LIVRE VIII
(1) P. 248. Au-dessous des muscles qui maintiennent les tempes, qui tempora connectunt. Van der Linden croit, avec quelque raison, qu'il faut lire confegqunt. Morgagni remplace connectunt par continent, d’après un passage semblable qui se trouve dans le €. 1v du même livre : inter musculos qui lempora continent. Targa a suivi cette leçon dans sa 2° éd.
Ces changements, au surplus, n’ajoutent rien à la clarté du texte; et ce n’est pas sans aider à la lettre qu’on arrive à retrouver le sphénoide dans l'os du milieu.
La même observation, il est vrai, s'applique d’une manière générale à toute l’anatomie de l’auteur latin; et souvent, malgré le secours des notions modernes, la lumière fait défaut.
(2) Ibid. Pour fournir au-dessus d'elle. Ce passage a beaucoup occupé les commentateurs. Ce n’est pourtant qu’une erreur de plus en anatomie, erreur manifestement tirée d’'Hippocrate ( Voy. Traité des articulations, éd. Littré, L IV, p. 141). 11 est certain que, chez l'homme, l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur ne dépasse
pas l’arcade zygomatique; mais cette disposition existe réellement chez les singes, qui servaient presque exclusivement aux dissections des anciens. ( Voy. à ce sujet la 7° lettre de Morgagni à Targa, 1'€ et 2° éd. )
(3) P. 249. Excepté les trois premières. Exceptis tribus summis. Ces trois mots, d’après Morgagni, n'appartiennent pas à Celse, ou du moins il a dû les disposer autrement; car, dit-il, si les trois premières vertèbres n’offrent pas de dépressions à la partie supérieure, et si elles n’ont pas d’apophyses articulaires en bas, comment peut-il dire, à la phrase qui suit, que la première vertèbre a des dépressions pour recevoir les apophyses de la tête; et comment ajoute-t-il un peu plus loin que la troisième vertèbre est pourvue d’éminences qui viennent se placer dans la vertèbre au-dessous? Jamque vertebra tertia, tuberceula, queæ inferiori inserantur, exigit.
(4) Ibid. De se porter en haut et en bas. Quod fit, ut caput sursum deorsum versum tuberibus exasperetur. Morgagni suspecte les deux derniers mots; et, d’après lui, j'ai traduit comme si la phrase était ainsi construite : quo fit, ut caput sursum deorsum verlatur, aut verti possit.
{5) Ibid. S’articule ensuite avec la seconde. Tertia eodem modo secundam excipit. Il est encore impossible de concilier ce passage avec l’anatomie, puisque évidemment la troisième vertèbre ne s'articule pas avec la seconde (aæxis) de la même manière, eodem modo, que celle-ci s'articule avec la première (atlas ). Morgagni croit done le texte altéré. Targa pense de même, et conjecture seulement que le mot excipit n’a peut-être pas ici la signification de recipit, mais se trouve là, comme ailleurs, pour sequilur.
(6) P.253. Arrivée au même degré. | Atque idem quoque in carie, ad alleram partem ossis penetrante, fieri potest.] Selon Morgagni, cette phrase ne fait que répéter ce qui vient d’être dit sur la noirceur, et devrait, par conséquent, être supprimée. Constantin veut, au contraire, qu'on la maintienne, et fait porter seulement la suppression sur ces quatre mots [ esf auf si caries], qui sont contenus dans la phrase précédente. C’est la leçon que j'ai suivie, parce qu’en effet Celse traite séparément de la noirceur et de la carie; il donne les caractères des deux affections, et ne les confond pas. (Voyez un peu plus haut : Ubi caries, nigriliesve in summo osse est).
(7) P. 259. Les plaisirs de Vénus. Targa, dans sa 2° éd., corrige venus par venus, suivant la leçon qu’il proposait déjà dans la première , et qui offre, en effet, un sens plus naturel, puisque c’est surtout dans les fractures du crâne que les plaisirs vénériens sont à craindre.
(8) P.266. Entreles cuisses du malade. Tout ce passage a tellement souffert depuis le commencement de la phrase : deinde ab occipitio.…. jusqu’à la fin : leniter humerus extendatur, qu'iln’y a pas un mot, pour ainsi dire, qui n’ait été l’objet de plusieurs variantes. Il y a même cette circonstance aggravante, que chaque variante donne un sens différent. Pour n’en citer qu'un exemple, au lieu de baculum, Morgagni trouve brachium dans un manuscrit ; et cette leçon lui paraît d'autant plus importante, qu’elle existe également dans la Chirurgie de Vésale, lib. If, cap. Vi, où ce passage de Celse est reproduit.
C’est donc entre un béton et l'avant-bras que les commentateurs ont à choisir. Quant à moi, je m'explique mal, je l'avoue, comment un bâton placé entre les cuisses du malade, et Lenu d’une seule main par un aïde, pourrait faciliter l’extension du bras fracturé.
(9) Ibid. Za position qu'il doit garder. Autre altération du texte. Il est évident, dit Targa, qu’il manque quelque chose après les mots sic inclinanduwm est; car le
texte doit indiquer la position du membre, et donner les
raisons de cette position. La lacune est indiquée par trois astérisques dans la 2° édit.
(10) P. 268. Au traitement des blessures. J'aurais pu, sur l'autorité de Targa, me dispenser de traduire les mots [cetera eadem}, qui, selon toute apparence, ont été transposés par inadvertance de copiste. On les retrouve, en effet, un peu plus loin, à la place qu'ils doivent avoir.
(11) Ibid. Envañir par la gangrène. J'ai suivi pour ce passage le texte de la 2e édit. On lit dans la première : Deligandaque fasciis sunt aliquanto quam vulnus, latioribus ; laxius scilicet, quam siea plaganon esset. Aulieu de latioribus, Targa rétablit Zaxioribus, et retranche les mots quam vulnus et laxius scilicet, qui lui paraissent avoir été ajoutés au texte par suite d’une fausse interprétalion. Ces suppressions rendent, en effet, le sens plus clair et plus précis ; et la recommandation de ne pas trop serrer les bandes reçoit aussitôt son explication. Déjà Pauteur, liv. v, cap. xxvi, sect. 24, à l'occasion du pansement des blessures, a dit formellement que ce qui est trop serré est exposé à la gangrène; il avertit maintenant que ce danger est encore plus à craindre, quand la fracture est compliquée de plaie.
(12) Ibid. De les produire soi-même ou de les agrandir. Cette partie du texte est tellement altérée dans tous les manuscrits consultés par Targa, qu’il est impossible de saisir la pensée de l’auteur. Le désordre est, pour ainsi dire, égal dans les: éditions imprimées. Au milieu de tant de variantes, la nécessité d'avoir un sens plausible m'a fait adopter celle de Constantin, et j'ai traduit comme S'il y avait : Cum tam misera antea conditio vulneris sit, tamen id interdum majus latiusque facies. Voy. Targa, p. 518, note 55, 1° édit.
(13) P. 270. Se sépare de l’acromion : Ab humero re-
NOTES SUR CELSE
cedit. Constantin pense qu'il s’agit ici de l’acromion. Of ne peut guère douter, en effet, que Celse n’ait eu en vue un passage du Traité des articulations, $ 13, où Hippocrate parle de l'arrachement de l’acromion. Qu’entend-il par là? Ambroise Paré veut que cela s'applique à la luxation de l'extrémité acromiale de la clavicule. C’est aussi lopinion de Morgagni, qui propose de remplacer humero par jugulo; car, dit-il, la clavicule s’articule avec l'acromion comme le tibia avec le péroné, ou, si vous l’aimez mieux, comme le radius avec le cubitus ; et il n’en est pas ainsi de lhumérus et de l'omoplate.
« Les signes que donne Hippocrate, dit M. Littré, sont que l'os arraché fait saillie, que le moignon de l'épaule est bas et creux, et que cette luxation simule une luxation de lhumérus. Ces signes sont ceux de la luxation acromiale de la clavicule. »
C'est le cas de rappeler aussi que, dans l'antiquité, quelques anatorcistes faisaient de l’acromion un petit os distinct de l’omoplate, M. Littré cile à ce sujet Eudème, qui parait avoir été contemporain d’Hérophile, Rufus, Galien et Paul d'Égine, Non-seulement ce dernier admet cepelitos, maisencore, après avoir décrit la luxation aceromiale de la clavicule, il décrit, à part, la luxation de cet acromion. (Voy. Œuvr. compl. d'Hippoc., trad. Littré, t. LV, p. 13).
(14) Ibid. Dans les fractures des os mobiles : Inossibus mobilibus læsis; ces mots étaient suivis de ceux-ci : aliquid ubi incidit, protinus is locus..., qui appartiennent précisément à la phrase précédente. En les conservant, le sens devenait absolument inintelligible.
Targa les a de même retranchiés dans la 2e édit.
(15) P. 272. Car ce que dit Hippocrale. Au procédé de réduction par le lalon, Hippocrate en joïgnait un autre, dont la figure suivante donnera facilement l'idée.
A. Madrier sur leqnel se pratiquent l'extension et la cuntre-extension.
BB. Bois en forme de pilon, avec lesquels on pratique l'extension et la contre-extension.
C. Liens passés autour de la poitrine et sous les aisselles, et attachés au pilon.
D. Liens passés au-dessus des genoux et des talons, et attachés au pilon.
E. Liens passés autour des lombes , et attachés au pilon.
F. Entaille pratiquée dans la muraille, un peu au-dessous
du niveau de l’échine; un des bouts de Ja planche y est engagé,
G. Planche avec laquelle on exerce la compression sur le lieu de la luxation. (Hipp., L IV, p. 203, édit. Littré.)
(16) P. 273. Pousse l'avant-bras contre la poitrine. Le texte a prodigieusement souffert en cet endroit de Pignorance des copistes, et l’on ne pourrait en tirer aucun sens plausible, sans les corrections faites par Targa dans sa 2e édit. ; corrections que j’ai dû suivre, parce que le texte ainsi restitué offrait un procédé de réduction facile à comprendre, et beaucoup moins éloigné de celui d'Hippocrate, (Voy. Traité des articul., t. IV, 2, p.83, édit, Littré. Voyez aussi Targa, p. 527, nole 16 et 17, tre édit.; et p. 472, nole 4, 2° éd.)
NOTES SUR CELSE
(17) P. 273. Dans sa cavité naturelle. Cette figure fera comprendre la réduction par l'échelle ou par l’ambe.
A est la pièce de bois garnie d’un rebord saillant a une de ses extrémités, et destinée à être mise sous le bras luxé. Voy. la description faite par Celse, p. 273, entre la note 16 et 17. (Hipp., t. IV, p. 91, édit. Littré.)
(18) P. 276. La rupture des ligaments et des muscles. Cette planche représente le banc d'Hippocrate, ainsi que les moyens employés chez les anciens pour pratiquer l'extension et la contre-extension ; moyens tellement puissants, qu’en donnant aux deux treuils un mouvement de
rotation exagéré, on peut, comme le dit Celse, arriver à produire la rupture des ligaments et des muscles.
A. Planchette suffisamment longue, mise sous le membre luxé.
B. Traverse de bois placée entre les supports.