LES PAVES DES VILLES
Nous l'avons vu debout, nous, les pavés des nies. Maîtrisant la clameur des hurlantes cohues, Jupiter assailli par dix mille Typhons, Parmi les grondements sourds que nous étouffons Aux gueules des canons, chaudes encor de poudre, Tranquille, sachant bien qu'il a pour lui la foudre, Il se tait, dédaigneux des rires insultants. Et puis, soudain, devant l'émeute des Titans, Leur lance son défi comme un coup de tonnerre ! Et le peuple, ébloui de ce nom qu'il vénère, Se demande quel est cet échappé du ciel ; Quel est cet enchanteur, quel est ce Daniel Qui, sorti souriant de ses monts solitaires, Jeté parmi les cris et les rébellions Des panthères, parmi la rage des lions. Joue avec les lions et dompte les panthères.
Tout à coup, souvenir des pays sans hivers.
De doux accords, mouillés de la fraîcheur des mers, Déferlent dans le vide, augmentent..., puis expirent. Ainsi l'on sent parfois des choses qui soupirent. D'obscurs musiciens qui fredonnent tout bas. Qu'on sait là, qu'on devine, et qu'on n'aperçoit pas.