‹ Censure de 1827 (volume 2)Chapitre 2 sur 80 · DE ^A PRESSE · texte numérisé non relu

DE ^A PRESSE

J'a^ publié 9 le 5o du mois dernier, une brochure intitulée : Dm Rétahiissémmt delà Censure ctu *i^jùin 1827'. ' Dalis VaYerlissement de cette brochure on Ht ce passage : « £u presse non périodique doit Venir au secours de Ja » presse pério'diquè : des écrivains courageux se' sont as30- » Clés pour donner une suit-e de^ brochures. On - compte » ^aroiî eux des pairs, des députés, des magistrats. -Tout n'sera dit; aucune vérité ne restera cachée. Si certains « hommes ne- se lassent point de nous opprimer, d'autres » ne 56 fatigueront pas de les combattre. »

'En effet, une société d'hommes de bien, également attachés à la religion, au Roi, à' la patrie, s'est foripéet dans le dessein de venir au secours de la première de nos libertés.

Lës'brochures qu'ilsTont publier seront répandues ^ra^t^ à'PaHs et dans les départemens/: ainsi elles n'auroht pas besoin d'être annoncées pour être connues. Le public apprendra par elles et les vérités que la censure enlève aux fcuiUes indépendantes et les mensonges qu'elle laisse d^ns les journaux ministériels.

Les amis de la liberté de ]a presse placent leurs Ouvrages sous la sauvegarde et sous la censure des tribunaux. De bons -citoyens, des sujets fidèles , de vrais Français, des

I Chez Ladvocat.^M. Ladvocat reprendra pour mes OEavres' complètes ces brochures publiées gmns.

buntiMt niUaîsux <pii renient la liberté etnnn la licemtc, 4||ii (iésirent Tii paix et non In diisordre, a'unt rien A pe~ douter dv»lr)ia. Le* imii >tig;neront leurs écrit», le» anln» piriteaaat Vaaaajai*. Tuirt «m nom, es n'eat fiu b cacher.

X«I eftC le pliin cfnnt les ami» de In liberté de bi ^tksM eonimencent l'ex^milion dés ce moment même- On ai! yeiit s'emp<^ch«r d* risproduire une réfleTion dcTenue »ui~

fiire : apréti cinii ana % pfeînc et entière îuuiaaaace da la heïlé (f« lj pre.<4!te, il etl triatc d'âlre revenu aux nojtRiia de HéfenM employés dana ks pTeroie» Cemps de lu T laiif Atiiin : le pas rKtimgrndR e»t eUrnyant. Quand ou n jt recnlonsj il est dîQiciie d'éviter les précipices.

MARCHE £T EfTFTS DE LA CENSURE.

Vicftt id^ tHé ^a> kaot ' itwl le premier, it^ l'ovdre de» dates, d« lou* ttax qni ont été publiés )aaq«'j M )o»r »M| ror<t»Daiincs 4a 34 juin , c'est de cet écrit qu'il l»nt f^tir y«iii continuer l'bi^ioire ilc la cciuare.

Oh fttM i|na 4e» nautilalioni aroîcnt été failca aux ]oar~. MdXi Ha«cei'jmltMa^ avoïcnt été obligés de rejoindre ki UeuçotÊê de* «Itcle* coupés, tous peitke d'eire exposés à. lottles )«rtM à9 TMaliona Le Jaurnat des Débat» ajant ci\ l'ntidnce de laisffrr dans in Icuille un blanc accusateur , oo le yflTK Ulcnrtemalti il« Itionncur du vi*a, de manière ^u'il' M Irwita dAns la n^ciill^ , ou de paroltrc avec un nouveau UoDC, Ml de tw fat pnrvltre du tout, ou deparoîlre dob MMariit ce qui pnlnilnnll la suspension provisoire. La fttmOê CkH^Wf filoU Atnè un co* stniblable; on lui' 4és)all aussi \* bâlllno , en lui reruioit l'amnistie de la' «Muni or* ta mtllflll hors la loi» pour avoir occasion de' la punir wtnoia unoif^cUv* révoltée. M. Pages, dans une 4lMr« b4hiwI» à H- Lourdtmtix , fiùt connoltre de hideux détails aprfes leiqueli il ajoute :

4 H. (MUg* d4cl>ira k 1U'> Uarin , lUrccleur de la ■ T*ti.nrt Chritirni"-. .|ir..n ne voiiloit pu de itanctf • que Iç C'm.iiilniii!ini< I . h Journal dt» Débat»,, que » tous les juiiniiKii ilrkiiiii'iit ù celte volonté, et que ia

I ra/«paf

% Ftancô Càrélieiinù ne seroit a Ta venir ni approirrée "ni 9 rejetce. Depuis ce moment 9 lés épreuves» cha<|Ue foub a envoyées à deux heures après-midi, s6nt chaque joue » renvoyées à minuit 9 sans approbation et sans rejet.

» Je vis alors que tous les journaux s'étqient laissé prendre V au traquenard de la police. £t il importqit 9 lipn certes à la 9 prospérité de notre journal, çiais à la dignité de Toppo- » sition 9 mais aux libertés publiques 5 qyi'une feuille pro* » testât contre ces violences illégales, cônlte ces pièges grqsn » slers» qu'elle parût telle qu'elle étoit mutilée par vous 9 9 et que chaque lecteur pût se dire : J^a cenmve a pàssi » parAà.

» Or, si vous êtes de mauv^îis censeurs pour les autres » journaux 9 pour ni^us vous ne voulez pas être censeurs, et » il faut que Vautorité vous force à remplir vos devoirs ou » qu'elle nous rende notre lîl^erté.

B Or, Totre înerlie s'oppose à ce que ia Frcuncô Chré^ » tienne puisse paroitre; elle est donc un attentat: à la pro« » priétéf une véritable spoliation ; et ce genre, de confisca* » tion, ce vol véritable ne peut être saoQtionnè par un^ » ordonnance. »

Constantînqplc a-t-il donc d'administration plus desporn tique qiiè celle de la censurç, de muets plus arbitraires, que. les censeurs? Ces 'messieurs vous Jtuedt en vous appnquant la loi; ils vous tuent encore mieux en ne vous l'appliquant, pas. Si yous prétendez les poursuivre devant leè tribunaux^i il faut-en obtenir la permission de l'autorité 'supérieure jid-, miaistrative^^ ou les huissiers refusent de portet Vos assi-: gnations '• Si de son côté l'autorité supérieure ^ujspend, proirîsoirement vgtre feuille , et vous* fait eile-mêmë un^. procé59 plusieurs mois s'écoulent avant que vous putsâie^. être jugé; votre journal est perdu. Voilà la douce cénsltre, l'éfuîtable censcre» la libérale censure 9 la constitutionnelle censure» la pecisure qui n produit la véritable liberté' de \^\ presse 1 '

JUorsqiie la censure fut établie en t8i4 et dans les années

1 C'est ce avà est arrive II MMMes membres composant la socîëte du jouroai la France Chréùenru. Ils dat voulu oonstatei imc infraction à rordonoance de censure; l'hinssier, M.'Co|iite> a dé* clisé sa compétence jusqu^à obtention de Tautorisation de M. le ministre de Fintérieur, qui saiis doute ne laisserai pas attaquer «on" ooromis et son coropêrc.

il laat lire le Mémoire à consulter sur ies actes arbîtraîrês de ht

', sigmÀpar MIVI. les nroprîétâîires dn ConstinuioimH^ et les liavlntîoDS du Co^cU» M, Papin. Paris ^ 8 ^uiUetn^i^.

mirànlH , il jr ariAt mt sorte d'eztiàsc a celle dérogàlbti de la loi fondameotale : les troupes alliées occupoîent la France; elles demandoîent des sommes considérables ; des ertides indiscrets pouvoicnt blesser ces étrangers. Dans riolérieur du royaume la rieilie France et la France noa— TcOe se trouToient en présence pour la première fois, et elles ay oient des comptes à régler; les partis étoient animés , les passions exaltées par l'avonture des cent-fours ; des conspirations éclatolent de toutes parts : on pouToit craindre que la parole» si long-temps contenue par le despotisme de Buonaparte» ne Ht explosion eo se dégageant tout à coup.

11 étoit possible encore que sous des institutions nouvelles dont on ignoroit le mécanisme » on abusât d^abord de la presse; à peine sovoit-on ce que c'étoit que la Charte. If faut même rendre justice aux ministres de cette époque : en prenant des précautions contre la licence, ils se soumirent ù la liberté de ropinion, puisqu'ils se retirèrent, etpettfêtre trop tôt , dcrant la puissance de cette liberté : c'étoit nn^ hommage que, datas leur sincérité, ils offroient au prifict^ titaldcla Charte. . • -

Enfin , lorsque cette Charte fut donnée , elle déclara par son article 8,' que tes Français ont ie^droit dépuMier et de faite imprimer ieurs opinions, en se conformant aux iois qui doivent réprimer tes cûbus df^ lit liberté de la presse. Or ces lois n'éloient pas faites. -La censure, ù laquelle les Français étoient façonnés, et qui êtoit le droit commun, fut provisoirement maintenue. On ne passoit donc pas de la liberté de la presse A la censure, on restoit comme on étoit;' on ne dé'truisôit pas un droit acquis, on ajournoit seulement un droit accordé.- Il n'y avoit pas secousse dans les esprits, changement, révolution dans la législation : on pouvoit se plaindrequ'une promesse n'étoit pas remplie , mais on ne pouvoit pas dire qu'un bienfait étoit retiré, en violation de la foi jurée. - «

Aujourd'hui, existe-t-il une seule des raisons qui servirent au maintien de la censure, dans les premières années de la restauration ? Toutes les lois de répression sont faites. Habitués ^ la liberté de la presse, familiarisés même avec ses écarts , nous avons traité de ses principes sous tous les rapports et dans toutes les formes ; nous connôissoirs ses affinités avec le gouvernemcat représentatif. Nous savons quel 'est le prix et la consolation de tous les sacrifices ; nous savons qu'excepté l'honneur, elle remplace tont chez un peuple : nous Pùter à présent c'est nous enlever une possession prescrite y c'est arrêter violemment le cours de

nos idées, le tnouveihent de nos mcetirs; La censore tl tellement vieilli pour nous, qu'elle nous paroît ce qu'elle est en effet, une loi caduque ,ressuscit£e du^ouble despoti^^me féodal et impérial : elle a -quelque chose de rîsible, comme les droits de gueuage et do remiuigey et d'odieux conime l'oppression militaire.

Un rè^e a déjà fini , un r^gne a commencé sous l'empire de la Charte ; des générations entières se sont f4)rmée5 sous cet empire. La liberté de la presse a glorieusement trayersé une guerre étrangère et une crise de finances; la paix règne au dehors et au dedans du pays. Il j a si peu de prétexte apparent à la censure, qu'on est forcé de supposer des desseins ÙL ses fauteurd et de chercher dans l'aycnir ce qu'on ne trouve 'pas dans le présent.

Nous avons pu faire celle apologie, de la première censure, parce que nous nous sommes opposés , môme à cette première censure. Il n'yc a jamais, selon nous, une raison sùIRsante de suspendre la liberté : celle-ci est plus forte que là seiTitudè pour écarter les dangers d'un Etat.

Mais il ne s'agit pas de tout cela, dîra-t-on : c'est^our sauver la religion que l'on a imposé la censure , c'est pour se délivrer des impiétés des jauroaux : la censure, 'dans le mis présent, est une pure affaire de conscience. .

D'abord, il faudi:oit être fixé sur ce mot de religion, savoir si ceux qui l'emploient ne confondent pas les choses terrestres avec les choses divines, ne cachent pas les intérêts de lliomme dans les intérêts du ciel. Aucun doute que si la religion est véritablement attaquée, il ne faille la défendra; à tout risque et i\ tout prix, maïs nous nions» la majeure,' et nou^ disons ensuite.: les tribunaux sont là pour punir les outrages au culte ; les peines sont sévères ; elles n'ont jamais manqué d'être appliquées, quand le délit a été prouvé. Cette. manière de toujours raisonner comme s'il n'exisloit pas dç justiQo , comme s'il n'y avoit pas de magistrats, comme si l'on n'avoit d'autre défense que l'arbitraîre, montre à quel ptjînt la raison est détériorée cbeas les hofnmes dont nous subissons le système.

En second lieu, si vous ne cherchez à défendre que la reJig^îon , votre censure ne s'exerce sans doute que sur les articles irréligieux, que sur les journaux impies ; or, elh frappe également tous les genres d'arlicles^t toutes les espèces de journaux : exp(iquez-nous donc cette affaire de Conscience,

' Enfin, vous prétendez soutenir la religion par la cen- •sure^ et vous lui faites un tort irréparable. Aujourd'hui,

OD accuse publicfUepiont les ecclésiastiques d'être la pre« mièr.e cause de la perte de notre première libei'tél on les, rend responsables de tout ce qui peut arriver à la Charlc; ou accumule sur leurs têtes des haines d'autant plus dangereu^çâ qu'elles semblent appuyées sur un fait réel, et non sur des déclamations vaines. Qu'est-ce que quelques articles d« journaux qui n'alloient point au fond de la question « quelques mots sur les missionnaires et sur les jésuites y^ auprès d^une accusation, calomnieuse sans doute, mais généralement crue, bquelle rcpr>'sente le cl.ergé catholique comme incompatible avec l'existence d'un gouvernement constitutionnel? Voilii pourtant où votre censure a amené les choses. Vous vous réjouissez, parce que rien n'éclate encore"; attendez : les générations vont vite. Souvenezvous que si jamaii^ les autels étofent brisés de nouveau, les ennemis des libertés publiques seroient les véritables auteurs de la catastrophe.

La plus haute des folies pour des hommes aveuglés 5 seroit de soutenir que la religion catholique ^adopte une forme de gouvernement plutôt qu'une autre, qu'elle s'op-

S ose aux vérilés^ de la science et aux progrès de l'esprit umain , lorsqu'elle est au contraire l'ordre universel» la raison par excellence, la lumière même : quiconque, aujourd'hui, prétendra défendre la religion catholique en la séparant de la société, telle que le temps l^à modiliée ^^ conduira les peuples au protestantisme.

La religion catholique fait des progrés rapides aux États- Unis; la cour de Rome se met en communication avec les républiques espagnoles; pourquoi donc nous autres caitioliquos de France, ne pourrions-nous vivre sous une monarchie constitutionnelle ! Élevez notre jeune clergé dans l'amour des lois du pays , il les défendra et en tirera sa puissance. En sommes-nous toujours aux regrets du passé , aux calomnies du présent ?

Dans une brochure do M. de Salvandy, qui vient de parQJtre» nous lisons cette très-belle page :

« Les générations de l'ancien régime, élevées on sait par < » qui et comment 9 ont égorgé les nobles et les prêtres > tue

, » Louis XVI, tué i^arie-Antoinëtte, tué madame Elisabeth,. n |ué..«*. €e. siècle a été une longue orgie commencée dans » la débauche et finie dans» le sang. Les générations nou- » Telles» nées sur les marches des échafauds, grandies à la

« D lueur des incendies et des batailles, ont relevé les autels». » fétabU le trône » -rappeié^ à ce trône^ vénéré le vieux sang 9 4e« CQiales de Paris» reconstitué Tordre^social ^ reconnu .

^ Jli M

» le légilime ompire des noms ^ des richesses 9 de.s talent , « des Tertas, consacré une aristocratie politique inyestîe dç » privilège et d*hérédîté ». »

Quoiqu'il en soit, si l'administra tion de la première' censure eut des moli& plausibles , elle fut aussi morqs ca* ' prîciense et moins riide que Tadmiaistration de la censure actuelle.

L'ordonnance pour la mise à exécution de la loi do 1820 ' établissoit douze censeurs ; cinq étoient nécessaires pour signer l'arrêt.

A cette époque aussi les Mànts et les noirs ctoient. permis; les journalistes .alloient quelquefois jusqu'il mettre' le portrait d'une paire de ciseaux dans les endroits supprU . inés. Le noble duc de Richelieu aroil trop de franchise pour souffrir que la censure employât Içs moyens haineux et faux, "vloVeus el hypocrites dont elle se sert aujourd'hui.

Plus tàrd^ lorsque la censure fut rétablie avec insulte à la magistrature, on eut des censeurs secrels de la police» un saint office d'espions; mais tels qu'ils étoient, ils ne firent point la guerre aux Mancs^ ils ne se crurent jamais le droit de ilénier la censure, de refuser leur petit ministère j|ux journaux qui. se présentoient de l)onne grâce. Il étoît' réservé à la censure libérale du bon M. Tartuffe de se porter en moins d'un mofs à des excès jusqu'ici incopnus, tout en nous déclarant que les résultats de ta censure paroissent si peu incertains aux vrais amis de ta iHerté de ià presse, que pour eux te triomphe de cêite^ei ne date que de ce jour.

Aujourd'hui il n'y a que six censeurs; et ta signature d'un seul secrétaire , pris en dehors de' leur confrérie » suffit pour rendre yalide la maraude censoriale. Sur ces §ix^ censeurs, deux^ on le sait, M. Gaîx et M. Rio, ont coura-», Çeusement donné leur démission; un troisième, M. Fouquet, a siégé, dit-on, deux ou trois fois, mais on assure qu'il se retire,^ après avoir yu et entendu sans doute de (elles choses.

li Q*a pas été permis aux journaux d*j^nnoncer la non acceptation de MM. Caîx et Rio : la censure proscrit un bomme pour son honneur comme on proscrivoit un RomaÎQ pour sa fortune. Et tout cela sous la légitimité f sous H règne de Tiionn^ur et de la vertu l

i Zettre à M. U rédacteur du Journal des^ Débats sur l'état ifes place de la Bourse^

qf^Ȉ:ef puijtiqwu, Paris^ ches Sautelet et compi^ie^ libraijres.

Tm edtonnâocd du Roi 9 du 4 f^c ce mois , annonce qae M« 4^ 8iMii9 et M. Lcvêque ont été nommés en rempiarcmrtftf ifr MM. Cnïxet Rio. La censuré, pour Ctrc censé- ^^1^^ Auroit dû bifTer Pordonnance royale, -puisqu'elle trAhitlesecrat qu*on vouloit garder. Pourquoi ne Tauroit^ rllc pAS bilTéc cet ordonnance ? Dans un article > que le l>ur«AU do censure a laissé sans censure se trouvdît r©rtloiuianco du l\oi pour la convocation des conseils généraux.

La censure ^*arroge aussi le droit de supprimer jusqu'aux AClrs du gouvernement; elle se permet encore d'altérer Icv^ détails judiciaires, comme on le verra dans Tinstant. '

Remarquons touleibis une chose : le Moniteur annonce bien que MM. de Silans et Lévêquc ont été nommés en rcinplaccment de MM. Caïx et Rio, mais il ne dit pas de MM. Caïx et Rio démissionnaires; de sorte que^ d*après lo journal oflloiel, on pourroit croire que ces deux honoivibic)!! proibsseurs ont été destitués* On ne sait' ce qu'on doit lo plus admirer, ou de la justice que se rend la censure %'\\ essayant do cacher les sentimens qu'elle inspire, ou de rob^tinalion des ministres à laisser sur la victime qu'ils ont touchée, la tache de leurs mains.

Jl a fallu enfin avouer la retraite de M. de Broc et de M, Cuvier; ils ont été remplacés par MM. de Blairet Olivier*. M. do Broé avoit, dit-on, motivé son refus sur des raisons tirées do la pureté de la magistrature; M'. Cuvier a 9cnti que la science séparée de Testime perd sa tranquillité naturollo : Tétude no console que du malheur.

Quanta M.lo marquis d*IIerb6uville, on avoît'prétendu

Ju'il s*étoit retiré; il n'en est rien : nous nous cnipressoi^s b réparer le tort que ce bruit a pu faire au noble pair.

On a demandé si le conseil de surveillance étoît rétribué. La pudour publique a répondu négativement. La calomnie i^i^iste ; elle va jusque prétendre que tel membre de ce ronseil re^îoil pour sa pluce nouvelle un traitement de i5oofr. par mois. Un démenti public sera^sans doute donné ù la calomnie. En effet ^ quelques membres du conseil de surveillance jouissent de plusieurs pensions u divers titres,' ' il n'est pas probable qu'ils aient eu besoin de nouveaux secours : il y a d'ailleurs des places où le zèle suffit.

Dans la brochure qui sert de point de départ à celle-ci , j'ai prouvé que des pairs et* des députés n'étaient pas aptes

I Journal des Deùats,

' a II paroit certain que cet honorable magistrat a aussi donné sa diémission.

à remplir des fonctions dç censeurs. J 'au rois pu âppnyei^ celte opinion de rautorlté iXiOme et du jugement de la Chambre des jJairs.

Le i4 février iSaci f»* apporté à celte Chambre un projet, de loi relatif aux journaux. Les art. 5 et 6 de ce projet qui devint loi ^ après avoir éprouvé des amendemens^ étoient ainsi conçus :

« Art. 5. Une commission composée de trois pairs et dé » trois députes, nommés par le Roi 9 sur une liste double » de candidats présentés par leur Chambre respective , et » de Jrois magistrats inamovibles également nommés ça;* » le Roi, choisira et révoquera à. volonté les censeitrs. »

« Art. 6. Cette commission sera renouvelée chaque ses- V sion des Chambres : ses membres pourront être indéii- » nlment renommés. »

L'art. 8 accordoit à la commission le droit de suspendre provisoirement un journal, lorsque ce journal auroit publié un article non communiqué ou non approuvé. *' ^

L'art. II déclaroitque.la censure cesseroit de plein droit d'avoir son effet au 1" janvier 18 25.

- On voit combien cette commission légale étoît supérieure^ de tous points à la commission de surveillance actuelle : c'étoientlcs chambres, et non les ministres, qui dévoient en présenter les candidats au choix du Roi, sur une liste double. Cette commission devoit être renouvelée à chaque session des Chambres. La commission (etnônlegarde-des-sceaux, sous la protection du îameux nous, de l'ordonnance du . ^4 juin dernier), celte commission seule pouvoit suspendre un journal en conlravenlion. Enfin cette loi d'exception avoitun terme fixe; elle devoit expirer au 1*' janvier iSaS.

Eh bien! malgré ces apparens avantages, la commission nommée par la Chambre, des pairs pour faire un rapport sur le projet de Joi, proposa le rejet pur et siniplc de ce projet. Le rapporteur de la commission étoît M. le duc de La Rochefoucauld, cet homme des bonnes œuvres, dont nous avons vu profaner les cendres. Voici comme il s'exprima sur les articles 5 et 6 du projet de loi; du fond de son cercueil fracassé ,. seô paroles serviront encore les Jîberlés de la patrie.

a Le projet de loi propose , il est vrai,, la formation d'une » commission composée de pairs , de députés , et de mayt gislrats, pour surveiller la censure. Celle pensée a -le » caractère de nïodérationde Ta part du gouvernement, elle » a sans doute pour intention de porter (m remède ù la cenj» sure et ù l'influence ministérielle , tant redoutée en fait

» de tensure, et à «ijusle tîire ; mùh le b/en Qu'elle tou- » droit proiDetirc n*est qu'îllusoîrt. Qui pourra s'imaginer » qu^uae commission ainsi formée , passera des journée^ 9 eolièrcs à recevoir et û vérifieries jugemeûs des censeurs^ 9 à écouter les plaintes de trente journalistes plaidant pour » rinsertion de Hnlégrîtè de léurd articles? et s! elle ne se 9 livre pas à ces longs et fastidieux trayaux, elle ne sera 9 qu'un nom. Peut-être pourroît-elle, dans Quelques câs^ - » empêcher quelque grande injustice »; peut-être pourrolt- 9 ellc> parfois, donner quelques conseils généraul sur la'^ V maQÎère d'exercer la censure. Mais le mmistère de son f côté n'auroit-îl pas son but à remplir, sa tendance à faire «prévaloir? Et 5 disons -le franchement, de quelque ma- » nîère qu'une censure soît organisée , il est toujours i 9 craindre ou'elle ne soit plus ou moins sous l'influencô^ » ministérielle?

» Ce projet de commission est plus qu'illusoire et qu'ln* 9 complet, il est évidemment inconstitutionnel, le projet 9 de loi fait intervenir dos pairs et des députés, pour leur » donner une participation active à l'exécution d'une loi, et 9 pour leur faire exercer des fonctions au moins moraletnent 9 responsables, les Chambres elles-mêmes devroient nom- 9 .mer le^ pairs et les députés i.çlles prendroient donc part 9 à l'action du gouvernement quand no& principes cpnstî-» 9 tutioonels s'opposent, dans l'intérêt même du trône, àU 9 confusion des pouvoirs. Cette commission seroit chargée 9 de prononcer des peines graves ; de suspendre des jour- » naux, de les interdire même dans certains cas, de pro- » noocer ainsi des jugemens correctionnels frappant sur 9 les biens et sur le^s personnes; elle distraîroit ainsi les 1^ sujets de l'JEtat de leurs juges naturels : elle est inadmiâ- 9 sible. ■ »

Les pairs furent frappés de ces hautes considérations, et retranchèrent du projet de loi, les articles 5 et 6« A plu9 forte raison \s^ noble Chambre se fut elle récriée , s'il eut été question d'une simple commission de surveillance à la présentation des- ministres.

Le ministère n'insista pas : AL le baron Pasquier déclara

• qu'il savoit tout ce qu'on pouvoit dire sur la création 9 d*une commission spéciale pour l'exercice et la juridic-

• tion de^Ia censure; qu'il ne se dissimuloit point la force

1 Qoe n'oblige-t-elle aujourd'hui les ccnseors à exécuter leur Im # à cknaurer?

a Séance des pairs ^ a3 février 1820.

». des objeclîoîis qu'on avoît élevées contre son exhtericc."'» IjC projet de loi fût volé avec le notable auiendement qui rejeloit les articles 5 et 6 relatifs^ rétablissement d'une commission de censure, et avec un amendement plus notable encore qui bornoit A la fin de la session d^ 1820 là durée de cette loi. Encore le projet amendé ne pas^a^t-il qu'à la maJQrité d'une voix.

Il est probable, d'après ces débats, que la même question sera agitée à l'ouverture de la session procbaine, et que messieurs les> pairs membres du conseil de surveillance^ seront invités à ne plus fiiire partie à l'avenir d'une commission de censure. Si les fonctions de préfet ont paru Incompatibles avec la dignité de la pairie , ù plus fo^rte raison les fonctions de censeur sont-elles une déchéance de cette dignité. La noblesse d'extraction peut dormir sans se perdre; celle de caraclèrc ne peut sommeiller sans périr.

Etrange anomalie ! dahs la discussion du code militaire à îa Chambre haute, on a voulu soustraire les pairs portant les armes, à la juridiction des conseils de guerre, tant lik dignité de la pairie a semblé respectable ! £t un pair pour* roit être censeur!. , *

On a soutenu qu'un conseil de surveillance placé hot$ des attributions de la police, composé de personnes grayes et d*un rang élevé dans l'Ettit, étoit une espèce de tribuûal qui témoignolt de la considération que l'on avoit pour la liberté de la presse, et du désir de rassurer les amis de celle liberté. . /

Les faits ont mal répondu à cette déclaration. La censure s'est exercée d'une manière intolérable , et contre les hommes, et contre les choses, en violation même de la loi qui la constitue. D'ailleurs , il est démontré qu'un conseil de surveillance de censure est une chose ou impossible ou illusoire.

Impossible ; pour que le conseil de surveillance devînt réelfenjent une magistrature^ il f^iudroit que . les membres en fussent inamovibles; or un tribunal inamovible, maître absolu de l'opinion, seroit 4e vrc^i souverain^ il domineroit le Roi et le peuple ; l'article 62 de la' Charte disparoîfroît.; les citoyens distraits de leurs juges, naturels f comme le remarquoit M*. le' duc de La Rochefoucauld 1

f Séance dea pairs, 28 février 1820. L^ordonnance qui fut ùkkt {M9ur .:i*c^ccutioi|d€ c^ttç Ipi «Ublis^oit (art. 9:),iïn'Conseil d« nc^uf magistrats, pour surveiller celle censure d'ifa «m d^dùréç, krexr? clîision dès pairs et des dépUiés,

l^roient traduits ^saD&jippel, d&rânt cotte foriïiidable ma^ gistraturo de l'opinion^ qui ne counoîtroit d*autrc ampiÎT» ^ biUtc que celle de lu mort. • '

Le conseil de surveillance ayec une autorité indépen* daote^est donc iiuppssible ; il est illusoire , si les membres en août amovibles : ceux-ci 9 exposés aux violences et aux caresses du pouvoir, ne sont plus, dans les mains de ce pouvoir qu*un instrument ministériel. Tout ou rien , trop ou trop peu 9 tel est le conseil de surveillance ^ seloii qu'i| est amovible ou inamovible.

Les pairs et les députés peuvent-ils être les exécuteurs des lois qu^ils yotenti et surtout des lois d'exception? des membi*es de la législature ravalés au rang de censeurs 5 eux qui 9 en jurant la Charte, ont nécessairement juré les li^ kertés qu'elle renferme! Pourroit-on concevoir que le ma^ gistrat qui plaide ou qui juge dans un procès pour délit do la pi'CSSe, devint le cetiscur sous les yeux duquel, se^ rident altérées le soii*y les paroles que lui ou le défendeur U4iroiont prononcées le viatin devant le tribunal?

A 00 propos je rappelcrai ce qui s*est passé dans rafiairo do M*, de Kératry. U. Alexis de Jussicu , dans un brochure . f oriio d*un Ion ferme) raconte le fait de la manière suivante :

« Au]ourd*hui. môme, au moment de livrer cet écrit A

» riniprossion ,, j^ipprends qii£ la censure vient de sup-

» primer quelques lignes dans la défense de M.deKératry.

H Cil sont colles-ci : il s'agissoit du magistrat censeuç

/» (M. do Djh)o)%

jPoiir^uoJ mifine ne pas croire au* à t'exempte d'uii savant ciUhre en Europe 9 et de deiix estimables pro^ ftutars d'histoire^ ii aura compris ytie faire taire n'est pas répondre ^ et qu'attenter aux droits d'une nation 9 c'est en démériter ?

La censure viole ainsi Tarticle 64 de la Charte qui dît ? « Les débats sont publics en matière criminelle » , et elle viole cet article dans Tlntérét de sa propre cause. Si la consure est bonne et honorable, pourquoi tant de précautions afln de cacher que quelques individus ont refusé des phuTS de censeurs?

La censure crée une société factice, substitue la fiction 1 In réalité. La magistrature, maintenant les fi'anchises'iia-^ tloiudos, acquitte, sons blAmé et sans dépens M. de Ké-» ratry ; elle établit par son arrêt, qu'il n'y a rien de repré^ lienHlblo; rien de contraire aux Jois dans le pa^sa^ incrî^ miné ; elle permet devant elle un développement de principe I une plaidoirie grave en faveur de la liberté de la'

màMBf ënrèprôbilièn des homtiMS-^ui ont assenricetio liberté: ; ;

Supposer à présent que le passage dédoncé) que la p1ai-i doirie de M. de Kérntry et de son défensour^ fussent dà jlîcnpiés* articles envoyés :par ie Courrier .Français à. \à eênsure, la censure en laisseroit-elle passer deust lignes ? Odk se trouve donc le yérUable esprJt de la Fi*ance? £st-il rè-n présefilé par des juges inamovibles, assis suir les fleurs.de Us 9 fen présence du public assemblé , ou par des censeurs amoTfbles, assis sur les esoabclles de M. de Corbière^ dans nn abattoir où Ton assomme ù buis-clos l'opinion' ?

Au reste, il paroit évident que six. censeurs ne peuvent suffire A rezéciltion de tant de journaux ; aussi donne-t-on pour certaià , qu'au-dessous de ces bommes se trouvent ail pîed.de l'écbelle des aides d'offices. Si ces faits sont exacts, nous aurions à la fois la censure publique el la cen&ure se* crête : on ne peut réunir plus d'éclat à plus de modestie. • Les poids et les mesures varient selon les journaux et jieJon/'bumeurdenècssieurs delà censure. Ainsi le Journal 4U9 Déhals a vu mutiler un article .qui proposoit M. Delalpt fivx électeurs d'Angoulôme, et il a été permis: au Constitua îionnei de louer et d'offrir M. Cbauvclîn aux mômes électeurs : petite ruse facile ù pénétrer. Les agens du pouvoir veulent avoir quelque cbose a dire à, la tribune en iiiveui: et en défeùse de leur censure ; ils permettent, en certains caé', un peu de liberté, afin de tuer plus sûrement un jouj^' la liberté. Quelques phrases tolérées sont des argumens oiiiiistériels en réserve, et. non des lî'ancbises laissées au public Quand on aiira obtenu la .censure pour un. quart de ^ècle ou pour un demi-siècle, on ne fera pas^tant de.com'* ylitnens, et Ton resserra la muselière.

heureusement les journaux ministériels sont naïfs ^ aii* lieu de dissimuler la pensée de leurs maîtres, ils la dévoi-;

Jeiit-

Si TOUS ne voulez pas croire i!^ la liberté de la presse sous^ la censure, vojcz, nous disent-ils, tel journal citant dc^

1 liai censure vient de commettre une nouvelle préyavicatioii du gOkre de celle dont oou5 nous, plaignons dans ce moment même. jCf. Cûnslàutionnel et ie Courtier (toicnt en app«el à la Cour royale d*an jugement rendu contre eux en première instance. La cause à'un de ces journaux éloit défendue par M, Du pin. Son plaidoyer jiéirëleit tous les méfaits de la censure; la censure n*a pas permis, tfD^Bie mis journaux intéressés', deipublter la défense do leur avocat. . :Là censura ne tient aucun compte de la CbArtej mais la Charte fM biçntôt raisoa de la censure»

fi»MHl ém )Q«r«MUE «iglMs po«r.«t conire li.iCAiHiiiig; %•! autre Vexpliq^Miùt sur le Brésil ; tel autre parUnt dea ttlta Hbwmé^ et Mûl« Bourdeau et Gauthier^ députés .de

Ai M^mi9mr el les journaugc de préfecturas éclatent m m^mm lubilations : nous pouTons être sûrs qu'on noua n^pélefa mot pour mot à la tribune, les niisonnemens des fea«lle«» stipendiées. On aura beau dire que les journaux M^pendans ont expliqué leurs pensées» qu'ils ont protesté Centre la censure ; leur protestation tournera contre eux# eoinine une preuve de plus de leur liherté; 6*est même la tateoii pour laquelle on leur permet de protester. £d déânlti^et BuisquVn proscrit des noms et des ouvrages^ puisqu'on teterdit les tlanes^ puisqu'on yeut le martj^re sans stig« mates» lu prétendue tolérance de la censure n'est qu'un piège et une jonglerie.

€e que cette ci^nsure désire surtout, o^est que l'on ferraille ateo elloi que Ton parle do principes, de liberté, de eons- Hlntlon, de Charte. Elle dit avec un touchant intérêt aux |oumaux qui se sont retranchés dans la littérature : « Voua a tous faîtes tort; tous ennuieres -vos lecteurs; tous per<* a drea vos nbqnncs. Qui vous empêche de publier de vignu« » reux articles de doctrines? nous vous les passerons tous » sans en retrancher une seule ligne. »

Que ces Messieurs sont hoïï%\ niions l ferme l soutenons une thèse sur lu liberté , mais cachons bien nos mains , de |ieur qu'on ne voie les petits anneaux des gendarmes. Les maîtres ës-^jeux de la censure nous distribueront des cou-* lt)nneS) et 1^ Pindare de la police célébreront nos yic** foires.

En politique extérieure la censure ne nous (bit oonnoitrq qiie ce qui convient à l'autorité : elle ne permet pas surtout que l'on traduise les articles des gacetles anglaises, oé elle est traitée comme elle le hiérite, mais avec des outrages A notre patrie. Ministres, rendez-nous compte de i'lM>unèur ftiinçaisl

Que reste-t-il ù la presse périodique pour organe libre db l'opinion P les journaux ministérU^ls qui sans doute ont leur franc-parler : à la vérité ils sont réduits à deux ; car lie minislériallsme est une fièvre jaune dont meurent tour ^ tour les gazettes qui en sont attaquées. Ces deux }onrnaux donnent à leurs maîtres des éloges qui doivent les «m-* barrasser. Dernièrenient un ministre n'étoit rien moins qne t^ttinuê eunciaier , à l'arme ardente , à la décision froide , se préparant & fondre du haut de la montagne sur les soK

j^ÊÂM dUnnibfiIi CoiQm^'iln'étoîtquemionr^laii» tOQt^jttlâ,

Stio^ fintflQ^s f on se deinaodoit «i la monUgne étoit rhOle) Livolii la Bourse le GapUolÇs la ruQ Nolra-Danie des Victoires le champ de bataille» et quelque (laoquiçr le général e^rtba^înoto, Qo torrit>les: défis que pcrsapne n'accepte, Jk^ moaolagtiea^ <|u«^ personne n^ lit;, sont cpniligaé^ Ii^ «Hatia' dans une des go^ettei de raûtQi'ità, et répétés jç «eîr por raùlre» On n*oserolt peut-êtrp pasaTouer les prin^ cîpaux écrivains de ces gazettes/jadis rédacteurs des Ç^rrci» pondancM privée0 où le prino^y aujourd'hiiî ftoi^^éloit chaque jour îtiimUi* Vpilji les soutleos du troue Mes Intçr*prêtes des doctrities^ du' ipinlstére I > « £n pi>lîtjqiie intérieure , h ceasurç interdit ce qui bleiise- «oU les projeta et Iq« tntérOM de ^a ooterie. £llle sépare la^ cUoyonsdes loia« lei reod étrangfsrsà leurgouvierneaieiit| le$ prWe de Tiaiatrùotion nécessaire à re^cercice de l^urs droits» devient une espëoe de rouille qui empêche le jeu d« . lii madiinef vu plutôt qui ne laisse tourner que les rouages iu pouvoir.

• Les oenfeurs» si dartgereuX) eomme an le Toit| en poîi* fiaue» deviennent des critiques en lUfératuie : ils ont leqni ctiitrtea» leurs hainfes» leurs aini»urs; ils poupent et tran* ehcDl à leur gréf permettent 0u refusent d 'annoncer lef nouveaux et les anciens écrits 9 ef&cent cerluinis noinS| biffent les éloges de certains ouvrages : ih interdiroicnt lo feu et l'eau à ftacinet et aecorderoient le droit de cité 4 Cotlio. Peut-on espérer autre cbosa, lorsqu'on donne ^ '^ Hiédîoertti tout pouvoir sur Je génie» à l'obscurité tQute Autorité sur la gloire 9 Si vous introduisiez l'Envie et U Sottise dans le temple de la ftenommée» n'en briseroienteU«s pas les statues ?

Le$ nouveaux ceapeurs entpruntent à l'administratinii supérieure l'urbanité qui la distingua. Les jouriiaux poli-" tiques n'ont qu'une heuro (de sept à huit heures du ^ir) pour^toe niapqliés et fouettés. Avant sept heures y 11 n' y n personne au bureau; après huit heures, jan n'admet plus nea à la censure du jour : c'est le cercle de Popilius pour rcplttion. Il semble pourtant <|ue des con^mis à 0000 francs àe gages ) pourvoient traiter un peu plua poliment le pu* hlic qui les paie, à la vérité bien malgré lui. Des feuilles périodiques^ dont i% tirage est oensidérable , sotit cruelle-* ment embarrassées lorsqu'on n'a qu'un qfiogient pour PMmniev une'ooinposittoa «lUtilée. ta haine de rintelli-* gencc humaine et ig mépris des lettres se derroient mieux masquer.

^ so «$

0«i ncoBle qse 4e9 fiacres «r des gèDdames Tieniléii t tons les soirs ihcwherlcs ccnsears et les reconduisent ches çnx : on pense que les gendarmes sont là en ^uise de génies dVHineQr ■.

Une' partie des traTaiix de la censure » lien après le coodicr da sdetl ; il y a des oayrages qoi ne se font que de* nuit. Cela se passe pourtant assez loin de H. le mi* msire de fintérieur pour que son sommeil n'en 9oit pas troublé.

Tojons maintenant dans quel état la presse périodique demeure lorsque les censeurs » ayant acberé leur besogne ^ ordonnent deùtisser passar ieur justieté

Un étranger a quitté la France depuis une TÎagtaîoe de jours ; par un basardquelconque il a ignoré l'imposilion de la censure 9 et il est revenu hier a Paris.

A son départ de cette capitale, il avoit lu dans les feuillei indépendantes des articles politiques et littéraires sur les su-» jets les plus dignes d'occuper l'esprit humain. Accoutumé à ce mourement de la pensée qui annonce les progrès d'un peuple dans la carrière de la raison et de la liberté, il demande les journaux du matin 9 il les ouTie arec empressement; il court à ce que les Anglais appellent le iecdinf artif^ ^ l'article principal. Il Toit écrit en grosses lettres dans une feuille, ce titre ; La Gieifb; upe- autre feuille contient une- annonce de chien perdu ; une troisième parle d'une scène de Bobèche ou d'une danse de singes; une quatrième raconte la pêche d'un énortne esturgeoné . .

Notre Toyageur cherche en ^Yain dans les matières litté** tairès les noms qu'il avoit coutume d'y trouver; les ou-- Tirages impor(ans dont on lui donnoit l'analyse, tout a disparu. Il se frotte les yeux; il ne sait s'il rêve; il se de-i mande si la France n'a pas été frappée; tout à coup d'une paralysie à la suite de laquelle elle seroit tombée en enfance. Il ne se peut figurer que ce soit là la nation qu'il a voit laissée si saine, si grande, si spirituelle , et quUl retrouve si cacochyme , si petite , si idiote*

Telle est pourtant, dans l'exacte vérité, la dégradatioa subite où nous a plongés la censure. Un peuple: peut- il consentir long-^emps à cet amoindrissement forcé, à cet dbandon de toutes ses facultés morales et intellectuelles? SMmngîne-t-on que l'on peut passer sans transition des mrJes travaux de' l'homme aux occupations puériles., de l'enfant , des jouîdsakices de la liberté aux plaisirs de Tescla^

1 M. A. de Jussieu^ broc]iare citée plus haut. . . ^ ^

"^àge» et du spectacle de la gloire sut gambades de Fa« f^otin?

C'est tenter rîmpossible ; il seroit plus, aisé do qous ramener au mode de la régence ^ que de réduire no^ esprits' ^ la mesure des censeurs.

Aussi les effets de la censure ne sont pas moins effrayans qu'ils ne sont inévitables ; le dégoût » le mépris^ la haine s'augmentent au fond de tous les cœurs pour un système d'administration qui exploite au profit de quelques hommeç -quarante années de révolutions; de victoires et de malheurs. On se demande si c'est pour arriver ù ToVation de tels et -tels ministres que la république a brisé le trône et élevé -l'ècliafaud de Louis XYI, que la Vendée a versé son sang^ que Buonaparte a vaincu l'Europe ^ que Louis XYIII à bonnes Iff Charte ?. Sommes-nous punis par où nous avon^ 'pi^cbé? Devons-nous expier Textrêmc grandeur par l'extrême pel/tesseP j

Des nains ministériels 9 montés sur les débris de no$ :Ifi>ertés, ont osé attacher un bandeau sur les yeux de la •France 9 imitant la gloire qui seule étoit de taille à atleindrç le front de lafillc aînée de TEurope, Prétendent-ils tuer 'cette France quand elle ne les verra plus? IVlais ne pour^ .roit-cUc pas étendre àon bras dans l'ombre? Malheur à ■ceux sur qui s'abaisseroit sa main !

Chaque jour on nous effraie du bruit de quelques projets sinistres. Les ministres» nous dit-on , n'en resteront pas là : -enivrés de la victoire remportée sur Paris par le licencie-* -ment de la garde nationale , sur la Frtmce entière par la censure, ils songent à de nouveaux triomphes. Leurs créatures sollicitent une nombreuse nominution de pairs 9 pour obtenir, s'ils le peuvent, des mesures selon leurs vœux ; ^lle» -méditent une nouvelle circonscription des tribunaux, afio ^le dompter l'esprit indépendant de la magistrature; elles -parlent d'une loi de censure perpétuelle, d'une loi d'élections plus flexible, d'une suspension ^q la Charte, etc. etc. '

De quoi les ennemis du Roi et de la patrie ne parlent-ils pas? Mais ils comptent sans le temps, sans les événemens, ^ans la force du siècle, sans l'esprit des peuples. Ne confondons pas le génie qui rêve ayec la médiocrité qui extra- Tague : quelques idées vieillies, cantonnées dans des têtes étroites et usées , peuvent-elles régir une nation où les lu- • inières sont entrées de toutes parts ? €ne garnison d'Inva- .lides, retranchée dans un donjon délabré, fait-elle la Inî aux assiégeans , lorsque la place est prise et le pays occupé ?

lia France avoit montfé une joie extrême du retrai\du

ptt}^ A fol contré Ift ^reske ^si ifUe D8 pouTofI supporter ' ee pTO^s inêaie en pensée 9 est-ce pour la satisfaire qu'ott hn fifip«s« ^ censure? Bsi-H dage» est-^il politique de oar* l^ftcr Jtinsfy de foiiler dut pfeds i*opîhion ?

Afcès cinq années d^ possession de Iil liberté de U |ff«S9e, cette liberté n'e4t pius pour Ifi France un sintpte ^ principe abstrait', c'est un luit pratique qu'il n'est donné 4 personne de détruire. La censuré loin de calmer les esprits wt^SL feit que les Irriter ; ellb les a conûrmés dans lldée que les ministres cherctiotcnt à ravira la France lea kistiluliooc que leuf a octroyées Louis XVIIL

'Dans rancJenne monarchie Je pouvoir n'aroit pas en lui«fiiéme son prlhcipe modérateur; il ue rehcontroit de rësist- . tbnû6 ^lUe nnns ses limites : clergé V noblesse, états protin» tiwni^ droits et privilèges muni(>ipau3c lui f^isoient ubstadeèw Dntlll là monni'Chie tiouveire, le pouvoir n'a point de bornes y mais il es^l retenu par un seul principe renfertaé dans stU) propre srln« (a ]!itiA^«otfd. Détruisez celles!, il De reste q\i*uu H^'^ipotlsme orageux. « La monarciiie légi^ » timo, a dit un fjtprlt profond 5 la nfior^arohle légtiime si » V)éceH.«aln) \\ h Praooo » cette monarchie qui est à nOiil » aii^sl bion qu*i\ no» adversaires^ seruit amenée parleur » Impriichiticu m «^ul rUqu« véiiiable ou'elle ait à courir, » celui d'Mrt) ropinlé^ oômme Incompatible avec lei libertéi » qu'elle a |>roml»<5Si * » '

' Cr« llheriéi oiU pénétra nos innitutions et nos meèurst attaquer la plu» pi^^oltMiatu do toutes* c'est blesstr nos inié«> rôts usjientlt'U, A')o(ttoi^i^que Ki censuce telle qu'elle existe aujourd'hui i>*\ ohsnrdo« pai^ee qu'elle e^t impuissante.

LoriiY|u^ \\ i^M dNme pressée festluve il existe une presse libre* fi{ {\\\p 0()||f»«ol raconte ce 400 l'autre est obligée de taire « le pouvoir tombe dans la (lésafTcotton et dans l'iias popularité » sans arriverai! but qu*il se propose : il sedànne h la fois les emblnrras de In liberté de la presse et les incoa*^ Vértien^ de la censure. :

riûus avons maintéOtlnt les chansons et les noeU satiri-' ques de la vieille monarchie, et les broéhurès politises de In monarchie nouvelle. Avant un mois le pubVic oomtnetioere à connottre ces brochul*es; clleè seront d'autant plus luea, deniandées, recherchées 9 que la presse périodique est inoioa indépendante. ' /

L1)rsqù^m écrit a la facuTté de paroitre sotfs le régime de la loi 9 que râutèùr de cet écrit ne peut pas être arrêté^ fii|fé

-riff.ilbfet-GtAUtd>^4uiîçdtt'aajâii?î#rttet - *

êufosiltt datt Ting^-^qnatre h«ures, une petite ricdenee ad^ mînistratiye à la publicité est une bouderie h laquelle ne •« laissera jamais aller urr rentable homme d'Htat. La cen-* . 6ure« glaive tranchant de rarbitruire^yémousse aux «iiaim flie Tautorité légale : il ne coupé pas, il meurtrit; l*arme de la légitimité est la liberté de là presse.

La légitimité rerint de l*exil nuè et dépouillée l' elle rès^ elânui la puissance en offrant la liberté ; l'échange fu aècepté avec transport. De mâle ei} mâle , par une suecea*' •ion non interrompue, on arrivQit de Robert-le-Fort ^ Louis WIII : les fih de ceu;c <fui fondèrent la monarchie et qui gardèrent le passé-pendant mille ans, demandoient>i garder l'avenir. Ce miracle dWtiquttè élott une grandeur qu'on ne pouvott meconnivilre : les Franc lis se soumirent à rautoriié de leur Aoi , comme à TaMtorité de leur histoire*

Lé souverain eut donc en partage le pouvoir* et le peuple la liberté. Les deux parties, satisfaites Tune de l'autre, sont ëincères et loyales ; tnais entre elles se sont glissées de pe^ tites gens qui cherchent à brouiller. Elles ont réussi jusqu'à «n certain point; on s'en étonne, et l'on a tort.

La raiédiocrité individuelle n'est pas fçrte parce qu'elle est an €lle*même, mais par le corps nombreux des médiocrités i|u*eHe représente. Plus rhornme en pouvoir est petit, p)ua il convient à toules les petjtesses : ildonrie à la foule l'es** pérance de réussir; les courtisans le préfèrent, parce qu'ils peuvent dédaigner sa première conditron ; les Rois le con<fterveot comme .une preuve de leur toute> puissance. Noi| seulement la médiocrité parvenue a tous ces- -avantages ^ mais elle a encore un bien plus grand mérite; elle exckit do pouvoir la (Capacité. Ce député des infirmes aul affaires 5 earesse deux passions du cœur humain : rambiiion du tulgalre et l'envie de tous.

Mais enfin cela n'a qu'un temps , et un temps f<A*t court! dans là forme de nos institutions ; elles ramèneront les vraies supériorités, ou bien il faudroit tenter dt*s coups d'fitat^.qût TÎendroient éehc^uer contre le refusa de l'impôt.

SI nous voulons remporter la victoire , agissons teiijours de concert et soyons attentifs aux manœuvres des ennemis de nos libertés. C'est principalement des élections pro<** ôhaines que nous devons attendre notre salut. Les éfeciionj^ panî^es qui ont eu lieu dernièrement n'ont lats^ passer ^*on seul candidat de r^utorité. M* Belelot vient di^tre' BOOMnê à Aagoulême, à la haute satisfi^tioades rojaftstes «OBStitatfonneis et au mortel déplaisir de leort adversaires. Ce qaf fffoute; ee que fon sateH depuis long?teflP»fi^ cpiebi'

dinsure «s't un maoTais moyen d^obtentr ânx éléclio&s de^ votes ministériels. Mais prenons garde à une chose. - -La^derkiière^Ioi surJe jury est excellente.: faite de sorte à empocher dans TaYcnir les fraudés électorales) elle pour* rbit cependant avoir dans ce niômentle plus grand danger, si la France étoit surprise par une dissolution subite de la Chambre des députés 5 après lé l'f octobre prochain. ^ Op commence à exécuter cette loi ; les listes où lés t)itoyens iront s'enregistrer seront closes le i*'. octobre de cette année. Il est naturel que toutes les créatures 9 que toi|s les agens du ministère soient portés immédiatement sur ees Ibtes.

' Malheureusement Tinstitution du jury n'estpas encore bien ^Entrée dans nos mœurs; il est probable que dans les:dépar-r lemens on se montrera tiède à placer son nom sur le rôle de& jurés ; on croira qu'il sera toujours temps d'en venir là;^ on 'ne se souviendra pas qu'en négligeant de se faire inscrire» on perd ses droits d'électeur.^ Souvenons-nous bien que les jLisTBS nv jiJfiT SONT US LISTES éLECTOBAU^s. Personne ne viendra vous en avertir dans votre domicile; les autorités tie diront rien; les journaux sous le joug de la censure^ se tairont :.le premier octobre arrivera. Si la Chambre dea députés est dissoute, alors que fera-t-on ? on courra aux collèges électoraux : inutile empressement! on n'est point inscrit sur la liste du jury 5 on a perdu ses droits d'élec* teur! on réclamera : les réclamations seront accueillies - pour {'année 1828. Tout sera. parfaitement légal; il n'y iiura pas lieu ù la iph^s petUe plainte; mais, eomjne les initiés le disent déjà trivialement^ en se frottant les mains, on aura manque ie^jcoche; une Chambre des. députés sera élue pour sep$ ans. Les ministres riant des dupes et de la véritable opinion de la France, recueilleront le fruit de la censure. • -.. > *

. Je recommande ceci à l'attention là plus série<t»e.des ci-^ toyens : qu'ils se hâtent de se faire inscrire sur I9 liste du. jury avaht le i" octobre ; ILy va de leu^ droits électoraux» il y va de la prospérité et de la liberté de la France. Je. répéterai plusieurs fois cet avejrtissement, et tous. les écrivains amis de leur paVs se feront un devoir de le rappeler, i

Il est déplorable d'en être à ces craintes de surprise» d'avoir sans cesse à se défier, à se défendre du pouvoir administratif comme d'un enn^T^ij^ de ce pouvoir qui devroit être le premier à instruire les citoyens, à les inviter à l'exer» cice de leurs droits. Malheureusement les défiaBoes ne sont que trop justi^ées par les aupiçu^est^^oipperie^ .électorales 1

fttTtouf ce que Ton a fait pour acheter d*ab6rd'Pophtî<m.£l ensuite pour Tétoufifer. Serrons nos rangs » oublions no»^ petites dissidences. Ncpous laissons, pas dhècourager» pacC0 • que le temps nous semble long. On a salas cesse à la bouche eette phrase banale : II y a bien loin d'ici à telle épo(|uet Bien loin? Et la Tie, combien dure-t-elle?

Charles X entendra nos plaintes; c'est de lui sutloôl que Tiendra notre salut^ Si sa piété est Tive, elle est 'éclai4 rée; elle ne lui a point été donnée en diminution .de ses vertus ; il ne 5e met point humblement à genoux au pied des autels 9 pour marcher ensuite aT.ec orgueil sur, la tète de ses sujets ; il n'est pas de ces princes qui se .croient le droit de frapper leurs peuples 9 quand ils se sont frappé la poitrine. Udescend de ce Louis IX qui disoit : «J'aimerois mieux que ie peuple de, mon royaume fust gouverné, éien et ioyaument par un Ecossoys venu d'Ecosëe ou j^ar ifueique ioingtain estrangier, que par un roy de \ France qui ne fus% pas aymé de son pet^H^et qui gôu-^^ vertiast mat à^oint et en reproches. »

Vrais sentimens d'un roi 9 d'un saint et d'un.gran4 bommel

POST-SCRlPTUM.

c Les journaux nous donnent le traité conclu 9 disent*ils.i entre la-France» l'Angleterre et la Russie 9 pour la paçification de la Grèce. Ces négociations 9 commencées sous mon ministère 9 roc paroîtraient dans ce cas avoii: eu: une triste fin. Il serait difficile de comprendre que les Ottomans* Tpinqueurs presque partout 9 abandonnassent les forteresses qu'on leur a laissé prendre 9 livrassent toutes les propriétés turques à des rayas rel>elles9 et que les Grecs de>Ieur côté reconnusfluent le sultan-comme leur seigneur suzerain , lui payaissênt un tribut annueiy et consentissent à laisser à la Porte une voiœ déterminante dans ia nonUnation des autorités qù'iis se choisiront.

. Je disois dans ma Note sur la Grèce, ^u'il étoit déjà trop lard^9 il" y a deux ans 9 de. demander pour celle-ci une sorte d'existence semblable A celle de la Yalochie et do la Moldarle 9 les Grec9 paroissant être au moment de cbosser . les Turcs ou d'être exterminés par eu;^. /

.^Je remarquois toutefois qu'il étoit encore posaille d^ délivrer les Hellènes sans troubler le Ittonde9 sans se divi-* fiejr> MU» Aietire mtoioeo daiiger rexij»t^nce d^ la Turquie^

)B» SS «t

^r une seule idépêohe coliectiTe sooâorite des grandes piris^ senee» de . l'fiurQpe : ce sont là , sjoutois^jo » de ces pièeee dipiotnetiqiies qu oo aimerpit à signer de son sang.

On eu est yenu à cette résolution, mais quand? quand» àtê flofs de sang ont été «ersés , lorsque les Turos sobt rtn-i* très dans les ruines d* Athènes » et que la^ torche de Mahoont^

Sntée dans les débris ûe% monumens de Phidias» seiiAle airer les dernières funérailles de la Grèce. >

La France qui devoit prendre l'initiatîfe dans celte'qnes* lion, la France qui adroit pu ayotr dans ce moment' tingt'^ cinq mille yolontaires^en Morte, a été placée, par tafoi» blesse des ministres « à la suite des autres puissances» Les> peuples ont traîné les gouyernemens à la remorque dans< une affaire où la religion , rhumanité et des intérêts maté*** rids bien entendus, rôclamoient rinieryentlon de ces gou* rerneraens.

^On a déclamé oonlre les comités philhellénes; mats ta qsiêtant <tu pain, ils ont nourri des-yeuVes, des orphelins^ une poignée de hérbs» et laissé le temps à la cbréUenté de rougir;

La Russie youloit agir, qui Ta arrêtée? SHl est -juste d# secourir aujourd'hui les Grecs , eAt-il été injuste de les secourir il y a quatre ans? S'ctoit-ron flatté qu'ils seroient anéantis? Ils ont malencontreusement résisté au-delà de l'espérance. Maintenant leur renommée embarrasse : qu*en luify&? ne pourroit^^n pas les en punir, en les rejetant sous la suzeraineté des Turbs? On n'a pas pu leur ôter la yier Atons-leur la. gloire : ce. sera toujours se yeoger de la liberté.. Si la Porte n'accepte pas une médiation proposée avec tant de roéoagemens et 4«^ paroles si modestes , combien do temps encore les massacres dureront-ils , puisque le traité ne porte pas une condition expresse d'armistice ? Pendant* les échan'ges dénotes diplomatiques, les Turcs continueront^** fls à égorger les Grecs sous les yeux des médiateurs ?

Si yous regardez ces Grecs comme des sujets rebelles ^t pourquoi TOUS Qccupes^yous d'eux? Si yous les considérez comme un peuple qui mérite d'être libre, quel droit ayei<^ yous de fixer les conditions de sa liberté ou plutôt de prolonger yéritablement son- esclayage 9 Laisses-le mourir : Im posibérité lut rendra les derniers honneurs; il n'a pas besdin q«e yotra pitié de parade et yotre admiration dérisoire* yienuent promener yos patiltoAs en deuil sur les meus- qu'ils Musttra ,,et tirer des oovm de canon à poedre sur sa Stnalbe.

Si- les Graos» comme Ils ^'oDt décrété « érigent mue m»^ narobie eottsUtutiomelle «t se eholsisseiii an prittce élreiK

geT-5 c'est donc le Grand-Turc qûî, avec «a yoJx détermi— Hante V nommera ce roi -yassal ?

Si les Grecs n'acceptent pas les chefs désignés par la Porte, qui décidera la question ? Lés puissances média* trîCeS) réunies en conseil de censure? Prendront-elles à tout moment les armes ? • - * ,

Il fulloit éviter des détails où Ton a tojut réglé sans consulter les parties conlendantes. On devoit, selon moi, se contenter de dire : « La guerre cessera à l'instant; B nous l'exigeons dans. Tintérêt de la religion et de Thu- » manité, dans TintérOt dé nos sujets et du commerce. » Nous PcconnoiSsons rindcpendance de la Grèce, et nous ' » offrons notre médiation pour les arrangémens qui seront - » U suUo*de cette reconnoîssance. ». '

L'Angleterre a rçconnu l'indépendance des colonies espagnoles 9 la France l'indépendance d'une république dcr noirs,' et Von en est u parler d'un rapprochement êv&iU tuei'areo les Grecs! La France et l'Ângleterrç ne soutien-^ ' droient-elles des principes généreux que lorsqu'elles n'ont i craindre aucune résistance? Les Turcs sont-ils si formî-^ dables?]! suffit que nos^ens d'Etat se mêlent de quelque chose pour que tout avorte t leur administration pauvrette n'amène rîen à terme.

SI de tant de désastres on sauve quelques familles, on devra sans doute s^en réjouir; mais qu'on ne vienne pas' féclamer au nom d'une mesure incomplète et tardive, une popularité qu'on ix'a pas méritée» Faut-il croire h un article secret devenu un ai'ticle publie? Dans tous les cas, cet article n^engageroit pas beaucoup les puissances, car il j est dit qu'on établiroit avec les Grecs des relations commerciales , aussi iong-temps qu'il existera parmi <^U3$ des autorités en état de maintenir de tetlcs relations,

Qi*, n'est-il pas évident qu'on pourra toujours déclarer aux Grecs qu'on désiroit établir avec eux des relations^ mais qu'ils ne sont pas en état de les maintenir. Cette ^ande négociation fîniroit aîntii par une misérable mo<^ q««erie. En tout le ton du traité» si ce traité est authentique, est «timide , vague ^ embrouillé , sans franchise , ' trè«-:peu dij<:ne du- limgage de trois grandes puissance» de r Europe. On y sent l'amour des T^ircs, les défiances de rAiitriche, la peur de la guerre, la- mereantille de k €it^ de Londres , et l'agiotage 4e la fiourse de j^aris : on ne peij^ étfhapper au trois pour oenft« '

y*" 3s8 '«iÉ^

KOTGS.

II est impossible de teoir le leeteur au courant de toutes les prévàrîcatioDS comme de toutes les niaiseries de la censure.. Un journal , dans une annonce dès OEu?res de M. Dé- 'saugfers, avoît dit qu*f/ étoit ie plus gai et ieptus spiri'* lucide nos chansonniers: la censure a biffe cette pnrasé parce qu'un chansonnier est aujourd'hui censeur.

Un autre journal avoit cité un mai]?ais couplet de ce même censeur : aussitôt le couplet est retranché^ et sans ifiunc, ^

Un ancien arlicle cl*un autre censeur, naguère opposant au .ministère, avoit été oublié dans un carton d'un journal indépendant; cet article oublié est présenté malicieusement ùl la censure : le père r^connoît son enfant et l'étouffé. La censure a aussi ses'Brutus.

M. Charles Dupin avoit adressé à uq excellent journal littéraire un morceau qu'il a fait depuis imprimer à part, et qui s'intitule Hommage aux habitans iCè ta France méridionale; Farlicle entier a été retranché sans qu'oi;! puisse deviner pourquoi, sinon que M. Dupln invite les habitans de la France méridionale à apprendre à lire^ et qu'il cite malencontreusement deux pairs de France.

YoilA un échantillon des, niaiseries de la censure : on jpeut en .voir beaucoup d'autres dans un écrit piquant intititlo^: Lettres de ia Girafô au Pacha d* Egypte '. Voici maintenant ce que nos voisins pensent de cette censure; les journaux ne nous le diront pas.

11 mç semble inutile de répéter ici l'arUcle du Courrier Anglais cité dnns ma brochure sur le Rétablissement de ta Censure y tl l'article du Times % cité par Tautcur de la Lettre de ta^irafe au Pacha d'Egypte* '

Chez Sautclct et comp.^ place de la Bourse.

Se reçois à Tinst^^nt d*un de me» nobles coIKg^aes lés pièces suiTantcs^ que je m'empresse de mettre sous les yeux dti public.

ji M. le Rédacteur de

. » Permettez-moi de me serrîr de votre journal j pour

* exprimer ma profonde et sensible reconnbissance de;^

» nombreux témoignages d'estime et d*amitic qiie j*ai reçus

» de mes honorables frères dV^^cs de rancienne gardjs

» nationale parisienne. Etant dans rimpossiuilité de ré*

» pondre aux lettres multipliées et aux marques de bien-

» reillance dont chaque jour ils daignent m'Honorer, depuis

» l'opinion que j'ai prononcée le 19 juin à la tribune de la

» Chambre des pairs 9 souffrez 5, Monsieur 9' que je leur,

» adresse ici Jes rcmercîmens et l'^iomraage des sentimens

». que |éur approbation m^inspire, et que je les supplie

» de croire que mon dévoucmeni et ma rcconnoiss'ançe

» égalent mon respectueux attachement et mon admiration*

» pour cet illustre corps ^ doiit la patrie garde le souvenir

» avec gloire et douleur. - ^ . -^

» Agréez, Monsieur, l'assurance de mes sehtimens et » de ma considération très-distinguée.

» lE DUC CE CHÔISËtJL. •

» Le 7 iaillet 1827. "»

M. Armand Bertin, par une lettre en dat& dir 6 juilltït, ^^pprend à AI. le doc de Choiseul que la lettre ci-dessus à été njée à la censure dans le Journal des Débats* 9

Lettre de M. le duc de Choiseul ^ à M. le vicomte

de Bonald,

• M02fSlKUR LE VICOMTE • « . <

» Pair de JFrance .9 vous avez ac'ceptc des fonctions dops » le comité supérieur de la coiisure ; permettez-moi, comi&e

» YOtrè collègue à iaCttambre des pairs, d*aTotr rbon"^ » neur de vous consulter suruDr fait qui m'est persoRneL 1^ » Je doisd*abord avoir celui de vous in former que, depuis < ji *le Ilceneiement-der la gard» aatienale prifi^ne y )'ai xtf%ï , ^ «près mon discours du i^ juin à la Chanibre-Haufe^ uBp » miiilitude de lettres et de tëmoignagrs'dè reconnaissance j» de la part des personpes que j'ai eu Tbonneur lông-tetnps » de commander. , ' ' . ► , .

» Ne pouvant répondre à chacune dtéllés eh' particuliei'^ I» yai adressé avant-hier la lettre dont copie est ci-jointe 9 ^» à MM. les rédacteurs des D^^af^^ ih'C&Urrier et du » Constitutionnel.

9 J'anprends à llnstant que ma lettre a éièéiff^e et èoa i^'lnseriionrefi^sée à ia censure.

'» Sans entrer ici dnînsla discussion de& droits d*un pair ef » des supériorités de la censure^ discussion qui pourra trouver » sa place ailleurs, j*ai cru devoir d'abord m'aaresser 4 tous^ » monsieur le vicomte, pour. vous prier de faire cesser ce h scandale, bien persuadé que le sentiment de votre dignité i> et celui des convenances vous engageront k donner les .» ordres nécessaires , ord^s que je t*éclame comme pair de * France el comme citoyen français. . .

j» Affrécz, Monsieur le vicomte, Tassurancede mi hâQle^ » considération. .

-» Paris, le g juillet 1807. "

Réponse de M. le comte de Bonald à M. le duc

de Chbiseul.

«MoitSIEir^ïrB DVG, . .

» Je mettrai sous les yeux du conseil la lettre qite tooi 9 m'ayez faUPhonneur de m'écrire , et la réclamation qu'elle » contient, et j'aurai celui de vous faire part de sa décision.

» Agitées j Noofiitiur le duc, l'âsiurance de ma hftvie

» consiàératioD.

» vt YicoUTB rs BQNALD<

» 9 juillet. »

, le lendemain ou sorleudem^in de la réponse çi^-deiSQ» de M. de Boiuld & U. le duc de Choiseul; U Ceosure effaça

t'ariicle oiapré» qui 4Toît été Inséré- dani {• ^OihMiUH tionnci :

' « M. la duc dQ Chûlseul a écrit, CAmme .pair de France^ à M. de Bonald, son collègue et présidenkde la eommiasioQ de oansure» pour se plaindre du refus fait par la censure de laisser insérer une lettre .qu'il a lidressée a^ Cànatiiu^ HonnU^ relativement à la- garde nationale parinienoe. M. de Cfaoîseul insbte sur tout .ce qu'a d'étrange Tinter* dicUon faite à un pair de France de la presse périodique pour manifesler des sentîoièns qui n'oat rieni que d'hotio* rable et de patriotique. 9

Snfioi le i5 juillet» M. le duo de Choiseul reçut Ia< lettre taiTsnu île M. le Ticomte de BoRald ; ,

ce Paris, le i4 juillet 1827.

» Le conseil de surreillance de la censure , yn la lettre il que TOUS avez fViit t son président l'hoimeur de lu! . » écrire 9 et dans laquelle Votre Seigneurie réclame contre » la radiation faite par le bureau de censure de sa lettre à 9 Messieurs de la ci-devant garde nationale parisienne en- » Tojée aux journaux des Débats, du Courrier et du 9 Constitutionnel »

'. » Arrête {> ruBaDimité que le jugpenient du bureau 4f » censure est maintenu 9 et charge son président de le » communiquer s\ Votre Seigneurie.

» Agréez, Monsieur le duç^ Tassuraace de ma baute » considération.

' 9 Le président du conseil de sur^eiUance de ta censure ^

9 u TiGOMTB DE BOMALD, pair de France, »

".■■».■■ - M A Mtle duc de Choise^t, pair de f*raa%C0. •

Hépçnse de M. le' duc de Choiseul à M. le

vicomte de Bonald.

a Paris /i5 juillet 1827.

» M0RSIBV& LB TICOMTB;

9 H Reçois la tetire qw Toa$ m*afes fiBittl1<teQeiir d^

• «MiM» MMM liéiMHitida «mfteil de siIrraMItMis » db la M«MM««

» Tous n^ tmeacM la coafiniiatioD à CunanimiU » ém jm/mmÊÊU dm éwremu de CMMure» «asr m'en faire a cowMUre ud muI molif.

» LioeanTeaaiiCo da celle forme esl la spHe nalimHe » da «alla dy praniar paoeédé.

» Ne paftiTaAl) otmwàé potr île J^Mmee, reeûnnattrè uit

• tribiiiMi) datts un biiiaatt- de censure; ne pouvant nte » soumaHre à ifmilraa JmjÊmms que ceux de ta Qdur » dM paiia daua las cas axlraurdiiuùres 9 et dans le& cas » ordlaatres» que ceux des tribunaux j^ il est de mon da« » Toir de ue poini laisser ariltr notre haute dignité et de

• protester centra eaHe ooupalilé Tioiaiioa dé tios droits,

« Atr4aa» Mousiaur le Tlcomle» Tassurance de ma Haute » cWmratleu.

» SX aac OS CHOISEVL, jMisrt/e France. »

Il ikul esBtrer «pie tant de scandale finira avec ta ceo- ' sure » et qu un ne s^olislioera pas à ncolonger un état à^ vlioset si rivoltaut»

bu }'4^MiUHme9^i de kt Censure , par Vordonnance du *j4 /m<i* iSa?; psr M. lo vicomte de Gluiteaubriand , psir dé

Fi'eiiC"" — "" '^ *' '^^ — "--- - — ' J» -**-"-•- *^

veriu

iiUoH de h CenstÊTe {\

CtMêmeHi OHjkU ies Jté^bttiOMS; par M. Alexis de Jussieu. ln-8r» û5 c.

teiire ttè In ùirmfe ait Pacha ^Egypte , pour lui rendre compte de Hpn Voysvo h Ssiut-Gloud et envoyer les rognures de la rfttsure de mues au journal qui s'établit k Alexandrie en Afriqiio. , " i fr.

LeUre a M, le Rédacteur du Journal des Débats sur téêat des ivoires publiques; par M. A. de Salvandy. i fr.

Deuxième Lettre à if. le Rédacteur du Journal des Débats; par M, A. de Salvandy. < - . ' < i i'r.

La Censure^ scène bistorique; par Méry et Barditclemy ,livec

. c^ltc |{pigrftpb<; : ^^^a| Cen^um. ...... . ^ fr, 5o c.

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