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LA REACTION CONTRE CEMPLIS

et le rapport prc'sentô au Conseil Général de la Seine par M. Hébeillard le 27 décembre 1899 consacre les vues étroites de l'administration'. M. le Rapporteur se rt'jouil de la prospérité de rétablissement parce qu'on a pu y hospilaiiser quarante enfants de plus et aussi parce qunnt' grande réformes (Hé accomplie : celle d'externer le personnel. « Avec cette extension rapide qui. remarquons-le, atteste la prospérité de rétablissement, dit M. Rébeillard, If caractère familial qui a présidé à sa fondation a dû s'atténuer. » C'est a dû être supprimé qu'il fallait écrire. Cela n'empêche pas, du reste, « qu'on s'efïbrce, à Cempuis, à faire que l'enseignement nuirai soit n'ellement celui que peut donner un père de famille ». Un père de famille déiste en tout cas, car M. le Rapporteur indique bien que l'eu^-eicjnement moral est donné conformément aux programmes des écoles primaires et par application de la loi du 30 octobre 1886 et de V arrêté du 18 jancier 1<S87. (>'est dire que Cempuis n'est plus une école laïque dans le sens complet du mot.

Au point de vue intellectuel, et M. Rébeillard l'enregistre avec une vie satisfaction, « on a voulu que l'enseignement revêtît un caractère exclusivement pratique. C^est ainsi (//éon a supprimé les cours dUdgèhre et de littérature pour faire une plus large place aux sciences expérimentales .i. Nous défions bien l'administration de faire mieux au point de vue expérimental qvi'on ne faisait à Cempuis quand M. Paul Robin t'tait dii'ecteur, et surtout nous demandons \\ M. Rébeillard comment

1. Bulletin municipal officiel du 31 décembre 1899 : séance du 27 décembre 4899.

l'on pourra se passer de donner aux élèves des notions d'algèbre si l'on veut pour eux « une éducation scientifique tenant à toutes les sciences exactes à la fois : à la physique, à la chimie, à la mécanique, à la géométrie ».

Enfin, en ce qui concerne l'enseignement manuel, M. le Rapporteur, très heureux qu'on ait supprimé les ateliers de lithographie, de reliure et de cartonnage, s'exprime ainsi : « Dans les ateliers de menuiserie et de mécanique un enseignement technique est donné ; c'est l'auxiliaire indispensable de tout apprentissage bien compris. D'ailleurs le travail du bois et du fer se prête admirablement à l'enseignement technique : c'est là une méthode essentiellement naturelle [sic], puis- ({u'elle vienl donner à lout moment l'explication, la raison d'être de toute opération manuelle. » L'enseignement techni(|ue était donné autrefois pour tous les ateliers : nous ne voyons pas là une innovation, mais bien plut(jl une rétrogradation.

Bien d'autres prétendues réformes ont d'ailleurs été faites à Cempuis, que n'indique pas M. Rébeillard, et qui nous autorisent à dire que l'Orphelinat Prévost n'a pas conservé le caractère original que lui avait donné M. Paul Robin. Cempuis n'est plus maintenant qu'une simple école primaire communale à la campagne, avec annexe professionnelle.

Cempuis n'est plus un champ d'expériences pédagogiques. Cempuis dépérit faute d'une âme, faute d'un esprit pour le vivifier; Cempuis meurt de vivre par radminislration.

Souhaitons que cette expérience soit reprise et qu'elle se (h'veloppe dans de meilleures conditions; souhaitons

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que do jeunes éducateurs, iiidf'pendanls, libéré'S d'une administration toujours rétroj^rade , créent de nombreux Cempuis plus beaux encore, plus larges, se développant pleinement « dans la vie et dans la joie -».

Il y a quelque soixante ans, l'école était un lieu bien triste, où quand il en avait le loisir le sacristain venait apprendre à quelques jeunes enfants à lire, à compter, quelquefois même à écrire, la plus grande partie du temps ('tant d'ailleurs consacrée à la répétition du catéchisme.

Dans une longue évolution presque complétée aujourd'hui, le sacristain s'est effacé, le pédagogue s'est développé. Les instituteurs, ou au moins quelques-uns d'entre eux, comprennent l'importance du rôle qu'ils jouent dans la société et font leurs efforts pour être, à la hauteur des exigences de leur noble mission.

Leur enseignement a abandonné le te rre-à- terre du début* et, s'il a conservé encore une trop grande part aux questions d'opinion : l'histoire, qui n'estactuellement que la glori lication de la violence ayant ri'ussi , la grammaire qui ne sert qu'à accentuei' la séparation des classes, on peut dire que les réalités y conquièrent chaque jour plus de place, que le culte de l'art s'y est introduit avec l'étude de la musique et du dessin, que le respect du corps, la guenille d'autrefois, naît de la pratique de la gymnastique et des exercices physiques.

Les procédés d'enseignement subissent aussi leur évolution. Au martinet, argument unique et continuel, avait succédé le pensum qui martyrisait le poignet au lieu du dos. Il disparaît à son tour pour faire place à la bienveillance des maîtres, à l'affection réciproque, et

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Ton jxHiL esprrer que cela suffira quand renseignement sera bien donné, et surtoul quand il sera accompagné d'une bonne éducalion résultant de bons conseils et de bons exenipb's. L'enseignement pi'oprement dit doit j)resque toujours C('der le pas à l'enlraintmient.

Une étude nouvelle s'impose aussi à l'éducateur, c'est celle dr r(''lal j)hysique de ses élèves. Les observalions (ranlhroponK'Irie scolaire semldables a celles faites à Gempuis ne sont que le pi'('lu(l(* de celles qui permettront à l'iMlucateur de l'avenir de lutter avec succès contre les df'fauts pcrmancnls ou passagers de ses élèves; quand rexpc'rience aura scientifiquement établi les relations entre les fautes et les maladies ou les infirmités physiques, l'éducateur ne songera plus à puTiir', il a|)pr('iidra à guérir.

.Mais le rôle de l'école doit encore s'élargir; elle ne doit j)lus être seulement le lieu d'étude pour les petits, «die doit être le centre intellectuel, moral, artistique dune agglomération, le lieu de rc'union chéri de tous, remplaçant l'église et le cabaret, oùles graR(/s aimeront à revenir, s'instruiront encore de ce qu'ils ignorent, l'enseigneront aux autres, ('changeront leurs idées sur leurs intf'rèts matériels et moraux.

Dans l'c'cole de l'avenir, il n'y aura plus de distinction d'âge, ni de sexe, ni pour ainsi dire entre maître et écolier. (Jelui qui sait, communique sa science à celui qui veut rac([U(>rir. Sans doute, les vieux auront plus à enseigner (juc les jeunes, nuiis rien n'est décidé' a jjriof'isuv uncasdonni', et les éducateurs qui réfléchissent savent quelles bonnes leçons ils reçoivent parfois de leurs (dèves; I(MU's vrais nuùti'es en pédagogie, ce sont les cnfiuds.

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