‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 44 sur 265 · LIBER SEXTUS · texte numérisé non relu

LIBER SEXTUS

I. Dixi de ïis vitüs, quæ per {otum corpus orientia , medicamentorum auxilia desideranf : nunc ad ea veniam, quæ non nisi in singulis partibus incidere consuerunt, orsus a capite. In hoc igitur capillis fluentibus maxime quidem sæpe radendo sucecurritur. Adjicit autem vim quamdam ad continendum ladanum cum oleo mistum. Nunc de iis capillis loquor, qui post morbum fere fluunt. Nam, quominus caput quibusdam ætate nudetur, succurri nullo modo potest.

IT. Porrigo autem est, ubi inter pilos quædam quasi squamulæ surgunt, eæque a cute resolvuntur; et interdum

fois ne rien sentir. Dans la plupart des cas elle oceupe le cuir chevelu, plus rarement la barbe, et parfois les soureils. Constamment lié à quelque vice de la constitution , le porrigo n’est pas toujours sans utilité. IL ne se montre pas, il est vrai, quand la tête est exempte de toute lésion ; mais si elle devient le siége d’un principe vicieux, il n'y a pas d'inconvénient que le mal se jette sur les téguments du crâne, plutôt que d’envahir une partie plus importante, En conséquence, au lieu de chercher à guérir la maladie radicalement, il vaut mieux entretenir la propreté de la tête en la peignant souvent. Si pourtant le porrigo finit par importuner le malade, ce qui arrive s’il est suivi d'écoulement, et plus encore s’il contracte une odeur fétide, il faut alors raser la tête à plusieurs reprises, et seconder ce moyen par l'application de légers astringents , tels que le nitre associé au vinaigre, le ladanum mélangé avec l'huile de myrte et le vin, ou le myrobolanum administré dans du vin. Si ces remèdes sont insuffisants , on en donnera de plus énergiques; mais on n'oubliera pas que ceux-ci ne conviennent pas lorsque l’affection est récente. HIT. Un autre uleère a recu des Grecs le nom de cüxwstç (2), d'après la ressemblance qu’il offre avec une figue. Ici la chair fait excroissance, et c'est même un caractère général de cette maladie, dont il existe deux espèces. La première est constituée par un ulcère dur et rond, la seconde par un uleère humide et inégal. De celui qui est dur, suinte une humeur gluante; celui qui est humide fournit un écoulement plus abondant et de mauvaise odeur. L'un et l’autre envahissent les parties garnies de poils ; mais l’ulcère calleux

madent, multo sæpius siccæ sunt. Idque evenit modo sine ulcere, modo exulcerato loco : uic quoque modo malo odore, modo pullo accedente. Fereque id in capillo fit, rarius in barba , aliquando etiam in supercilio. Ac neque sine aliquo vitio corporis nascitur, neque ex toto inutile est. Nam bene integro capite, non exit : ubi aliquod in eo vitium est, non incommodum est, simmam cutem potius subinde corrumpi, quam id, quod nocet, in aliam partem magis necessariam verli. Commodius est ergo subinde pectendo repurgare, quam id ex toto prohibere. Si tamen ea res nimium offendit (quod humore sequente fieri potest; magisque si is etiam mali odoris est), caput sæpe radendum est; dein id super adjuvandum aliquibus ex leviter reprimentibus; quale est nitrum cum aceto, vel ladanum cum myrteo et vino, vel myrobalanum cum vino. Si parum per hæc proficitur, vehementioribus uti licet; cum eo, ul sciamus, utique in recenti vitio id inutile esse.

IT. Est eliam uleus, quod a fici similitudine cuxwots a Græcis nominatur. Caro excrescit : et id quidem generale est. Sub eo vero duæ species sunt. Alterum ulcus durum et rotundum est : alterum humidum et inæquale. Ex duro exiguum quiddam et glutinosum exit : ex humido plus, et mali odoris. Fit utrumque iu üis partibus, quæ pilis

et rond attaque principalement la barbe, et l’ulcère humide plus spécialement le cuir chevelu. Tous deux doivent être recouverts soit d’élatérium ou de graine de lin dont on fait des cataplasmes avec de l’eau, soit de figues bouillies dans de l'eau, ou de l’emplâtre tétrapharmaque malaxé avec du vinaigre. Il est bon aussi d’enduire le sycosis de terre d’Érétrie, qu’on détrempe dans du vinaigre.

IV. On reconnaît également deux espèces d’aréa (3), et elles ont cela de commun que l’épiderme étant privé de vie, les cheveux se dessèchent d’abord, et finissent par tomber. Si endroit affecté recoit un coup , il en sort un sang liquide et de mauvaise odeur. Sous ces deux formes l'aréa fait des progrès; mais ils sont rapides chez les uns et plus lents chez les autres. Le mal le plus grave est celui qui rend la peau épaisse , assez grasse et tout à fait lisse. L’espèce dite alopécie se développe dans tous les sens, et attaque les cheveux et la barbe; celle au contraire qu’on nomme ophiase, par comparaison avec un serpent, commence à la région occipitale; elle n'excède pas la largeur de deux doiots, et envoie deux prolongements qui rampent jusqu'aux oreilles, quelquefois même jusqu’au front, sur lequel ils se confondent. On observe la première espèce à tout âge; la seconde ne se rencontre guère que dans l’enfance; l’alopécie ne guérit presque jamais sans traitement, tandis que l’ophiase s’arrête souvent d’elle-même. Quelques médecins irritent avec le scalpel la surface de ces deux sortes d’aréa; d’autres ont recours à des applications de caustiques mêlés avee de l’huile, et emploient surtout le papyrus

conteguntur : sed id quidem, quod callosum et rotundum est, maxime in barba ; id vero, quod humidum, præcipue in capillo. Super utrumque oportet imponere elaterium , aut lini semen contritum et aqua coactum, aut ficum in aqua decoctam , aut emplastrum tetrapharmacum ex aceto subactum. Terra quoque Eretria ex aceto liquata recte illinitur.

IV. Arearum quoque duo genera sunt. Commune utrique est, quod emortua summa pellicula pili primum extenuantur, deinde excidunt : ac, si ictus is locus est, sanguis exit liquidus , et mali odoris : increscitque utrumque in alüs celeriter, in aliis tarde. Pejus est, quod densam cutem, et subpinguem, et ex foto glabram fecit. Sed ea, quæ &@wrexio nominatur, sub qualibet figura dilatatur. Fit et in capillo, et in barba. Id vero, quod a serpentis similitudine ôgtacs appellatur, incipit ab occipitio ; duorum digitorum latitudinem non excedit ; ad aures duobus capilibus serpit; quibusdam etiam ad frontem, donec se duo capita in priorem partem committant. Jlud vitium in qualibet ætate est; hoc fere in infantibus : illud vix umquam sine curatione, hoc per se sæpe finitur. Quidam hæc genera arearum scalpello exasperant : quidam illipunt adurentia ex oleo; maximeque chartam combustam : quidam resinam lerebinthinam cum thapsia inducunt. Sed

CELSE

| coloris. Cetera non nisi in facie : lenticuk etiam in alia

brûlé ; il en est enfin qui se servent de résine de térébenthine, mélangée avec de la férule. Mais le mieux est de passer chaque jour le rasoir sur lesiége du mal, parce qu’en enlevant peu à peu l'épiderme, on met à découvert les racines des poils; et l’on doit insister sur ce moyen jusqu’à ce qu’on voie les nouvelles pousses se développer rapidement. Quant aux parties rasées, il suffit de les frotter avec de l’encre.

V. Il y a presque de la sottise à s'occuper des boutons, des lentilles et des éphélides; mais on ne peut arracher les femmes au culte de leur personne. Les boutons et les taches en forme de lentille sont déjà connus de tout le monde ; parmi ces dernières toutefois, il en est de plus rouges, de plus inégales, que les Grecs ont appelées signes, et qui se présentent plus rarement. On connaît beaucoup moins l’éphélide, laquelle n’est simplement qu’une tache inégale, dure, et d’une couleur désagréable. Les éphélides et les boutons ne viennent jamais qu’au visage ; les lentilles, il est vrai, se montrent quelquefois ailleurs, mais je n’ai pas vu là de raison suffisante pour en faire l'objet d’un chapitre spécial. Les boutons disparaissent très-facilement, à l’aide d’un topique composé de résine et d’alun en morceaux mêlés à parties égales, et additionnés d’un peu de miel. Les lentilles s’effacent, si on les couvre d’un mélange à parties égales de galbanum et de nitre, broyés dans du vinaigre jusqu’à consistance de miel. Ce médicament, après une application de plusieurs heures, est enlevé le matin à l’aide de lotions, et on le remplace par de légères onctions d’huile, L’éphélide cède à l'emploi de la résine, à laquelle on ajoute un tiers de sel fossile et un

nihil melius est, quam novacula quotidie radere : quia, cum paulatim summa pellicula excisa est, adaperiuntur pilorum radiculæ. Neque ante oportet desistere, quam frequentem pilum nasci apparuerit. Id autem, quod subinde raditur, illini atramento scriptorio satis est.

V. Pene ineptiæ sunt, curare varos, et lenticulas, et epbelidas : sed eripi tamen fœminis cura cultus sui non potest. Ex his autem , quæ supra proposui, vari lenticulæque vulgo notæ sunt; quamvis rarior ea species est, quam semion Græci vocant ; cum sit ea lenticula rubicundior , et inæqualior. Ephelis vero a plerisque ignoratur : quæ nihil est, nisi asperitas quædam et durities mal

parte nonnumquam nasci solet ; de qua per se scribere alio loco, visum operæ pretium non est. Sed vari commodissime tolluntur imposita resina , cui non minus quam ipsa est, aluminis scissilis, et paulum mellis adjectum est. Lenticulam tollunt galbanum et nitrum, cum pares portiones habent , contritaque ex aceto sunt, donec ad mellis crassitudinem venerint.-His corpus illinendum , et, interpositis pluribus horis, mane eluendum est, oleoque leviter ungendum. Ephelidem tollit resina, cui tertia pars salis fossilis et paulum mellis adjectum est. Ad omnia vero ista, atque etiam ad colorandas cicatrices, polest ea eomposi-

peu de miel. Lacomposition dont Tryphonle-père est l'inventeur peut aussi servir à emporter ces différentes taches, et à donner aux cicatrices une couleur convenable. On y fait entrer parties égales d'extrait de myrobolanum, de terre cimolée bleuâtre, d'amandes amères, de farine d’orge et d’orobe, d’herbe à foulon blanche et de graines de mélilot. Toutes ces drogues, mêlées ensemble, sont liées avec du miel extrêmement amer; on étend lesoir sur les taches une couche de ce mélange, qu’on enlève le matin par des lotions.

VI. 1. Ce sont là des affections bien légères sans doute, à côté surtout des accidents graves et variés qui menacent les yeux, organes trop nécessaires aux besoins comme aux agréments de la vie pour qu'on ne mette pas tous ses soins à les conserver. L’ophthalmie s’accompagne, dès le principe, decertains indices qui permettent d'établir un pronosticassuré. Ainsi quand il y a tout à la fois gonflement, écoulement de larmes et de pituite épaisse; quand la pituite est mélée de larmes , mais que celles-ci ne sent pas chaudes; que la pituite est blanche et douce; qu’enfin l'induration ne se joint pas au gonflement, il n’y a pas lieu de craindre que la maladie se prolonge. Au contraire, si les larmes sont abondantes et chaudes, s’il y a peu d'écoulement d’humeur, peu de gonflement, et qu'un seul œil soit affecté, l'affection sera longue, mais sans danger. Dans ce cas l’ophthalmie n’excite pour ainsi dire aucune douleur, mais elle ne disparaît guère avant le vingtième jour, et quelquefois persiste pendant deux mois. Au moment de la guérison la pituite devient blanche, douce, et se mêle aux larmes. Si les deux yeux sont pris en même temps, la durée du mal sera plus courte peut-être, mais on devra redouter quelque ulcé-

tio , quæ ad Tryphonem patrem auctorem refertur. In ea pares portiones sunt myrobalani magmatis, cretæ Cimoliæ subcæruleæ , nucum amararum , farinæ hordei atque ervi, struthä albi, sertulæ Campanæ seminis : quæ omnia contrita, melle quam amarissimo coguntur, illitumque a xespere usque mane eluitur.

VI. 1.Sed hæc quidem mediocria sunt. Ingentibus vero et variis casibus oculi nostri patent : qui cum magnam parlem ad vitæ simul et usum et dulcedinem conferant, summa cura tuendi sunt. Protinus autem orta lippitudine, quædam notæ sunt, ex quibus, quid eventurum sit, colligere possimus. Nam si simul et lacrima et tumor et crassa pituita cœperint ; si ea piluita lacrimæ mista est; neque lacrima calida est, pituita vero alba et mollis, tumor non durus, longæ valetudinis metus non est. At si lacrima mulla et calida, pituitæ paulum, fumor modicus est, idque in uno oculo est ; longum id, sed sine periculo , futurum est. Idque lippitudinis genus minime cum dolore est; sed vix ante vicesimum diem tollitur : vonnumquam per duos menses durat. Quandoque finitur, pituita alba et mollis esse incipit, lacrimæque miscetur. At si simul ea utrumque oculum invaserunt, potest esse brevior, sed

ration. La chassie, lorsqu'elle est sèche et dure, provoque, il est vrai, de la douleur ; et toutefois le mal sedissipe plus promptement, à moinsqu’ilnese fasse une ulcération. Un gonflement considérable, qui n'est point douloureux et ne fournit pas d’écoulement, n’entraîne aucun péril : si cependant, avec cet état de sécheresse, la douleur survient, il se forme presque toujours un ulcère, par suite duquel les paupières sont quelquefois collées au globe de l'œil. II y a également sujet de redouter une uicération des paupières ou de la pupille, lorsqu'indépendamment d’une douleur intense, les larmes sont salées et chaudes ; ou bien lorsque, le gonflementayant disparu, il se fait Jongtemps encore un écoulement de larmes et de pituite. Le pronostic est plus grave quand la pituite est pâle ou livide, que les larmes sont chaudes et coulent en abondance, que la tête est brülante, que la douleur se propage des tempes aux yeux, et qu'il y ade l’insomnie, L'œil se crève alors dans la plupart des cas, et l’on doit faire des vœux pour qu’il soit simplement ulcéré. Si la rupture de l’œil se fait intérieurement, une petite fièvre est un auxiliaire utile; mais le cas est sansremède, si l’œil une fois rompu fait saillie au dehors. Si quelque partie de l’organe passe du noir au blane, cet état est de longue durée ; d'un autre côté, s’il s’y forme des inégalités et des épaississements, on aperçoit toujours, même après laguérison, quelque vestige du mal. Nous tenons d’Hippocrate, l’un de nos plus anciens auteurs, qu'on guérit les maladies des yeux par la saignée, les médicaments, le bain et l’usage du vin; mais il ne s’est pas suffisamment étendu sur les raisons de recourir à l’un plutôt qu’à l’autre, et sur l'opportunité de ces divers remèdes ; ce sont là pourtant des choses capitales

periculum ulcerum est. Pituita autem sicca et arida dolorem quidem movet, sed maturius desinit ; nisi quid exulceravit. Tumor magnus, si sine dolore est, et siccus , sine ullo periculo est : si siccus quidem , sed cum dolore est, fere exulcerat ; etnonnumquam ex eo casu fit, ut palpebra cum oeulo glutinetur. Ejusdem exulcerationis timor in palpebris pupillisve est, ubi super magnum dolorem lacrimæ salsæ calidæque sunt ; aut etiam si, tumore jam finito, diu Jacrima cum pituita profluit. Pejus etiamnum est, ubi pituila pallida aut livida est, lacrima calida et multa profluit, caput calet , a temporibus ad oculos dolor pervent, nocturpa vigilia urget : siquidem sub his oculus plerumque rumpitur; volumque est, ut tantum exulceretur. Intus ruptum oculum febricula juvat : si foras jam ruptus procedit, sine auxilio est. Si de nigro aliquid albidum factum est, diu manet. At si asperum, et crassum est, etiam post curationem vestigium aliquod relinquit. Curari vero oculos sanguinis detractione, medicamento , balneo, vino, vetustissimus auctor Hippocrates memoriæ prodidit. Sed eorum tempora et causas parum explicuit : in quibus medicinæ summa est. Neque minus in abstinentia et alvi ductione sæpe auxilii est. Hos igitur inter-

en médecine, et souvent aussi la diète et les lavements ne sont pas d’un secours moins efficace que les moyens qu'il indique. Les yeux sont quelquefois le siége d’une inflammation caractérisée par du gonflement et de la douleur, suivis bientôt de l'écoulement d’une pituite abondante et âcre, mais qui sous ce double rapport peut varier en plus ou en moins. Les ophthalmies de ce genre doivent être combattues d’abord par le repos et l’abstinence. En conséquence le malade doit dès le premier jour coucher dans une chambre obscure, observer le silence, se priver de tout aliment , ne rien boire, pas même de l’eau, ou du moins n’en prendre que le moins possible. Quand les douleurs sont intenses, il vaut mieux pratiquer la saignée le second jour ; en cas d’urgence cependant, on n’attendra pas au lendemain, surtout si les veines du front sont gonflées, et si le sujet est d’une constitution forte et pléthorique. La maladie, lorsqu'elle se déclare avec moins d'intensité, n’exige pas un traitement aussi actif ; on se borne alors à prescrire des lavements, administrés seulement le second ou le troisième jour. On peut dans une inflammation légère se dispenser de ces remèdes, ainsi que de la saignée, et se contenter du repos et de la diète. II ne faut pas néanmoins imposer un long jeûne aux malades, car la pituite en deviendrait plus ténue et plus âcre ; aussi, le second jour on choisira, parmi les aliments les plus légers , ceux qui, comme les œufs mollets, peuvent épaissir les humeurs. Si le mal a perdu de sa violence, on permettra de la bouillie ou du pain trempé dans du lait; et les jours suivants, à mesure que l'inflammation diminuera, il sera possible d’augmenter l’alimentation, pourvu queles substances

dum inflammatio occupat : ubi cum tumore in his dolor est; sequiturque pituitæ cursus, nonnumquam copiosior vel acrior, nonnumquam utraque parle moderatior. In ejusmodi casu prima omnium sunt quies et abstinentia. Ergo primo die, loco obscuro cubare debet, sic, ut a sermone quoque abstineat; pullum cibum assumere; si fieri potesl, ne aquam quidem; sin minus, certe quam minimum ejus. Quod si graves dolores sunt, commodius secundo die; si tamen res urget, etiam primo sanguis mittendus est; utique si in fronte venæ tument, si firmo corpore materia superest. Si vero minor impetus minus acrem curationem requirit, alvum , sed non nisi secundo tertiove die duci oportet. At modica inflammatio neutrum ex his auxilium desiderat ; satisque est, uti quiete et abstinentia. Neque tamen in lippientibus longum jejunium necessarium est, ne pituita tenuior atque acrior fiat : sed secundo die dari debet id, quod levissimum videri potest ex iis, quæ pituifam faciunt crassiorem; qualia sunt ova sorbilia : si minor vis urget, pulticula quoque, aut panis ex lacie. Insequentibusque diebus, quantum inflamimationi detrabetur, tantum adjici cibis poterit; sed generis ejusdem : utique ut nihil salsum , nibil acre, nihil ex is, quæ extenuant, sumatur; nibil potui præter aquam. Et

soient de la même espèce. Par conséquent om ne donnera jamais rien de salé, rien d’âcre, rien d’atténuant, et l’eau sera la seule boisson. Tel est le régime qu'il estabsolument nécessaire d’observer. Le premier jour on doit immédiatement se servir d’un topique composé de safran p.”. 1. et de farine blanche très-fine P. *. 11, auxquels on donne des blancs d'œuf pour excipient jusqu’à consistance de miel; on enduit un linge de ce mélange agglutinatif, qu’on applique sur le front pour modérer le cours de la pituite en comprimant les veines. Sile safran vient à manquer, l’encens peut en tenir lieu, et il n’est pas moins indifférent d'employer du linge ou de la laine. Pour appliquer en onctions sur les yeux mêmes, on prend de safran une pincée, de myrrhe la grosseur d’une fève, et gros comme une lentille de larmes de pavot; on broie le tout dans du vin de raisins secs, et, à l’aide d’une sonde, on met le médicament en contact avec l'organe malade. Autre préparation pour le même objet: myrrhe P. *. 1. suc de mandragore p. *, 1.; larmes de pavot P. *. 11.3; feuilles de roses, semences de ciguë, ana P. Ÿ. III; acacia P. *. IV.; gomme P. *. vint. On fait usage de ces remèdes pendant le jour. La nuit, il convient, pour rendre le sommeil plus facile, de prescrire un cataplasme de mie de pain blanc qu’on a fait détremper dans du vin. Ce topique, en effet, arrête la pituite, absorbe les larmes, et empêche les yeux de se coller. Mais s’il paraît dur et pesant en raison de l'extrême sensibilité qui existe, il faut mettre dans un vase le blanc et le jaune d'un œuf, ajouter un peu d’hydromel, opérer le mélange avec ledoigt, puis, lorsqu'il est bien fait, étendre le remède sur de la laine molle et bien car-

victus quidem ratio talis maxime necessaria est. Protinus autem primo die, croci p. *. 1. et farinæ candidæ quam tenuissimæ p. *. n. excipere oportet ovi albo, donec mellis crassitudinem habeat : idque in linteolumillinere, et fronti agglutinare, ut, compressis venis, pituitæ impetum cohibeat. Si crocum non est, {hus idem facit. Linteolo an lana excipiatur, nibil interest. Superinungi vero oculi debent, sic, ut croci quantum tribus digitis comprehendi potest, sumatur, myrrhæ ad fabæ, papaveris lacrimæ ad lenticulæ magnitudinem, eaque cum passo conterantur, et specillo super oculum inducantur. Aliud ad idem : myrrhæ p. *.1. mandragoræ succi p. *. 1. papaveris lacrimæ p. *. 11. foliorum rosæ , cicutæ seminis, singulorum p. *. 111. acaciæ p. *. iv. gummi p. *. vi. Et hæc quidem interdiu : noctu vero, quo commodior quies veniat, non alienum est, superimponere candidi panis interiorem partem ex vino subactam : nam et pituitam reprimit, et, si quid lacrimæ processit, absorbet, et oculum glutinari non patitur. Si grave id ef durum, propter magnum oculorum dolorem , videtur, ovi et album et vitellus in vas defundendum est, adjiciendumque eo mulsi paulum, idque digito permiscendum : ubi facta unitas est, demitti debet lana mollis bene carpta, quæ id excipiat, superque oculos imponi. Ea res

dée, et l'appliquer sur le siége du mal. Ce médicament a l'avantage d’être léger, de prévenir comme réfrigérant l’afflux de la pituite, de ne pas se dessécher, et de s'opposer au collement des yeux. On obtient aussi de bons effets d’un cataplasme préparé avec de la farine d’orge bouillie et de la pulpe de coing bien cuite. Il n’y a rien d'irrationnel enfin à se servir simplement de compresses qu’on trempe dans de l’eau si l’inflammation est légère, ou dans de l’oxycrat quand elle est plus forte. Les autres topiques ont besoin d’être assujettis avec des bandes, parce qu’ils pourraient se déranger pendant le sommeil, tandis qu’il suffit d'appliquer les compresses, puisque le malade peut facilement les replacer luimême , et que de plus, lorsqu'elles se dessèchent, il a la faculté de les humecter de nouveau. Si le mal est assez violent pour entraîner des insomnies prolongées, il faut recourir aux médicaments que les Grecs appellent anodins. La dose sera représentée par la grosseur d’un orobe pour un enfant, et par celle d’une fève pour un homme. Le premier jour, on ne doit rien injecter dans l'œil, à moins que l’inflammation ne soit légère; car par là on excite bien plus qu'on ne modère l’afflux de la pituite. Le second jour, au contraire, Les injections sont avantageuses, même dans les ophthalmies intenses , lorsque d’abord on a tiré du sang ou prescrit des lavements, ou que du moins on s’est rendu certain de l’inutilité de ces moyens.

2. Il existe pour les maladies des yeux une multitude de collyres , composés par une infinité de médecins, et qui peuvent se prêter encore à de nouvelles combinaisons; car il est facile de mêler en proportions diverses des substances

et levis est, et refrigerando pituilam coercet, et non exarescit, et glutinari oculum non patitur. Farina quoque herdeacea cocta , et cum malo cotoneo cocto mista , commode imponitur. Neque ab ratione abhorret , etiam penicillo potissimum uti expresso , si levior impetus est, ex aqua ; si major, ex posca. Priora fascia deliganda sunt, ne pe: somnum cadant : at hoc superimponi salis est, quia et repe ni ab ipso commode potest; et, cum inaruit, iterum madefaciendum est. Si tantum mali est, ut somnum diu probibeat, eorum aliquid dandum est, quie &vwüuvx Græci appellant : satisque est puero, quod ervi; viro, quod fabæ magnitudinem impleat. In ipsum vero oculum primo die, nisi modica inflammatio est, nihil recte conjicitur : sæpe enim potius concitatur eo pituita, quam minuitur. A secundo die, gravi quoque lippiludini per indita medicamenla recte succurritur, ubi vel jam sanguis missus, vel alvus ducta est, aut neutrum necessarium esse manifestum est.

2. Multa autem multorumque auctorum collyria ad id apta sunt; novisque etiamnum misturis temperari possunt; cum lenia medicamenta, et modice reprimentia, facile et varie misceantur. Ego nobilissima exsequar.

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