‹ Censure de 1827 (volume 2)Chapitre 42 sur 80 · LES ELECTEURS · texte numérisé non relu

LES ELECTEURS

ittiB«sa«

Nos prëvisioDs se sont réalisées^ la Chambre âes Dëpm^s est âissoute. Les Collèges d'arroadissexiLent sont convoqués .pour le 17^ et le Collège de département pour le ^4 novembre.

La précipitation dans la convocation des Collèges, la nom« breuse création de pairs qlti Taccompagno; vous compliquent la pensée et l'espoir du ministère»

En abrégeant les délais usités , en laissant très peu de temps aux Electeurs pour Se préparer, on a compté sur moins d'ac* tivité et plus de ]peine à s'unir et à s'entendre.

Ce ne soqtt ^lo^ des vœiix stériles^ des douleiirs dddaigneea qui doivent vous émouvoir» Votre sort, vos destinées politiques vous appartiennent aujourd'hui; les.Ëtecteurs de la France vont les dépççer dans l'urne ^eotorale. ;

Votre conscience, vos*i[oits, vos devoirs, vos intérêts^ votre avenir voua appellent aux GoUégçs éle^raux; ils récla* ment le zèle et l'empressement qiie vous avCT mis dans la justification de vos titres. ^

Le ministère acompte nous étourdir par une brasqae mesure; l'apathie, l'indifférence, la négligence, sont peut-être aussi entrées dans ses calculs. Répondez-lui par ce noble et gé* néreux dévouement que la Patrie commande.

Elle ne reçoit point d'excuses; à ses yeux Pintérét public est le premier, il marche avant tout. EUe vous a|oume à vos Collèges électoraux respectifs; portez-y un vote libre, indépendant, la Monarchie constitutionnelle et la Charte ne périront pas.

Loin de nous la pensée de prétendre vous dicter des choix. Le sentiment intime,^ la conscience des Ëlectei^ y pourvoira à la satisfaction publique. Que le vœu le pins général se prononce et s'exprime en toute liberté; que la contrainte et la déception soiçnt bannies, et l'opinion^ si méconnue , tant jcalomnïée par les grands et les petits dépositaires dupouvoÎTi ^e fera jour enfin jusques aux pieds du trône.

Bans le Gouvernement représentatif, la dissolution de la Oiambre est toujom^ un appel à l'opinion. C'est à elle d'y rér pondre par vous, Messieurs, qui êtes ses organes légaux et constitutionnels. . ,

La bonne intelligence, Punion feront votre forcç. Dans la lutte qui va s'engager, les. mêmes, septiments, les mêmes opinions monarchiques et. constitutionnelles ^doivent se. rallier.

(3) Songez bien que l'ëpreave est décisive; les mesures Reprend le ministère vous dévoilent ses projets et ses desseins; ses par-* tisans les seconderont de tout leur pouvoir; que votre union ^ et surtout votre présence aux Collèges électoraux^ montrent leur faiblesse ) et à la France ce que veulent^ ce que peuvent des Français dévoués à 1^ Patrie^ -au Roi et à la Charte.^

La situation est critique^ les moments sont précieux; tous voyez envahir une Cbambre qui^ dans les dernierA temps, protégea nos lois , noi droits, nos libertés. Que la Chambre des Députés , toute réservée aux intérêts populaires, ne soit pas l'antichambre de la pairie , ,et la pairie^ le refuge de la do-* cilité ministérielle.

Le ministère a ses candidats : montrons les nôtres à nos amis comme à nos ennemis. Le passé et le présent nous instruisent assez pour ne confier nos destinées politiques qu^à ceux à la discrétion desquels nous remettrions nos intérêts et nos plus intimes pensées.

Français avant tout., servons-de même coeur la Patrie et le Roi; cherchons la vérité, suivons l'honneur, donnons à l'indé-t pendance et au courage civil les témoignages d'estime et de considération qui leur sont dus. Travaillons tous de concert a maintenir et conserver le pacte fondamental qui a si heureu-? sèment lié les prérogatives de la couronne aux libertés civiles, religiensea, et aux droits des peuples.

Electeurs, rendez-vous exactement à vos Collèges. Là se videra une querelle engagée sérieusement depuis quelques années; n'oubliez pas que vous avez à opter entre un honteux esclavage et une honorable liberté !....

Limoges , le lo noTembte 1837.

Limogcis. Imprimerie d'ArdiUiei^

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