L'auteur de celte jdlie luiide est inconnu
2. Ixf, Excursions scolaires, délails pratiques. Bulletin de COrphelinat Prévont, n° 2, mars-avril 18'J0.
ÉDUCAtlON PHYSIQUE li
Elle fut résolue pratiquement dès 1883 pour les enfants de Cempuis. Ici encore, donnons quelques détails pratiques.
On peut bàlir n'importe où, sur une côte, siu' les bords pittoresques d'une rivière, près dun bois, etc..
TiMi jîiirÉiiàMMii^AMdBMiii
Nilla scolaire de Mers-les-Bains.
sur un terrain d'un quart d'hectare, une maison pouvant loger en été cent enfants avec trois ou quatre chambrettes de maître, cabinet du Directeur, cuisine, petit atelier pour .30 à 35.00( ) francs, compris terrain, construction et ameublement très simple :
Intérêt de l'argent, l.oOO francs h répartir sur 80 à 100 jours à la belle saison ; soit de 8 à 10.000 journées à 0 fr. 20
Il faut ajouter par tète et par jour, pour nourriture et extras 1 ^^0
Frais de surveillance et imprévus 0 50
Soit au total par tête et par jour 2 fr. 00
Combien de parents dépensent beaucoup plus d'argent avec beaucoup moins de profit et seraient beureux de payer nne pareille somme pour donner à leur enfant nne bonne provision de santé et de sains plaisirs. On ne serait pas exigeant en leur demandant 2fr. 50 on môme 3 francs, ce qui permettrait d'avoir un cinquième ou un tiers des enfants admis gratuitement aux mômes avantages, sans compter ceux que pourraient y ajouter les municipalités.
Ces liuit à dix mille bonnes journées pourraient se répartira raison de huit à dix pour mille enfants, ou mieux d'une quinzaine pour six cents, mieux encore d'une bonne vingtaine poui- ([uatre ou cinq cents h
Les élèves de Cempuis, par groupes d'une cinquantaine, jouissaient de ce dernier avantage. Ils passaient, cba({ue année, une vingtaine de jours à Mers-les-Bains (Somme) dans une petite maison perchée sur la falaise, bâtie en 1883 par M. Robiu et oITrant un type assez l'éussi des constructions de ce genre '^
Elle coutenait au rez-de-chaussée une vaste salle (15 mètres X 5™, 50) avec cinq fenêtres donnant sur la mer; à l'étage se trouvait une autre salle égale aux trois cinijuièmes de la précédente; le reste formait quatre chambi'ettes pour les logements du personnel adulte.
La salle du rez-de-cbaussée était la chambre de jour
1. V()i/ii(jcs de vacances, voiea cl moyeux. Bulletin de rdijihelinat. l'rérosl,n° 2, mars-avril 1890.
i. M. Holiin ne construisit qu'une aile du plan total (|u"il avait conçu. Celte maison a été achetée en IS'JC» jiar le déparlrnicnt (1(; la Seine. I.e Conseil général a construit un nouveau pavillon à côté (le l'ancien et lui a donné le nom de l'aeillun Ernest liousselle, en souvenir d'un des présidents de la Commission administrative de Geniimis.
pour tout le moudo. Cétciit lo réfccloire, la salle d'études, lors(juelc uiauvais temps empêchait de sortir. Le soir, les tal)les à tréteaux se démontaient, étaient dressées contre une des murailles. Une série de coH'res semblables aux bastingages des vaisseaux entouraient la salU\ On en retirait une trentaine de couclicttes, matelas, draps et couv(Mtures, i>t les garçons s'en l'.ii-
saient des sortes de hamacs dont les coffres soutenaient la tète et dont les pieds étaient suspendus à un tabouret.
Le matin, après aérage, tout l'appareil disparaissait dans les'coll'res jusqu'au soir.
Les fillettes couchaient au premier, sur de très [jelils
CEMPUiS
lits de sangle en fer dont les pieds pouvaient se replier en dessous.
Généralement cette salle n'avait pas d'autre usage, et les lits restaient montés toute la journée. Mais, en cas d'utilité, les vingt lits pouvaient être empilés les uns sui" les autres en trois ou quatre tas à l'extrémité de la chambre.
Pataugeage à marée basse.
Derrière la maison, et appuyée sur elle, se trouvait un long appentis en planches goudronnées qui l'ut construit avec l'aide des grands élèves. Il contenait cuisine, magasin, atelier et écurie pour l'âne et la vache qui accompagnaient la Iroupe au hord de la mer.
La vie, à Mers-les-Baius, dillei-aitune peu de celle
(le Cempuis : moins de classe, pas de classe du tout môme, un emploi du temps extrêmement élastique et changeant, suivant les circonstances. Quand le temps était beau, les bains, les jeux sur le sable, le pateaugeage à marée basse pour chercher des objets d'histoire naturelle, la contemplation de la mer, les visites de navires, les promenades en bateau, etc., remplissaient agréablement la journée. Une petite partie du
Le repos sur la plage de Mers-les-Bains.
temps était consacrée à la musique, au dessin, à de courtes rédactions. Ces dernières occupations prenaient plus d'importance quand le mauvais temps rendait les sorties- impossibles ou rares.
Au train-train habituel, aux divers services de propreté, cuisine, nettoyage de l'écurie, soins donnés à la
vache et à l'âne, aux commissions, voyages an marché, s'ajontaient Fenlretien et rembellissement de la villa. On se livrait à des travaux d'atelier d'utilité et de fantaisie. On construisit une périssoire à deux places qui donna aux enfants une somme considérable d'émotions salutaires et de joies; on fabriqua des fileis, tous, lilles et garçons se livraient à cet exercice avec d'autant plus de bonheur que ces engins servaient quelquefois à pêcher assez de crevettes pour le repas commun; on eut des aquariums, etc., etc.
Les bains se prenaient sur la plage, près de la falaise de Mers. Les garçons se déshabillaient comme les soldats, en lignes parallèles au bord de la mer; les filles sous une tente.
Comme on le voit, ces enfants goûtaient là un doux repos de corps et d'esprit : ils y prenaient une provision de santé, se pénétrant de cet air salin qui est l'un des plus puissants reconstituants.
XIIL Bien que le règlement d'admission à l'Orphelinat l'ri'vost indiquât un choix à faire parmi les mieux constitués des orphelins de la Seine, les enfants qui arrivaient à Cempuis étaient généralement débiles ou lymphatiques. En peu de temps un tel régime les transformait et, (juelques mois a|)rès leur arrivée, ils jouissaient d'une santé llorissante. L'infirmerie n'existait pour ainsi dire que de nom, et les visites du médecin pour les cas graves étaient d'une extrènn^ rareté.
b'aut-il ajouter (|u'il ajrivail parfois à M. Hobin et à iM. iJelon de faire des opérati(jns de petite chirurgie et d'adminislrer des remèdes avec rassentiment du docteur local? L'un et l'autre le faisaient avec une grande compé'Icnce et... une cxli-éine prudence. Disons (|uc
tous doux sont des adeptes de la medceine dosimétrique'.
XIV. Enfin cet entraînement physique, It^ndant à rendre normal le développement de rôtre tout enlier, se faisait sous le contrôle des mensurations anthropométriques. On suivait et on notait soigneusement le
* Le départ puur la baigiiaile.
développement du corps de l'enfant. Les éducateurs de Cempuis attachaient une grande importance à cette question; ils entrevoyaient là un monde riche de découvertes... pour leurs successeurs.
1. Voir }a Santé de l'enfant à la maison, à l'école, à l'atelier. Guide pratique, par le I)'' Toussaint, secrétaire de la Société d'hygiène de renfance, avec préface par Paul Robin (1893}.
Vous savez comment les vieux magisters pratiquaient le principe de la Bible : « Qui aime bien châtie bien. »
Quand la peur du châtiment l'emportait chez un enfant sur le plaisir de la faute, il s'abstenait de celle-ci. Mais était-il corrigé? Gare au moment oîi la peur n'existait plus. Comme il se rattrapait parfois!
A Gempuis, pour améliorer l'enfant, on faisait le plus possible appel à son intelligence, à son intérêt bien entendu, à ses bons sentiments naturels ou hérités. On lui parlait de sa santé physique et morale ; on l'entourait surtout de soins attentifs plus éloquents que les paroles, et l'on réussissait ordinairement à le rendre bon, ou au moins meilleur.
C'est que, laissant de côté toute métaphysique, il y a une foule de prédispositions physiologiques et psychob)giques ignorées et contre lesquelles on est parfaitement impuissant. Les h('rédilés fatales : plitisie, scrofule, épilepsie, alcoolisme, etc., épcuivantables tléaux contre lesquels ou commence à lutter, se reconnaissent quand ils se présentent franchement, et on remporte parfois sur elles des ombres de victoires.
Mais, que faire contre les ol)scurs r<'sultats du mélange confus de ces tristes atavismes? On faisait à Gempuis des expériences rationnelles. Et certes, il serait à souhaiter que cet usage des mensurations se répandît par toute la France et par le monde. Dans cet amas d'observations il y aurait des erreurs, certes, du triage et un cboix à faire ; les savants sauraient bien coordonner les résultats et constituer la vraie m('thode pédagogique. L'application aux qualités intellectuelles et morales sera au siècle prochain, souhai-
tons-le, entre les mains des pédagogues chercheurs le triomphe de l'anthropométrie éducative.
Mais nous no sommes qu'à l'aurore de ces heureux temps; on n"a encore, même à Cempuis, ahordc que les prohlèmes les plus élémentaires^.
Le nomhre des ohservations anthropométriques qui
Cliché Grégoire.
Baignade à .Mers-les-Bains.
intéressent la science pure et de celles qui peuvent venir en aide aux hygiénistes et aux pi'dagogues est infini. Il existe d(^jà hon noml)re de questionnaires, souvent plus dé'taillés que ceux auxquels le commun des ohservateurs pourraient songer à r(^pondre et souvent aussi faits pour des sujets que l'on ne voit qu'une fois. Après quelques années d'essais rationnels, on