I. Fêtes pédagogiques, page
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Le jru des /cinrs^ analogue au travaille la composition typographique, restera pour eux une variante amusante des exercices de lecture et d'écriture.
On peut faire ranger par les enfants les lettres mobiles dans les coulisses d'une sorte de casier en bois (que l'on fabriquait à l'Orphelinat) ; mais il est aussi bon et plus simple de les leur faire ranger à plat sur la table.
Dès que l'enfant sait reconnaître la forme, non pas même de toutes, mais de quelques lettres du moins, on aborde et on continue simultanément l'autre jeu, celui dans lequel on forme le dessin de la lettre ellemême au moyen d'éléments mobiles, de pièces rajustées, posées sur la table : ceci est, avons-nous dit, un acheminement vers le trac*'. Ce jeu, qui a quelque analogie avec le jeu de patience, amuse beaucoup les enfants et fixe bien dans leur esprit la forme des lettres ; il n'emploie que qiiatrr sortes de pièces mobiles, au moyen desquelles on peut figurer avec une exactitude suffisante la forme de toutes les majuscules.
Les pièces mobiles, servant à constituer les lettres, sont taillées en zinc mince, pour la solidité, et contenues en provision dans les boîtes en fer-blanc; chaque boîte renferme 132 pièces. Les pièces peuvent être juxtaposées bout à bout, ou superposées en partie, pour obtenir le contour net de la lettre. Il y a souvent plusieurs combinaisons possibles pour une même lettre ; et c'est à qui, une de ces combinaisons étant trouvée, Ç:winv('ii/('t(i une autre.
Nous reproduisons ci-contre la forme des quatre éléments mobiles.
On peut se reporter, pour l'emploi de ces élcmrntii
mobiles, à une notice publiée dans le Bulletin de i Orphelinat Prévost, n° 7, 1887, sous ce titre, F Enseignement de la lecture.
Après la première initiation au moyen de jeux, les tracés à la craie au tableau et sur l'ardoise, puis au crayon sur le papier, sont introduits par gradation, et deviennent les moyens principaux de l'enseignement de la lecture, concurremment avec les tableaux et les livres de lecture que l'on aborde alors. A partir de ce moment, les jeux de lettres et de pièces mobiles
tombent au second plan comme moyens, mais restent au programme à titre de variantes et d'exercices amusants'.
X. Uécriture usuelle est très défectueuse à bien des points de vue ; on s'est plu à l'orner de toutes manières, pleins élégants, fins déliés qui augmentent encore la durée déjà si considérable de son tracé. Au nom de l'utilité d'aller vite et de faire l'écriture la plus claire possible, on supprime à Gempuis toutes ces supertluités et on adopte la parfaite simplicité : traits de
1. Un des meilleurs livres d'enseignement de la lecture, le meilleur peut-être est la méthode du D'' Javal (Alcide I*icard et Kaan). Il est regrettable que certains récits chauvins, donnés aux enfants, nous empêchent de le trouver parfait.
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même épaisseur, queues courtes ayant au plus la longueur de l'œil de la lettre (dans l'imprimé elles n'en ont que la moitié). Une modo déplorable moins vieille que le siècle, imaginée par les calligraphes, condamnée par les physiologistes Liebrech, Gariel, Javal, Pécaul et autres, a été de donner aux lettres une pente considérable. L'écriture quasi oflicielle des écoles normales a une pente de 3 sur 4.
Très peu, ou pas de ponte du tout, telle est la règle à Cempuis, et comme l'a dit excellemment George Sand : écriture droite, papier droit, corps droit. Gela surtout au nom do l'hygiène.
XL La sténographie est enseignée depuis les petites classes, où elle se présente sous forme de jeu slénogray^/^/y/^e jusqu'aux classes complémentaires, où elle revêt la forme quasi professionnelle.
Le système en usage était le si/xtèinr Aimé-Paris, remarquable par sa logique, sa simplicité et sa puissance. M ost absolument plioni(pi<\ c'esl-à-dire correspondant exaclemont, sauf les nuances extrêmement délicates dont on peut faire abstraction sans inconvénient, à la parole : im signe pof/r t(n son, foiijoiirs le mhne signe pour le même son.
En conséquence de cette propriété, il ost le soûl ])ai'Mii tous les systèmes connus jusqu'à ce jour qui, indépendamment de la question do vitesse extrême, concernant exclusivement les professionnels, convienne au rôle de graphie générale, c'est-à-dire d'écriture universelle, et d'autre pari satisfasse aux exigences do la pédagogie, on constituant unparfait instrument scolaire, utilisable en plus d'une circonstance, à l'exclusion de tous les autres systèmes qui, n'ayant en vue que larapi-
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dite exigible pour l'usage professionnel, ou omellent les voyelles, ou échangent des signes, ou enfin altèrent en quelque manière que ce soit le rapport absolu du son au signe : ce que ne fait jamais le système Aimé Paris considéré au premier degré, c'est-à-dire à l'état de sténographie scolaire, conservant tous les signes accessoires diacritiques, sécantes el points, accessoires que Ton omet, plus on moins complètement, à titre d'abréviations, ail second degré, c'est-à-dire dans la sténographie courante, et à plus forte raison au troisième degré ou sténographie professionnelle .
Cette sténographie étaitutilisce comme écriture d'initiation et considérée comme moyen d'apprendre l'orthographe dans les exercices grammaticaux et les dictées par transcription.
Pour remplacer par un travail de transcription la dictée orale, exercice scolaire si pénible pour les maîtres et qui prend aux élèves tant de temps, voici comment on procède. Les élèves reçoivent des livres où est indiqué le passage qui doit servir de texte à l'exercice d'orthographe usuelle ou de règles grammaticales; ils transcrivent en sténographie les lignes désignées. Puis, les livres étant rendus aux maîtres, ou fermés seulement et replacés dans les cases des pupitres, ils doivent reproduire en écriture ordinaire et avec l'orthographe voulue tout ou partie de ce même texte, d'après leur sténographie. Les élèves, sachant qu'ilsauront à retranscrire leur sténographie, regardent comment les mots sont écrits : chose qu'ils ne font guère en lisant : ce qui rend si lente et si pénible pour eux l'acquisition de l'orthograplie d'usage, qui ne s'apprend que parLiril. Les avantages de ces sortes de dictées silencieuses sont
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visibles : les diveis élèves d'une même classe peuvent recevoir des textes difïérents, de long'ueur et de difficulté proportionnées à leur force, et les transcrire simultanémeuf, ce qui n'est pas possible avec les dictées orales. Le maître aussi peut, pendant ce temps, s'occuper d'autre chose, de préparer la leçon qui va suivre ou de corriger des devoirs; d'autre part, la fatigue du larynx que coûte la dictée lui est épargnée. — Selon les cas, la retranscription du devoir peut être immédiate, ou, ce qui vaut mieux, être renvoyée à une distance de quebpies heures ou au lendemain, ce qui oblige les enfants à se mettre dans la mémoire l'orthographe des mots.
Ce procédé a été imaginé et mis en usage il y a plus de vingt ans par M. Delon, à l'école professionnelle de la rue de Reuilly, à Paris; on l'accueillit avec empressement à Cempuis, et il y a donné les meilleurs résultats».
XI l. L'enseignement des languies, vivant es, une des préoccupations des éducateurs de Cempuis, ne présenta jamais la complète réalisation de ce qu'ils concevaient.
Leur tendance était de faire acquérir les langues à leurs élèves, d'une manière essentiellement pratique, laissant de côté le haut point de vue littéraire.
Les moyens d'acquisition pratique d'une langue étrangère sont, d'après eux, les suivants :
{. Vers 1892, une machine à écrire fut mise à la disposition des grands élrves. Vers la même époque, on confectionna un appareil Morse sur lequel les enfants s'exerçaient. Il y eut même un téléphone reliant l'établissement à la maison du Directeur et que les arands élèves savaient manier.
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Connaissance à l'aide d objets et d'images, d'un certain nombre de substantifs concrets; à Faide d'actes exécutés ou simulés et d'images, des verbes les plus usuels.
Etude parlée des pronoms et des adjectifs se gretlant sur les deux premières espèces de mots et entraînant la conjugaison des verbes.
Comme application dès le premier jour, souvent même précédant la règle, acquisition par répétition orale des phrases les plus usuelles dans la vie de l'enfant : levez-vous, asseyez-vous, venez, partez, l'heure sonne, allons diner, c'est le temps d'aller au lit, etc.. En même temps étude de chants scolaires, soit par audition, soit las à vue suivant la capacité de l'élève; enfin, aide de la graphie rationnelle d'Aimé Paris, dont nous avons parlé plus haut.
En un mot on désirait, suivant l'expression si juste de Macaulay, que les enfants apprennent les langues, sans savoir (Voii, ni comment, et les parlent avant d'avoir la moindre idée de leur structure et de leur grammaire'.
XIll. La diction occupe une place importante dans les études à Cempuis ; elle prépare les élèves à pouvoir se faire entendre dans les diverses circonstances de la vie où ils devront exprimer leurs pensées.
Par des exercices gradués, individuels ou d'ensemble, comprenant la prononciation, l'intonation, la durée, l'intensité, l'expression, on obtenait de forts bons résultats. L'établissement possède un théâtre où, presque chaque dimanche soir, une petite fête était don-