‹ Celse, Vitruve, Censorin (œuvres complètes), FrontinChapitre 69 sur 265 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

(1) P. 169. Ze porrigo. Les anciens caractérisaient le genre porrigo par des ulcères qui pénétraient le cuir che-4 velu, et le détruisaient ; d’autres le regardaient comme constitué par des affections crustacées : les modernes sont arrivés à observer que le plus souvent ces ulcères étaient précédés de pustules. (Casenave et Schedel, Malad. de lai peau, p. 253; Paris, 1833).

(2) Même page. Eüxwotz. Celse, Aétius et Paul d'Égine on! indiqué deux variélés de sycosis, dont une correspond évidemment à l’éruption que nous connaissons sous le même nom. Pline a fait une peinture vive et animée de cette maladie, qu’il nomme mentagra. (Rayer, p.661.)

Le sycosis, signalé par Celse et par Paul d’Égine, cor- M respond au moins comme synonyme au lichen des Grecs, | à la mentagra de Pline : c’est la même chose que la dar-M tre pustuleuse mentagre, que le varus mentagra d’A- | libert. (Nouv. Dict. de médec., t. XXIX, p. 84.)

(3) P. 170. Area. Ce mot désigne en général une’surface, N une étendue, une aire, et spécialement un espace de terrain absolument vide, infertile, sur lequel rien ne croît. C’est probablement en raison de cette analogie que Celse 4 a compris sous le nom d’area l’alopécie et l'ophiase, caractérisées l’une et l’autre par la chute des poils; en sorte # que la surface dépilée offre l’aspect d’un sol aride, et in- #4 capable de produire. (Dict. des Sc. méd.)

(4) P. 178. Qu'Evelpide appelait yep@va. J'ai suivi M le texte de la 2° édit. Targa, qui remplace phynona par 4 4=p@ve. Phynona ne donne aucun sens, etle mot grec rappelle au moins le centaure Chiron, à qui la Fable attribue tant 4 de connaissances en médecine.

D’après la même autorité, j'ai séparé le mot lenitum en 4

NOTES SUR CELSE

deux. La 1"*édit. porte sed ante lenitum hoc inungendum est; et la 2°, sed ante Zeni, tum hoc inungendum; ce qui veut dire qu'avant d'employer ce collyre d’Évelpide, composé de substances excitantes, on doit faire usage d’un autre collyre adoucissant.

(5) P.179. Xérophthalmie. Voici, relativement à l’ophthalmie sèche des anciens, l'opinion de M. le docteur Sichel, telle qu’elle résulte d’une note communiquée par lui à M. Littré (Hippocr.,t. IV, p. 418).

Suivant ce médecin, on doit voir dans la xérophthalmie cette conjonctivite palpébro-oculaire si fréquente , désignée sous le nom d’ophthalmie catarrhale. Une sensation de roideur et de sécheresse accompagne cette ophthalmie, surtout à son premier degré, où il n’y a presque pas de sécrétion. Cette sensation devient plus forte pendant les exaspérations qui ont lieu vers le soir. (Voy. Sichel, Traité de l'ophthalmie, p. 197 et suiv.) L’ophthalmie Aumide, au contraire, lui paraît présenter les symptômes de la sclérotite ou sclérite, qui, le plus souvent, est de nature rhumatismale. (Sichel, ouvr. cité, p. 54-254 et suiv.)

L'auteur latin semble avoir compris sous le même nom deux variétés d’une même affection :

Ex descriptione Enposhautes et cxnpopahuixs, que est apud Aetium, apparet Celsum utrumque vitium conjunxisse (Targa, p. 34, note 12, 1"° éd.)

(6) P. 183. Sirigile. On appelait ainsi un instrument de fer, de cuivre, d’argent, d'ivoire ou de corne, qui, chez les anciens, servait, au bain comme au gymnase, à enlever de la surface du corps la ponssière ou les matières grasses. Notre verbe étriller, dérivé de sfrigilis, indique assez le mode d’action du strigile, dont nous donnons ici deux figures : l'une, n° 1, est tirée de Mercurialis, et l’autre, n° 2, a été dessinée d’après un strigile grec qui se trouve à la Bibliothèque royale :

7) P. 189. Pastinaca, rovywv. Raïe dite venimeuse. Les pastenagues ont la tête enveloppée par les nageoires pectorales comme les raïes ordinaires , et ont la forme d’un disque en général très-obtus ; mais elles se distinguent de ce dernier genre par leur queue, armée d’un aiguillon dentelé en scie des deux côtés. (Milne Edwards, Z 0010g., p- 760.)

(8) P.197. Le testicule éprouve une perte de subs- * tance. Je me suis conformé au texte de la 1° édit. ; mais, dans la 2°, Targa remplace aliquid desit par aliquid hæsil, ce qui donnerait un tout autre sens. Morgagni S’abstient de prononcer sur la difficulté ; et en effet, livres et manuscrits présentent-à ce sujet des variantes sans nombre.

(9) Même page. Le condylome. « Celse , en traitant des maladies des parties génitales, parle d’abord de l’inflammation simple du prépuce et du gland, du phymosis et du paraphymosis ordinaires, desulcérations simples qui succè-

dent à ces affeclions, et qui cèdent facilement aux topiques usuels; puis des petits tubercules (péuatx, peut-être des verrues), qui viennent à la base du gland et qu'il faut brûler avec des médicaments ou avec le fer rouge; enfin du cancer de la verge. Il s'occupe ensuite de l'inflammation spontanée ou traumatique du testicule, des rhagades ou fissures de l’anus, des tubercules inflammatoires ou condylomes de la même région , auxquels on oppose des topiques émollients ou résolutifs, cathérétiques même au besoin ; enfin des hémorroïdes.….. Or, dans tout cela on ne trouve rien qui puisse faire soupçonner l'existence du virus syphilitique, mais bien des maladies locales, et dues aussi le plus souvent à des causes locales non virulentes.]l est donc naturel de conclure, avec Astruc et de la Mettrie, que tous ces maux prétendus vénériens dont les anciens ont fait mention étaient desaffections non syphilitiques , affections qui se présentent encore tous les jours à notre observation, qui peuvent, il est vrai, donner lieu parfois à des erreurs de diagnostic, mais qui, aujourd'hui comme autrefois, cèdent toujours à des remèdes vulgaires , ordinairement inefficaces dans le traitement de la syphilis proprement dite. » (Gibert, Manuel des malad. vénér., introduct., p. 12:13; Paris , 1836.

J’ai cité volontiers ce passage, parce qu'il m’a paru résumer nettement l'opinion de ceux qui prétendent que la syphilis n'existait pas avant le quinzième siècle ; et j'avoue même que j'inclinais fortement vers cette opinion, lorsque de nouveaux doutes sont venus suspendre mon jugement.

En effet, je dois à l’aruitié de M. Littré la communication de manuscrits du treizième siècle, où toutes les affections des parties génitales signalées par les anciens, et même les accidents que nous regardons comme secondaires, sont formellement rapportés au coït impur. Et cela deux siècles avant l’époque qu'on veut assigner à l'invasion de la maladie vénérienne.

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