‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 56 sur 265 · LIBER SEPTIMUS · texte numérisé non relu

LIBER SEPTIMUS

Tertiam esse medicinæ partem, quæ manu curet, et vulgo notum, et a me propositum est, Ea non quidem medicamenta atque victus rationem omittit; sed mapu tamen plurimum præstat : estque ejus effectus inter omnes medicinæ partes evidentissimus. Siquidem in morbis cum multum fortuna conferat, eademque sæpe salutaria, sæpe vana, sint, potest dubitari, secunda valetudo medicinæ , an corporis beneficio contigerit. In iis quoque, in quibus medicamentis maxime nilimur, quamvis profectus evidentior est, tamen sanilatem et per hæc frustra quæri, et sine his reddi sæpe, manifestum est : sicut in oculis quoque deprehendi potest, qui a medicis diu vexati, sine his interdum sanescunt. At in ea parte, quæ manu curat, evidens est, omnem profectum , ut aliquid ab aliis adjuvetur, hinc tamen plurimum trahere. Hæc autem pars, cum

CELSE

traire que la chirurgie, malgré l'appui qu’elle recoit des autres méthodes , est seule en état de décider le succès. Cette partie de l’art de guérir est celle aussi dont l'antiquité est le plus reculée, et néanmoins aucun de ceux qui précédèrent Hippocrate ne sut la cultiver avec autant de soin que ce père de toute la médecine. Séparée plus tard des autres branches, elle eut des maîtres particuliers et fit des progrès en Egypte, grâce surtout à Philoxène, qui a composé sur la matière un traité spécial en plusieurs volumes. Gorgias , Sostrate, Héron, les deux Apollonius, Ammon d'Alexandrie et bien d’autres chirurgiens célèbres lui ont également apporté le tribut de leurs découvertes. Rome eut à son tour des professeurs habiles, parmi lesquels nous citerons dans ces derniers temps Tryphon le père, Evelpiste et Mégès , le plus savant de tous, comme on peut le voir par ses écrits. C'est en introduisant dans la pratique d'importantes améliorations que ces hommes ont agrandi le domaine de l’art. Il faut que le chirurgien soit jeune ou voisin encore de la jeunesse ; il doit avoir la main exercée, ferme, jamais tremblante, et se servir aussi facilement de la gauche que de la droite; sa vue sera nette et perçante, son cœur inaccessible à la crainte; et, danssa pitié, se proposantavanttout de guérir le malade, loin de se laisser ébranler par ses cris au point de montrer plus de précipitation que le cas ne l’exige ou de couper moins qu'il ne faut, il réglera son opération comme si les plaintes du patient n’arrivaient pas jusqu’à lui. Mais on demandera peut-être quelles sont les attributions réelles de la chirurgie, puisque ceux qui la cultivent réclament pour elle le traitement des plaies et des blessures que j'ai cru devoir exposer ail-

sit vetustissima , magis lamen ab illo parente omnis medicinæ Hippocrate, quam a prioribus exculta est : deinde, posteaquam diducta ab aliis habere professores suos cœpit, in Ægypto quoque increvit, Philoxeno maxime auctore, qui pluribus voluminibus hanc partem diligentissime comprehendit. Gorgias quoque et Sostratus, et Heron, et Apollonii duo, et Ammonius Alexandrinus , multique al celebres viri, singuli quædam repererunt. Ac Romæ quoque non mediocres professores, maximeque nuper Tryphon pater, et Evelpistus, et, ut ex scriptis ejus intelligi potest, horum erudilissimns Meges , quibusdam in! melius mutatis, aliquantum ei disciplinæ adjecerunt. Esse autem chirurgus debet adolescens, aut certe adolescentiæ propior; manu strenua, stabili, nec umquam intremiscente, eaque non minus sinistra, quam dextra promptus ; acie oculorum acri, claraque ; animo intrepidus, misericors sic, ut sanari velit eum, quem accepit, non ut clamore ejus motus, vel magis, quam res desiderat, properet, vel minus, quam necesse est, secet; sed perinde | faciat omnia, ac si nullus ex vagilibus. alterius affectns | oxiatur. Potest autem requiri, quid huic parti proprie | vindicandum sit : quia vulnerum quoque ulcerumque

multorum curationes, quas alibi exsecutus sum, chirurgi

leurs. J'admets quant à moi que le même homme

peut embrasser la science dans son ensemble, et, malgré les divisions établies, j’applaudis à celui qui se rapproche le plus de l’universalité. Toutefois, il faut, je crois, laisser à la chirurgie les cas où les blessures sont le fait de l'opérateur, et non Je résultat d’un accident. J'en dis autant des plaies

et des ulcères où j’estime le secours de la main plus efficace que l’application des remèdes, et je lui abandonne aussi tout ce qui concerne les os. Je vais donc parler des lésions chirurgicales, à l'exception de celles des os, que je réserve pour le livre suivant; et je m’occuperai des affections qui n'ont pas de siége déterminé, avant de passer à celles qui sont propres à certaines parties du corps.

I. Quel que soit le siége de l’entorse, il faut, dès qu’elle existe, pratiquer sur le point douloureux des incisionsrépétées, en ayant soin d'enlever avec le dos du sealpel le sang qui en découle. Si l'on n'arrive pas au premier moment, et qu'il y ait déjà rougeur et gonflement, ces scarifications ainsi faites sur la partie malade sont encore le meilleur remède. On doit recourir ensuite à des applications astringentes, et employer surtout la laine en suint trempée dans de l'huile et du vinaigre. Les mouchetures deviennent même inutiles quand le cas est léger, et les topiques peuvent suffire à la guérison. A défaut d'autre chose on prendrait de la cendre, celle de sarment entre autres, ou, faute &e mieux , une substance quelconque incinérée, à laquelle on donnerait par le moyen du vinaigre ou même de l’eau la consistance convenable.

IT. Ici nulle difficulté dans le traitement ; mais il n’en est plus de même lorsque, par suite d’un

sibi vindicant. Ego eumdem quidem hominem posse omnia isla præstare concipio : afque, ubi se diviserunt, eum Jaudo , qui quamplurimum percipit. pse autem huic parti ea reliqui , in quibus vulnus facit medicus, non accipit ; etin quibus vulneribus ulceribusve plus profici mann, quam medicamento, credo : {um, quidquid ad ossa perlimet, quæ deinceps exseqni aggrediar; dilatisque in aliud volumen ossibus, in hoc cetera explicabo ; præpositisque ïs, quæ in qualibet parte corporis fiunt, ad ea, quæ proprias sedes hahent, transibo.

JT. Luxala igitur in quacumque parte corporis sunt, quamprimum sic curari debent, ut, qua dolor est, ea scalpello cutis crebro incidatur, detergeaturque eodem averso profluens sanguis. Quod si paulo lardius subvenitur, jamque etiam rubor est, qua rubet corpus; si tumor quoque accessit, quacumque is est, idem optimum auxilium est. Tum superdanda reprimentia sunt; maximeque lana succida ex acelo et oleo. Quod si levior is asus est, possunt, etiam sine scalpello, imposita eadem mederi : et, si nibil aliud est, cinis quoque, maxime ex sarmenlis ; si is non est, quilibet alius ex aceto, vel etiam ex aqua coactus.

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