Parmi ces espèces de serpents, les plus à
vel cum melle sal fostus. Cognovi tamen medicos, qui ab scorpione ictis nihil aliud, quam ex brachio sanguinem miserunt.
6. Et ad scorpionis autem et ad aranei ictum , allium cum rula recte miscetur, ex oleoque contritum superimponitur.
7. At si cerastes, aut dipsas, aut hæmorrhois percussit, asphodeli, quod Ægyptiæ fabæ magnitudinem æquet, arefactum , in duas potiones dividendum est, sic ut ei rutæ paulum adjiciatur. Trifolium quoque et mentastrum, et cum aceto panaces æque proficiunt. Costumque , et casia, et cinnamomum recte per potionem assumuntur.
8. Adversus chersydri vero ictum, panaces, aut laser, quod sit scripulorum in. s. * 1. vel porri succus cum hemina vini sumendus est, et edenda multa satureia. Imponendum aulem super vuluus stercus caprinum ex acelo coctum; aut ex eodem hordeacea farina ; aut rula, vel nepeta, cum sale contrita, melle adjecto. Quod in eo quoque vulnere, quod cerastes fecit, æque valet.
9. Ubi vero phalangium nocuit, præter eam curationem, quæ manu redditur, sæpe homo demittendus in solium est, dandusque ei myrrhæ et uvæ taminiæ par modus ex passi hemina; vel radiculæ semen, aut lolii radix ex
craindre appartiennent aux pays étrangers, et se trouvent surtout dans les climats très-chauds. Il suit de là que l’Italie et les régions plus froides présentent encore cet avantage que les reptiles y sont moins redoutables. Il suffit, pour neutraliser leur venin, d'employer la bétoine, la giroflée sauvage, la centaurée, l’aigremoine, la germandrée, la bardane, le panais maritime. Après avoir écrasé une ou deux de ces substances , on en fait prendre à l’intérieur dans du vin, et on s’en sert pour panser la plaie. Il est important de savoir que les blessures faites par tous les reptiles venimeux sont plus dangereuses quand la faim les presse, et lorsque l'individu blessé est lui-même à jeun. Ainsi pendant le temps où ils couvent, ils sont beaucoup plus terribles ; et si l’on craint leur rencontre, on fera très-bien de ne pas se mettre en route avant d'avoir mangé.
11.11 n’est pas aussi facile de secourir ceux qui ont avalé du poison dans leurs aliments ou dans leurs boissons, d’abord parce qu'ils n’en ressentent pas les effets aussi promptement que s'ils avaient été mordus par un serpent, et que dès lors ils ne peuvent mettre autant d’empressement à prévenir le danger. La seconde raison, c’est que le mal se déclare à l’intérieur, au lieu de commencer par les téguments. Aux premiers symptômes de l’empoisonnement, la meilleure chose à faire est de provoquer le vomissement en buvant beaucoup d'huile; puis, quand on a vidé l'estomac, il convient de prendre un antidote, ou, faute de ce moyen, du vin pur.
12. Il existe pourtant des spécifiques à l’aide desquels on peut neutraliser certains poisons, et ce sont, il est vrai, les moins violents. Sil'ona par exemple avalé des cantharides , il faut adminis-
vino; et super vulnus furfures ex aceto cocli, imperandumque , ut is conquiescat.
10. Verum hæc genera serpentium et peregrina , et aliquanto magis pestifera sunt ; maximeque æstuosis locis gignuntur. Italia frigidioresque regiones hac quoque parte salubritatem habent, quod minus terribiles angues edunt. Adversus quos satis proficit herba Vettonica, vel Cantabrica, vel centaurion, vel argemonia, vel trixago, vel personina, vel marina pastinaca, singulæ binæve tritæ, et cum vino potui datæ, et super vulnus impositæ. lllud ignorari non oportet, omnis serpentis ictum et jejuni et jcjuno magis nocere : ideoque perniciosissimi sunt, cum incubant ; utilissimumque est, ubi ex anguibus metus est, non ante progredi, quam quis aliquid assumpsit.
11. Non tam facile jis opitulari est, qui venenum, vel in cibo, vel in potione sumpserunt : primum, quia non protinus sentiunt, ut ab angue icti; ita ne succurrere quidem statim sibi possunt : deinde, quia noxa non a cute, sed ab interioribus partibus incipit. Commodissimum est lamen , ubi primum sensit aliquis, protinus oleo multo epoto vomere : deinde, ubi præcordia exhausit, bibere antidotum ; si id non est, vel merum vinum.
12. Sunt lamen quædam remedia propria adversus quædam venena, maximeque leviora. Nam si cantharidas ali-
CELSE
trer du panax écrasé dans du lait, ou du galbanum dans du vin, ou bien du lait pur.
13. Si c'est la ciguë qui produit les accidents , il faut prendre une grande quantité de vin chaud avecde la rue, puis le rejeter par le vomissement. On donne ensuite de l’assa-fœtida dans du vin, et si le malade est sans fièvre, on le met au bain ; s’il existe de la fièvre, on pratique des onctions avec des drogues échauffantes , et apres cela le repos devient nécessaire.
14. Si le poison vient de la jusquiame, on devra boire de l’hydromel bien chaud , ou toute espèce de lait, mais de préférence celui d’ânesse.
15. S'il vient de la céruse, on se trouve trèsbien de prendre du suc de mauve, ou des noix écrasées dans du vin.
16. Si on a avalé une sangsue, on doit boire du vinaigre avec du sel. Si du lait s’est caillé dans l'estomac, il faut prendre du vin de raisins cuits au soleil , ou de la présure , ou de l’assa-fœtida dans du vinaigre.
17. Si l'on a mangé de mauvais champignons, on devra faire usage de raifort, soit avec l’oxycrat , soit avec le sel et le vinaigre. On peut au reste , d’après la forme extérieure, distinguer les champignons nuisibles de ceux qui ne le sont pas ; il y à même une manière de les apprêter qui enleve aux premiers tout principe malfaisant. Il suffit pour cela de les faire cuire dans de l'huile, ou d'ajouter pendant la cuisson une petite branche de poirier.
18. Les brûlures dépendent également de causes extérieures ; aussi me paraît-il à propos d’en parler ici. On guérit parfaitement ces lésions par l'application immédiate de feuilles de lis, de cynoglosse, ou de bette, qu’on fait bouillir dans
quis ebibit, panaces cum lacte contusa, vel galbanum vino adjecto dari, vel lac per se debet.
13. Si cicutam, vioum merum calidum cum ruta quamplurimum ingerendum est, deinde is vomere cogendus ; posteaque laser ex vino dandum : isque, si febre vacat, in calidum balneum mittendus ; si non vacat, ungendus ex calefacientibus est : post quæ quies ei necessaria est.
14. Si hyoscyamum, fervens mulsam bibendum est, aut quodlibet lac, maxime tamen asininum.
15. Si cerussam, jus malyæ vel juglandis ex vino contrilæ maxime prosunt.
16. Si sanguisuga epola est, acetum cum sale bibendum est. Si lac intus coïit, aut passum, aut coagulum, aut cum aceto laser.
17. Si fungos inutiles quis assumpsit, radicula aut e posCa , aut Cum sale et aceto edenda est. Ipsi vero hi et specie quidem discerni possunt ab utilibus, et cocturæ genere idonei fieri. Nam sive ex oleo inferbuerunt, sive piri surculus cum his inferbuit, omni noxa vacant.
18. Adustis quoque locis extrinsecus vis infertur : itaque sequi videtur, ut de his dicam. Hæc autem optime curantur foliis aut lili, aut linguæ caninæ, aut betæ in vetere vino oleoque decoctis : quorum quidlibet protinus impositum ad sanitatem perducit. Sed dividi quoque cu-
du vin vieux et de l'huile. Le traitement des brûlures comporte aussi deux sortes de moyens curatifs : les uns, àtitre de légers cathérétiques et de répercussifs, préviennent d’abord la formation dephlyctènes etdurcissent l'épiderme ; les autres, dont on se sert ensuite , achèvent comme émollients la guérison du mal. Aunombredes premiers, se trouvent la farine de lentille mêlée avec le miel, la myrrhe délayée dans du vin, et la terre cimolée, broyée avec l'écorce de l'arbre qui porte l'encens; ces deuxmatières sont liéesensembleavec del’eau,et, pour l'usage, délayées dans du vinaigre. Les seconds se composent de tous les topiques appelés lipares; mais les meilleurs sont ceux dans lesquels on fait entrer des scories de plomb, ou des jaunes d'œufs. Une autre méthode consiste encore à appliquer pendant la période inflammatoire un mélange de lentille et de miel, puis, l’inflammation passée, à se servir, jusqu’à la chute des escarres, soit de farine et de rue, soit de poireau ou de marrube. Pour déterger la plaie, on fait usage ensuite d’ers incorporé dans du miel, ou, si l'on veut, d’iris, ou de térébenthine ; et l’on pause en dernier lieu avec de la charpie sèche.
XX VIII. 1. Des lésions produites par des causes externes , nous devons passer à celles qui résultent de la corruption des organes situés à l’intérieur du corps. Parmi ces dernières, il n’en est pas de plus grave que le charbon, qu'on reconnaît aux caractères suivants : le point affecté présente de la rougeur et des pustules peusaillantes, noires le plus souvent, et d’autres fois presque livides ou pâles, dans lesquelles il paraît exister de la sanie ; au-dessous la couleur est noire; l’endroit charbonneux, sec et plus dur que dans l’état naturel, est couvert d’une espèce de croûte environnée d’un cercle inflammatoire ; la peau, qu’on ne peut
ralio potest in ea, quæ mediocriter exedentia reprimentiaque, primo et pustulas prohibeant , et summam pelliculam exasperent : deinde ea, quæ lenia ad sanitatem perducant. Ex prioribus est lenticulæ cum melle farina, vel myrrha cum vino , vel creta Cimolia cum thuris cortice contrita, et aqua coacta, atque ubi usus necessitas incidit, aceto diluta : ex insequentibus, quælibet lipara ; sed idonea maxime est, quæ vel plumbi recrementum, vel vitellos habet. Est etiam illa adustorum curatio, dum inflammatio est, impositam habere cum melle lenticulam : ubi ea declinavit, farinam cum ruta, vel porro, vel marrubio, donec crustæ cadant : tum ervum cum melle, aut irim, aut resinam terebinthinam , donec ulcus purum sit : novissime siccum linamentum.
XXVIIH. 1. Ab his, quæ extrinsecus incidunt, ad ea veniendum est, quæ interius , corrupta aliqua corporum parte, nascuntur. Ex quibus non aliud carbuneulo pejus. Ejus hæ notæ sunt : rubor est superque eum non nimium pustulæ eminent, maxime nigræ, interdum sublividæ, aut pallidæ ; in his sanies esse videtur ; infra color niger est; ipsum corpus aridum, et durius, quam naturaliter oportet ; circaque quasi crusta est; eaque inflammalione
soulever, paraît fortement adhérente aux tissus sous-jacents; il y a somnolence, quelquefois frisson ou fièvre, ou ces deux états à la fois. Ce mal fait des progrès en envoyant des espèces de racines à l'intérieur, et la marcheenest plus ou moinsrapide. En s'étendant, il blanchit au sommet. devient ensuite livide, et est entouré de petites pustules. Lorsqu'il envahit l’œsophageou l’arrière-gorge, il détermine souvent la suffocation. Le meilleur traitement consiste à cautériser sur-le-champ; et cela peutse faire sans gravité, puisque les chairs étant mortes, le malade n’éprouve aucune douleur. On cesse la cautérisation quand toute la surface est devenue douloureuse, puis on traite la plaie comme toute autre brülure. Par suite de l'application des caustiques, il se forme une escarre qui se sépare entièrement des parties vivantes, emportant avec elle le principe vicieux, de sorte qu’il ne reste plus qu’uneplaie de bonne nature, qu'on panse à l’aide des cicatrisants. Si le charbon n’intéresse que les téguments, on peut se contenter d'employer des cathérétiques, ou même des caustiques dont l'énergie doit se trouver en rapport avec le degré du mal. Mais le remède, quel qu’il soit, s’il agit convenablement, produit une séparation immédiate entre le mort et le vif; et l’on ne peut guère douter d’un bon résultat, en voyant les parties en contact avec le médicament se détacher de tous côtés. Quand cela n’a pas lieu, c’est que le mal est plus fort que le remède, et dans ce cas il faut se hâter de faire usage du feu. Mais il importe alors de supprimer les aliments et le vin ; en revanche, il convient de boire beaucoup d’eau. Ces précautions seront encore plus nécessaires s'il survient un mouvement fébrile.