LIVRE III
(1) P. 57. La guérison de l'affection locale. Ce passage est altéré; et j'ai, d’après Targa, placé entre guillemets les mots qui embarrassent la construction de la phrase, et ne fournissent point de sens. Toutefois, comme il en faut un, j'ai cru devoir suivre ponr la traduction la leçon de Van der Linden, que je reproduis ici : &f, si quan-
NOTES SUR CELSE
do is non in tolo corpore, sed in parte est ; magis famens ad rem perlinet, vim lotius corporis moliri, quamm partis; cum per eam parles ægræ sanentur.Noy. Targa, 1'e éd., p. 104, note 55, et 2° éd., p. 107, note 6.
(2) P. 58. Amener des résultats favorables : Non quo non interdum id incidat. Ces mots étaient suivis den autnon decipiat, ce qui constituait un non-sens ; je le ai donc retranchés, mais après m'être assuré qu’ils ne se" retrouvent pas non plus dans la 2° édit. Targa.
(3) P.68. Ni ulcères, ni déjections alvines. Après le mot dejectio, il y avait dans le texte non profluviun alvi, que j'ai supprimé comme m’ayant pas une siguifis cation différente, et faisant, par conséquent , double em ploi. Targa fait en outre remarquer qu'il n’est pas rare dé rencontrer dans Celse le mot dejectio, tandis qu'on n’y trouve Jamais cette locution profluvium alvi, pour ex primer des évacuations alvines. "|
(4) P. 74. Que les Grecs appellent frénésie. Malgré 1e délire et l’état fébrile qui appartiennent essentiellemeut 3x la phrénilis des anciens, ce serait à tort qu’on voudrait,
y retrouver l’encéphalite ou la méningite des in ses
L’assimilation ne serait pas moins erronée, si l’on se bornait à rapprocher la phrénitis des fièvres de nos payss Pour arriver à la véritable interprétation des faits, ill faut, comme M. Littré, demander des termes de compa= raison aux auteurs qui out étudié Phomme malade sous un climat plus analogue que le nôtre à celui de la Grèce et de l'Italie. Or, cet examen comparatif a conduit habiles et savant traducteur d'Hippocrate à d’incontestables résul tats; et, pour quiconque a lu le remarquable travail qui précède le premier et le troisième livre Des épidémies, il demeure évident que la phrénitis n’est réellement pas un symptôme qui puisse appartenir idiopathiquement où 1! sympathiquement à plusieurs maladies, mais qu’elle doi ? être considérée comme une variété des fièvres rémittentess et continues des pays chauds. (Littré, t. Il, p. 572.) | I faut le dire pourtant, sous le nom de frénésie, Celsen n'a pas seulement décrit le délire aigu avec fièvre inten=A se; sa description paraît comprendre encore diverses forMI mes d’aliénation mentale non fébriles, comme la fureur maniaque et la mélancolie. A cet égard, il est moins clair el moins complet que Cælius Aurelianus, qui donne très
au long le diagnostic différentiel de la frénésie (lib. ni | cap, 1V, V, vi, De morbis acutis, Amstelodami, 1722); {| Il la distingue soigneusement de la fureur appelée commu=M} nément folie, de la mélancolie, de la manie même avec} fièvre, de la léthargie; enfin des autres délires produitéil par certains poisons, ou se manifestant sous l’influence de 4 diverses maladies, pleurésie, pneumonie, etc.
(5) P. 78. La maladie que les Grecs ont nommée car diaque. Qu'est-ce que la maladie cardiaque ? Dalechamp dans ses nofes sur Cœlius, croit que les plus anciens médecins avaient confondu l'affection cardiaque avec Pa poplexie. Mais cette opinion ne me paraît nullement jus: tifiée.
Dans ces derniers temps, le professeur Hecker a fait} ressortir les analogies frappantes qui existent entre Ian suette anglaise de 1482, et le mal cardiaque, dont il em prunte la description à Cœlius Aurelianus. Il reconnalt toutefois que, pour établir l'identité de ces deux affections; il manque un caractère essentiel, c’est-à-dire l’éruption miliaire. (Hecker, Der englische Schweiss, Berlin, 1834, p- 185-199.)
(6) P.80. Les Grecs ont appelé cet état léthargie. Pour nous, la léthargie est caractérisée par un sommeil excessivement prolongé, et qui existe sans aucun trouble appas rent des fonctions ; tandis que ce mot, chezles anciens; emporte constamment l'idée d'un état aigu et fébrile, Un nommé Tharrias, dit Celse (ibid.), a prétendu que la
NOTES SUR CELSE
léthargie dépendait d’un accès de fièvre, et finissait avec lui, d’où il concluait que c’est mal à propos qu’on cherche à secouer les malades. D’un autre côté, Cælius Aurélianus, après avoir dit que la phrénitis, s’aggravant, devient léthargus, et que le léthargus, déclinant, devient quelquefois phrénitis, ajoute plus loin (p. 74) : « Si un délire croissant subitement avec une fièvre aiguë est la phrénitis, une somnolence avec fièvre est le léthargus. » Dans un autre endroit de son livre, il exprime que le léthargus peut être continu ou rémittent : « Nous reconnaissons le léthargus à l’occlusion et à l’hébétude des sens, à la somnolence , à la fièvre aiguë, soit continue, soit rémiltente. » Cette possibilité, dit M. Littré, qu’une même fièvre soit tantôt continue, tantôt rémittente, est un des traits Je plus caractéristique de la physionomie des fièvres des pays chauds. Ainsi Hippocrate place le léthargus entre la phrénitis et le causus, qui sont des fièvres rémittentes ; Galien dit que la phrénitis peut se changer en léthargus ; enfin Cœlius Aurelianus y signale des paroxysmes et des rémissions. Tout cela autorise pleinement à conclure que le léthargus des anciens est, comme la phréunitis et le causus, uue variété des fièvres rémittentes et continues des pays chauds. (Littré, t. IL, p. 573.)
(7) P. 88. Un mal plus déplorable encore. Les siècles ont passé vainement sur les combats du cirque, ensevelissant dans la même poussière empereurs et gladiateurs ; le préjugé barbare est resté; et, de nos jours, il n’est que trop vrai qu'on peut retrouver dans le vulgaire cette affreuse croyance que le sang humain encore chaud doit guérir de l’épilepsie : seulement, chez les modernes, le gladiateur est remplacé par le supplicié.
Voici, dureste, une preuve à l'appui. Le Nalional, racontant, il n’y a pas longtemps, l’exécution d'un homme condamné à mort en Suède, notait, comme particularité du supplice, qu’une vieille femme, atteinte d'épilepsie, se trouvait au pied de l’échafaud, prête, au moment même où la tête serait séparée du corps, à plonger dans le sang tout fumant un morceau de pain qu’elle deslinait à sa guérison.