LIVRE II
(1) P. 26. Entre la dirième heure et La nuit, on mieux entre dix heures et la nuit, in{er quartam horam et noctem.
Les Hébreux, les Grecs et les Romains ont divisé le temps qui s'écoule du lever au coucher du soleil en quatre parties égales, de trois heures chacune. La première commence au lever du soleil, la seconde à la troisième heure du jour, la troisième à midi, et la quatrième à la neuvième heure : d'où les noms de prime, tierce, sexteet none, qu’on leur a donnés. (Saigey, Trailé de métrolog. anc. et moderne, p. 203).
(2) P. 27. L'urine ténue et sans couleur. (Hippoc., Aphor.1v, 72.) (coa. 568). Celse déclare, en commençant ce second livre , qu’il n'hésitera pas à invoquer l’au- Lorité des anciens, et surtout celle d'Hippocrate ; il tient parole, et met surtout à contribution le Pronostic et les Aphorismes.
(3) P. 36. Est un accident funeste. Suivant les corrections indiquées par Targa (2e éd. ), j'ai dû remplacer caput par vesica , et ajouter venter après neque. Le texte ainsi restitué, il est facile de retrouver dans la phrase latine le souvenir et presque la traduction de ce passage du Pronostie, que j'emprunte à l'Hippocrate de M. Littré (t. I, p. 167) : « La tension et la douleur de la vessie sont des accidents excessivement fàcheux , surtout quand il s’y joint une fièvre continue. Tant que dure cet état de l'organe, il n’y a aucune déjection alvine (neque venter quidquam reddit ). »
(4) P. 44. Dans les maladies aiguës et dans les fièvres. Le texte portait : Sed si acutus morbus est sicut in chotera ; si febris est ut inter horrores. Adoptant les raisons données par Targa, cap. x, note 96, 1reéd., et note fre, 2e éd., j’ai retranché les mots latins soulignés.
(5) P. 50. Oculata, sparus melanurus. Selon Gaza, oculata devrait être pris comme synonyme de w=hævoup0Ge “ « Rondelet, Belon et d’autres ont pensé, je crois, avec raison, dit Camus, que le mélanure d’aAristole était un poisson du genre des spares où dorades, que l’on connaît sous les noms d’oblade, blade, nigroil, oculata. » Voy. Camus, Notes sur l'Hisf. des anim. d’Aristote, in-4°, p. 499, et Artedi, Synonym. pisC., p. 92.
Cette note doit naturellement s'étendre aux autres poissons dont il est question au même endroit :
Dorade, de la famille des sparoïdes. La dorade vulgaire est très-commune sur les côtes de la Bretagne ainsi que dans la Méditerranée. Son nom lui vient de sa couleur dorée , sparus aurata. :
Corbeau marin. Sous ce nom, Aristote paraît avoir désigné le cormoran (Camus, ouvr. cité) ; mais le mot corvus ne peut désigner ici qu’un poisson, et probablement un de ces dactyloptères célèbres sous les noms d®
poissons volants (4rigla volilans, L), d’hirondelles de mer (trigla hirundo), etc. Ces poissons ressemblent beaucoup aux trigles, mais s’en distinguent par leurs grandes nageoires pectorales, dont ils se servent comme d’ailes pour se soutenir daps l'air, lorsqu'ils s’élancent hors de l’eau, dans l'espoir d'échapper à leurs ennemis.
(Milne Edwards, Zoolog. descript., p. 708.)
Spare, première tribu des sparoïdes.
Loup marin ou bars (labrax), poisson de mer, ressemble beaucoup aux perches. Le bars commun abonde sur nos côtes, et porte le nom vulgaire de loup et de loubine. C’est un grand et excellent poisson, de couleur argentée. Lorsqu'il est jeune, il est ordinairement tacheté de brun. Le bars est de la famille des percoïdes.
(Milne Edwards, p. 706.)
Mulle. C’est le ro‘yàx des Grecs, le ériglia des Italiens modernes, le 'ouget des Provençaux, le mullus barbatus de Linnæus. Aucune synonymie n’est mieux prouvée en histoire naturelle. Pline le caractérise parfaitement par la double barbe qu’il porte sous le menton, et par sa couleur rouge. (G. Cuvier, Notes sur Pline, liv. IX, trad. Ajass. de Grandsagne.)
La chair des mulles est délicieuse ; et ce sont des poissons célèbres par le plaisir puéril que les Romains prenaient à voir les changements de couleur qu’ils présentent en mourant. Pour mieux jouir dece spectacle, et pour être certains d’avoir ces poissons le plus frais possible , ils les faisaient venir dans de petites rigoles jusque sous les tables où l'on mangeait, et les faisaient mourir dans des vases de verre que les convives se passaient de main en main. Cette passion pour les mulles fut portée au point de faire payer à des prix exorbitants ceux qui dépassaient la taille ordinaire. Sénèque raconte l’histoire d’un mulle, pesant quatre livres et demie, qui fut présenté à Tibère, el que ce prince, ridiculement économe, fit vendre au marché; Apicius et Octavius se le disputèrent, et ce dernier l’emporta au prix de 5,000 sesterces, qui, dans ces temps-là, faisaient 974 fr. Pline parle d’un de ces poissons, qui, du temps de Caligula , fut acheté par Asinius Celer pour 8,000 sesterces (1,558 fr.); et Suétone nous apprend que, sous Tibère, trois mulles d’une grande taille furent payés 30,000 sesterces ( 5,844 fr. ).
(Milne Edwards, p. 707.)
(6) P. 54. Le garum. Les Romains appelaient ainsi un liquide saumâtre qui découlait de la chair des poissons salés et à moitié putréfiés. Cette saumure, convenablement aromatisée, était chez eux un assaisonnement très-recherché.
(7) P. id. Les moules. Le mot latin musculus ne pent désigner ici qu’un coquillage, et doit se traduire en effet par moule ; mais ce n’en est pas moins uu exemple de ces confusions de nomenclature si ordinaires aux anciens, et qui ont tant exercé l'esprit des commentateurs. Ainsi, sous le nom de #usculus, les uns reconnaissaient un poisson dont la taille ne doit pas excéder celle du goujon , et qui, selon les anciens, sert de conducteur à la baleine, tandis que les autres y retrouvaient le plus grand des animaux aquatiques, c’est-à-dire une espèce de baleine que Cuvier suppose être le rorqual de la Méditerrance.