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LA REACTION CONTRE CKMPLIS

« Tu danseras, papa Nicolas. » Aiijonrdliiii. scion ces maniaques, je ne serai un bon patriote que si j'adore le Russe et fais la nique à IWnglais. Eh bien! non, a priori, nous aimons tout le inonde ; ensuite, avec regret, nous retirons notre affection aux individus qui s'en rendent indignes. Il n'y a que des primitifs, des attarde's, des dégénérés ou des farceurs qui puissent condamner ces doctrines; et nous n'avons point atîaire à ces sortes de gens. Point ne nous soucie de ce qu'ils pensent ou font semblant de penser.

« C'est nous qui sommes les vrais patriotes! Notre patriotisme est fait tout d'amour, non souillé de haine.

« Notre amour pour notre pays, nous le prouvons par nos actes, et non par de vaines paroles. Nos conquêtes sur l'étranger «béni» consistent à faire connaître à nos compatriotes des vérités utiles, nées ou développées chez nos voisins, à importer leurs utiles inventions. Au lieu d'imposer à ces voisins « aimés » des lois oppressives, nous leur avons apporté de bons produits iutellectuels ou matériels d'origine française.

« Voilà la bonne guerre, les vraies conquêtes, la saine émulation internationale ! Voilà la seule vraie gloire, les seuls nobles lauriers!

« Reconquérons ainsi sur ses oppresseurs non seulement l'Alsace tant pleurée, mais l'Allemagne elle-même , mais... l'univers.

« Assez de guerres internationales pour le profit des financiers, pour le plaisir de certains héros professionnels.

« 11 n'y a plus qu'une bataille à livrer, c'est celle contre la misère et tous les maux qu'elle enfante. Instruisons ceux qui ne savent pas, détrompons les fourvoyés, et

bienlùl viendra cette deniir're g^uerre du sens coinmun contre la niaiserie. Elle sera courte et suivie d'une victoire définitivt" |)our le plus grand bonheur du genre humain I »

D'ailleurs, iM. Paul Robin, insistant sur sa façon de comprendre le patriotisme et de donner cette éducation civique à laquelle tient tant le gouvernement, disait à ceux qui lui reprochaient son internationalisme :

« Je suis internationaliste, dites-vous. Il est vrai que j'ai été', comme tant d'autres qui voudraient le faire oublier, membre de Fïnternationale, presque un des fondateurs.

(( Fanatique de la paix, jai toujours voulu que tout le monde fût prêt pour la d('t'ense.

« D('sapj)rouvant le système des armées permanentes, voulant les milices nationales, la nation armée, je n'ai jamais prêché ces idées à des enfants incapables d'en peseï' la philosophie, j'ai fait mieux, je n'ai pas parlé, j'ai agi. Avant Paris, j'ai eu mon bataillon scolaire; après Paris, où les exagérations chauvines ont fait crouler cette belle institution, je l'ai conservée immuable. Nos garçons nous quittent à seize ans, marcheurs infatigables, bons tireurs, connaissant bien l'école de section et l'exercice en ordre dispersé''. »

Sur ce point, donnons encore le témoignage d'un pédagogue dont s'honore, à juste litre, la Belgique. M. Sluys vint à Gempuis en 1890, y resta quelque temps, et lit, avec les élèves, un voyage à pied dont il écrivit la relation dans la Rccur pédagogique belge. Nous en extrayons ce passage :

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