A LYON
Xjh bruit se répandit, samedi dernier, que M. DE CHAtYEUN , se rendant aux eaux d'Âix , venait de s'airêter à Lyon. Aussitôt, les citoyens les plus honorables de notre yille s'empressèrent de lui porter rhommage de leur estime et de leur reconnaissance. Par un élan spontané de Tenthousiasme public 9 un banquet fut préparé pour être ofiert à Tillustre orateur. Près de deux cents citoyens des plus recommandables se firent inscrire immédiatement au nombre des convives ; et si l'on songe que beaucoup d'autres , prévenus trop tard , ne purent , malgré tout leur désir y participer à
(6) celte fête ; si l'on aonge qu'un g^and nombre de négocians sont maintenant à Beaucaire; que la plupart des riches propriétaires sont allés , pendant les chaleurs , jouir des agrémens de la campagne , on concevra combien dut être général l'entraînement qui s'est manifesté dans cette occasion.
C'est lundi passé, i6 de ce mois, qu'a eu lieu ce banquet patriotique. Après le repas, pendant lequel M. de Ch^dtelin ^est montré d'une amabilité toute française , les toasts smt vans ont été portés au bruit des acclamations unanimes: .
1* Ad Koi coNSTiTDTiOHNEi f à l'intégrité de la Charte , à l'application des principes qu elle a consacrés !
s' A HONSiEDR DE Chadtelin- ! Il sc montra toujours le défenseur inébranlable de nos droits. Animé d'un noble courage, tl exposa ' sa vie pour cette cause sacrée. Fuissions-nous le revoir Iticniût ù la tribune nationale , pister
(7) à nos libertés Fapptti de se» rare* talens et de
sa belle renommée ! >
Ces deux toasts oiit:étésuccesslvement suivis d uneexplo6i<m d aj^laudissemens. Alors M. de Chauvelin a pris la parole , et d'une voix émue a , dans une allocution pleine de Téloquenee du cœur 9 exprimé sa vive reconnaissance et sa haute admiration pour la ville de Lyon , qui, dans ses malheurs comme dans ses prospérites , se montra toujours si noble ^ si gêné-
reuse , si digne dHle-niêine : « J'étais loior de » m-attendre , s'est-il écrié çn finissant, à Thom-- » mage que cette grande cité vient d'offrir moins^ » â moi qu'à la cause sainte que }'ai embrassée. ' »J*aî bien vécu*, mais Je n'avais point encore » connu les émotions que j'éprouve çn ce mo- » ment : c'est un bonheur que je vous dois y ^ Messieurs ; j'en garderai un long souvenir ; et »si je n'en suis point digne, du moins je ferai » tout pour le n>ériter. »
' Kous n'entreprendrons point de peindre
( 8 ) Tenthousiasme que ces paroles ont excité ; nos
expressions seraient de glace auprès de la Térité. Les toasts ont continué dans Tordre suivant :
3* Aux généreux amis de M. de Chauvelin, aux défenseurs dé nos libertés , aux membres de l'opposition dans les deux Chambres !
4'' A Tindépendancc de la magistrature française l Elle a mieux aimé rendre des arrêts honorables que des services flétrissans. Aux )Uges de M. Kératry!
5' Aux malheureux Grecs ! Leurs pères furent nos maîtres dans les arts , les lettres et la philqsophie. Puissent-ils triompher de leurs féroces oppresseurs! puissent -ils ressusciter enfin à la gloire et à la liberté !
6*" A Taffranchissement , au triomphe de la pensée ! Puisse la presse périodique continuer à verser dans les deux mondes des torrens de lumières !
Aux toasts ont succédé des chansons inspirées par la circonstance. Les Lyonnais qui
(9) les ont applaudies avec transport en présence
de M. de Chauyelin , aimeront à les retrouver