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Lebègue et C

lt)4 GEMPLUS

mailres ouvriers, des professeurs, du dii'ecteur, et avec rasseulimeni des familles ou lu leurs, le métier qui a fixé leurs préférences et pour lequel ils out le plus de réelles aptitudes :

1. Agricullure, travaux de ferme. — 2. Jardinage, horticulture, apiculture. — 3. Couture, lingerie (confection et entretien des vêtements). — 4. Cordonnerie (confection et entretien des chaussures). — 5. Blanchissage, repassage. — 6. Cuisine, soius du ménage. — 7. Boulangerie. — 8. Infirmerie, pharmacie. — !). Terrassement, maçonnerie. — 10. Travail du hois, charpente, menuiserie, tournage. — 11. Travail des nuMaux, fils mélalli([iies, zingU(MMe, plomherie, forge, serrurerie, mécanique, ajustage, tournage. — 12. Peinture, vitrerie. — 13. Modelage, moulage, scuplture. — 14. Imprimerie, clichage, galvanoplastie.

— 15. Lithographie, zincographie. — Ki. l*liologra|)hie.

— 17. Cartonnage, reliure, encadrements. — 18. Machine à écrire. — 19. Travaux divers et occasionnels (vannerie, rempaillage de chaises, céramique, exercices de télégraphie, etc.).

Il est hien évident que quelques-uns de ces travaux, en raison des forces musculaires qu'ils exigent, ou plutôt des traditions étahlies étaient plus particulièremiuil praliqiK's par les garçons et que d'autres étaient principalement attrihués aux filles.

Mais, dans ce système rationnel d'éducation, dans cet ('tal)lissement où tous les enfants vivent en grande coniuiiiiiaiité', ou Irouvait avautageux, p(»ur eux. et poui" les familles qu'ils pourront fonder [)lus lard, de faii'e |)articiper, occasiourudlement, les filles aux travaux spéciaux des garçons, et inversement de faire

exécuter par ceux-ci des travaux généralement attribués aux filles.

Osera-t-on donner torl à M. Robin? Ne paraît-il pas salutaire qu'une mère de famille sache, au besoin, manier la pelle et la pioche, le marteau, le rabot et la scie pour les mille petits travaux d'agencement iiid'rieur qui lui permettent d'entretenir le logis familial dans un ('tat de coquette propreté tel que chacun le trouve beau, s'y plaise et l'apprécie comme le vrai sanctuaire du l)onbeur?

D'autre part, le chef de famille ne doit-il pas, en toute occasion et principalement dans les moments difficiles, dans les cas de maladie des siens, aider et suppléer la mère pour leulretien des vêlements, les travaux du ménage, les soins médicaux, etc., coudre un bouton, rapiécer un vêtement, préparer un repas, faire une tisane?

Oui, les travaux manuels scolaires conviennent également et presqu'au même titre, pour les filles et les garrons; tout le monde a besoin, dans la vie. du premier degré d'iialtilel»' manuelle et de la connaissance des procédés généraux du travail.

C'est 4)our cela que, tout en suivant dans leur ensemble les usages ('tablis, on se faisait à Cempuis un principe de n'être pas exclusif, et qu'on cherchait à étendre, dans la plus large mesure possible, la sphère de l'activité individuelle.

Vlll. Disons quelques mots de chacun des principaux ateliers de l'Orphelinat Prévost'.

1. Les'ateliers de l'Orphelinat Prévost, disséminés d'abord dans les salles disponibles de rétablissement, furent réunis dans un seul bâtiment spécialement aménagé et construit à la place de la

Tout daborcl [industrie du livre. L'établissement possède une collection assez importante de caractères courants, à laquelle s'adjoignent des casses sjx'ciales pour la composition des formules matlit-matiques, de la musique chiil'rée et de la musique sur portée. Elle est pourvue d'une presse mécaniciue, de la presse îi bras Stanbope et dime j)etile presse à main pour b^s travaux dits de ville. 11 s'y joint, comme travaux accessoires, la stéréohjpie., c'est-à-dire la fabrication dL'n flans (moules) et des clichés, pour laquelle il y a un outillage suffisant. 11 a même été fait des expi''riences et des travaux de gravure chimique, de photogravure et de clichage galvanique.

Les presses tiraient régulièi'ement le Bulletin bimensuel de rOr[)lielinat, ])ublié sous le litre de f Education intégrale, le Bulletin mensuel de l'Association Galiniste (aujourd'hui la Réforme musicale), enfin des publications pédagogiques de toutes sortes, en outre de travaux destinés au service intérieur, registres, i)ièces de comptabilité, etc., et enfin des travaux de pur ap|)rentissage.

Le personnel se compose régulièrement de l'ouvrier professeui' et de sept apprentis, plus des jeunes élèves, à'\ls jjajjillons, qui passenl successivement dans les divers ateliers.

La lithographie emploie une macbine et deux presses à bras, sans compter quelques petits engins d'apprentissage.

On y exécute des travaux de litbograpbie en noir et

chapelle devenue inutile depuis 1882. Les journaux cléricciux enrefj;istr<'i'ent avec indignation ce l'emplacement d'un bâtiment par un autre.

en couleur. L'atelier, en outre des travaux d'apprentissage et des tirages ])our le service intérieur des classes, ateliers, bureau, etc., produit régulièrement le Bulletin mensuel de la Société de sténographie Aimé-Paris, et plusieurs autres publications sténographiques, des ouvrages importants de musique chiffrée, notamment rinstitutintr et PÉlève musicien^ enlin des brochures autographiées, des dessins et images d'enseignement, etc. Elle emploie un ouvrier professeur et quatre apprentis, plus les jeunes élèves à tour de rôle.

Les machines de la typographie et de la lithographie sont mises en mouvement par un moteur à gaz de deux chevaux.

Avec une telle production de livres et brochures, Fatelier de rfliiirc est indispensable. Il est pourvu d'un outillage assez complet, presse à percussion, laminoir, presse à rogner, couteau mécanique dit massicot, couteau à débiter le carton, etc. 11 est dirigé par un ouvrier professeur et emploie une ouvrière brocheuse, en outre des trois apprentis et de nombreux papillons.

L'atelier de forge c/ ajustage ^\)0i\\\\\ détours, raboteuses, machines à forer, à cintrer, à étamper, poinçonneuse, permet de fabriquer non seulement les ferrures et autres pièces ou machines pour le service des bâtiments, des ateliers, de la ferme, etc., mais des travaux de précision; on y construit notamment des vélocipèdes pour l'usage des élèves. 11 est sous la direction d'un ouvrier professeur, lequel s'occupe des petits travaux des élèves des cours <'lémentaire, moyen "et sup('rieur, et de l'instructiou manuelle i)ratique des six apprentis réguliers.

liO CEMPUIS

L'atelier de menuiserie^ qui en outre de l'entretien de la maison, du mobilier, du matériel classique, du matériel des expositions, etc., a rendu de très grands services dans la construction des nouveaux bâtiments, contient dix établis pourvus de leur outillage ordinaire, des tours, des scies circulaire et à ruban. Sous la direction de l'ouvrier-professeur, travaillent quotidiennement et à tour de rôle les sections des jeunes élèves qui ne sont encore admis qu'au papillonnage et les buit apprentis qui ont adopté ce métier.

L'atelier de cordonnerie, qui ne suffit qu'à une partie de la consommation inti'rieure, est dirigé par un ouvrier, aitb' d'apprentis et papillons, (tétait une industrie à développer; les locaux étaient très exigus.

L'atelier de couture, oiî tous, filles et garçons, passent successivement, contri])ue pour une grande part aux travaux du service intérieur: ce qui n'est pas peu de cbose, ni une économie négligeable! Il possède des machines à coudre, des collections de patrons, etc. Sous la direction de la maîtresse de couture, on a formé une demi-douzaine d'apprenties, en outre du passage des papillons des deux sexes'.

La buanderie et le repa>ixafje étaient devenus des ateliers d'appi'entissage très importants, auxqu(ds les enfants se rendaient avec plaisir; tout le blancbissage et le repassage du linge de plus de 200 habitants de la maison s'y faisait régulièrement, sans qu'il lut besoin de recourir au dehors.

IX. Le bel et \a>W atelier des agriculteurs et horticulteurs n'est autie que celui que constituent les

1. VEnsdrjncment de lu couture. Voir Fêtes pédagogiques, p. NT.

EDUCATION OIIGAMULK.

TRAVAIX MAMELS

champs et "les jardins (ruiie contenance de plus de 15 hectares. La i'ei'me fonrnità une partie de l'alimentation de l'c'tablissemenl. Elle comprend des granges, une étable d'une dizaine de vaches, une écurie de deux chevaux, une porcherie, une lapinière, une bassecour, etc. 11 faut citer aussi, comme s'étant agrandie

Luo ifpuLilii

(-^.lupui;

dans les dernières années et perfectionnée, la partie horticole à laquelle fut consacré, en outre de deux jardins, un terrain pris sur le champ de culture et dont les produits, légumes et fruits, sont très importants. Il faut enfin mentionner une jolie serre, de récente construction, destinée à l'enseignement et à la reproduction. Ces travaux, sous la direction du pro-

112 civMinis

fosseur on litre, emploient un ;if;i'ieulleur i'ermier, cinq apprentis liorticultoni's et autant (ragriculteurs, et le sei'vice temporaire de nomlireux employ('s.

L'exploitation agricole de l'Orphelinat, quoique citée comme une des meilleures des environs, était loin cepen- <lant d'être ce que la désirait M. Robin. Gela tenait à des causes diverses, notamment à la l'i'pulsion inintelligente que manifestaient la plupart des parents ou tuteurs des enfants pour les travaux de la campagne et aux nombreuses difficultés matérielles d'appliquer pratiquement les théories et les méthodes nouvelles de culture rationnelle'.

X. Peu d'élèves choisissaient la profession de maçon ou de /rrrassier... Mais un fait inlérc^ssant à signaler est celui du terrassement et de la construction en 1889 d'un bâtiment. Tous les élèves, selon leurs forces, y prirent part, par groupes, se remplaçant d'heure en heure. C'est une gymnastique comme une autre, non sans un but d'utilité compris par les enfants; c'est en même temps un enseignement.

XI. Les fillette-; apprenties, outre qu'elles |)articipent aux travaux de couture, de iuianderie, de lepassage, de lingerie, sont initiées aux devoirs des mères de famille en donnant, tous les jours, leurs soins constants et afTectueux aux plus jeunes fillettes.

Le fonctionnement n'gulier des nombreux services de l'établissement, la propreté constante dans laquelle devai(^nt être maintenus les divers locaux : dortoirs, lavabos, réfectoires, classes, ateliers, etc., la distribu-

1. Cependant une demi-douzaine d'élèves de Cenipuis entrèrenl. à leur soiUe de l'établissement dans des écoles d'agriculture ou d'horticullure [lour y coin|il(''ler leur instruction.

tion hebdomadaire des etT&ts d'habillement, les changements périodiques, la bonne tenue et la réparation de ces mêmes effets; la mise et le lever rapide du couvert dans les réfectoires ; la répartition générale des aliments et leur distribution à chacun; l'application des remèdes généraux prescrits ; le pansement des petites blessures, engelures, etc.; la participation aux travaux de la cuisine; la confection des pâtisseries, confitures, etc., constituaient un ensemble d'exercices quotidiens ou périodiques qui étaient la meilleure préparation des enfants à la vie sociale.

L'expérience journalière montre combien leur pratique donne sans cesse occasion à observation et à raisonnement, complétant l'éducation intellectuelle et réalisant matériellement l'application des notions et des combinaisons de l'intelligence.

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