‹ Celui qu'on oublieChapitre 13 sur 14 · DEUXIEME VOIX · texte numérisé non relu

DEUXIEME VOIX

Enteads ce qui doit être.

Quel que soit mon destin, j'ai soif de le connaître, 0 voix du monde obscur, voix des cieux étoiles, Parlez-moi ! Quels que soient vos oracles, parlez ! »

PREMIERE voix

« Hélas ! Homère, Dante, André Chénier, génies Dont les soupirs se sont fondus en harmonies ! Hélas ! noms glorieux d'éclairs environnés, Vous êtes morts pleurants comme vous êtes nés ! Vous avez épuisé l'amer plaisir de vivre,

Et l'Histoire a gravé, vengeresse, en son livre.

Que la Justice est sourde et que THomme est méchant.

C'est pourquoi, jeunes cœurs, sachez, en y marchant,

Que le sentier de gloire est un sentier d'épines.

Et que sur les Miltons et sur les Lamartines,

Plus de maux ont plané qu'on ne voit, au printemps,

De moucherons danser le soir sur les étangs !

Sachez quelle est la joie et le doux privilège

De 'ceux qu'Homère accepte en son chantant cortège :

Rire aujourd'hui, pleurer hier, pleurer demain,

Vivre seul, mourir seul, nulle main dans sa main,

Les yeux levés, pauvre ange exilé sur la terre.

Fixer d'un œil hagard la porte du Mystère,

Parfois, les poings crispés, l'ébranler sur ses gonds ;

Combattre, terrasser d'invisibles dragons;

Etre celui qui croit, quand le genre humain doute ;

Chercher son guide en soi, chercher au ciel sa route;

Pressentir en mourant qu'au fond des sombres cieux

L'Oubli va se lever quand la Haine se couche ;

Puis mourir triste, un chant d'allégresse à la bouche.

C'est le lot des mortels qui sont aimés des dieux ! *

CELUI qu'on OUBLIE 2ô

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