‹ Celui qu'on oublieChapitre 5 sur 14 · LES EGLANTIERS DES HAIES · texte numérisé non relu

LES EGLANTIERS DES HAIES

Ses lèvres que la mort, la triste moit a closes,

Laissaient tomber des vers, ainsi que nous des roses.

Au concert de l'automne il manque un instrument.

Un astre manque au ciel, un souffle manque aux choses

Depuis qu'il gît, muet, dessous son monument,

0 tristesse ! — Et parfois il nous semble, vraiment.

Que le pinson s'est tu, que l'aube s'est voilée.

Qu'un grand deuil a rempli la voûte constellée,

Lorsqu'il nous a quittés et qu'il s'est endormi.

Tant il était notre hôte, hélas ! et notre ami.

Et tant, dans la fraîcheur d'une nuit calme et pure,

Ses chants s'étaient mêlés aux chants de la Nature !

Cependant, comme en songe un fantôme incertain, La ville apparaissait dans le vague lointain. De là, des hurlements, des chansons triomphales. Se répandaient dans l'air calme, par intervalles ; Et ces hymnes joignaient, dans la brise apportés. Au silence des bois la rumeur des cités.

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