LIVRE V
(1) P. 123. Le müel. A l’occasion de cette substance, qui se trouve indiquée dans divers chapitres avec des propriétés toutes différentes, je dois faire remarquer que la même confusion s'étend à beaucoup d’autres médicaments auxquels sont souvent attribuées des vertus contraires, et dont le nom est tout au moins inutilement répélé dans le même chapitre. Je n’ai pas craint de purger le texte de ces répétitions, qui accusent toujours un certain désordre , et laissent même soupçonner des erreurs plus graves.
(2) Ibid. La pierre éloilée. Au lieu de vel asterace, la deuxième éd. Targa porte mel, asteriace, ce qui est déja fort différent ; mais il y a bien d’autres variantes à ce sujet, et l'obscurité n’en est, pour ainsi dire, que plus grande. Peut-être s'agit-il ici d’une espèce d’ocre, c’est-à-dire d’une argile colorée par un oxyde ou un sel de fer; il vaut mieux toutefois s'abstenir, dans le doute, et dire avec Targa : « Qui monstrabit, quid sit asferace, vel asterica, vel asteriaca, vel asteriace, erit mihi magnus Apollo. » Targa, tre éd., p. 228.
Ajoutons pourtant que, selon Constantin, Celsc a dû vouloir désigner la terre de Samos , connue sous le nom d’äcrro (étoile), pour la distinguer sans doute de l’ocre attique. Cette opinion est vivement soutenue par le docteur Édouard Milligan, qui a donné, dans ces derniers temps, une édition de Celse, qui n’est peut-être pas assez connue en France. Voy. ed. secunda, Édimbourg, p. 201 ; 1831.
(3) P. 127. Quand le sang s’est extravasé, Ce passage est altéré, etles mots si salis sanguis subit, font au moins double emploi. Car il ne s’agit pas ici d’hémorragie; et si l’on doit entendre par là des meurtrissures ou des ecchymoses, il y a répétition , puisque Celse, un peu plus bas, sect. 24, dit la même chose en d’autres termes : Si facie contusa livor subcruentus est. Ajoutez à cela que les topiques résolutifs indiqués à la sect. 22 sont exactement reproduits à la sect. 24. Voy. Targa, 1'° éd., p. 238, note 49.
(4) P. 198. On remplit les mêmes indications. I y a dans le texte ad eosdem digitos ; mais ce dernier mot n’est nullement justifié; car on ne traite en cet endroit que des topiques appelés à guérir les affections des tendons et des articulations. 11 suffirait donc de lire ad cosdem, et de sous-entendre articulos.
(5) P. 136. De chaque environ trois verres. Ce n'est cependant point la dose , mais la composition du remède, qui fait l’objet de cette note. Non-seulement Targa ne reconnaît pas dans ces mots [et id quod specialiter sic vocatur] une locution familière à Celse, mais illes signale comme conduisant à une interprétation erronée. En effet, il résulterait de Jà qu’on doit faire entrer, dans la préparation du vin proprement dit, plus de vin de myrte; tandis que le vrai sens est celui-ci : verser Lour à tour du vin et de l'huile de myrte : adjicilurque invicem vinum et myrteum. Targa, p. 261, note 12, 1'° éd.
(6) P. 143. La boucle nommée par les Grecs àyxrip- « Cette boucle, dit naïvement Daniel le Clere, que je cite ici textuellement, a fait beaucoup de peine aux savants modernes, et a donné lieu à diverses disputes. Comme l'usage des boucles de métal, de toutes sortes de figures, a été anciennement fort commun, qu’il y a un grand nombre d'auteurs qui en parlent, et qu'on en trouve encore aujourd’hui plu-
NOTES SUR CELSE
sieurs dans les cabinets des curieux, qui sont fort anciennes, cela à fait que plusieurs médecins et chirurgiens, d’ailleurs très-habiles dans leur art et très-versés dans la lecture des anciens, ont cru que la boucle de Celse était aussi de métal. Ils se sont imaginé qu’elle se faisait avec du fer qu’on rendait pointu, et courbé des deux bouts : pour le pouvoir ficher de côté et d’autre dans les bords de la plaie, afin de les rapprocher. Mais ils se sont trompés en confondant Za boucle qui servait anciennement pour les habits, avec la boucle des chirurgiens. n’y a pas, ce me semble, à hésiter sur le sentiment de Rhodius, qui croit que la simple su/ure et la boucle chirurgicale étaient la même chose quant à leur matière. Cette boucle , à ce que dit cet auteur, n'était point de métal, mais de fil de lin ; et elle ne différait point de la suture que les chirurgiens français appellent entrecoupée. Cette suture se fait en passant une aiguille, enfilée d’un double fil, par les deux bords de la plaie, commençant par le milieu ; et après avoir fait un nœud, coupant le fil un peu au-dessus, et continuant ensuile de faire des points d’aiguille et des nœuds de distance en distance, plus près ou plus loin, selon qu’il est nécessaire. Ce que l’on vient de dire explique en même temps ce que Celse a entendu par le mot acia, qu'il emploie pour marquer la matière dont la boucle devait être faite, qui n’était autre chose que du fil de lin ou de chanvre. Les Italiens disent encore aujourd’hui una matassa d'accia, pourdireun écheveau de fil. Comme ce mot latin ne se trouve que dans deux autres auteurs qui ne lexpliquent pas, non plus que Celse, c’est ce qui a donné tant de peine à le deviner. La supposition que quelques-uns ont faite que ce devait être une espèce de ji de fer, a fait regarder la chirurgie ancienne, qui était d’ailleurs assez cruelle, comme l’étant beaucoup plus, pour la grande douleur que lon concevait, avec raison , que ce fil de fer devait causer aux blessés, en demeurant planté dans leurs plaies. » Voy. Daniel le Clerc, Hist. de La médecine ; Amsterdam, 1723, p. 541.
(7) P. 152. Les gens connus sous le nom de Psylles. Pline nous fait à ce sujet l’un de ces contes absurdes dont il est si prodigue; et ia merveilleuse crédulité du naturaliste contraste ici avec la saine appréciation et le bon sens du médecin. Selon Pline, les Psylles, ainsi nommés de leur roi Psyllus, habitaient l’Aftique. La nature avait armé leurs corps d’un virus mortel pour les serpents; l'odeur seule était pour ceux-ci un narcotique puissant. Ils avaient coutume d’exposer les enfants nouvean-nés aux serpents les plus cruels, pour éprouver la fidélité des femmes, persuadés que ces reptiles ne fayaient pas ceux qui provepaient d’un adultère. En Italie, les Marses, ajoute-t-il gravement, ont reçu de la nature le même privilége, et le doivent, dit-on , ainsi que leur origine, au fils de Circé. — Zoologie de Pline, traduct. Ajasson de Grandsagne, liv. VII, p. 13.
Les Ophiogènes , les Psylles et autres jongleurs de cette espèce, dit George Cuvier, existent encore dans tous les pays où il y a des serpents venimeux. Quelques-uns de ces hommes rendent de vrais services en suçant les plaies faites par ces reptiles; d’autres promettent plus qu’ils ne peuvent tenir; fous, pour en faire accroire au peuple, ont coutume de porter avec eux des serpents auxquels ils ont arraché les dents, et disent que €’esl par un pouvoir occulte qu'ils n’ont rien à craindre. En Égypte surtout ils ont conservé toutes les pratiques mentionnées par les anciens, par exemple celle de cracher dans la bouche des serpents; ils savent particulièrement rendre le serpent immobile, en comprimant sa nuque. Ils lui donnent ainsi une sorte de paralysie; ils le changent en bâton ; lui rendant ensuite ses mouvements, ils changent le bâton en serpent, conne cela est dit dans la Genèse des magiciens
NOTES SUR CELSE
dé Pharaon. (G. Cuvier, Notes sur La Zoologie de Pline, liv. VII, p. 166.)
(8) P.153. Mordu par un cérasle, un dipsas, un hæmorrhois.
1° Le céraste ou vipère cornue (coluber cerastes L.), dont les anciens ont souvent parlé, se reconnaît à la petite corne placée sur chaque sourcil. On la trouve dans les sables brûlants de PÉgypte et de la Syrie.
2° Le dipsas (coluber dipsas L.), sorte de vipère dont la morsure passait pour causer une soif mortelle, Sÿx , soif.
Le dipsas est rangé parmi les serpents yenimeux , SaDS erochets mobiles , et se distingue à peine des couleuvres. Comme les serpents non venimeux, les dipsas et les cerbères qui se trouvent en Amérique et en Afrique ont la bouche garnie en dessus de quatre rangées de dents, sans qu’on leur voie, à la place qu'occupent d'ordinaire les crochets, rien de nature à indiquer l'existence d’un appareil venimeux. Chez eux, en effet, le canal excréteur de la glande du venin vient aboulir à une des dernières dents maxillaires, un peu plus grosse que les autres et creusée d'un simple sillon. (Milne Edwards, p. 673.)
30 L'hæmorrhois (coluber Redi?). C’est peut-être encore une espèce de vipère. « Les anciens, dit M. Rayer (t. I, p. 529), parlent d’hémorragies universelles, nonseulement par toutes les grandes ouvertures du corps, mais encore par tous les pores de la peau, et qu'ils attribuaient à la morsure du serpent Aæmorrhois. »
Lucain fait même une peinture effrayante de ces accidents (Pharsal., lib. IX, v. 810); ruais plusieurs naturalistes doutent de l'existence de lhæmorrhoïs.
(9) P. 153. Contre La morsure du chersydre. Dans la deuxième édition, Targa remplace, on nesait trop pourquoi, chersydri par chelydri, et cite à l'appui Lucain (lib. IX, Phars.), qui distingue, en effet, l’un de l’autre ; mais de quel animal entend-il parler ? est-ce le coluber lutrix, vel chersea L.? et, par conséquent, un reptile très-voisin des premiers? Pline parle du chersydre comme d’un serpent amphibie.
Quant à l’aspic dont il est question même page (sect. 4), son venin est très-actif ; et Galien rapporte qu’à Alexandrie onse servait de la morsure de ce serpent pour abréger le supplice des criminels condamnés à mort. C’est incontestablement l'aspic de Cléopâtre. Les anciens Égyptiens l'avaient pris pour l'emblème de la divinité protectrice du monde, et l'ont sculpté sur leurs monuments, des deux côtés d’un globe. L’habitude qu’il a de se redresser quand on en approche, leur avait fait croire qu’il gardait les champs où il se trouvait. (Milne Edwards, p. 674.)
(10) P. 153. Si la piqüre a élé faite par un phalangien. On nomme phalangium , dit Pline (lib. XF, p. 59) une araignée venimeuse, dont le corps est bigarré, court, effilé, et qui marche en sautant.
Dalechamps avait cru reconnaître dans le phalangium h Zycore ou araignée-loup, si célèbre sous le nom de tarentule par les fables dont on a chargé son histoire ; mais des commentateurs plus récents ont prouvé, par le témoignage même de Pline, que cela ne pouvait être, puisqu’il dit que le phalangium est inconnu à l'Italie. Qui ne gait, au contraire, que l’araignée nommée farentule n'a reçu ce nom que parce qu’elle est commune aux environs de Tarente? (Voy. Dict. des. Sc. méd., t. LIV.)
(11) P. 156. Le mauvais élat du foie et de la rate. [et in jecore autem , hoc nascitur. ] Targa suspecte à bon droit ce membre de phrase, par la raison que Celse, qui traite ex professo des maladies du foie et de la rate (lib. H, cap. vur et 1x), ne dit nullement que l'affection cancéreuse, assurément la plus grave de toutes, prenne naissance dans ces viscères. Quelque commentateur à cru, selon lui, pouvoir ajouter ces mots au texte, sur l'autorité
de Galien, qui pensait que le cancer provenait de l’atrabile, et par conséquent du foie et de la rate. C’est aussi dans ce sens que j'ai traduit, et comme s’il y avait ex jecore, aut splene, leçon adoptée par Van der Linden. Il faut pourtant noter avec Targa que le mot splen ne se trouve pas dans Celse, mais bien celui de Lien, qu’il emploie constamment. (Voy. Targa, 2° éd., p. 174).
(12) P. 156. Et prend l’aspect du thymion. C’est-àdire, l'aspect d’une espèce de verrue végétante appelée thymion, dont il sera question à la sect. 14 de ce même chapitre.
(13) P. 157. Que les Grecs appellent Brpiwux. Hippocrate fait mention d’herpès rongeants (Éprntes écftopevot } et d’ulcères rongeants ( Gnpiæ). Celse les a rapprochés et réunis dans sa description du {hérioma, où l’on trouve indiqués les principaux caractères du lupus. Voy- Rayer, Malad. de la peau, 2° éd., p. 214.
(14) P. 157. Le feu sacré. Celse en décrit deux espèces, et l’herpes zoster où zona est évidemment indiqué dans la première. D’après Batemann, l’ignis sacer de la seconde espèce pourrait se rapporter à l’herpès circinnatus ; mais, comme le fait observer M. Rayer, le passage de Celse west pas susceptible d’une interprétation rigoureuse, et peutêtre y retrouverait-on plutôt une variété de psoriasis palmaire (dartre squammeuse centrifuge, Alibert).
On traduit encore tous les jours ignis sacer par érysipèle ; et il faut dire que, par le même défaut de précision, le zona lui-même a été regardé et décrit comme une espèce d’érysipèle.
(15) P. 158. Lemplätre d'Hiéra. 1 wy à pas d’emplâtre de ce nom parmi ceux que Celse a décrits, chap. x1x de ce livre. On trouve seulement (chap. xx, même livre), la composition d'Héra, qui n’est qu’une préparation sèche et sans excipient. Aussi, d’après Constantin, il faudrait lire emplastrum Hecatæi. Voy. chap. xix, sect. 16.
(16) P. 160. Les remèdes indiqués plus haut. C’est-àdire, ceux qui sont indiqués sect. 16 et 19, chap. xvr de ce livre, contre Loute espèce de grosseur ou de tubercules.
(17) Même page. On donne le nom de phyma. Chez les Grecs, güux est pour ainsi dire le nom général des tumeurs. Dans Celse, il sert à caractériser une tumeur qui diffère du füroncle et du panis. Selon M. Rayer, la description du œÿu« se rapporte beaucoup mieux à l'anthrax furonculeux que celle qu’il donne du charbon. (Voy. chap. xxVIL, p. 155.) Il pense même que c’est la pustule maligne qui se trouve décrite sous le nom de charbon; et cette opinion est également consignée dans le Nouveau Dict. de médecine.
« Dépourvus de notions précises sur la contagion des maladies, dit M. Rochoux (art. Pust. maligne), les anciens ont dù nécessairement confondre le charbon inoculé, ou la pustule maligne, avec le charbon spontané ou symptomatique : c’est du moins ce qui est arrivé à Celse. La courte description qu’il donne du charbon, le traitement qu'il conseille, conviennent bien plus à la pustule maligne qu’au charbon lui-même. »
Relativement au charbon, je ne nierai point la confusion dont on parle. Mais quant au çôpx, pour y retrouver l'anthrax furonculeux, il faut, ce me semble, en appeler à son imagination ; car les traits les plus essentiels manquent au rapprochement. Celse dit que le phyma est plus gros que le furoncle, mais qu’il offre moins de douleur et d’inflammation ; ce qui n’est certespas vrai de l’anthrax : on n’y trouve pas non plus de bourbillon comme dans le furoncle, et ce mal, ajoute-t-il, est plus fréquent dans l'enfance, et plus facile à quérir; plus rare chez les jeunes gens, il est aussi plus opiniätre; à un dge plus avancé, on ne l'observe jamais.
Sinousouvrons maintenant le Dictionnaire de médecine à l'article Anthrax furonculeux, nous y voyons précisément le contraire, c’est-à-dire que Les enfants et Les femmes jeunes sont plus rarement affectés de cette maladie que les adultes et les vieillards. (Nouv. Dict. de médec., t. III.) En tenant compte de tous ces caractères négatifs, il me paraîtrait, je l'avoue, plus naturel d’essayer un rapprochement entre lephyma et les abcès froids, si communs dans l’enfance.
(18) P. 160. La tumeur appelée o6yeb)ov, en latin panus ou plutôt panis. Voici ce qu’en dit le Lexicon de Blancard : Est species bubonis, sub axillis, faucibus , auribus et inguinibus, in partibus scilicet glandulosis. Sumitur etiam pro phygethlo, et est furunculus erysipelaceus, diffusus, cutaneas glandulas obsidens, difficile suppurans, calore deurente et mordaci stipatus.
(19) P. 161. Et l’on y mêle avec succès. Pour remplir la lacune qui existe à cet endroit, Van der Linden introduit dans le texte cette note marginale, qu’on trouve dans l'édition de Constantin : Ex aqua cocta, cui et olerum aliquid recte miscetur. Mais pourquoi, dit Targa, ne pas indiquer plutôt le ‘suif, la graisse ou la résine, qui tous excitent la suppuration, comme on le voit chap. nr de ce livre V.
(20) P. 164. I est un autre ulcère appelé xrpiov en grec, et en latin favus. Ces deux mots exprimaient également la cellule, le rayon, le gâteau où les abeilles déposent leur miel, et, d’après une certaine analogie de forme qui nous frappe encore aujourd’hui, ils servirent à désigner les pustules qui caractérisent l’une des deux formes du porrigo.
(21) P. 164-165. Les Grecs appellent ärpoyopèv.
Les descriptions des verrues laissées par les anciens ne sont pas exemptes d’obseurité. L’acrochordon parait correspondre aux verrues pédiculées, les myrmecia aux verrues sessiles vulgaires, et les {ymi aux verrues végétantes. Rayer, t. IT, p. 638.
(22) P. 166. Zpinyctis. Il vaux mieux, je crois, ranger simplement cette éruption au nombre des maladies disparues, ainsi que l'a fait M. Rayer (t. IT, p. 911), que de tenter une assimilation impossible entre la forme pustuleuse, que Celse a soin de signaler comme la plus grave,
et Vurticaire, qu’il a d’abord distinguée lui-même, puisqu'il |
dit un peu plus haut que quelquefois toute la surface du corps, et d’autres fois une partie seulement, est couverte d’élevures analogues à celles qui résultent de la piqûre des orties ; et il ajoute : « On les nomme en grec exanthèmes, et tantôt elles sont rouges, tantôt elles conservent la couleur de la peau. »
(23) P. 166. La gale. M. Rayer, qui a fait avec beaucoup de soin l'histoire des travaux dont chaque maladie cutanée avait été objet, n'admet pas que le mot Yoox, synonyme du mot scabies des Latins, puisse être en même lemps synonyme du mot gale, attendu qu'il désigne diverses affections squameuses de la peau, et non pas celle qui nous occupe : il nie donc que les Grecs aient parlé de cette dernière ; et quant au passage de Celse, il le rapporte au lichen confluent et excorié, notamment parce qu'il n’y est pas parlé de contagion. Enfin, M. Rayer assigne à la gale le quatorzième siècle pour première date de son apparition dans la pathologie; el c’est dans Guy de Chauliac qu’il la voit signalée pour la première fois d’une manière non équivoque; car cet auteur décrit la scabie, et dit la scabie contagieuse.
M. Dezeimeris, dont nous venons de citer les paroles, affirme, au contraire, et prouve, selon nous, d’une manière évidente, que l’histoire de la gale remonte bien au delà de Guy de Chauliac; que cette affection fut connne des Arabes, qu’elle fut connue des Romains, qu’elle fut connue des
NOTES SUR CELSE
Grecs, et que non-seulement elle ne leur échappa point, mais même qu’ils n’ignorèrent ni son caractère contagieux , ni l'efficacité particulière du soufre dans son traitement. (Nouv. Dic. de méd., GALe, Histoire et Bibliograph.)
(24) P.167. Quej'airecommandées pour les animaux. C'est-à-dire, dans le Traité de l'Agriculture, qui n’est pas venu jusqu'à nous. Il n’est pas sans intérêt toutefois d’avoir sur l'existence de cet ouvrage le témoignage personnel de l’auteur. Ce passage nous donne aussi la preuve que les anciens n’ignoraient pas que la scgbies existe chez les animaux aussi bien que chez l’homme, et s’y guérit par le même remède. C'est encore un argument en faveur de l'ancienneté de la gale ; et M. Dezeimeris n’a pas oublié de s’en servir.
(25) P. 167. Quatre espèces d’impéligo. Chez les Latins le mot impétigo servait à désigner presque toutes les maladies de la peau, l’eczéma comme le psoriasis. (Com- | pend. de méd. prat., t. V, p. 160.)
D'après M. Rayer, il est, en effet, très-difficile d’assigner des noms à ces diverses espèces. Celse a compris sous le nom d’impéligo, non-seulement l'éruption pustuleuse que nous appelons ainsi, mais encore deux affections squa- ! meuses (lèpre, psoriasis, 2° espèce).
Videtur impetiginem vocare Celsus, quam Græci )émoav appellant. (Targa, lib. V, 28, 17, note 4.) |
(26) P. 168. A2g6c. La tache blanche, décrite sous cel nom, à été rapportée par M. Rayer au psoriasis gu/latu.
Je joins à cette note quelques mots sur les papules ou 4 dartres dontil est question, même page, sect. 18. En éludiant avec soin ce passage, on peut y retrouver les caractères de divers lichens, entre autres du lichen circonserit M (in orbem procedit) et du lichen agrius, altera est quam &yeiuv, id est feram, Græci appellant.