LES FONDATEURS DE CEMPUIS
vieux fonctionnaires font grise mine à son auteur. Mais M. Robin entraîne tout le monde et otire aux aulorilés (les fêtes scolaires comme elles n'en ont plus vnes d(>puis. En désaccord avec le préfet, avec son inspecteur d'académie, fatigué de l'inutile paperasserie administrative dont on l'accable, il sollicite son changement.
Il allait être nommé à la direction d'une des écoles primaires supérieures de Paris ou d'une école professionnelle, lorsque, par l'intermédiaire de M. F. Buisson et de M. A. Rey, alors conseiller municipal de F*aris, il put visiter Cempuis; l'occasion lui était enfin ollerte de réaliser son rêve. Le 16 décembre 188(), il est nommé Directeur de l'Orphelinat Prévost. A M. Carriot, Directeur de l'Enseignement primaire de la Seine, qui s'étonnait de le voir accepter un poste « aussi humble », il répondit : « Accordez-moi en liberté ce qui man(|uo en majesté. »
Tout est à faire, tout est à créer. 11 se met au travail sans tarder; quinze jours après son arrivée, il a déjà installé des ateliers, mettant entre les mains des enfants ses propres outils; ses livres, ses collections forment le premier fonds de la bibliothèque et le commencement du musée. Pendant quatorze années, il dépense sans compter s«, science, son infatigable énergie, il donne le meilleur de lui-même à édifier pierre à pierre l'œuvre, but de sa vie, que nous allons étudier en détail. Pour réaliser un programme comme celui qu'il se proposait d'appliquer à Cempuis, en pleine région cléricale, malgré la mauvaise volonté de l'Administration, les diffi-
Clier, le plus ancien de France. (Voir le Bulletin uf/icicl de l'en sçigncment priiitaire de Loii-ct-Chcr, 1879-lîS80.j
cultes inhérentes à toute innovation, le peu de valeur de collaborateurs insuffisamment préparés à leur tâche, il lui fallut une force de volonté indomptable. Aussi quoi d'étonnant qu'on ait critiqué son autoritarisme, né peut-être de la connaissance de sa valeur, mais certainement aussi de la conscience de sa responsabilité. Ce défaut d'ailleurs, si c'en est un, lui sera facilement pardonné par tous ceux qui sont capables de comprendre la beauté du but poursuivi par cet homme supérieur.
En août 1894, il dut abandonner l'œuvre à laquelle il s'était si entièrement donné. Son départ fut la conséquence d'événements auxquels nous consacrons un chapitre spécial'.
Depuis 1880, Paul Robin est membre de la Société de physique et de la Société d'anthropologie; jusqu'à son départ de Cempuis, il lit partie des Commissions météorologiques départementales; il est membre fondateur de la Société de sténographie Aimé -Paris et de l'Association galiniste. En 1884 il fut délégué par le ministère de l'Instruction publique à l'Exposition de Londres. En 1885 on le nomma officier d'Académie.
Au lendemain du jour où on l'obligea à abandonner Cempuis, le corps professoral de l'Université nouvelle de Bruxelles le chargea, à l'unanimité, de donner un cours de pédagogie à l'Institut des Hautes études
Libre, M. Robin reprit immédiatement la lutte en faveur de ses idées. Dès le commencement de 1895, il fonde un périodique qui doit continuer celui de Cempuis : r Éducation inlc'gralc ; dans de nom-