‹ CempiusChapitre 42 sur 66 · CE.Ml'LIS · texte numérisé non relu

CE.Ml'LIS

COKDL'CATION

Diciio/uiai/r pédagogique de M. Ferdinand Buisson, 1" partie.

Article Coéducai'ion .

Article États-Unis^ par John D. Philurick.

Article Sexes [cuéducation des), par Paul Passy.

Glarke (Edw.-H.). — Sex in éducation, or a fair chance for girls. — Boston, R. Osgood and C°.

Ligue du personnel enseignant de Gand. — Session internationale de pédagogie pratique, tenue à Gand du 12 au 1(> août 1883, 39, rue des Baguettes, Gand.

INSïIiUCïION INTÉGIULE

DoMELA NiEUWEiN'HUis. — Véduccition libertaire. — Paris, Temps Nouveaux.

F.-Ch. Barlet. — L'instruction intégrale ; programme raisonné (V instruction à tous les degrés, vol. in-18". — Ghamuel, éditeur, Paris.

G. de Gkeef, ancien Recteur de l'Université nouvelle de Bruxelles. — Problèmes de philosophie positire.

— L'inconnaissable ; renseignement intégral, vol. in-18".

— Schleicher frères, éditeurs. Paris.

Léon Tolstoï. — L'école de Yasnaïa Poliana, traduction de B. Tseytline et E. Jaubert. — Savine, éditeur, 1888.

Les publications de l'Orphelinat Prévost peuvent être consultées à la Bibliothèque nationale, au Mus(''(' pédagogique de la rue Gay-Lussac, au Musée pédagogique de la ville de Paris, rue Montmartre ; elles sont aussi au British Muséum de Londres.

Extrait chi tt'stanwnt de .Jost'i)h-(iabrieI Prrro^t

Averti par TiHat de ma santé qu'il est temps de prendre des précautions contre une mort subite, je prolitedo la parfaite liberté d'esprit dont je n'ai cessé de jouir jusqu'à présent pour écrire mes dernières et fermes volontés.

Mon plus grand désir est d'assurer le maintien à perp('tuité de l'œuvre que j'ai entreprise il y a plusieurs années en formant l'établissement de Cempuis. Tous les membres de ma famille sont assez riches pour n'avoir pas besoin de ma fortune, qui ne servirait qu'à leur donner du supertlu, tandis qu'elle peut sauver de la misère et du vice des milliers d'êtres humains.

C'est pourquoi j'institue pour mon légataire universel, en toute propriété, le département de la Seine, à charge par lui d'atl'ecter la lolalité de ma fortune à l'entretien du plus grand nombre possible d'orphelins des deux sexes, dans ma maison de Cempuis.

Sauf quelques legs particuliers, je fais don au département de la Seine de tout ce que je posséderai au moment de mon décès, avec les prescriptions suivantes :

1" Que le déparlement s'engage, en acceptant ce legs, à l'employer en totalité à l'entretien et au développement de l'orphelinat de Gempuis. Je ne veux pas que cet argent soit versé dans les caisses de l'Assistance publique |)ourètre employé au gré de l'administration; j'entends qu'il soit perpétuellement et exclusivement affecté à la désignation spéciale que je lui assigne;

2" Que l'i'taljlissement ait toujours pour directeur et sous-directeur, instituteurs, institutrices, des laïques, alin que tous les enfants y soient recueillis dune façon égale et sans esprit de secte.

Enfin je nomme et constitue un Comité de patronage de onze personnes qui servira de trait d'union entre moi et l'adminislration du département de la Seine, et je décide qu'au fur et à mesure des décès survenant dans ce Comité ce sera le (Conseil Général de la Seine qui avisera avec les membres survivants de ce Comité.

Letfi'c-rdiiitorl adressée par M. Paul Hnl)in à M. Carriot., directeur de F Enseignement primaire de la Seine ^ en octobre 1880.

Monsieur le Directeur,

J'ai vlsiU- l'établissement de Cempuis. Il me parait susceptible d'un grand développement. Presque immédialement, il est possible de doubler au moins la population en utilisant le bâtiment ouest actuellement à peu près vide. Ce bâtiment, composé du rez-de-chaussée et de detix étages, ayant sept fenêtres de façade, est divisé par des cloisons en un assez grand nombre de petites chambres. La suppression de ces cloisons aux deux étages les transformerait eft dortoirs. Un côté du rezde-chaass('e pourniit être partagé en deux classes, dont Tune aurait, il est vrai, une forme et un éclairage défectueux; l'autre, formant une salle unique, devrait être conservée pour les fêtes, les réunions, le musée. Je considère cette salle comme très importante.

Le bâtiment central où se trouvent actuellement logés, dans des conditions très imparfaites, tous les enfants et la plupart des employés, contiendrait le réfectoire, les logements du personnel et des ateliers provisoires.

Sur l'étendue d'environ 18 hectares dont est fornKî la propriété, on pourra ultérieurement ajouter ce que

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l'on voiulra aux constructions actuelles. C'est un projet à étudier plus à fond.

Au point de vue de l'f'ducation, voici comment, en gros, je proposerais d'employer le temps des enfants de l'âge moyen (environ dix ans).

Sommeil 9 h.

Soinspersonnels, propreté, repas, récréations. 3 h.

Travaux scolaires, d'après les programmes des cours de l'enseignement primaire comprenant: lecture, écriture, langue française, calcul, leçons de choses, dessin, chant 4 h.

Travaux collectifs pour la maison, participation à la cuisine, nettoyage et entretien du local, réparation des vêtements 2 h.

Travaux industriels, agricoles, horticoles.. . 3 h.

Occupations facultatives 3 h.

Ce dernier point m(> parait d'une extrême importance. Il correspond au temps de liberté de l'enfant dans la famille. (Test alors que l'éducateur peut étudier les dispositions des enfants, les encourager ou les modifier. C/est durant ce temps que les élèves peuvent développer leurs goûts pour les sciences, les métiers ou les arts d'agrément et se livrer avec une entière liberté et dans la plus large mesure aux travaux qui peuvent les intéresi-er plus particulièrement : photographie, peinture, sculpture, musique, etc. C'estaussi à ces moments de loisir que les enfants prennent note de leurs impressions journalières ou hebdomadaires ou mensuelles : excellente habitude à contracter dès l'enfance. Enfin les élèves les plus jeunes ou à nature exubérante peuvent avoir, pendant ce temps, le supplément de récréation bruyante qui leur est nc'cessaire.

Beaucou[) de raisons l'ciidraiont purement illusoire un emploi du temps établi pour chaque jour de Tannée. Il est indispensable de laisser leur légitime iniluence aux accidents journaliers et de se plier aux conditions atmosphériques ou autres.

Dans tous les cas, rien ne serait laissé au hasard. L'horaire serait établi chaque semaine d'avance, et les cas de modilication pourraient être ainsi mieux prévus; il en résulterait moins de perle de temps.

Le^ après-midi du jeudi, du dimanche et, suivant le temps, celles d'autres jours seraient consacrées à des promenades, à la confection d'herbiers, de collections diverses, etc.

Veuillez agréer, etc.

Paul Robin.

Extrait du mcmoire adresfié par M. Paul Roinn au Prcfet de la Sririp, le 1" i^eptemhre 1881 ^

Monsieur le Préfet,

Je consiclTTe comme admis que l'être humain doit recevoir dans toutes ses parties une éducation harmonique. Les sens, les organes du mouvement ont hesoin d'être exercés comme l'organe de l'intelligence. Il faut au début chercher beaucoup moins à faire acquérir aux enfants un grand nombre de notions qu'à d('velopper leurs facultés.

A la sortie de l'écoh' primaire, vers treize ans, les enfants doivent avoir les sons capables de perception rapide et nette, la main habile, les muscles souples et robustes, être habitués à observer avec précision, à appliquer mentalement ou autrement le calcul de leurs observations ; ils doivent connaître, au })oint de vue pratique seulement, la langue nationale, lire et comprendre ce qu'ils lisent, écrire à très peu près suivant les conventions orthographiques actuelles, s'exprimer correctement d'une voix claire et haute, savoir compléter leurs paroles à l'aide de croquis

1. I.n 2ij février 1881, un rapport de M. Paul Hobin, contenant celui-ci presque en entier, avait été envoyé au préfet de la Seine.

rapides et clairs; ajoutons-y les notions indispensables sur la géographie de la France, sa situation actuelle aux divers points de vue, son histoire contempoi-aine et enfin la lecture et l'écriture musicale, art d'agrément le plus propre à égayer les études de Tenfance et les travaux de l'adulte.

La première difficulté consiste à faire un emploi du temps dans lequel chaque exercice ait sa part convenable. Celui que vous avez bien voulu adopter en principe est le fruit de longues méditations; j'esprre ne pas avoir de modification essentielle à faire.

Le travail intellectuel diffère peu de celui des b(mnes écoles primaires ; on y a réduit la pai't donnée à l'étude théorique de lii langue, on a donné' |)lus de part aux travaux pratiques, dessin appliqué aux diverses branches, rédactions, lecture à haute voix, exercices de s}*^tème métrique...

Les travaux manuels sont de deux sortes: les premiers comprennent le service de l'établissement ; la production est la partie principale, l'apprentissage, l'accessoire. Tels sont la cuisine, la boulangerie, la buanderie, le service de propreté; ils ont d(''jà été réduits autant que possible et le seront encore par l'introduction d'appareils plus perfectionnés.

Dans les seconds, l'apprentissage est l'essentiel, la production l'accessoire. On leur consacre deux heures et demie obligatoires chaque matin et l)ien des moments d'occupation li])re.

Je me suis efforcé d'intixxluire dans l'eniploi du temps des exemples de toutes les principales industries élémentaires Le travail des corps à deux dimensions, papier, étoffe, carton (plus tard zinc, fer blanc), est le

(l('l»ut; les enfants élevés dans les écoles frœbeliennes y sont déjà exercés et y font des progrès rapides. Là s'offrent des applications de géométrie plane parfois élevées et beaucoup d'occasions de développer chez les enfants l'esprit inventif. Le modelage est aussi de bonne heure un exercice inséparable du dessin et une préparation à tous les travaux qui se r('sument en une modilicalion géométrique de la forme. Le travail du bois, menuiserie, tonr ; celui du fer à Tétau, au tour, à la forge, sont le partage des plus avancés. Je comprends sous le nom de divers une multitude d'exercices qui n'ont pas une importance théorique suffisante pour revenir périodiquement et qui s'exécutent suivant les besoins accidentels, travail de la feuille de verre, vitrage, peinlure, polygraphie dans toutes ses branches, travail des cordes, (U's fils mt'talliques, etc.

Une autre difliculté était la rédaction d'un programme pour chaque exercice ; je le considère comme toujours insoluble, et je pense qu'on ne peut qu'indiquer en gros de faire passer entre les mains des enfants les principaux instruments de chaque profession, et pour le détail s'inspirer des circonstances si diverses quant aux travaux que l'on indique à chaque enfant.

Le jardinage et les travaux de la terre ont reçu une grande importance dans notre orphelinat agricole, imporiance qui s'accroîtra encore à la belle saison.

La gymnastique, pour laquelle nous avons déjà un matériel passable, dont l'amélioration sera un des prochains Iravaux des enfants, a été et continue à être bien enseignée par le maître-adjoint.

Des observations régulières de météorologie et d'an-

thropologie excileiil rint('rèl el la licrlé dos enfants qui y prennent part .

Pour tout ce qui concerne le matériel, j'ai d'abord mis à la disposition des élèves l'outillage d'amateur assez considérable et les instruments de toute nature dont je disposais. Au fur et à mesure que les finances de Torphelinat le permettront, ces appareils seront remplacés par des appareils lui appartenant en propre. Il m'a paru, avant tout, indispensable de commencer vite, de mettre en train sans perte de temps. C'est fait; reste à coordonner, à développer, à introduire partout un ordre minutieux. Sous ce dernier rapport, nous manquions de ce qui est nécessaire. Les enfants pendant ce mois ont activement travaillé au mobilier sous la direction et avec l'aide du menuisier ; j'espère qu'après un autre mois notre mobilier comprendra le strict nécessaire et que l'organisation complète pourra être considérée comme établie.

... Les programmes sont ceux des écoles primaires publiques déterminés par la loi du 15 mars 1850 et les additions introduites par diverses lois, décrets et arrêtés, notamment par la loi du 10 avril 18(37 et les circulaires ministérielles r('centes...

... Pour ce qui concerne l'école enfantine, je prends pour guide la méthode Fro'bel, telle qu'elle est moditiée par l'ouvrage de M. et de M"" Delon, sur l'enseignement intuitif. (Hachette.)

Dans l'école primaire, une part importante est donnée à l'étude du dessin appliqué aux diverses branches.

Quelques enfants ayant des dispositions spéciales arriveront sans doute et prendront plaisir à faire des

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dessins finis quelque peu artistiques; mais, pour la plupart, il ne s'agit que de leur apprendre à exprimer clairement leurs pensées avec le crayon comme avec la i)lnme et la parole, à dessin(>r un objet naturel soit à vue, soit à réchelle, de manière à donner au tableau ou sur le papier des idées précises sur sa forme et ses dimensions.

La méthode suivie consiste à faire dessiner le plus possible d'après nature et à montrer seulement des dessins, alin de faire comprendre de quelle manière il faut copier les objets naturels.

Le modèle le plus simple, le plus intéressant, le j)lus varié, sans prix ici, est la feuille d'arbre à plat, puis la llcur dans une position spéciale vue juste de face ou de profil.

Le droit de colorier un dessin réussi est un «rand encouragement .

A l'école enfantine surtout, mais encore plus tard, les élèves sont exercés à faire sur cahiers quadrillés des dessins, de symétries diverses ; sur ces mômes cahiers ils apprendront à faire des reproductions agrandies ou diminuées de toutes sortes.

Les élèves ont aussi à reproduire, d'après des modèles ou des objets, des dessins historiques représentant une arme, un vêtement, un log(mient, avec dates et légendes; ils copient des caries et en font de souvenir au tableau ou sur leur cahier.

J'ajouterai à ce que j'ai d('jà dit dans mon raj)])ort du 25 février une simple nomenclature des travaux à pratiquer dans les diverses branches sans leur assigner a priori une durée relative.

ANiNEXES 267

M ode la y a Annexe : moulage du plâtre, du soufre, de la cire.

Moulage sur nature.

Cni'to)inaf/e

Couture des cahiers, couture des livres pour la reliure, endossage et cartonnage simple des livres.

Réparation des livres.

Goupag^e du carton à la pointe.

Collage des cartes, dessins, tableaux sur carton et sur toile.

Fabrication de boîtes à échantillons.

Découpage et assemblage de dessins pour constructions et mécanismes.

Annexe : coupage de la peau, fabrication de gants de travail.

Travail du IkjÏs

Rabotage de planches à plat.

Rabotage de prismes à Ijase carrée, usage de l'équerre et du troussequin.

Prisme octogonal, cylindre.

Sciage à la scie à main, à la scie allemande, à la scie circulaire, à la scie à ruban (ces dernières pour les grands seulement et toujours surveillés).

Les assemblages divers.

Fabrication des boîtes et autres menus travaux de fantaisie suivant les circonstances, les besoins et comme récompense de la bonne exécution des travaux précédents.

268 ci:Mi>Liis ,

Zinc, frr-h/imr

Coupage (lu fer lilauc ave;- la cisaille. Coupage du zinc avec la cisaille et la poinle. Pliage sur la tranche, usage du maillet. Soudure.

Annexe : travail du lil de fer, anneaux, chaînes, marquage avec les autres puinrons.

Frr

Manier la lime, lime;' n plal.

Faire un carré de tôle épaisse, un octogone.

Prisme carré, puis octogonal, puis cylindre tiré d'une barre ou d'un prisme carré.

Limer des ornements, des lettres en tôle.

Coupei' sur Tenclume avec tranche à chaud ou à froid.

Manier le marteau par de vaut.

Forger, souder, braser.

Eléments de serrurerie, remise en état des serrures.

Iticei-s

Coupage du verre au diamant, à la pointe chaude, vitrage.

Travail des cordes, épissures, tressage, maçonnerie, peinture.

Traraur c.itrrieurs

Ferme, liasse -cour, lait, beurre, Iromage.

Culture.

Jardin potager, jardin lleiu'iste.

Terrassements, maçonnerie.

Quand les enfants ont obtenu le certificat d'études

primaires, s'ils en sont clignes par leur condnile, je proposerai de les conserver quelques années de plus à l'orphelinat comme élèves agriculteurs ou horticulteurs, et exceptionnellement cimime apprentis menuisiers, tourneurs, forgerons, ferhlantiers.

Ces derniers, en petit nombre, ne resteraient qu'un certain temps comme moniteurs des travaux manuels et iraient compléter leur apprentissage dans un atelier spécial ou une école industrielle comme celle de la Villette. Je m'imagine que quelques-uns aimeraient plus tard à revenir à l'orphelinat développé, comme ouvriers ou demi-ouvriers, et y rendraient de grands services tant par l'ouvrage etfectué que par l'instruction qu'ils donneraient à leurs jeunes camarades.

Les élèves agriculteurs et horticulteurs pourraient mener loin leur instruction théorique et pratique ; l'orphelinat devrait avoir toujours, comme à présent, un instituteur ayant fait preuve d'une instruction spéciale en agriculture et en horticulture; le chef de culture devrait être, comme en ce moment, un praticien habile et bienveillant pour ses élèves, et je m'efforcerai de trouver un jardinier ayant les mêmes qualités. Les élèves suivraient lidèlement les leçons que donnent au chef-lieu de canton les professeurs envoyés périodiquement par les sociétés d'horticulture de l'Oise. Enfin il y aura lieu d'examiner, dans les cas particuliers, s'il sera bonde compléter l'éducation agricole des meilleurs par un certain temps d'étude à l'école de Grignon ou à l'institut agronomique de Paris.

L'avenir de ces jeunes gens sera de devenir de bons jardiniers, d'excellents chefs agriculteurs et de contribuer a la transformation de la moyenne en grandf^

culture, indispensable selon heauconj) de personnes au salut de la production dans notre pays.

En ce qui concerne les orphelines, il n'y a que des modifications de détail à ajouter à ce qui précède ; celles qui, ayant obtenu le certilicat d'éludés, seraient jugées dignes d'être conservées à l'orphelinat seraient initiées à tous les travaux de femme, nécessaires dans l'établissement ou ailleui's, ferme, basse-cour, cuisine, buanderie, couture, elc. ; les plus intelligentes pourraient devenir institutrices. Dans un temps plus éloigné, le personnel adulte de l'orphelinat pourrait, en grande partie, être composé du premier choix de ceux et de celles qui y auraient été élevés.

Je demande la création d'une commission appelée à se prononcer sur l'admission des orphelins des deux sexes à Cempuis. Cette commission se réunirait tous les deux mois.

A chaque séance, elle examinerait les demandes, v(Trail les candidats et se prononcerait pour ou contre l'admission provisoire. Après deux mois de séjour à l'orphelinat, chaque enfant serait l'objet d'un rapport du Directeur à la Commission, après le(ju<d la Commission déciderait s'il doit être renvoyé ou admis définitivement à l'orphelinat. Si, comme il y a lieu de le supposer, le rapport de M. Rey est transformé par le Conseil Général en décision, rorphelinat devra recevoir exclusivement les enfants robustes, bien doués d'atavismes supérieurs.

La ('ommission aurait à s'inspirer de cette résolution, et l'on cesserait d'accorder au hasard le privilège

dune éducation qui sera, selon le rapporleur, conduite ari'c méthode et science.

Quant à ceux qui n'ont reçu de leurs ascendants ni ifn cerceau suffisant, ni an corps sain, rétablissement où la société peut en tirei' le parti le moins mauvais doit être complètement ditïérent de celui qui est destiné aux enfants sains à tous les points de vue.

Pour ces derniers, il faut chercher à développer toutes les facultés physiques, morales, intellectuelles, leur appj'cndre par la pi'y tique à se bien conduire, leur faire comprendre comment la bonne conduite est basée sur le sentiment de la dignité personnelle et la solidarité humaine, et, en même temps qu'ils obéissent avec entrain à de sages prescriptions, leur apprendre à commander avec sagesse un petit groupe accomplissant un travail d'ensemble.

Pour arriver à ce résultat, il faut des établissements vastes comme est, et mieux encore comme deviendra, je l'espère, celui de Cempuis ; il faut de l'espace, une certaine somme de liberté organisée.

La surveillance par des adultes de jeunes travailleurs assez dispersés ne peut porter que sur l'ensemble; elle est forcément intermittente et doit être complétée par celle qu'exercent les élèves gradés.

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