LA VOIX DU SOIR
Silence!... Voici l'heure ineffable et sereine. La Nuit pose son pied sur les gazons frileux. Les âmes et les fleurs confondent leur haleine. Les bois sont déjà noirs; les cieux sont encor bleus.
C'est l'heure où, les cheveux dénoués par les brises, L'essaim mystérieux des nymphes indécises
Suit Ronsard et Marot.
Dans l'air pur doucement descend la nuit divine : On voit trembler dans l'eau du lac de Lamartine
Les saules de Corot.
Il me souvient alors d'une voix de sirène
Qui parfois s'élevait dans le vague des cieux...
Écoutez!... Voici l'heure ineffable et sereine. La nuit fait son entrée aux bois silencieux.
Un saule qui, le soir, voit les Sylphes en danse, Se penche et, langoureux, me fait sa confidence