‹ Celui qu'on oublieChapitre 2 sur 14 · LA VOIX DU SOIR · texte numérisé non relu

LA VOIX DU SOIR

Silence!... Voici l'heure ineffable et sereine. La Nuit pose son pied sur les gazons frileux. Les âmes et les fleurs confondent leur haleine. Les bois sont déjà noirs; les cieux sont encor bleus.

C'est l'heure où, les cheveux dénoués par les brises, L'essaim mystérieux des nymphes indécises

Suit Ronsard et Marot.

Dans l'air pur doucement descend la nuit divine : On voit trembler dans l'eau du lac de Lamartine

Les saules de Corot.

Il me souvient alors d'une voix de sirène

Qui parfois s'élevait dans le vague des cieux...

Écoutez!... Voici l'heure ineffable et sereine. La nuit fait son entrée aux bois silencieux.

Un saule qui, le soir, voit les Sylphes en danse, Se penche et, langoureux, me fait sa confidence

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