LIVRE VIII
I. Ce dernier livre appartient aux maladies des forme, pour mieux faire comprendre les faits qui
præcidi oportere , alio loco mihi dictum est. Sed id quoque cum periculo summo fit : nam sæpe in ipso opere, vel profusione sanguinis vel animæ defectione moriuntur. Verum hic quoque nihil interest, an satis tutum præsi-
partem incidenda scalpello caro usque ad os est, sic, ut netum est, reducenda ab eo sana caro, et cirea os subsecanda est, ut ea quoque parte aliquid os nudetur : dein id serrula præcidendum est, quam proxime sanæ carni etiam inhærenti : ac tum frons ossis , quam serrula exasperavit, læeuratione laxa esse debet, ut quam maxime undique os
tera postea sic facienda, ut in vuineribus, in quibus pus moveri debet, præceptum est.
LIBER OCTAVUS.
I Superest ea pars, quæ ad ossa pertinet : quæ quo facilius accipi possit, prius positus figurasque eorum indicabo.
os, dont j'indiquerai d’abord la situation et la |
dium sit, quod unicum est. Igitur inter sanam vitiatamque |
que contra ipsum articulum id fiat, et potius ex sana parte | aliquid excidatur, quam ex ægra relinquatur. Ubi ad os ven- |
vanda est, supraque inducenda cutis, quæ sub ejusmodi !
conlegat. Quo cutis inducta non fuerit, id linamentis erit ! contegendum, ét super id spongia ex aceto deliganda. Ce- |
s’y rattachent. En premier lieu se présente le crâne, concave en dedans, convexe en dehors, également poli par la face interne et externe, l’une recouvrant la membrane du cerveau , et l’autre étant recouverte par le cuir chevelu. De l’occiput aux tempes, les os du crâne n'ont qu'une seule table; mais du front au sommet ils en ont deux. Durs à l’extérieur, ces os sont moins résistants à l’intérieur vers les points où ils se réunissent. Entre ces parties osseuses, se distribuent des veines chargées sans doute de les nourrir. Rarement trouve-t-on des crânes d’une seule pièce, c'est-à-dire sans sutures; toutefois il s’en rencontre dans les pays chauds, et ce sont les plus solides et les mieux protégés contre la douleur. D’après cela, moins un crâne offrira de sutures, moins il y aura pour latête d'accidents à craindre. On ne peut déterminer d’une manière constante lenombre et la situation de ces sutures; mais en général il y en a au-dessus des oreilles deux qui séparent les tempes de la partie supérieure de la tête. Une troisième s’étend d’une oreille à l’autre, passant par le sommet, qu’elle sépare de l’occiput. Une quatrième, à partir du vertex, se dirige vers le front en suivant la ligne médiane, et tantôt elle ne va pas au delà du cuir chevelu, tantôt, divisant le front en deux parties, elle ne s’arrête qu'entre les sourcils. Ces diverses sutures se joignent par engrenure, excepté celles qui, placées transversalement au-dessus des oreilles, s’amincissent insensiblement vers les bords, de telle sorte que les os situés au-dessous viennent s'appliquer légèrement sur ceux de dessus. L’os de la tête le plus épais se trouve derrière l'oreille, et cette épaisseur explique peut-être pourquoi les cheveux ne viennent pas à cet endroit. Au-des-
Igitur calvaria incipit ex interiore parte concava, extrinsecus gibba, utrimque lævis, et qua cerebri membranam contegit, et qua cute, capillum gignente, contegitur : eaque simplex, ab occipitio et lemporibus, duplex, usque in verticem a fronle, est : ossaque ejus, ab exterioribus partibus, dura; ab interioribus , quibus inter se connectuntur, molliora sunt : interque ea venæ discurrunt, quas his :alimentum subministrare, credibile est. Raro autem calvaria solida, sine suturis est : locis tamen æstuosis facilius invenitur; el id caput firmissimum , atque a dulore tutissimum est. Ex ceteris, quo suturæ pauciores sunt, eo capitis valetudo commodior est. Neque enim certus earum numerus est, sicut ne locus quidem. Fere tamen duæ, super aures, tempora a superiore capitis parte discernunt : tertia, ad aures per verticem tendens, occipitium a summo capite diducit : quarta ab eodem vertice per medium caput ad frontem procedit ; eaque modo sub imo capillo desinit, modo frontem ipsam secans inter supercilia finitur. Ex his ceteræ quidem suturæ in ungaem committuntur : eæ vero, quæ super aures transversæ sunt totis oris paulatim extenuantur, atque ita inferiora ossa superioribus leniter insidunt. Crassissimum vero in capite os post aurem est; qua capillus, ut verisimile est, ob id ipsum non giguitur. Sub his quoque musculis , qui tempora con-
sous des museles qui maintiennent les tempes, est placé l'os du milieu (sphénoïde), qui est convexe extérieurement (1). La face présente une très-grande suture qui va d’une tempe à l'autre, en passant transversalement au milieu des yeux et de Ja racine du nez. Des angles intérieurs de cette suture, il en part deux petites qui se dirigent en bas. Les pommettes ont aussi de chaque côté une suture transversale à la partie supérieure. Du milieu des narines ou de l'os maxillaire supérieur, une suture divise sur la ligne médiane le palais, qu'une autre suture partage aussi transversalement. Telles sont les sutures que l’on rencontre dans la grande majorité des cas. Les trous les plus grands de la tête sont les trous orbitaires, ensuite ceux des narines, et en dernier lieu eeux des oreilles. Les trous orbitaires sont simples , et se rendent directement au cerveau. Une cloison osseuse sépare les deux ouvertures des narines. A partir des sourcils et des angles orbitaires internes, le nez est osseux jusqu'au tiers à peu près de sa longueur; il devient ensuite cartilagineux, et prend une consistance charnue à mesure qu'il descend vers la bouche. Quant aux ouvertures nasales, qui par un seul trajet s'étendent de la racine à l'extrémité du nez, elles se divisent après en deux conduits, dont l’un, s’ouvrant dans l’arrière-gorge, sert à l'inspiration et à l'expiration, et dont l’autre, se dirigeant vers le cerveau, aboutit à une infinité de petits trous, par lesquels nous est transmise ia sensation des odeurs. De même pour l'oreille, leconduit auditif, d’abord simpleetdirect, devient flexueux en se prolongeant, et dans le voisinage du cerveau se termine par un grand nombre de petites ouvertures à l’aide desquelles s’exerce la
tinent, os medium, in exteriorem partem inelinatum , posilum est. At facies suturam habet maximam; quæ a tempore incipiens, per medios oculos, naresque transversa pervenit ad alterum tempus. A qua breves duæ sub interioribus angulis deorsum spectant. Et malæ quoque in summa parte singulas transversas suturas habent. A mediisque naribus, aut superiorum dentium gingivis, per medium palatum una procedit; aliaque transversa idem palatum secat. Et suturæ quidem in plurimis hæ sunt. Foramina autem, intra caput, maxima oculorum sunt; deinde narium, tum quæ in auribus habemus. Ex his, quæ oculorum sunt, recla simpliciaque ad cerebrum tendunt. Narium duo foramina osse medio discernuntur : siquidem hæ primum a superciliis, angulisque oculorum, osse inchoantur ad tertiam fere partem : deinde in cartilaginem versæ, quo propius ori descendunt, eo magis carunecula quoque molliuntur. Sed ea foramina, quæ a summis ad imas nares simplicia sunt, ibi rursus in bina itinera dividuntur : aliaque ex his, ad fauces pervia, spiritum et reddunt et accipiunt; alia, ad cerebrum tendentia, ultima parte in multa et tenuia foramina dissipanlur, per quæ sensus odoris nobis datur, In aure quoque primo rectum et simplex iter, procedendo flexuosum , juxta cerebrum in mulla et tenuia foramina diducitur, per quæ facultas audiendi est.
»: CELSE
| faculté de l’ouie. A côté des trous auditifs, on
remarque deux petits enfoncements ; et c’est audessus d’eux que vient s'arrêter l’os qui, se diri-
geant horizontalement à partir des joues, sem
trouve soutenu par les os situés plus bas. On
peut l’appeler os jugal, d’après la similitude qui
Jui a valu des Grecs le nom de zyg6ma. La mâ-
choire inférieure est formée d’un seul os, d’une texture spongieuse ; c’est la partie moyenne ets inférieure qui constitue le menton , et de chaque
côté les branches s’élèvent vers les tempes. Cette
mâchoire est la seule douée de mobilité; car les os dela face, y compris celui qui recoit les dents supérieures, sont immobiles. Les branches dem l'os maxillaire inférieur sont comme bifurquées ;M des deux éminences qui en résultent, l’une, plus
large à la base et plus mince au sommet, s’a-
vance sous l’arcade zygomatique, pour fournir
au-dessus d'elle (2) un point d'attache aux muscles temporaux. L'autre apophyse,plus courte et plus arrondie, est recue dans l’enfoncement
situé près du conduit auditif; elle fait là l’officeM| de pivot, et, par la mobilité dont elle jouit, per-M|
met à la mâchoire d'exécuter ses mouvements, Les dents, qui sont plus dures que les os, s’implantent également dans la mâchoire inférieure et supérieure. En haut et en bas, les quatre pre-
mières se nomment en grec rouuxo!, parce qu’elles sont incisives. Elles sont comprises entre les
quatre dents canines , au delà desquelles se trouvent les dents molaires. Celles-ci sont ordinairement au nombre de cinq de chaque côté ; mais il faut excepter les cas où les dernières dents, qui
ne paraissent que plus tard, manquent tout à
fait. Les dents de devant n’ont qu’une racine ; les molaires en ont au moins deux, et quelquefois
Juxtaque ea duo parvuli quasi sinus sunt; superque eos finitur os, quod transversum a genis tendens, ab inferio= ribus ossibus sustinetur. Jugale appellari potest ab eadem similitudine, a qua id Græci Cvywëes appellant. Maxilla vero est molle os, eaque una est : cujus eadem et media, et etiam ima pars, mentum est : a quo utrimque procedit ad tempora : solaque ea movetur. Nam maiæ cum toto osse, quod superiores dentes exigit, immo biles sunt. Verumipsius maxillæ partes extremæ quasi bicsrnes sunt. Alter processus, infra latior, vertice ipso teavatur, longiusque procedens sub osse jugali subit, et super id temporum mus: culis illigatur. Alter brevior #t rotundior, et in eo sinu, qui juxta foramina auris est, cardinis modo fit; ibique huc elillue se inclinans maxillæ faculfatem motus præstat. Duriores osse dentes sunt : quorum pars maxiilæ, pars supe= riori ossi malarum hæret. Ex his quaterni primi, quia se= cant, ropuxot a Græcis nominantur. Hi deinde quatuor ca= ninis dentibus ex omni parte cinguntur. Ultra quos utrimque fere maxillares quini sunt, præterquam in is, in quibus ullimi, qni sero gigni solent, non increverunt. Ex his priores singulis radicibus; maxillares utique binis, quidam etiam ternis, qualernisve nitunlur. Fereque longior radix breriorem dentem edit ; rectique dentis recta eliam radix, curvi fsxa est. Exaue cadem radice in pue
trois cu quatre. En général, les dents dont le corps est court ont une longue racine; si les dents sont droites , les racines le sont aussi, de même qu'elles sont courbées, quand les dents affectent cette disposition. Sous cette racine, il pousse chez les enfants une dent nouvelle, qui le plus souvent fait tomber la première. Quelquefois cependant elle se montre au-dessus ou au-dessous de l'ancienne. La tête est supportée par l’épine, qui se compose de vingt-quatre vertèbres ; sept pour le cou , douze pour les côtes, et les cinq dernières placées immédiatement audessous. Ces vertèbres rondes et courtes ont une apophyse de chaque côté, et sont percées au centre pour laisser passer la moelle épinière, qui vient du cerveau. Latéralement les apophyses sonttraversées par deux petits trous qui donnent passage à de petites membranes semblables à la dure-mère. Toutes les vertèbres, excepté les trois premières (3), ont à leur partie supérieure, dans les apophyses mêmes, des dépressions peu profondes, tandis que de la partie inférieure naissent d’autres apophyses tournées en bas.
Ainsi la première vertébre s'articule immédiatementavec la tête, qu’elle soutient en recevant dans les dépressions indiquées les deux petites éminences que l’on remarque au-dessous du crâne; et ce mode d’articulation permet à la tête de se porter en haut et en bas (4). La face supérieure de la seconde vertèbre s'articule avec la face inférieure de la première. Quant à la circonférence, cet os forme en haut un anneau plus étroit que le précédent, en sorte que la première vertèbre s'appliquant sur la seconde, la tête peut aussi se mouvoir latéralement. La troisième s’articule ensuite avec la seconde (5), et de cette articulation résulte la facilité des mouvements du cou. Les vertèbres, toutefois, ne pourraient soutenir la
ris novus dens subit, qui multo sæpius priorem expellit : interdum tamen supra infrave eum se ostendit. Caputauterm spina excipit. Ea constat ex vertebris quatuor et viginli. Septem in cervice sunt, duadecim ad costas, reliquæ quinque sunt proximæ coslis. Eæ teretes brevesque, ab utroque latere, processus duos exigunt : mediæ perforatæ, qua spinæ medulla cerebro commissa descendit : circa quoque per duos processus fenuibus cavis perviæ, per quæ a membrana cerebri similes membranulæ deducuntur. Omnesque vertebræ, exceptis tribus summis, a superiore parte in ipsis processibus parum desidentes sinus habent : abinferiorealios deorsum versus processus exigunt. Summa igitur protinus caput sustinet, per duos sinus receptis exiguis ejus processibus. Quo fit, ut caput sursum deorsum versum tuberibus exasperetur. Secunda superiori parti inferiore. Quod ad circuitum pertinet, pars summa angustiore orbe finitur : ita superior ei summæ circumdata in latera quoque caput moveri sinit. Tertia eodem modo secundam excipit. Ex quo facilis cervici mobilitas est. Ac, ne sustinere quidem caput posset , nisi utrimque recti valentesque uervi collum contiverent , quos zévovrez Græci appellant :
tête, si elles n'étaient de part et d'autre assujetties par de forts ligaments droits que les Grecs appellent sévovrs, et dont l'un, toujours tendu dans les mouvements où l’autre est fiéchi, empêche la tête de se porter au delà des limites convenables. Les apophyses inférieures de la troisième vertèbre sont reçues dans les enfoncements de la quatrième, et ce mode d’articulation s'étend aux vertèbres suivantes, dont les apophyses tournées en bas viennent s’insérer dans les facettes articulaires placées de chaque côté de la vertèbre inférieure. Ces os sont maintenus entre eux par un grand nombre de muscles et de cartilages ; et de cette conformation il résulte qu’un mouvement modéré de flexion en avant étant combattu par une force contraire, l’homme se tient droit, de même qu'il peuts’incliner pour les actes qu’il veut remplir. Au-dessous du cou, près de l’humérus, est placée la première côte. Les six autres se succèdent jusqu’à la base de la poitrine; elles sont arrondies à l'extrémité postérieure, de manière à former une petite tête, et s’articulent avec les apophyses transverses des vertèbres, au point où celles-ci sont légèrement échancrées. De là les côtes aplaties et courbées se dirigent en avant, où elles dégénèrent en cartilage. Elles présentent encore à cet endroit une légère courbure en dedans, puis viennent s'unir au sternum. Cet os, qui est dur et résistant, commence au-dessous du gosier, est échancré de chaque côté, et se termine également par un cartilage au bas de la poitrine. Aux côtes que nous venons d’indiquer, il faut en ajouter cinq autres que les Grecs ont appelées fausses. Plus courtes et plus minces que les précédentes , elles passent, comme elles, à l’état cartilagineux , et adhèrent aux parois latérales del’abdomen. Quant à la dernière, elleest presque
siquidem horum inter omnes flexus alter semper intentus ultra prolabi superiora non patitur. Jamque vertebra tertia tübercula, quæ inferiori inserantur, exigit. Ceteræ processibus deorsum spectantibus in inferiores insinuantur , ac per sinus, qmos utrimque habent, superiores accipiunt; multisque nervis et multa cartilagine continentur. Ac sic, uno flexu modico in pronum dato, ceteris negatis, homo erectus insistit, et aliquid ad necessaria opera curvatur. Infra cervicem vero summa costa contra humerum sila est. Inde sex inferiores usque ad imum pectus perveniunt : eæque, primis partibus rotundæ, et leniter quasi capitulatæ vertebrarum transversis processibus, ibi quoque paulum sinuatis, inhærent : inde latescunt, et in exteriorem partem recurvatæ paulatim in cartilaginem degenerant ; eaque parte rursus in interiora leniter flexæ committuntur cum osse pectoris. Quod valens et durum a faucibus incipit , ab utroque latere lunatum, et a præcordiis, jam ipsum quoque cartilagine mollitum , terminatur. Sub costis vero prioribus quinque, quas v68xc Græci nominant, breves tenuioresque , atque ipsæ quoque paulatim in cartilaginem versæ, extremis abdominis partibus inhæres-
entièrement cartilagineuse. On trouve encore audessous du cou deux os larges qui se portent vers chaque épaule. Nous appelons, nous, écussons recouverts, ces os, que les Grecs nomment o#0plates. Is sont échancrés par leurs bords supérieurs , et s’élargissent en triangle ense dirigeant vers l’épine; mais les parties les plus larges sont en même temps les plus minces. L’angleinférieur est cartilagineux , et l’omoplate même estcomme flottante en arrière, attendu qu’elle ne s’articule avec aucun os, si ce n’est en haut. Sur ce point, il est vrai, l’omoplate est maintenue par des muscles et des ligaments très-forts. Au-dessus de la première côte, et un peu en decà de la partie moyenne de cet os, est une apophyse qui, mince à cet endroit, devient d'autant plus solide et plus large qu’elle s'approche davantage de la partie plate du scapulum ; un peu courbée en dehors, elle se termine par une extrémité légèrement renflée (acromion) qui soutient laclavicule. La elavicule, os courbe qu’on ne doit pas ranger parmi les plus durs, s'articule d’un côté avec l'omoplate, et de l’autre avec la petite échancrure du sternum. Elle recoit quelque mobilité des mouvements du bras, et s’unit au scapulum au-dessous de l’acromion, à l’aide de ligaments et de cartilages. Vient ensuite l'humérus, renflé à ses deux extrémités , qui sont spongieuses, privées de moelle, et recouvertes de cartilages. Le corps de l'os au contraire est dur, de forme cylindrique, et contient de la moelle. Antérieurement et extérieurement l’humérus présente unelégère courbure. Or, Ja partie antérieure est tournée vers la poitrine, Ja postérieure regarde l'épaule, l'interne se rapproche des côtes, et l’externe s’en éloigne.
C’est une chose dont il faut se rendre compte pour
cunt ; imaque ex his, majore jam parte nihil, nisi cartilago est. Rursus a cervice duo lata ossa utrimque ad scapulas tendunt : nostri scutula operla, épomadrac Græci pominant. Ea in summis verticibus sinuata, ab his triangula, paulatimque latescentia ad spinam tendunt, et quo latiora quaque parte sunt, hoc hebeliora. Atque ipsa quoque, in imo cartilaginosa, posteriore parte velut innatant, quoniam, nisi in summo , nulli ossi inhærescunt. Ibi vero validis museulis nervisque constricta sunt. At a summa costa paulo interius, quam ubi ea media est, os excrescit, ibi quidem tenue, procedens vero, quo propius lalo scapularum ossi fit, eo plenius latiusque, et paulum in exteriora curvatum, quod altera verticis parte modice intumescens, sustinet jugoulum. Id autem ipsum recurvum, ac neque inter durissima ossa numerandum, allero capite in 60, quod posui, altero in exiguo sinu pectoralis ossis insidil, paulumque motu brachii movetur, et cum lato osse scapularum, infra caput ejus, nervis et cartilagine connectitur. Hine humerus incipit, extremis utrimque capilibus tumidus, mollis, sine medulla, cartilaginosus : medius teres , durus, medullosus, leniter gibbus et in priorem et in exteriorem partem. Prior autem pars est, quæ à pectore est; posterior, quæ ab scapulis ; interior, quæ ad latus tendit ; exterior, quæ ab eo recedit : quod ad omnes articulos
CELSE
toutes les articulations, ainsi qu’on le verra plus Join. La tête, qui constitue l'extrémité supérieure de l’humérus, plus ronde que celle des os que j'ai décrits jusqu'ici, n'entre pas profondément dans la cavité de l’omoplate; la plus grande partie reste au dehors et est retenue par des ligaments. A l'extrémité inférieure, il y a deux apophyses divisées par des échancrures moins profondes sur les côtés qu’au milieu; et cette disposition est favorable pour recevoir lPavant-bras, qui se compose de deux os. L'un, le radius, que les Grees nomment xepzts, se trouve en dessus ; il est plus court que l’autre, plus grêle en haut qu'en bas, et recoit, dans la cavité superficielle qu'il présente à l'extrémité supérieure, la petite tête de l’humérus. Des ligaments et des cartilages servent 1à de moyens d'union. Le second os, appelé cubitus, estsitué au-dessous ; ilest plus long que le radius, et plus gros aussi dès l’origine. On remarque, au sommet, deux éminences qui viennent se placer dans l’échancrure que j'ai dit exister entre les deux apophyses inférieures de l’humérus. Unis en haut, les deux os de l’avant-bras s’écartent peu à peu, pour se rapprocher au poignet, où ils sont, quant à l’épaisseur, dans un rapport inverse ; c'est-à-dire que là ie radius est devenu plus gros et le cubitus plus grêle. Puis, à cette extrémité, le radius est recouvert de cartilage , et creusé par une cavité dans laqueile vient se loger la tête du cubitus, qui, sur le point opposé, est pourvu d’une petite apophyse. Pour éviter de trop fréquentes répétitions, il serait bon de retenir que les os pour la plupart se terminent par un cartilage, et que dans toutes les articulations on en rencontre. Les os en effet ne pourraient exécuter aueun mouvement, s'ils ne se trouvaient en con-
pertinere, in ulterioribus patebit. Superius autem humeri caput rotundius , quam cetera ossa, de quibus adbuec dixi, parvo excessu vertici lati scapularum ossis inserilur, ac majore parte extra situm nervis deligatur. At inferius duos processus habet : inter quos, quod medium est, magis eliam extremis partibus sinuatur. Quæ res sedem brachio præstat : quod constat ex ossibus duobus. Radius, quem xepxtôa Græci appellant, superior breviorque, et primo tenuior, rotundo et leniter cavo capite exiguum humeri tuberceulum recipit; atque ibi nervis et cartilagine continetur. Cubitus inferior longiorque , et primo plenior, in summo capite duobus quasi verlicibus extantibus in sinum humeri, quem inter duos processus ejus esse proposui, se inserit. Primo vero duo brachii ossa juncta paulatin dirimuntur, rursusque ad mauum coeunt, modo crassitudinis mutato : siquidem ibi radius plénior, cubitus admodum tenuis est. Dein radius, in caput cartilaginosum consurgens , in vertice ejus sinuatur : cubitus rotundus in extremo, parte altera paulum procedit. Ac ne sæpius dicendum sit, illud ignorari non oportet, plurima ossa in cartilaginem desinere, nullum articulum non sic finiri. Neque enim aut moveri posset, uisi lævi inniteretur ; au cum carne nervisque conjungi, nisi ea media quædam materia committeret. Jn manu vero prima palmæ pars ex
tact avec une surface glissante; de même que,
plus arrondie que celle de l'humérus, qui était
sans ce cartilage intermédiaire, ils ne pourraient | jusqu'ici la plus ronde de toutes, Au-dessous de
s'unir avec les chairs et les tendons. Il entre dans Ja composition du poignet beaucoup de petits os, dont le nombre n’est pas constant. Ils sont tous oblongs et triangulaires, et s'adaptent tellement par leur forme alternativement anguleuse et déprimée, qu’ils semblent ne former qu’un seul os, légèrement concave à l'intérieur. Deux de ces os s’articulent avee le radius. Cinq os droits faisant suite au poignet, et se dirigeant vers les doigts, constituent la paume de la main : puis viennent les doigts, formés chacun de trois os, dont la disposition est la même pour toute la main. Ainsi le premier est marqué d’une dépression au sommet pour loger la petite tubérosité du second ; celui-ci se comporte de même avec le troisième, et ces articulations sont assujetties par des ligaments. De ces ligaments naissent les ongles, qui sont durs au dehors, et qui, sans adhérence-avec les os, tiennent surtout par les racines qu'ils implantent dans les chairs. Tel est l’arrangement des os pour les parties supérieures. L'épine se termine à l’os des hanches, lequel, situé transversalement, et doué d’une grande force de résistance, protége la matrice, la vessie, et l’intestin rectum. Convexe extérieurement, l'os coxal est recourbé vers l’épine, et présente de chaque côté une cavité circulaire. De cette double cavité part l'os appelé pubis, qui se dirige transversalement au-devant des intestins, et derrière les tégumentsdela région pubienne. Cet os, qui fournit des points d’appui aux parois du ventre, est plus droit chez l’homme , et plus bombé chez la femme, pour ne pas gêner l’accouchement. Après l'os coxai , vient le fémur, dont la tête est encore
multis minutisque ossibus coustal, quorum numerus incertus est. Sed oblonga omnia, et triangula, structura quadam inter se connectuntur, cum myicem superior alterius angulus alterius planities sit : eoque fit ex his unius ossis paulum iv inferiora concavi species. Verum ex manu duo exigui processus in sinum radii conjiciuntur. Tum ex altera parte recta quinque ossa, ad digitos tendentia, palmam explent. A quibus ipsi digiti oriuntur ; qui ex ossibus ternis constant : omniumque eadem ralio est. Interius os in vertice sinuatur , recipitque exterioris exiguum tuberculum; nervique ea continent. A quibus orti ungues indurescunt : ideoque non ossi, sed carni magis radicibus suis inhærent. Ac superiores quidem partes sic ordinalæ sunt. [ma vero spina in coxarum osse desidit ; quod transversum longeque valentissimum, vulvam, vesicam, rectum inlestinum tuetur. Idque ab exteriore parte gibbum; ad spinam, resupinatum ; a laferibus, id estinipsis coxis, sinus rotundos habet. A quibus oritur os qnod pectinem vocant ; idque, super inteslina sub pube transversum, ventrem firmat : rectius in viris, recurvatum magis in exteriora in fœminis, ne partum prohibeat. Inde femina oriuntur. Quorum capita rotundiora etiam , quam bumerorum sunt; cum illa ex ceteris rotundissima sint. Infra vero
cette tête il y a deux éminences, l’une antérieure, et l’autre postérieure. Le corps de l'os est dur, contient de la moelle, et présente une convexité en dehors. En bas, il se termine également par des protubérances. La tête du fémur en haut est recue dans la cavité de l'os coxal, comme l’est celle de l’humérus dans la cavité de l’omoplate. De là les os de la cuisse se portent un peu en dedans, pour soutenir plus également les parties supérieures. Entre les protubérances inférieures, il existe une échancrure au moyen de laquelle le fémur s’emboîte plus aisément avec l’os de la jambe. Cette articulation est recouverte par un petit os spongieux et cartilagineux qu’on appelle rotule. Libre et mobile en avant, nullement adhérente aux os, mais maintenue par les chairs et les tendons, la rotule se porte un peu plus vers la cuisse, et protége l’articulation dans tous les mouvements de Ja jambe. La jambe est aussi composée de deux os; car, de même que le fémur répond à l’humérus, de même les os de la jambe répondent à ceux de l’avant-bras ; et cette analogie, qui commence par les os, se retrouve dans les chairs; de sorte que l’examen d'un membre suffit pour faire juger de la forme et de la beauté de l’autre. Des deux os dont nous parlons , l’un se trouve placé au côté externe du gras de la jambe, ce qui lui a fait donner le nom de sura; il est plus court et plus grêle en haut, et devient plus gros vers le talon. Le second os antérieurement situé est appelé {bia ; il est plus long et plus gros vers l’extrémité supérieure , et s'articule seul avec le fémur, comme le cubitus avec l’os du bras. Ces os, unis en haut et en bas,
duos processus a priore et a posteriore parle hahent. Dein dura, et medullosa, et ab exteriore parte gibba, rursus ab inferioribus quoque capitibus intumescunt. Superiora in sinus coxæ, sicut humeri in ea ossa, quæ scapularum sunt, conjiciuntur : tum infra introrsus leniter intendunt, quo æqualius superiora membra sustineant. Atque in eo inferiora quoque capila media sinuanlur, quo facilius excipia cruribus possint. Quæ commissura osse parvo, molli, cartilaginoso tegitur : patellam vocant. Hæc super innatans, nec ulli ossi inhærens, sed carne et nervis deligata, pauloque magis ad femoris os tendeus, inter omnes crurum flexus juncturam tuetur. Jpsum autem crus est ex ossibus duobus. Etenim per omnia femur humero, erns vero brachio simile est : adeo ut habitus quoque et decor alterius ex altero cognoscatur : quod ab ossibus incipiens, etiam in carne respondet. Verum alterum os ab exteriore parte suræ positum est; quod ipsum quoque sura recte nominatur. Id brevius, supraque tenuius, ad
ipsos talos intumescit. Alterum a priore parte positum,
cui tibiæ nomen est, longius et in superiore parte plenius, solum cum femoris inferiore capite committitur; sicut cum humero cubitus. Afque ea quoque ossa, infra supraque conjuncta, media, ut in brachio, dehiscunt. Excipi-
se séparent, comme ceux de l’avant-bras, dans la partie moyenne. Inférieurement, la jambe s’articule avec los transverse du tarse (astragale), qui se trouve placé au-dessus du calcaneum.
Ce dernier os est pourvu d’une cavité qui reçoit la saillie de l’astragale, et d’une apophyse qui s’insère dans la cavité de ce même os. Le calcanéum est dur et privé de moelle; il devient plus saillant en arrière, et là prend une forme arrondie. Les autres os du pied ont une articulation semblable à celle de la main; ainsi la plante, les doigts et les ongles de l’un répondent à la paume, aux doigts et aux ongles de l’autre.
II. Tout os qui a subi l’action d’une cause morhifique peut être affecté de carie, de fissure, de fracture, de perforation, d’écrasement et de luxation. Quand un os est altéré, il devient gras d’abord , et prend ensuite une couleur noire ou se carie. C’est là ce qu’on observe à la suite d’ulcères ou de fistules graves, qui passent à l’état chronique ou sont compliqués de gangrène. Avant toutes choses il faut mettre à nu l’os malade, en faisant l’excision des parties ulcérées ; si l’affection s'étend au delà de l'ulcère, on doit inciser les chairs, jusqu’à ce que les parties saines de los soient complétement à découvert. On cautérise alors une ou deux fois avec le fer l'endroit quiest devenu gras, pour déterminer sur ce point une exfoliation ; ou bien l’on râcle fortement jusqu’à ce qu'on obtienne un peu de sang ; et le sang démontre ici l'intégrité de l'os, car ce qui est vicié est nécessairement accompagné de séchevesse. Si le cartilage est malade, il faut le ratisser de même avec le scalpel, de manière à ne rien laisser de corrompu. Cela fait, il reste à saupoudrer soit los, soit le cartilage, avec du nitre bien trituré. Quand los est carié ou noirei, mais seu-
tur autem crus infra osse fransverso talorum, idque ipsum super os calcis situm est, quod quadam parte sinuatur, quadam excessus habet, et procedentia ex talo recipit, et in sinum ejus inscritur. Idque sine medulla durum , magisque in posteriorem partem projectum , teretem ibi figuram repræsentat. Cetera pedis ossa ad eorum , quæ in manu sunt, similitudinem instructa sunt:planta palmæ, digiti digitis, ungues unguibus respondent.
11, Omne autem os , ubi injuria accessit, aut vitiatur , aut finditur , aut frangitur , aut foratur , aut colliditur , aut loco movetur, Id, quod vitiatum est, primo fere pingue fit; deinde vel nigrum, vel cariosum : quæ, supernatis gravibus ulceribus aut fistulis , hisque vel longa vetustate, vel etiam cancro occupatis, eveniunt. Oportet autemante omnia os nudare, ulcere exeiso; et , si latius est ejus vitium, quam ulcus fuit, carnem subsecare, donec undique os integrum pateat : tum id, quod pingue est, semel iterumye satis est admoto ferramento adurere, ut ex eo squama secedat; aut radere, donec jam aliquid cruoris ostendatur, quæ inlegri ossis nota est. Nam necesse est aridum sit id, quod vitiatum est, Idem in cartilagine quoque lesa faciendnm est : siquidem ea quoque scalpello radenda est, donec integrum id sit, quod relinquitur. Deinde, sive
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lement à la surface, il n’y a pas d'autre conduite à tenir, si ce n’est qu'on doit prolonger un peu plus l'application de l'instrument, à l'effet de cautériser ou de ruginer la partie malade. Si l’on emploie ce dernier moyen, il ne faut pas craindre d'appuyer sur le fer, pour que l’action en soit plus efficace et plus prompte. On s'arrête dès qu'on est arrivé à la partie blanche ou solide de l'os; car il est manifeste d’une part que le mal qui noircit l'os ne va pas au delà de cette coloration noire, et de l’autre que ta carie n’existe plus quand l'os présente de la solidité. Un peu de sang prouve aussi, comme je viens dele dire, qu’on n’a plus affaire qu’à des portions intactes. Si l’on conserve des doutes sur la profondeur de l'une ou de l’autre affection, on peut, relativement à la carie, les faire cesser promptement, en introduisant un stylet dans l’un des pertuisde l'os ; ils’ y enfonce en effet plus ou moins, et laisse voir par là si la carie est superficielle ou profonde. Quant à la noirceur de l’os, on peut en apprécier les progrès d’après l'intensité de la douleur et de la fièvre; et si l’une et l’autre sont peu marquées, le mal n’attaque pas los profondément. On s’en rend d’ailleurs plus certain encore par l'application de la tarière, puisqu'on atteint les limites de la maladie dès que les sciures de l'os ne sont plus noires. Si donc la carie ne s'arrête pas à la surface, il faut, avec la tarière, pratiquer plusieurs trous dont la profondeur doit égaler celle du mal; puis au fond de ces ouvertures porter le fer rouge jusqu'à ce que l'os soit entièrement sec. Par suite de la cautérisation, les portions d’os altérées se séparent complétement des parties saines situées au-dessous ; le vide qui en résulte est rempli plus tard par des chairs nouvelles, et l’afflux des humeurs vers ce point devient nul ou pres-
os sive Cartilago rasa est, nitro bene trilo respergendum est. Neque alia facienda sunt, ubi caries, nigritiesve in summo osse est : siquidem id vel paulo diutius eodemi ferramento adurendum, vel radendum est. Qui radit hæc, audacter imprimere ferramentum debet, ut et agat aliquid, et maturius desinat. Finis est, cum vel ad album os, vel ad solidum ventum est. Albo finiri ex nigritie vitium , soliditate quadam ex carie, manifestum est. Accedere etiam eruoris aliquid integro , supra dictum est. Si quando autem , an altius descenderit utrumlibet , dubium est, in carie quidem expedita cognitio est. Specillum tenue in foramina demittitur; quod magis minusve intrando, vel in summo cariem esse, vel altius descendisse, testatur. Nigrities colligi quidem potest etiam ex dolore, et ex febre, quæ ubi medioeria sunt, illa alte descendisse non potest. Manifestior tamen adacta terebra fit : nam finis vilii est, ubi scobis nigra esse desiit. Igitur, si caries alte descendit, per terebram urgenda crebris foraminibus est, quæ altitudine vitium æquent : tum in ea foramina demittenda candentia ferramenta sunt, donec siccum os ex toto fiat. Simul enim post hæcet resolvetur ab inferiore osse, quodcumque viliatum est ;etis sinus carne replebitur ; et humor aut nullus postea feretur , aut mediocris Sin autem nigri-
que nul. Si la noirceur occupe toute l'épaisseur de l'os, il faut en venir à l'excision, et en faire autant pour la carie lorsqu'elle est arrivée au même degré (6), sans rien laisser de vicié. Si l’on trouve une partie saine, on emportera seulement ce qui est corrompu. Dans les caries du crâne, de Fos de la poitrine ou des côtes, la cautérisation par te feu n’est pas utile, maisil y a nécessité d’exciser. Il ne faut pas non plus suivre la pratique de ceux qui, après avoir mis l'os à nu, attendent trois jours pour opérer; car le plus sûr est d’agir avant l’inflammation. On doit done autant que possible, dans un seul temps, inciser la peau, découvrir l'os, et le débarrasser de tout ce qui est malade. La carie de l'os de la poitrine est sans comparaison la plus à craindre; car, même après le succès de l'opération, il est bien rare que la santé se rétablisse.
JET. Il y a deux manières d’exciser les os. Si la carie n’occupe qu'un point très-limité, on applique le trépan (yowxts en grec); si elle estétendue, on a recours à la tarière. Je vais décrire ces deux procédés. Le trépan est un instrument concave et rond, dont le pourtour offre inférieurement des dents comme une scie, et dont le centre est traversé par un clou, qui lui-même estenvironné d’un cercle à l’intérieur. Il y a deux sortes de tarières; les unes sont semblables à celles des charpentiers , et les autres ont une tige plus longue , qui commence par une pointe acérée, s'élargit aussitôt après, etse rétrécit ensuite insensiblement jusqu’en haut. Si le mal nes’étend pas au delà de ce que le trépan peut couvrir, il faut s’en servir de préférence ; s’il s’agit d'une carie, on fait entrer dans un pertuis de los la pointe qui passe au centre de l'instrument. S'il y a noirceur
ties [est, aut si caries] ad alteram quoque partem ossis transit, oportetexcidi. | Atque idem quoque in carie, ad alteram partem ossis penetranle, fieri potest ]. Sed, quod totum vitiatum, totumeximendum est : si inferior parsintegra est, eatenus, quod corruptum est, excidi debet. Item sive capitis, sive pectoris os, sive costa cariosa est, inutilis ustioest, et excidendi necessitas est. Neque audiendisunt, qui, osse nudato, diem tertium exspectant, ut tunc excidant : ante inflammationem enim tutius omnia tractantur. Ilaque, quantum fieri potest, eodem momento et cutis incidenda est, el os detesgendum , et omni vitio liberandum est. Longeque perniciosissimum est , quod in osse pectoris est : quia vix, etiamsi recte cessit curatio, veram sanitatem reddit.
III. Exciditur vero os duobus modis. Si parvulum est, quod læsum est, modiolo, quam yorveztôa Græci vocant : sispatiosius, terebris. Utriusque rationem proponam. Modiolus ferramentum concavum , teres , est, imis oris serratum; per quod medium clavus, ipse quoque inleriore orbe cinctus , demittitur. Terebrarum autem duo genera sunt : alterum simile ei, quo fabri utuntur : alterum capituli longioris, quod ab acuto mucrone incipit, deinde subito latius fit; atque iterum ab alio principio paulo minus quam æqualiter sursum procedil. Si vitium in angusto
de l'os, onlecreuselégèrementavec leciseau, pour loger dans cette dépression la pointe du trépan, et l'empêcher par là de s'échapper en tournant. Quand l'instrument est en place, on lui donne un mouvement de rotation comme au vilebrequin, à l’aide de la bride. Il y a une certaine manière d'appuyer sur le trépan, qui doit lui permettre de perforer, sans cesser de tourner. En effet,-la perforation n'avance pas si l'on ne presse pas assez; et le mouvement cireulaire est arrêté, si l’on appuie trop fort. En versant sur l'os de l'huile rosat ou du lait, on fait mouvoir plus facilement la couronne du trépan; mais, de peur d’en émousser le tranchant, iln’en faut pas trop mettre. Lorsqu'on a tracé le sillon du trépan, on retire le elou du milieu, et l'on fait agir la couronne seulement; puis on l’enlève elle-même, dès qu’on a reconnu par la sciure qu'on n’a plus affaire qu'à des parties saines. Mais si le mal occupe une trop large surface pour qu’on puisse la couvrir avecle trépan, il faut employer la tarière. On s’en sert alors pour pratiquer un trou entre la partie saine et la partie malade; près de ce trou, on en fait un second, puis un troisième, de manière à cerner par ces ouvertures toute la portion d'os que l’on doit enlever. La couleur de la sciure indique toujours jusqu'où doit aller la tarière. Ensuite, au moyen d'un ciseau tranchant sur lequel on frappe avec un maillet, on enlève les ponts qui séparent ces trous, et de la sorte on obtient une ouverture circulaire, semblable à celle que produit le *répan dans un espace plus resserré. Quel que soit au reste l'instrument qu’on emploie, il faut, avec le même ciseau couché à plat, enlever par écailles tout ce qu’il y a de vicié, jusqu’à ce que l'os
est, quod comprehendere modiolus possif, ille potins aplatur : el, si caries subest, medius clavus in foramen demittitur ; si nigrities, angulo scalpri sinus exiguus fit, qui clavum recipiat, ut, eo insistente, circumactus modiolus delabi non possit : deinde is habena , quasi terebra , convertitur. Estque quidam premendi modus , ut et foret , et circumagatur : quia, si leviter imprimitur , parum proficit ; sigraviter, non movetur. Neque alienum est, instillare paulum rosæ, vel lactis, quo magis lubrico circumagatur : quod ipsum tamen , si Copiosius est, aciem ferramenti hebetat. Ubi jam iler modiolo pressum est, medins clavus educitur, etille per se agitur : deinde, cum sanitas inferioris partis scobe cognila est, modiolus removetur. At si latius vitium est, quam ut illo comprehendatur, terebra res agenda est. Ea foramen fit in ipso fine vitiosi ossis atque integri ; deinde alterum non ila longe, tertiumque, donec totus is locus , qui excidendus est, his cavis cinctus sil. Atque ibi quoque, quatenus terebra agenda sit, scobis significat. Tum excisorius scalper ab altero foramine ad alterum malleolo adactus id, quod inter utrumque medium est, excidit ; ac sic ambilus similis ei fit, qui in angustiorem orbem modiolo hnprimitur. Utro modo vero id circumductum est, idem excisorius scalper in osse corruplo planus summam quamnque testam lævets
paraisse entièrement intact. Il est très-rare qu’un os soitoccupé danssa totalité par lanoirceur, dans toute son épaisseur par la carie , surtout au crâne. On constate d’ailleurs le degré du mal au moyen du stylet. Si l'instrument est introduit dans un pertuis placé au-dessus d’un plancher solide, il rencontre une certaine résistance et revient humide. Si au contraire il trouve un chemin ouvert, il pénètre profondément entre le crâne et la membrane sans trouver d’obstacle , et on le retire sec; non qu'’ilu’y aitau-dessousunesanie vicieuse, mais parce qu'ici, l’espace étant plus large, elle y est plus diffuse. Lorsque l'os est ainsi traversé, soit par la noirceur que la tarière a mise à découvert, soit par la carie reconnue à l’aide du stylet, il devient pour ainsi dire inutile de recourir au trépan; car il est impossible qu’à cette profondeur le mal n'ait pas fait aussi de grands progrès en largeur. On doit alors employer la tarière de la seconde espèce, et, pour qu'elle ne s'échauffe pas trop, on la trempe de temps en temps dans l'eau froide. Mais il faut redoubler d'attention des qu’on a percé la moitié de Jos qui n'a qu’une table, ou perforé la table supérieure de celui qui ena deux. L’épaisseur même de l'os sert de guide dans le premier cas, et dansle second on est averti par un écoulement de sang. Il faut alors tirer plus lentement la bride de la tarière ; ne plus exercer avec la main gauche qu'une légère pression ; enlever plus souventaussi l'instrument, puis examiner la profondeur du trou, afin de reconnaître avec certitude le moment où la perforation a lieu, et d’éviter par là de blesser avec la pointe de la tarière la membrane du cerveau. En effet, il résulterait de cette lésion une inflammation grave et péril de mort. Les trous étant pratiqués, on
donec integrum os relinquatur. Vix umquam nigrities integrum ; caries per totum os perrumpit, maximeque ubi viliata calvaria est. Id quoque [signi] specillo significatur : quod depressum in id foramen , quod infra solidam sedem habet, et ob id renitens aliquid invenit, et madens exit : si pervium invenit, allius descendens inter os et membranam , nihil oppositum invenit, educiturque siceum : non quo non subsit aliqua vitiosa sanies ; sed quoniam ibi, ut in latiore sede, diffusa sit. Sive autem nigrities, quam terebra detexit, sive caries, quam specillum ostendit, os transit, modioli quidem usus fere supervacuus est; quia latius pateat necesse est, quod tam alte processit. Terebra vero ea, quam secundo loco posui, utendum; eaque, ne nimis incalescat, subinde in aquam frigidam demittenda est. Sed tum majore eura agendum est, cum jam aut simplex os dimidium perforatum est; aut in duplici superius : illud spatium ipsum ; hocsanguis significat. Ergo tum lentius ducenda habena, suspendendaque magis sinistra manus est, et sæpius attollenda , et foraminis altitudo consideranda; ut, quandocumque os perrumpilur, sentiamus , neque periclilemur, ne mucrone cerebri membrana lædatur : ex quo graves inflammationes cum peticulo mortis oriuntur. Factis foraminibus, eodem modo
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enlève les ponts intermédiaires comme je l'ai dit plus haut, mais en y mettant la plus grande prudence, de peur que l’angle du ciseau ne vienne offenser la dure-mère. On continue l’excision jusqu’à ce que l’ouverture soit assez grande pour recevoir l'instrument qui protége la dure-mère, et que les Grecs appellent unvryyopÜhaë. C’est une lame de cuivre, assez solide, un peu recourbée, et dont la face externe est polie. Elle doit être placée entre la dure-mère et la portion osseuse que l’on veutretrancher ; desortequesielle recoit l'atteinte du ciseau, elle ne lui permet pas du moins d’aller au delà. On peut donc par ce moyen frapper plus hardiment et plus sûrement avec le maillet, puis retirer l'os à l’aide de la lame quand l’excision est complète, sans endommager le cerveau. Dès qu’on a retranché toute la portion malade, il faut ruginer et polir les bords de l'ouverture , et ne laisser sur la membrane aucune seiure de l'os. Mais il ne suffit pas de ruginer et de polir les bords, si l’on n'a emporté que la table supérieure; il faut en faire autant à la seconde, pour que les chairs puissent se régénérer sans rencontrer des aspérités qui s’opposeraient à la guérison, et détermineraient@e nouvelles douleurs. En traitant des fractures, je dirai ce qu’il convient de faire, une fois que le cerveau est mis à découvert. S’il reste au fond de l’ouverture quelque portion d’os, on doit par-dessus appliquer des médicaments qui ne soient point gras, du genre de ceux qui servent à panser les blessures récentes. Le toutsera recouvert de laine en suint trempée dans de l’huileet du vinaigre. Au bout d’un certain temps, on voit des chairs s'élever de l’os même, et remplir la cavité produite par l'opération. Si même l’os a été cautérisé, les parties mortes se séparent des parties
media sepla, sed multo cireumspectius, excidenda sunt; ne forte angulus scalpri eamdem membranam violet ; donec fiat aditus, per quem membranæ custos immittatur : unviyyogüaxa Græci vocant. Lamina ænea est, firma, paulum resima, ab exteriore parte lævis; quæ demissa, sic, ut exterior pars ejus cerebro propior sit, subinde ei subjicitur, quod scalpro discutiendum est : ac, si excipit ejus angulum , ultra transire non palitur : eoque el audacius, el tutius, scalprum malleolo subinde medicus ferit, donec excisum undique os, eadem lamina levetur , tollique sine ulla noxa cerebri possit, Ubi totum os ejectum est, circumradendæ lævandæque sunt oræ, et, si quid scobis membranæ insedit, colligendum. Ubi, superiore parte sublata, inferior relictaest, non oræ tantum, sed os quoque totum lævandum est; ut sine noxa postea cutisincrescat, quæ aspero. ossi innascens protinus non sanitatem, sed novos dolores movet. Patefacto cerebro, qua ratione agendum sit, dicam, cum ad fracta ossa venero. Si basis aliqua servata est, superimponenda sunt medicamenta non pinguia, quæ recentibus vulneribus accommodantur ; supraque imponenda lana succida, oleo atque aceto madens. Ubi tempus processit, ab ipso osse caro increscit, eaque factum manu sinum complet. Si quod etiam os adustum
vivantes, et il pousse entre elles des bourgeons charnus qui viennent éliminer ce qui s’est détaché. Comme l’esquille est presque toujours, dans ce cas, mince et etroite, les Grecs l'ont appelée deric, c’est-à-dire écaille. Il peut encore arriver qu’à la suite d’un coup l'os ne soit ni brisé ni fendu, mais atteint seulement d’une contusion qui rend la surface inégale. Il suffit alors de ruginer et de polir la partie lésée. Bien que ces maladies affectent plus spécialement les os de la tête , elles sont néanmoins communes à tous ; et, quel que soit d’ailleurs celui qu’elles attaquent, elles réclament le même remède. Quant aux fractures, aux fissures, aux perforations et aux con— tusions des os, il y a des cas particuliers qui exigent des moyens spéciaux ; mais la plupart du temps le traitement général reste le même. Je vais exposer ces méthodes curatives, en commençant toujours par le crâne.
IV. Dans les coups recus à la tête, il faut aussitôt rechercher si le malade a vomi de la bile: si ses yeux se sont voilés; s'il a perdu la parole; si du sang s’est écoulé par le nez ou les oreilles ; s’il est tombé sous le coup, et s’il est demeuré par terre privé de sentiment, et comme plongé dans le sommeil. Tous ces signes en effet ne s’observent que dans les fractures du crâne; et, lorsqu'on les rencontre, on doit savoir que l'opération est nécessaire, mais le succès difficile. Si, de plus, il survient de l’engourdissement ; si l'intelligence s’égare; s’il y a de la paralysie ou des mouvements convulsifs, il est vraisemblable que la membrane du cerveau a pris part à la lésion, et, par cela même, il est encore moins permis d'espérer. Mais en l’absence de ces symptômes, on peut conserver des doutes
est, a parte sana recedit; subitque inter integram atque emortuam partem caruncula, quæ, quod abscessii, expeéllat. Eaque fere , quia testa tenuis et angusta est, Xemic, id est squama, a Græcis nominatur. Potest etiam evenire, ut ex ictu neque findatur os, neque perfringatur; sed summum tamen collidatur, exaspereturque. Quod ubi incidit, radj et lævari satis est. Hæc quamvis maxime fiunt in capite, tamen celeris quoque ossibus communia sunt : ut, ubicumqueidem incidit, eodem remedio sit utendum. At quæ fracta, fissa, forata, collisa sunt, quasdam proprias in singulis generibus, quasdam communes in pluribus curationes requirunt : de quibus protinus dicam , initio ab cadem calvaria accepto.
IV. Igitur, ubi ea percussa, protinus requirendum est, num bilem is homo vomuerit; num oculi ejus obcæcati sint; num obmuluerit ; num per nares auresve sanguis el efluxerit; num conciderit ; num sine sensu quasi dormiens jacuerit. Hæc enim non nisi osse fracto eveniunt : aique, ubi inciderunt, scire licet, necessariam, sed difficilem curationem esse. Si vero etiam torpor accessit; si mens non constat; si nervorum vel resolutio vel distentio secula est; verisimile est, eliam cerebri membranam esse violatam : eoque in angusto magis spes est. At si nihil horum secutum est, potest eliam dubitari, an os fractum
sur la fracture de l'os; et alors il convient d’exemiper sans retard si la blessure provient d’une pierre, d’un bâton, d'une épée ou de quelque autre corps vulnérant ; si ce corps est poli ou raboteux, petit ou volumineux; si le coup a été violent ou léger; car moins le choc a eu de violence, plus on est fondé à croire que l'os a pu résister. Le plus sûr toutefois est d’en venir à l'exploration directe. En conséquence, on introduit par la plaie un stylet qui ne doit être ni trop mince ni trop aigu; car, en pénétrant dans un sinus naturel, il y aurait à craindre qu'il ne donnât faussement l’idée d’une fracture. Il ne faut pas non plus qu’il soit trop gros, parce qu’il pourrait faire méconnaître les petites fissures accidentelles. Quand l'instrument ne trouve au fond de la plaie qu’une surface égale et polie, il est à présumer que l'os est intact; mais s’il rencontre des inégalités sur un point où il n’existe pas de sutures, il y a là l’indice d’une fracture du crâne. Hippocrate a consigné dans ses écrits l'erreur que les sutures lui ont fait commettre, avec cette simplicité habituelle aux hommes supérieurs qui se sentent faits pour les grandes choses. Les esprits médiocres, qui n’ont rien à eux, n’ont garde de s’amoindrir; mais il sied aux génies élevés, toujours assez riches d’ailleurs, d’avouer ingénument leurs méprises, surtout quand cet aveu , transmis à la postérité, a pour but d'empêcher ceux qui se livreront à l'exercice de l’art, de se laisser tromper par les mêmes apparences. La renommée de cet illustre maître a été pour nous un motif de rappeler ici cet exemple. Les sutures peuvent donc don-
| ner le change, en ce qu’elles présentent aussi
des rugosités; d’où il suit qu’on les confond avec
sit : et protinus considerandum est, lapide, an ligno, an ferro, an alto telo percussum sit, et hoc ipso lævi an aspero , mediocri an vastiore ; vehementer an leviter ; quia quo mitior ictus fuit, eo facilius os ei restitisse credibile est. Sed nihil tamen melius est, quam certiore id nola explorare. Ergo, qua plaga est, demitti specillum oportet, neque nimis tenue , neque acutum; ne, cum in quosdam naturales sinus inciderit, opinionem fracti ossis frustra faciat : neque nimis plenum; ne parvulæ rimulæ fallant. Ubi specillum ad os venit, si nihil nisi læve et lubricum occurril, integrum id videri potest : si quid asperi est, utique qua suturæ non sint, fractum os esse testatur. A suluris se deceptum esse, Hippocrates memoriæ prodidit ; more scilicet magnorum virorum , et fiduciam magoarum rerum habentium. Nam levia ingenia, quia nihil habent, nihil sibi detrahunt : magno ingenio , multaque nibilominus habituro, convenitetiam simplex verierroris confessio ; præcipuequein eo ministerio, quod utilitatis causa posteris traditur ; ne qui decipiantur eadem ratione qua quis ante deceptus est. Sed hæc quiden alioquin memoria magni professoris, uti interponeremus , effecit. Potest autem sulura eo nomine fallere, quia æque aspera est; ut aliquis hanc esse, etiamsi rima est, existimet eo loco, quo subesse hanc verisimile est. Ergo eo nomine decipi non oportet : sed
les fèlures du crâne; confusion d’autant plus facile que ces lésions se rapprochent davantage du siége ordinaire des sutures. Aussi le plus sûr moyen d'éviter l'erreur, c’est de mettre l'os à découvert ; car, ainsi que je l’ai dit plus haut, la situation des sutures n’est pas constante, et, de plus, une fissure peut exister à l'endroit même de lasuture, ou tout auprès. Dans les contusions violentes, et alors même qu’on n’a rien trouvé avec le stylet, il convient parfois encore de dénuder l’os. Cela même étant fait, si l’on ne voit aucune fissure, il faut verser de l’encre sur l'os, puis le gratter avec la rugine, attendu que, s'il y a fissure, elle sera marquée par l'infiltration du liquide noir. Il arrive aussi que telle partie du crâre ayant été contuse, c’est sur le point opposé que la fissure est produite, D’après cela, lorsque le choc a été violent, et que des symptômes fâcheux se manifestent, sans qu'on ait pu constater de fissure au-dessous des téguments divisés, il n’est pas inutile de rechercher s’il n’y a ni empâtement, ni mollesse au côté opposé, parce qu’alors en y faisant une ouverture, on trouverait au fond la fissure de l'os. En supposant même l’incision inutile, les téguments se réunissent sans grande difficulté, tandis que la fracture de l'os, si elle n’est point traitée dès le principe, suscite de graves inflammations, et se guérit ensuite plus difficilement. Il peut se faire encore, mais le cas se présente rarement, que l'os n'éprouve aucune altération, et qu'il y ait toutefois, par l'effet du choc, rupture à l'intérieur d’un vaisseau de la dure-mère, d'où résulte un épanchement de sang ; or, ce liquide en se coagulant provoque de violentes douleurs, et prive même de la vue certains sujets. Mais en général la douleur se fait sentir à la partie
os aperire tutissimum est. Nam neque utique certa sedes, ut supra posui, sulurarum est; et potest idem et naturaliter commissum et ictu fissum esse, juxtave aliquid fissum habere. Quin aliquando etiam, ubi ictus fuit vehemenlior, quamvis specillo nihil invenitur, tamen aperire commodius est. Afsi ne tum quidem rima manifesla est, inducendum super os atramentum scriptorium est, deinde scalpro id deradendum : nigritiem enim continet, si quid fissum est. Solet eliam evenire , ut altera parte fuerit ictus, et os altera fiderit. Itaque, si graviter aliquis percussus est, si mala indicia subsecuta sunt, neque ea parte, qua cutis discissa est, rima reperitur; non incommodum est, parte altera considerare, num quis locus mollior sit, et tumeat; eumque aperire : siquidem ibi fissum os reperietur. Nec tamen magno negotio eulis sanescit, etiamsi frustra secta est. Os fractum, nisi si succursum est, gravibus inflammalionibus afficit, difficiliusque postea tracfatur. Raro, sed aliquando tamen, evenit, ut os quidem tolum integrum maneat, intus vero ex ictu vena aliqua in cerebri membrana rupta aliquid sanguinis mittat, isque ibi concretus magnos dolores moveat, et oculos quibusdam obcæcet. Sed fere contra id dolor est, et, eo loco cute incisa, pallidem os reperitur : ideoque id quoque os
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opposée, et, en incisant la peau sur ce point, on trouve que l'os est devenu pâle, ce qui oblige à l'emporter aussi. Quelle que soit la cause qui rende l’application du trépan nécessaire , il faut, si les téguments ne sont pas assez divisés, les ouvrir plus largement, afin d’avoir sous les yeux toute l'étendue de la lésion. En procédant à cette opération, on aura soin de ne laisser aucune portion du péricrâne en contact avec l'os, car les déchirures que lui feraient subir la rugine ou le trépan détermineraient une fièvre intense, puis de l’inflammation. Il vaut done mieux que la membranesoit entièrement détachée. Quand la division des téguments estle résultat de la blessure, il faut bien la prendre telle qu’elle est; mais s’il y a lieu de la faire avec l'instrument, on doit lui donner la forme de la lettre X, au moyen de deux incisions qui se rencontrent ; cette forme permettant ensuite d’emporter isolément chaque lambeau. Si la plaie fournit du sang, on l’étanche avec une éponge trempée de temps à autre dans du vinaigre ; on remplit l'ouverture de charpie, et on oblige le malade à tenir la tête élevée. Cette hémorragie d’ailleurs ne pourrait inquiéter qu’autant qu’elle viendrait de la région temporale, et, dans ce cas-là même, rien ne serait plus facile que de la maitriser. Dans toute fissure ou fracture du crâne, les anciens chirurgiens en venaient de suite à l’application du fer pour emporter la partie malade; mais il est beaucoup mieux d'essayer d’abord des emplâtres préparés pour guérir les plaies de tête. On ramollit l’un de ces topiques avec du vinaigre, et on l’applique sur l'os fracturé ou fèlé; par-dessus on étend un linge enduit de la même composition, et un peu plus large que la blessure; puis le tout, recouvert d’une laine en suint tremexcidendum est. Quacumque autem de causa curatio hæc necessaria est, si nondum satis cutis patefacta est, latius aperienda est, donec, quidquid læsum est, in conspectu sit. In quo ipso videndum est, ne quid ex ipsa membranula, quæ sub cute calvariam cingit, super os relinquatur : siquidem hæec scalpro terebrisve lacerata vehementes febres cum inflammationibus excitat. Itaque eam commodius est ex toto ab osse diduci. Plagam , si ex vulnere est, talem necesse est habeamus, qualem acceperimus : si manu facienda est, ea fere commodissima est, quæ duabus transversis lineis litteræ X figuram accipit : tum deinde a singulis procedentibus lingulis cutis subsecatur. Inter quæ, si sanguis fertur, spongia subinde in aceto tincta cohibendus est, occupandusque objectis linamentis, et caput allius excitandum. Neque id vitium ullum metum, nisi inter musculos, qui tempora continent, adfert : sed ibi quoque nihil tutius fit. In omni vero fisso fractove osse, protinus anliquiores medici ad ferramenta veniebant, quibus id exciderent. Sed multo melius est, ante emplastra experiri, quæ calvariæ causa componuntur : eorumque aliquod oportet ex aceto mollitum per se super fissum fractumve os imponere : deinde super id, aliquanto latius, quam vulnus est, eodem rmcdicainento il:
TRAITÉ DE LA MÉDECINE, LIV. Val.
pée dans du vinaigre, est maintenu par un bandage. Chaque jour l'appareil est levé pour renouveler le pansement, et cela jusqu'au cinquième jour. Lesixième, on fait des fomentationsavecune éponge imbibée d’eau chaude, saus rien changer au reste du traitement. Alors, si les chairs commencent à se régénérer, si la fièvre cesse ou devient moins forte, si l’appétit reparaît, et que le sommeil soit assez bon, on devra persévérer dans l'emploi de ce moyen curatif. Au bout d’un certain temps, pour activer la reproduction des chairs, on rendra l’emplâtre plus émollient, en y ajoutant un peu de cérat fait avec de l'huile rosat, car l’emplâtre est par lui-même astringent. Il n’est pas rare de voir, sous l'influence de ce traitement, les fissures comblées par une espèce de cal qui constitue, pour ainsi dire, la cicatrice de l'os. Dans les fractures plus étendues, si les fragments n’ont pu se rapprocher tout à fait, c'estencore le même cal qui leur sert de soudure, et pour le cerveau cette protection vaut beaucoup mieux que les chairs qui remplacent la portion d’os excisée. Mais si, dès les premières applications du remède, la fièvre prend de l’intensité; si le sommeil est rare et troublé par des rêves tumultueux ; si l'ulcère devient humide, et ne-tend point à guérir; s’il survient des glandes au cou; si le malade accuse enfin de violentes douleurs, et que son dégoût pour les aliments augmente, il faut bien sedécider à l'opération, et la pratiquer avec le ciseau. Il y a deux périls à redouter dans les coups à la tête : la félure et l’'enfoncement du crâne. Si l’os est fendu, les bords de la fêlure peuvent être extrêmement serrés, soit que l’un empiètesur l’autre, soit qu'après avoir été séparés ils se rapprochent de
litum linteolum, el præterea succidam lanam acelo tinctam : tum vulnus deligare, et quotidie resolvere; similiterque curare usque ad diem quintum. A sexto die etiam yapore aquæ calidæ per spongiam fovere : cetera eadem facere. Quod si caruncula increscere cœperit, et febricula aut soluta erit, aut levior, et cupiditas cibi reverterit, satisque somni accedet, in eodem medicamento erit perseverandum. Procedente deinde tempore, emolliendum id
emplastrum, adjecto ceralo ex rosa facto; quo facilius |
carnem producat : nam per se reprimendi vim habet. Hac ratione sæpe rimæ callo quodam implentur; estque ea ossis velut cicatrix : et latius fracta ossa, si qua inter se non cohærebant, eodem callo glutinantur ; estque id aliquanto melius velamentum cerebro, quam caro, quæ exciso osse increscit. Si vero sub prima curatione febris intenditur, brevesque somni, et idem per somnia tumultuosi sunt, nleus madet , neque alitur, et in cervicibus slandulæ oriuntur, magni dolores snnt, cibique super hæc faslidium increscit ; Lum demum ad manum scalprumque veniendum est. Duo vero sub ictu calvariæ pericula sunt ; ue el findatur, vel medium desidat. Si fissum est, possont oræ esse compressæ : vel quia altera super alteram excessit ; vel eliam , quia Vehementer rursus se commise- CELSE
nouveau très-fortement ; d'où il suit que l’humeur, ne trouvant point d’issueau dehors, tombe sur la membrane du cerveau, l’irrite, et provoque de graves inflammations. Lorsque l'os est enfoncé, il comprime cette même membrane, et quelquefois la déchire avec les esquilles qui se détachent de la fracture. Tout en remédiant à ces accidents, il ne faut enlever de l'os que ce qui estindispensable. Si, par exemple, il y a chevauchement, il suffit de retrancher le fragment supérieur avec un ciseau plat; moyennant quoi l’on obtient l’écartement convenable pour la guérison. Si les bords de la fissure sont trop serrés, on pratique sur l’un des côtés, à un doigt de distance, une ouverture avec la tarière , et de ce point l’on conduit deux incisions faites avec le ciseau , et représentant la lettre V; de telle sorte que le sommet se rapporte au trou qu’on vient de faire, et la base à la fissure de l’os. Quand la félure est plus considérable, on fait partir d’une seconde ouverture semblable à la première deux incisions nouvelles. Par ce moyen, il ne peut rien rester de caché sous la voûte du crâne, et tout ce qu’il y a de nuisible trouve à s'échapper par une large issue. S'il y a en même temps fracture et enfoncement du crâne, il n’est pas toujours nécessaire d’emporter l’os en entier; mais s’il est brisé tout à fait , et par suite isolé com— plétement du reste du crâne, ou si même il n’y tient que par un léger fragment, il faut avec le ciseau le séparer des parties saines; puis à côté de cette incision on pratique sur la portion d'os enfoncée deux ou trois perforations, selon que la fracture a plus ou moins d'étendue, et on enlève les ponts qui séparent les trous. Il faut ensuite faire agir le ciseau sur les deux côtés de
runt. Ex quo evenit, ut humor ad membranam quidem descendat, exitum vero non habeat; ac sic eamirritel, et graves inflammationes moveat. At ubi medium desedit, eamdem cerebri membranam os urget : interdum etiam ex fractura quibusdam velut aculeis pungentibus. His ita suceurrendum est, ut tamen quam minimum ex osse dematur. Érgo, si ora alteri insedit, satis est id, quod eminet, plano scalpro excidere : quo sublalo, jam rima hiat quantum curationi satis esl. At si oræ inter se comprimuntur, a latere ejus, interposito digiti spatio, terebra foramen faciendum est : ab eoque scalper duabus lineis ad rimam agendus , ad similitudinem litteræ V, sic, ut vertex ejus a foramine, basis a rima sit. Quod si rima longius patet , ab altero foramine rursus similis sinus feri debet : et ita nihil latens in eo osse concavo est, abundeque exitus datur intus Jædentibus. Ne si fractum quidem os desedit, totum excidi necesse est : sed, sive totum perfractum est, et ab alio ex toto recessit, sive circumpositæ calvariæ inhæret exigua parte , ab eo, quod naturaliter se habet, scalpro dividendum est. Deinde in eo, quod desedit, juxta rimam, quam fecimus, foramina addenda sunt , si in angusto noxa est, duo; si latius patet, tria; septaque eorum excidenda : et tum scalper nlrimque
la fente qu’on a faite, afin d’avoir une ouverture semi-lunaire, dont le fond doit répondre à la fracture, et les angles aux parties saines du crâne. Alors, s’il y a quelques esquilles vacillantes qu’on puisse détacher sans difficulté, on devra les saisir avec une pince disposée à cet effet, et éliminer surtout celles dont les pointes sont assez aiguës pour blesser la dure-mère. Mais si l'extraction ne paraît pas facile, on glissera sous l'os la lame qui sert, comme je l’ai dit, à protéger la membrane du cerveau, et sur ce plancher on fera l’excision de toutes les esquilles pointues et saillantes. Le même instrument est encore employé à relever la portion d'os enfoncée. Cette méthode a pour résultat de consolider les os fracturés au point où ils sont encore adhérents au crâne; ou bien, si la solution de continuité est complète, de déterminer la chute de l'os sans aucune douleur, sous la double influence du temps et des médicaments. De cette facon aussi, les fragments laissent toujours entre eux un espace suffisant pour que la sanie s'écoule au dehors; et enfin le cerveau est mieux garanti par l'os qu’on laisse à demeure, qu’il ne pourrait
l'être après l’excision. L'opération terminée, on-
arrose la dure-mère avec du fort vinaigre, soit pour réprimer l’hémorragie s'il y a lieu, soit pour entraîner les eaillots sanguins qui pourraient rester à l’intérieur. On applique ensuite sur la membrane l’emplâtre dont j'ai parlé plus haut, lequel est ramolli de la même manière avec du vinaigre; puis viennent les autres pièces de l'appareil déjà connues, comme le linge enduit du médicament, et la laine en suint.
On a soin de placer le malade dans un endroit chaud, et de renouveler le pansement tous les jours, et même deux fois par jour pendant l'été.
ad rimam agendus , sie, ut lunatum sinum faciat : imaque pars ejus intus ad fracturam, cornua ad os integrum spectent. Deinde, si qua labant, et ex facili removeri possunt, forfice ad id facta colligenda sunt, maximeque ea, quæ acuta membranam infestant : si id ex facili fieri non potest, subjicienda lamina est, quam cuslodem ejus membrauæ esse proposui ; et super eam, quidquid spinosum est, et intus eminet, excidendum est : eademque lamina, quidquid deorsum insedit, attollendum. Hoc genus cura- Lionis efficit, ut, qua parte fracla ossa tamen inhærent, solidentur : qua parte abrnpta sunt, sine ullo tormento sub medicamentis tempore excidant, spatiumque inter hæc satis illismagnum ad extrahendam saniem relinquatur ; plusque in osse propugnaculi cerebrum habeat, quam habiturum fuit, eo exciso. His factis, ea membrana acri acelo respergenda est; ut, sive aliquid sanguinis ex ea profluit, cohibeatur, sive intus concretus cruor remanet, discutiatur : tum idem medicamentum eodem modo, qui supra positus est, mollitum, ipsi membranæ imponendum est : ceteraque eodem modo facienda sunt, quæ ad linteolum illitum, et lanam suecidam pertinent : collocandusque is loco in tepido : et curandum quotidie vulnus ;
CELSE
Sila dure-mère est prise d’inflammation et se tuméfie, on devra arroser d'huile rosat tiède; mais si la tuméfaction est telle qu’elle dépasse les os, il faudra la réduire, en appliquant dessus des lentilles ou des feuilles de vigne écrasées, et mêlées avec du beurre frais ou de la graisse d’oie récente. On cherchera de plus à diminuer la tension du cou, en pratiquant sur cette partie des onctions avec le cérat d'iris liquide. Si la dure-mère présente un mauvais aspect, il faut la recouvrir de l’emplâtre indiqué, en y faisant entrer une égale quantité de miel. Pour maintenir le remède, on applique de la charpie, et le tout est recouvert d’un linge enduit du même médicament. Lorsque la membrane est suffisamment détergée, on ajoute du cérat à l’emplâtre, afin de faciliter la reproduction des chairs. Quant à la diète, puis aux aliments solides et liquides qu’on peut successivement accorder, il faut se conformer au régime que j'ai prescrit pour les blessures ; cela même est d’autant plus nécessaire que les plaies de tête entrainent avec elles plus de dangers. Mais il y a plus: lorsque, au lieu de soutenir simplement le malade, il s'agira de le nourrir, on ne devra donner encore aucune des substances qui ont besoin de la mastication. On évitera de même de l’exposer à la fumée, et l’on détournera de lui tout ce qui peut exciter l’éternument. Il y a chance certaine de guérison, quand la dure-mère n’a perdu ni la mobilité ni la coloration qu’elle doit avoir, quand les chairs qui repoussent sont vermeilles, et que la mâchoire et le cou continuent à se mouvoir librement. Voici maintenant des signes redoutables : immobilité de la dure-mère, qui devient noire, livide ou diversement altérée ; délire, vomissements opiniâtres, paralvsie ou
bis etiam, æstate. Quod si membrana per inflammationem intumuerit, infundenda erit rosa tepida. Si usque eo tumebit, ut super ossa quoque emineat, coercebit eam bene trita lenticula, vel folia vitis contrita, et cum recenti vel butyro, vel adipe anserino mista : cervixque molliri debebit liquido cerato, ex irino facto. At si parum pura membrana videbitur, par modus ejusemplastri et mellis miscendus erit ; idque superinfundendum ; ejusque con: tinendi causa unum aut alterum linamentum injiciendum, et super linteolo, cui emplastrum illitum sit, contegendum. Ubi satis pura membrana est, eadem ralione adjicienduin emplastro ceratum, ut carnem producat. Quod ad abstinentiam vero, et primos ulterioresque cibos potionesque perlinel, eadem, quæ in vulneribus præcepi, servanda sunt, eo magis , quo periculosius hæc pars afficitur. Quin etiam, cum jam non solum sustineri, sed ali his quoque oportebit, tamen erunt vitanda, quæcumque maudenda sunt : item fumus, et quidquid excitat sternus, tamentum. Spem vero cerlam facinnt, membrana mobilis ac sui coloris, caro increscens rubicunda, facilis motus maxillæ atque cervicis. Mala signa sunt, membrana immobilis, nigra, vel livida, vel aliter coloris corrupti,
convulsions, lividité des chairs, et rigidité de la mâchoire et du cou. Les autres signes qui se tirent du sommeil, de l’appétence, de Ja fievre et de la couleur du pus, sont, comme pour les autres blessures, des présages de mort ou de guérison. Lorsque la maladie prend une tournure favorable, on voit s'élever de la membrane même, ou de la table interne de l'os s’il y a sur ce point un os double, des bourgeons charnus qui remplissent le vide laissé par la fracture. Ces chairs peuvent même faire saillie au-dessus du crâne, et, dans ce cas, il convient de les réprimer avec l’écaille de cuivre, et d'appliquer ensuite des remèdes cicatrisants. On obtient facilement la cicatrisation de toutes les plaies de tête, à l'exception de celles qui sur le front se trouvent placées un peu au-dessus de l’espace qui existe entre les sourcils. Les plaies de ce genre, en effet, laissent presque toujours après elles une ulcération qui dure autant que la vie, et qu'il faut recouvrir d’un linge enduit d’un topique convenable. Dans les fractures du crâne, il importe, jusqu’à ce que la cicatrice soit bien consolidée, d'éviter soigneusement l’ardeur du soleil, les plaisirs de Vénus (7), les bains trop répétés, et le vin pris en excès.
V. L'os et le cartilage du nez peuvent se briser en avant, ou sur les côtés. S'il y a fracture en avant, de ces deux parties ou de l’une d’elles seulement, il en résulte que les narines s’affaissent, et que la respiration devient difficile. Si l'os est cassé latéralement, on remarque une dépression sur ce point ; si c’est le cartilage , le nez s'incline vers le côté opposé. Dans les fractures du cartilage, il faut redresser doucement la portion dépri-
dementia, acris vomitus, nervorum vel resolutio vel distentio, caro livida, maxillarum rigor, atque cervicis. Cefera, quæ ad somnum, cibi desiderium, febrem, puris colorem attinent, eadem , quæ in ceteris vulneribus, vel salutaria, vel mortifera sunt. Ubi bene res cedit, incipit ab ipsa membrana; vel, si os eo loco duplex est, inde quoque caro lincrescere ; eaque id, quod inter ossa vacuum est, replet : nonnumquam etiam super calvariam excrescit. Quod si incidit, inspergenda squama æris est, ut id reprimat cohibeatque : ea carni superdanda , quæ ad cicatricem perducart. Omnibusque ea locis commode inducitur, excepta frontis ea parte, quæ paulum super id est, quod inter supercilia est. Ibi enim vix fieri potest, ut non per omnem æfatem sit exulceratio : quæ linteolo medicamentum babente, contegenda sit. Illa utique, capite fracto, servanda sunt, ut, donec jam valida cicatrix sit, vitentur sol, Venus, frequens balneum , major vini modus.
V. In naribus vero, et os, el cartilago frangi solet, et quidem modo adversa, modo a latere. Si adversa fracta sunt , alterumve ex his, nares desidunt, difliculter spiritus trahitur. Si a latere os fractum est, is locus cavus est : si cartilago, in alleram partem pares declinantur. Quidquid in cartilagine incidit , excitanda ea leniter est, aut subjecto specillo , aut duobus digitis utrimque compressis : deinde
mée, en Ja soulevant avec une sonde, on en introduisant deux doigts dans les narines. Cela fait, on y laisse à demeure soit une tente roulée en long , et revêtue d’une peau mince etdouce qu’on a cousue autour ; soit un bourdonnet de charpie sèche, disposé de la même facon; ou encore, un gros tuyau de plume enduit de gomme ou de colle, et recouvert de la même pellicule; tous moyens quis’opposent à l’affaissement du cartilage. Quand cette partie se brise en avant, il faut remplir également les deux narines ; mais si la fracture est latérale, la narine vers laquelle le nez est entraîné doit recevoir un corps plus gros que l’autre. A l'extérieur , on se sert d’une bande assez douce, dont le milieu est enduit d’un mélange de fleur de farine et de suie d’encens. Après avoir fait faire le tour de la tête à cette bande, on en colle les deux bouts sur le front. Ce mélange, en effet, adhère à la peau comme de la colle, et en durcissant il maintient parfaitement les narines. Si l'introduction d’un corps étranger incommode le malade, ce qui arrive principalement quand il y a fracture du cartilage situé à l’intérieur, il faut, après avoir redressé les narines, faire simplement usage de la bande pour les contenir. Au bout de quatorze jours on enlève cet appareil en l’humectant avec de l’eau chaude, qui sert aussi à bassiner chaque jour la partie malade. Si l'os est fracturé, c’est encore avec les doigts qu’on le remet en place; si la fracture a son siége en avant, on remplit de même les deux narines ; si elle n’occupe qu’un côté, on remplit seulement celle contre laquelle l’os s'est affaissé. On fait ensuite des applications de cérat, et l’on serre le bandage un peu plus fort, parce qu'ici
in longitudinem implicata linamenta, et molli pellicula cincta cireumsutaque , infus adigenda sunt; aut eodem modo composilum aliquid ex arido penicillo; aut grandis pinna, gummi, vel fabrili glutine 1llita, et molli pellicula circeumdata , quæ desidere cartilaginem non sinat. Sed , si adversa ea fracta est, æqualiter utraque naris implenda est : si a latere, crassius esse debe* ab ea parte, in quam nasus jacet , ab allera tenuius id , quod inseritur. Extrinsecus autem circumdanda habena est mollis, media illita mistis inter se simila et thuris fuligine : caque ultra aures ducenda, et fronti duobus capitibus agglutinanda est, Id enim corpori quasi gluten inhærescit, et, cum induruit, nares commode continet. Sin, quod intus inditum est, lædit, sieut maxime fit, ubi interior cartilago perfracta est, excitatæ nares eadem tantummodo habena continendæ sunt : deinde , post quatuordecim dies id ipsum demendum est. Resolvitur autem aqua calida ; eaque tum is locus quotidie fovendus est. Sin os fractum est, id quoque digilis in suam sedem reponendum est : atque ubi adversum id ictum est, utraque naris implenda est; ubi a latere, ea, in quam os impulsum est : imponendumque ceratum , et paulo vehementius deligandum est ; quia callus eo loco non ad sanitatem tantummodo, sed ‘etiam ad tumorem increscil : a tertio die fovendum id aqua calida
le cal, tout en réunissant les os, tend à faire une saillie. À partir du troisième jour, on bassine le nez avec de l’eau chaude, et l’on rend ces fomentations de plus en plus fréquentes, à mesure qu'on approche de la guérison. S'il y a plusieurs fragments, il faut également redresser chacun d'eux avec les doigts, puis appliquer extérieurement le même bandage enduit de cérat, sans aucun autre appareil. Mais si quelque fragment, complétement isolé, ne doit plus se réunir aux autres, ce dont on peut juger par la grande quantité d'humeur qui s’écoule de la plaie, il faudra l'emporter avec des pinces , puis appliquer sur la fracture un remède légèrement astringent. Le cas est plus fâcheux lorsqu’à la fractare de l'os ou du cartilage, se jointune plaiedes téguments. Cet accident est rare; mais s’il arrive, il n’en faut pas moins redresser les parties fracturées. On panse ensuite la plaie avec l’un des emplâtres qui conviennent dans les blessures récentes; seulement, on n’applique point de bandage.
VI. Le cartilage de l'oreille se brise aussi quelquefois. Il fautalors, avant que le pus soit formé, se servir d’un emplâtre agglutinatif qui souvent prévient la suppuration, et consolide l'oreille. Pour ces cartilages, comme pour ceux du nez, il est bon de savoir qu’ils ne peuvent se souder entre eux ; aussi est-ce au moyen des chairs qui s’élèvent autour des fragments que la consolidation a lieu. D’après cela, s’il y a en même temps rupture du cartilage et déchirure de la peau, on réunit les téguments par un point de suture. Mais je ne parle en ce moment que des cas où le cartilage est brisé, la peau demeurantintacte. En pareille circonstance, s’il y a déjà de la suppuration, il faut inciser la peau du côté opposé, et
est; tantoque magis, quanto propius esse sanilati debet. Quod si plura erunt fragmenta, nihilominus extrinsecus singula in suas sedes digitis erunt compellenda ; imponendaque extrinsecus eadem habena, el super eam ceratum ; neque ultra fascia adhibenda est. At siquod fragmentum undique resolutum cum ceteris non glutinabitur, intelligetur quidem ex humore, qui multus ex vulnere feretur ; vulsella vero extrahetur : finitisque inflammationibus , imponetur aliquod medicamentum ex iis, quæ leniter reprimunt. Pejus est, ubi aut ossi aut cartilagini fractæ cutis quoque vulnus accessit. [Id admodum raro fit. Si incidit, illa quidem nihilominus eadem ratione in suas sedes excitanda sunt : cali vero superimponendum emplastrum aliquod ex is, quæ recentibus vulneribus accommodata sunt : sed insuper nullo vinculo deligandum est.
VI. In aure quoque interdum rumpitur cartilago. Quod si incidit, antequam pus orialur, imponendum glutinans medicamentum est : sæpe enim suppurationem prohibet , et auremn confirmat. Jlud et in hac et in naribus ignorari non oportel; non quidem-cartilaginem ipsam glutinari, circa tamen carnem increscere, solidarique eum locum. Itaque, si cum cute carlilago rupta est, cutis utrimque suitur. Nunc autem de ea dico, quæ, cute integra, frangitur. In ea vero si jam pus natum est, aperienda altera
CELSE
couper le cartilage en forme de croissant. L'excision faite, on a recours à quelque topique astringent comme le lycium délayé dans de l’eau, et l’on en continue l’usage jusqu’à ce que le sang ait cessé de couler. On étend ensuite sur la plaie un linge enduit d’un emplâtre ‘préparé sans aucun corps gras; puis on remplit avec de Ja laine bien cardée l’espace qui existe en arrière entre la tête et l'oreille, et l’on maintient cette application à l’aide d’un bandage médiocrement serré. Dès le troisième jour, on fera sur la partie malade des fomeniations chaudes, comme je l’ai dit pour les fractures du nez; et l’on prescrira de même l'abstinence au début, jusqu’à ce que l’inflammation soit tombée.
VII. En passant des lésions de ces parties à celles de la mâchoire, il me paraît utile d'établir quelques généralités sur les fractures des os, afin d'éviter des répétitions trop fréquentes. Les os peuvent se fendre dans le sens longitudinal comme le bois , ou bien se briser dans une direction transversale ou oblique. Dans la fracture oblique, les fragments sont tantôt obtus, tantôt aigus ; et ce dernier cas est le plus fâcheux, parce qu’alors il n’est pas facile d’en faire la coaptation, et qu'ils arrivent à déchirer les chairs , ou parfois même les tendons et les muscles. Il peut y avoir aussi plusieurs fragments, qui le plussouvent sont complétement isolés les uns des autres, si ce n’est dans les fractures de l’os maxillaire inférieur, où ils conservent toujours entre eux quelque point de contact. Pour la mâchoire, les moyens de réduction consistent à exercer sur les portions fracturées une pression avec deux doigts, dont l’un agit en dedans de la bouche, et l’autre en dehors. Quand il y a fracture
parte cutis, et ipsa cartilago contra lunata plaga excidenda est : deinde utendum est medicamento leniter supprimente, quale lycium est aqua dilutum, donec sanguis fluere desinat : tum imponendum linteolum cum emplastro, sic, ut pingue omne vitetur; et a parte posleriore Jlana mollis auri subjicienda est, quæ , quod est inter hane el caput, compleat : tum ea leniter deliganda est, et a tertio die, vapore, ut in naribus posui, fovenda. Atque in his quoque generibus abstinentia primi temporis necessaria est, donec inflammatio finiatur.
VII. Ab his ad maxillam venturus indicanda quædam puto communiler ad omnia ossa pertinentia, ne sæpius eadem dicenda sint. Omne igitur os, modo rectum, ut lignum in longitudinem finditur; modo frangitur transversum; interdum obliquum ; atque id ipsum nonnumquam retusa habet capita, nonnumquam acuta ; quod genus pessimum est; quia neque facile committuntur, quæ nulli retuso innituntur : et carnem vulnerant, interdum nervYum quoque aut musculum. Quin etiam aliquando plura fragmenta fiunt. Sed in aliis quidem ossibus ex toto sæpe fragmentum à fragmento recedit : maxillæ vero semper aliqua parte, etiam vexafa ossa inter se cohærent. Igitur in primis digitis duobus utrimque prementibus , et abore, et ab cute, omnia ossa in suam sedem compellenda sunt.
transversale, il arrive ordinairement que les dents pe sont plus de niveau ; alors, après avoir réduit, on attache ensemble à l’aide d’un crin les deux dents qui se touchent à l'extrémité de chaque fragment, et si elles sont trop ébranlées, on s'adresse aux deux dents qui suivent. C’est au reste la seule fracture où cette précaution soit utile. Pour le surplus on procède comme dans les autres cas; c’est-à-dire qu’on applique sur la partie malade un linge double trempé dans de l'huile et du vin, et enduit, comme je l'ai dit, d’un mélange de fleur de farine de froment et de suie d’encens ; on prend ensuite une bande ou une espèce de bride assez souple que l’on fend par le milieu , afin d’embrasser exactement le menton, et de pouvoir ramener les chefs au-dessus de la tête, où on les lie. Nous établirons encore ce précepte relatif à toutes les fractures : c’est de prescrire la diète au début; d'accorder ensuite à partir du troisième jour quelques aliments liquides ; puis, dès que l’inflammation est tombée, de passer à une nourriture plus forte et plus substantielle, sans cesser toutefois d'interdire le vin pendant toute la durée du traitement. Le troisième jour, on doit lever l'appareil, pratiquer des fomentations chaudes avec une éponge , et renouveler le premier pansement; on change encore l'appareil le cinquième jour, pour ne plus l’enlever qu'après la chute de l’inflammation, qui cesse d'ordinaire le septième ou leneuvième jour. L'état inflammatoire ayant disparu, on examine de nouveau la fracture , afin de remettre en place les fragments qui se trouveraient mal réduits, et l’on ne touche plus alors au bandage qu'après avoir attendu les deux tiers du temps nécessaire à la consolidation des fractures. Les os de la mächoire, les os malaires, la elavicule, le sternum,
Deinde, si maxilla fransversa fracta est; sub quo casu fere dens super proximum dentem excedit; ubi ea in suam sedem collocata est, duo proximi dentes , aut, si hi labant, ulteriores inter se seta deligandi sunt. Id in alio genere fracturæ supervacuum est : cetera eadem facienda sunt. Nam linteolum duplex, madens vino et oleo , superinjiciendum cum eadem simila et eadem thuris fuligine est : deinde aut fascia, aut mollis habena, media in longitudinem incisa , ut utrimque mentum complectatur , et inde capita ejus supra caput adducta ibi deligentur. Illud quoque ad omnia ossa pertinens dictum erit; famem primum esse necessariam : deinde, a die tertio, humidum cibum : sublata inflammatione, paulo pleniorem , eumque, qui carnem alat : vinum per omne tempus esse alienum. Deinde tertio die resolvi debere ; foveri per spongiam vapore aquæ calidæ ; eademque, quæ primo fueruñt, superdari : idem die quinto feri, et donec inflammatio finiatur ; quæ vel nono die, vel septimo fere solvitur. Ea sublata, rursus ossa esse tractanda, ut, si quod fragmentnm loco suo non est, reponatur : neque id esse solvendum, nisi duæ partes ejus temporis, intra quod quæque ossa confervent , transierint. Fere vero inter quartumdecimum et
lomoplate , les côtes , l'épine, les os coxaux, l'os du cou-de-pied (aséragale), le calcanéum , les os de la main et de la plante du pied, se consolident entre le quatorzième et le vingt-unième jour; ceux de la jambe et de l’avant-bras, entre le vingtième et letrentième ; ceux enfin dela cuisse et du bras, entre le vingt-septième et le quarantième jour. Quant aux fractures de la mâchoire, il est bon d'ajouter que le malade devra pendant longtemps se eontenter d'aliments liquides; et plus tard même, s’en tenir à des pâtisseries ou autres substances de consistance légère, jusqu’à ce que l’os maxillaire soit entièrement consolidé par la formation du cal. Ces fractures imposent aussi constamment l’obligation du silence pendant les premiers jours.
VIT. 1. Les fractures transversales de la clavicule se réunissent quelquefois d’elles-mêmes , et la guérison peut avoir lieu sans bandage, pourvu qu'on ne donne à l’os aucun mouvement. Mais dans d’autres cas, et surtout quand la clavicule a recu quelque secousse, les fragments se déplacent, et la portion sternale se trouve alors au-dessus du fragment huméral. Non que la clavicule jouisse par elle-même d’aueune mobilité ; mais elle obéit aux mouvements du bras; d’où il suit que cette portion humérale vient naturellement se placer sous l’extrémité sternale, qui demeure immobile. Il est tellement rare de voir l'opposé, c’est-à-dire le fragment qui tient au bras, se porter en avant, que les plus grands maïtres ont déclaré ne l’avoir jamais observé. Nous avons pourtant à cet égard le témoignage formel d’Hippocrate ; et comme ces deux cas ne se ressemblent pas, le traitement doit également différer. Si les fragments se dirigent vers l’omoplate, il faut à la fois pousser l'épaule en arrière avec
gulum, pectus, latum os scapularum , costæ , spina, coxarum os, tali, calx, manus, planta : inter vicesimum et tricesimum diem, crura, brachiaque : inter seplimum et vicesimum et quadragesimum, humeri et femina. Sed in maxilla illud quoque adjiciendum est, quod humidus cibus diu assumendus sit : atque etiam, cum tempus processit, in lagano similibusque aliis perseverandum est, donec ex toto maxillam callus firmarit. Itemque, utique primis diebus, habendum silentium,
VIII. 1. Jugulum vero, si transversum fractum est, nonnumquam per se rursus recte coit , et, nisi movetur, sanari sine vinctura potest : nonnumquam vero, maximeque ubi motum est, elabitur ; fereque id , quod a pectore est, super id, quod ab humero est, in posteriorem partem inclinatur. Cujus ea ratio est, quod per se non movetur, sed cum humeri motu consentit : ilaque, eo subsistente, subit humerus agitatus. Raro vero admodum in priorem partem jugulum inclinatur ; adeo ut magni professores numquam se vidisse memoriæ mandarint. Sed locuples Lamen ejus rei auctor Hippocrates est. Verum, ut dissimilis uterque casus est, sic quædam dissimilia requirit. Ubi ad scapulas jugulum tendit, simul dextra
unum et vicesimum diem sanescunt, maxilla, malæ, ju: | manon plana propellendus in posterioremr partem humerus
le plat de la main droite, et ramener la elavicule en avant. Réciproquement on devra ramener l’épaule en avant, et repousser l'os en arrière s’il se porte vers la poitrine. Si le fragment huméral se trouve au-dessous du sternal, on ne doit pas tenter d’abaisser au même niveau la portion sterpale de la clavicule, puisqu'elle est immobile; mais c’est le bras qu’il faut élever. Si au contraire ce fragment huméral est au-dessus du sternal, il faut soutenir celui-ci avec de la laine, et tenir le bras fixé contre la poitrine. Lorsqu'il y a des fragments aigus, on fait une incision à la peau, pour emporter les esquilles qui déchirent les chairs, puis on réduit la fracture. Si l’on remarque quelque partie saillante, on applique dessus un linge plié en trois , et trempé dans un mélange de vin et d'huile. Quand les fragments sont multiples, on les contient avec des attelles disposées en gouttière, et enduites de cire à l'intérieur, pour que le bandage ne les sépare pas. Dans les fractures de la clavicule, comme dans toutes les autres, il vaut toujours mieux faire plus de tours de bande, et moins serrer l’appareil. On fait passer la bande sous l’aisselle cauche, si la elavicule droite est cassée, et sous l’aisselle droite, si la fracture est à gauche, et de là on la ramène à l’aisselle du côté malade. Si les fragments de la clavicule sont tournés vers l’amoplate, on attache le bras au côté; mais s'ils se portent en avant, le membre est assujetti au moyen d’une écharpe suspendue au cou; et on fait coucher le malade sur le dos. Pour le reste dutraitement, on prend tous les soins indiqués plus haut.
2. 11 existe un certain nombre d'os, presque dépourvus de mouvement, dont la consistance
est; et illud in priorem attrahendum. Ubi ad pectus conversum est, ipsum quidem retro dandum, bumerus autem in priorem partem adducendus est : ac, si is inferior est, non id, quod a pectore est, deprimendum est, quia immobile est; sed humerus ipse attollendus : si casu superior est, id, quod a pectore est, implendum lana, et homerus ad pectus deligandus est. Si acuta fragmenta sunt, incidi contra cutis debet; ex ossibus ea , quæ carnem vulnerant, præcidenda ; {um retusa ossa comumittenda sunt ; si quod ab aliqua parte eminet , opponendum ei triplex linteolum est, in vino et oleo finctum. si plura fragmenta sunt, excipienda sunt ex ferula facto canaliculo , eodemque intus incerato, ne fascia diducatur ; quæ jugulo composito circumdanda est sæpius potius, quam valentius : quod ipsum quoque in ompibus ossibus fractis perpetuum est. À dextro vero jugulo, si id fractum est, ad alam sinistram; a sinistro , ad dextram, rursusqne sub ala sua fascia dari debet. Post hæe, si jugulum ad scapulas inclinatum est, brachium ad lalus; si in parlem priorem, ad cervicem deligandum est : supinusque homo collocandus. Cetera eadem facienda, quæ supra comprehensa sunt.
2. Sunt vero plura ossa fere immobilia , vel dura, vel cartilaginosa, quæ vel franguntur , vel forantur , vel colli-
CELSE
est dure ou cartilagineuse, et qui peuvent être atteints de fracture, de perforation, d’écrasement ou de fissure. Tels sont les os malaires, le sternum, l'omoplate, les côtes, l’épine, les os coxaux , l'os du cou-de-pied (aséragale), le calcanéum, les os de la main et du pied. Mais pour tous le traitement est le même. Si ces divers cas se compliquent de plaie, on traite celle-ci avec les remèdes qui lui sont propres; et pendant qu’elle s’achemine vers la cicatrisation, le cal arrive de même à combler les trous ou les fissures de l'os. La seule conduite à tenir, quand la douleur fait présumer que l'os est malade, bien que les téguments soient intacts, c’est d’ordonner le repos et de faire sur ce point des applications de cérat que l’on maintient à l’aide d’un bandage légèrement serré, jusqu’à ce que la douleur disparaisse par la cessation de l'état morbide,
IX. 1. Nous devons signaler ici certaines particularités relatives aux fractures des côtes, parce que le voisinage des viscères expose en effet le malade à des accidents plus redoutables. Quelquefois les côtes se fendent de telle sorte que la lésion atteint non pas à la vérité la face externe, mais la face interne, qui est spongieuse. D’autres fois aussi, elles sont complétement brisées. Quand la fracture est incomplète, le malade ne crache pas de sang, et reste sans fièvre ; rarement il survient de la suppuration, et la douleur, peu prononcée , ne se révèle guère qu’à la pression. Mais pour ce cas on n’a qu’à se conformer aux préceptes établis plus haut, en avant soin seulement de poser d’abord la bande (à deux globes) par le milieu, afin que la peau soit éga- | lement tendue. Au vingt-unième jour, temps auquel l’os doit être consolidé , il faut donner au
duntur , vel finduntur ; ut malæ, pectus, latum os scapularum, costæ, spina, coxarum os, tali, calx, manus, planta. Horum omnium eadem euratio est. Si supra vulnus est, id suis medicamentis nutriendum est : quo sanescente , rimas quoque ossis, aut, si quod foramen est, callus implet. Si eutis integra est, et os læsum esse ex dolore colligimus, nibil aliud, quam quiescendum; imponendumque ceratum est , et leniler deligandum, donec sanilate ossis dolor finiatur.
IX. 1. Proprie tamen quædam de costa dicenda sunt, quia juxfa viscera est, gravioribusque periculis is locus expositus est. Hæc quoque igitur interdum sic finditur , ut ne summum quidem os, sed interior pars ejus, quæ rara est, lædatur : interdum sic, ut eam totam is casus perru- | perit. Si tota fracta nou est, nec sanguis exspuitur, nec febricula sequitur, nec quidquam suppurat, nisi admodum raro , nec dolor magnus est; tactu tamen is locus leviter in- 4 dolescit. Sed abunde est eadem, quæ supra scripta sunt, facere ; et a media fascia incipere deligare, ne in alferutram partem bæc cutem inelinet : ab uno vero et vicesimo die, 4 quo utique os esse debet glutinatum, id agendum cibis À uberioribus est, ut corpus quam plenissimum fiat, quo melius os vestial; quod illo loco tenerum adhue injuriæ sub tenui cute expositum est, Per omne autem tempus cura-
malade une nourriture plus succulente, pour que le corps acquière tout l'embonpoint possible, et que par cela même l'os soit mieux recouvert. Dans cette région en effet, la côte, n'offrant pas encore une assez grande résistance, peut se trouver exposée à de nouvelles offenses sous des téguments trop minces. Pendant toute la durée du traitement, il faut éviter les cris, lesconversations, l'agitation, la colère, ne s’exposer ni à la fumée, ni à la poussière, à rien enfin de ce qui peut exciter la toux ou l’éternument, et ne faire même aucun effort pour retenir sa respiration. Lorsque la fracture est complète, le cas devient plus épineux, car il survient de graves inflammations, accompagnées de fièvre, de suppuration, de crachements de sang ; et la vie du malade est souvent en péril. On doit alors, si les forces le permettent , tirer du sang en prenant le bras voisin de la fracture. Si le sujet est trop faible, on prescrira des lavements émollients, et l’on insistera plus longtemps sur la diète. Il importe de ne point donner de pain avant Je septième jour, et de s’en tenir uniquement aux crèmes farineuses. Sur le siége même de la lésion, on appliquera soit du cérat où l’on fait entrer de l’huile de lin et de la résine cuite, soit l'emplâtre de Polyarque, ou bien un morceau d’étoffe trempé dans un mélange de vin, d'huile rosat et d'huile. Le remède employé sera recouvert d’une laine grasse et molle, et l’on appliquera par le milieu deux bandes qu’on aura soin de très-peu serrer. Dans ce cas, bien plus encore que dans celui qui précède, il sera nécessaire de s’astreindre à toutes les précautions que nous avons indiquées ; à ce point même que le malade ne devra pas respirer trop souvent. Si la toux est opiniâtre, on fera prendre une potion faite avec la germandrée, la
tionis, vitandus clamor, sermo quoque , tumultus , ira, motus vehementior corporis, fumus, pulvis , et quidquid vel tussim vel sternutamentum movet : ne spiritum quidem magnopere continere expedit. At si tota costa perfracta est, casus asperior est : nam et graves inflammationes , et febris, et suppuratio, et sæpe vitæ periculum sequitur , et sanguis spuitur. Ergo, si vires patiuntur , ab eo brachio, quod super eam costam est, sanguis mittendus est : si non patiuntur, alvus tamen sine ullo acri ducenda est ; diutiusque inedia pugnandum. Panis vero ante septimum diem non assumendus; sed una sorbitione vivendum : imponendumque ei loco ceratum ex lino factum, cui cocta quoque resina adjecta sit; aut Polyarchi malagma; aut panni ex vino et rosa et oleo ; superque impopenda lana succida mollis , et duæ fasciæ a mediis orsæ , minimeque adstrictæ : multo vero magis omnia vilanda, quæ supra posui; adeo ut ne spirilus quidem sæpius movendus sit. Quod si tussis infestabit, ad id potio samenda erit, vel ex trixagine, vel ex ruta, vel ex herba stæchade, vel ex cumino et pipere. Gravioribus vero doloribus urgentibus, cataplasma imponi quoque conveniet, vel ex l9lio, vel ex hordeo, cui pinguis fici tertia pars sit adjecta. Et id quidem interdiu superjacebit : noctu vero item ant
rue ou le stæchas, ou bien avec le cumin et le poivre. Il sera bon aussi, s’il y a de violentes douleurs , d'appliquer des cataplasmes d’ivraie ou d'orge, plus un tiers de figues grasses. Mais ils ne serviront quele jour seulement, parce qu'ils pourraienttomber la nuit; et, jusqu’au lendemain, on les remplacera par le cérat, l’onguent ou l'étoffe dont on vient de parler. On continuera donc de les enlever chaque soir, jusqu’à ce qu’on puisse se borner à des applications de cérat ou d’onguent. Pendant dix jours on soumettra le malade à une diète exténuante. Le onzième, on commen: cera à le nourrir, et dès lors on devra relâcher l'appareil. La durée du traitement est ordinairement de quarante jours. Si, dans cet intervalle, on a lieu de craindre la suppuration, l’onguent conviendra mieux comme résolutif que le cérat. Mais si, malgré l'emploi de tous les moyens que j'ai fait connaître, on n’a pu prévenir la formation du pus, il faudra sans retard, pour éviter l’altération de l’os, porter le fer rouge sur le sommet de la tumeur, et le tenir appliqué jusqu’à ce qu'il parvienne au foyer purulent, que l’on devra vider. Quand l’abcès ne s'élève pas en pointe, voici comment on arrive à déterminer le siége de la coïlection. On couvre la partie malade de terre cimolée délayée, puis on attend qu'elle se dessèche. Alors le seul endroit où l'humidité persiste indicuant la présence du pus, c’est ce point-là même qu'il faut cautériser. Si l’abcès est plus étendu, on y pratiquera deux ou trois ouvertures par lesquelles on introduira de la charpie, ou des tentes roulées et attachées à un fil, afin de les retirer plus facilement. On se conformera pour le surplus au traitement des brûlures. Il sera nécessaire ensuite, dès que la plaie sera détergée, de bien nourrir le malade, de peur qu’une con-
ceratum, ant malagma, aut panni; quia potest cataplasma decidere. Ergo quotidie quoque resolvetur, donec jam cerato aut malagmate possimus esse contenti. Et decem quidem diebus extenuabitur fame corpus : ab undecimo vero ali incipiet; ideoque etiam laxior, quam primo, fascia circumligabitur. Fereque ea curatio ad quadragesimum diem perveniet. Sub qua si metus erit suppurationis, plus malagma, quam ceratum ad digerendum proficiet. Si suppuralio vicerit, neque per quæ supra scripla sunt, discuti poluerit ; omnis mora vilanda erit, ne os infra vitietur : sed , qua parte maxime tumebit, demittendum erit candens ferraentum, donec ad pus perveniat ; idque effundendum. Si nusquam caput se ostendet, ubi maxime pus subsil, sic intelligemus : ereta Cimolia totum locum illinemus, et siccari patiemur : quo loco maxime humor in ea perseverabit , ibi pus proximum erit; eaque uri debebit. Si latius aliquid abscedet, ducbus aut tribus locis erit perforandum ; demittendumque linämentum , aut aliquid ex penicillo , quod summunm lino sit devinctum, ut facile educatur. Reliqua eadem , quæ in ceteris adustis, facienda sunt. Ubi purum erit uleus, ali corpus debebit, ne tabes, perniciosa futura, id malum subsequatur. Nonnumquam etiam, levius ipso osse a
somption funeste ne succède à cette affection. Parfois encore, lorsque l'os estlégèrement altéré, et n’a pas été traité dès le principe, il se forme un amas, non de pus, mais d’une humeur semblable à de la mucosité. Les téguments sur ce point deviennent plus mous, et c’est aussi le cas de recourir à la cautérisation.
2. Les fractures de l’épine nous présentent encore quelques particularités à noter. Si quelque apophyse des vertèbres est brisée, il en résulte une dépression à l'endroit même, des picotements s'y font sentir, parce qu'il est impossible que les fragments ne soient pas aigus , et c’est là ce qui porte le malade à prendre de temps en temps une attitude cambrée. On peut donc à de tels signes reconnaître ces fractures. Quant aux moyens curatifs, nous les avons exposés déjà au commencement de ce chapitre.
X.1. Entre les fractures du bras et de la cuisse, non moins qu'entre les traitements qu’elles comportent , il existe une grande analogie ; et cette analogie se retrouve dans les fractures du bras et de l’avant-bras, comparées à celles de la cuisse et de la jambe, et jusque dans les lésions des doigts de l’une et l’autreextrémité. Les fractures qui occupent la partie moyenne de l'os sont celles qui offrent le moins de danger ; mais elles sont d'autant plus à craindre qu’elles sont situées plus près del’extrémité supérieure ou inférieure, parce que la douleur est alors plus vive et la guérison moins facile. Il vaut infiniment mieux avoir affaire à des fractures simples et transversales, qu’à des fractures obliques et composées de plusieurs fragments; mais le cas est encore beaucoup plus grave quand ces fragments sont aigus. Quelquefois les parties brisées ne changent pas de situation; mais, dans la plupart des cas, elles
fecto , et inter initia neglecto, non pus, sed humor quidam mucis similis, intus coit ; mollescitque contra cutis : in qua simili ustione utendum est.
2. In spina quoque est, quod proprie notemus. Nam si id, quod ex vertebra excedit, aliquo modo fractum est, locus quidem concavus fit; punctiones autem in eo sentiuntur ; quia necesse est ea fragmenta spinosa esse : quo fit, ut homo in interiorem partem subinde nitatur. Hæc noscendæ rei causa sunt. Medicamentis vero iisdem opus est, quæ prima parte hujus capitis exposita sunt.
X. 1. Similes rursus ex magna parte casus curationesque sunt humeri et femoris : communia etiam quædam humeris , brachiis , feminibus , cruribus, digitis. Siquidem ea minime periculose media franguntur : quo propior fractura capiti vel superiori vel inferiori est, eo pejor est : nam et majores dolores adfert, et difficilius euratur. Ea maxime tolerabilis est simplex, transversa : pejor, ubi multa fragmenta, atque ubi obliqua : pessimum, ubi eadem acuta sunt. Nonnumquam autem fracta in his ossa in suis sedibus remanent : multo sæpius excidunt , aliudque super aliud effertur : idque ante omnia cousiderari debet ; et sunt notæ cerlæ. Si suis sedibus sunt mota, resima, puncüonisque sensum repræsentant ; tactu inæ-
CELSF.
éprouvent un déplacement, et chevauchent l’une sur l’autre. C’est là ce dontil faut avant tout s’assurer, et l’on a pour cela des indices certains. Quand il ya déplacement, on trouve une dépression à l'endroit fracturé, les fragments donnent la sensation d’une piqüre, et présentent des inégalités au toucher. Si ces fragments, au lieu d’être bout à bout, sont placés obliquement, ce qui arrive lorsque la situation en est changée, le membre affecté devient plus court que l’autre, et les muscles se tuméfient. Le cas étant ainsi constaté, on doit faire immédiatement l'extension du membre ; car les muscles et les tendons qui s’attachent aux os ne manquent pas dese contracter, et ce n’est pas sans quelque violence qu'on peut les ramener à leur situation naturelle. L’omission de Ja réduction dans les premiers jours permet à l'inflammation d’éclater ; alors l'emploi de la force devient difficile et dangereux , attendu que les convulsions et la gangrène peuvent être l'effet de la distension des muscles, et que dans les cas les plus favorables il se forme au moins un abcès. Si donc on n’a pas réduit la fractureavant l’inflammation, il fautattendre que celle-ci ait cessé pour confronter les os. Un homme seul peut pratiquer l'extension d’un doigt, ou d’un membre encore peu développé, en saisissant une partie avec la main droite, et l’autre avec la main gauche ; mais pour un membre plus vigoureux, il faut deux hommes qui exercent des tractions en sens inverse. Siles tendons et les muscles sonttrès-résistants, comme ceux des cuisses et des jambes chez les sujets robustes, on attache à chaqueextrémité du membre des brides ou des bandes de toile, que plusieurs aides doivent tirer en sens opposé. Lorsque, par suite de cette manœuvre, le membre est un peu plus long que dans l’état naturel,
qualia sun£. Si vero non adversa, sed obliqua junguntur; quod fit, ubi loco suo non sunt ; membrum id altero latere brevius est, et musculi ejus tument. Ergo , si hoc deprehensum est, protinus id membrum oportet extendere : pam nervi musculique, intenti per ossa, contrahuntur ; neque in suum locum veniunt, nisi illos per vim aliquis intendit. Rursus, si primis diebus id omissum est, inflammalio oritur; sub qua et difficile, et periculose, vis pervis adhibetur : nam distentio nervorum, vel cancer sequitur; vel certe, ut mitissime agatur, pus. Itaque, si ante reposita ossa non sunt, postea reponenda sunt. Intendere autem digitum vel ahud quoque membrum, si adhuc tenerum est, etiam unus homo potest; cum alteram partem dextra, alleram sinistra prehendit. Valentius membrum duobus eget, qui in diversa contendant. Si firmiores nervi suné, ut in viris robuslis, maximeque eorum feminibus et cruribus evenit; habenis quoque, vel linteis fasciis utrimque capita articulorum deliganda, et per plures in diversa ducenda sunt. Ubi paulo longius, quam naturaliter esse debet, membrum vis fecit; tum demum ossa manibus in suam sedem compellenda sunt : indiciumque ossis repositi est dolor sublatus , et membrum alteri æquatum. Involvendum duplicibus triplicibusve
on remet les os en place avec les mains; et si la douleur cesse et que les deux membres soient égaux , on est certain que la fracture est réduite. On l'enveloppe alors d’un morceau d'étoffe, ou mieux encore d’une compresse de toile pliée en deux ou en trois, et trempée dans de l'huile et du vin. Généralement, on a besoin de six bandes. La première, qui est la plus courte, doit faire en montant trois fois le tour du membre en forme de spirale ; il est inutile d’aller au delà. La seconde, plus longue de moitié, s'applique d'abord sur la saillie que los peut présenter; mais, s’il n'a rien d’inégal, on commence indifféremment par tout autre point de la fracture. Cette bande marchant en sens inverse de la précédente , c’esta-dire en descendant, est ensuite ramenée vers Ja fracture, et vient se terminer en haut au delà de la première bande. L’une et l’autre sont maintenues à l’aide d’une large compresse enduite de cérat. Si l'os fait quelque saillie, on applique, sur le lieu même, une compresse pliée en trois, et trempée dans de l'huile et du vin. Le tout est assujetti par la troisième et la quatrième bande, et l'appareil est disposé de telle facon que chaque bande, conduite en sens inverse de celle qui précède, doit se terminer en haut, à l’exception dela troisieme qui vient finir en bas. Il vaut mieux multiplier les tours de bandes que de trop serrer, car la compression offense les parties et les dispose à la gangrène. Le bandage ne doit pas non plus porter sur l’articulation, à moins que la fracture ne soit située tout auprès. Il faut laisser l'appareil pendant trois jours, et faire en sorte que le premier jour les liens, sans faire souffrir le malade , ne paraissent pourtant pas trop aisés, que le second jour ils deviennent plus lâches, et que la constriction soit presque nulle le troi-
pannis in vino ef oleo tinctis; quos linteos esse, commodius est. Fere vero fasciis sex opus est. Prima brevissima adhibenda ; quæ cirea fracturam ter voluta sursum versum feratur, et quasi in cochlean serpat : satisque est, eam ter hoc quoque modo cireuire. Altera dimidio longior : eaque, si qua parte os eminet, ab ea; si fotum æquale est, undelibet super fracturam debet incipere, priori adyérsa, deorsumque tendere; atque iterum ad fracturam reversa, in superiore parte ultra priorem fasciam desinere. Super has injiciendum latiore linteo ceratum est, quod eas contineat. Ac, si qua parle os eminet, triplex ea pannus objiciendus, eodem vino et oleo madens. Hæc tertia fascia comprehendenda sunt , quartaque , sic, ut semper insequens priori adversa sit, et tertia tantum in inferiore parte, tres in superiore finiant : quia satius est sæpius circuire, quam adstringi : siquidem id, quod adstrictum est, alienatur, et cancro opportunum est. Articulum autem quam minime vincire opus est : sed, si juxta hunc os fractum est, necesse est. Deligatum vero membrum in diem tertium continendum est : eaque vinctura talis esse debet, ul primo die nihil offenderit, non tamen laxa visa sil; secundo laxior; tertio jam pene resoluta. Ergo tum rursum id membrum deligandum,
sième. Le bandage alors est appliqué denouveau, et l’on y ajoute la cinquième bande. Ou lève encore l’appareil lecinquième jour, afin de poser la sixieme bande, et, pour qu’ellessoient toutes dans un ordre convenable, ilfautquela troisième et la cinquième se terminent en bas et les autres en haut. Chaque fois que le pansement se renouvelle, on fait sur le membre des fomentations avec de l’eau chaude. Quand la fracture a son siége près de l'articulation, il faut la bassiner longtemps avec du vin additionné d’une légère quantité d'huile, puis continuer le traitement jusqu’à ce qu’il n’y ait plus vestige d’inflammation , et que le membre soit même devenu plus grêle qu’à l'ordinaire ; or, c’est ce qui arrivele septième jour ou le neuvième au plus tard. Il est très-facile alors d'apprécier l’état des os, d’en faire la coaptation s’ils ne sont pas en contact, et de remettre en place les fragments qui font saillie. On réapplique ensuite l’appareil, autour duquel on dispose des attelles pour contenir les fragments, et l’on réserve la plus large et la plus forte pour l'endroit vers lequel la fracture incline. Toutes ces attelles doivent être échancrées dans le voisinage des articulations , de peur qu’elles n’exercent sur ces parties une pression nuisible. D’ailleurs on a soin de ne les serrer qu’autant qu’il est nécessaire pour maintenir les os; et, comme elles se relâchent toujours au bout d’un certain temps, on en resserre un peu les brides tous les trois jours. S'il ne survient ni démangeaison ni douleur, on persiste dans ce traitement jusqu’à ce que les deux tiers du temps voulu pour la consolidation des fractures soient écoulés. A cette époque on a moins souvent recours aux fomentations d'eau chaude, par la raison que, s’il était utile au début de dissiper les humeurs , plus tard
adjiciendaque prioribus quinta fascia est : iterumque quinto die resolvendum est, et sex fasciis involvendum, sic, ut tertia et quinta infra, celeræ supra finiantur. Quotiescumque autem solvitur membrum, calida aqua fovendum est. Sed , si juxta arliculum fractura est, diu instillandum vinum est, exigua parte olei adjecta ; eademque omnia facieñda, donec adeo inflammatio solvatur, veltenuius quoque, quam ex consuetudine, id membrum fiat : quod si septimus dies non dedit, certe nonus exhibet : tum facillime ossa tractantur. Rursus ergo, si parum commissa sunt, commilti debent : si qua fragmenta eminent, in suas sedes reponenda sunt : deinde eodem moda membrum deligandum, ferulæque super accommodandæ sunt , quæ fissæ circumposilæque ossa in sua sede contineant : et in quam partem fractura inclinat, ab ea Jatior valentiorque ferula imponenda est, Easque omnes circa articulum esse oportet resimas, ne hunc lædant; nec ultra adstringi, quam ut ossa contineant : et cum spatio laxentur, tertio quoque die paulum habenis suis coarctari : ac, si oulla prurigo, nullus dolor est, sic manere, donec duæ partes ejus temporis, quo quodque os confervet , compleantur : postea levius aqna calida fovere, quia primo digeri materiam opus est, {um evocari. Ergo cerato
il devient convenable de les attirer. En conséquence on fait des onctions légères sur la partie malade avec du cérat liquide, on frotte ensuite doucement, et l’on a soin de relâcher le bandage, qu’on renouvelle aussi tous les trois jours. A l'exception de ces fomentations d’eau chaude, on ne changerien au pansement ; seulement, on supprime une bande chaque fois qu’on lève l’appareil.
2. Ce sont là les règles générales ; en voici de particulières. Dans les fractures de l’humérus, l'extension n’est point la même que pour un autre membre; ainsi le malade doit être placé sur un siége élevé, tandis que le chirurgien, assis plus
bas, se tient en face de lui. Une premiere bande | est alors passée autour du cou, pour soutenir |
l'avant-bras en écharpe ; puis, au moyen d’une seconde et d’une troisième bande, on lie fortement le bras eu haut et en bas. Cela fait, un aide
employant la main droite si c’est le bras droit |
qu’il faut étendre, et la gauche s’il s’agit du bras gauche, la fait passer derrière la tête du blessé, et, la glissant sous la seconde bande (ligature supérieure), vient saisir un bâton placé entre les cuisses du malade (8). De son côté, le chirurgien appuie le pied droit ou le pied gauche, selon le bras qui est cassé, sur la troisième bande (ligature inférieure), au moment même où son aide attire à lui celle qui est fixée au haut du bras. L'extension du membre se fait ainsi sans violence. Quand l'os est brisé à l’extrémité inférieure ou dans la partie moyenne, il faut que les bandes soient plus courtes ; mais elles seront plus longues si la fracture existe à la partie supérieure, parce qu’elles doivent passer sous l’autre aisselle, en couvrant la poitrine et les épau-
quoque liquido id leniter est ungendum , perfricandaque summa cutis est; laxiusque id deligandum est : tertio quoque die solvendum, sic, ut remota calida aqua, cetera eadem fiant : fantummodo singulæ fasciæ, quoties resolutæ fuerint, subtrahantur.
2. Hæc communia sunt : illa propria. Siquidem humerus fractus, non sic , ut membrum aliud, intenditur : sed homo collocatur alto sedili, medieus autem humiliore adversus. Una fascia, brachiumamplexa, ex cervice ipsius, qui læsus est, id sustinet : altera , ab allera parte super caput datæ, ibi accipit nodum : tertia, vineto imo humero
deorsum demittitur, ibi quoque capitibus ejus inter se |
vinclis. Deinde ab occipitio ipsius , minister sub ea fascia, quam secundo loco posui, porrecto, si dexter humerus ducendus est, dextro, si sinister, sinistro brachio, demissum inter femina ejus , qui curatur, baculum tenet : medicus super eam fasciam, de qua tertio loco dixi, plantam injicit dextram , si sinister, sinistram, si dexter humerus curatur; simulque alteram fasciam minister attollit, alteram premit medicus : quo fit, ut leniter humerus extendatur. Fasciis vero, si medium aut imum
os fractum est, brevioribus opus est; si sammum, lon- |
gioribus : ut ab eo sub altera quoque äla per pectus et scapulas porrigantur. Protinus vero brachium , cum deligatur, sic inclinandum est : idque eflicit, ut ante fascias
CELSE
les. Avant d’assujettir l’avant-bras, il importe de lui donner dès le principe la position qu'il doit garder (9), de peur que la situation nouvelle qu'on lui ferait prendre au moment de la déligation ne déplace en même temps les fragments de l'humérus. Lors done que l’avant-bras est convenablement suspendu, il reste encore à tenir le bras attaché contre la poitrine, à l'aide d’un fy bandage médiocrement serré. On prévient par là tous les mouvements du bras, et l’on maintient les os dans les rapports où le chirurgien les a! placés. Quant aux attelles, il faut qu’elles soient { très-longues au côté externe du bras, moins lonques au côté interne, et bien plus courtes sous ||; l’aisselle. Il sera nécessaire de les enlever plus souvent si la fracture est située près du coude, afin d'éviter que les tendons, en contractant sur ce point de la rigidité, ne fassent perdre l'usage de l’avant-bras. Chaque fois qu’on renouvelle l'appareil, on doit maintenir la fracture avec les
| mains ; on fait ensuite sur le coude ces fomenta- | tions d’eau chaude, auxquelles succèdent des
frictions avec un cérat émollient. On se gardera d'appliquer des attelles sur l’apophyse du cubitus (o/écrane), ou, si le cas l'exige, on n’en mettra du moins que de fort courtes.
3. Dans les fractures de l’avant-bras, il faut considérer d’abord si les deux os sont brisés,
| 5: , , , ou s’il n’y en a qu’un seul. Sans doute, le trai-
tement n’est pas différent; mais quand la fracture est complète , l’extension doit être nécessairement plus forte que lorsqu'il reste un os intact pour diminuer la contraction des muscles et les tenir tendus. II faut en outre apporter plusde soin à maintenir les fragments en place, lorsqu'on est
quoque sic figurandum sit; ne postea suspensum aliter, atque cum deligabatur, humerum inclinet. Brachioque suspenso , ipse quoque bumerus ad latus leniter deligan-W dus est : per quæ fit, ut minime moveatur : ideoque ossa sic se habent, ut aliquis composuit. Cum ad ferulas ventum est, extrinsecus esse earum longissimæ debent ; a lacerto breviores ; sed sub ala brevissimæ : sæpiusque eæ resolvendæ sunt, ubi in vicinia eubiti humerus fractus est; ne ibi nervi rigescant, et inutile brachium efficiant. Quoties solutæ sunt, fractura manu continenda; cubitus aqua calida fovendus, et molli cerato perfricandus; ferulæque vel omnino non imponendæ contra eminentia eubiti, vel aliquanto breviores , sunt.
3. Atsi brachium fractum est, in primis considerandum est, allerum os, an utrumque comminutum sit : non quo alia in ejusmodi casu curatio sit admovenda; sed primum, ut valentius extendatur, si utrumque os fractum est; quia necesse est minus nervos contrahi alfero osse integro, eosque intendente : deinde, ut curiosius omnia in contjnendis ossibus fiant, si neutrum alteri auxilio est. Nam, ubi alterum integrum est , plus opis in eo, quam in fasciis ferulisque est. Deligari autem brachium debet, paulum pollice ad pectus inclinato; siquidem is maxime brachii naturalis habitus sit : idque involutum mitella commodis: sime excipitur ; quæ latitudine ipsi brachio, perangustis
privé de l'appui que l'os sain peut prêter à l'os malade; car cet appui vaut mieux que les bandages et les attelles. On place ensuite l’avant-bras dans une écharpe d'une largeur égale à la longueur du membre, et l'on assujettit le bandage derrière le cou avec des cordons. L’avant-bras se trouve ainsi soutenu sans effort, et doit demeurer un peu plus élevé que le coude de l’autre bras.
4. S'ilexiste quelque fracture au sommet du cubitus, il ne faut pas chercher à la consolider par l'application d’un bandage, car il en résulterait l'immobilité du membre; mais si on se borne à porter remède à la douleur, la liberté des mouvements se rétablit toujours.
5. Pour la jambe, il importe également d’examiner s’il n’y a qu’un os de cassé. Ici, comme dans la fracture de la cuisse, on doit, après avoir posé l'appareil , placer le membre dans une gouttière dont la partie inférieure est percée de plusieurs trous, afin d'ouvrir une issue aux humeurs si la partie venait à en fournir. Cette gouttièreest aussi pourvue, vers la plante du pied, d’une espèce de semelle, qui à la fois arrête l'extrémité du membre et lui sert de soutien. Des ouvertures sont encore pratiquées sur les côtés pour donner passage à des courroies, destinées à maintenir la jambe et la cuisse dans la situation où on les a mises. S'il y a fracture de jambe, la gouttière devra s'étendre de la plante du pied jusqu'au jarret; elle montera jusqu'à la hanche, si la cuisse est brisée, et renfermera la hanche elle-même, si la lésion est située près de la tête du fémur. Toutefois il est bon de savoir que les fractures de la cuisse sont suivies du raccourcissement du membre, attendu que le fémur ne revient jamais à son premier état. Ji suit de là
capitibus collo injicitur : atque ita commode brachium ex cervice suspensum est. Idque paulum supra cubiti allerius regionem pendere oportet.
4. Quod si ex summo cubito quid fractum sit, glutinare id vinciendo alienum est : fit enim brachium immobile. At si nibil aliud quam dolori occursum est, idem, qui fuit, ejus usus est.
5. In crure æque ad rem pertinet, alterum saltem os integrum manere. Commune vero ei femorique est, quod, ubi deligatum est, in canalem conjiciendum est. Is canalis et inferiore parte foramina habere debet, per quæ, si quis humor excesserit, descendat : et a planta moram, quæ simul et sustineat eam , et delabi non patiatur : et a lateribus cava, per quæ loris datis, moræ quædam crus femurque, ut collocatum est, detineant. Esse eliam is debet, a planta, si crus fractum est, circa poplitem ; si femur, usque ad coxam; si juxta superius caput femoris, sic, ut ipsa quoque ei coxa insit. Neque tamen ignorari oportet, si femur fractum est, fieri brevius; quia pumquam in antiquum statum revertilur; summisque digitis postea cruris ejus insisti: sed multo tamen fœ-
qu’on ne peut marcher qu’en appuyant sur la pointe du pied, infirmité qui devient encore plus choquante, si le malade n’a pu recevoir tous les soins convenables.
6. 11 suffit pour les fractures des doigts d'appliquer une seule petite attelle, lorsque l’inflammation est passée.
7. À ces prescriptions, relatives aux fractures des membres en particulier, je dois ajouter encore quelques recommandations générales. C’est ainsi que, dans tous les cas, il faut prescrire la diète au début ; puis, lorsqu'il s’agira de la formation du cal, on se montrera moins sévère sur les aliments, tout en prolongeant l'interdiction du vin. Pendant la durée de l’inflammation , on fera d’abondantes fomentations d’eau chaude; mais on les rendra plus rares, dès qu’on sera sorti de la période inflammatoire. On doit ensuite frotter longtemps et doucement les parties situées au delà de la fracture avec du cérat liquide. Il importe aussi de ne pas exercer trop tôt le membre fracturé, et c’est seulement par degrés qu'il faut le ramener à ses premières fonctions. Les plaies sont pour les fractures une très-grave complication, surtout quand elles intéressent les muscles de la cuisse ou du bras, parce que l’inflammation est alors beaucoup plus redoutable, et la gangrène plus prompte à se-déclarer. Dans les fractures du fémur, si les fragments chevauchent lun sur l’autre, l'amputation devient presque toujours nécessaire; mais quand le mème accident arrive à l’humérus, il est plus facile de conserver le membre. Les dangers que je signale sont encore bien plus à craindre, lorsque la lésion existe dans le voisinage d’une articulation. Ainsi dans les plaies compliquées plus de soins sont nécessaires. On doit couper transversalement les
6. Digitum satis est ad unum surculum post inflammationem deligari.
7. His proprie ad singula membra pertinentibus, rursus illa communia sunt : primis diebus fames : deinde tum, cum jam increscere callum oportet, liberalius alimentum : longa a vino abstinentia : fomentum aquæ calidæ, dum inflammatio est, liberale, cum ea desiit, modicum : tum etiam longior ulterioribus , e liquido cerato , membris , et mollis tamen unctio. Nec protinus exercendum id membrum, sed paulatim ad antiquos usus reducendum est. Gravius aliquanto est, cum ossis fracturæ carnis quoque vulnus accessit; maximeque, si id musculi femoris aut humeri senserint : nam et inflammationes multo graviores, et promptiores cancros habent. Ac femur quidem, si ossa inter se cesserunt , fere præcidi necesse est. Humerus vero quoque in periculum venit; sed facilius conservatur. Quibus periculis etiam magis id expositum, quod juxia ipsos articulos ictum est. Curiosius igitur agendum est; et musculus quidem per mediam plagam transversus præcidendus : sanguis vero, si parum fluxit, mittendus : corpus inedia extenuandum. Ac reliqua qui-
dior debilitas est, ubi fortunæ negligentia quoque accessit. ! dem membra lentius intendenda, et lenius in is ossa in
muscles au milieu de la plaie, recourir à lasaignée s’il s’estécoulé peu desang par la blessure, etsoumettre ensuite le malade à une diète exténuante. Dans les fractures simples, il faut pratiquer l'extension avec lenteur, et replacer les os avec ménagement ; mais, dans ces fractures compliquées, il ne convient ni de tirer sur les muscles, ni de toucher aux fragments; on doit même permettre au malade de prendre la position la moins douloureuse pour lui. Sur toutes ces fractures compliquées de plaies, on applique des compresses, trempées dans du vin:additionné d'un peu d'huile rosat; et pour le reste on se conforme au traitement des blessures (10). Dans la déligation, on tiendra les bandes un peu moins serrées que s’il n’y avait pas de plaie, en raison de la disposition qu'ont les lésions de ce genre à prendre une mauvaise nature, et à se laisser envahir par la gangrène (11). On augmentera donc plutôt le nombre des circulaires, afin que l'appareil, quoique plus lâche, soit également contentif. Tel serait le bandage à employer dans les fractures du braset de la cuisse, si par hasard les fragments étaient affrontés bout à bout ; mais s'ils se trouvent dans une autre situation, on ne devra serrer le bandage qu’autant qu’il le faudra pour maintenir en place les médicaments employés. Pour le surplus on agira comme il est dit plushaut, si ce n’est qu'on retranchera les attelles et les gouttières, qui s’opposeraient à la guérison de la plaie, et qu’on emploiera seulement des bandes plus larges et plus nombreuses, en les arrosant de temps en temps d’huile chaude et de vin. Il faut plus que jamais prescrire la diète au début; puis on devra fomenter la plaie avec de l'eau chaude, éviter de toutes les manières l’influence du froid, passer ensuite à l'application
suam sedem reponenda sunt : his vero neque intendi nervos, neque ossa tractari, satis expedit : ipsique homini permiltendum est, ut sic ea collocala habeal, quemadmodum minime lædunt. Omnibus autem his vulneribus imponendum primo linamentum est, vino madens, cui rosæ paulum admodum adjectum sit : [cetera eadem.] Deligandaque fasciis sunt, aliquanto laxioribus, quam si ea plaga non esset; quanto facilius et alienari et occupari cancro vulnus potest : numero potins fasciarum id agendum est, ut laxæ quoque æaue contineant. Quod in femorehumeroque sic fiet, si ossa forte recte concurrerint: sin aliter se habebunt, eatenus cireumdari fascia debebit, ut impositum medicamentum contineat. Cetera eadem, quæ supra scripsi, facienda sunt : præterquam quod neque ferulis, neque canalibus, inter quæ vulnus sanescere non potest; sed pluribus tantummodo et latioribus faseïs opus est : ingerendumque subinde in eas est calidum oleum, et vinum ; magisque in primo fame utendum; vulnus calida aqua fovendum; frigusque omni ratione vitandum, et transeundum ad medicamenta, quæ puri movendo sunt : majorque vulneri, quam ossi cura adhibenda. Ergo quotidie solvendum nutriendumque est. In-
CELSE
des suppuratifs, et enfin donner plus de soin à Ja plaie qu’à l’os même. En conséquence, il est nécessaire d’enlever l’appareil chaque jour et de renouveler le pansement. Si, pendant le traitement, on voit saillir quelque esquille dont la pointe soit mousse, on la remet en place; si au contraire l’esquille est aiguë, il faut, avant de la réduire, en exciser la pointe si elle est longue, la limer si elle est courte; et dans les deux cas polir le fragment avec la rugine, puis le refouler sous les chairs. Si l’on ne peut y réussir avec les mains, on prend des tenailles pareilles à celles des forgerons; on engage le plat de l'instrument sous le fragment qui ne s’est pas déplacé, et l’on refoule avec la partie arrondie l'esquille qui fait saillie. Si cette portion d’os est plus considérable, et se trouve enveloppée de membranes, il faut attendre qu'elle s’en sépare par l'effet des remèdes suppuratifs, et la retrancher dès qu’elle est mise à nu ; or, c’est là le travail qu’il faut accélérer. De cette facon, l’os pourra se consolider, la plaie se cicatriser, et ce double résultat s’obtenir dans le temps voulu pour chaque lésion. On observe quelquefois à la suite des grandes blessures que certaines parties de l'os se nécrosent, ei ne se consolident pas avec les autres. On reconnaît cette altération à l’abondance de la suppuration ; etilnenest que plus nécessaire de renouveler souvent l'appareil, et de panser soigneusement la plaie. Au bout de quelques jours, en effet, la portion nécrosée se détache d'elle-même. Bien que les plaies constituent pour les fractures une condition fâcheuse, il est parfois urgent de les produire soi-même ou de les agrandir (12); car il n’est pas rare de voir des portions d'os déchirer les téguments demeurés intacts, et déterminer
ter quæ si quod parvulum fragmentum ossis eminet, id, si retusum est, in suam sedem dandum : si acutum, ante acumen ejus, si longius est, præcidendum; si brevius, limandum, et utrumque scalpro lævandum : tum ipsum recondendum est: ac, si id manus facere non potest, vulsella, quali fabri utuntur, injicienda est recte se habenti capiti, ab ca parte, qua sima est ; ut ea parte, qua gibba est, eminens os in suam sedem compellat, Si id majus est, membranulisque cingitur, sinere oportet eas sub medicamentis resolvi, idque os, ubi jam nudatum est, abscindere ; quod maturius scilicet faciendum est : potestque ea ratione et os coire, et vulnus sanescere : illud suo tempore; hoc, prout se habet. Nonnumquam etiam in magno vulnere evenit, ut fragmenta quædam velut emoriantur, neque cum celeris Coeant : quod hic quoque ex modo fluentis humoris colligitur. Quo magis necessarium est, sæpius uleus resolvere, atque nutrire, Sequitur vero, ut id os per se post aliquot dies excidat. Cum tam misera antea conditio vulneris sit, tamen id interdum mapus dintiusque facit. Sæpe enim integra eutis osse abrumpitur, protinusque prarigo et dolor oritur. Quæ solvere, si accidit, maturius oportet, et fovere aqua, per
aussitôt des démangeaisons et de la douleur. Or, quand cet accident se présente, il faut débrider sans retard , puis fomenter la plaie avec de l’eau dont la température sera froide en été et tiède en hiver ; après quoi l’on fera des embrocations avec le cérat d'huile de myrte. Quelquefois aussi
les fragments aigus de l’os fracturé viennent |
blesser les chairs. Alors, averti par les démangeaisons et les élancements que le malade éprouve, le chirurgien doit faire l’excision de ces pointes vulnérantes. Mais dans l’un et l’autre cas il n’y a rien à changer au traitement qu’on doit suivre, lorsque la fracture et la plaie sont le résultat de la même violence. Dès que la plaie paraît suffisamment mondifée , il faut prescrire au malade
une alimentation qui puisse favoriser la repro- | duction des chairs. Si le membre fracturé se | | ment et la difformité du membre; et si les frag-
trouve encore plus court que l’autre, et que les os n'aient pas été réduits, on glisse entre les fragments un petit coin très-lisse, dont la tête doit s'élever un peu au-dessus de la plaie; on l’enfonce chaque jour davantage, jusqu’à ce que les deux membres soient égaux, et, cessant alors de s’en servir, on s'occupe de guérir la plaie. Quand la cicatrice est formée, on la fomente avec de l’eau froide dans laquelle on a fait bouillir du myrte, du lierre, de la verveine ou d’autres plantes semblables, et l’on a recours ensuite aux dessiccatifs. Le repos est plus que jamais nécessaire ici, jusqu'au rétablissement du membre. Mais si les os, après la guérison de la plaie, n’ont puse reprendre, à cause des pansements fréquents et des manœuvres multipliées qu’ils ont dû subir, l'indication évidente est d’en provoquer l'agglutination. Si déjà la fracture est ancienne, il faut pratiquer violemment l’extension du membre, séparer les fragments avec les mains, les
æstatem , frigida ; per hiemem, egelida : deinde ceratum myrteum imponere. Interdum fractura quibusdam velut aculeis carnem vexat. Quo à prurigine et punctionibus cognito, aperire id medicus, eosque aculeos præcidere necesse habet. Reliqua vero curatio in utroque hoc casu eadem est, quæ, ubi plagam ictus protinus intulit. Puro jam ulcere, cibis hic quoque utendum est carnem producentibus. Si brevius adhuc membrum est, et ossa loco suo non sunt, paxillus tenuis qua lævissimi generis inter ea demilli debet, sic, ut capite paulum supra uleus emineat; isque quotidie plenior adigendus est, donec par id membrum alteri fiat. Tum paxillus removendus; vulnus sanandum est ; cicatrix inducta fovenda frigida aqua est, in qua myrtus, hedera, aliæve similes verbenæ decoctæ sint, illinendumque medicamentum est, quod siccet : et magis eliam hic quiescendum, donec id membrum confirmetur. Si quando vero ossa non conferbuerunt, quæ sæpe soluta, sæpe mota sunt, in aperto deinde euratio est : possunt enim coire. Si vetustas occupavit, membrum extendendum est, ut aliquid lædatur : ossa inter se manu dividenda , ut concurrendo exasperentur, et, si quid pingue est, eradatur, totumque id quasi recens fiat : magna
frotter l’un contre l’autre pour détacher l'humeur
| visqueuse qui pourrait exister entre eux, et les
remettre enfin dans les conditions d’une rupture récente, en ayant grand soin cependant de ne blesser ni tendons, ni muscles. Cela fait, on fomente la fractureavec du vin qui tient en décoction de l'écorce de grenade, et l’on se sert, comme topique, de cette même écorce mêlée à du blanc d'œuf. Le troisième jour, on doit lever l'appareil et répéter les fomentations avec la décoction de verveine, dont j'ai déjà parlé. On recommence le cinquième jour, puis on applique les attelles. Avant et après ces pansements, on se conforme aux préceptes énoncés plus haut sur le traitement des fractures. Il peut se faire néan— moins que les os se consolident dans l’état de chevauchement ; ce qui produit le raccourcisse-
ments sont armés de pointes, le malade ressent là des piqûres continuelles. Ces raisons conduisent à renouveler la fracture, pour la mieux ré— duire, On s’y prend alors de la manière suivante. On commence par faire sur le membre d’abondantes fomentations d’eau chaude, auxquelles succèdent des frictions avec le cérat liquide. On pratique ensuite l'extension, et pendant ce temps le chirurgien, séparant les fragments réunis par un cal encore peu résistant, refoule celui qui fait saillie. Si ces manœuvres sont insuffisantes, il doit appliquer, du côté vers lequel le fragment incline, une éclisse couverte de laine; puis, par le fait de la déligation, il oblige cette portion osseuse à reprendre par degrés sa position naturelle. Quelquefois aussi la consolidation s’est faite régulièrement ; mais le cal a pris trop d’accroissement, et de là résulte une proéminence à l'endroit de la fracture. Pour remédier à cet in-
tamen cura habita, ne nervi musculive lædantur. Tum vino fovendum est, in quo malicorium decoctum sit ; imponendumque id ipsum ovi albo mistum : tertio die resolvendum, fovendumque aqua, in qua verbenæ, de quibus supra dixi, decoctæ sint : quinto die idem faciendum , ferulæque circumdandæ : cetera, et ante, et post, eadem facienda, quæ supra scripsi. Solent tamen interdum transversa inter se ossa confervere : eoque et brevius membrum, et indecorum fit; et, si capita aculiora sunt, assiduæ punctiones sentiuntur. Ob quam causam frang rursus ossa et dirigi debent. Id hoc modo fit. Calida aqua multa membrum id fovetur, et ex cerato liquido perfricatur, intenditurque : inter hæc, medicus pertractans ossa, ut adhuc tenero callo, manibus ea diducit, compellitque id , quod eminet , in suam sedem : et si parum valuit , ab ea parte, in quam os se inclinat, involutam lana regulam objicit; atque ita deligando, assuescere iterum vetustæ sedi cogit. Nonnumquam autem recte quidem ossa conferbuerunt, superincrevit vero nimius callus; ideoque locus intumuit. Quod ubi incidit, diu leniterque id membrum perfricandum est ex oleo, et sale, et nitro; multumque aqua calida salsa fovendum; et imponendum
convénient, il faut frotter le membre doucement et longtemps avec un mélange d'huile, de sel et de nitre; employer en fomentations une grande quantité d’eau chaude, chargée de sel; appliquer un emplâtre résolutif, et tenir le bandage plus serré. Le malade enfin ne devra vivre que de légumes, et de plus se faire vomir à plusieurs reprises. Sous l'influence de ce régime, le cal finit par diminuer, en même temps que l’embonpoint du corps. Il est utile encore de faire sur l’autre membre des applications de moutarde, dans le but d'y produire une érosion, et d’appeler sur ce point l’afflux des humeurs. Dès que ces divers moyens auront amené la diminution du cal, on rendra le malade à sa vie ordinaire. XI. Je bornelà ce que j'avais à dire sur les fractures des os. Quant aux luxations qu'ils présentent, elles se produisent de deux manières. On voit, en premier lieu, les os naturellement joints entre eux s’écarter l’un de l’autre. C’est ainsi que l’omoplate se sépare de l’acromion (13), le radius du cubitus à l’avant-bras, le tibia du péroné à la jambe, et quelquefois , quoique rarement, le calcanéum de l'os du coude-pied (astragale), à la suite d’un saut. En second lieu, il arrive que les os abandonnent leurs cavités articujaires. Mais je parlerai d’abord des luxations de la première espèce. Lorsqu'il survient un déplacement de ce genre, il se fait aussitôt un vide à l’endroit où l'os se déplace, et l’on constate la dépression en y portant le doigt. Bientôt se déclare une violente inflammation , redoutable surtout dans l’écartement de l’astragale; puis apparaissent la fièvre , la gangrène, et les convulsions ou la roideur tétanique des muscles du cou. On doit prévenir ces accidents à l’aide des moyens déjà prescrits pour dissiper la douleur et le
malagma, quod digerat; adstrictiusque allisandum ; oleribusque, et præterea vomitu utendum : per quæ cum carne callus quoque extenuatur. Confertque aliquid de sinapi cum ficu in alterum par membrum impositum , donec id paulum erodat, eoque evocet materiam. Ubi his tumor extenuatus est, rursus ad ordinem vitæ revertendum est.
XI. Ac de fractis quidem ossibus hactenus dictum sit. Moventur autem ea sedibus suis duobus modis, Nam modo, quæ juncta sunt inter se, debiscunt ; ut cum latum scapularum os ab humero recedit; et in brachio, radius a cubito; et in crure, tibia a sura; interdum a sallu, caleis os a talo; quod raro tamen fit : modo articuli suis sedibus excidunt. Ante de prioribus dicam. Quorum ubi aliquid incidit; protinus is locus cavus est, depressusque digitus sinum invenit : deinde gravis inflammalio oritur ; atque in talis præcipue : siquidem febres quoque, et cancros, et nervorum vel distentiones , vel rigores , qui caput scapulis annectunt, movere consuevit. Quorum vitandorum causa, facienda eadem sunt , quæ in ossibus mobilibus læsis proposita sunt; ut dolor tumorque per ea tollantur. Nam diducta ossa numquam rursus inler se jungun-
gonflement dans les fractures des os mobiles (14). Il est vrai qu’une fois séparés . ces os ne se re— joignent jamais avec exactitude, et il en résulte, au lieu même de la luxation , une certaine déformation, qui, du reste, ne gêne en rien le libre exercice du membre. La mâchoire et les vertèbres, ainsi que tous les os dont l’articulation est maintenue par de forts ligaments, ne peuvent se luxer qu’à l’occasion d’une violence extérieure, ou par suite de la rupture ou du relâchement accidentel de ces ligaments ; et c’est ce qui arrive plus facilement dansl’enfance et la première jeunesse, qu’à l’âge où la constitution est plus robuste. Ces luxations peuvent se faire en avant et en arrière, en dedans et en dehors; quelques-unes ont lieu dans tous les sens, d’autres ne sont possibles que dans certaines directions. Il y a des signes communs à tous les déplacements des os; il en est aussi de particuliers à chaque espèce. Ainsi, comme caractère général, on remarquera constamment qu'il y a tumeur à l'endroit que l'os envahit, et par cela même dépression à celui qu’il abandonne. Quant aux signes particuliers, je les ferai connaître en traitant spécialement de chaque luxation. Mais si tous les os peuvent se luxer, ils ne sont pas tous susceptibles d’être réduits. Les tentatives de réduction seront vaines pour la tête et les vertèbres, de même que pour a mâchoire, si celle-ci, se trouvant luxée des deux côtés, est prise d’inflammation avant qu’on ait tenté de la replacer. Les luxations qui dépendent de la faiblesse des ligaments sont sujettes à récidiver après avoir été réduites. Les membres qui ont été luxés dès l’enfance, et qu’on n’a pas remis dans leur situation naturelle , prennent moins d’accroissement que lesautres. L’amaigrissement s'empare toujours du membre qui n’a pas été ré-
tur ; et, ut aliquid decoris eo loco, sic nihil usus amittifur. Maxilla vero et vertebræ, omnesque articuli, cum validis nervis comprehendantur, excidunt aut vi expulsi, aut aliquo casu nervis vel ruptis, vel infirmatis ; faciliusque in pueris et adolescentulis, quam in robustioribus. Hique elabantur in priorem etin posteriorem, in interiorem et in exteriorem partem ; quidam omnibus modis, quidam certis : suntque quædam communia omnium signa, quædam propria cujusque. Siquidem semper ea parte tumor est, in quam os prorumpit ; ea sinus, a qua recessit. Ethæc quidem in omnibus deprehenduntur : alia vero in singulis; qu, simul atque de quoque dicam, proponenda erunt, Sedutexcidere omnes articuli possunt, sie non omnes repo-: nuntur. Caput enim numquam compellitur, neque in spina vertebra, neque ea maxilla, quæ, utraque parte prolapsa, antequam reponeretur, inflammationem movit. Rursurm, qui nervorum vitio prolapsi sunt, compulsi quoque in suas sedes iterum excidunt. Ac quibus in pueritia exciderunt, neque reposili sunt, minus quam ceteri crescunt. Om: niumque, quæ loco suo non sunt, caro emacrescit, mas: gisque in proximo membro, quam in ulteriore : ut pula, si humerus loco suo non est, major in eo ipso fit, quam
duit , etcette émaciation est beaucoup plus marquée dans le voisinage de la luxation que dans les parties plus éloignées : par exemple, l'humérus étant luxé, le bras maigrira plus que l’avantbras , et celui-ci plus que la main. Selon le siége de la luxation et les causes qui l’auront produite, les fonctions du membre seront plus ou {moins conservées ; mais plus elles seront libres, moins le membre s'amaigrira. Toutes les fois qu'il y a déplacement d'un os, C'est avant le développement de l'inflammation qu'il fautréduire ; t s’il existe déjà des accidentsinflammatoires , on oit laisser le malade en repos jusqu’à ce qu'ils faient disparu. Alors seulement, on tentera la réuction dans les cas où elle est possible. L’habiftude générale du corps et l’état des muscles ont ici {une grande influence , car si le sujet est d’un temfpérament faible et humide, si ses museles sont débiles, il faut moins d’efforts pour réduire; mais, par la raison que la luxation s’est produite avec facilité, elle devient plus difficile à maintenir. Quand les individus présentent des conditionscontraires, les os, il est vrai, ont plus de peine à se luxer, mais on a de même plus de résistance à vaiucre pour les replacer dans leurs cavités. Il aut calmer l’inflammation , en appliquant sur la partie de la laine en suint trempée dans du vinaigre ; en s’abstenant, s’il s’agit d’une articulation importante, de tout aliment solide pendant ois ou même cinq jours, et en ne buvant que de l'eau chaude tant que dure la soif. C’est surtout uand les os luxés sont entourés de muscles forts t épais que l’observance de ce régime est indispensable ; à plus forteraison sera-t-elle nécessaire si la fièvre survient. Le cinquième jour, après voir enleve la laine, on fait des affusions chaues, et l’on emploie comme topique du cérat de
än brachio; major in hoc, qnam in manu, macies. Tum pro sedibus, et pro casibus, qui inciderunt, aut major aut minor usus ejus membri relinquilur : quoque in eo plus usus superest, eo minus id extenuatur. Quidquid autem loco suo motum est, ante inflammationem reponendum est. Siillaoccupayit, dum conquiescat, lacessendum non est : ubi finita est, tentandum est in iis membris, quæ i@ patiuntur. Multum autem eo confert et corporis et nerworum habitus. Nam, si corpus tenue, si humiduim est, si nervi infirmi, expeditius os reponitur : sed et primo facilius excidit, et postea minus fideliter continetur, Quæ contraria his sunt, melius continent : sed id, quod expulsum est, difficulter admiltunt. Oportet autem ipsam inflammationem levare, super succida lana ex aceto imposila : a cibo, si valentioris articuli casus est, triduo; interdum etiam quinque diebus abstinere : bibere aquam calidam, dum sitim finiat : curiosiusque hæc facere, iis ossibus motis, quæ validis plenisque musculis continentur : si vero etiam febris accessit, mullo magis : deinde ex die quinto fovere aqua calida; remotaque lana, ceratum imponere ex cyprino factum , nitro quoque adjecto, donec omnis inflammatio finiatur. Tune infrictionem ei membro adhibere; cibis uti bonis; uli vino modice :
souchet, auquel on ajoute un peu de nitre, et dont on continue l'application jusqu’à ce que l’inflammation ait cessé. On passe ensuite aux frictions, puis l’on preserit une bonne alimentation et l’on permet un peu de vin. On excite enfin le membre à reprendre ses fonctions ; car autant le mouvement était préjudiciable quand la douleur existait, autant il devient salutaire dès qu’elle a disparu. Voilà ce qui est relatif aux luxations en général ; je vais m'occuper maintenant de chacune d’elles en particulier.
XII. Les luxations de la mâchoire s’opèrent en avant, mais elles peuvent porter sur un côté seulement ou sur les deux à la fois. Dans le premier cas, il y a déviation de l'os maxillaire vers le côté opposé à la luxation , et les dents pareilles cessent de se correspondre, c'est-à-dire que les canines inférieures se trouvent sous les incisives supérieures. Si la luxation est double, tout le menton faisant saillie en avant, les dents d'en bas excèdent naturellement celles d’en haut, et les muscles qui s’insèrent à la mâchoire inférieure paraissent fortement tendus. Le traitement consiste à placer immédiatement le malade sur un siége, avec un aide auprès de lui pour maintenir la tête en arrière; ou bien à le faire asseoir contre un mur, en ayant soin de disposer entre la muraille et lui un coussin de cuir bien ferme, sur lequel sa tête doit être assujettie par un aïde : alors le chirurgien, après avoir garni ses deux pouces de chiffons ou de bandes pour les empêcher de glisser , les mtroduit dans la bouche du blessé, tandis que les autres doigts saisissent la mâchoire en dehors. Dès qu’il la sent fortement embrassée, si le déplacement n’a lieu que d’un côté , il secoue le menton, l'amène vers la gorge, et, en même temps que la tête est tenue bienfixe,
jamque ad usus quoque suos id membrum promovere; quia motus, ut in dolore pestifer, sic alias saluberrimus Corpori est. Hæc communia sunt : nunc de singulis dicam.
XII. Maxilla in priorem partem propellitur; sed modo altera parte, modo utraque. Si altera, in contrariam partem ipsa mentumque inclinatur : dentes paribus non respondent ; sed sub ïis, qui secant, canini sunt. At si utraque, totum mentum in exteriorem partem promove- {ur ; inferioresque dentes longius, quam superiores excedunt ; intentique super musculi apparent. Primo quoque tempore homo in sedili collocandus est, sic, ut minister à posteriore parte caput ejus contineat, vel sic, ut juxta parietem is sedeat, subjecto inter parietem et caput eJus scorteo pulvino duro ; eoque capnt per ministrum urgeatur, quo sit immobilius : tum medici digiti pollices, linteolis vel fascïis, ne dilabantur, involuti in os ejus conjiciendi, celeri extrinsecus admovendi sunt. Ubi vehementer maxilla apprehensa est, si una parte procidit, concutiendum mentum, et ad guttur adducendum est : tum. simul et caput apprehendendum, et, excitato mento, maxilla in suam sedem compellenda, et os ejus comprimendum est, sic, ut omnia pene uno momento fiant. Sin
il doit soulever l'os maxillaire, refouler le condyle dans sa cavité, et fermer la bouche du blessé; tout cela, pour ainsi dire, dans le même instant. Quand les deux branches sont luxées , le procédé deréduction ne change pas ; seulement on repousse d’un mouvement égal toute la mâchoire en arrière, L'os étantreplacé, sila luxations’estaccompagnée de douleur aux yeux etdans la région cervicale, il faut pratiquer une saignée du bras. Le principe qui veut que, dans toute espèce de luxation, on n’accorde au début que des aliments liquides , est surtout applicable ici, puisque les simples mouvements de la mâchoire nécessaires à l’artieulation des mots exercent déja une influence fâcheuse.
XIII. J'ai dit, au commencement de ce livre, que les deux condyles de la tête étaient recus dans les deux cavités de la première vertébre. Quelquefois ces condyles se luxent en arrière; alors les ligaments fixés sous l’occiput se trouvent dans l'extension ; le menton se porte sur la poitrine, le malade ne peut ni boire ni parler, et, dans certains cas, iléprouve des pertes de semence involontaires. Ces accidents sont très-promptement suivis de mort. J'ai cru devoir parler ici de cette luxation; non qu’elle soit susceptible d'aucune guérison, mais afin qu’en présence de
. pareils symptômes on ne puisse pas s'imaginer que c’est par la faute du chirurgien que le malade succombe.
XIV. Le même sort est réservé à ceux qui sont atteints de luxation des vertèbres; car cette lésion ie peut avoir lieu sans la rupture simultanée de la moelle épinière, des cordons qui sortent par les apophyses transverses, et des ligaments qui les maintiennent. Les vertèbres peuvent se luxer en arrière et en avant, au-dessus et au-dessous du
utraque parte prolapsa est, eadem omnia facienda; sed æqualiter retro maxilla agenda est. Reposito osse, si cum dolore oculorum et cervicis iste casus incidit, ex brachio sanguis mittendus est. Cum omnibus vero, quorum ossa mota sunt, primo liquidior cibus conveniat, tum his præcipue : adeo ut sermo quoque, frequenti motu oris per nervos, lædat.
XIII. Caput duobus processibus in duos sinus summsæ vertebræ demissis super cervicem contineri, in prima parte proposui. Hi processus interdum in posteriorem partem excidunt : quofit, ut nervi sub occipitio extendantur, mentum pectori adglutinetur, neque bibere is, neque loqui possit, interdum sine voluntate semen emittat : quibus celerrime mors supervenit. Ponendum autem hoc esse credidi, non quo euratio ejus rei ulla sit; sed ut res indiciis cognosceretur,et non putarent sibi medicum defuisse, si qui sic aliquem perdidissent.
XIV. Idem casus manet eos, quorum in spina vertebræ exciderunt. Id enim non potest fieri, nisi et medulla, quæ per medium, et duabus membranulis, quæ per duos a lateribus processus feruntur, et nervis, qui continent, ruptis. Excidunt aulem et in posteriorem partem, et in priorem ; et supra septum transversum, et infra. In utramvis
“en avant, il est possible encore d’étendre le bras,
diaphragme. De ces deux modes de luxation, il résulte qu'on trouvera soit une tumeur, soit une dépression à la partie postérieure de l’épine. Si le déplacement se fait au-dessus du diaphragme, il y a paralysie des mains; des vomissements où des convulsions surviennent ; la respiration s’embarrasse ; le malade accuse de violentes douleurs, et le sens de l’ouïe devient obtus. Si le mal est audessous du diaphragme, lesmembres inférieurs se paralysent, et les urines se suppriment ou s’écoulent involontairement. Bien que dansles cas de ce genre la mort n'arrive pas aussi brusquement que dans les luxations de la tête, le blessé succombe d'ordinaire avant le troisième jour. Car ce que dit Hippocrate (15), que, lorsqu'une vertèbre fait saillie en arrière, on doit faire coucher le malade sur le ventre, et pratiquer l’extension pen dant qu’un aide appuie le talon sur la vertèbre luxée pour la réduire, doit s'entendre de celle qui n’a subi qu’un léger déplacement, et non de celle dont la luxation est complète. Quelquefois | la faiblesse des ligaments permet à une vertèbre # de se porter en avant sans se luxer tout à fait. | Le cas n’est pas mortel, mais il est impossible d’agir sur la vertèbre en dedans ; on peut repousser celle qui proémine en dehors, mais ellese déplace de nouveau , à moins qu’on ne parvienne, ce qui est extrêmement rare, à restituer aux li-W gaments la force qu’ils ont perdue.
XV. Les luxations du bras ont lieu quelquefois, dans l’aisselle, et d’autres fois en avant. Si la tête de l'humérus a glissé dans l’aisselle , le coude s’éloigne de la poitrine, le blessé ne peut porter l’avant-bras avec le bras le long de l'oreille, et le bras 4 malade est plus longque l’autre. Dans la luxation
partem exciderint, a posteriore parte vel tumor, ve] sinus À erit. Si super seplum id incidit, manus resolvuntur, vomitus, aut distentio nervorum insequitur, spiritus difficulter movetur, dolor urget, et aures obtusæ sunt. Si sub septo, A femina resolvuntur, urina supprimitur, interdum etiam sine voluntate prorumpit. Ex ejusmodi casibus, ut tardius, quam ex capitis, sic tamen intra triduum homo moritur. W Nam, quod Hippocrates dixit, vertebra in exteriorem par-4 tem prolapsa, pronum hominem collocandum esse, et ex-h tendendum , tum calce aliquem super ipsum debere consis- 4 tere, et id intus impellere : in iis accipiendum est, quæ paulum excesserunt ; non in lis, quæ totæ loco motæ sunt. Nonnumquam enim nervorum imbecillitas efficit, ut, quamvis non exciderit vertebra, paulum famen in priorem partem promineat. Id non jugulat : sed ab interiore parte ne contingit quidem posse : ab exteriore si propulsum est, plerumque iterum redit; nisi, quod admodum # rarum est, vis nervis restiluta est. | XV. Humerus autem modo in alam excidit, modo in partem priorem. Si in alam delapsus est, ei junctus cubitus recedit ab latere; rursum juxta ejusdem partis aurem cum humero porrigi non potest ; longiusque altero id bra= chium est. Si in priorem partem, summum quidem bra-
mais moins que dans l'état naturel, et le coude se porte plus difficilement en avant qu’en arrière. Lorsque l'humérus s’est luxé en bas, si l’on a affaire à un enfant, ou à une personne dont la complexion soit molle et les ligaments faibles, il suffit de placer le patient sur un siége , et d’avoir deux aides dont l’un doit relever doucement la tête de l'omoplate, tandis que l’autre étend le bras ; alors le chirurgien placé derrière le malade applique une main sous l’aisselie pour refouler la tête de l’humérus, et de l’autre main poussel’avantbras contre la poitrine (16). Mais si le sujet est un homme robuste, ou si les ligaments sont plus forts, il faut employer une pièce de bois épaisse de deux doigts, et assez longue pour s'étendre depuis l’aisselle jusqu'aux doigts. A l’une de ses extrémités, cette palette prend une forme arrondie tlégèrement déprimée, pour recevoir une partie delatête de l'humérus. De plus, elleesten trois endroits percée de deux trous qui donnent passage à des courroies très-souples. Après l’avoir enveloppée d’une bande pour qu’elle soit moins douloureuse au contact, on la dirige de l’avant-bras ers l’aisselle, de façon que le bout arrondiréponde au sommet de l’aisselle; puis on l’assujettit au oyen des courroies, dont l’une est fixée un peu u-dessous de latête de l’humérus, l’autre un peu u-dessus du eubitus ,et la troisième au-dessus du ignet. Les trousen effet doiventcorrespondre à es trois points. Le bras étant lié comme on l’a dit, on prendune échelle de basse-cour sur laquelle Won place le membre en travers, mais à hauteur Msuffisante pour que les pieds ne puissent plus oser à terre. Le corps est done suspendu d’un côté, tandis que le bras est fortement tendu de
bium extenditur, minus tamen , quam naturaliter; difficiliusque in priorem partem , quam in posteriorem cubitus porrigitur. Igitur, si in alam humerus excidit, et vel puerile adbuc est corpus, vel molle, certe imbecillibus nervis intentum est , salis est collocare id in sedili, etex duobus ministris alteri imperare, ut caput lati scapularum ossis leniter reducat ; alteri, ut brachium extendat : ipsum posteriore parte residentem, manum sub alam ejus conjicere, simulque et illa os, et altera manu brachium ejus ad latus #impellere. At si vastius corpus, nervive robustiores sunt, necessaria est spatha lignea, quæ et crassitudinem duorum digitorum habet, et longitudine ab ala usque ad digitos pervenit : in qua summa capitulum est rotundum et leniter ca- #vyum,utrecipere particulam aliquam ex capite humeri possit. Min ea bina foramina tribus locis sunt , inter se spatio distantibus; in quæ lora mollia conjiciuntur. Eaque spatha, fascia involuta, quo minus tactu lædat, ad alam a brachio divigitur, sic, ut caput ejus summæ alæ subjiciatur : deinde loris suis ad brachium deligatur ; uno loco, paulum infra humeri caput, altero, paulum supra cubitum ; tertio, supra manum : cui rei protinus intervalla tunc quoque foraminum aptata sunt. Sic brachium deligatum super scalæ gallinariæ gradum trajicilur, ila alte, ut consistere homo ipse non possit; simulque in alleram partem corpus demittitur, in alteram brachium intenditur : eoque fit, ut ca-
l'autre et, dans cette situation, l'extrémité supérieure de la pièce de bois agissant sur la tête de l’humérus, celle-ci rentre avec ou sans bruit dans sa eavité naturelle (17). On trouve, en lisant Hippocrate seulement, bien d’autres procédés de réduction ; mais je n’en connais pas qui ait plus que celui-ci reçu la sanction de l'expérience. Si la luxation existe en avant, i! faut faire coucher le malade sur le dos, et passer sous l’aisselle une bande ou une bride dont les chefs iront se rejoindre derrière la tête du blessé et seront tenus par un aide, en même temps que le bras sera saisi par un autre. Le premier doit alors tirer sur les chefs de bande, et le second faire l'extension du bras ; le chirurgien ensuite refoulera avec la main gauche la tête de l’humérus, et dela main droite il élèvera le coude et le bras du blessé pour replacer l’os dans sa première situation. Cette luxation est plus facile à réduire que la précédente. La réduction faite, il faut appliquer de la laine sous l'aisselle, soit pour contenir la tête de l’humérus s’il s’estluxé en bas, soit pour placer le bandage plus facilement s’il y a euluxation en avant. La bande, roulée d'abord sous l’aisselle, doit soutenir la tête de l'os, et de là gagner l’autre aisselle en passant par la poitrine, pour être ramenée par le dos sur la partie luxée. On fait ainsi plusieurs tours de bande, jusqu’à ce que la partie paraisse bien maintenue. On peut assujettir mieux encore le bras, déjà liéde cette manière, en le fixant contre la poitrine à l’aide d’une autre bande.
XVI. D'après la description qu’on trouve en tête de ce dernier livre, on a dù comprendre que trois os concourent à former l'articulation du coude ; savoir, l’humérus , lecubitus et le radius.
pite ligni caput humeri impulsum in suam sedem, modo cum sono, modo sine hoc compellatur. Multas alias esse raliones, scire facile est uno Hippocrate lecto ; sed non alia magis usu comprobata est. Al si in partem priorem humerus excidit, supinus homo collocandus est ; fasciaque, aut habena media ala circumdanda est, capitaque ejus post caput hominis ministro tradenda, brachinm alteri ; præcipiendumque, ut ille habenam , hic brachium extendat : deinde medieus , caput quidem humeri sinistra debet repellere; dextra vero cubitum cum humero attollere, et os in suam sedem compellere : faciliusque id in hoc casu, quam in priore revertitur. Reposito humero, lana alæ subjicienda est; si in interiore parte os fuit, ut ei opponatur, si in priore, ut tamen commodius deligetur. Tum fascia, primum sub ala obvoluta, caput ejus debet comprehendere, deinde per pectus ad alteram alam, ab eaque ad scapulas, rursusque ad ejusdem humeri caput tendere , sæpiusque ad eamdem rationem circumagi, donec bene id teneat. Vinctus hac ratione humerus commodius continelur , siadductus ad latus, ad id quoque fascia deligatur.
XVI. In cubito autem tria coire ossa, humeri et radii et cubiti ipsias , ex is, quæ prima parte hujus voluminis posita sunt, intelligi potuit. Si cubitus, qui annexus humero est, ab hoc excidit, radius , qui adjunctus est, interdum trahitur, interdum subsistit. In omnes vero quatuor par-
Lorsque le eubitus, qui s’artieule avec l'humérus, vient à se luxer, il entraîne quelquefois avee lui le radius, et d’autres fois ne lui fait subir aucun déplacement. On admet pour le cubitus quatre espèces de luxations : cellequi se produit en avant tient l’avant-bras dans l'extension, ets’oppose à la flexion ; celle qui se fait en arrière tient le bras fléchi, ne permet pas l’extension, et détermine le raccourcissement du membre ; dans certains cas il survient de la fièvre et des vomissements bilieux ; dans les luxations latérales, externes ou internes, lebras, quoique étendu, s'incline un peu vers le point luxé. Quel que soit le mode de déplacement, il ny à qu'un procédé de réduction non-seulement pour le cubitus, mais pour tous les os longs qui s’articulent ensemble par une tête allongée; il s’agit toujours de tirer en sens contraire les deux membres dont les rapports sont changés, jusqu’à ce qu’il y ait un espace vide entre les os; on repousse alors, du côté opposé à la luxation , l’os qui s’est déplacé. Quant à l'extension, elle doit varier, suivant la résistance des muscles et la direction dans laquelle s’est opéré le déplacement des os. Souvent il suffit des mains, et souvent aussi il faut s’aider d’un secours étranger. Ainsi, dans la luxation du coude en avant, l'extension et la contre-extension, confiées à deux aides , seront faites soit avecles mains seulement, soit avec des courroies. On applique ensuite sous l’avant-bras quelque chose de rond sur quoi l’on appuie brusquement, pour refouler le cubitus dans la cavitéhumérale. Mais dans les autres cas, il vaut beaucoup mieux étendre le bras comme on le fait pour les fractures de l’hu— mérus, et réduire ensuite. Cela fait, il n’y a plus
tes excidere eubitus potest : sed, si in priorem prolapsus est, extentum brachium est, neque recurvatur : si in posteriorem, brachium curvum est, neque extenditur, breviusque altero est; interdum febrem , vomitumque bilis movet : si in exteriorem, interioremve , brachium porrectum est, sed paulum in eam partem, à qua os recessit, recurvatum. Quidquid incidit, reponendi ratio una est; neque in cubito tantum, sed in omnibus quoque membris longis, quæ per articulum longa testa junguntur : utrumque membrum in diversas partes extendere, donec spatium inter ossa liberum sil; tum id os, quod excidit, ab ea pate, in quam prolapsum est, in contrariam impellere. £xtendendi tamen alia atque alia genera sunt, prout nervi salent, aut ossa bucillucve se dederunt. AC modo manibus solis utendum est, modo quædam alia adhibenda. Ergo, si in priorem partem cubitus prolapsus est, extendi per duos manibus, interdum etiam habenis adjectis, satis est : deinde rotundum aliquid a lacerti parte ponendum est, et super id repente cubitus ad bumerum impellendus est. At inaliis casibus commodissimum est eadem ratione brachium * extendere , qui fracto humero supra posita est, et tum ossa reponere. Reliqua curatio eadem est, quæ in omnibus. Celerius tantum, et sæpius id resolvendum est ; multa magis aqua calida fovendum; diutius ex oleo et nitro ac
CESSE
est nécessaire de changer plus souvent l’appareil,« de faire plus d’affusions chaudes , et des frictionsm plus prolongées avec l'huile, le nitre et le sel. En
plus rapidement ici que dans toute autre articula= tion ; et si l'immobilité du coude lui permet de se» développer, il s'oppose plus tard aux mouvements du membre. .
XVII. On distingue aussi quatre espèces dem luxations du poignet. Quand il se luxe en arrière,« on ne peut étendreles doigts ; et si c’est en avant on ne peut les fléchir ; dans les luxations latéralesm la main se porte vers le point opposé , c’est-à-dire vers le pouce ou le petit doigt. La réduction ne ; présente pas de grandes difficultés. On fait poser" le poignet sur quelque chose de dur et de résisMl tant; puis on exerce l'extension et la contre-ex= tension en tirant sur l'avant-bras et la main M que l’on place dans la pronation, si la luxationt est en arrière; dans la supination, si elle est en | avant; et enfin sur le côté, s’il y a luxation en de= dans ou en dehors. Dès que lesligaments ont subi l'extension convenable, s’il y a déplacement latéral, on repousse les os avec les mains vers le point opposé; mais sile poignets’est luxé en avant ou en arrière, on dispose sous la partie malade* un corps dur, contre lequel on presse avec Ia main l'os proéminent, En donnant par ce moyens plus de force à la pression, on rétablit plus facilement les parties dans leur situation naturelle. XVIII. Les os qui constituent la paume de las main peuvent aussi seluxer en avantou en arrière, mais non latéralement, parce qu'ils sont disposés
| sale perfricandum. In cubito enim celerius, quam in ullom alio articulo, sive extra remansit, sive intus revertit, cal: lus cireumdatur; isque, si per quietem increvit, flexus illius postea prohibet.
XVII. Manus quoquein omnes quatuor partes prolabitur, Si in posteriorem partem excidit, porrigi digiti non pos-M sunt : siin priorem, non inclinantur : si in alterutruni latus, maous in contrarium , id est, aut ad pollièem , aut ad minimum digitum convertitur. Reponi non difficillimem potest. Super durum locum et renitentem, ex altera part@M intendi manus, ex altera brachium debet, sic, ut prona sit, si in posteriorem partem os excidit; supina , si in prio®Ml rem; si in inleriorem exterioremve, in latus. Ubi satis nervi diducti sunt, si in alterutrum latus procidit, manibusM in contrarium repellendum est. At ïis, quæ in priorem posterioremve partem prolapsa sunt, superimponendum durum aliquid, idque supra prominens os manu urgen= dum est; per quod vis adjecta facilins id in suam sedem4 compellit.
XVIII. In palma quoque ossa interdum suis sedibug promoventur, modo in priorem partem, modo in postez riorem : in lalus enim moveri, paribus ossibus oppositis, non possunt. Signum id solum est, quod omnium coms mune est : tumor ab ea parte, in quam os yenit; sinus ab
de manière à se faire mutuellement obstacle. On n'observe ici que deux signes communs à toutes les luxations : tumeur à l'endroit où l'os se présente, dépression à celui qu’il abandonne. L’extension n’est pas nécessaire, et il suffit de peser convenablement avec le doigt sur l'os luxé, pour le réduire.
XIX. Les luxations des doigts se produisent à peu près dans les mêmes circonstances , et se reconnaissent aux mêmes signes que celles de la main. Il n’est pas besoin de déployer une grande force pour l'extension, parce que ce sont là de petites articulations dont les ligaments offrent peu de résistance. On doit done se borner à étendre sur une table les doigts luxés, pour les réduire avec la paume de la main, si le déplacement s’est effectué en avant ou en arrière. Mais s’il a lieu latéralement, c’est avec les doigts qu’il faut faire la réduction.
XX. Ce que j'ai dit sur ces diverses luxations semblerait devoir suftire pour celles des membres inférieurs; car, dans ce eas encore, il y a de l'analogie entre le fémur et l’humerus , le tibia etlecubitus , de même qu'entre le pied etla main. Cependant ces déplacements présentent quelques particularités qu’il ne faut pas omettre. Il ya pour le fémur quatre espèces de luxations. Les plus fréquentes se font en dedans, puis en dehors, et les plus rares s’observent en avant ou en arrière. Si la cuisse est luxée en dedans, le membre devient plus long que l’autre, etse tourne en dehors ainsi que le bout du pied. Au contraire, la jambe est plus courte quand la luxation est en dehors , et il y a rotation de la euisse et du pied en dedans ; le talon, dans la marche, ne pose point à terre, et le malade s'appuie sur la pointe du pied ; le membre supporte mieux le poids du
ea, a qua recessit, Sed sine intentione , digito tantummodo bene pressum os in suam sedem reverlitur.
XIX. At in digitis totidem fere casus, eademque signa sunt, quæ in manibus. Sed in his extendendis non æque vi opus est; quod articuli breviores, et nervi minus validi sint. Super mensam tantummodo intendi debent, qui vel in priorem vel in posteriorem partem exciderunt; {um jam palma compelli. At id, quod in latus elapsum est, digitis restitui.
XX. Cum de his dixerim, de ïis quoque, quæ in cruribus sunt, videri possum dixisse : siquidem etiam in hoc casu quædam similitudo est femori et humero, tibiæ et cubito, pedi et manui. Quædam tamen separatim quoque de his dicenda sunt. Femur in omnes quatuor partes promovetur : sæpissime in inleriorem; deinde in exleriorem, raro admodum in priorem , aut posteriorem. Si in interiorem partem prolapsum est, crus longius altero, et valgius est : extra enim pes ultimus spectat. Si in exteriorem, brevius, varumque fit, et pes intus inclinatur ; calx ingressu terram uon conlingit, sed planta ima ; meliusque id crus superius corpus, quam in priore casu , fert, minusque baculo eget.
corps que dans le premier cas, et le secours d’un bâton n’est pas aussi nécessaire. Si le fémur se luxe en avant, la jambe est placée dans l’extension et ne peut plus être fléchie ; les deux talons sont de niveau, mais du côté malade la pointe du pied a plus de peine à s’abaisser. Cet accident est suivi d’une très-vive douleur, et très-souvent il y a rétention d’urine. Mais, aussitôt que la douleur et l’inftlammation ont cessé, on voit les malades marcher facilement, et le pied a sa rectitude naturelle. Dans la luxation en arrière, la jambe ne peut être étendue, et se trouve plus courte que l’autre; et si l’on veut se tenir debout, le talon n’arrive pas non plus jusqu’à terre. Le grand danger des luxations du fémur réside, ou dans la difficulté de les réduire, ou dans la facilité qu’elles ont à se reproduire. Certains chirurgiens vont jusqu’à prétendre que la récidiveestconstante ; mais Hippocrate, Dioclès, Philotimus, Nilée et Héraclide de Tarente , tous auteurs célèbres, affirment, dans leurs écrits, que la réduction peut être complète et définitive. D'ailleurs Hippocrate, Andréas, Nilée, Nymphodore , Protarchus, Héraclide , et d’autres encore, n'auraient point inventé tant de machines pour faire l'extension de la cuisse dans les cas de ce genre, si ces appareils avaient dû n’aboutir à rien. Toute fausse que soit cette opinion , il n’en est pas moins vrai que, la cuisse étant pourvue de muscles et de ligaments de la plus grande puissance , les luxations sont très-difficiles à réduire quandils onteonservé leur force, et que, lorsqu'ils l'ont perdue, ils deviennent pour ainsi dire inhabiles à maintenir la réduction. Il faut donc essayer toujours ; et si le sujet est jeune, il suffira, pour pratiquer l’extension et la contre-extension, de placer un lien au haut de la cuisse, etun au-
test ; alteri cruri ad calcem par est, sed ima planta minus in priorem partem inclinatur : dolorque in hoc casu præcipuus est, et maxime urina supprimitur. Ubi cum dolore inflammatio quievit, commode ingrediuntur, rectusque eorum pes est. Si in posteriorem , extendi non potest crus, breviusque est; ubi consistit, calx quoque terram non contingit. Magnum autem femori periculum est, ne vel difficulter reponatur, vel repositum, rursus excidat. Quidam semper iterum excidere contendunt : sed Hippocrates, et Diocles, et Philotimus, et Nileus, et Heraclides Tarentinus, clari admodum auctores, ex toto se restituisse memoriæ prodiderunt. Neque tot genera machinamentorum quoque , ad extendendum in hoc casu femur, Hippocrates, Andreas, Nileus, Nymphodorus, Protarchus, Heraclides, aliique quidam reperissent, si id frustra esset. Sed ut hat falsa opinio est, sic illud verum est : cum ibi valentissimi pervi musculique sint, si suum robur habent, vix admittere, si non habent, postea non continere. Tentandum igitur est, et, si tenerius membrum est, satis est habenain alferam ab inguine, alteram a genu intendi : si validius, melius adducent, qui easdem habenas ad valida bacula
Si in priorem, crus extensum est, implicarique non po- | deligarint, cumque eorum fustium imas parles opposila
tre au-dessus du genou. On rendra l’extension plus énergique en attachant les courroies à de forts bâtons dont les bouts inférieursseront arrêtés en sens contraire ; deux aides en saisiront ensuite les extrémités supérieures, et tireront à eux. Le membre sera tendu plus puissamment encore, si l'on place le malade sur un bane garni à chaque extrémité d’un treuil auquel on attache les courroies ; de sorte qu’en donnant aux deux treuils un mouvement de rotation , comme dans les machines à pressoir, on peut porter la force au point de produire non-seulement l'extension, mais encore Jlarupture desligaments etdesmuscles(18). Le malade doit être couché sur le ventre , le dos ou le côté, de façon que la partie vers laquelle l’os est venu faire Saillie soit plus élevée que celle qu’il a quittée. L'extension faite, si l'os est luxé en avant, on applique sur la région inguinale quelque chose de rond, et l’on appuie dessus aussitôt avec le genou, de la même manière et pour la même raison que dans la luxation du bras; après quoi, si le patient peut fléchir immédiatement la cuisse, elle est réduite. Dans les autres luxations , si le fémur n’a pas subi un grand déplacement, lechirurgien devra refouler la tête de l'osen arrière, tandis que l’aide poussera la hanche en avant. La réduction opérée, le traitement ne demande plus rien de particulier, si ce n’est un séjour au lit plus prolongé, dans la crainte que, le malade faisant agir son membre, alors que les ligaments sont encore trop relâchés, il n’en résulte une luxation nouvelle.
XXI. On sait parfaitement que le genou peut se luxer en dehors, ou dedans et en arrière, Mais la plupart des auteurs n’admettent pas la
moræ objecerint, superiores ad se utraque manu traxerint. Etramnam valentius intenditur membrum super scamnum, cui ab utraque parte axes sunt, ad quos habenæ illæ deligantur : qui, ut in torcularibus, conversi, rumpere quoque, si quis perseveraverit, non solum extendere, nervos et musculos possunt. Collocandus autem homo super id scamnum est, aut pronus, aut supinus, aut in latus, sic, ut semper ea pars superior sit, in quam os prolapsum est ; ea etiam inferior, à qua recessit. Nervis extentis, si in priorem partem os venit, rolundum aliquid super inguen ponendum, subitoque super id gnu adducendum'est eodem modo, eademque de causa, qua idem in brachio fit; protinusque, si complicari femur potest, intus est. In ceteris vero casibus, ubi ossa per vim paulum inter se recesserunt, medicus debet id, quod eminet, retro cogere; minister contra coxam propellere. Reposito osse, nihil novi aliud curatio requirit, quam ut diutius is in lecto detineatur, ne, si motum adhuc nervis laxioribus femur fuerit, rursus erumpat. ;
XXI. Genu vero et in exteriorem, et in interiorem, et in posteriorem partem excidere, notissimum est. In priorem non prolabi, plerique scripserunt : potestque id vero proximurm esse, cum inde opposita patella, ipsa quoque caput tibiæ contineat. Meges tamen eum, cui in priorem partem
CELSE
luxation en avant ; cette opinion a pour elle un grand degré de vraisemblance, parce que la rotule, placée sur l'articulation, doit retenir la tête du tibia. Toutefois, Mégès affirme avoir réduit une luxation de ce genre. On pratique l’extension dans les luxations du genou, comme je l'ai dit pour la cuisse ; et s’il y a déplacement en arrière, on place de même dans le jarret quelque chose de rond , et, en fléchissant la jambe sur ee corps, on remet l'os en situation. Les autres luxations |! se réduisent par l'extension et la contre-exten- | sion , faites avec les mains.
XXII. La coude-pied est sujet à se luxer dans tous les sens. S’il se déplace en dedans, le bout du pied se porte en dehors, et il se porte en dedans si la luxation est externe. Dans la luxation en avant, le large tendon situé en arrière est dur et tendu , et le pied est recourbé. Si le cou-depied s’est luxé en arrière, le calcanéum est caché pour ainsi dire, et la plante du pied s’allonge. On | réduit ces luxations avec les mains , après avoir exercé des tractions en sens contraire sur le pied et la jambe. Ces accidents exigent aussi qu’on reste plus longtemps au lit, de peur que cette partie mal raffermie ne se luxe de nouveau sous le poids du corps, qu’elle est appelée à supporter. On devra même, en commencant à marcher, ne prendre que des chaussures très-basses , afin que le cou-de-pied ne soit pas géné par les cordons.
XXIIT. Les os de la plante du pied se luxent et se réduisent comme ceux de la paume de la main. Seulement, le bandage doit embrasser aussi le calcanéum ; car, en n’enveloppant que la plante et le bout du pied, on aurait à craindre que le talon, dont la moitié se trouverait libre,
excidisset, a se curatum esse, memoriæ prodidit. In his casibus intendi nervi rationibus iisdem, quas in femore retuli, possunt. Et id quidem, quod in posteriorem partem excidit, eodem modo rotundo aliquo super poplitem imposilo, adduetoque eo crure, reconditur. Cetera vero manibus simul dum ossa in diversas partes compelluntur.
XXIT. Talus in omnes partes prolabitur, Ubi in interiorem partem excidit, ima pars pedis in exteriorem partem convertitur. Ubi huic contrarius casus, contrarium etiam signum est. At si in priorem partem erumpit, a posteriore latus nervus durus et intentus est; simusque lis pes est. Si in posteriorem, calx pene conditur, planta major fit. Reponitur autem is quoque per manus; prius in diversa pede et crure diductis. Et in hoc quoque casu diutius in lectulo perseverandum est ; ne is talus, qui totum corpus sustinet, parum confirmatis nervis, ferendo oneri cedat, rursusque prorumpat. Calceamentis quoque humilioribus primo tempore utendum ; ne vinctura talum ipsum lædat.
XXJIL. Plantæ ossa iisdem modis, quibus in manibus, prodeunt ; iisdemque conduntur. Fascia tantummodo calcem quoque debet comprehendere : ne cum mediam plantam, imumque ejus vinciri necesse est, liber talus in medio relictus, materiam pleniorem recipiat, ideoque suppuret.
p'attiràt vers lui un trop grand afflux d'humeurs, et ne devint le siége d'un abces.
XXIV. Lesdoigts du pied, quand ils sontluxés, ne se réduisent pas autrement que ceux de la main. Cependant on peut placer la partie moyenne ou supérieure du doigt qu’on vient de réduire, dans une petite gouttière qui sert de moyen contentif.
XXV. Tel est le traitement à suivre dans les luxations non compliquées de plaie. Cette complication est grave en effet, et d'autant plus périlleuse que le membre est plus considérable, etse trouve pourvu de muscles et de ligaments plus forts. Un pareil accident survenant au bras ou à la cuisse peut entrainer la mort. La réduction ne laisse aucun espoir, et il y a encore péril si l’on ne réduit pas. Dans l’un et l’autre cas, les alarmes seront d’autant plus vives que la plaie sera plus voisine de l’articulation. Hippocrate prétend que, parmi les luxations de ce genre, celles des doigts, de la plante des pieds et des mains sont les seules qu’on puisse réduire avec sécurité; encore veut-il qu’on y apporte des ménagements extrêmes, pour éviter une terminaison funeste. Des chirurgiens cependant ont réduit des luxations de l’avantbras et de la jambe, et ont eu recours à la
XXIV. In digitis nihil ultra fieri debet, quam quod in äis, qui sunt in manu, positum est. Potest tamen conditus articulus medius, aut summus canalieulo aliquo contineri.
XXV. Hæc facienda sunt in is casibus , ubi sine vulnere ossa exciderunt. Hic quoque et ingens periculum est, et eo gravius, quo majus membrum est, quove validioribus nervis aut musculis continetur. Ideoque in humeris, femoribusque, metus mortis est : ac, si reposita ossa sunt, spes aulla est; non reposilis tamen, nonnullum periculum est : eoque major in utroque timor est, quo propius vulpus articulo est. Hippocrates mhil tuto reponi posse, præter digitos, et plantas, et manus, dixit : atque in his quoque diligenter esse agendum , ne præcipitarent. Quidam brachia quoque et crura reposuerunt ; et, ne cancri, distentionesque nervorum orirentur, sub quibus in ejusmodi casu fieri solet mors matura , sanguinem ex brachio
saignée du bras, afin de prévenir la gangrène ou les convulsions , qui dans des conditions si graves entraînent rapidement la mort. Quoique la luxation des doigts soit de toutes la moins à craindre, elle offre encore quelque danger; et si déjà elle est ancienne, on ne doit essayer de la réduire ni lorsque l’inflammation existe, ni même lorsqu'elle a cessé. Si des convulsions se déclarent après la réduction, il ne faut pas hésiter à luxer l'os de nouveau. Dans toute luxation compliquée de plaie, et non réduite, on doit donner au membre la position qui paraît le plus soulager le malade, en ayant soin de ne pas remuer ou laisser pendre la partie luxée. L’abstinence prolongée devient aussi d’un grand secours contre de pareïlles lésions. Quant au traitement, il se compose des moyens indiqués pour les fractures avec plaie. Si l'os dénudé fait saillie, ce sera toujours un obstacle à la guérison : il y a donc lieu de retrancher ce qui proémine. On applique ensuite sur la plaie de la charpie sèche et des topiques non graisseux, dont on continue l'usage jusqu’à ce qu’on ait obtenu le seul genre de guérison que comportent les accidents de cette nature. Le membre en effet reste débile, et la cicatrice qui se forme est trop mince pour résister plus tard à l’action des causes vulnérantes.
miserunt. Verum ne digitus quidem, in quo minimum, ut malum, sic etiam periculum est, reponi debet ant in inflammatione, aut postea, cum jam vetus res est. Si quoque reposito osse nervi distenduntur , rursus id protinus expellendum est. Omne autem membrum, quod cum vulnere loco motum, neque repositum est, sic jacere convenit,ut maxime cubantem juvat; lantum ne moveatur, neve dependeat. In omnique tali morbo magnum ex longa fame præsidium est : deinde ex curalione eadem, quæ proposita est ubi ossibus fractis vulnus accessit. Si nudum os eminet, impedimento semper futurum est : ideo , quod excedit, abscindendum est ; imponerdaque super arida linamenta sunt, et medicamenta non pinguia ; donec , quæ sola esse in ejusmodi re sapitas polest, veniat. Nam et debilitas sequitur, et tenuis cicatrix inducitur ; quæ necesse est facile noxæ poslea pateat.