‹ Censure de 1827 (volume 2)Chapitre 10 sur 80 · À UN ELECTEUR DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

À UN ELECTEUR DE BORDEAUX

)m^mÊÈÊÊtÊmm

Ce Si juiflet tSi;. <

Vovf i»e d^mandei des pûHTelles d^ Paru; tqus Toudrîes safoir ei[aotemeQ( ce que Ton pense, ce que l'on craiot, <|e que ToQ préroil; vous êtes effrayé dfjs bruits qui vous arpi- Tant à la faveur de la ceosure» ^t qui n'anaoocisnt riea moins que te péril et la chute de oos inslitutioas Içs pfi^s chères, car la censure est le plus grand des aùirmùles; loot ce qu'elle empêcha d'écrire est dit avec plus de force; tout ce qu'elle supprime est exagéré; son apparition atteste quelque danger public. Le mystère dont elle enveloppe la poJitique excite toutes les défiances e^ toutes las crainlc^. Son exUleoee est une ffalampie permaaçnte çofltre la couroDoe.

I Cette brochure est la seconde de celles qui paroltfont f nit<« chez M. Le Normant fils, imprimeur. La première, écrite p^r M le \icomle de Chateaubriand , a pour titre : Mes j^mis de fa UkerÏÀ de k^ pr9$»e.^*IUiitche et ejfeu de la Censitre* Nous invitons les lecteurs à se procurer les autres brochures dont nous donnons la liste à la 6n de celle-ci. Le.s brochures de Af. Salvandy , extrêmement curieuses et piquantes^ contiennent les tognures de la tensure et Thistoire des faits et ge&tes de cette déplnraplc et îf^oble p«rtécutioa. Tous tes libraires de France ou autres citoyens sont autorisés à réimpriflaer et faire réimprimer les brociiures publiées ^n^f par Us Amis de la liberté de I4 presse ; chez M. I^e JNçr^ant Sls^ imprimeur, rue de ^cinc , &<> 6.

Od parle, dites-rons, de Tarticle i4~de la Charte et da camp de Saint-Omer; on annonce que la royauté « pour s'affermir, est în?îtée à détruire les bases de son nouveau pouToir; on dit que des hommes élevés par hasard au mî-> nistère, et pour qui la chute seroil le néant, veulent à tout prix s*accrocher aux marches du trône , en Fisolant sur une montagne à pic. Vos imaginations du Midi commentent ces bruits sinistres; et surtout cela tous ne trouvez aucune réponse» car TOUS croyez peu îc Moniteur, dépositaire ofliciel de cette nouvelle liberté de la presse, fondée, selon lui, par la dernière ordonnance de censure.

Depuis cette hégire des minbtres et des valets ministériels, on ne sait plus, dites-vous, quel droit est en sûreté. La Chambre des pairs serait-elle submergée et dissoute dans un flot de pairs de création nouvelle ? La loi des élections ne sera-t-elle pas changée, la censure établie à perpétuité ? Enfin le plus ferme appui des droits publics, l'inamovible indépendance des Cours judiciaires, ne sera-t-elle pas sub-« juguée par des adjonetlons de membres dépendant du pou- Toir? Telle est en effet la destinée du ministère, qu'ayant soulevé partout de mortelles résistances , il semble que si l'on veut le conserver, il faut changer tout le reste. - -

Mais cela mdme est difficile; et quand on doit opter entre la mutation de quelques personnes et le bouleversement d'un ordre social, le résultat se devine sans peine. •

Je ne puis vous envoyer à cet égard que des conjectures, mais chaque jour plus manifestes et mieux appuyées par les faits. . . ï

Ne croyez pas qu*en aucun pays on fasse de gaîlé de cœur des révolutions. A Naples on déchire avec des baîon'nettes autrichiennes une constitution écrite depuis trois mole; mais en France, la Charte promulguée, invoquée, pratiquée depuis quatorze ans, n'est plus une feuille de papier; elle est notre droit, notre vie politique.

Malgré les obstacles qu'elle rencontre, les eropiétemens qu'elle souffre, malgré les - traditions d'un double passé nuisible au présent, malgré l'administration impériale et les jésuites , la Charte s'est fortifiée parmi nous, hà royauté ne peut s'y tromper; elle ne peut la regarder comme un asile de passage, comme une tente déployée pour une nuit et qu^on enlève le lendemain; il faut rester sous cet abri.

Dans la génération qui fait aujourd'hui la force de la France, la Charte ne conipte que des partisans, et trouyeroît, au besoin, une foule de martyrs.

L'Angleterre euf un Hauipden. On les yerroit aujour-

d'bni se multiplier par centaines en France, si un ininistëf« Touloit jamais se passer de Chambres pour voter Tlmpôt. Mais restent toutes les entreprises de corruplion, de violence pour a:*servir ces Chambres mêmes, et en faire des instrumens de despotisme. >

Voyons à cet ég;ard, si le ministère est en progrès, et, pour parler sa langue, s*il est en hausse ou en baisse.

Il en est du pouvoir absolu comme de la pierre philoso-*

Ïihale; les alchimistes, quand ils promettoient de faire de *or, prenoient toujours de Tor pour premier ingrédient; de même il faut de la force pour promettre des coups d'Élat.

Le ministère môme, étayé de la faction bigote, est-ii maintenant plus fort qu'à L'issue de la guerre d'Espagne, à cette époque où Tenthousiasine des uns , l'indifférence des autres , lui livroient les élections P Non. Maintenant les esprits sont attentifs et animés. La fraude est devenue plus diflfjcîle , et l'autorité moi«^le est détruite. Les hommes hunorâbles de toute opinion se réunissent. Les libéraux, pour porter avec ardeur un royaliste, ne lui demandent que de l'Indépendance et du talent.

Parmi les partisans même du ministère , la défection et le découragement ont commencé. La dernière session a vu dans la Chambre des députés l'Opposition grossie en nombre, et doublée presque en talent.

Votre honorable compatriote, M. Gautier, a pris une première place dans l'estime publique. On a vo.té encore pour le ministère ; mais on ne l'a plus défendu. Quels noms s'engagent pour lui? Quels orateurs lui prêtent leurs voix, ouïe soutiennent de leurs actes ? Les fonctionnaires intimidés, menacés, semblent lui appartenir; mais ils sont au Roi , et à toute administration choisie par le Roi. Le ministère n'a bien à lui que ses censeurs.

Biais ici peut*on ne pas s'indigner de la profanation qu*il fait subir à des caractères jusque-là respectés? £h quoi! le ministère n'a que M. le vicomte de Ronald pour insulter à M. le duc de Choiseul ! C'est un pair de France qui biffa les lettres d'un autre pair de France, et qui lui signifie, en style d'huissier, la sentence non motivée du bureau de police !

M. de Ronald, lorsqu'il fut élevé à la pairie, écrivit dans un journal non censuré une ingénieuse dissertation , pour expliquer comment il devoit avoir une des pensions del'ancien sénat, attendu que la pairiù héréditaire étant, une espèce de petite royauté, il «toit juste et néoessatre .

^Vdlc ett aii«tai m U0e twiÊB. fin WfU IL dt IémM tmllf: inamtvinTit d^ine étran^ipe naBÎèie cette rojauté àt la

el|iril ai>}iréot»H tant. Pi«éf<sre-t- il doue, à ces prÎTÎ^ âitnX il èl<»U altcn m avide, les prÎTil^es on peyt-êtsa eiiocm: lu ii«4te civile de la ceniiiire?

Il« de ViUèk listait deinaia soixaoie pidrs, qà^k la chaîne «Mira kacandale de lapairits censurant «t m\m aeroit jm& mnim vivement signalé : il n^j aiiruit làdiiaiiM ^u*uiie voit, car lt« lif«tn>e« premeiit l»a)oim iforl^oe diCHie de ia aitantion ^vée ifu^'on hsmt duane. C^eit à ce |>rind|ie «fue tient rirremédiaUe cmbaiTas ém ■Qtiiifltère; iJ s*c^ ma dans Fitnpaissance «f traie de inai^ tiintor une Cbanifare des pair». OuU le mtoislère acteel tàuU Am^ de faire war llbandire des ]Miirs^ de la fam i ne«f d à am |^; de cek «mil full |da(«it)it des iMunincs daaa nue aitualicin îodépradantceC tlevée, qu^il les créerait bérèdilMitvs* il nfètrmi incapable de osaitlirr à Icvr tête. yO|«prisitioa ne aVlirase ps à lui, mai^s A ses Êrales, à sea ooatnidiclioaSf à ses colères, à sa siéfliocrité. L^OppoMtioo a%st pas dans les personnes, ma» dans llnslitution elle-même. (3oe telle iostiiutiun ne pent obéir à de tels kooiœes.

Celte Térité se dit sentir â cens qnVIle contrarie le plus | el c*est elle qui retarde le coup d^fitat légal d*iine nouvelle création de pairs. Soixante pairs de | lus en effet ne feroieol pas appntaver par la Chambre- flaute la censure qii*on esrrve aiifourd'hiii. Soixante pairs de plus n'empêcheroîenl pas qtt^on ne refit des projets de luis incomplets ciu vîolens; et II n*j a pas besoin de soixante pairs pour obtenir lé budget « et remporter comme une dépouille conquise ^ malgré vingt défaites.

De plus, le préalable ou la conséquence d*ime cré.ition de pairs, c'est une réélection de députés. Car 11 faut compter avec llfs siens; il faut avancer en grade ceux d<»nt on a éprouvé le drtcile dévouement. Et Tudministralion ne s'a« Tfsteroit pas d'augmenter ia Chambre des pairs 9 sans j mettl*e une tn^ntaiiie de députés. Ainsi , par rheureuse fata* lité da nos Institutions « au moment où l'on semble rêver des uoiips d'Etat, ou du moins quelques applications exti*a« ordimiires de la prérogative rople, il faut en venir par CMiire<-conp aux électiotis.

Le miniKièrey pensoit sérieusoment il y a quelques joiirs» On esjiéruit prendre à l'improviste Is France» et, soit par lii paresse des électeurs , soit par ractivité des préfets, enls?tir ena bonne et gimnda majorité de réékçtiuos ministé^

fi^IIes » sur Iesquelle« on auroU prélevé 11119 ^'î^® ^^ BOih» Veaux pairs: puis, soutenu de cette double majorité 1 01^ ^spéroit procéder a rétablissement législatif de la censure.

La combinaison étoit séduisante. On évitoit la questioii du mandat quinquennal, les démissions, hû protestation! gui ne peuvent manquer Pannée prochaine.

Ox} recommtnpoit sa carrière avant de Taroir parcourues sans être sorti de sa ferniei on reprenoit un bail de sept ans ; on avoit une féconde TÎe ministérielle. Malheureuse"» tuent réiection d'Angouléme , çt beaucoup d'autre^ symp* tônaes analogues sont venus déranger un peu ce beau rêve;

On a su que partout les éUcteurs-jurés se faisoient inscrire avec zèle ; on a tu que toutes le# nuances se 0(>n«« fondoicnt dans une opposition commune au ministère* Rojnlîsles et constitutipnnels échangent leurs vêtes » et

Sortent mutuellement les représentans les plu» distingués e leurs opinions; i Mamers» M* Dupin; A Aogouléme; U. Delalot.

Celte coalition, il faut Tavouer, n'a rlên d'inquiétant

Ï^our la couronne ; elle lui ramène, squs les auspices popu*« aires, des hommes dévoués à sa cause; mais elle les engagif aux libertés publiques, sans refroidir leur zèle pour les justes droits du Prince; elle manifeste, elle fortifie le yéri-i table esprit public de la France, esprit de loyauté et d'in« dépendance légale , esprit d'ordre et de justice qu'on ne pourroit égarer, qu'en voulant lé^dégrader ou l'asservir.

Les résultats de ce mouyemént étoient faciles à pré-^ voir dans une élection générale; et le ministère parot* truît avoir reculé ; il auroit craint d'anticiper une époqfie fatale pour lui; tl se seroit dit que deux ans de pouvoif étoient encore chose précieuse; il auroit tout ajourné, d«; peur de tout perdre. Sans doute , d'ici là, bien deA projets se présenteront. On ne pourra plus, grâce à la loi du jury 9 modifier aussi facilement la liste des électeurs^ mais oa songe peut-être à modifier la loi des élections même 1 à retrancner les patentes , à créer deux degrés; vaine tea» • taiiyel car .la nouvelle, l'unanime Opposition qui^&fbrmf est plus puissante dans les grands collèges qfie dans les r collèges d arrondissement. Quoi qu'il en soit, les .plus intrè* • pides soutiens du ministère sont inquiets et indécis* Ofk'* assure même que votre compatriote M. le garde des âceauz a V0.U lu. négocier sa retraite, et qui! désiroit se réfugier dans la paisible présidence d'une liaute cour judjciaire. Il ^uroit fait i cet égard des avances positives à un vénérable pre-* mier président qui n'a pas cru devoir céder une plaee^ oà 11

ÏôrlÉ encore le Tignear et rassidoité d*iin jeane m^^^slnt : I. le gtrde des êceauz reste condamné aax grandeurs. En attendant une démission plus séneu5e , faites à Bordeaux ce que Ton fait dans toute la France 9 que tons les ayant «droit se fassent inscrire pour être électeuTs;

Si*on le fasse prompteroent, et de manière à prérenir toate Icane. Le mmistère est trop embarrassé pour être cens* tant dans ses projets. D^ailleurs, il n'est pas le maître sor tous 1rs points. Il peut revenir^ il peut être forcé â une dissolution de la Chambre ■• Il faut que la France soit prête; Il Aiut que tous les amis des lois et des libertés publiques tiennent leur tote disponible. On a beau faire, on ab^a flienacer ; U n*y a qu un seul dénouement probable. Les onups d'État liolens sont hors de saison ; les coups d*Etat légaux sont eux-mêmes diffîciles , et ne suffîroient pas. De la censure sortiront bientôt la discussion et la liberté. D^une créât! n de pairs sortiroit plus promptement 00e Chambre de députés peu soumise au ministère. Ne craignes donc ni réTolution 9 ni despotisme durable. Il faut en Tenir aux élections ; et des élections loyales doivent tout finir et tout juger»

NOTES

On a TU I dans te Moniteur et autres journaux ministériels » les promesses mielleuses de la censure. On pourra tout 60 permettre comme auparavant; tout, hormis les Injures ) les allusions offensantes 9 les personnalités; du reste 9 carte blanche 9 liberté entière sur les discussions politiques 9 sur la publication des nouvelles 9 sur le récit des faits. Qui croyoit d ces promesses? qui? Personne, pas même ceux qui les faisoient. Ils savoient comme nous 9 par expérience 9 ce que valoient les engagemens du ministère 9 même les engagemens contractés par les ministres en per- ' sonne 9 à lu face de la France 9 et du haut de la tribune des deux Chambres. Pourquoi auroil-on ajouté une foi plus

1 Plusieurs nouveaux «ympténif s rannonccnt , et en particulier le déplocement de certains préfets qui n*avoicnt plus d^influence dans leurs départemens ^ m aucu|i espoir d'être réélus là où ils a4aiiiiistrokent.

robuste i des engftgemcns pris dans des jonrnauz écrits f on ne le sait que trop, sous l'inspiration du ministère, et dont il s'est réservé le droit de désavouer au besoin les paroles ?

Le nQOnologue de Figaro 9 supprimé avec tant de pré- Toyaace par l'autorité , avant même qu'elle eût mis oppo* sitlon à la consommation de son mariage y nous revient mal^é nous à la pensée. A l'exception des actes du pou- Toîr, des hommes en place 9 des acteurs et des danseuses de l'Opéra, des jésuites, des capucins, des chanteurs de rOpéra-Comique, il sera permis de tout dire, de tout publier. Ajoutons-y les débats devant les tribunaux et de- Tant les cours, sur lesquels le silence est commandé même aux parties dont l'accusation a été publique, et auxquelles la censure interdit lu faculté de rendre à son tour la défense publique.

Y a-t-il une question plus générale, moins offensive,^ moins personnelle, et cependant d'un intérêt plus grave, que celle de saroir s'il convient, dans ancun cas, et surtout dans la circonstance présente, augmenter démesurément la Chambre des pairs, en détruire, en déplacer yiolemment la majorité? M. le marquis de la Gerraisais examine cette question dans une. brochure où la modération des formes ajoute à l'énergie de son opposition. On a vu, dans le dernier écrit de Al. de Salvandy , en quels termes également sages et énergiques étoit annoncé , avec quelques citations, l'ouyrage de M. de la Gervaisais, et l'on a tu aussi que ni l'annonce de cet ouTrage , ni les réflexions dont elle étoit précédée, n'ont pu trouver grâce auprès de la censure. Le Journal des Débats a été condamné au mutisme le plus absolu.

Un aTocat célèbre (M. Dupin^ prend en main la dé« fense du Constitutionnei devant la Cour royale de Paris. La nature de la cause amène naturellement l'examen des actes de la censure, de l'emploi que cette puissance aigé* rienne fait des armes qui lui ont été confiées. Que s'agts* soit-il de prouTer? Que retranchée derrière ses inaccessibles remparts, protégée par l'artillerie meurtrière de la police, la censure brave toutes les lois avouées de son institution; qu'elle comprend, dans ses conGscations arbitraires, tout ce qui lui paroît à sa convenance; qu'elle n'épargne pas plus les hostilités au pavillon blanc qu'au pavillon neutre 00 allié. Certes, s'il y a un fait qui, dans i intérêt du trône , de la morale , du caractère français , méritât de receToir la plus éclatante publicité, c'est celui

gui AToit été imprimé dan§ ic ConêtituUcmut^ ip» b Crniiura 0 supprime f et que dous allons repruduire ajcc les n'*fl(*xi'»ni» au M. Diipin.

« MoHitifMirAf In presse ne fut jamAts plus utile qu'en «ig:fia« Unt <i<i{i ttliUA graves, des attentats contre lliumaDÎté. La

Siibllcilù kU IcU M( tes est le meilleur, souvent le seulmojeii Vn rmpruher le retour. Comment donc« si la ceosurç n'ont IttiitltutH) que pour le mieux de la société sons lemeîl- Utir dm miniHlères pusiiblcs» avoir empêché de publier Tar* llvic nulvunt?

• On uou<t ailrc^flc cette c[\xçf'X\oïi:Jedésirerois$avùir9i te vhrfd'un régiment a ic droit d'infliger desputUtitmn gui ne sont pas au nombre de celles qu'atUari- SSiU tes rt\firf)U'US viiiitaires? Nous répondrons qne noM-nt^ulrinistU uucun chef de corps, aucun général n'a rti droit ; nmisi que dans le cns dont il s'agit, si le fait qui donne lieu t\ cette question est vrai, il y a lieu de pour- •iilvro là chef et de le traduire devant un conseil de. guerre.

i Un chef de corps a fait attacher le long d'un mur, tête nue et & Tardeur du soleil le plus brûlant, un soldat doot les deux brai étendus el liés nu poignet 9 étoient retenus pur des cordes que des clous Gxoirnt à la muraille. Ce lupnllce d*un genre nouveau est, dit-on, emprunté au Code russe. Lu ville dans laquelle il a été étalé avec une flffeclntlon barbare* en témoigne sa vive indignation. Ou dit qiio le général de division, averti par la clameur publique , s*est rendu ù la caserne où ces sévices sont exercés; qu'il y a trouvé des carcuns et d'autres instrumeas du supplices* et que des reproches très-véhémens ont été odre^nés par le général au colonel. Des reproches! ce serolt bien peu^ si, comme on nous l'écrit, h sa dernière exposition, le solilot succombant sous le poids de ses dou« leurs 9 ne l'ut détacité et transporté à rhôpital que. lors-, qu*un vomissement de sang eut annoncé que sa vie étoit ttu moment de s'éteindre. »

s l'our faire goûter cet article à la censure, il eût fanji doute fallu le tourner de la manière suivante et dire : f Ua s odlcler qui a servi long-temps avec honneur en Russie ^ » eu tt riipporlé un petit supplice qu'il a essayé de natura- . » User dans son ré^^iment, et dont on attend les meilleur^ » elfets pour l'avenir. » 0 honte de Thumanité! ce sont de pareils faits qu'on empêche de porter à la connoissance d'un peuple pivilihél Comme s'il n'étoit pas de l'intérêt du PrJnc9 . comme do riuléitit aatioaal d'empêcher qu'où oa Daturali:»^

ftîiisi parmi nous des supplices propres à exaspérer Teipril de ceux qui les souffrent » et de ceux qui en suut les triâtes témoins I

» Messieurs 9 ne soyons plus surpris de tant d'honorables démissiions ! Ne soyons plus surpris si chaque soir, ceux qui exercent ainsi la censure se jettent dans un fiacre pscorté de g^endarmerie pour rcg^agner leurs domiciles M »

Mais tandis que la censure supprimoit le plaidoyer de M. Dupin 9 parce que le célèbre avocat révéloit les turpi** tudes de la censure, cette même censure laissoit publier lafiaire et le procès du curé de Benfeld, de sorte qu'il est bien plus important pour la religion, la monarchie, la CharlCi la justice, la liberté de la presse, les bonnes mœurs, de mettre à couvert les sottises et les turpitudes de six commis censeurs à la solde du ministre de rintérieur, que de cacher les fautes d'un prêCre ! la Censure est bien autrement sacrée et luviolable que le sacerdoce I

YoiJA, comme on voit, un des trente ou quarante exemples, déj<^ connus par les brochures* de la sugetise et de la réserve que, suivantaes promevsses^ apporte la censuro dans s^s utiles opérations. La politique se mêle un peU) il est vrai, aux faits que nous venons' de citer, et qui ont provoqué la sévérité de ses eiH>a)>x. En voici un à la suppression duquel, si quelque chose pou voit embarrasser rar<* bitraire et la tyrannie, il lui seroit sans doute plus malaisé de trouver une excuse. Une difïiculté s'est élevée entre lea principaux sociétaires du théâtre de TOpéra-Comique et le directeur. Les sociétaires se s<>nt regardés justement blessés dans des droits acquis et reconnus; ils ont rédauié. Le directeur n'a tenu aucun compte de leurs réclamation^» et, pour trancher le nœud, il a eu recours au premier gentil-* hummede la chambre. Celui-ci s'est déclaré pour le directeur, et a obt4[*nu un acte qui paroîtroit être une ordonnance royale, mais dont l'auguste signature ne seroit pns accompagnée du contre- seing d'un ministre. La Charte ne reeonooissant que la responsabihté légale des ministres, les sorîétaires opposans ne trouvant point ici cette responsabilité, ne se sont pas crus autorisés ù obéir. De lA leur rc'Iruite momentanée du théâtre , jusqu^au moment oi) leurs préleniions auront été soumises à l'autorité des lolS) e*est« â*dîre ^ Tautorité judiciaire.

Moilà le fait théâtral réduit à sa plus simple expression*

I Défense du Cnnsittutrtmn^i, prononcée à raudieitce de la Cour royale, d» 17 jiiiUct i'8a6, par M* Dupta ani4« avocat.

le JimrtuU dt$ Dêtais raToît exposé arec quelques de- ▼eloppemens , mais sans TÎolence, sans aigreur, et ayec celle sincérité qui se marie très-bien aux formes de la poli^ fesse. La censure a supprimé l'article dans sa totalité. Elle 2 jugé apparemment que donner de la publicité à une discossion entre un grand seigneur et des comédiens, c*étoit oompromettie la sûreté du trône et la paix publique.

Mais Toid quelque chose de plus admirable eucore , et il est désiïrmab impossible de pré? oir à quel point s'arrêtera la brutale stupidité de la censure. Dans le fait que l'on Ta lire, et qui a été retranché, il y a deux jours du Joumai des Débats, il n'est plus question de grand 8ei«^eur; nul amour-propre n'est compromis; il s'agit d'un fait public qui n'est point loué, qui n'est point blâmé , ni dans ses causes , ni dans ses conséquences , et que l'on 9'étoît borné à raconter tel qu'il a paru hier matin dans un journal de théâtre^ seulement arec quelques détails de plus, tous aussi innocens les uns que les autres. Comment cet article a>t-il offensé la susceptibilité des censeurs ? Nous ne sommes pas, on le croira facilement, initiés aux secrets des opérations de certains bureaux ; mais il y a , dans le silence imposé au Journal des Débats sur la clôture d'un théâtre , le caractère d'une précaution méticuleuse qui laisse un champ libre à toute espèce de suppositions. Le temps soulèvera sans doute «ne partie du roilc qui cache le mystère non de l'opération en elle-même, mais des motifs que l'on a pu avoir d'empêcher qu'elle derlnt l'objet de l'attention publique. Voici ce morceau supprimé :

« L'autorité vient d'ordonner, par une décision fondée , dît-on , sur la nécessité de pourvoir à la sûreté publique , que le Théâtre de la Porle-Saint-Martîn seroit immédiatement fermé. Celte clôture sera déflnilive, et elle aura lieu dans les premiers jours du mois d'août. La salle de la Porte- Sainl-Martîn, construite en cinquante jours, sur les plans de l'architecte Lenoir, après l'incendie de la salle de l'Opéra, située au Palais-Royal, fut ouverte pour la première fois au public le 27 octobre 1781. Après que l'Académie royale de Musique eût été transférée au théâtre que M"* Montansier aroit fait construire, rue de Richelieu , vis-à-vis la Bibliothèque du Roi, la salle du boulevard Saint-Martin fut occupée successivement par diverses troupes dans lesquelles on distinguoit quelques sujets qui depuis ont figuré ou figurent encore honorablement sur des scènes plus élevées : parmi ces acteurs e^itimablcs, nous ne

citerons que deux sociétaires du Théâtre-Français* M"* Rose Dupuis et M"* Tousez. Dans les dernières années du régime impérial, le théâtre de la Porte Saint-Martin resta inoccupé. Sa réouverture eut lieu le a6 décembre 18149 en yertu d'un privilège accordé par M. l'abbé de Monter-» quiou, alors ministre de Tintérieur, à M. Saint-Romain. Ce privilège, cédé au bout de quelques années par M. Saint- Romain à Al. Lefeuve, et par ce dernier à MM. Merle et Deserres , étoit exploité depuis un an par M. le baron de Montgeuet 9 capitaine au corps. royal d'élat-major. Nous déplorons la nécessité impérieuse qui va tout d'im coup priver de leur industrie plus de deux cents personnes attachées au théâtre delà Porte-Saint-Martin. M. de Montgenet est, dit-on, nommé directeur du théâtre royal de TOdéon!, en remplacement de M. Sauvage, successeur de M. Frédéric du Petît-Méréf et qui se démet. volontairement des fonctions auxquelles il avoit été tout récemment appelé. Le motif de cette démission est, dit-on, la réduction de la subvention annuelle accordée à l'Odéon par le ministère de la Maison du Roi. M. de Montgenet apporte avec lui , du Roule vard, le mélodrame, le vaudeville et les ballets. On assure qu'à la faculté de représenter des tragédies, des comé« dies nouvelles et des opéras traduits , il joindra encore celle de jouer des opéras-comiques nouveaux. Cette dernière clause, ajoutée au nouveau privilège de l'Odéon, étoit, de* puis long'temps , réclamée par tous les amis de l'art musicaf. Elle est propre à favoriser les progrès de ce bel art, en ouvrant une nouvelle arène aux jeunes compositeurs qui assiégeoient inutilement les avenues du théâtre Feydeau ', ou qui ne gravissoient la scèue de l'Opéra-Comîque qu'après avoir souffert tous les dégoûts , et subi les ordres souverains de la routine et de l'ignorance, qui, depuis trois ans , se sont emparées violemment de ce malheureux théâtre. M. de Montgenet, aifranchî , par la décision supérieure qui ordonne la clôture du théâtre de la Porte-Saint- Martin , de ses engagemens envers les acteurs de ce théâtre, est tenu de remplir tous ceux de MM. Sauvage et Frédéric envers les acteurs de TOdéon. •

Toujours de mieux en mieux. Voici actuellement les Lettres de M" de Sévigné mises à l'index. Le Journal des Débats ( car c'est le journal qui paraît le favori privilégié de la censure) donne un article sur les routes, et à cette occasion il rappelle l'état déplorable où elles étoient dans certaines provinces, et notamment en Rretagne, sous le règne de Louis X-IV. Il s'appuie sur une autorité irréfra-*

BROGHUBBS POUnQITB^ FQMJ£BS DEPUIS LA CaOTSUaB BT QUI n'OHT PU iTBB AimONGÉES.

Al rHùblissememi Je la Censure , par Vordonnance du ai juin 1817; par M. le vicomte de Chateaubriand, pair de France; suivi De la Censure que Ton vient d'éteuflir en trerfii de tartide ide ia loi du 17 mars iSâa , et Ve Fabdliiion de la Censure (anciens écrits du même auteur), zt fr.

Comment onjait les Révolutions; par M. Alexis de Jussieu. In-8«. 25 c.

Lettre à M, le Rédacteur du Journal des Débats sur Vétat des affaires publiques; par M. A. de Salvandy. i fr.

Deuxième Lettre à M. le Rédacteur du Journal des Débats; par M. A. de Salvandy. j fr.

Troisième Lettre idem. . , 1 , i fr.

Quatrième Lettre idem. i fr.

Lettre de la Girafe au Pacha ^Egypte , pour lui rendre compte de son voyage k Saint-Cloud et envoyer les roenures de la censure de France au journal quMs'établit a Alexandrie en Afrique. I fr.

La Seconde Lettre de la Girafe au Pacha éP Egypte , avec envoi de son album, orné des demiferes noirceurs de la censure > pareitra le mercredi 7 août.

La Censure y scène historique; par Méry et Barthelennr 9 avec cette épigraphe : Vexât Censura i fr. 5o c.

Lettre à M, Lourdoueix; par M. Pages. i fr.

La Malle-Poste; par M. Félix Bodin. i fr.

pu Ministère et de la Censure; par M. Jay. jS c.

Remontrance au Conseil de surveillance de la censure ; par M. D. L. G.

Première et Seconde Lettres de onze Sociétaires du théâtre Fejdeau, (Se distribue.)

De la nouvelle révolution ministérielle en Angleterre . ( Se distribue.)

Procès de Tabbé Saladin , accusé de tentative d'empoisonnement sur la personne du curé de Pierrelatte. 76 c.

Mémoire adressé à la Commission de surveillance de la cen* sure, et surabondamment au public; par Bert, rédacteur en chef du Journal du Commerce. (Se distribue au bureau du Journal, et chez Sautelet et comp. )

Histoire de la Garde Nationale de Paris; par M. Ch. Gorote^ ancien rédacteur du Censeur Européen. Chez Sautelet et compagnie, place de la Bourse. 6 fr.

La censure n*a pas permis aux difTérens journaux de rendre compte de cet important ouyrage.

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