CC. Supports
D. Membre luxé étendu sur la planchette, et passé pare dessus la traverse.
LE. Extension et contre-extension.
(Hipp., t. IV, p.'301 , édit. Littré).
Ces trois dernières planches, empruntées à la chirurgie d’Hippocrate, existaient déjà dans Vidus Vidius et dans l'Armamentarium chirurgicum de Scultet ; mais, par les heureuses corrections qu’il leur a fait subir, M. Littré les a rendues beaucoup plus exactes, et par suite beaucoup plus faciles à comprendre. Mon choix ne pouvait donc être douteux; et c’est à l’obligeance de son éditeur, M. J. B. Baillère, que je dois d’avoir pu les reproduire ici.
Explication des signes abréviatifs employés pour indiquer les doses des médicaments.
LeP, qui n’est précédé ou suivi d’aucune marque, désigne une livre. Quand une marque le précède ou le suit, il signifie simplement pondo; ce qui veut dire de poids on pesant. Le signe X indique le denier d'argent ou le drachme ; et comme il est souvent représenté sur les monnaies ou dans les manuscrits par une figure qui ressemble un peu à l’astérisque de la typographie, plusieurs éditeurs, pour simplifier, ont remplacé le X par cette astérisque. Le trail unique — désigne une once; les deux traits —, deux onces, et les deux doubles traits, — = quatre onces. Quant aux figures Z, 4 et 7, il paraît certain qu’elles désignaient également deux onces, et que cette diversité de signes, pour exprimer une même quantité, est uniquement due à l’habitude ou à la fantaisie des différents copistes.
I résulte du beau travail de M. Letronn: ( Considéra-
tions générales sur l'évaluation des monnaies grecqueset romaines, in-4°; Paris, 1817, p.8,9, 126 ef passim), que la livre romaine contenait environ 6,160 grains, ou 10 onces 5 gros 40 grains, ou 327 grammes 18 ; que le denier d’argent ou drachme pesait 73,°*?7 grains; et le scrupule 21,7 grains. Il est assez remarquable que notre gros médicinal ou drachme, ainsi que notre scrupule, soient encore aujourd’hui, à peu de chose près, du même poids qu’au siècle d’Auguste. On trouve aussi mentionnées dans Celse quelques mesures de capacité, qui sont l’hémine , l’acétabule, le sextarius ou setier, et le cyathus ou la verrée. La première contenait 60 drachmes , et la seconde en contenait 15. Le sextarius équivalait à deux hémines, et le cyathus à deux onces. ( Voy. Celse, édit. Delalain, 1S21, préface, vi, vin et 1x.
CELSE
VITRUVE
GRLSDLIICOOU0G009G0800000000G00800200000050996000000082820823
VirRUVE (Marcus Vitruvius Pollio). Les auteurs qui ont écrit sa vie n’ont pu le faire qu’en rassemblant quelques notions éparses dans ses écrits. On ne trouve aucune mention de lui chez les anciens écrivains , si ce n’est dans Pline, qui le cite parmi les auteurs dont il s’est servi ; et dans Frontin, qui le nomme commeétant réputé l’auteur du module quinaire dans les aqueducs. On ne saurait non plus rien affirmer sur le lieu de sa naissance. Quoiqu'il ait été employé dans les bâtiments de l'empire, et qu'on ne puisse douter qu'il ait écrit son Traité d’architecture à Rome, on ne trouve dans tout le contenu de ce livre aucun indice qu'il ait été Romain. Le marquis de Maffci, plein de zèle pour Vérone, sa patrie, s’est efforcé d’en faire aussi celle de Vitruve. Mais l’arc antique sur lequel on voit écrit, dans cette ville, le nom d’un Jitruvius Cerdo, prouve bien, si l’on veut, qu'un architecte de ce nom fut chargé, à Vérone, de le construire, mais non pas que cet architecte y soit né. Quant à l’analogie forcée entre le surnom de Cerdo et celui de Pellio, changé tout exprès contre celui de Pollio, le tout a été suffisamment réfuté par Philander et Barbaro. De ce que, dans un passage, Vitruve a cité avec les villes d'Athènes , d'Alexandrie et de Rome, la ville de Plaisance, quelques-uns ont voulu inférer que cette dernière lui aurait donné le jour ; mais la supposition est tout à fait gratuite. On pourrait tout au plus admettre qu’il y serait allé construire des horloges , à l’occasion desquelles il fait mention de Plaisance, ville de guerre, où il aurait encore pu être employé aux fortifications. L'opinion la plus probable sur le lieu de sa naissance est en faveur de Formies ,i ville de la Campanie, aujourd’hui #o/a di Gaeta. C’est ce qu'a reconnu le marquis Poleni, et c’est ce que rendent très-vraisemblable les nombreuses inscriptions antiques découvertes à diverses époques dans les ruines de Formies , où il est question de la famille J’itruvia ; toutes inscriptions sépulerales qui désignent divers personnages de cette famille , morts dans le pays, et qui ne peuvent être applicables à des édifices construits par quelqu’un de ce nom. Quant à l’âge où vécut l'architecte Vitruve, il ne peut y avoir aucun doute que ce fut sous le règne d’Auguste, et au commencement de ce règne ; et l’on ne saurait adopter l'opinion de ceux qui lui ont donné pour époque le règne de Titus (1).
(a) Autre preuve : Vitruve dit dans sa préfaee qu'il a été recommandé à Auguste par sa sœur; or, Titus n'avait pas de sœur; car Suétone dit expressément (in Fesp., c. 3) que Vespasien survécut à sa fille unique. Cette question, au reste, a été parfaitement éclaircie et résolue dans le sens de cet artiele par M. le marquis Galiani et par M. Hirt, professeur à Berlin, dans un savant mémoire sur le Panthcon. (Note de M. Ourozoir.)
YITRUVE.
IL suffit de remarquer que dans son ouvrage il ne fait aucune mention des grands et magnifiques monuments dont Rome ne fut embellie que depuis Auguste. Ainsi, il ne parle que d’un seul théâtre en pierre ; d’où l’on est en droit de conclure qu’il vécut précisément alors que Rome n’en comptait qu’un de cette sorte, savoir, celui de Pompée (1). Or, il le désigne d’une manière très-expresse, en parlant des portiques appelés Pompeiani, qui étaient vraisemblablement placés derrière ce théâtre. Ajoutons que, dans la dédicace de son ouvrage , il fait clairement entendre qu'Auguste est l’empereur auquelil adresse ses dix livres. On a observé encore de quelle manière différente il cite soit Accius et Ennius, soit Lucrèce, Cicéron et Varron, c’est-à-dire , les deux premiers comme déjà morts depuis quelque temps , les trois autres comme ayant été connus de lui. Or, nous savons qu'Ennius naquit 239 ans avant l’ère chrérienne , Accius 171 ans, Varron 116 ans, Cicéron 107 , et Lucrèce 54. Aussi voyons-nous que les éditeurs de Vitruve, à compter des premiers qui ont mis au jour son Traité d'architecture , se sont tous unanimement accordés à l’intituler M. f'itruvii Pollionis de architectura lib. X ,ad Cæsarem Augustu. I] écrivit son ouvrage étant déjà dans un âge avancé, et il le présenta à l’empereur quelque temps après que celui-ci eut pris le surnom d’Auguste ; ce qui arriva l’an 27 avant notre ère (2); or, nous voyons, dans la description que fait Vitruve de la basilique de Fano, qu'il est déjà question d’un temple élevé à Auguste.
Vitruve ne fut certainement pas ce qu’on appelle vulgairement un homme de fortune. Il dut être né de parents aisés ; car il est évident qu’il en reçut une excellente éducation , et qu’il avait fait de trèsbonnes études. C’est cequ’il nous apprend lui-même dans la préface de son sixième livre. Nous trouvons dans celle du troisième sur sa personne d’autres renseignements, desquels on conclut qu'il était d’une petite taille , et qu'il mourut dans un âge fort avancé : Mihi staturam non tribuit natura ; faciem deformavit ætas; valetudo detraxit vires. Qu'il
(1) Cet argument est décisif : on sait qu’à Rome les deux premiers théâtres de pierre construits après celui de Pompée, ceux de Marcellus et de Balbus, ne furent achevés que l’an 741 de R., l'an 13 avant J.C. Vitruve n'aurait pas manqué d'en faire mention, sj des édifices d'une telle importance eussent été bâtis lorsqu'il écrivit son ouvrage. D-r-r. — (2) Cette date répond à l’an 327 de R. M. Hirt place douze ou treize ans plus tard la composition de l'ouvrage de Vitruve, c'est-à-dire, de l'an 338 à l'an 74r. Voicises deux motifs : r° Vitruve (iv. V, ch. 1) parle d’un temple qui fut construit en l'honneur d'Octave, sous le nom d'Auguste : or, ce prince ne prit ce nom que l'an 727; 2° le mème écrivain fait mention (1. III, €. x) d’un temple de Quirinus, construit à Rome, et qui fut du genre diptère : or, Dion Cassius dit que ce temple de Quirinus, entouré de soixante-seize colonnes, nombre requis pour former ce qu'on appelle un temple diptère , ne fut consacré qu’en 738. D-r-r.
ait réuni, comme cela se pratiquait dans l’antiquité, comme cela eut lieu de même dans les temps modernes , les connaissances propres à tous les genres de son art, surtout à l'architecture militaire et à l'architecture civile, e’est ce qu’il nous montre par ses théories ; c’est encore ce que les faits rapportés dans son ouvrage confirment (1). Ainsi nous voyons, par la description qu’il nous en a laissée, que le monument de la basilique de Fano fut son ouvrage; et, dans la préface de son livre 1°, il nous apprend que, de concert avec M. Aurelius Publius Numidius et Lucius Cornelius , il fut employé à la construction des machines de guerre. Vitruve s’est plaint, dans plus d’un endroit de son livre, qu’on avait rendu peu de justice à son mérite. Mais qui est-ce, en quelque carrière que ce soit, qui n’a-pas porté plainte plus ou moins contre les arrêts, soitde la fortune , soit de la justice de ses contemporains ? Si, par les brigues de ses rivaux, il ne fut donné à Vitruve d'élever aucun autre monument que celui de la basilique de Fano , nous voyons toutefois qu’il était parvenu à un degré d'estime et de considération qui lui valut de l’empereur une pension viagère (2), soit pour le récompenser de ses services, soit en reconnaissance de la dédicace de son ouyrage. ;
On doit reconnaître que Vitruve fut un homme fort instruit; et il faut lui faire encore un mérite de la modestie avee laquelle il avoue qu’on ne doit le considérer ni comme philosophe, ni comme rhétoricien, ni comme grammairien (liv. I, €. 1), mais se contenter de voir en lui un architecte simplement versé, pour l'usage de son art, dans ces diverses sciences : sedut archilectus his litteris imbutus. Comme écrivain, il peut être soumis à deux critiquesdifférentes, celle des mots et celle de la manière de les employer, ou, si l'bn veut, du style : quant à la première, il est juste de reconnaître qu’une multitude d’obseurités qu’on lui reproche ont dû provenir du genre même de la matière, qui comporte un grand nombre de termes techniques qu’on ne retrouve chez aucun autre auteur, et qui dès lors restent sans explication. Ajoutons que Vi-
(1) Vitruve exige dans l’architecture de nombreuses connaissances, auxquelles son ouvrage prouve qu'il n'était pas étranger. Aussi at-on dit de lui qu’il possédait l’encyclopédie, c'est-à-dire la connaissance des sept arts libéraux. Le dessin, la géometrie, l'arithmétique, l'optique, la philosophie , la musique, la médecine, la jurisprudence et l'astronomie entrent dans l'énumération des études qu'il preserit. La raison qu’il donne de l'application à son art de chacune de ces connaissances n'est pas dictée par une vaine préoccupation, et se renferme dans des limites raisonnables. A l'optique , il emprunte seulement la science des effets de lumière ; à la musique, les effets d’acoustique ; à la médecine, la connaissance des lieux sains ou insalubres; à la jurisprudence, celle des lois concernant les murs mitoyens, les égouts des toits, ete. ; enfin, l'astronomie n'entre guère dans son plan que pour la confection des cadrans solaires. Quant à l'histoire, elle doit fournir à l'architecte l'idée des ornements qu'il emploie; et, sous ce rapport, il faut convenir que l’ouvrage de Vitruve nous fournit un assez grand nombre de particularités qu’on chercherait vainement ailleurs. Enfin, il veut que la philosophie donne à l'architecte une ame grande et hardie sans arrogance, et qu’elle lui apprenne à être équitable, fidèle, et surtout exempt d'avarice. D-r-r. — (2) Cette pension viagère, ou plutôt des gratifications régulières, lui avaient été accordées par Jules César, auprès duquel, comme le dit Vitruve lui-même, ses services l'avaient mis autrefois en quelque considération. I dut à la protection d’Octavie, sœur d'Auguste, la continuation de ces gralifications sons ce prince. C'est ce qu'il dit en propres termes dans la préface de son livre 1°r. D-r-7.
truve se trouva dans la nécessité d'emprunter aux Grecs beaucoup de mots qui, par le manque d’écrivains latins sur l'architecture, ne s'étaient pas encore naturalisés à Rome, et peut-être ne le furent jamais. Pour ce qui regarde la manière d'écrire , ou le style, bien qu'on doive mettre Vitruve dans le petit nombre des écrivains latins de ce siècle qui fut appelé le siècle d’or, il se peut qu’il doive faire autorité sur tout ce qui tend à constater l’état de la langue sous Auguste ; mais on y chercherait vainement ce qui constitue l'esprit d’une langue élaborée par l'artet par le goût. Si nous en jugeons par la comparaison des écrivains modernes qui, en diverseslan- 4 gues, nous ont laissé des traités d'architecture, nous serons fondés à croire que , quelle que puisse être la supériorité de l'architecte latin dans l’ensemble etles détails de son plan, dans la justesse des observations et des préceptes, il ne faut lui demander en de telles matières, ni aueune de ces qualités qui forment l’élégance de la diction, ni d’autre talent que celui qui convient au genre purement didactique. C’est la | clarté qui en fait le mérite ;et malheureusementc’est | ce que l'on pourrait contester à Vitruve, si, après dix-huit siècles , il était permis d’élever une telle contestation. Comme c’est dans certaines particula- | rités, et par quelques détails relatifs à sa personne, | que Vitruve nous a fourni les seuls renseignements dont son histoire se compose , c’est aussi de tout ce | qu’il n’a pas dit qu'on peut tirer quelques conjectures tendantes à faire apprécier, soit la nature, soit l'étendue de ses connaissances historiques en architecture. Ainsi toutes les pages de son traité prouvent qu'il s'était procuré des notionssur les grands monuments de l'architecture grecque. Mais ces notions, | il est possible qu’il les ait dues uniquement aux dessins qui avaient cours partout , aux écrits mémes des grands architectes qui l'avaient précédé.W Effectivement nous tenons de lui la note de tous ceux qui ont fait des descriptions de monuments ou des traités sur leur art. Mais il n’y a dans ses dix livres (1) aucun passage d’où l’on puisse inférer qu’il ait vu lui-même ces monuments, ni qu’il soit sorti de l’Italie (2). Ce quile confirmerait, c’est qu’en aueun endroit, et surtout à l’article où il traite de l’ordre dorique, il ne donne à connaître qu’il ait eu en vuele mode dorique de tousles temples grecs, mode si différent de celui dont il preserit les règles, soit} pour la forme, soit pour la proportion, soit pour!
(n) Sur ces dix livres, les sept premiers sont consacrés à larchi-4 tecture proprement dite. Le rer traite de cet arten général, des qualités nécessaires à l'architecte, du choix des lieux pour bâti® | une ville, ete. : le 2°, des matériaux propres à la bâtisse, de l'ex= traction des pierres , de la coupe des bois de construction; le 3c, des temples, des quatre ordres d'architecture en général, et particuliè= rement de l’ionique ; le 4°, de l'ordre dorique, du corinthien et dx toscan : le 5°, des édifices publics; le6®, des maisons de ville et de campagne ; le 7°, des ornements et de la décoration des édifices particuliers. Le 8€ livre est consacré à l'hydraulique ; le 9€, à la gnomonique, etc. Vitruve s'y montre pour l'astronomie , qu'il appelle l'astrologie, à la hauteur des connaissances de son temps. Enfin le so livre a pour objet la mécanique, appliquée tant à Farchitecture“ qu’à l'usage des macbines-de guerre. D-r-r. — (2) Ayant servi long=# temps sous Jules César, Vitruve avait vu la Gaule, l'Espagne, et sans W doute la Grèce : mais il n’est pas probable que, sous un chef aussi # actif, il ait eu beaucoup de temps à donner à des études de mou numents. D'ailleurs ses occupations comme officier supérieur du génie devaient lui laisser bien peu de loisir. D-r-r.
les détails du chapiteau de la frise et du fronton. JL paraît que Vitruve se sera borné à présenter les règles de l'architecture d’après l’état de cet art à Romeet de son temps, d’après les modifications qu’il y avait subies , d’après les exemples qu’il avait sous les yeux, et en se conformant aux pratiques établies. Le seul ouvrage sur lequel il serait possible de prendre quelque idée de son talent propre en architecture serait la basilique de Fano, qu’il construisit, et dont il s’est plu à donner une description, si des paroles pouvaient peindre à l'esprit ce qui ne peut guère y arriver que par les yeux. Sa description toutefois nous fait concevoir, dans la composition de ce monument, quelque innovation dont on peut apprécier la valeur ou Pinconvénient. Ainsi l’on sait, et par Vitruve lui-même et par les restes de l'antiquité, que la basilique , dans son intérieur, devait se composer de trois nefs , et par conséquent de deux rangs de colonnes ; qu’au-dessus des colonnes inférieures régnait un ordre de colonnes plus petites, formant une galerie tout à l’entour. Vitruve jugea à propos de n’établir dans la sienne qu’un seul ordre de colonnes, au lieu de deux. Ces colonnes avaient cinquante pieds de hauteur; mais, pour satisfaire à la donnée indispensable des galeries supérieures , il accola à ses colonnes, dans la face qui regardait les bas-côtés, des pilastres de vingt pieds de haut, larges de deux pieds et demi, et d’un demi-pied d’épaisseur, pour, avec de semblables piliers , sans doute correspondants et adossés aux murs latéraux , supporter les planchers des galeries dont on a parlé. Vitruve fait encore remarquer qu’il a couvert son in-
. térieur en voûte; ce qui donne à entendre qu’ordinairement ces intérieurs étaient plafonnés , comme il paraît probable que la coutume était d’y établir toutes lesarchitraves en bois de charpente. Nous laisserons à juger du bon effet de ces innovations, dont l’auteur toutefois s’applaudit, et pour la beauté de aspect, et en considération encore de l'économie, qui paraît avoir inspiré ces dispositions.
Quoique le traité de Vitruve ne puisse pas nous dédommager de la perte des nombreux ouvrages des architectes grecs, on ne saurait nier qu'il ne soit encore d’une très-grande utilité pour l'artiste et pour celui qui, dans l'étude de l’antiquité , s’est accoutumé à voir , au delà des notions postérieures, les restes et les traditions de documents antérieurs , et à tirer de certains faits isolés des conséquences plus générales. C’est ainsi, pour en donner un exemple, que cette couverture de charpente en cintre qui s’élevait au-dessus de la grande nef de la basilique de Vitruve, peut faire conjecturer qu'on en usa de même dans plus d’une nef de temple, dont souvent l’intérieur ressemblait à celui de la basilique. Ce qui est fort à regretter, c’est que les dessins dont Vitruve avait accompagné ses dix livres se soient perdus. On ne saurait dire combien de difficultés et d’obseurités se seraient éclaircies à l’aide de ce langage , qui dit souvent par un seul trait, et avec la plus grande clarté, ce que tous les mots et toutes les
tournures de phrases ne sauraient faire comprendre.
S'il est vrai qu'un auteur se peint ordinairement dans ses ouvrages , Vitruve nous donne de lui l’idée d’un homme fort modeste, éloigné de toute brigue, d’une probité sévère ; et ce qui doit encore le confirmer, c’est qu'il ne parvint que dans un âge fort avancé à recueillir quelque fruit de ses nombreux travaux.
Le premier exemplaire de Vitruve fut découvert dans la bibliothèque du mont Cassin. La première édition est dè Venise, 1497, in-fol., sans commentaire et sans figures. La seconde est encore de Venise, avec figures et commentaire par Joconde, 1511, in-fol., et dédiée au pape Jules IT, réimprimée à Florence, 1513, in-fol., et 1522, in-8°. Joconde est le premier qui ait commencé à donner l'intelligence de cet auteur obscur. Après lui, Guill. Philander donna un commentaire de Vitruve, Rome, 1544 et 1552, dédié au roi François I°°. Cette édition , réimprimée à Amsterdam, 1649, in-fol., Elzevir, avec les notes de quelques autres commentateurs, a été longtemps la plus estimée. On ne se souvient plus guère des travaux de Daniel Barbaro, qui furent cependant estimés de leur temps, de Cesariano, de Caporali et de Baldus , sur Vitruve. En 1553, Jean Martin, secrétaire du cardinal de Lenoncourt, et Jean Goujon, architecte des rois François I" et Henri If, entreprirent de traduire et de commenter en français Vitruve ; mais leur travail n’eut aucun succès. Claude Perrault fut plus heureux : sa traduction de Vitruve, dédiée à Louis XIV, est encore fort estimée. La première édition parut en 1678 , in-folio, sans texte, avec figures : quoique les épreuves de cette édition soient plus belles que dans celle de 1684, on accorde cependant la préférence à cette derniere, à cause des augmentations considérables qu’elle présente. Le même a publié un 4brégé des dix livrés d'architecture de l’itruve , 1694, in-12. En Italie, la traduction de Vitruve par le marquis Galiani, aveccommentaire , Naples, 1758, in-fol. , est également fort estimée. Un des plus beaux monuments typographiques de l'Espagne est l'édition de Vitruve, qui a paru sous ce titre : Los libros de architectura de M. l'itruvio Pollion, traducidos el latin y commentados — Por don Joseph Ortizsy San. — De orden superior. — En Madrid, en la imprenta real, 1787. On a de l'architecte Guillaume Newton un commentaire curieux de Vitruve, en anglais, suivi d'une description des machines de guerre employées par les anciens, avec texte; Londres, 1771-1791, 2 vol. in-8°, fig. Newton prétend que Vitruve a vécu sous Titus. Il a été réfuté d’une manière victorieuse par M. Hirt, professeur à Berlin, dans le mémoiresur le Panthéon, déjà cité, et qui est inséré dans le premier volume du Museum der alterthum’s H'issenschaft d'Aug. Wolf et Phil. Buttman; Berlin, 1807, in-8°. On a imprimé avec luxe à Londres, en 1818, une traduction nouvelle en anglais de l’Architecture civile de Vitruve. par W. Wilkins. En 1804
et 1802, il avait paru à Berlin, en 2 vol. in-4°, une | manuscrit de Vitruve se trouve dans la bibliothèédition de Vitruve par M. de Rode ; mais l'édition | que de Franeker (1). de Schneider , publiée en 1808 à Leipsig, 3 vol.
(x) Cette notice est empruntée à Ja Blographie universelle. On la
in-8°, passe avec raison Pour être meilleure. Enfin doit au savant M. Quatremère de Quincy, si justement célèbre par la plus récente est celle de Stratico. Le plus beau [| d'excellents écrits sur les arts.
BIDIDImIOIOIS III 0m0mI0m0 007