deux dernières dans la raison de 3 à 4. » (Id., 1bid., Épilride.)

Quod äurouov adpellant. « Hémiole est un mot grec qui signifie l’entier el demi, et qu’on a consacré en quelque sorte à la musique : il exprime le rapport de deux quantités, dont l’une est à l’autre comme 15 à 10, ou comme 3 à 2 : on l’appelle autrement rapport sesquialtère. — C’est de ce rapport que naît la consonnance appelée diapente ou quinte ; et l'ancien rhythme sesquialtère en naissait aussi. — Æémiolien est le nom que donne Aristoxène à l’une des trois espèces du genre chromatique, dont il explique les divisions. Le tétracorde 30 y est partagé en trois intervalles, dont les deux premiers, égaux entre eux , sont chacun la dixième partie, et dont le troisième les deux tiers : 5 Æ 54 20 == 30. » (Id., /bid., Hé: miole, Hémiolien.)

Airmhastw locus. Lindenbrog pense qu’il vaudrait mieux lire : tTA4c1os 16Yo£.

Proportionem supertertliam. « La quarte est la troisième des consonnances dans l’ordre de leur génération. Elle est une consonnance parfaile : son rapport est de 3 à 4; elle est composée de trois degrés diatoniques formés par quatre sons, d'où lui vient le nom de çuarle; son intervalle est de deux éons et demi; un {on majeur, un {on mineur, et uu semi-ton majeur. » (Id. Zbid., Quarte.)

Sescupla proportio. « La quinte est la seconde des | consonnances dans l’ordre de lenr génération. Elle est

NOTES SUR

une consonnance parfaite; son rapport est de 2 à 3 : elle est composée de quatre degrés diatoniques, arrivant au cinquième son, d’où lui vient le nom de quinte : son intervalle est de trois {ons et demi , savoir, deux {ons majeurs, un {on mineur, etunsemi-ton majeur. » (Id., Jbid., Quinte.)

Duplam proportionem. « L'oclave est la première des consonnances dans l'ordre de leur génération. Elle est la plus parfaite des consonnances ; elle est, après l'unisson, celui de tous les accords dont le rapport est le plus simple;

l'unisson est en raison d’évalité, c’est-à-dire comme 1 est à |

1 : l’oc{ave est en raison double, c’est-à-dire comme 1 est à 2 : les harmoniques des deux sons dans l’un et dans l’autre s'accordent tous sans exception; ce qui n’a lieu dans aucun autre intervalle. Enfin ces denx accords ont tant de conlormilé, qu’ils se confondent souvent dans la mélodie, et que, dans l’harmonie même, on les prend presque indifféremment l’un pour l’autre. — Cet intervalle s'appelle eclave , parceque, pour marcher diatoniquement d’un de ces termes à l’autre, il faut passer par sept degrés , et faire entendre huit sons différents. — L’oclave renferme entre ses bornes tous les sons primitifs et originaux : ainsi, après avoir établi un système ou une suite de sons dans l'étendue d’une octave, si l'on veut prolonger cette suite, il faut nécessairement reprendre le même ordre dans une seconde oc{ave par une série semblable, et de même pour une troisième et pour une quatrième octave, où l’on ne trouvera jamais aucun son qui ne soit la réplique de quelqu'un des premiers. Une telle série est appelée échelle de musique dans sa première oclave, el réplique dans toutes les autres. C’est en vertu de cette propriété de l’octave qu’elle a été appelée diapason parles Grecs. » (Id., Zbid., Octave.)

Augmiento additi ponderis. De la formule qui résulte des lois des variations des cordes tendues, lois trouvées par Taylor, célèbre géomètre anglais, et démontrées depuis par Jean Bernouilli, J. J. Rousseau a tiré les trois corollaires suivants, qui servent de principes à la théorie de la musique : « [. Si deux cordes de même matière sont égales en longueur et en grosseur, les nombres de leurs vibrations en temps égaux seront comme les racines des nombres qui expriment le rapport des tensions des cordes. — IL. Si les tensions et les longueurs sont égales , les nombres des vibrations en temps égaux seront en raison inverse de la grosseur ou du diamètre des cordes.— III. Si les tensions et les grosseurs sont égales, les nombres des vibrations en temps égaux seront en raison inverse des longueurs. — Pour l'intelligence de ces théorèmes, je crois devoir avertir que la tension des cordes ne se représente pas par les poids tendants , mais par les racines de ces mêmes poids; ainsi, les vibrations élant entre elles comme les racines carrées des tensions, les poids tendants sont entre eux comme les cubes des vibrations, etc. — Des lois des vibrations des cordes se déduisent celles des sons qui résultent de ces mêmes vibrations dans la corde sonore. Plus une corde fait de vibrations dans un temps donné , plus le son qu’elle rend est aigu ; moins elle fait de vibrations, plus le son est grave; en sorte que les sons suivant entre eux les rapports des vibralions, leurs intervalles s'expriment par les mêmes rapports; ce qui soumet toute la musique au caleul. » (1d., 1bid., Corde sonore.)

XI. Hi quatuor nwmeri, ete. Voyez Clément d'Alexandrie ( Stromat. V1).

Eum rékeuvy Græci. Voyez Euclide (1. VII, Zlement., defin. 2), Vitruve (1. IE, c. 1), saint Augustin ( De civit. Dei, 1. XI, c. 30; De trinit., |. XI, c. 4), Cassiodore (1. 1, Variar. epist. 10).

Ad diem ducentesimum decimum. Hippocrate ( De septim. par!. ) et Polybe de Cos (Clement. Alexandr., Strom. 6) admettaient un nombre moins fort , c’est-à-dire eent quatre-vingt-deux jours

Seplenario.…. quo tola vila humana finilur. Voyez plus haut la première note du chapitre 7. Quant à Galien, il se riait de la prétendue vertu du nombre septenaire (De dieb. decret., 1. WIK, c.8).

Hippocrales quoque.V.Hippoer. (De septimest. part.).

Parvuli… per hos dies morbidi. Voyez Hippocrate (1bid. et Aphor. 28), Pline(l. VIE, c. 5), et Celse(l. IF, c. 1).

Sinerisu. Voyez Aristote (Hist. animal. |. VI, c. 10), Solin (c. 4), Pline (1. VII, Zn proæm.), et Hippocrate (De seplim. part.).

Unde autem mens humana, ete. Voyez Hippocrate (De nat. puer. et De carnib.).

A secla non discrepat. Tennemann a résumé de la manière suivante la doctrine des pythagoriciens : « Les nombres sont les principes, aitu, des choses (Aristote, 1/ctaph., 1. 1, c.3; Jamblic., Vié. Pythag., c. 15, p. 120, et Héraclide Pont. ). En appliquant à l’ordre de la nature et à la régularité des formes leur esprit nourri d'idées mathémaliques , les pythagoriciess furent naturellement amenés à prendre le système des nombres pour celui des choses; el ils crurent pouvoir y reconnaitre les formes et la substance des êtres, appelant ceux-ci une imitation des nombres, piunorv eivas ta ovrat@v &puôu@y (Aristote, Métaph., * LI, ch. 3,5, 6; liv. XII, ch. 6, 8).Les nombres sont on impairs, retro, ou pairs, &ptteu; le principe des premiers est l'unité, pLovèc ; celui des seconds , la dualité, Gvac. Les nombres impairs sont limités et complets; les nombres pairs , illimités et incomplets. Le principe absolu de toute perfection est donc l’unité et la limitation, terzpxouevov; celui de limperfection est la dualité et l'infini, àretpos. Les dix nombres fondamentaux représentés dans la tétraclys (Sext. Empir., Ado. Math., 1. IV, ©. 3 ; J. Geo. Michaelis, Diss. de tetracty. pythagorica., Francof. ad Viad., 1735 ; Erh. Weigel, Telractys pythagorica), retracer le système complet de la nature; par les rapports des nombres, on peut concevoir la substance des êtres, comme par ses combinaisons numériques on détermine l’origine et la formation des choses : de là application des nombres à la physique, la psychologie et la morale. » (fennemann, Man. de l'hist. de la phil., tr. de M. Cousin, L. E, p. 94).

XII. Et animis permovendis plurimum valet. Voyez Cicéron (De Legib., 1. XL), Macrobe (/n somn. Scip., 1. IE, €. 3), Isidore (Orig., 1. HE, c. 16), Alexandre d’Aphrodisée (L 1, problem. 78 et 119).

Ludi scenici placandorum deorum causa instituli non essent. Voyez Valère Maxime (I. II, c. 4), Arnobe (Advers. gent., |. VI), et Tite-Live (1. VI).

Tibicen omnibus supplicationibus. Cette coutume nous est attestée par la plupart des écrivains latins, Tite-Live, Horace, Virgile, Isidore (Orig., 1. Hi, c. 20), Ovide (Fast., 1. VI), Cicér. (Tuscul. quæst. 4), Macrobe (In somn. Scip., 1. If, c. 3), et par cette inscription (Gruter. Inscript. vet., p. 269) : TIBICINES ROMANI QUI SACRIS PUBLIC. PRÆST. SUNT.

Cum tibicine triumphus, Voyez Florus ( 1. IL, €. 11). Toutefois Plutarque ( {n Marcell.) dit que la trompette servail au triomphe, et la flûte à l'ovation.

Ludos publice facere, ac vesci in Capitolio. Voyez Tite Live (I. IX), Valère Maxime (1. IT, €. 5).

Epicuro reclamante.Voy. Cicéron ( Tusce. quæst. |. F).

In navis metu. Un commentateur a proposé de lire iei motu, et un autre meatu ; leçon qui transformerait en un usage constant ce qui, d’après la nôtre, n'avait lieu que dans quelques cas. Voyez, du reste, Asconins Pedianus (Orat. Cicer. in Verr.), Quintilien (1. 1, e. 14) et Isidore ( Orig., 1. IF, c. 16).

Legionibus quoque in acie dimicantibus eliam metus mortis classico depellitur. On a donné bien des raisons diverses de Pusage dela musique dans les armées chez les auciens. Aulu-Gelle en a reproduit quelques-unes dans le

NOTES SUR

‘passage suivant (l. 1, c. 11) : « Le grave historien des Grecs, Thucydide, rapporte que les vaillants guerriers de Lacédémone n’allaient point au combat au son des clairons et des trompettes, mais aux accords mélodieux de la flûte. Ce n'était point pour observer une coutume sacrée, ni pour accomplir aucune cérémonie religieuse : c’est qu’ils voulaient, au lieu d’exciter et de remuer les âmes par des sons éclalants comme ceux du clairon, les modérer et - les régler, en quelque sorte, par des modulations douces, comme celles de la flûte. Ils pensaient que dans la rencontre avec l'ennemi , et dans le commencement de l'action, rien n’élait plus propre à donner au soldat une salutaire pruden-

ce, et à élever son courage, que l'impression de ces accords

paisibles, qui prévenait l’ardeur d’une fougue emportée. Au moment done où les bataillons étaient prêts, les lignes - formées , et où l’armée commençait à marcher vers l’ennemi, des joueurs de flûte, piacés dans les rangs ,exécutaient leurs airs. Ce prélude tranquille, ce concert doux et imposant, étaient comme une sorte de discipline musicale qui tempérait l’impétuosité des guerriers, et les empêchait de s’élancer en désordre et de se disperser en attaquant. Mais il est bon de citer ici l'illustre et véridique historien, dont les paroles mêmes auront plus de poids : « Alors les deux ar- « mées se portèrent l’une contre l’autre : les Argiens s’a- « vançaient avec fougue el colère : ies Spartiates marchaïent « lentement, au son de flûles nombreuses placées au milien « des bataillons , selon la coutume adoptée chez eux. Ce « n’est point un rit religieux : le but de cette coutume, « c'est que les soldats puissent s’avancer au combat du « même pas, avec ordre et en cadence, sans rompre leurs « rangs, sans se disperser, comme il arrive souvent aux « grandes armées, quand l’action s'engage. » On dit que chez les Crétois c’étaient des harpes qui appelaient les soldats au combat, et réglaient leur marche au moment de lat. laque. « Hérodote rapporte dans son histoire que le roi de Lyde, Halyatte, prince livré aux mœurs efléminées et au luxe de l'Asie, menait avec son armée, et employait à donner le signal du combat, des musiciens jouant de la flûte et de la lyre, et même des joueuses de flûte, accoutumées à figurer dans ses voluptueuses orgies. » D’un autre côté, « Homère nous montre les Grecs marchant à l'ennemi, non aux accords des instruments, mais au milieu du silence, remplis de force et de résolution par le sentiment de leur commune ardeur. » Voyez aussi Polybe (1. IV), Plutarque (De musica), Valère Maxime (1. IE, c. 6, $ 2), Athénée (1: XIV), Jean Chrysostome ( Orat. ad Alexandr.), Polyène (1. 1), Élien (Var. hist, 1. IL, c. 44) , Lucien (Fepi opyñc), Sénèque ( De ira, 1. I, c. 9), Martianus Capella (I. IX), Boëce (Demusica, c. 1), Pollux (I. LV, c. 9), Isidore (Orig ,1. HE, c. 16).

Quamobrem Pythagoras…… cithara…. cantare consueverat. Voyez Quintilien (Jns£. orat., |. IX, c. 4), Cicéron (Tusc. queæst. 4), Sénèque (De ira, 1. IH, c. 9), Jamblique(Devita Pythag., l. T,c. 25), Plutarque (De Isid. et Osir.), Élien (Var. hist, 1. XIV, c. 23), Athénée (I. XIV),

- saint Ambroise ( De virginib., 1. I), Boëce (De musica,

1. 1,c. 1), Philostrate (De vita Apollonii, 1. I, €. 14). Asclepiades medicus, phreneticorum mentes morbo turbatas, sæpe per symphoniamsuænatureæ reddidit. De nos jours encore, on a essayé le pouvoir de la musique sur les aliénés; mais, à ce qu'il paraît, sans succès. Dans

» l'antiquité, ce n’était pas seulement pour la folie, mais pour

des maux physiques, que l’on cherchait un remède ou au Moins un adoucissement dans la musique. « C’est une croyance très-répandue, dit Auln-Gelle (1. IV, c. 13), qu'un homme en proie à un accès de goutte sent diminuer la douleur, lorsqu'on joue auprès de lui un air doux sur la flûte. J'ai lu dernièrement dans Théophraste que des sons habilement modalés sur la flûte pouvaient guérir la morsure des vipères. Démocrite rapporte la même chose dans l’ou-

vrage qui traite De .a peste et des maladies contagieuses s il y atteste que, dans plusieurs maladies, les atcords de la flûte penvent être employés comme remède.» — Voyez aussi Martiauus Capella {l. 1X), Apollonius ( De snirabil. hist., sect. 48).

Lrophilus…. venarum pulsus rhythmis musicis ait moveri. Aulu Gelle dit la même chose. Voyez la fin de la première note du chapitre 7. Voyez aussi Martianus Capella (L IX), Pline (I. XXIX, c. 1), Vitruve (LI, c. LE

XUT. Pylhagoras prodidit, hunc totum mundumonusica factumratione. Voyez l'explication, plus étendue, de ce système, dans Macrobe (Commentaire sur le songe de Scipion, 11H, ch. 1, 2, 3,4). Voyez aussi Athénée (Dipnosoph., 1, XIV), Sidoine Apollinaire(Carm.15), Barthélemy (Anachars., ch. 27, 31), Mémoir. de l’Acad. des inscript. (Mus. des anc.), Aristote ( Probl. 19 et 39), Plntarque (Demusica), Mart. Capella, Boëce, Ptolémée, le Batteux (Notes sur Timce de Locres).

Septemque stellas..…. vagas Censorin, à la fin de ce même chapitre, et au commencement du huitième, a encore employé le mot vagæ pour désigner les étoiles errantes. Varron, cité par Aulu-Gelle (I. HE, c. 10), dit qu’on les appelait ordinairement erraticæ, el que P. Nigidius les nommait errones. Voyez aussi Cicéron (De nat. deor.; 1.11), Aulu-Gelle (1. XIV, c. 1), Macrobe ( Zn somn. Scip., C. 14), Isidore (Orig., 1. II, c. 56), Platon (De {egib., 1. V1), Pline (1. IH, c. 6).

‘Mortalium geneses. Cette expression avait plusieurs synonymes. Vilruve, pour désigner la même chose, emploie le mot nascentia (1. 1X, c.7), Spartien le mot genitra (In Anton. Geta), et Tertullien, nativilas (De idol., ©. 9). — Voyez d’ailleurs, sur cette prétendue science, Sénèque (Consol.ad Marc., c. 18), Cicéron (De divin. 1. I), Sextus Empyricus (Advers.mathem.,c. 21), Simplicias (In Epictet., c. 1), Bardesanes Syrus (Apud Euseb. de Prcæpar. Evang., 1. VL), saint Augustin ( De civil. Dei, |. V, c. 1), et la première note du chapitre 8.

Intervalla musicis diastemalis congrua. Voyez, sur cette harmonie céleste, Héraclide le Pontique (Zn allegor. Homer.), Chalcidius (In Tim. Plat.), Macrobe (in somn. Scip., 1. IE, €. 4), Nicetas Choniate ( Thesaur. orthod., LIL, c. 8), Isidore (Orig., 1. HI, c. 16), Aristote (De cœlo, 1. Il, €. 9).

Bratosthenes geometrica ratione collegit, ete. Voyez Cassiodore ( De geomet.), Slrabon (1. IL), Vitruve, (1. I, c. 6), Pline (1. IF, c. 108), Macrobe (Zn somn. Scip., 1110720).

Maxinrum terre cireuitumessestadiorum cezn millia. Cléomède (Mefeor.,l.1, €. 1) retranchait 2,000 stades du nombre donné par Ératosthène ; et Martianus Capella, au contraire (1. VII), avait trouvé quatre cent six mille dix stades, nombre qui se rapproche de celui d’Aristote (De cœælo, 1. 11.)

Italicum.… pedum »exxv. C’est le nombre de pieds donné aussi au stade ilalique par Pline (1. IF, c. 23); par Columelle (Dere rust., |. V, c. 1), et par Isidore (Orig., XV CNE)

Olympicum... pedum vc. Cette mesure est conforme à celle d'Hérodote (1. 11) et d’Aulu-Gelle (1. I, €. 1). Mais il paraît qu'il ny avait aucune différence entre le stade italique et lestadeolympique, malgré ce quedit ici Censorin.

Pythagoras putavit esse stadiorum circiter cxxv millia. C’est le nombre de stades donné aussi par Pline (1. HE, c. 21). Mais Ératosthène pensait que cette distance était de sept cent quatre-vingt mille stades. Plutarque ( De plait. philos., 1. I, ce. 31).

Mercurii. D’autres appelaient Apollon (Pline, 1. IT, e. 8) l'étoile de Mercure, de même qu’on appelait Junon (Tim., de anima mundi, Hygin, Astron., |. Fi), ou Isis (Pline,

#bid.), ou Lucifer et Vesper (Pla!., In Epinom.), celle de Vénns; Hercule (Hygin. et Plin. 1. c.; Macrobe, Saturn. 1. II, c. 12), celle de Mars; Osiris (Achil. Stat., In phœnom. Arat.), celle de Jupiter, el Mémésis (1d. {bid.), celle de Saturne. Il faut en outre observer que les anciens ne s’accordaient pas sur l’ordre des étoiles errantes. L’ordre établi par Pythagore et suivi par Censorin l'a été aussi par Cicéron ( De divin., 1, 1; De republ.; In somn. Scip., |. VI), par Pline (I. HE, c. 23), par Manilius(As/ron., 1. 1), par Géminus (De apparentiis cælest.), par Cléomède (Metcor., 1. I, c. 111), par Hygin ( De limit. agror.), par Chalcidius (In Tim. Plat.), par Suidas (In èroyh). Mais Timée de Locres, Ératosthène, Macrobe (Somn. Seip., LE, c. 19, 21), Platon, Plutarque (De placit. phälos., |, I, c. 15), et quelques autres, les ont rangées dans l’ordre sni.vant : la Lune, le Soleil, Mercure, Vénus , Mars, Jupiter, Saturne. Quant à Aristote ( De mund.), Cicéron ( De nat. deor.., 1. 11), Apulée ( De mund., |. 1), ils ont adopté celui-ci : la Lune, le Soleil, Vénus, Mercure, Mars, Jupiler, Saturne.

Ab eodem cœlo tonos esse sex. D’après Censorin luimême (c. 10), la consonnance appelée diapason à cinq tons et deux semi-tons, comme le disaient Pythagore et les géomètres, lesquels ont démontré que deux semitons ne peuvent faire un lon. Mais Censorin suit ici Aris- Loxène , comme il le dit au commencement de ce chapitre. D'un autre côté, Pline (1. If, c. 23) et Anselme l’Ancien ( De imag. mund., |. 1, c. 23) comptent sept tons de la terre au ciel supérieur. Voyez, pour l'intelligence de ce chapitre, la figure ci-jointe, où sont représentés les six tons dont parle notre auteur :

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